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Heute — 07. Mai 2026Kapitalis

La stratégie du déni | Kamel Ghribi n’est pas (encore) candidat !

07. Mai 2026 um 11:29

Après un article publié le 1er mai 2026 par le quotidien italien ‘‘Il Foglio’’ autour des scénarios possibles de succession du président Kaïs Saïed, plusieurs noms d’hommes d’affaires tunisiens ont commencé à circuler, parmi lesquels celui de Kamel Ghribi. Deux jours plus tard, le président de GKSD Investment Holding publiait un vrai faux démenti sur les réseaux sociaux. Mais à la fin de la lecture, une question demeure : avons-nous réellement entendu un refus… ou commencé à imaginer une possibilité ?

Manel Albouchi *

À un moment où les mots ne sont jamais tout à fait innocents, un discours surgit pour affirmer : «Je ne suis pas candidat». Pourtant, quelque chose, dans la tonalité, dans l’agencement des phrases, dans ce qui est dit comme dans ce qui demeure suspendu entre les lignes, ouvre une autre interrogation : un démenti est-il toujours un refus ? Ou peut-il devenir, parfois, une autre manière d’entrer en scène ?

À première lecture, le texte apparaît comme une tentative d’apaisement, une manière de mettre fin aux spéculations. Mais en s’en approchant davantage, on découvre un mécanisme plus subtil. Le discours ne ferme pas totalement l’hypothèse : il la réorganise. Il calme la rumeur tout en lui donnant une forme plus structurée, presque plus durable dans l’imaginaire collectif.

Un registre plus implicite

Comme l’a montré Jacques Lacan, le déni ne supprime pas le sens ; il le reconfigure. Dire «je ne suis pas candidat» ne signifie pas nécessairement la disparition de l’idée. Cela peut aussi déplacer cette idée vers un registre plus implicite, plus symbolique, mais parfois plus puissant.

Dans une expérience devenue célèbre, on demandait à des participants de ne surtout pas penser à un ours blanc. Plus ils tentaient de chasser l’image, plus celle-ci revenait avec insistance dans leur esprit.

Le déni produit souvent un effet rebond : ce que l’on cherche à éloigner devient parfois encore plus présent. Ironique, n’est-ce pas ?

Dans le champ politique, ce phénomène donne au discours de démenti une fonction particulière. À force de répéter qu’une hypothèse n’existe pas, le langage peut contribuer, malgré lui, à l’installer davantage dans l’espace mental collectif. Le refus ne supprime pas nécessairement la représentation ; il peut aussi participer à sa consolidation symbolique.

«Aucun propos n’a été prononcé de ma part». Mais cette phrase ne dit pas : «Je ne serai jamais candidat». Elle affirme seulement l’absence de déclaration officielle. Et c’est précisément là que s’installe une zone d’indétermination. Le silence devient moins un refus qu’une suspension du positionnement.

La reconstruction de soi

Nous ne sommes donc plus dans un simple exercice de clarification. Ce qui se joue ici relève d’une reconstruction de soi dans l’espace public. Peu à peu, la figure de l’homme d’affaires se transforme : elle s’élargit vers celle d’un homme d’Etat en puissance, d’un acteur politique potentiel, d’un bienfaiteur de l’humanité. Le discours ne décrit plus uniquement une fonction professionnelle ; il produit progressivement une identité politique potentielle.

À ce niveau, le processus rejoint ce que Pierre Bourdieu désignait comme une forme de pouvoir symbolique : la capacité des mots à créer du positionnement dans un champ social et politique. Les déclarations publiques ne se contentent pas de commenter la réalité ; elles fabriquent aussi des places possibles à l’intérieur de celle-ci.

Cette dynamique apparaît avec encore plus de force lorsqu’est évoquée la crise de l’oxygène. L’événement n’est pas mobilisé comme un simple fait sanitaire, mais comme une scène symbolique. Une scène d’asphyxie collective dans laquelle une figure intervient au moment où les autres semblent incapables d’agir. Dans l’analyse psychologique du discours, ce type de récit produit une image : celle du «sauveur», celui qui apparaît lorsque le système vacille. Et cette image devient, avec le temps, une forme de légitimité implicite.

