Normale Ansicht

« On ne s’habitue pas à l’injustice », le poignant témoignage de la fille de Mourad Zeghidi

21. Juli 2026 um 22:30

Alors que la barre symbolique des 800 jours de détention vient d’être franchie, la fille du journaliste Mourad Zeghidi livre un récit bouleversant : Entre diplômes gâchés par l’absence, chaleur suffocante à la prison de Mornaguia et dignité intacte d’un père, retour sur un combat d’honneur et de liberté.

Ci dessous la lettre de Inès Zeghidi :

800 jours que Papa est derrière les barreaux, privé de sa liberté pour des mots. Presque 2 ans et demi. Au total, il est condamné à plus de 4 ans de prison.

Toute la patience du monde n’aura jamais réussi à rendre cela acceptable. On ne s’habitue pas à l’injustice. On ne normalise pas qu’un homme soit emprisonné pour ce qu’il a dit.

Les jours passent, les saisons changent. Ma sœur a obtenu son diplôme, j’ai eu le mien. Pourtant, il n’y avait rien à célébrer : il manquait celui à qui nous voulions dédier ces moments.

En ces journées où chacun cherche un peu d’ombre pour échapper au soleil et à la chaleur, une pensée à celles et ceux qui n’ont pas ce choix. Une pensée particulière pour les détenus d’opinion et leurs familles. Vendredi, il faisait 48 degrés à la prison de Mornaguia. Ma peau brûlait pendant que je marchais sous le soleil de la prison. Quel danger représentent nos détenus pour leur faire, eux et leurs familles, subir une chaleur digne de l’enfer ?

Pourtant hier, l’Espagne a donné une belle leçon d’humanité au monde. Elle nous redonne aussi, à nous, un peu d’espoir et d’imagination. Elle rappelle qu’il est possible de réussir sans renoncer à ses principes ; de dire non au racisme, de soutenir la lutte du peuple palestinien, et de faire vivre une démocratie exigeante, à contre-courant de la tendance mondiale.

En sortant du parloir vendredi, Papa m’a dit qu’il défendrait sa liberté et son honneur en étant un mélange de Mhaissi, Bouazizi, Edgar Davids et Gennaro Gattuso. De la détermination, du courage, et une fidélité intacte à ses convictions. Lui qui était si fier d’avoir contribué à faire venir Gattuso à Tunis en 2015, seulement trois mois après les attentats du Bardo.

Aucune campagne de diffamation, aucune insinuation, aucune demi-vérité ne pourra enlever à mon père ce qu’il est : un homme qui aime son pays au point d’en payer le prix. « La Tunisie mérite quelques sacrifices », me répète-t-il souvent. La semaine dernière, il me demandait avec préoccupation « fi tounes kassou edhaw lyoum zeda ? » comme si c’était pas lui qui était en prison.

800 jours. Et pas un seul où nous accepterons que cela devienne normal.

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L’opposition de Belloumi et Boughdiri acceptée, un procès fixé

21. Juli 2026 um 20:58

La Cour d’appel de Tunis a accepté l’opposition formulée par les deux journalistes Hamza Belloumi et Insaf Boughdiri condmnés par défaut à un an de prison ferme.

Cette décision prononcée, ce mardi 21 juillet 2026, annule de ce fait le jugement rendu en leur absence et donne lieu à un nouvel examen de l’affaire.

Le procès a été fixé au 2 décembre 2026, sachant que cette affaire remonte à 2015 suite à une plainte déposée par l’ancien président Moncef Marzouki, après la diffusion d’une vidéo qui lui a été faussement attribuée, dans l’émission « Le Huitième Jour » (Al Youm Al-thamen).

On notera que les deux journalistes avaient à l’époque reconnu et corrigé leur erreur avant de présenter des excuses.

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Al-Soumoud | Nabil Chennoufi et deux autres membres du collectif maintenus en détention

21. Juli 2026 um 20:04

Le juge d’instruction près le Pôle judiciaire financier a décidé de rejeter les demandes de libération déposées par trois membres du collectif de la flottille Al-Soumoud.

Dans un communiqué, le collectif indique qu’à l’issue de la séance d’audition de Nabil Chennoufi, le juge d’instruction a refusé sa mise en liberté, prolongeant ainsi sa détention à la prison de Mornaguia.

Parallèlement, les requêtes de libération formulées par le collectif d’avocats en faveur de Wael Nawar et Ghassen Henchiri ont également été rejetées par la justice, ajoute la même source.

