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Heute — 28. Mai 2026Leconomiste Maghrebin

Le ministère de l’Agriculture se pare contre les cybermenaces

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche vient de lancer un vaste programme de cybersécurité en imposant l’installation et l’activation d’un logiciel antivirus sur l’ensemble des postes informatiques de ses administrations centrales.

Qualifiée d’urgente par le département, cette mesure constitue la réponse à une recrudescence des cybermenaces ciblant les infrastructures numériques de l’État, explique le ministère. Le dispositif repose sur une circulaire ministérielle adressée le 25 mai aux directeurs généraux, dont le caractère est sans appel : « outre l’obligation d’équiper tous les postes de travail, le texte interdit formellement toute désactivation du logiciel, « sous aucun prétexte ».

Et le ministère prévient que tout manquement exposerait les systèmes à de graves risques susceptibles de compromettre la continuité du service public et l’intégrité des données de l’État. Car la menace est prise au sérieux. En effet, les cyberattaques par virus ou logiciels malveillants peuvent aujourd’hui provoquer des dommages considérables, allant de la fuite de données souveraines à la paralysie totale des services numériques. Ce déploiement massif vise à devancer ces scénarios en adoptant une posture résolument préventive.

Pour garantir l’efficacité de l’opération, les services centraux sont tenus de respecter scrupuleusement les protocoles techniques établis et d’assurer une coordination permanente avec la direction de l’informatique. L’objectif affiché du ministère est de doter l’administration d’un environnement numérique hautement sécurisé, gage de résilience face aux menaces croissantes du cyberespace.

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Climat, sécheresse et manque de subventions : l’alerte des agriculteurs

28. Mai 2026 um 10:04

En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à Pépinière Mabrouka, souligne que les mécanismes d’encouragement à l’investissement agricole demeurent avant tout fiscaux. Si la législation prévoit certains avantages pour soutenir le secteur, les subventions directes restent encore peu perceptibles sur le terrain, leur application concrète étant jugée incertaine et difficile à anticiper pour les agriculteurs.

Selon lui, le principal défi de l’agriculture tunisienne réside aujourd’hui dans sa capacité d’adaptation face aux changements climatiques. Dans les régions du sud, notamment à Médenine et Tataouine, les agriculteurs font face à une réalité complexe : contrairement aux évolutions du climat, les terres agricoles ne peuvent pas être déplacées. L’enjeu consiste donc à identifier des cultures à la fois rentables et adaptées aux nouvelles conditions climatiques, soit à travers l’introduction de nouvelles espèces, soit grâce à des variétés plus résistantes aux contraintes locales.

Mokhtar Ben Mechichi estime également que cette transition ne peut reposer uniquement sur les agriculteurs. Elle nécessite un accompagnement étroit de la recherche scientifique, des ingénieurs agronomes et des institutions publiques, notamment des ministères concernés, afin de développer des solutions concrètes adaptées aux spécificités de chaque région.

Malgré ces défis, il rappelle que l’agriculture tunisienne dispose d’importants atouts. Le pays bénéficie notamment d’un fort taux d’encadrement et de compétences reconnues, avec des ingénieurs qualifiés dont l’expertise est appréciée aussi bien en Tunisie qu’à l’international. Ces ressources humaines constituent un levier essentiel pour accompagner l’évolution technologique du secteur et proposer des solutions adaptées au contexte local.

Il insiste enfin sur le fait que l’agriculteur demeure un acteur central du développement économique. En dépit des contraintes climatiques, le secteur agricole continue d’offrir de réelles perspectives grâce aux avancées scientifiques, à une meilleure connaissance des sols et à l’évolution constante des techniques culturales.

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Gestern — 27. Mai 2026Leconomiste Maghrebin

Lire pour se retrouver : Madiha Jamel et le conte comme miroir des enfants en difficulté

27. Mai 2026 um 18:00

 Entre pédagogie et poésie, la nouvelliste Madiha Jamel redéfinit le conte pour enfant comme un outil d’apprentissage aux mille visages. À l’heure où l’école cherche à embrasser toutes les intelligences, elle en dessine les possibles, du livre illustré à l’intelligence artificielle, en passant par la voix et le théâtre. Rencontre avec une architecte de l’imaginaire.

Madiha Jamel le confie d’emblée : le conte pour enfants n’est plus un simple divertissement. Dans un échange accordé à L’Économiste Maghrébin, l’écrivaine défend avec éloquence une thèse aussi simple que renversante : la narration destinée aux plus jeunes constitue un dispositif pédagogique à part entière, aussi rigoureux qu’adaptable, notamment dans le parcours scolaire.

Pour elle, tout enseignant digne de ce nom peut exploiter le conte, à condition d’accepter d’emblée la diversité des rythmes et des compréhensions au sein d’une même classe. Chaque élève possède sa propre méthode de perception : l’un est réceptif à l’écoute, l’autre à la lecture silencieuse, un troisième au seul toucher de l’image. Le conte, alors, apparaît comme un objet multitexte, là réside sa modernité. Il mêle illustration et texte calibré, se prête au théâtre, à l’enregistrement audio, au livre sonore, à l’atelier de peinture, voire au film généré par l’intelligence artificielle. Toutes ces ramifications, accessibles à l’instituteur curieux, métamorphosent le récit en support didactique d’une efficacité rare. Encore faut-il, précise-t-elle, que l’enseignant soit lui-même un lecteur assidu, capable d’en saisir les subtilités.

Pour l’enfant qui souffre de difficultés d’apprentissage, écrire ou lire un conte devient une voie d’accès à soi-même et au monde, plus douce et plus directe que les rapports méthodiques ou les grilles classiques. La fiction l’autorise à exprimer ses peurs, ses craintes, à se reconnaître dans un personnage, comme dans un miroir rassurant. Par la répétition, la diversification poétique, le dialogue et des illustrations qui disent ce que les mots taisent, le conte prend en compte les différenciations pédagogiques. Il renforce la langue, la mémoire, et crée un lien privilégié entre le parent et l’enfant lors des lectures partagées.

Mais Madiha Jamel va plus loin : elle alerte sur une blessure souvent invisible. Les enfants en situation de fragilité scolaire subissent fréquemment l’intimidation de leurs camarades. Le conte, alors, peut devenir un outil pour le psychologue — une bibliothérapie à part entière —, mais aussi pour la formation des enseignants, invités à déceler ces souffrances et à y répondre par la puissance de l’allégorie.

Son dernier conte pour enfants, paru aux éditions Al Bayati, illustre cette ambition avec une délicatesse remarquable. Illustré par Sami Majid Al Bayati, il aborde le TDAH et les troubles de l’attention à travers l’histoire d’un papillon qui adore voler. À l’école, l’héroïne ailée ne parvient pas à rester en place sur sa chaise. Jusqu’à l’intervention d’un personnage bienveillant, qui l’aide à apprendre autrement, par le jeu, l’aventure et le vol. L’enfant, en suivant ce papillon, apprend à s’identifier sans honte, et peut-être à s’accepter.