Mais le statut symbolique n’est jamais fixe : il bascule avec les effets du pouvoir. Comme celui qui se présente comme victime, une fois au pouvoir, devient persécuteur au nom de la «justice» ou de la «réparation». De la même manière, celui qui est initialement perçu comme «sauveur» peut rapidement devenir un «bourreau» lorsqu’il met en œuvre des réformes qui bouleverseront les équilibres existants.

Réseaux, relations et connexions

Un autre élément traverse le texte : la figure du «pont». Le pont n’appartient jamais totalement à un seul espace. Il relie. Entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’économie et le politique, entre le local et l’international.

Cette position intermédiaire ne renvoie pas seulement à une fonction stratégique ; elle révèle aussi une structure psychologique particulière : une forte capacité à négocier, à créer des alliances, à circuler entre différents espaces de pouvoir et d’influence. Ce type de personnalité construit souvent son efficacité à travers les réseaux, les relations et la capacité de connexion entre les mondes.

Mais cette configuration comporte également ses risques. L’excès de gestion des équilibres peut conduire à une dilution de la décision, à une dépendance indirecte vis-à-vis des cercles d’influence environnants, ou encore à une forme de flou stratégique dans les moments nécessitant un affrontement frontal et des positions plus nettes.

Une mise en scène de soi

Parallèlement, on observe que l’apparition publique n’est jamais totalement spontanée ; elle s’inscrit dans une gestion du regard des autres, dans une construction de l’image adaptée aux attentes de l’espace social. C’est précisément ce que Erving Goffman analysait à travers la notion de mise en scène de soi.

Dès lors, une question centrale émerge : sommes-nous face à un homme de pouvoir ou à un homme d’influence ?

Son discours semble pencher vers la seconde figure : celle d’un acteur capable de relier, de négocier, de créer des alliances, de maintenir des équilibres et de créer des espaces de circulation entre différents champs de pouvoir et d’influence. Mais cette même posture soulève une interrogation plus profonde : que devient ce type de leadership lorsque la politique cesse d’être un espace de médiation pour devenir un espace de confrontation ?

Kamel Ghribi par lui-même

Dans un second «démenti» publié hier, mercredi 6 mai 2026, sur sa page Facebook, et reproduit ci-dessous en fac-similé, Kamel Ghribi vante son parcours et énumère ses qualités de leadership. Et demande aux Tunisiens de ne pas «surinterpréter» ses déclarations ! Les prend-il (déjà?) pour des cons ?

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Quand Hannibal est «Denzélé» !

07. Mai 2026 um 10:56

Certaines thèses «afrocentristes» tiennent à ce que tout ce qui est africain soit de couleur noire, mais elles sont largement rejetées par la communauté scientifique faute de preuves archéologiques ou historiques. La polémique resurgit avec le choix de l’acteur Denzel Washington pour incarner le personnage du général carthaginois Hannibal, dans une production Netflix.

Ridha Ben Slama *

Au moment où nous avons besoins de corriger certaines versions faussées de l’histoire, la production cinématographique participe parfois à la confusion des esprits. Le cinéma, par sa force émotionnelle, s’emploie à remplacer la réalité historique dans l’esprit du public. Il est vrai que le film historique n’est pas un documentaire, mais une interprétation qui peut réussir ou échouer. Le danger survient quand le spectateur oublie que le réalisateur pourrait avoir une «intention» artistique ou politique qui prime sur la véracité des faits. Ce débat est crucial, car il oppose la nécessité de la rigueur historique à la liberté artistique et narrative du cinéma. Si le cinéma a le pouvoir de faire revivre le passé, il peut parfois participer à la confusion ou à la réécriture biaisée de l’histoire.

Des anachronismes flagrants

Dans ce cadre, le choix de Denzel Washington pour incarner Hannibal dans le film Netflix relève plus d’une démarche artistique et commerciale simpliste que d’une volonté de rigueur historique. Antoine Fuqua, réalisateur et producteur du film, a d’ailleurs déclaré que «le talent et le charisme de l’acteur priment sur la ressemblance physique exacte» !

Dans l’imaginaire collectif hollywoodien actuel, il existe une tendance à vouloir représenter l’Afrique ancienne et actuelle comme exclusivement peuplée de personnes à la peau noire. Ce choix s’inscrit dans un mouvement de «réappropriation» des figures du continent africain par la diaspora afro-américaine. Netflix cherche souvent à toucher un public global en mettant en avant la diversité, même si cela crée des anachronismes flagrants par rapport à la réalité historique méditerranéenne.