Y. N.

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Tunisie | Nuages orageux et températures nocturnes élevées

21. Juli 2026 um 19:40

​Des passages nuageux parfois denses et des cellules orageuses locales sont attendus cette nuit sur le nord et le centre, annonce l’Institut national de la météorologie

Des pluies éparses accompagneront les cellules orageuses avant de faire place à un temps partiellement nuageux sur la majorité des régions, précise la même source en annonçant également des rafales de vents au passage des nuages orageux.

Les températures varieront entre 30°C et 34°C sur les zones côtières et les hauteurs, et entre 35°C et 38°C dans le reste des régions.

Y. N.

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Tunisie | La LTDH empêchée de visiter la prison de Messadine

21. Juli 2026 um 13:23

La section de Sousse de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a condamné le nouveau refus opposé à sa délégation de visiter la prison civile de Messadine, à Sousse, affirmant sa volonté de faire valoir son droit d’exercer ses missions de suivi des conditions d’incarcération dans les pénitenciers, dans le respect des cadres réglementaires établis, rapporte Diwan FM.

Dans un communiqué, mardi 21 juillet 2026, l’organisation a expliqué que ce refus a été justifié par l’obligation d’obtenir une autorisation préalable du ministère de la Justice, rappelant qu’une telle condition ne figure pas dans le protocole d’accord régissant ces visites et que son imposition constitue une restriction injustifiée de l’action de la Ligue, ainsi qu’une violation tant de la lettre que de l’esprit dudit protocole.

Le communiqué a souligné que cette décision d’interdiction d’accès intervient alors que la section a reçu de nombreuses demandes de visite concernant des situations et des cas qualifiés de critiques au sein de l’établissement pénitentiaire.

I. B.

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Tunisie | 3 295 migrants irréguliers subsahariens rapatriés en six mois

21. Juli 2026 um 12:52

Alors que la crise socio-économique provoquée par la forte présence des migrants irréguliers subsahariens en Tunisie ne cesse de s’intensifier, en l’absence de toute statistique officielle ou crédible sur ce phénomène, on annonce le rapatriement de 3 295 de ces migrants au cours du premier semestre 2026, dans le cadre du programme de retour volontaire assisté et de réintégration (AVRR), financé par des pays européens à travers l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Selon l’OIM, qui a communiqué ce chiffre, les principaux pays d’origine étaient la Guinée (26 %), la Côte d’Ivoire (19 %) et le Cameroun (9 %).

Entre le 1er janvier et le 30 juin, des retours volontaires vers 32 pays d’origine ont été organisés via 5 vols charters et 182 vols commerciaux. Les personnes aidées se répartissaient comme suit : 71 % d’hommes adultes, 18 % de femmes adultes, 6 % de garçons et 5 % de filles.

Depuis 2023, plus de 21 597 migrants ont bénéficié du programme AVRR pour «rentrer volontairement — dans le respect de leur dignité, de leur sécurité et de leurs droits — tout en favorisant leur réintégration durable au sein de leurs communautés d’origine dans 41 pays différents», grâce à 45 vols charters et 1 144 vols commerciaux.

Le programme de retour volontaire et de réintégration est mis en œuvre grâce à une étroite collaboration entre l’OIM Tunisie, les autorités tunisiennes, les partenaires nationaux concernés ainsi que les missions diplomatiques et consulaires des pays d’origine, avec le soutien de bailleurs de fonds : l’Union européenne, l’Autriche, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suisse et la Suède.

I. B.

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La Tunisie face à la crise de la crevette rouge

21. Juli 2026 um 12:29

La Tunisie a mis en place une cellule de crise et engagé des discussions avec l’Italie, la Commission européenne (CE) et la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) afin de débloquer les exportations de crevettes rouges vers le marché italien. (Photo : Pêcheurs tunisiens à Bizerte).

Cette «cellule de crise», qui a pour mission de coordonner les actions techniques et diplomatiques, a organisé des réunions avec les professionnels du secteur et le ministère des Affaires étrangères, a pris contact avec ses homologues européens pour permettre la reprise des exportations vers l’Italie et a soumis une demande officielle au secrétariat exécutif de la CGPM visant à réviser le quota de la Tunisie, en se fondant sur les données nationales officielles de production.

