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Série de vols dans des voitures à Ariana | Le suspect arrêté

14. Oktober 2026 um 22:16

Les agents de la brigade de la police judiciaire de l’Ariana (nord de Tunis) ont réussi, à arrêter un individu spécialisé dans le vol dans les voitures.

Selon les éléments de l’enquête, le suspect guettait ses victimes dès leur descente de voiture et utilisait un brouilleur d’ondes perfectionné pour empêcher le verrouillage électronique à distance des portières, avant de s’emparer des sommes d’argent ou des objets de valeur laissés dans les habitacles.

Plusieurs plaintes ont été déposées et la police judiciaire de l’Ariana a mené ses investigations qui ont permis d’identifier et d’interpeller le suspect, indique une source sécuritaire citée par Mosaïque FM, ce mardi 13 octobre 2026.

Lors de son interrogatoire, ce dernier a avoué avoir commis une série de vols et a également révélé l’identité de son complice, chargé de revendre les objets volés. Ce denier fait désormais l’objet d’un mandat de recherche.

Y. N.

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Partenariat Tunisie-Canada | Une rencontre stratégique à la Conect

14. Oktober 2026 um 20:27

Une délégation canadienne de haut niveau a été reçue à la Conect pour échanger sur le renforcement des relations économiques tuniso-canadiennes.

Cette rencontre prometteuse à la Conect a réuni l’Ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Kofi Bilodeau, et le Conseiller commercial, François Lasalle, Aslan Berjeb etTarak Cherif, respectivement Président de la Conect et Président de CONECT International, ainsi que Mariem Abdeljawed, Présidente du Groupement « Innovation Act » .

Des échanges fructueux sur les perspectives de coopération économique tuniso-canadienne et les occasions de partenariat et d’investissement, notamment dans l’aéronautique et l’innovation.

Une belle occasion de renforcer les liens entre les acteurs économiques des deux pays et de favoriser le développement de nouvelles opportunités d’affaires.

Communiqué

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Mahdia | Décès d’un jeune de 28 ans après l’incendie d’un dépôt de carburant de contrebande

14. Oktober 2026 um 20:06

Un jeune homme de 28 ans a succombé à ses blessures ce mercredi 14 octobre au matin à l’hôpital universitaire Taïeb Sfar de Mahdia, des suites de graves brûlures.

Le drame s’était produit le dimanche 11 octobre 2026, lorsqu’un violent incendie s’est déclaré dans un dépôt clandestin de carburant de contrebande. Touchée sur l’ensemble du corps, la victime avait subi des brûlures du troisième degré.

Malgré sa prise en charge rapide en soins intensifs, le jeune homme n’a pas survécu à ses blessures. Les unités de la Protection civile étaient intervenues sur les lieux dès le déclenchement du sinistre pour circonscrire les flammes et évacuer les victimes.

Y. N.

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Tunisie | Prévisions météo pour cette nuit

14. Oktober 2026 um 18:44

La nuit s’annonce marquée par un ciel peu nuageux à partiellement voilé, cédant la place à des brumes locales en fin de nuit sur les régions du nord.

​Le vent se montrera assez fort près des côtes est, et faible à modéré sur le reste du pays, ajoute l’Institut national de la météorologie (INM), en précisant que la mer sera agitée également au nord

​La même source annonce des températures nocturnes variant entre 16 et 21°C dans l’ensemble des régions, pour descendre jusqu’à 13°C sur les hauteurs.

Y. N.

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Jamaity.org | Pour une société civile tunisienne mieux informée  

14. Oktober 2026 um 13:51

L’association Jamaity vient de lancer la nouvelle version de sa plateforme numérique Jamaity.org, qui «marque une nouvelle étape dans son engagement pour répondre aux besoins de la société civile tunisienne et renforcer sa capacité à agir, à collaborer et à porter des propositions», indique-t-elle dans un communiqué publié le 13 octobre 2026, à Tunis.

Depuis 2014, Jamaity facilite l’accès à l’information et aux ressources destinées aux associations en Tunisie. «Construite au fil des années grâce à l’engagement de ses partenaires, de ses équipes et de sa communauté, la plateforme propose désormais une expérience améliorée, avec un moteur de recherche par localisation et thématique, une carte interactive des acteurs associatifs, des profils enrichis et de nouvelles possibilités de contribution.

Les utilisateurs peuvent notamment proposer des associations, des projets, des opportunités et des initiatives de collaboration, contribuant ainsi à enrichir cette ressource collective», indique le communiqué.

Jamaity, qui veut contribuer à une société civile tunisienne informée, dotée de capacités renforcées et en mesure de jouer pleinement son rôle de force de proposition, a créé Jamaity Academy, pour faciliter l’accès à la formation grâce à des ressources numériques et à une plateforme d’apprentissage en ligne.

Son Help Desk propose un accompagnement personnalisé à distance pour aider les associations dans leurs démarches de conformité, l’évaluation de leurs pratiques de gouvernance et le renforcement de leurs capacités.

La plateforme Jamaity.org et Jamaity Maps contribuent également à la mise en réseau des acteurs, à la visibilité des initiatives et à une meilleure connaissance du paysage associatif grâce aux données et aux outils de recherche.

La plateforme est actuellement accessible en version bêta. Elle invite l’ensemble de sa communauté à la découvrir et à partager leurs retours afin de contribuer à son amélioration.

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Djeneba Keita Hann préside le Conseil d’affaires tuniso-guinéen

14. Oktober 2026 um 12:03

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) a conduit, du 6 au 11 octobre 2026 à Conakry, une mission économique multisectorielle réunissant une délégation de 30 entreprises tunisiennes, avec la participation du Tunisia Consortium for African Development (Tucad).

Cette mission a associé rencontres d’affaires, échanges institutionnels, workshop sur le financement des projets, lancement du Conseil d’affaires tuniso-guinéen et participation à la troisième édition du Forum pour la Croissance Inclusive en Afrique (Focia).

Mobilisant des entreprises actives notamment dans les infrastructures, le BTP, l’énergie, l’eau et l’assainissement, l’industrie, la santé, l’ingénierie, les technologies de l’information et les services, cette mission visait à développer les partenariats tuniso-guinéens et à positionner l’expertise tunisienne sur les priorités de développement de la Guinée, notamment celles du Programme Simandou 2040.

Le 7 octobre, une journée de rencontres B2B et B2G au Noom Hotel Conakry a permis aux membres de la délégation d’échanger avec des opérateurs économiques et des représentants institutionnels guinéens. Ces rendez-vous ont favorisé l’identification de besoins, de complémentarités et de pistes de coopération commerciale, technique et industrielle.