Par sa plume aussi précise que généreuse, Madiha Jamel rappelle que la littérature de jeunesse porte en germe une révolution silencieuse : celle d’une école qui ne laisse personne au sol, pas même les âmes les plus vagabondes.

 

 

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Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

27. Mai 2026 um 09:19

En abordant les thèmes de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du climat, la question qui se pose est la suivante : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? C’est le ton du deuxième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les enjeux stratégiques liés à la sécurité alimentaire et à l’adaptation climatique. Sous le thème « Sécurité alimentaire, chaîne de valeur agricole et adaptation climatique : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? », les discussions ont porté sur la capacité du secteur agricole tunisien à se transformer face aux défis environnementaux, hydriques et économiques.

Le  Directeur scientifique de la Fondation Farm Matthieu Brun, défend une idée simple mais décisive : face au changement climatique, aucun agriculteur ne peut s’adapter seul. Dans son intervention, il insiste sur la nécessité de sortir d’une logique strictement individuelle pour penser des réponses collectives, territoriales et solidaires. À ses yeux, l’enjeu n’est pas seulement de préserver les rendements, mais de construire des systèmes agricoles capables d’absorber les chocs climatiques de façon durable.

Ainsi lors de son intervention, il met en avant le rôle des coopératives, des groupements d’agriculteurs et des dispositifs partagés. Dans un contexte de sécheresse, de tension sur l’eau et de hausse des coûts, mutualiser les équipements, partager les informations et organiser les filières devient un levier essentiel de résilience. L’adaptation climatique ne se joue donc pas uniquement dans les champs, mais aussi dans la manière dont les producteurs s’organisent entre eux.

Matthieu Brun insiste également sur la nécessité d’une approche territoriale. Les effets du climat ne sont pas homogènes : ils varient selon les zones, les cultures, les sols et les pratiques. Il faut donc des réponses ancrées dans les réalités locales, capables de tenir compte des spécificités de chaque bassin de production.  Cela signifie que cela  permet de mieux cibler les investissements, les formations et les politiques publiques.

Il rappelle enfin que la transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs. Les agriculteurs ont besoin de solutions concrètes, mais aussi de visibilité et d’accompagnement. C’est en structurant des collectifs solides, capables de partager les risques et les innovations, que le secteur pourra faire face à l’instabilité climatique.

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Quand l’IA se trompe, qui paie ? Le maillon humain au cœur de l’AgriTech

27. Mai 2026 um 08:45

Quand une IA se trompe en identifiant un ravageur chez un petit exploitant, il n’existe pas de « bouton annuler ». Une recommandation erronée, si elle n’est pas validée selon les conditions locales ou corrigée à temps, peut priver l’agriculteur de la totalité des revenus saisonniers et, dans certains cas, mettre en péril les réserves alimentaires d’une famille. C’est ce qui ressort de l’etude faite par la Banque mondiale. 

Toujours selon cette étude, l’IA réduit fortement le coût de l’expertise agronomique. Diagnostiquer une infestation, estimer des rendements ou évaluer la qualité des récoltes sont des tâches autrefois réservées à des spécialistes coûteux que l’IA rend plus accessibles. Mais une intelligence moins chère ne signifie pas une adoption plus aisée : elle augmente la valeur du facteur humain,  les personnes qui valident, adaptent et expliquent les recommandations de l’IA tout au long du cycle culturale.

Le fossé entre solutions technologiques et adoption est immense. Une étude de PwC et de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie indiennes montre que, malgré 3 000 entreprises d’AgriTech en Inde, leurs services ne touchent que 15 millions des 146 millions d’agriculteurs ; le secteur capte à peine 1% d’un marché potentiel de 24 milliards de dollars. Le frein principal n’est pas la technologie elle‑même, mais la capacité de distribution, autrement dit, les emplois et compétences nécessaires pour transformer ces outils en services réels.

Ces solutions créent des métiers souvent méconnus, situés entre la plateforme et l’exploitation : intermédiaires de confiance pour le dernier kilomètre ; techniciens pour maintenir les équipements ; agronomes « bilingues » qui interprètent et corrigent les conseils numériques ; responsables de la gouvernance des données veillant à qualité, consentement et traçabilité. Il ne s’agit pas de compétences numériques génériques, mais de fonctions précises assorties d’indicateurs mesurables (fiabilité du service, nombre de transactions, disponibilité des équipements). C’est cette précision qui rend l’investissement rentable.

Avant d’adopter une technologie, les agriculteurs posent cinq questions essentielles : fonctionnera‑t‑elle cette semaine sur ma culture ? Qui interviendra en cas de problème et qui paiera ? Que faire aujourd’hui  ? Est‑elle adaptée à mon microclimat et à mes pratiques ? Quelqu’un peut‑il me l’expliquer dans ma langue ? Ces préoccupations soulignent que la confiance dépend principalement des compétences humaines.

La priorité n’est donc pas seulement la formation, mais d’abord l’identification du vrai blocage dans le système : manque d’un métier clef, problème de coordination, ou lacune institutionnelle qu’aucune formation ne résoudra seule. Quand toutes les fonctions sont en place et soutenues par une architecture institutionnelle adéquate, la technologie peut tenir ses promesses ; sinon, elle restera expérimentale.

Un cercle vertueux est possible : l’AgriTech crée des métiers et des revenus qui rendent rentables les formations, tandis que les plateformes fournissent aux systèmes de formation des signaux de demande concrets (profils, employeurs, indicateurs de performance). Deux exemples indiens illustrent ce mécanisme : le programme Namo Drone Didi, qui lie drones, formation et maintenance au sein de groupes féminins pour créer des services communautaires de pulvérisation, et le projet NAHEP, qui modernise les universités agricoles et aligne les cursus sur les besoins du secteur (IA, agriculture de précision, analyse de données).

En conclusion, à l’ère de l’IA, le succès se mesure aux gains réels en productivité, sécurité et rentabilité pour l’agriculture, et à la création d’emplois qualifiés en milieu rural. Des initiatives ambitieuses comme AgriConnect (Groupe de la Banque mondiale), qui vise à aider 300 millions de petits exploitants d’ici 2030, soulignent que le déploiement à grande échelle dépendra de notre capacité à considérer les compétences professionnelles comme une infrastructure fondamentale, et non comme une simple question accessoire.

 

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Le Dictionnaire amoureux de la Tunisie, un acte d’espérance pour une terre millénaire

27. Mai 2026 um 08:30

C’est un livre-hommage que la romancière Fawzia Zouari a consacré à la Tunisie : son Dictionnaire amoureux de la Tunisie, paru chez Plon et dont les éditions Cérès ont acquis les droits d’édition et de distribution en Tunisie, paraît à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance. L’écrivaine franco-tunisienne en retrace la genèse dans un entretien accordé à L’Économiste maghrébin.