Le ministère de l’Agriculture, des Ressource hydrauliques et de la Pêche a rejeté l’interprétation selon laquelle les difficultés rencontrées par les exportateurs résulteraient d’une mesure tunisienne visant à restreindre les échanges, expliquant que ces restrictions découlent plutôt du système international de gestion durable des stocks de crevettes rouges de profondeur dans le détroit de Sicile, un système adopté par la CGPM sur la base d’évaluations scientifiques et d’engagements pris par les pays membres. Le plan pluriannuel défini par la recommandation 45/2022/5 de la CGPM a instauré des limites de capture distinctes pour la Tunisie et l’Union européenne (UE) pour la période transitoire 2023-2025, impliquant une réduction annuelle de 3 % par rapport aux captures déclarées en 2021.

Préserver l’accès des produits tunisiens aux marchés européens

Pour la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea), le quota tunisien a été fixé à 39 tonnes en 2023, 38 tonnes en 2024 et 37 tonnes en 2025. Ce régime a par la suite été prolongé jusqu’en 2026 par la recommandation 48/2025/9 de la CGPM.

La crise a éclaté début juin lorsque le ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts a informé les opérateurs que le quota tunisien pour 2026 — fixé à 36 000 kilogrammes — était déjà épuisé au 15 mai. Selon les données italiennes, les certificats de capture validés par les autorités tunisiennes pour des produits destinés au marché européen totalisaient au moins 50 960 kilogrammes, dépassant ainsi la limite de plus de 41 %. En conséquence, Rome a ordonné des contrôles systématiques et suspendu les autorisations pour les expéditions certifiées après l’épuisement du quota.

Des parlementaires ont demandé au gouvernement de clarifier la nature juridique et scientifique des quotas, les raisons de l’importante disparité des quantités allouées aux différents pays méditerranéens, ainsi que l’absence de consultation préalable des pêcheurs et des exportateurs, appelant également à une action bilatérale et multilatérale pour préserver l’accès des produits tunisiens aux marchés européens.

Selon La Presse, Tunis a adressé une note à la direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG Mare) de la CE pour contester et clarifier les données relatives au dépassement présumé du quota. Une seconde communication a été envoyée au ministère italien de l’Agriculture pour demander une augmentation des quantités autorisées sur le marché, tandis qu’une demande officielle a été soumise au secrétariat exécutif de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) afin de réviser le quota sur la base des données de production officielles transmises en avril 2026. Cette réaction marque le passage du différend d’une contestation sectorielle à une question institutionnelle et diplomatique.

L’Italie disposée à ouvrir les négociations

Ces dernières semaines, pêcheurs et exportateurs ont manifesté devant le ministère de l’Agriculture à Tunis, soulignant le blocage des marchandises, les coûts de stockage et de transport, ainsi que les risques pesant sur les emplois et les investissements — en particulier dans les ports du nord tels que Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte.

L’enjeu consiste à concilier la préservation biologique des stocks halieutiques partagés dans le détroit de Sicile et l’impact économique sur une filière tunisienne fortement tournée vers l’Italie. «La volonté affichée par le ministère italien d’ouvrir des négociations sur les volumes de capture constitue une première réponse aux revendications de la profession ; toutefois, la reprise effective des exportations dépendra de l’issue des vérifications des certificats de capture et des consultations avec Rome, Bruxelles et la CGPM», rapporte l’agence italienne Ansa.

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Trump et les gladiateurs du nouveau monde

21. Juli 2026 um 09:25

Les arènes se sont déplacées outre atlantique sans effusion de sang, pour la dernière édition de la Coupe du monde de football. Les joutes se sont passées dans des stades flambants neufs et retransmises en temps réel dans le monde entier. Sauf que le président américain Donald Trump y avait mis son grain de sel, en sifflant la fin de partie, sur un coup de tête, avant même d’y avoir donné le coup d’envoi. (Photo : Trump a dû remettre la coupe du monde de football à l’Espagne qu’il déteste cordialement et qui le lui rend très bien).

Mohsen Redissi *

L’herbe aux Etats-Unis est un gazon maudit, l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, désigné comme meilleur arbitre africain pour 2025, a été mis d’emblée hors-jeu. Trump a poussé le ballon trop loin, en brandissant le carton rouge, lui barrant la route du Mondial. Son sort était scellé avant même d’avoir frôlé le sol américain. Mauvaise pioche, un tirage qui n’était pas en sa faveur. Son origine et sa couleur de peau ont joué contre lui. Il a perdu contre Trump. Une ineptie à ajouter sur le passif du président de la première puissance mondiale.