Déjà, dans Gladiator 2, on ne voit pas Macrinus, mais Denzel Washington en costume. Cela donne l’impression qu’il ne s’est pas adapté à l’univers du film. Ses mimiques, ses rires et sa gestuelle appartiennent au XXIe siècle. Alors que le premier Gladiator était empreint de gravité et de réalisme brut, le Macrinus de Denzel apporte une dose de théâtralité presque béate. Cette interprétation peut donner l’impression que l’acteur ne prend pas le film au sérieux, transformant un drame historique en une sorte de spectacle excentrique qui manque de poids émotionnel. Son style très marqué et son refus de se plier aux codes du «film d’époque» traditionnel ont créé une rupture de ton qui l’a sorti de l’histoire. Le manque de crédibilité historique du personnage de Macrinus est un point soulevé par de nombreux historiens et spectateurs. Bien que basé sur un véritable empereur romain, la version de Ridley Scott prend d’énormes libertés.

Le vrai et le faux Macrinus

Dans le film, Macrinus est un ancien esclave de peau noire qui s’est élevé par la force et l’astuce pour devenir marchand d’armes et propriétaire de gladiateurs. Alors qu’en réalité il n’a jamais été ni esclave ni noir. Il était issu de la classe des chevaliers (l’ordre équestre), une élite sociale juste en dessous des sénateurs. C’était aussi un juriste talentueux et un avocat renommé avant de devenir préfet du prétoire (chef de la garde impériale) sous Caracalla. Il n’y a aucune preuve historique que Macrinus ait eu un quelconque lien avec le monde des gladiateurs ou le commerce des armes. Son ascension était purement politique et administrative. On le voit manipuler activement l’empereur et même participer physiquement à sa chute dans un cadre spectaculaire.

Le vrai Macrinus était né vers 165 apr. J.-C. à Césarée de Maurétanie (actuelle Cherchell), il est issu d’une famille équestre, mais pas de la haute noblesse patricienne. Sous Caracalla, il devient donc préfet du prétoire, commandant la prestigieuse garde prétorienne, ce qui fait de lui l’un des hommes les plus puissants de Rome avant de prendre le pouvoir. Après avoir conspiré et fait assassiner Caracalla, il devient empereur en 217, marquant une rupture majeure dans la tradition impériale. Fait ironique par rapport au film, le vrai Macrinus a été le premier empereur à ne jamais mettre les pieds à Rome durant son règne (qui a duré 14 mois), préférant rester à Antioche.

Pour un spectateur qui connait l’histoire, chaque anachronisme agit comme un rappel que tout est factice. Denzel Washington a lui-même reconnu ces inexactitudes, admettant avoir créé sa propre trame de fond pour le personnage afin de servir le récit plutôt que la vérité historique.

Réalité historique et raccourci hollywoodien

Ces incongruités nuisent à la qualité de l’histoire, quand un film s’appuie sur des noms réels mais réécrit totalement leur trajectoire, il perd en poids dramatique et en cohérence.

En faisant de Macrinus un ancien esclave «vengeur», le scénario utilise un cliché de fiction. Réduire l’ascension vers le trône à une simple affaire de commerce de gladiateurs transforme une lutte de pouvoir historique en une intrigue de série B. Le film finit par ressembler à une version fantasmée de Rome plutôt qu’à une reconstitution.

On a l’impression que Ridley Scott utilise à chaque fois l’Antiquité comme un simple décor interchangeable plutôt que comme un cadre rigoureux. En transformant des figures historiques complexes en archétypes (le marchand malin, les empereurs fous), le film sacrifie la profondeur psychologique. La réalité historique est souvent plus nuancée et surprenante que les raccourcis hollywoodiens.

Le film échoue car il ne respecte pas la vérité organique de son sujet. En voulant rendre l’histoire plus «cinématographique», Ridley Scott l’a vidée de sa substance et de sa crédibilité.

Beaucoup de Tunisiens considèrent que le fait d’attribuer une peau noire à Hannibal est une forme de négation de leur propre identité et de leur héritage punique/berbère. Si le choix d’un Hannibal «Denzelé» fait réagir, c’est parce qu’il touche à une frontière fragile entre liberté artistique et vérité historique.