Quatre années de travail au total, deux d’écriture et deux d’attente, pour un volume d’environ cinq cents pages qui constitue avant tout un hommage à une terre millénaire. Romancière, journaliste et essayiste, la lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie en 2016 y mobilise ses différentes expériences d’écriture sans céder à une nostalgie convenue. Elle décrit un exercice de liberté totale, qui finit par révéler son propre attachement à la Tunisie. Ce projet est né d’une proposition de l’éditeur, qui lui a confié un volume de la collection du Dictionnaire amoureux. Il avait d’abord hésité entre Frédéric Mitterrand et elle, avant que ce dernier ne tranche en sa faveur : « C’est Frédéric Mitterrand qui lui a dit : laisse Fawzia en parler », rapporte-t-elle. L’un comme l’autre auraient pu mener ce projet. L’éditeur, dont la famille a vécu en Tunisie, s’est engagé dans l’aventure avec enthousiasme. Deux années supplémentaires d’attente ont suivi la remise du manuscrit, la collection étant très sollicitée chez Plon. La publication a été programmée pour coïncider avec l’anniversaire de l’indépendance.

La découverte d’un attachement révélé par l’écriture

Aucun projet personnel préconçu ne présidait à l’écriture. L’autrice de Ce pays dont je meurs est entrée dans ce travail sans a priori, s’interrogeant sur sa légitimité dans un tel exercice. Le principe même du genre a levé ses hésitations : il ne s’agissait ni d’objectivité historique ni de rigueur anthropologique, mais d’un regard libre sur ce qui lui tient à cœur. Cette liberté lui a permis de mobiliser ses différentes approches : certains sujets relevaient de la documentation, d’autres d’une démarche journalistique d’enquête, d’autres encore d’un regard littéraire et subjectif. Le Kef, dont elle est originaire, ne pouvait être abordé que depuis cette expérience vécue. C’est au fil de l’écriture qu’elle découvre cet attachement : « Je commençais à écrire et je me rendais compte qu’en écrivant je redécouvrais mon attachement à ce pays. »

Un récit destiné au monde, au-delà des frontières

Interrogée sur le récit tunisien, celui d’un pays qui a donné son nom à un continent, doté de la première constitution et berceau d’une des premières figures féminines fondatrices d’empire, elle refuse l’idée d’un récit limité aux seuls Tunisiens. Il s’agit au contraire de dépasser les représentations réductrices, souvent limitées à des plages et à Carthage. « Quelqu’un demande à un Américain ce que c’est que la Tunisie, il répond : des plages et Carthage. » Le livre s’inscrit contre cette image réductrice et rappelle la profondeur historique et culturelle du pays.

L’autrice ne se situe pas dans une posture d’analyse sociologique, mais dans une démarche de transmission et de valorisation. Elle cherche à faire connaître la Tunisie au-delà de ses frontières, en rappelant ce que ce territoire a apporté à l’histoire mondiale. Aucun sujet n’a été volontairement écarté : la révolution de 2011, événement récent mais structurant, trouve naturellement sa place.

Une Tunisie loin des clichés touristiques

Le dictionnaire s’éloigne des images de carte postale. Il ne se réduit ni aux plages ni aux symboles folkloriques. Sidi Bou Saïd, par exemple, n’est pas présenté comme un décor touristique, mais comme un lieu porteur d’une tradition spirituelle liée au soufisme. L’autrice part de son expérience vécue, elle qui vient du Kef, et non d’un lieu vitrifié pour le tourisme. « Derrière cette image de carte postale, il y a une histoire millénaire. Ce petit pays a joué un rôle majeur dans l’histoire mondiale. » Cette profondeur historique structure l’ensemble de l’ouvrage, pensé pour durer et être relu dans le temps, indépendamment des évolutions du pays.

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance, Fawzia Zouari refuse toute posture militante ou tout jugement sur l’actualité. Installée entre plusieurs pays, elle revendique une distance qui lui permet d’écrire hors de toute position politique. Le livre s’inscrit dans une temporalité longue, celle de l’histoire. « C’est cet héritage ancien qui continue de structurer le pays et sur lequel s’appuie son rapport au monde. » .Elle conclut sur une idée d’espérance : « Toujours. Il faut espérer dans ce pays. Le ciel y est serein. Quelles que soient les périodes traversées, la Tunisie donne une forme de sérénité. C’est cette profondeur historique qui nourrit la fierté. »

 

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Mokhtar Ben Mechichi : oliviers, cultures, régions.. le climat redessine la carte agricole tunisienne

26. Mai 2026 um 11:41

En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à la pépinière Mabrouka, s’est exprimé. Il estime que le paysage agricole tunisien ne sera plus le même dans les années à venir; et ce, en raison des changements climatiques.

Il souligne que le secteur agricole est déjà engagé dans une dynamique de transformation continue. Puisque chaque année, on observe une migration progressive de certaines espèces et variétés d’une zone vers une autre.

A cet égard, ce phénomène illustre une adaptation forcée aux nouvelles conditions climatiques qui touchent l’ensemble du territoire. Il cite notamment l’exemple de variétés d’oliviers traditionnellement cultivées dans le sud. Lesquelles commencent aujourd’hui à être implantées de plus en plus vers le nord.

Ainsi, cette évolution s’explique par le fait que même les régions septentrionales connaissent à leur tour des changements climatiques. Ceux-ci modifient les équilibres agricoles.

Dans ce contexte, l’agriculteur se retrouve dans l’obligation d’adapter ses choix en fonction de la rentabilité et des nouvelles conditions de production. Ce qui a pour conséquence qu’il replante des variétés du sud, jugées plus performantes dans certaines situations, au nord. De la sorte que cela participe à cette recomposition du paysage agricole national.

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Aïd al-Adha 2026 : le ministère de l’Agriculture active son réseau vétérinaire

26. Mai 2026 um 10:53

À l’occasion de l’Aïd al-Adha 2026, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche annonce la mise en place d’un dispositif national visant à renforcer la sécurité sanitaire des viandes de sacrifice et à accompagner les citoyens dans l’ensemble des gouvernorats.

Une liste nominative de médecins vétérinaires des secteurs public et privé a été publiée et mise à la disposition du public. Ces vétérinaires seront mobilisés sur tout le territoire pour répondre aux questions des citoyens, prodiguer des conseils sanitaires et intervenir en cas de détection de signes anormaux sur les viandes, les organes ou les viscères des moutons de l’Aïd.