La deuxième chance est venue du Canada qui a fait un croche-pied à Trump sans être pénalisé. Un bolide tiré de très loin. Touché par un mauvais tirage au sort et pour qu’il ne reste pas sur le banc des remplaçants, le Canada lui a offert la possibilité de porter la tenue qui colle à la couleur de sa peau, d’arbitrer des matchs sur son terrain. Une occasion unique pour lui pour mouiller son maillot ; son sifflet n’est pas resté muet pendant le Mondial. Il en a profité pour prendre quelque sirop d’érable pendant les pauses fraîcheur, nouvellement introduites pour plaire aux publicitaires et renflouer les caisses de la Fifa.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Benjamin Franklin, 6e président, 1785-1788, avait inventé le paratonnerre, l’harmonica de verre et les lunettes à double foyer. Trump, lui, vient d’inventer l’arbitrage à distance, on lui doit cette nouvelle initiative, peu louable.

Un président récidiviste

Trump a donc récidivé et frappé fort. Il a eu le bras long, intervenant auprès d’amis très hauts placés qui ne lui refusent rien, même la violation de règles sportives qu’ils sont censées préserver jalousement quoi qu’il arrive. L’attaquant américain Folarin Balogun a écopé d’un carton rouge, synonyme d’expulsion pour le match d’après. Quarante-huit heures après les faits, Gianni Infantino, président de la Fifa, en plein mondial, a déclaré nul et non avenu le carton rouge qui lui a été infligé. Une première mondiale qui a mis en doute la crédibilité de l’instance mondiale et sa neutralité : elle s’est rabaissée et a bafoué ses propres règles pour faire honneur au pays hôte. Rien ne sera plus comme avant. La pause fraîcheur d’Infantino a été un peu plus longue que celle des joueurs.

Le comble de l’affaire, une requête identique de la Belgique déposée avant son match contre les Etats-Unis, a été jugée irrecevable par la même Fifa. Décision arbitraire condamnable. Le silence des foules et des autres équipes engagées dans la compétition a été assourdissant. Deux poids deux mesures. Les diables rouges comme l’Iran se sont retrouvés piégés, ils ont affronté seuls deux géants aux pieds d’argile, le président américain et celui de la Fifa. Le trophée est passé avant l’honneur ; les pays restés en course auraient pu faire bloc pour faire plier ceux qui jouaient en eaux troubles.

La Fifa a vite fait de changer de maillot en trouvant la parade. Pour laver l’affront, elle a suspendu le manager de la sélection américaine et le vice-président chargé de la sécurité. Deux boucs émissaires en somme.

Quand Trump abuse du rouge

L’atmosphère électrisée et le caractère belliqueux des rencontres ont déteint sur la qualité du jeu. Les erreurs d’arbitrage en faveur des grandes équipes, notamment l’Argentine, ont transformé les parties de football en combat de coqs.

Trump a laissé une empreinte indélébile sur cette édition. La question que l’on doit se poser est la suivante : le président d’un pays hôte, quel qu’il soit, a-t-il l’autorité d’annuler une décision de l’arbitrage ? Affaire à suivre, wait and see. La prochaine édition nous confirmera ou infirmera cette nouvelle tendance.

En fin de compte, le président américain n’est pas ‘Eliot Ness’, agent fédéral chef des ‘‘Incorruptibles’’. Trump est accusé d’avoir usé et abusé du rouge, du carton s’entend.

* Fonctionnaire à la retraite.

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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

21. Juli 2026 um 08:52

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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Tunisie | Des banquiers développeurs aux courtiers d’argent  

21. Juli 2026 um 07:44

A propos des effets pervers de la restructuration du système bancaire tunisien entre 2000 et 2009, une restructuration conduite sous l’impulsion de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et dans le sillage des diktats du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Comment le dogme de la libéralisation financière a-t-il progressivement sacrifié les banques de développement au profit de banques essentiellement commerciales… et vénales ? (Photo : La Banque centrale de Tunisie laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.)

Moktar Lamari *

Pendant près de quatre décennies, et depuis son indépendance, la Tunisie avait fait un choix original. La banque n’était pas seulement un commerçant ou courtier d’argent ; elle constituait un instrument de politique économique.

Le crédit n’était pas une simple marchandise tarifée selon le risque : il servait à transformer une économie agricole en économie industrielle, à financer les hôtels, les usines, les exploitations agricoles, les petites et moyennes entreprises (PME) et le développement régional. Ce fut, l’ère de Bourguiba et sa prodigieuse équipe de technocrates : Ahmed Ben Salah, Hédi Nouira, Mansour Moalla, entre autres. Tous morts et oubliés par ces nouvelles élites qui gouvernent aujourd’hui.