Les 8 et 9 octobre, le programme s’est poursuivi par des visites et des rencontres auprès d’institutions publiques et d’acteurs privés. Les échanges menés par TABC, Tucad et les membres de la délégation tunisienne ont notamment concerné Aboubacar Kourouma, ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, autour des perspectives de développement des échanges commerciaux, des partenariats industriels et de la coopération entre PME tunisiennes et guinéennes.Avec Facinet Sylla, ministre des Infrastructures, la rencontre a permis d’explorer les possibilités de mobilisation de l’ingénierie et du savoir-faire tunisiens dans les projets d’infrastructures et les grands chantiers de développement.

Avec Kadé Camara, directrice générale adjointe en charge de l’attractivité et du rayonnement de la Guinée au Guinea Development Board, on a examiné les synergies en matière d’investissement, d’accompagnement des entreprises et d’identification de projets.

Mamoudou Nagnalen Barry, président du CA de la Compagnie du TransGuinéen (CTG) a discuté avec les membres de la délégation tunisienne les opportunités de coopération liées aux infrastructures ferroviaires, portuaires et logistiques et à leur effet d’entraînement sur l’économie guinéenne.

Avec Mamadou Angelo Diallo, délégué général de la Delivery Unit – Unité d’exécution du programme Simandou 2040, les échanges ont porté sur les priorités du programme et les possibilités de contribution des entreprises tunisiennes à sa mise en œuvre.

Les rencontres avec les acteurs privés guinéens ont également permis de rapprocher les entreprises des deux pays et d’explorer des collaborations adaptées aux besoins du marché. 

Le 8 octobre, Jade Advisory, membre de Tucad, a organisé, en partenariat avec le Guinea Development Board, un workshop intitulé «Mobiliser le secteur privé pour la mise en œuvre du Programme Simandou 2040 – De l’ambition à la bancabilité». Consacré aux partenariats public-privé et à la structuration du financement des projets, cet atelier a placé au centre des échanges les conditions nécessaires pour transformer les ambitions de développement en projets susceptibles de mobiliser des investisseurs et des financements.

Un moment majeur de la mission a été la création officielle, le 9 octobre au Noom Hotel Conakry, du Conseil d’affaires tuniso-guinéen (CATG),lors d’une cérémonie suivie d’un cocktail de networking réunissant des personnalités institutionnelles et des représentants du secteur privé des deux pays.

Le CATG est présidé par Djeneba Keita Hann, accompagnée de Almamy Camara en qualité de vice-président et de Abou Sidibé en qualité de secrétaire général. Il constitue un cadre permanent de dialogue, de mise en relation et de suivi des opportunités d’affaires, destiné à renforcer les échanges commerciaux, les investissements et le développement de projets conjoints entre la Tunisie et la Guinée.

Le 10 octobre, la délégation tunisienne a participé à la 3e édition du Forum pour la croissance inclusive en Afrique (Focia).Anis Jaziri, président de TABC et de Tucad, et Sami Driss, vice-président de TABC et Ceo de Comet Group, y sont intervenus. M. Jaziri a pris part au panel consacré aux investissements et chaînes de valeur africaines, consacré au financement, aux partenariats et aux opportunités, et M. Driss est intervenu dans le panel consacré à la transformation locale, à la captation de valeur et aux opportunités d’industrialisation en Afrique. Participation qui a inscrit la contribution tunisienne dans les réflexions sur le financement du développement, la coopération entre entreprises africaines et la construction de chaînes de valeur compétitives.

À l’issue de cette mission, TABC entend poursuivre, avec Tucad, le CATG et ses partenaires guinéens, le suivi des contacts établis et des opportunités identifiées afin de les traduire en partenariats opérationnels et en projets concrets.

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De nouveaux éléments sur le meurtre d’une femme à Jendouba

14. Oktober 2026 um 11:34

Le meurtre de Jendouba, dont la victime est une femme d’une quarantaine d’années, Amel Ghazouani, commence à livrer ses secrets. L’audition du principal suspect, qui aurait avoué être l’auteur du crime, se poursuit, ainsi que d’une complice qui aurait été mise au courant des faits ou qui y aurait, elle-même pris part, selon des sources non confirmées.   

Au terme de douze jours d’investigations, les unités de la brigade de police judiciaire de Jendouba auraient élucidé, hier, mardi 14 octobre, le mystère de la disparition d’une femme d’une quarantaine d’années. La famille de la victime avait signalé sa disparition après qu’elle eut quitté son domicile et son lieu de travail, situés dans un quartier de la ville de Jendouba, le 3 octobre.

L’enquête a mené à deux personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce crime et qui ont été interpellées.

Selon les premiers éléments de l’enquête, qu’il convient de prendre avec la réserve requise, en attendant leur confirmation par les enquêteurs, le principal suspect travaillait dans la même institution que la victime, à savoir la Maison des Jeunes de Jendouba.

Le meurtre a été planifié après que la victime a découvert une information compromettante concernant l’auteur principal. Craignant que son secret ne soit révélé, le meurtrier a décidé d’attirer la victime dans un piège. Il l’a amenée à bord de son véhicule vers une zone déserte, au nord de Jendouba, l’a tuée sauvagement, avant de jeter son corps dans une fosse profonde (de 6 mètres selon certaines sources, de 11 mètres selon d’autres), située dans une maison abandonnée de la région — propriété de l’un de ses proches — avant de le recouvrir de pierres et de terre.

Il ressort également des premiers éléments que le suspect est retourné plusieurs fois sur les lieux, durant les trois jours suivants, pour ajouter davantage de pierres et de terre dans la fosse, jusqu’à ce que le trou soit entièrement comblé.

Il ne s’est pas arrêté là : il a acheté du sable et du ciment pour achever de recouvrir l’endroit où la victime avait été enterrée. Ces matériaux ont constitué l’indice clé ayant permis de découvrir le crime, d’autant plus que l’auteur n’avait pas effectué des travaux de construction chez lui ces derniers temps. C’est cette piste ce qui a d’ailleurs conduit les agents de la police judiciaire à concentrer leurs soupçons sur le suspect et à surveiller ses moindres faits et gestes jusqu’à son arrestation avant-hier. Le suspect avait commis une autre imprudence qui a concentré les soupçons sur lui : il avait pris congé le jour du meurtre, mais il était venu, dans l’après-midi, pour marquer sa présence et éloigner, croyait-il, les soupçons.

Les investigations et la confrontation du suspect principal avec les éléments recueillis ont abouti à ses aveux ; il a d’abord affirmé avoir commis le crime seul, prétendant avoir étranglé la victime avec une écharpe à l’intérieur de son véhicule, avant de se rétracter et de citer le nom d’une complice.