Le ministère rappelle que cette initiative s’inscrit dans une démarche de prévention des risques sanitaires et de promotion des bonnes pratiques lors des opérations d’abattage et de manipulation des produits animaux. Elle vise également à garantir la sécurité alimentaire et à préserver la santé publique durant cette période de forte consommation.

Les autorités appellent par ailleurs les citoyens à respecter strictement les règles d’hygiène et de gestion des déchets animaux afin de protéger l’environnement et d’éviter tout risque de contamination.

📄 La liste des vétérinaires mobilisés est disponible ici :
Liste des vétérinaires mobilisés – Aïd al-Adha 2026

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Les médias audiovisuels tunisiens… à la rencontre des régions

25. Mai 2026 um 07:00

L’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes s’est penchée, vendredi 22 mai 2026, sur le vécu et les perspectives de développement des médias audiovisuels de nos régions. Une panoplie de médias qui ont pratiquement tous en commun, du moins pour les radios privées et communautaires, des difficultés d’ordre structurel. Elles sont cependant essentielles pour le développement d’une information de proximité qui sert le citoyen.

« L’information régionale en Tunisie : réalités et perspectives ». En marge de la célébration du 60ème anniversaire de la création de la télévision publique tunisienne (31 mai 1966), l’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes s’est penchée, vendredi 22 mai 2026, sur le vécu et les perspectives de développement d’un pan entier des médias audiovisuels publics tunisiens. Un vécu bien ancien puisque la première radio régionale en Tunisie a été créée en 1961. Cinq autres radios naîtront plus tard dans d’autres régions du pays : Monastir (1977), Le Kef (1991), Gafsa (1991), Tataouine (1993) et Kasserine (2014) – une radio plutôt locale. Un vécu qui a été enrichi, depuis 2011, par pas moins de 10 radios à capital privé et 15 radios communautaires qui ont essaimé dans pratiquement tous les gouvernorats du pays.

Il y avait donc de quoi nourrir un débat sur les radios régionales tunisiennes. Il n’existe pas de télévisions régionales, du moins autorisées par la Haica, l’organisme de régulation de l’audiovisuel tunisien, hormis les antennes Tv des radios régionales publiques chargées de la couverture de l’actualité pour le compte de la télévision publique. Et le débat n’a pas déchu avec les interventions de quelques universitaires et professionnels qui ont, pour la plupart, été des acteurs de cette presse audiovisuelle régionale qui a vécu son âge d’or avant les années 2000.

Reposant, pour l’essentiel, sur le rendu d’hommes de terrain, des autodidactes en grande partie, soucieux de rendre compte de la vie dans leur région respective : les correspondants régionaux de la radio et de la télévision publiques. Souvent au four et au moulin exerçant en parallèle une couverture pour la presse écrite du parti au pouvoir, le Parti Socialiste Destourien (PSD), et, par la suite, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), et des fonctions au sein des institutions régionales de l’époque.

Des radios régionales qui continuent, cela dit, de souffrir d’un ensemble de problèmes d’ordre structurels qui rendent leur vécu des plus difficiles. A commencer par celui du coût élevé de leurs charges. Comme les frais de la télédiffusion ou encore ceux de la sécurité sociale et des impôts. Pour ne pas citer le salaire de leurs employés. A en croire certains, il y a de quoi mettre la clé sous la porte ! En tout cas, des professionnels ont plus d’une fois rappelé leurs difficultés. D’autant plus que la publicité – la seule réelle ressource financière dont ils disposent – n’arrive pas, pour ainsi dire, à nourrir son homme.

Sans réel souci d’interroger le marché

Un sujet bien complexe, selon les débats. Beaucoup de radios privées ont été lancées sans réel souci d’interroger le marché et donc de conduire une étude de marché. Car, une des questions fondamentales concerne une exiguïté du marché : en clair, et le cas se pose pour du moins certaines régions du pays, il y a un certain « encombrement » qui ne facilite pas la vie à ces radios qui rendent un service aux régions où elles sont installées. Notamment une information de proximité qui est bien nécessaire au développement régional et local.

 

Une question qui mérite le détour à l’heure où le pays donne une réelle importance aux régions dans son bâtit politique. En témoigne la création d’un Conseil national des régions et des districts (CNRD), la Chambre haute du Parlement tunisien, instaurée par la Constitution de 2022. Un Conseil qui « assure une fonction législative spécifique centrée sur le développement économique et budgétaire des territoires ».

 

Des professionnels ont rappelé leurs difficultés, d’autant plus que la publicité, seule réelle ressource financière dont ils disposent, n’arrive pas à nourrir son homme.

 

Nous y allons de pieds fermes

Autant dire qu’une radio régionale ne peut qu’avoir sa place dans le tissu médiatique tunisien. Ce qui explique sans doute l’appel lancé, au cours de la rencontre initiée par l’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes, en vue du lancement de nouvelles radios publiques dans les régions. C’est le cas, pour deux vieux routiers de la presse régionale publique, Rachid El Bekkay et Mahmoud Horchani ; le premier à Bizerte et le second à Sidi Bouzid. Deux vieux routiers qui sont venus présenter des livres récents qu’ils ont publiés et qui retracent en grande partie leur expérience en tant que journaliste régional.

Présentant une communication au sujet des radios régionales publiques, Mohamed Maâmri, ancien directeur de Radio Tataouine, actuellement directeur des relations extérieures de la Radio tunisienne (RT), l’institution de la radiodiffusion publique, est venu poser une question fondamentale. Elle concerne le vécu actuel des radios régionales à l’heure du digital.

 

Il n’est plus nécessaire de se trouver dans une région pour couvrir ses actualités et écouter les programmes. On avait parlé un temps de l’ubiquité, nous y sommes. Ou presque !

 

Ce vécu charrie un ensemble d’outils et d’applications qui changent totalement la profession et imposent de s’adapter à de nouvelles donnes. Comme les podcasts et autres plateformes audiovisuelles qui ne font plus de distinction formelle entre image et son. Sans oublier évidemment qu’il n’est plus nécessaire de se trouver dans une région pour couvrir ses actualités et écouter les programmes. On avait parlé un temps de l’ubiquité, soit « la capacité d’être présent en plusieurs endroits et partout à la fois ». Nous y sommes. Ou presque ! Nous y allons de pieds fermes.

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Moissons 2026 : le gouvernement rassure les agriculteurs

24. Mai 2026 um 11:52

Le Conseil ministériel restreint consacré à la saison des moissons et aux préparatifs de la campagne agricole 2026-2027 a décidé, samedi 23 mai, de maintenir les prix d’acceptation des céréales au niveau de la saison précédente et d’assurer le financement de la récolte avec la garantie de l’État. Présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le conseil a également annoncé une série de mesures visant à sécuriser les opérations de collecte, de stockage et de transport des céréales.