Toute une architecture bancaire au service du développement

Au tournant des années 1990, un autre credo s’imposa : celui de la libéralisation financière, de la concurrence, de la privatisation et de la banque universelle. Trente ans plus tard, une question mérite d’être posée sans complaisance : qu’avons-nous réellement gagné… et surtout, qu’avons-nous perdu ?

Durant les années 1960 à 1990, l’architecture financière tunisienne ressemblait à une véritable boîte à outils. Chaque secteur stratégique disposait de son propre instrument de financement. La Banque de développement économique de Tunisie (BDET), créée en 1963, soutenait l’industrialisation avant d’être absorbée par la Société tunisienne de banque (STB) en 2000.

La Banque nationale de développement touristique (BNDT), fondée en 1973, accompagnait les investissements touristiques jusqu’à sa disparition la même année. La Banque nationale de développement agricole (BNDA) avait, quant à elle, fusionné dès 1989 avec la Banque nationale de Tunisie (BNT) pour donner naissance à l’actuelle Banque nationale agricole (BNA).

Autour de ces établissements gravitaient plusieurs instruments spécialisés : le Fonds de promotion et de décentralisation industrielle (Foprodi), le Fonds spécial de développement agricole (Fosda), le Fonds de dépollution (Fodep), le Fonds national de promotion de l’artisanat et des petits métiers (Fonapra), sans oublier les banques mixtes de développement comme la Banque tuniso-koweïtienne de développement (BTKD) et la Société tuniso-saoudienne d’investissement et de développement (Stusid).

Chaque institution bancaire répondait à une mission clairement définie. Le tout s’arrimait à merveille et se complétait pour financer et refinancer les pôles de développement, les grands projets dans le cadre d’une stratégie visionnaire et articulée. Mais, non sans risque de corruption et de financements risqués, sans garanties.

Cela dit, ces banques de développements et fonds de financement insufflaient ensemble des taux de croissance allant jusqu’à 7% par an.

Retour de manivelle et tournant libéral des années 1990

Ces organismes n’étaient pas exempts de défauts. Bureaucratie, créances douteuses, interférences politiques et gouvernance parfois défaillante nourrissaient des critiques souvent fondées. Mais ils poursuivaient un objectif que les banques commerciales n’assument jamais spontanément : financer ce qui est utile avant de financer ce qui est immédiatement rentable.

Au fil des réformes, le vocabulaire changea de musique : ajustement structurel, gouvernance, concurrence, privatisation, normes prudentielles et ouverture financière remplacèrent progressivement les notions de planification et de développement.

Les institutions financières internationales expliquaient alors que les banques spécialisées appartenaient au passé et que le marché allouerait le capital plus efficacement que l’État. La Tunisie appliqua cette nouvelle doctrine avec une remarquable discipline.

En moins de 5 ans, la BNDA fusionna avec la BNT, la BDET et la BNDT furent absorbées par la STB, l’Union internationale de banques (UIB) fut privatisée en 2002, la Banque du Sud passa sous contrôle d’Attijari Bank en 2005 à l’issue d’une privatisation demeurée controversée (corruption avérée), puis la Banque tuniso-koweïtienne (BTK) fut également privatisée en 2008.

En moins d’une décennie, un écosystème financier construit depuis l’indépendance avait pratiquement disparu. Les défenseurs de ces réformes rappellent, à juste titre, que les banques publiques accumulaient des créances non performantes et souffraient d’interférences politiques. Ces critiques étaient largement justifiées. Mais réformer ne signifie pas nécessairement supprimer.

Restructuration à la tronçonneuse ou la BCT aux ordres du FMI

La Tunisie n’a pas seulement modernisé son système bancaire ; elle a remplacé une philosophie économique par une autre. Les anciennes institutions ont été démantelées avant qu’une véritable banque nationale de développement moderne ne voie le jour. Comme si l’on avait détruit le pont avant de construire celui qui devait le remplacer.

Les principaux artisans de cette transition – gouverneurs de la BCT, hauts responsables du ministère des Finances et économistes influents, parmi lesquels Taoufik Baccar, Mongi Safra ou Mustapha Kamel Nabli – poursuivaient un objectif clair : rapprocher la Tunisie des standards internationaux, améliorer la solidité du système bancaire et renforcer la stabilité financière. Ils prônaient le démantèlement des banques de développement en faveur des banques commerciales.