Il existe une confusion moderne chez les «profanes», surtout outre-Atlantique, qui consiste à penser que tout ce qui vient du continent africain est noir. Comme Carthage est en Tunisie actuelle, certains de leurs producteurs font ce raccourci, ignorant l’histoire. La confusion vient souvent d’une interprétation moderne du terme «Africain».

Le risque de l’anachronisme, en transformant Hannibal en «Denzel» pour des raisons de diversité est ridicule, car cela efface la réalité de ce qu’il était : un Punique.

En voulant rendre hommage à l’Afrique, on finit parfois par occulter la véritable identité des populations du Maghreb antique.

Nez droit, cheveux bouclés et profil aquilin

Les pièces de monnaie d’époque représentent Hannibal sous des traits méditerranéens classiques. Les portraits officiels sur les monnaies et les bustes inspirés de l’époque le montrent avec des traits typiquement méditerranéens ou hellénistiques (nez droit, cheveux bouclés). Les pièces de monnaie frappées par les Barcides en Espagne montrent un homme au visage rasé, aux cheveux bouclés et au profil aquilin.

Les auteurs comme Hérodote, Polybe ou Tite-Live décrivaient souvent les caractéristiques physiques des peuples dits «exotiques». Ils mentionnaient les cheveux crépus ou la peau sombre des Éthiopiens (terme désignant alors les populations subsahariennes). Si Hannibal avait été noir de peau, les auteurs romains auraient pu utiliser cette différence physique. Si Hannibal avait eu des traits radicalement différents de ceux des Méditerranéens, un auteur comme Tite-Live, qui détaille pourtant minutieusement ses habitudes alimentaires et ses vêtements, l’aurait très probablement mentionné.

Or, ils le traitent toujours comme un adversaire de culture punique. Quand les Romains croisaient des personnes aux traits subsahariens, ils utilisaient des termes précis (comme Aethiops). Le fait qu’ils désignent Hannibal simplement comme Afer (Africain de la province de Carthage) ou Punicus indique qu’il s’insérait dans la norme visuelle du monde méditerranéen de l’époque. Pour les historiens, si Hannibal avait été de peau noire, ce fait aurait été une telle «curiosité» pour les chroniqueurs de l’époque qu’il serait apparu dans au moins un récit.

Dans l’Antiquité, être Africain désignait un habitant de la province d’Africa (le Nord de l’Afrique actuelle). En latin, Afer désigne une origine géographique (la région de Carthage) et non une caractéristique raciale. À l’époque, les Romains et les Grecs étaient très attentifs aux différences physiques, qu’ils notaient sans forcément y attacher de préjugés raciaux modernes, mais par simple souci de description.

Richesse occultée de la civilisation punique

Une fois qu’un visage est associé à un nom (Denzel Washington en Hannibal), il devient très difficile de déconstruire cette image par des preuves archéologiques plus tard. C’est une simplification binaire qui ramène l’histoire à une opposition «Noir vs Blanc», on occulte la richesse des civilisations berbères, puniques ou maures. Cela donne l’impression que l’Afrique du Nord n’a pas d’histoire propre et qu’elle doit être «empruntée» par d’autres cultures pour exister à l’écran. Si la science (ADN, numismatique) dit une chose et que les médias dominants en montrent une autre, cela peut amener les jeunes à croire que «chacun a sa vérité».

Le débat actuel est souvent alimenté par des enjeux politiques contemporains plutôt que par de nouvelles découvertes historiques. L’analyse de l’ADN ancien des populations de Carthage apporte des réponses claires.

Les chercheurs ont analysé des restes humains provenant de nécropoles puniques à Carthage (en Tunisie) et en Sardaigne. La population carthaginoise était un mélange cosmopolite. Une part importante de l’ADN est liée aux populations berbères autochtones.

Concernant la question du teint, ces études montrent que les Carthaginois partageaient le profil génétique des populations méditerranéennes classiques. Leur apparence était très proche des populations actuelles du sud de l’Europe et du nord de l’Afrique. L’ADN n’indique pas de mélange significatif avec des populations d’Afrique subsaharienne à cette époque au sein de l’élite punique.

Ces données permettent de clore le débat sur une base objective. Elles confirment que Carthage était un pont génétique entre l’Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe.