Après l’inspection du lieu d’inhumation de la victime et en présence d’un représentant du ministère public près le Tribunal de première instance de Jendouba, l’opération d’excavation a débuté hier mardi, vers huit heures du matin, à l’aide d’une pelleteuse. Les travaux se sont poursuivis jusqu’à 17 heures, heure à laquelle la dépouille a été extraite. Après examen, le représentant du ministère public a ordonné le transfert du corps au CHU de Jendouba en vue d’une autopsie ; la dépouille présentait déjà des signes de décomposition, mais portait des traces de violences.

I. B.

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Un Tunisien qui a sauvé des flammes deux personnes âgées menacé d’expulsion d’Italie

14. Oktober 2026 um 10:45

Les médias italiens ont rapporté l’histoire d’un Tunisien de 20 ans, Jawhar Hedhaji, qui a sauvé deux personnes âgées d’une mort certaine au milieu des flammes… et risque désormais d’être renvoyé en Tunisie, passant ainsi, en deux temps trois mouvements, du statut de héros ayant sauvé des vies à celui d’immigré illégal menacé d’expulsion d’Italie, ce qui soulève des questions douloureuses sur les liens entre immigration, justice et reconnaissance des actes humanitaires.

À Pachino, en Sicile, un incendie s’est déclaré dans une habitation, piégeant plusieurs personnes âgées. Jawhar, accompagné de deux autres jeunes Tunisiens, n’a pas hésité à mettre sa vie en péril en pénétrant dans la maison envahie par la fumée et les flammes pour aider à sauver des personnes incapables de se mettre à l’abri par elles-mêmes. Un autre jeune a également pris l’initiative de sortir une bouteille de gaz, écartant ainsi tout risque d’explosion.

Cependant, après l’intervention des forces de l’ordre et la vérification de son identité, il est apparu que Jawhar rencontrait des problèmes liés à sa situation administrative en Italie et qu’un arrêté d’expulsion avait déjà été émis à son encontre. Il a donc été transféré dans un centre de rétention administrative (CPR) en vue de son éventuel renvoi vers la Tunisie, selon les informations communiquées par son avocat.

Un jeune homme ayant risqué sa vie pour sauver celle d’autrui se retrouve aujourd’hui menacé de renvoi dans son pays !

Peut-on réduire une personne à sa seule situation administrative, alors même qu’elle fait preuve, face au danger, d’un courage et d’une solidarité méritant d’être reconnus ?

Sauver des vies humaines est un acte qui ne devrait pas être ignoré en raison de la situation administrative d’une personne. Le cas de Jawhar mérite un examen attentif, prenant également en compte la portée humaine de son intervention, dans le respect de la législation italienne. Cette affaire n’est pas seulement l’histoire d’un jeune Tunisien : elle nous rappelle que la dignité humaine ne se mesure pas à l’aune du passeport et que la solidarité ne connaît pas de frontières.

Jawhar Hedhaji mérite d’être entendu et de voir sa situation examinée avec attention, en tenant compte tant de son geste héroïque que de sa situation juridique.

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Femmes Maghrébines poursuit son engagement contre le cancer du sein

14. Oktober 2026 um 09:33

Le magazine Femmes Maghrébines organise la 13e édition de sa campagne Octobre Rose sous le titre «Échec et mat: la reine, c’est moi !», un spectacle inédit en Tunisie, réunissant création artistique, émotion et engagement, le dimanche 18 octobre 2026, à partir de 18h30, au Radisson Blu Hotel & Convention Center de Tunis.

Depuis 2014, le magazine Femmes Maghrébines fait de la lutte contre le cancer du sein un engagement durable, porté par une conviction : sensibiliser au dépistage précoce, libérer la parole et faire évoluer les mentalités sont des responsabilités collectives.

Pour cette 13e édition de sa campagne Octobre Rose, le magazine poursuit son engagement avec le Défilé des Guerrières, qui célèbre cinq années d’espoir, de solidarité et de mobilisation aux côtés des femmes confrontées à la maladie.

Au cœur de ce rendez-vous, seize Guerrières, avec un message qui dépasse le seul combat contre le cancer : celui de la dignité, de la confiance en soi et du droit de chaque femme à rester pleinement elle-même, quelles que soient les épreuves traversées.

Au-delà du spectacle, le magazine féminin entend rappeler que la lutte contre le cancer du sein ne se limite pas à la prévention et au dépistage. Elle exige aussi de briser les tabous, de combattre les préjugés et de mieux accompagner les femmes tout au long de leur parcours.

Le Défilé des Guerrières rend hommage à ces femmes dont le courage transforme l’épreuve en une parole d’espoir, ainsi qu’aux familles et aux proches qui les soutiennent.

Billetterie : Teskerti.

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Le siège de l’Arabie Saoudite | L’Iran étrangle le monde pour régner sur le Golfe

14. Oktober 2026 um 09:04

En attaquant l’Arabie saoudite, l’Iran prend en otage l’économie planétaire, appauvrit les plus pauvres et menace le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher à Washington une négociation qui arrêterait la guerre dont elle est la cible et consacrerait l’hégémonie iranienne sur la péninsule, telle est la stratégie de Téhéran. Ce n’est ni une résistance ni une révolution, c’est un chantage.

Yahya Ould Amar *

En cinq jours, du 6 au 11 octobre 2026, dix-neuf personnes ont péri et plus de trois cent cinquante ont été blessées dans les aéroports d’Abha et de Riyad, sous des missiles et des drones tirés du Yémen. Ces attaques visaient des civils, elles ont été revendiquées, et leurs armes portent une signature que nul ne conteste.

L’Arabie saoudite vit désormais sous un double verrou. À l’est, Ormuz est fermé de fait par l’Iran depuis la rupture du cessez-le-feu du 8 juillet. À l’ouest, les Houthis tiennent depuis le 11 septembre l’île de Périm, au cœur de Bab el-Mandeb, et bloquent les navires liés au royaume. Entre les deux, l’oléoduc Est-Ouest, seule artère de contournement, a été frappé depuis l’Irak et mis à l’arrêt. Un pays qui exporte son sang par deux veines voit l’une tranchée et l’autre comprimée.

Or ce siège concerne le monde entier. Par ces deux détroits transite une part décisive du pétrole consommé sur la planète et du commerce maritime mondial, et l’Arabie saoudite, par ses capacités de réserve, est le régulateur de dernier ressort du marché pétrolier. Lui fermer ses veines, c’est retirer au monde son amortisseur. Chaque hausse durable de dix pour cent du baril retranche entre un à deux dixièmes de point à la croissance mondiale ; un choc de l’ampleur actuelle, c’est près d’un point de croissance, plus de 1000 milliards de dollars évaporés, et une inflation qui frappe d’abord ceux qui importent leur carburant et leur blé, non Téhéran. C’est aussi tarir une source de stabilité : premier bailleur de fonds du monde arabe, pilier de la Banque islamique de développement, le royaume abrite dix millions de travailleurs étrangers dont les transferts, près de quarante milliards de dollars par an, font vivre des familles du Caire à Karachi.