L’intention était respectable. Mais l’histoire économique juge moins les intentions que les résultats.

Cette évolution ne s’est pas produite dans un vide intellectuel. À partir du Programme d’ajustement structurel de 1986, les recommandations du FMI et de la BN ont profondément influencé les réformes financières tunisiennes.

Le régime Ben Ali croise le fer, et sa famille élargie et son entourage goûtaient à la corruption et aux recettes de la prédation. La BCT, sous la gouverne de Taoufik Baccar (entre 2004 et 2011), ne fait rien pour défendre le système bancaire. Bien au contraire, elle laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.

Le FMI fournissait la logistique conceptuelle et quelques prêts avec leurs lots de diktats. Les priorités étaient alors claires : libéraliser les marchés financiers, renforcer la concurrence, réduire les interventions directes de l’État, améliorer les ratios prudentiels, privatiser plusieurs établissements publics, ne rien faire contre la corruption et orienter les banques vers des critères de rentabilité et de gestion du risque conformes aux standards internationaux.

Ces orientations répondaient à une logique macroéconomique de stabilisation et d’efficacité. En revanche, la question du financement de long terme du développement industriel, agricole ou régional est progressivement passée au second plan. Le marché devait, selon cette doctrine, prendre le relais des anciens instruments publics. C’est précisément cette hypothèse que l’expérience tunisienne invite aujourd’hui à réexaminer. Même si c’est trop tard, et le mal est fait, par collusion, par incompétence ou pire par accointance.

Jamais les banques tunisiennes n’ont affiché des ratios prudentiels aussi exigeants, des dispositifs de contrôle aussi sophistiqués et des exigences réglementaires aussi élevées. Pourtant, rarement l’économie productive aura paru aussi orpheline de financement.

Depuis 2011, l’investissement privé productif stagne autour de 12 % du produit intérieur brut, la formation brute de capital fixe demeure inférieure à celle observée durant les décennies précédentes et la croissance économique peine à retrouver un rythme soutenu. Pendant ce temps, les banques ont découvert un client autrement plus confortable : l’État.

Pourquoi financer une PME innovante, risquée et coûteuse à suivre lorsqu’il suffit de souscrire à des titres publics offrant un rendement attractif avec un risque perçu comme plus faible ? Le banquier moderne a trouvé un débouché plus rentable que l’entrepreneur : le Trésor public.

Ce phénomène nourrit un puissant effet d’éviction. En mobilisant une part croissante de l’épargne nationale pour financer ses déficits, l’État réduit mécaniquement les ressources disponibles pour les entreprises productives. Les PME deviennent les variables d’ajustement. Trop petites pour accéder aux marchés financiers, insuffisamment garanties pour satisfaire les banques, mais suffisamment importantes pour créer l’essentiel des emplois, elles se retrouvent dans un véritable désert financier.

Cette évolution éclaire également, sans tout expliquer, l’essor spectaculaire de l’économie informelle. Fiscalité, lourdeurs administratives, corruption et instabilité politique y contribuent également.

Mais lorsque le crédit bancaire devient inaccessible ou prohibitif, les entrepreneurs cherchent d’autres circuits. Une partie de l’épargne quitte progressivement le système bancaire pour alimenter les transactions en espèces, les réseaux familiaux ou les circuits parallèles. L’argent ne disparaît pas ; il change simplement de trottoir.

Les quatre erreurs de la Banque centrale

Avec le recul, quatre erreurs majeures apparaissent. La première fut de supprimer les banques spécialisées dans le développement et promotion stratégique (secteur, région, filière et innovation) sans leur substituer une véritable banque publique d’investissement capable de financer les projets structurants avec des méthodes modernes.

La deuxième fut de croire que les mécanismes du marché remplaceraient spontanément une politique industrielle. Pourtant, les économies qui ont réussi leur transformation – de la Corée du Sud au Maroc, en passant par la Chine ou la Malaisie – n’ont jamais abandonné leurs instruments publics de financement stratégique.

La troisième erreur fut de demander aux banques commerciales de remplir une mission qui n’est pas la leur. Une banque privée maximise naturellement son rendement ajusté au risque ; ce n’est ni une faute ni une anomalie. L’erreur consiste à croire qu’elle assurera, à elle seule, le financement du développement national.

Enfin, la quatrième fut de confondre solidité bancaire et prospérité économique. Des ratios prudentiels irréprochables ne remplacent ni une stratégie industrielle ni une politique d’investissement.