Le gouvernement a décidé de renforcer le programme de réglage des moissonneuses-batteuses afin de couvrir 1 300 machines, avec un suivi de terrain accru pour prévenir les incendies. Le contrôle des centres de collecte sera intensifié dès le début de la saison, tandis que les capacités de stockage seront élargies grâce à l’aménagement de nouveaux espaces, notamment pour l’orge.

Dans le cadre des préparatifs de la prochaine campagne agricole, le gouvernement a aussi annoncé l’accélération de la constitution des stocks d’engrais et le maintien des prix actuels des engrais chimiques afin de soutenir les agriculteurs et de réduire les coûts de production. Une attention particulière sera accordée à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique des centres de stockage et à la distribution équitable des engrais via la plateforme numérique « Engrais », lit-on dans la déclaration issue du Conseil des ministres restreint.

Le secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, a indiqué que les quantités de semences certifiées distribuées ont atteint 524 000 quintaux, soit 30 % des besoins nationaux. Il a précisé que ce volume représente un niveau inédit, contre 265 000 quintaux lors de la campagne 2024-2025.

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 Roman tunisien : trente ans de Comar d’Or et une littérature qui n’a jamais été aussi vivante

24. Mai 2026 um 09:41

Trente ans, cela se fête en grande pompe. La trentième édition des Prix Comar d’Or s’est tenue le 23 mai 2026 au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture à Tunis, dans une atmosphère à la hauteur de l’anniversaire. Avant la remise des distinctions, l’Orchestre symphonique de Carthage, placé sous la direction de Hafedh Makni, a ouvert la soirée par une intervention musicale qui a donné le ton de la cérémonie.

Six romans tunisiens ont été distingués ce soir-là, devant un parterre d’écrivains, de membres du jury et de personnalités officielles. En section francophone, le grand prix revient à Hichem Ben Azouz pour Sangoma le guérisseur, paru aux éditions Hykeyet. Le Prix spécial du jury est décerné à Héla Feki pour Une reine sans royaume, publié chez Jean-Claude Lattès, tandis que le Prix Découverte échoit à Sofiane Ben M’rad pour Tunis Arkana, sorti aux éditions Sikelli. La section arabophone consacre Nasr Belhaj Beltaïeb et son roman سيف الصوان (L’épée de silex), édité chez Khraief. Fahmi Balti reçoit le Prix spécial du jury pour دم سيّئ (Mauvais sang), paru aux éditions Capsa. Najwa Kaddari, enfin, obtient le Prix Découverte pour الماجدة (La glorieuse), son premier roman publié chez Arcadia.

Cette trentième édition a également été l’occasion de revaloriser les dotations financières, signe tangible de la maturité du prix. La distinction suprême, le Grand Prix Comar d’Or, passe ainsi de 10 000 à 15 000 dinars. Le Prix spécial du jury, qui récompense l’originalité de la démarche littéraire, est porté de 5 000 à 7 000 dinars. Quant au Prix Découverte, dédié aux nouvelles voix de la fiction tunisienne, sa dotation progresse de 2 500 à 3 000 dinars, un signal encourageant adressé aux premiers romanciers.

Cette édition anniversaire a enregistré une participation record : 92 œuvres soumises au jury, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Le contraste avec la première édition de 1997, qui ne comptait que 13 romans en compétition, illustre le chemin parcouru. Depuis cette année fondatrice, ce sont 1 271 romans qui ont concouru pour ce prix, dont 846 en langue arabe et 425 en langue française. Derrière ces chiffres, une communauté d’auteurs aux profils divers : en section arabophone, 846 écrivains ont participé depuis l’origine, parmi lesquels 650 hommes et 196 femmes ; en section francophone, ils sont 425, dont 295 hommes et 130 femmes.

Les deux présidents de jury ont dressé un bilan positif des œuvres en compétition. Mohamed El Khadi, qui présidait le jury du roman en langue arabe, et Ridha Kefi, à la tête de celui du roman en langue française, ont été unanimes sur la qualité des manuscrits reçus cette année. El Khadi est allé plus loin, confiant que départager les candidats n’avait pas été chose aisée, tant le niveau de l’ensemble était soutenu.

Dans leurs discours respectifs, le président du conseil d’administration de la COMAR, Slaheddine Ladjimi, et le président du comité d’organisation, Lotfi Ben Haj Kacem, ont salué d’une même voix la créativité de la scène romanesque tunisienne. Tous deux ont souligné que ce qui n’était à l’origine qu’une ambition modeste, offrir une visibilité aux romanciers du pays, s’est imposé comme un rendez-vous de référence du paysage culturel national.

Au-delà de la remise des prix, Slaheddine Ladjimi a réaffirmé la vision sociétale de l’institution : la performance économique d’une entreprise ne saurait être sa seule boussole. « La culture n’est pas un luxe mais une nécessité », a-t-il déclaré, décrivant la littérature comme un espace de dialogue entre identité et universel, et un rempart contre les fractures du monde contemporain. Pour la COMAR, soutenir la création est, selon lui, un engagement durable qui définit son rôle social.

La soirée a également été l’occasion de rendre hommage aux pionniers de l’aventure : Rachid Ben Jemia, initiateur du projet et ancien directeur général de la COMAR, le journaliste et écrivain Hatem Bourial, dont l’implication a contribué à ancrer l’expérience dans la durée, ainsi qu’à la mémoire de feu Rachid Ben Yedder, dont le soutien a été déterminant pour la pérennité de l’initiative. La persévérance des écrivains, le travail des éditeurs et des libraires, ainsi que l’exigence des membres du jury ont également été salués.

Cette édition anniversaire a par ailleurs ouvert une réflexion stratégique sur l’avenir. La veille de la cérémonie, une rencontre consacrée à l’internationalisation du roman tunisien a exploré les leviers de la traduction, de l’édition internationale et de l’ouverture aux lecteurs de cultures diverses, avec l’ambition explicite de porter la littérature tunisienne au-delà de ses frontières. « L’investissement dans la culture est un investissement dans l’humain et dans l’avenir des nations », a conclu Lotfi Ben Haj Kacem.

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Louisa Babari: entre antiquités vivantes et modernités berbères

23. Mai 2026 um 10:46

Qui dit Marseille dit Saison Méditerranée, une manifestation qui cherche à dépasser les clichés pour rendre visibles les enjeux contemporains, écologiques, culturels et économiques  et favoriser des formes de coopération durable entre les pays riverains. C’est ce qui ressort des événements clés, lors de ce court séjour à Marseille.  Rencontrée lors de la journée du 16 mai 2026 au Musée d’Art Contemporain de Marseille, Louisa Babari a souligné l’importance de se rappeler des histoires concrètes : patrimoines en mouvement, créations contemporaines. 