Enfin, pour deux milliards de musulmans, ce pays n’est pas un État comme les autres. Il garde La Mecque et Médine, accueille chaque année des millions de pèlerins, et des drones tirés sur la région de Médine, à portée du tombeau du Prophète Mohamed, atteignent une communauté entière bien au-delà de ses frontières.

Prendre en otage l’économie planétaire, appauvrir les plus pauvres et menacer le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher à Washington une négociation qui consacrerait l’hégémonie iranienne sur la péninsule, telle est la stratégie de Téhéran. Ce n’est ni une résistance ni une révolution, c’est un chantage.

Téhéran ne cherche pas à conquérir la péninsule, il cherche à l’étrangler. Riyad doit refuser la guerre de religion entre sunnites et chiites qu’on lui tend et conduire une guerre d’État, coalisée et asymétrique, dont le centre de gravité est à Bab el-Mandeb plutôt qu’à Ormuz, et dont la clé militaire se trouve à Jérusalem plutôt qu’à Islamabad ou Ankara.

Huit mois de feu, une seule main

La guerre s’est ouverte le 28 février 2026 par les frappes américano-israéliennes. Dès les premières heures, l’Iran a riposté contre ses agresseurs et contre toutes les monarchies du Golfe abritant des bases américaines, Oman excepté : missiles sur Riyad, drones sur Ras Tanura, sur le complexe Samref de Yanbu … Le 13 mars, deux champs offshore fermés, le royaume réduisait sa production d’un cinquième. La veille même du cessez-le-feu du 8 avril, Téhéran frappait encore les infrastructures énergétiques de tous ses voisins.

Ni la trêve négociée par le Pakistan ni le mémorandum d’Islamabad de juin n’ont couvert les voisins de l’Iran. En juillet, les Houthis ont ouvert leur propre front, un avion iranien atterrit à Sanaa en violation du contrôle aérien saoudien** a entraîné une riposte saoudienne. Juste après, un blocus est proclamé contre tout navire lié au royaume.

Les 27 et 28 juillet, les milices irakiennes du Hachd al-Chaabi ont visé les champs de la province orientale, en coordination avec des frappes houthistes sur les installations acheminant le brut vers Yanbu ; la fumée s’est élevée sur Abqaiq, déjà mis à genoux par l’Iran. Les 10 et 11 septembre, des drones tirés d’Irak ont atteint l’oléoduc Est-Ouest jusque dans les régions de Riyad et de Médine, à plus de mille kilomètres de leur rampe, forçant la fermeture de l’artère ; le même jour, les Houthis prenaient Moka puis l’île de Périm, bouclant Bab el-Mandeb. En octobre enfin, les cibles sont passées des infrastructures aux civils, après Abha, l’aéroport King Khalid de Riyad a été frappé trois fois en une semaine, une seule attaque y faisant douze morts et plus de trois cents blessés.

La leçon de cette chronologie est limpide. Trois fronts, le Yémen, l’Irak et l’Iran lui-même, obéissent à une même séquence, chaque pause sur l’un ouvrant une relance sur l’autre. Les acteurs diffèrent, la main qui tient les fils ne change pas.

La stratégie de la tenaille

La doctrine iranienne de la défense avancée date des années 1980, un État révolutionnaire encerclé survit en portant le feu chez les autres. Le Hezbollah au Liban, le Hachd en Irak, Ansar Allah au Yémen, les milices de Syrie forment un tampon ou espace protecteur. Avec la guerre de 2026, les proxys ne servent plus seulement à protéger l’Iran, mais aussi à punir ceux qui ne lui sont pas soumis.

Armement et entraînement obéissent à une chaîne de valeur dont Téhéran garde les maillons décisifs. Les Houthis reçoivent composants, plans et conseillers ; les drones qui ont atteint Médine depuis l’Irak étaient, selon les experts, des appareils à longue portée dont aucune milice ne possède seule l’ingénierie ni la logistique. La transmission passe par mer, via Oman et la Corne de l’Afrique, et désormais par les airs, puisque c’est un vol iranien vers Sanaa qui a rallumé le front yéménite. Le réseau est un corps unique.

L’Iran tient Ormuz par sa marine et ses mines, ses alliés tiennent Bab el-Mandeb depuis Périm, et entre les deux la seule voie terrestre est un oléoduc de mille deux cents kilomètres à portée des milices en Irak. La tenaille se referme sur l’économie saoudienne, et par elle sur l’économie mondiale, sans qu’un soldat iranien ait franchi une frontière. Elle se referme aussi sur le calendrier : étranglée par le blocus naval américain, la ligne de vie pétrolière de l’Iran pourrait se tarir vers décembre, selon certains analystes. Téhéran court donc entre deux asphyxies, la sienne et celle de son voisin, et parie que la monarchie cédera avant la théocratie, prenant l’économie mondiale en otage pour faire pression sur Washington.

Le choix des cibles trahit une escalade raisonnée, les infrastructures pétrolières pour peser sur le prix du brut et les finances du royaume, l’oléoduc pour fermer la porte de sortie, les aéroports civils enfin pour atteindre la réputation d’un pays qui a fait du tourisme et des grands événements le visage de sa transformation. Chaque échelon reste attribuable à une milice et nié par l’État qui l’arme.

Ce que veut Téhéran

L’Iran ne cherche ni à convertir les sunnites ni à les gouverner ; il n’a, pour le moment, ni les moyens ni le désir d’administrer La Mecque. Son ambition est de faire de ses voisins des otages plutôt que des sujets, et elle poursuit trois objectifs.

Le premier est un droit de veto sur l’architecture de sécurité de la péninsule. Chaque frappe sur une base, une ambassade, un aéroport ou un champ pétrolier porte le même message, la protection américaine coûte plus qu’elle ne rapporte. Le jour où Riyad demanderait le départ des forces américaines pour acheter sa tranquillité, l’Iran aurait gagné sa guerre sans traité.

Le deuxième est une rente de nuisance. Qui peut fermer deux détroits et frapper des infrastructures stratégiques détient un actif négociable. Téhéran a déjà conditionné chaque cessez-le-feu à des clauses extérieures à son propre théâtre, le Liban en avril, Ormuz en juillet ; il entend désormais que la sécurité du Golfe soit négociée avec lui, par lui et payée à lui. La paix devient un service dont il fixe le tarif.

Le troisième est la parité des verrous : les États-Unis bloquent les tankers iraniens, l’Iran bloque Ormuz, ses alliés bloquent Bab el-Mandeb. Cette symétrie voulue dit au monde que l’économie planétaire est l’otage de l’Iran, et que le premier exportateur de brut servira de caution à la démonstration.