Aujourd’hui, le système bancaire tunisien fonctionne dans un environnement fortement concentré où la logique dominante demeure celle de la rentabilité financière, mesurée notamment par la valeur actualisée nette (VAN) des projets, davantage que par leur contribution au développement économique, régional ou technologique.

Selon les profils d’emprunteurs et les garanties offertes, les taux nominaux appliqués aux entreprises atteignent fréquemment des niveaux très élevés, alors même que la rentabilité moyenne de nombreuses activités productives demeure nettement inférieure.

Dans ces conditions, financer l’investissement relève parfois davantage de l’exploit que de la décision entrepreneuriale.

Alors que de nombreuses économies émergentes redécouvrent le rôle des banques publiques d’investissement et des institutions de financement du long terme, la Tunisie continue de payer le prix d’un démantèlement qu’elle présentait naguère comme le symbole de la modernité. Les bilans bancaires se sont incontestablement renforcés ; les bilans économiques sont beaucoup moins convaincants. La logique de l’argent facile domine le système bancaire, sous la gouverne d’une BCT complice des collusions opaques.

Les banques prêtent davantage à l’État qu’aux entreprises, davantage au court terme qu’à l’avenir. Elles accomplissent correctement leur mission commerciale, mais laissent inachevée une mission plus essentielle : accompagner la transformation économique du pays.

Une banque qui ne finance plus suffisamment le développement cesse d’être un levier de croissance pour devenir un simple intermédiaire financier. Et lorsqu’un pays renonce à financer son avenir, il finit toujours par payer, intérêts compris, le prix de ses propres illusions. C’est peut-être là le véritable retour de flamme de la grande restructuration bancaire tunisienne.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T

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Le CRLDHT condamne les «représailles visant les magistrats» en Tunisie

21. Juli 2026 um 07:06

Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 19 juillet 2026, un communiqué où il exprime sa «profonde préoccupation à la suite de l’arrêt rendu le 13 juillet 2026 par la chambre criminelle du pôle anti-terroriste près la Cour d’appel de Tunis, portant à vingt-neuf ans d’emprisonnement la peine infligée au magistrat Béchir Akremi, aggravant ainsi la condamnation de vingt-trois ans prononcés en première instance.»

Détenu depuis le 12 février 2023, Béchir Akremi fait l’objet de plusieurs procédures pénales engagées à la suite de l’exercice de ses fonctions de procureur de la République puis de premier juge d’instruction dans plusieurs dossiers particulièrement sensibles, notamment ceux relatifs aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, ajoutant que le pouvoir lui reproche notamment d’avoir omis d’exécuter un mandat d’amener, d’avoir dissimulé des éléments de procédure et d’avoir commis diverses irrégularités dans la conduite de certaines enquêtes. «Sa défense conteste fermement ces accusations, estimant que les poursuites sont dépourvues de fondement sérieux et qu’elles s’inscrivent dans une entreprise plus large d’instrumentalisation de la justice visant des magistrats devenus indésirables», souligne le CRLDHT, en faisant observer que cette condamnation intervient dans un contexte de «transformation profonde du système judiciaire tunisien depuis le 25 juillet 2021», après «la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature élu, la révocation de cinquante-sept magistrats par décret présidentiel, les poursuites engagées contre plusieurs juges, les pressions exercées contre les avocats, les journalistes et les opposants politiques, ainsi que la multiplication des procès à caractère politique, traduisant une dégradation continue des garanties de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.»

Cette affaire intervient aussi après plusieurs autres procédures dirigées contre des magistrats, notamment le juge Hamadi Rahmani et Anas Hmadi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), rappelle encore le CRLDHT qui «condamne cette nouvelle aggravation de la peine prononcée contre le juge Béchir Akremi» et «appelle à mettre fin aux poursuites et aux mesures de représailles visant les magistrats en raison de l’exercice de leurs fonctions ou de leurs positions professionnelles.»

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Canicule en Tunisie | Des températures variant entre 42 et 49°C pour ce mardi

20. Juli 2026 um 23:40

La hausse des températures se poursuit en Tunisie et les maximales annoncées vont atteindre 49 °C dans différentes régions du pays, selon l’Institut national de la météorologie (INM).