Les références clés des études scientifiques, notamment publiées dans la revue Nature, qui traitent du profil génétique des Carthaginois et confirment leur aspect méditerranéen. L’étude majeure de Nature (2025), la plus récente et la plus vaste à ce jour sur le sujet. Elle révèle l’analyse de 210 génomes anciens provenant de 14 sites puniques (Tunisie, Sicile, Sardaigne, Espagne). Les Carthaginois étaient génétiquement cosmopolites, un mélange de populations autochtones d’Afrique du Nord (Berbères), de populations de l’Égée (Grèce) et de Sicile. Elle confirme que l’élite et le peuple de Carthage s’inscrivaient dans le profil génétique du bassin méditerranéen central et occidental.

Par ailleurs, l’étude sur le «Jeune homme de Byrsa» (2016) a marqué un tournant en séquençant le premier génome complet d’un individu carthaginois du VIe siècle av. J.-C. (A European Mitochondrial Haplotype Identified in Ancient Phoenician Remains from Carthage, North Africa, étude publiée dans Plos One (2016). Elle révèle que l’individu (surnommé «Ariche») appartenait à l’haplogroupe rare U5b2c1, une lignée maternelle d’origine européenne (péninsule Ibérique). Cela prouve l’existence de mariages et de mélanges précoces entre les colons puniques et les populations méditerranéennes locales.

Les études sur la continuité en Sardaigne et au Liban (2018- Ancient DNA of Phoenician remains indicates discontinuity in the settlement history of Ibiza, publiée dans Scientific Reports (Nature Publishing Group) (2018), montrent que les réseaux commerciaux carthaginois servaient de «courroie de transmission» génétique entre le Levant, l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud. Les marqueurs génétiques retrouvés correspondent systématiquement à des populations méditerranéennes et non subsahariennes. Ces publications démontrent que Carthage n’était pas une enclave isolée, mais un véritable brassage méditerranéen. L’absence de marqueurs génétiques subsahariens significatifs dans ces échantillons renforce la thèse d’une apparence physique proche de celle des Tunisiens actuels.

Une forme de révisionnisme culturel

Malheureusement, nous assistons à une forme de révisionnisme culturel. Cette tendance risque de nuire à la compréhension de l’histoire par les jeunes générations. C’est l’inquiétude majeure des historiens et des éducateurs. Le risque est de transformer l’histoire en une matière malléable au service de l’idéologie ou du divertissement, au détriment des faits.

Ce qui choque davantage pour Hannibal, c’est que cela donne l’impression que l’on «réécrit» le passé pour coller à des idéologies politiques modernes comme l’afrocentrisme.

Au lieu de contrefaire par ces procédés douteux l’histoire des Puniques/Carthaginois, ne serait-il pas plus enrichissant pour ces «afrocentristes» de produire des films sur les puissants empires d’Afrique subsaharienne, comme l’Empire du Mali ou le Royaume de Koush, dont l’histoire est authentiquement noire et largement méconnue. Il y a pourtant des exemples réussis dans le domaine, comme la minisérie de Shaka Zulu qui revient sur le conflit qui a opposé au début du 19e siècle Chaka, le roi de la vaste nation zoulou, à l’Empire britannique en pleine expansion en Afrique, ou la récente série Shaka Ilembe (2023) qui est le meilleur choix actuel. Elle privilégie une perspective autochtone, avec des dialogues en zoulou et une attention accrue aux rituels et à l’histoire orale.

En dépit de toutes les critiques, le projet semble avancer, le tournage étant prévu pour l’été 2026, selon des médias spécialisés. Il est désolant de s’investir dans une entreprise parsemée d’autant de carences.

Plusieurs facteurs pourraient effectivement contribuer à transformer ce projet en un sérieux revers, risquant de subir un «review bombing» (vague de notes négatives) massif sur les plateformes.

Il convient de noter que Netflix a déjà connu un contrecoup similaire avec sa série sur Cléopâtre, qui avait enregistré des scores d’audience et de critiques historiquement bas.

Ah si par bonheur, nos chers réalisateurs-producteurs faisaient le pari de produire un film sur le vrai Hannibal ! Ainsi, face à la production hollywoodienne, la Tunisie fournirait sa propre version. Un vœu que beaucoup partagent, surtout pour rendre justice à Hannibal Barca, le stratège de génie de Carthage.