Louisa Babari puise son inspiration dans les strates antiques et la minéralité des territoires méditerranéens. Son travail évoque la tribu des Bab présente dès l’Antiquité, mentionnée au IIIe siècle après J.-C. sur une plaque commémorant une victoire romaine et liée à des événements ayant opposé des tribus locales aux légions, et met en lumière les continuités culturelles entre l’Algérie et la Tunisie.

Issue d’une famille paternelle de la région de Constantine, l’artiste rappelle combien les échanges entre l’Est algérien et la Tunisie, notamment à l’époque antique, effacent les frontières modernes.

Pour Louisa Babari, la pierre, la statuaire et la minéralité sont autant de formes qui résonnent avec une esthétique de la modernité « native ». Elle voit la Méditerranée comme un laboratoire de modernité tribale, où les apports berbères se croisent avec les influences romaines, byzantines et pharaoniques, créant une richesse esthétique qui perdure dans les vêtements, la musique, les motifs, les bijoux et les usages quotidiens de certaines communautés.

Son travail cherche à sonder les temps immémoriaux pour interroger le présent. La question reste à savoir: comment le patrimoine antique nous parle-t-il aujourd’hui et quel potentiel artistique offre la Méditerranée ? A cette interrogation, elle nous répond qu’elle s’intéresse à la modernité des formes nord-africaines et africaines, à leurs dialogues avec la statuaire grecque et égyptienne, et aux façons dont ces héritages peuvent nourrir de nouvelles représentations contemporaines.

En somme, Louisa Babari poursuit ce dialogue en confrontant sa production aux formes du patrimoine ancien, en développant de nouvelles manières de représentation et en interrogeant la conservation face aux destructions contemporaines. Artiste active internationalement, elle expose régulièrement, notamment en Afrique, au Qatar (biennale de photographie), aux États-Unis et ailleurs, portant son travail dans des contextes variés pour nourrir ce questionnement méditerranéen.

 

Louisa Babari

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Récolte céréalière : des perspectives encourageantes

La Tunisie s’oriente vers une récolte céréalière prometteuse cette saison, malgré un démarrage marqué par plusieurs difficultés, notamment la pénurie de semences sélectionnées et d’ammonitrate, ainsi que l’augmentation des coûts de production. Cette perspective positive a été au cœur d’une séance plénière organisée à l’Assemblée des représentants du peuple à l’initiative de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’eau et de la pêche.

Les représentants de l’UTAP et de la CONECT ont insisté sur l’urgence d’adopter une stratégie efficace pour soutenir les grandes cultures et préparer les prochaines campagnes agricoles. Parmi les priorités évoquées figurent la réduction des pertes de céréales, la mobilisation des équipements nécessaires à la moisson et la modernisation des centres de collecte. Les intervenants ont également appelé à renforcer les capacités de stockage et à lutter contre les pratiques frauduleuses dans les circuits de collecte.

La préservation des semences sélectionnées a aussi été présentée comme un enjeu essentiel pour garantir de meilleures performances agricoles à l’avenir. Concernant la filière oléicole, les organisations professionnelles ont plaidé pour une relance de la consommation locale d’huile d’olive tunisienne. Elles proposent notamment de réorienter les subventions destinées aux huiles végétales importées afin de rendre l’huile d’olive plus accessible aux consommateurs.

Les acteurs du secteur souhaitent également réduire les exportations d’huile d’olive en vrac au profit de produits conditionnés à plus forte valeur ajoutée. Enfin, députés et professionnels ont souligné l’importance d’une agriculture plus durable à travers la réduction des engrais chimiques et pesticides, ainsi que le développement de méthodes naturelles comme la rotation des cultures et les fermes pédagogiques destinées à sensibiliser les jeunes à la protection de l’environnement.

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La Tunisie produira 263 000 tonnes de fruits d’été à noyau pour 2026

La production tunisienne de fruits d’été à noyau pour la campagne 2025/2026 devrait atteindre 263 mille tonnes, soit en hausse de 4,6 % par rapport à la saison précédente (252 mille tonnes), portée principalement par une augmentation de 12,6 % des pêches et nectarines, selon les données du GIFruits (Groupement interprofessionnel des fruits).

Cette progression globale cache toutefois des disparités importantes entre variétés et régions. En effet, si les pêches et nectarines (138 mille tonnes) et les prunes « aouina » (17 mille tonnes) sont en hausse, les amandes sèches sont en recul de 5 %  (53 700 tonnes) et les cerises « habb el-moulouk » chutent de 27 % (7 mille tonnes seulement). Les abricots se stabilisent à 43 500 tonnes, et les nèfles à 2 800 tonnes.

Le groupement explique ces contre-performances par les changements climatiques croissants, qui perturbent le rythme de production et la maturation des fruits. De plus, la superficie totale exploitée pour ces cultures a diminué de 3 %, passant de 197 562 à 191 635 hectares.

Sur le plan régional, les contrastes sont également frappants. Kairouan reste le premier producteur national avec 39 353 tonnes (+2 %), suivi de Ben Arous (35 938 tonnes, +24 %) et de La Manouba, qui enregistre une croissance record de +26 % (26 090 tonnes). Kasserine progresse également de 10 % (30 663 tonnes).

En revanche, Sfax voit sa production s’effondrer de 36 % (6 363 tonnes), et Mahdia chute de 18 % (7 311 tonnes). Sidi Bouzid, malgré une baisse de ses superficies, parvient à maintenir une production abondante de 22 765 tonnes.

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Elias Kurdy, ou l’art qui interroge le monde

20. Mai 2026 um 07:52

Le lancement de la Saison Méditerranée à Marseille les 16 et 17 mai 2026 a porté une émotion profonde : celle d’un dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, reliant passé et futur, mais aussi entre ce qui se perd et ce qui s’obstine à demeurer. Parmi les moments forts de cette ouverture, l’exposition Archéologie du futur d’Elias Kurdy au Château de Servières à Marseille se dessine comme un lieu de silence et de résonance. À travers ses sculptures, Elias Kurdy offre bien plus qu’une exposition : une mémoire de son vécu, qui invite avant tout à ressentir, plutôt qu’à simplement comprendre.

Arrivé à Marseille en septembre 2012 pour poursuivre des études d’architecture qu’il avait entamées, Elias raconte exclusivement à l’Economiste Maghrébin avoir obtenu son visa pour la France après un passage prévu à Tunis. Lié au Liban par ses origines, il évoque aussi des liens familiaux et médicaux qui l’attachent à Beyrouth : soigné là-bas en 2009-2010, il garde une dette de gratitude envers les médecins libanais qui ont sauvé son bras.

Son exposition interroge “ l’archéologie du futur”, expression proposée par Jean-Marc Prévost. Pour Elias, il ne s’agit pas tant d’anticiper une archéologie à venir que de repenser collectivement la manière dont on narre l’histoire. Il invite à revoir les représentations familières, par exemple la carte de la Méditerranée, dont l’axe et l’orientation conditionnent notre lecture du monde, afin de briser les images reçues et de permettre à chacun d’inventer sa propre histoire. Selon lui, ces récits individuels peuvent contribuer à construire une histoire collective plus inclusive.