Voici les températures attendues par région pour mardi :

  • Tunis : 46°C
  • Ariana : 46°C
  • Manouba : 47°C
  • Ben Arous : 46°C
  • Bizerte : 44°C
  • Nabeul : 43°C
  • Zaghouan : 48°C
  • Béja : 49°C
  • Jendouba : 49°C
  • Kef : 45°C
  • Siliana : 46°C
  • Sousse : 44°C
  • Monastir : 44°C
  • Mahdia : 42°C
  • Kairouan : 49°C
  • Sidi Bouzid : 47°C
  • Kasserine : 42°C
  • Gafsa : 46°C
  • Tozeur :49°C
  • Kébili : 49°C
  • Sfax : 45°C
  • Gabès : 46°C
  • Medenine : 46°C
  • Tataouine : 46°C

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Settimana della Critica | The Hallow Man de Kamel Laaridhi en compétition officielle

20. Juli 2026 um 23:05

Le film tunisien The Hallow Man (هلع), réalisé par Kamel Laaridhi, a été sélectionné en compétition officielle de la 41ᵉ Semaine Internationale de la Critique (Settimana Internazionale della Critica), section parallèle de la 83ᵉ Mostra de Venise.

Cette sélection constitue une remarquable distinction pour le cinéma tunisien, puisque seuls sept premiers longs métrages ont été retenus en compétition cette année, parmi lesquels figure The Hallow Man.

Le film sera présenté en première mondiale le 9 septembre 2026, à Venise.

La présence tunisienne sera également marquée par la participation de la réalisatrice Kaouther Ben Hania, désignée membre du Jury international de la Compétition officielle de la 83ᵉ Mostra de Venise, présidé par la réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal, aux côtés de personnalités majeures du cinéma international.

Par ailleurs, le projet de long métrage Balaa (Plague) du réalisateur tunisien Youssef Chebbi a été retenu au programme Final Cut in Venice, dédié à l’accompagnement des films africains et arabes en phase de postproduction.

Le Centre National du Cinéma et de l’Image adresse ses plus chaleureuses félicitations au réalisateur Kamel Laaridhi ainsi qu’à toute l’équipe du film, et leur souhaite un plein succès lors de cette prestigieuse manifestation internationale.

Centre National du Cinéma et de l’Image

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Tunis | Rassemblement de solidarité avec Nabil Chennoufi

20. Juli 2026 um 22:47

À l’appel du comité Al Soumoud, un rassemblement est programmé demain mardi 21 juillet 2026 à 9h devant le Pôle judiciaire économique et financier en solidatité avec Nabil Chennoufi.

Pour les organisateurs, cette journée d’action symbolise la continuité du combat « contre l’impuissance et la résignation » et s’inscrit pleinement dans le soutien à la lutte du peuple palestinien pour sa libération », lit-on dans la note diffusée par Al-Soumoud.

La même source affirme par ailleurs que ce rassemblement vise également à souligner la solidarité avec l’ensemble des activistes détenus depuis 136 jours et a appelé à leur libération.

Y. N.

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La FTT alerte sur des incidents et des comportements inappropriés sur le circuit national

20. Juli 2026 um 20:58

La Fédération tunisienne de Tennis (FTT) constate avec préoccupation la recrudescence de comportements inappropriés et d’incidents survenus lors des tournois nationaux et des compétitions par équipes, impliquant des joueurs, des entraîneurs, des parents et, dans certains cas, des accompagnateurs.

Suite à quoi, la FTT a publié un communiqué, en affirmant que ces agissements perturbent le bon déroulement des compétitions, portent atteinte au respect des règlements et sont contraires aux valeurs fondamentales du sport.

Un Comité de gestion des incidents a été mis en place par la Fédération, dans le but de constater tout fait signalé sur les lieux de compétition. Si nécessaire, il pourra prendre des mesures conservatoires ou disciplinaires le jour même de l’incident, avant d’éventuelles poursuites devant le Conseil de discipline, précise la même source.

« Cette démarche vise à garantir un environnement de compétition sûr, serein et respectueux, en assurant la protection de l’intégrité physique et morale des joueurs, tout en veillant au respect dû à l’ensemble des officiels de compétition, notamment les arbitres, les juges-arbitres, les superviseurs et toute personne investie d’une mission officielle », lit-on encore dans le communiqué.

Tout en affirmant qu’elle fera preuve d’une tolérance zéro et que les règlements seront appliqués avec la plus grande fermeté contre tout débordement ou manque de respect envers les officiels, la FTF appelle l’ensemble de la communauté du tennis à faire preuve d’un comportement exemplaire et respectueux en toutes circonstances.

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