L’Iran vise à imposer aux pays sunnites la neutralité armée de la Finlande de la guerre froide, qui gardait son drapeau, son roi et son parlement mais consultait Moscou avant de signer un traité. L’Iran veut un Golfe finlandisé, une péninsule sans bases, sans coalitions, qui ne finance plus d’adversaires et paie le prix de sa prudence.

Le piège de la guerre de religion

Le risque d’un affrontement sunnite-chiite existe dans plusieurs pays et il serait irresponsable de le minimiser. Mais l’Iran instrumentalise le fait confessionnel sans en être prisonnier. Ses alliés houthistes sont zaydites, branche du chiisme que les duodécimains de Qom, majoritaires en Iran, en Irak, au Liban, à Bahreïn et dans la province orientale saoudienne, ont longtemps tenue pour hétérodoxe. Il a financé le Hamas, mouvement sunnite. Il a frappé le Qatar, seule monarchie du Golfe à lui avoir gardé vingt ans d’amitié sincère, parce que le Qatar abrite une base américaine. La République islamique n’a pas d’amis confessionnels, elle a des instruments et des cibles. La clé de lecture est étatique, pas théologique.

Le danger est que les États sunnites attaqués tombent dans le piège qu’on leur tend. Si Riyad se pose en champion du sunnisme contre l’hérésie, les chiites de sa province orientale, de Bahreïn et du Koweït, citoyens loyaux pour l’immense majorité, deviennent suspects dans leur propre pays, et l’Iran gagne à l’intérieur ce qu’il n’obtient pas de l’extérieur. Le prince héritier MBS, qui a bâti son projet sur la sortie du religieux, redeviendrait le gardien d’une orthodoxie militante, ce qui ruinerait la Vision 2030 plus sûrement que dix frappes sur Abqaiq. Dans une guerre d’États, l’Iran est seul, ruiné, bloqué ; dans une guerre de religion, il devient le protecteur de deux cents millions de chiites et l’attaqué de l’histoire.

L’Irak mérite ici une attention particulière, les deux confessions y cohabitent en nombre, l’État et les milices s’y disputent le monopole de la force, et c’est de là que partent les drones qui frappent Médine. Traité en ennemi, il devient une province iranienne ; traité en partenaire contrarié, il devient le théâtre où l’Iran perd. Cette différence se joue à Riyad autant qu’à Bagdad, et elle commande de parler au gouvernement irakien avec la fermeté due à un État et la patience due à un partenaire fragile.

Islamabad et Ankara, l’assurance contre le mauvais sinistre

L’Arabie saoudite a cherché sa sécurité dans le monde musulman. Le pacte de défense mutuelle signé avec le Pakistan en septembre 2025 a été invoqué dès le 6 mars, quand les missiles iraniens ont touché Riyad, puis élargi à la Turquie le 7 août par l’accord de La Mecque, dont l’article central reprend la clause de l’Otan qui stipule qu’une attaque contre l’un vaut attaque contre tous. Le bilan tient en deux phrases. Le 10 septembre, Islamabad déclarait qu’aucune réponse militaire immédiate n’était envisagée ; Ankara avait précisé, dès le lendemain de la signature, que le pacte ne visait ni l’Iran ni aucun autre pays.

C’est que le pacte de La Mecque assure contre l’invasion par un État. Redoutable face à une colonne blindée franchissant une frontière, il dissuade réellement une agression iranienne directe. Mais nul ne menace d’envahir le Hijaz ; on menace de le frapper depuis le Yémen et l’Irak avec des engins à trois mille dollars pièce. Le royaume a souscrit une police contre l’incendie pour se protéger d’une inondation.

Les garants, du reste, ont leurs propres raisons de rester prudents. Le Pakistan partage 900 kilomètres de frontière avec l’Iran, abrite une forte minorité chiite, affronte une insurrection baloutche que Téhéran peut attiser, et surtout joue les médiateurs entre Washington et Téhéran : on ne peut être à la fois l’arbitre et le garde du corps d’un des joueurs. La Turquie est membre de l’Otan, commerce avec l’Iran, poursuit en Syrie et en Libye ses intérêts propres, et son président a fait de l’équilibre entre tous les acteurs une méthode de gouvernement.

Israël, l’allié que l’on ne peut nommer

Israël connaît les sites de lancement des Houthis, leurs dépôts d’armes et leurs chaînes d’approvisionnement ; il dispose d’une aviation à long rayon d’action, d’une défense antimissile éprouvée par des milliers d’interceptions et d’un renseignement efficace. Tout plaide pour une alliance, sauf la politique.

Le moment est pourtant paradoxal, jamais l’intérêt stratégique des pays sunnites n’a autant convergé avec celui d’Israël. Après le génocide à Gaza et l’extension des opérations israéliennes au Liban et en Syrie, les stratèges de Riyad tiennent l’Iran et Israël pour deux puissances révisionnistes dont le conflit déstabilise un Golfe qui n’y a pas pris part. MBS a répété en Amérique qu’il souhaitait rejoindre les accords d’Abraham, à condition d’un chemin irréversible vers un État palestinien ; Washington a répondu, le 23 juillet, en subordonnant l’accord nucléaire américano-saoudien à cette adhésion. Le pont est tendu des deux côtés, et personne ne l’emprunte.

La trajectoire praticable ne commence pas par la normalisation. Elle passe par une coalition de nécessité à trois étages, dont chacun se suffit et prépare le suivant.

Le premier est technique – intégration des défenses aériennes via le commandement central américain, qui couvre déjà les deux pays ; partage du renseignement sur les trajectoires, les rampes et les transferts maritimes iraniens vers le Yémen ; fourniture de systèmes anti-drones israéliens par intermédiaires. Rien de cela n’exige une ambassade.

Le deuxième est opérationnel – une division du travail où Israël frappe les capacités houthistes et la logistique iranienne en mer Rouge pour ses propres motifs, Eilat et sa navigation étant menacées, tandis que le royaume conduit avec ses alliés locaux la reconquête de la côte yéménite. Nul besoin de reconnaître la coordination pour qu’elle existe. Israël y gagne un théâtre où l’Iran s’épuise, Riyad un bras armé qu’il ne peut se donner.

Le troisième est politique et public. Un monde sunnite et Israël combattant côte à côte pendant que la Knesset légifère sur l’annexion de la Cisjordanie offrirait à Téhéran la victoire qu’il cherche. La clé reste l’initiative de paix arabe de 2002, reconnaissance pleine contre État palestinien, texte que Riyad a écrit et peut ressortir du tiroir. Le prix pour Israël est un calendrier contraignant vers la souveraineté palestinienne, le gel de l’annexion, le retrait des territoires saisis au Liban et en Syrie. En échange, ce qu’aucune victoire militaire ne lui donnera, l’intégration dans une architecture de sécurité régionale dont l’Iran serait exclu.