* Ecrivain.

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Les drones ukrainiens menacent la vie de Poutine

07. Mai 2026 um 10:10

La Fédération de Russie a renforcé les mesures de sécurité pour protéger Vladimir Poutine face à la crainte croissante d’attentats alors que le président s’isole de plus en plus et se consacre entièrement à la gestion de la guerre en Ukraine. Ses craintes sont surtout motivées par la performance des drones ukrainiens et un assassinat par drone est redouté. 

Imed Bahri

Selon le Financial Times, le Service fédéral de protection (FSO), chargé de la protection des hauts responsables russes, a considérablement renforcé ces derniers mois la sécurité autour du chef du Kremlin.

Selon des sources à Moscou et une source proche des services de renseignement européens, Poutine passe plus de temps dans des bunkers souterrains, gérant directement les détails de la guerre, tout en se désintéressant progressivement des affaires civiles.

L’isolement de Poutine s’est accentué ces dernières années, notamment depuis la pandémie de Covid-19 mais les inquiétudes au Kremlin concernant un coup d’État ou une tentative d’assassinat –en particulier par drone– ont fortement augmenté depuis mars, selon la même source.

«Le choc de l’attaque de drone ukrainienne « Toile d’araignée » est encore vif», a déclaré une source au FT. L’année dernière, des drones ukrainiens ont ciblé des bases aériennes russes dans des régions de l’extrême nord du pays.

Les inquiétudes sécuritaires se sont également accrues après l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier, selon une autre source.

En réponse, les services de sécurité ont renforcé leurs mesures. Poutine a réduit ses apparitions publiques et les contrôles sur ses visiteurs sont devenus plus rigoureux.

Le président et sa famille ne se rendent plus dans leurs résidences de la banlieue de Moscou et de la région de Valdaï. Il passe plus de temps dans des abris, notamment dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, où il travaille pendant des semaines d’affilée. Les médias d’État ont diffusé des images préenregistrées pour donner l’illusion d’une vie normale.

Les membres de son entourage, y compris les chefs cuisiniers, les photographes et les gardes du corps, ont reçu pour consigne d’éviter les transports en commun, les téléphones portables et les appareils connectés à Internet à proximité de lui. Des systèmes de surveillance ont été installés à leur domicile.

Des sources bien informées suggèrent que les récentes coupures d’Internet à Moscou pourraient être en partie liées aux mesures de protection contre les drones et à la sécurité du président.

Selon des sources du renseignement européen, les forces de sécurité fédérales mènent des recherches approfondies avec des chiens dressés et des agents sont déployés le long des rives de la Moskova en prévision d’une éventuelle attaque de drone.

Ces préoccupations sécuritaires ne concernent pas uniquement Poutine. Lors d’une réunion de sécurité l’année dernière, les agences de sécurité se sont mutuellement rejeté la responsabilité de l’incapacité à protéger les hauts responsables militaires après une série d’attentats liés à l’Ukraine dont l’assassinat du général Fanil Sarfarov.

Lors de cette réunion, le chef du Service fédéral de sécurité (FSB) Alexandre Bortnikov a mis en cause le ministère de la Défense qui ne dispose pas d’une unité dédiée à la protection des hauts fonctionnaires, tandis que le chef de la Garde nationale Viktor Zolotov a décliné toute responsabilité, invoquant des ressources limitées.

Finalement, Poutine a chargé le FSB de la protection de dix généraux de haut rang dont trois chefs d’état-major adjoints sous les ordres de Valery Gerasimov.

Il ne veut plus ni voir ni entendre

Le renforcement des mesures de sécurité coïncide avec l’attention quasi exclusive que Poutine porte à la guerre. Selon ses proches, il y consacre environ 70% de son temps. Quant aux autres activités, elles se limitent à de rares rencontres avec des dirigeants étrangers ou à des discussions sur l’économie.

Un initié a expliqué que le seul moyen pour le joindre est d’être impliqué dans la gestion de la guerre. 

L’analyste politique Andreï Kolesnikov estime que Poutine «ne veut plus ni voir ni entendre» et qu’il s’appuie presque entièrement sur les services de sécurité qui contrôlent désormais la plupart des aspects de la vie dans le pays.

Ce détachement a engendré un mécontentement croissant en Russie, alimenté par la lassitude de la guerre et l’aggravation des crises internes.