En outre, il souligne que l’art est en grande partie futile. Tout en concluant: “Je crois vraiment que l’art est futile. Je pars de cette pensée‑là et je continue à travailler parce que je ne peux pas faire autre chose. Mais je pense que si mes pièces aident à ouvrir une conversation entre deux personnes à ce sujet, ou par rapport à ce qu’il se passe autour de nous, ou à ce qui s’est passé, ou encore à ce que ces objets signifient pour nous et pour les gens à venir, je suis déjà ravi.”

Une chose est certaine : si ses pièces parviennent à susciter une conversation entre les personnes ou sur le sens des objets pour les générations futures, c’est justement là que l’art trouve sa raison d’être la plus lumineuse.

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Crise des engrais : l’UE vole au secours des agriculteurs

19. Mai 2026 um 16:58

La Commission européenne doit valider, mardi 19 mai à Strasbourg, un vaste « plan engrais » de plusieurs centaines de millions d’euros destiné à soutenir les agriculteurs européens, frappés par la flambée des coûts et les difficultés d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient, selon des médias européens.

On rappelle que depuis plusieurs semaines, le détroit d’Ormuz reste bloqué en raison des tensions dans la région. Or, près d’un tiers des engrais importés par l’Europe transitent par cette voie stratégique. Conséquence : le prix des engrais a bondi de 70 % depuis le début de la guerre.

Pour financer ce dispositif d’urgence, Bruxelles prévoit de mobiliser une partie des fonds inutilisés de la Politique agricole commune (PAC). « Il reste 200 millions d’euros dans cette réserve de crise, et mon intention serait de doubler au moins ce montant pour venir au secours de nos agriculteurs », explique Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture. Habituellement versées en octobre, ces aides pourraient donc être débloquées de manière anticipée.

Au-delà du soutien immédiat, la Commission souhaite également réduire la dépendance européenne aux engrais importés. Christophe Hansen plaide notamment pour un recours accru aux fertilisants naturels produits localement, comme le lisier agricole.

Le commissaire européen estime par ailleurs que certaines règles environnementales pourraient être assouplies si la crise perdure. Il évoque notamment les limites actuelles concernant l’utilisation des nitrates et de l’azote, jugées trop restrictives par certains agriculteurs européens.

Qu’en est-il en Tunisie? La réponse dans un prochain article.

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Les dattes tunisiennes raflent 70 % du marché brésilien

19. Mai 2026 um 15:01

La Tunisie enregistre une participation record à la 40ème édition du salon de l’industrie agroalimentaire APAS Show. Lequel se tient du 18 au 21 mai 2026 à São Paulo, au Brésil. C’est ce qu’indique un communiqué publié par le Centre de promotion des exportations (CEPEX).

Organisé par le CEPEX en collaboration avec l’ambassade de Tunisie à Brasilia et la Chambre de commerce arabo-brésilienne, le pavillon national d’APAS Show réunit 15 entreprises tunisiennes. Et ce, en plus d’un grand producteur d’huile d’olive exposant à titre individuel.

Cette présence renforcée au sein du « Blue Pavilon » vise à consolider le positionnement des exportateurs tunisiens sur le marché latino-américain. Mais aussi à intégrer les circuits de la grande distribution locale, notamment pour les dattes et l’huile d’olive conditionnée. L’attaché commercial auprès de l’ambassade de Tunisie au Brésil, Hassen Saadani, ainsi qu’une délégation de la Chambre de commerce arabo-brésilienne conduite par son vice-président, Mohamad Orra Mourad, ont visité le pavillon à l’ouverture du salon. Ils ont pu échanger avec les opérateurs tunisiens sur les perspectives de développement.

La Tunisie figure actuellement comme le premier fournisseur de dattes du Brésil. Et ce, avec des exportations ayant atteint 6,5 millions de dollars en 2024. Soit 70% des parts de ce marché.

Pour l’huile d’olive conditionnée, les ventes tunisiennes vers le Brésil ont franchi le seuil des 20 millions de dollars. Ce qui hisse le pays au 5ème rang des fournisseurs du marché brésilien. Cette dynamique est soutenue par l’exonération totale des droits de douane sur les importations d’huile d’olive extra-vierge au Brésil, passés de 9% à 0%. Cela est de nature à améliorer la compétitivité du produit tunisien.

Enfin, notons que cette nouvelle édition du APAS Show constitue un évènement incontournable pour l’industrie agroalimentaire. Il a rassemblé plus de 78 mille visiteurs professionnels et 900 exposants, dont 250 internationaux issus de 22 pays.

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Et si l’agriculture devenait le nouveau visage de l’innovation, de l’emploi?

19. Mai 2026 um 12:23

À l’occasion de la Journée nationale de l’agriculture célébrée le 12 mai 2026, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a dévoilé un nouvel habillage visuel de son mur extérieur situé sur l’avenue Alain Savary à Tunis. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne « Agridays », menée en collaboration avec l’Agence de vulgarisation et de formation agricoles (AVFA).

À travers des fresques artistiques et des panneaux immersifs, la campagne met en avant une agriculture tunisienne en pleine mutation : plus innovante, plus technologique et résolument tournée vers les métiers d’avenir. Les visuels valorisent les nouvelles dynamiques des secteurs agricole et maritime, notamment l’agroalimentaire, l’aquaculture, la mécanique navale, l’agriculture intelligente, la transformation des produits agricoles, ainsi que l’entrepreneuriat innovant.

Le parcours met également l’accent sur les métiers porteurs et les compétences recherchées dans les filières agricoles, agroalimentaires et maritimes. Une place centrale est accordée à la formation professionnelle agricole et maritime, à travers des contenus dédiés aux centres de formation de l’AVFA, aux parcours des apprenants et aux opportunités offertes aux jeunes dans les différentes régions du pays.

La campagne met aussi en lumière une nouvelle génération de jeunes qui choisissent aujourd’hui l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche comme secteurs d’avenir. Plusieurs témoignages et portraits illustrent des parcours réussis grâce à la formation, à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Placée sous le slogan : « La sécurité alimentaire est une décision et non un choix », l’initiative vise à sensibiliser le grand public aux enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation, d’emploi et d’adaptation climatique.

En parallèle, plusieurs centres de formation relevant de l’AVFA organisent des activités immersives en lien direct avec le monde professionnel. À Ben Arous, des apprenants ont découvert les métiers de la transformation agroalimentaire au sein de l’entreprise Al Jazira. À Kélibia, une table ronde a réuni entreprises du secteur maritime et jeunes en formation autour des besoins du marché de l’emploi. À Barrouta, d’anciens apprenants devenus entrepreneurs ont partagé leurs expériences avec les jeunes du centre. À Chott Mariem, une startup spécialisée dans l’agriculture intelligente a présenté des solutions technologiques appliquées au secteur agricole.