Israël doit comprendre que cette concession n’est pas un cadeau fait à Riyad, mais une protection pour lui-même. Si l’Arabie saoudite finit par céder au siège, l’Iran obtient un Golfe neutralisé, sans bases américaines ni coalition, et retrouve des ressources, des routes et des mains libres pour reporter tout son effort sur le front israélien.

L’Arabie saoudite qui tient est le premier rempart d’Israël ; l’Arabie saoudite qui plie en serait la première brèche. Riyad doit comprendre que la hiérarchie de ses périls a changé, ce qui tue aujourd’hui des Saoudiens dans les aéroports ne vient pas de Jérusalem. L’allié qu’on ne peut nommer est celui qu’il faudra, à terme, pouvoir nommer, et c’est à Israël de rendre ce nom prononçable.

Une stratégie d’État en sept piliers

La réponse saoudienne doit tenir en une doctrine lisible par ses alliés, ses adversaires et son peuple, elle doit refuser le duel sur le terrain choisi par l’Iran et déplacer le combat là où le royaume peut gagner.

Nommer la menace – Faire inscrire Ansar Allah et les milices du Hachd impliquées sur les listes terroristes du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), en s’appuyant sur la résolution 2817 et sur les morts d’octobre. Porter au Conseil de sécurité la responsabilité de l’État fournisseur, non celle de ses sous-traitants.

Bab El-Mandeb avant Ormuz – Ormuz ne rouvrira que par un accord américano-iranien que Riyad ne contrôle pas ; le centre de gravité de la guerre est Périm. L’île et Moka peuvent être reprises par une opération amphibie des forces du gouvernement yéménite, appuyées par l’alliance maritime fondée en juillet, par l’Égypte dont le canal est en jeu, et par les frappes israéliennes sur les capacités houthistes. C’est rouvrir la veine occidentale et briser la symétrie des détroits sur laquelle repose tout le calcul de Téhéran.

L’économie de l’interception – Abattre un drone à trois mille dollars avec un missile à trois millions est une défaite comptable que l’adversaire a comprise. Il faut une défense à couches, radars à basse altitude, brouillage, canons, intercepteurs bon marché, en s’appuyant sur l’industrie turque et l’expérience pakistanaise, les deux alliés devenant fournisseurs plutôt que garants. Aéroports et terminaux exigent une protection dédiée, car c’est là qu’on frappe désormais.

L’Irak, endiguer sans rompre – Soutenir Bagdad dans sa reprise en main des milices, conditionner les investissements saoudiens au démantèlement des capacités de lancement, obtenir des observateurs sur les sites saisis, et ne jamais frapper l’Irak sans l’accord de l’Irak. L’objectif est un État assez fort pour qu’on lui demande des comptes, non une province iranienne qu’on ne peut que bombarder.

Le temps est contre Téhéran – L’horloge joue pour le royaume s’il tient, la ligne de vie pétrolière iranienne se tarit vers la mi-décembre en raison du blocus américain, selon les analystes. L’Iran n’aura donc plus les moyens financiers pour armer ses proxys, il doit savoir que sa reconstruction dépendra des capitaux de ceux qu’il bombarde.

Israël, la coalition par étages – Intégration technique immédiate, coordination opérationnelle, alliance publique contre un calendrier palestinien contraignant. La séquence donne aussi au royaume son levier sur Washington, puisque le président américain a lui-même lié accord nucléaire et normalisation.

Le pacte intérieur – Refuser toute lecture confessionnelle du conflit, protéger les citoyens chiites comme des citoyens, poursuivre l’ouverture de la société. La Vision 2030 doit rester la réponse à Téhéran, pas sa victime.

Ces sept piliers forment une stratégie asymétrique. Là où l’Iran frappe des installations, le royaume reprend un détroit ; où il instrumentalise une confession, le royaume mobilise des États ; où il mise sur le temps court, le royaume parie sur le temps long. Et là où l’Iran compte sur la solitude saoudienne, le royaume bâtit une coalition dont la pièce décisive, par un paradoxe que l’histoire affectionne, est l’État que la rue arabe tient encore pour l’ennemi.

Enfin, les empires meurent rarement de leurs ennemis, ils meurent de la réponse qu’ils leur donnent. L’Arabie saoudite affronte aujourd’hui un siège conçu par un adversaire plus pauvre, plus isolé et plus désespéré qu’elle, mais qui a l’avantage de la cohérence. Téhéran sait ce qu’il veut, un Golfe neutralisé, et il a choisi ses instruments en conséquence. Riyad doit opposer à cette cohérence une cohérence supérieure. Cela suppose de renoncer à trois illusions. L’illusion que la protection américaine suffira, alors que Washington négocie par-dessus la tête du Golfe y compris avec les Houthis. L’illusion que la solidarité musulmane se changera en divisions blindées, alors que le pacte de la Mecque ne vaut que par ses fournitures. L’illusion qu’on peut tenir Israël à distance en attendant un monde meilleur, alors que le seul allié capable de frapper l’arsenal houthiste attend lui aussi qu’on lui dise le prix.

* Économiste, banquier et financier.

** A la demande en 2015 du gouvernement yéménite reconnu, en application de la résolution 2216 du Conseil de sécurité imposant un embargo sur les armes à destination des Houthis et autorisant l’inspection des cargaisons.

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France | Forces et faiblesses de la stratégie de rupture de Mélenchon

14. Oktober 2026 um 07:50

De retour d’un séjour de dix jours à Marseille, marqué par les mobilisations lycéennes et les échanges avec la jeunesse étudiante, j’ai pu mesurer la dynamique socio-économique et l’enthousiasme politique qui animent les jeunes. Un terrain où la candidature de Jean-Luc Mélenchon puise sa force. Mais pour espérer passer au second tour de la présidentielle de 2027, le leader de LFI doit être capable de transformer une candidature de rupture, qui risque de lui aliéner les électeurs de centre-gauche, en candidature de rassemblement. 

Lotfi Sahli, Marseille.

Sur le vieux port comme devant les lycées marseillais, la colère sociale et les revendications pour l’école publique résonnent avec une intensité particulière. Dans les discussions des jeunes étudiants, la précarité socio-économique et la défense des conditions de travail des enseignants s’imposent au cœur des préoccupations. Ce climat de solidarité et d’engagement n’est pas neutre sur le plan électoral : selon l’un des derniers sondages, chez les 18-24 ans, Jean-Luc Mélenchon fait la course en tête avec 41 % des intentions de vote, devançant nettement Marine Le Pen (20 %).