Selon des sondages officiels et indépendants, la popularité de Poutine a chuté à son plus bas niveau depuis l’automne 2022, date à laquelle il a annoncé une mobilisation partielle.

Des restrictions sur Internet

Les réseaux sociaux regorgent de publications critiquant le gouvernement pour les restrictions d’accès à Internet, les taxes et autres mesures économiques.

L’une des critiques les plus virulentes provient d’une vidéo publiée par Victoria Bonya, influenceuse russe qui réside à Monaco suivie par 12,9 millions d’abonnés sur Instagram, dans laquelle elle déclare que «les gens ont peur de lui». La vidéo a recueilli plus de 1,5 million de «j’aime», incitant le Kremlin à reconnaître l’avoir visionnée.

Suite à cela, Poutine s’est exprimé publiquement pour la première fois sur les restrictions d’internet, appelant les autorités à «expliquer les choses au public» plutôt que de simplement interdire l’accès sans rien dire. 

Le 27 avril, Poutine a effectué sa deuxième apparition publique de l’année, en visitant une école de gymnastique à Saint-Pétersbourg. Une vidéo le montrait en train d’interagir avec un groupe de jeunes filles, une scène que les analystes ont interprétée comme une tentative de projeter une image de proximité avec le peuple.

Cependant, la diminution de ses apparitions publiques –contre au moins 17 l’année précédente– témoigne d’un renforcement des mesures de sécurité et d’une moindre attention portée aux questions intérieures.

«Le fossé entre ce que Poutine souhaite aborder et ce que l’on attend de lui se creuse», a déclaré l’analyste Tatiana Stanovaya, prévenant que des vagues de mécontentement populaire risquent de s’amplifier dans les prochains mois.

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Le CRLDHT demande la libération de Zied El Hani  

07. Mai 2026 um 09:10

Le comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 6 mai 2026, un communiqué intitulé «Pour la liberté de Zied El Hani, pour la liberté de la presse, pour le droit de déranger» où il exprime «sa profonde préoccupation et son inquiétude face au jugement attendu dans l’affaire du journaliste Zied El Hani», ce jeudi 7 mai.

«Dans le cadre de cette affaire, Zied El Hani a été arrêté le 24 avril 2026, à la suite de déclarations qu’il a faites lors d’une intervention à la Faculté de droit de Tunis, au cours de laquelle il a critiqué des décisions judiciaires concernant ses collègues journalistes. Il a ensuite été poursuivi pour ‘‘atteinte à autrui’’ ou ‘‘diffamation’’ en lien avec ces propos, avant d’être placé en détention», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, en affirmant que «cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une intensification des poursuites contre les journalistes et les voix critiques en Tunisie.»

L’Ong estime que l’accusation portée contre le journaliste, à savoir «l’atteinte à autrui via les réseaux publics de télécommunication», ne correspond pas à la réalité et que les faits reprochés à El Hani «relèvent clairement de l’exercice d’un journalisme libre» et de «l’expression d’une opinion libre, constructive et nécessaire à l’émergence d’une société consciente et équilibrée.»

Tout en soulignant «le droit des Tunisiennes et des Tunisiens à être libres, leur droit à déranger, et leur droit à être des citoyens à part entière», le CRLDHT demande «la libération immédiate de Zied El Hani, ainsi que de tous les journalistes détenus en raison de leurs opinions; l’abandon de toutes les charges liées à la liberté d’expression et à l’exercice du journalisme ; et la fin de l’instrumentalisation des lois, notamment l’article 86 du Code des télécommunications, pour restreindre la liberté de la presse».

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Droit international ou droit occidental ?

07. Mai 2026 um 07:53

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.

Lahouari Addi *

En se défendant, l’Iran viole le droit international, mais Israël et les Etats-Unis, en agressant l’Iran, défendent le droit international. Est-ce qu’il y a deux droits internationaux ou un seul ? Il semble bien qu’il y en ait deux. L’un qui justifie l’agression et l’autre qui interdit de se défendre. Cette myopie qui fait voir double est en fait une conséquence pathologique du racisme.

Comme hier dans les colonies où les indigènes n’étaient pas des sujets de droit, aujourd’hui dans la communauté internationale, il y a des Etats souverains et des Etats semi-souverains. Dans ce cas, il faudra deux Onu : celle de l’Occident et celle des victimes potentielles de l’Occident.