À travers les Agridays, l’AVFA met également en avant les efforts engagés pour moderniser ses centres de formation et renforcer son offre de services en faveur des jeunes. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de partenariats stratégiques, notamment le programme TRACE et le projet Nexus Skills & Jobs for Youth, qui accompagnent l’agence dans sa mission de promouvoir l’inclusion économique des femmes et des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche.

 

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Appel à un projet national : un ingénieur agricole par délégation

19. Mai 2026 um 10:54

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, le doyen des ingénieurs tunisiens, Mohsen Gharsi, appelle à l’adoption d’une approche nationale intégrée pour restructurer le secteur agricole en Tunisie, en plaçant les ingénieurs agricoles au cœur des systèmes de production. Il estime que cette réforme constitue un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire, stabiliser les prix et améliorer la performance globale du secteur.

Il propose notamment le lancement d’un programme national intitulé « Un ingénieur agricole par délégation agricole », visant à déployer des ingénieurs sur le terrain afin d’assurer un encadrement technique direct des agriculteurs et des éleveurs. Ce dispositif reposerait sur des contrats d’accompagnement définis avec des objectifs clairs : suivi des productions, élaboration de fiches de coûts, optimisation de l’utilisation des aliments pour bétail et de l’eau, appui aux coopératives et amélioration de la prise de décision au niveau local grâce à des données fiables.

Pour Mohsen Gharsi, la question agricole a dépassé aujourd’hui le cadre sectoriel et touche à des enjeux stratégiques liés à la souveraineté alimentaire, au pouvoir d’achat et à l’équilibre des régions intérieures. Il estime que la Tunisie  dispose de compétences importantes : ingénieurs, experts, chercheurs, agriculteurs expérimentés. Mais, précise-t-il, le problème principal réside dans la faiblesse de leur intégration dans les chaînes de production.

Il a également souligné une contradiction majeure : un nombre important d’ingénieurs agricoles se sont trouvés en situation de chômage ou de sous-emploi; tandis que les systèmes de production animale et végétale ont souffert d’un manque d’encadrement technique, d’une hausse des coûts et d’une baisse de productivité.

Crise des coûts et déséquilibres du marché

Concernant la hausse des prix des moutons et des viandes rouges, Mohsen Gharsi considère qu’elle ne s’explique pas uniquement par la spéculation ou la saisonnalité. Elle résulte d’une accumulation de facteurs structurels : augmentation du coût des aliments pour bétail, dégradation des pâturages, affaiblissement des cheptels, multiplication des intermédiaires et manque de transparence dans les circuits de distribution.

Il appelle ainsi à dépasser les interventions ponctuelles pour engager une réforme globale de la filière, depuis la production et l’alimentation animale jusqu’à la commercialisation organisée et transparente.

Mesures proposées à court terme

Le doyen des ingénieurs avance plusieurs mesures opérationnelles immédiates, parmi lesquelles :

  • La création d’un registre national actualisé des ingénieurs agricoles au chômage, classés par spécialité, région et expérience, afin d’orienter les compétences selon les besoins territoriaux.
  • La mise en place de contrats d’accompagnement technique dans les délégations agricoles, cofinancés par l’État et les structures professionnelles, avec des indicateurs de performance.
  • Le lien entre les subventions destinées aux aliments pour bétail et l’enregistrement des éleveurs, le suivi du cheptel et l’acceptation de l’encadrement technique.
  • L’organisation de points de vente structurés pour les moutons avant la saison de l’Aïd, avec vente au poids et publication quotidienne des prix et des quantités disponibles.
  • La constitution d’équipes de terrain composées d’ingénieurs agricoles, de vétérinaires et de contrôleurs économiques pour encadrer les marchés du bétail en amont des périodes de forte demande.
  • La création d’une plateforme numérique nationale simple permettant de diffuser les prix de référence, les quantités disponibles et les points de vente, en lien avec les municipalités et les médias.

Réformes structurelles à moyen et long terme

Au-delà des mesures d’urgence, Mohsen Ghrissi insiste sur la nécessité de réformes profondes sur une période de deux à cinq ans, notamment dans un contexte de stress hydrique, de changement climatique et de hausse des coûts de production.

Parmi ces réformes :

  • La reconstitution du cheptel national, ciblant en particulier les petits et moyens éleveurs.
  • Le suivi de la reproduction, de la croissance et de la mortalité des animaux.
  • Le développement des cultures fourragères et des systèmes d’alimentation locaux.
  • La valorisation des résidus agricoles dans l’alimentation animale.
  • L’obligation d’un encadrement technique pour les projets agricoles bénéficiant d’avantages publics.
  • La création d’un fonds de soutien aux projets agricoles portés par des ingénieurs, notamment dans les domaines de la digitalisation, du suivi du cheptel, de l’irrigation, de l’analyse des coûts et des circuits courts.
  • Le développement de formations courtes spécialisées pour les ingénieurs sans emploi dans les domaines de la nutrition animale, de l’économie des exploitations, de la sécurité sanitaire, de la chaîne de froid et de la gestion des coopératives.

Pour assurer la réussite de cette stratégie, le responsable propose la création d’un comité national restreint et opérationnel réunissant la Présidence du gouvernement, les ministères de l’Agriculture, de l’Emploi et du Commerce, l’Ordre des ingénieurs tunisiens, les représentants des éleveurs et les structures professionnelles.

Ce comité fonctionnerait avec des délais précis et des indicateurs de suivi clairs : nombre d’ingénieurs intégrés, exploitations encadrées, coût du kilogramme vif, taux de mortalité, nombre de points de vente organisés et écart entre prix de référence et prix réel.

Une vision globale de transformation du modèle agricole

Mohsen Gharsi estime enfin que l’encadrement technique des ingénieurs agricoles constitue un investissement rentable pour l’État, capable de réduire le gaspillage, améliorer la productivité et stabiliser les prix.

Il lance un appel aux ingénieurs à adopter une nouvelle posture, passant de la demande d’emploi à la conception et à la gestion de projets agricoles mesurables. De même qu’il invite les pouvoirs publics à considérer la compétence technique comme un levier central de la politique alimentaire nationale.

Et de conclure que la Tunisie se trouve face à un choix stratégique : poursuivre une gestion conjoncturelle des crises agricoles ou engager une transformation structurelle fondée sur la compétence, la donnée et la gouvernance de terrain.

Dans cette optique, il affirme que la profession d’ingénieur agricole ne constitue pas une revendication sectorielle, mais une composante essentielle d’un projet national visant une agriculture productive, équitable et durable, au service de la sécurité alimentaire et de la stabilité sociale du pays.

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