Chez les jeunes, le pronostic dominant est donc une forte dynamique en faveur de Mélenchon. Cette dynamique s’explique notamment par la force de La France Insoumise (LFI), une organisation à la fois structurée et structurante, qui dispose d’un imaginaire politique auquel une partie des Français demeure réceptive. Sa force est également programmatique : comme le soulignait un chroniqueur, LFI ne se limite pas à une mobilisation émotionnelle ou à une posture de rupture, mais s’appuie sur un corpus de propositions structuré, capable d’offrir une grille de lecture globale des enjeux économiques, sociaux et écologiques.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le fondateur de LFI entend transformer cet enthousiasme juvénile en levier politique principal autour d’une stratégie de rupture articulée en quatre piliers.

Premier levier, la polarisation du débat : Mélenchon cherche à structurer la campagne autour d’une opposition entre deux projets de société. D’un côté, le programme de rupture porté par LFI ; de l’autre, l’extrême droite et les politiques qu’il associe aux inégalités, à la stigmatisation et à la défense des intérêts économiques dominants. Cette stratégie vise à marginaliser le centre politique et à présenter la gauche insoumise comme le principal rempart contre le Rassemblement national (RN). Elle comporte cependant un risque : en durcissant les clivages, le candidat peut consolider son socle tout en éloignant une partie de l’électorat modéré.

Deuxième levier, la mobilisation des abstentionnistes : LFI considère que les réserves électorales les plus importantes se trouvent parmi les jeunes, les salariés précaires et les habitants des quartiers populaires, dont une partie participe peu aux élections. L’objectif est de transformer une disponibilité politique diffuse en votes effectifs. Meetings, présence militante sur le terrain, campagnes d’inscription sur les listes électorales et communication numérique constituent les instruments de cette tactique. Le mouvement entend ainsi compenser ses difficultés à convaincre certains électeurs du centre gauche par une mobilisation plus intense de son propre espace électoral.

Troisième levier, l’affirmation d’une candidature incontournable : en avançant tôt dans la campagne, Mélenchon cherche à imposer son leadership et à placer les autres formations de gauche devant un choix stratégique : s’aligner sur une candidature insoumise ou risquer la dispersion des voix. Cette démarche s’appuie sur un programme déjà structuré, L’Avenir en commun, actualisé pour 2027, qui articule pouvoir d’achat, services publics, planification écologique, transformation institutionnelle et souveraineté nationale. La présentation d’un programme de gouvernement et d’une équipe susceptible d’exercer le pouvoir vise également à répondre aux critiques sur la préparation et la crédibilité de LFI.

Quatrième levier, occuper le terrain médiatique et politique: la multiplication des meetings, les prises de position sur les conflits internationaux et les interventions dans les mobilisations sociales permettent à Mélenchon de maintenir sa présence dans l’actualité. La tactique est celle de l’initiative : imposer les thèmes du débat plutôt que se contenter de répondre aux adversaires. Mais cette stratégie de conflictualisation est à double tranchant. Les controverses peuvent renforcer la visibilité du candidat auprès de ses soutiens, tout en alimentant les accusations d’excès et en compliquant son élargissement électoral.

C’est précisément là que se situe la principale contradiction de sa campagne. Pour atteindre le second tour, Mélenchon doit réunir un socle populaire solide et convaincre au-delà de celui-ci. Or, le style combatif qui mobilise ses partisans peut inquiéter des électeurs dont le soutien serait indispensable au second tour. Sa stratégie doit donc conjuguer radicalité programmatique et démonstration de capacité gouvernementale.

En définitive, le pari Mélenchon repose sur une équation claire : mobiliser davantage, polariser le débat et apparaître comme le candidat le mieux préparé à affronter l’extrême droite. Sa réussite dépendra moins de sa capacité à dominer la gauche militante que de son aptitude à convertir cette force en majorité électorale. La présidentielle de 2027 se jouera ainsi sur une question centrale : Mélenchon peut-il transformer une candidature de rupture en candidature de rassemblement sans perdre l’identité politique qui fait sa force ?

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Intelligence artificielle | Attention au piège des benchmarks !

14. Oktober 2026 um 07:29

L’Occident s’est enfermé dans une illusion métrologique où chaque semaine, des classements dorés à l’or fin décernent la «suprématie de l’intelligence artificielle» sur la base de benchmarks devenus de véritables pièces de théâtre. On compare des pourcentages d’exactitude sur des tests d’école (MMLU, HumanEval, Math), comme si l’on mesurait la puissance militaire de deux empires en comptant le nombre de médailles obtenues à un concours de tir à l’arc.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

La réalité est bien plus brutale : la caducité des techniques actuelles de benchmarking est quasi-totale.

L’évaluation de l’IA ne souffre plus d’un manque de précision, mais d’un biais d’invalidation fondamentale. Les modèles de frontière sont surentraînés pour réussir les tests, ils connaissent les réponses aux examens avant même de s’y présenter. Mais surtout, ces benchmarks mesurent une performance statique, en laboratoire, ignorant la véritable nature de la guerre technologique : la puissance infrastructurelle, l’agilité systémique et surtout l’imprévisibilité stratégique.

Déclarer aujourd’hui les États-Unis vainqueur sur la base des benchmarks d’OpenAI ou d’Anthropic est une erreur d’appréciation stratégique. La suprématie de l’IA ne se joue pas dans une feuille de calcul, mais sur le terrain d’une guerre invisible structurée par quatre piliers matériels et surtout une variable x imprévisible.

Primo, la guerre des modèles : la brute de la Silicon Valley face à l’alchimie de «Hangzhou».

La méthodologie américaine repose sur «le scaling law brutal» qui consiste à injecter plus de paramètres, consommer plus de térawatts, empiler plus de milliards. Les USA produisent des titans monolithiques, ultra-performants sur le papier, mais lourds et extrêmement coûteux à faire tourner.

Côté chinois, la contrainte a engendré une mutation techno-génétique. Privée de la force brute par les sanctions, la Chine a développé une culture de l’optimisation extrême. L’épisode DeepSeek n’était qu’un tir de sommation : la démonstration qu’une architecture distribuée, distillée et basée sur un apprentissage par renforcement frugal pouvait égaler les monstres américains pour une fraction ridicule de leur coût.

Pendant que Washington évalue la «réflexion» de ses modèles sur des énigmes logiques, Pékin déploie des dizaines de milliers de modèles légers, spécialisés (Agentic AI), directement greffés sur son tissu industriel, son réseau de surveillance et sa robotique. L’un calcule la métaphysique, l’autre orchestre l’économie matérielle.

Secundo, les data centers et l’énergie, la faille du réseau américain.

Si l’IA est le nouveau cerveau global, les data centers en sont le système nerveux central. Dans ce périmètre stratégique, les benchmarks de laboratoire oublient la physique.

Les USA affichent une capacité cumulée impressionnante et des projets pharaoniques (Stargate et clusters de gigawatts), mais ils heurtent un mur imprévu : la vétusté de leur réseau électrique, les blocages bureaucratiques et l’opposition des populations locales face à la surconsommation d’eau et d’électricité.

À l’inverse, la Chine aborde la question de la puissance de calcul avec la rigueur d’une planification d’État centralisée. Avec son projet stratégique de «Routage des données de l’Est vers l’Ouest» (East Data, West Computing) lancé officiellement en février 2022, Pékin connecte directement ses mégacentres de calcul aux barrages hydroélectriques du Sud-Ouest et aux immenses parcs solaires et éoliens du désert de Gobi. La Chine ne construit pas juste des serveurs, elle bâtit une infrastructure énergétique dédiée à l’inférence en temps réel.

Tertio, les semi-conducteurs : l’embargo américain a-t-il vraiment bloqué la Chine ?

En interdisant la vente de ses puces de pointe (comme les Nvidia H100 ou B200…), Washington pensait paralyser l’essor de l’IA en Chine. C’était sans compter sur la résilience et l’agilité d’un pays habitué à innover sous pression.

Loin d’être freinée, la Chine a structuré son propre écosystème matériel indépendant. Symbole éclatant de cette riposte : le déploiement massif de puces de dernière génération comme la Huawei Ascend 910C, associée aux superclusters de calcul CloudMatrix. Ces accélérateurs ultrapuissants démontrent la force de la stratégie chinoise du «dépassement en virage».

Pour surmonter l’absence d’équipements de lithographie EUV occidentale, les ingénieurs chinois repensent toute l’architecture microélectronique :

– empilement de mini-puces et intégration 3D avancée pour démultiplier les performances sans dépendre des procédés de gravure de TSMC ;

– optimisation logicielle poussée (via le Framework Cann de Huawei) et réseaux d’interconnexion optique pour contourner les verrous de mémoire ;

– pari sur les technologies de rupture, notamment l’industrialisation des premières puces à lumière (calcul photonique) et des architectures neuromorphiques imitant le cerveau humain.

Si les benchmarks d’aujourd’hui ne mesurent que la vitesse d’exécution sur puces occidentales, la Chine a créé en secret un écosystème matériel parallèle. De la conception de puces Asic sur mesure à la maîtrise de l’interconnexion chiplet (un type de micropuce), en passant par l’optimisation logicielle des accélérateurs Huawei (Ascend), les ingénieurs chinois ont appris à faire sauter les verrous d’efficacité.

Le goulot d’étranglement de la mémoire HBM et de la lithographie EUV pousse la Chine vers des paradigmes alternatifs : calcul photonique, processeurs analogiques et architectures neuromorphiques. Si une seule de ces voies franchit le seuil de viabilité commerciale, le monopole de l’architecture x86/GPU – issu du mariage entre le processeur central (CPU x86) et le processeur graphique (GPU) – s’effondre du jour au lendemain.

Autrement dit, l’embargo américain sur les puces Nvidia (H100, B200) censé paralyser l’IA chinoise n’a pas tenu en compte la capacité d’adaptation d’un pays habitué aux contraintes de siège.

Quarto, le système sanguin mondial : les câbles sous-marins & l’Internet physique

On oublie souvent que l’IA «dans le cloud» repose sur des câbles de fibre optique sous-marins reposant par 4 000 mètres de fond. La suprématie de l’IA n’est rien sans la maîtrise de sa distribution en millisecondes.

Dans cette arène silencieuse, la compétition est féroce. La Chine déploie ses propres dorsales internationales (comme le câble Peace qui s’inscrit directement dans le volet numérique des Nouvelles Routes de la Soie) pour interconnecter le Sud Global (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique Latine) sans passer par les bifurcations américaines ou européennes.

En contrôlant les tuyaux par lesquels transitent les modèles open-source chinois distribués massivement, Pékin garantit que la couche applicative mondiale tournera sur ses standards infrastructurels, neutralisant toute tentative de blocage numérique par l’Occident.

Quinto, la discrétion Chinoise et le scénario du Jour J.

C’est dans ce cadre précis que le benchmarking traditionnel révèle son absurdité totale. Les métriques occidentales ne mesurent que ce qui est rendu public et commercialisé.

En Chine, une bonne partie de l’écosystème d’IA est marquée par une lisibilité stratégique fort réduite. Tandis que les entreprises de la Silicon Valley font du bruit médiatique à chaque version mineure pour rassurer leurs investisseurs, les laboratoires chinois (qu’ils soient liés à l’Académie chinoise des sciences, à l’armée ou aux géants de la tech) opèrent sous le sceau du secret opérationnel.

Selon les spécialistes en IA, les technologies majeures chinoises en cours d’expérimentation à l’abri des regards touchent, entre autres :

– des modèles hybrides alliant Quantum Computing et réseaux de neurones pour la cryptanalyse et la simulation moléculaire ;

– des architectures d’IA militaires en mesure d’opérer en essaims autonomes sans connexion réseau ;

– des algorithmes de raisonnement synthétique à très faible empreinte mémoire, apte de tourner sur des puces grand public dégradées.

Cette tendance de rupture globale démontre que le potentiel d’évolution de la Chine en IA n’est pas linéaire, il est exponentiel et discontinu. Et l’illusion de la suprématie américaine reposant sur un score de 92% à un test standardisé contre 89% pour un modèle chinois est une berceuse pour diplomates. Il suffirait de quelques heures par la publication surprise d’une rupture architecturale, l’activation d’un réseau de puces photoniques souverain ou la mise à disposition globale d’un modèle AGI open-source ultraléger pour que la suprématie bascule instantanément.

In fine, pendant que l’Occident pèse des plumes sur des balances électroniques, la Chine est en train de couler une enclume. La vraie suprématie de l’IA ne sera pas proclamée par un classement sur GitHub, elle sera constatée le jour où le monde entier réalisera que l’infrastructure de son économie tourne déjà sur un modèle dont il ne possède pas la clé.

* Stratège en réflexion IA.

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Ouverture de la 4e édition du Festival international du Oud à la Médina

13. Oktober 2026 um 23:47

La quatrième édition du Festival international du Oud à la Médina commencera le vendredi 16 octobre 2026 avec une exposition consacrée au oud tunisien et oriental, présentée par Hédi Bel Asfar.

La soirée d’ouverture sera également marquée par un hommage au oudiste tunisien Hédi Bel Asfar, en reconnaissance de son parcours et de sa contribution à la fabrication de cet instrument, ainsi que par un atelier vivant permettant au public de découvrir les différentes étapes de fabrication du oud.

Le rendez vous est donné au Club Culturel Tahar Haddad à Tunis ce vendredi 16 octobre 2026 à 18h30. La soirée sera par ailleurs suivie du concert de l’artiste Zied Gharsa à 20h30.

Communiqué

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