Conception néocoloniale des relations internationales

A Washington, Berlin, Londres, Paris…, le droit n’est pas considéré comme universel, et doit être limité à l’Occident. L’ordre colonial géopolitique s’est écroulé dans les années 1950 et 1960, mais il persiste dans la pratique des dirigeants occidentaux sous la forme d’une conception néocoloniale des relations internationales.

Ce qui rend nerveux la classe politique américaine, et celle qui lui est subordonnée en Europe, c’est que l’hégémonie américaine est contestée et parfois efficacement. L’ordre mondial basé sur l’invincibilité des porte-avions est dépassé. Un drone de 10 000 dollars peut neutraliser un porte-avions de 3 milliards de dollars.

Par ailleurs, la mondialisation économique a au moins un avantage : le marché capitaliste mondial n’aime pas la guerre. C’est ce qu’a compris l’Iran en fermant le détroit d’Ormuz. Outre son armée, Téhéran est protégé par les bourses de Wall Street, Francfort, Londres, Paris…

Les propos incohérents de Trump, déclarant parfois que la guerre est finie, et une autre fois qu’il pourra raser l’Iran révèlent sa peur de voir le prix du pétrole s’envoler à 150 dollars. Avec ce prix, les Républicains perdront et le Sénat et la Chambre.

Guerres extérieures et politiques intérieures

Les guerres extérieures ne sont plus des événements de la politique étrangère. Elles font désormais partie des politiques intérieures, parce que les peuples, y compris le peuple américain, sont contre les guerres d’agression.

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. L’ordre mondial postcolonial ne peut être géré avec une mentalité néocoloniale.

* Professeur à l’Institut des études politiques de l’Université de Lyon.

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Creative Tunisia, levier de développement de l’artisanat en Tunisie

07. Mai 2026 um 07:17

Creative Tunisia, un projet de soutien au secteur de l’artisanat et du design en Tunisie à travers le renforcement des chaînes de valeur, a été clôturé lors d’une cérémonie officielle, le 5 mai 2026, au Palais des Congrès à Tunis.

Ce projet est financé par l’Union européenne (UE) et la Coopération italienne et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) dans le cadre du programme européen Tounes Wijhetouna.

La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de Sofiane Tekaya, ministre du Tourisme, ainsi que Rana Taha, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’UE, Luigi Gentile, chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Leila Msellati, directrice générale de l’Onat et Lassaad Ben Hassine, représentant pays de l’Onudi.

Cet événement qui a réuni plus de 400 participants a été l’occasion de revenir sur les réalisations majeures du projet et de mettre en lumière son impact concret.

Les allocutions officielles ont souligné l’importance stratégique des industries culturelles et créatives dans le développement économique durable et inclusif de la Tunisie.

Les interventions ont unanimement salué le rôle structurant du projet Creative Tunisia dans la modernisation du secteur, le renforcement des capacités des artisans et l’amélioration de leur accès aux marchés.

Renforcement des capacités des artisans

Un temps fort de la soirée a été consacré à la présentation des résultats du projet, illustrés par une vidéo de capitalisation et l’intervention du chef de projet, Talel Sahmim. Cette séquence a permis de retracer les principales réalisations depuis 2019, notamment le développement d’une nouvelle approche de développement économique territoriale, le renforcement des capacités des artisans, designers et étudiants, la professionnalisation des entreprises, l’intégration de la culture du design, l’amélioration des infrastructures existantes et le développement de nouvelles opportunités commerciales.

Le projet a également introduit et consolidé des bonnes pratiques durables telles que la collaboration entre artisans et designers, la valorisation des produits, l’amélioration continue de la qualité, ainsi que des stratégies d’accès aux marchés nationaux et internationaux adaptées à chaque chaine de valeur.

Le projet Creative Tunisia a permis en chiffres de renforcer et structurer 17 chaînes de valeur, avec un ancrage territorial couvrant 18 gouvernorats. Il a également accompagné 18 associations actives dans les secteurs de l’artisanat et du design, contribué à la mise en place de 6 hubs créatifs, et bénéficié à plus de 3 000 acteurs, parmi lesquels artisans, designers, entreprises artisanales et étudiants.

L’événement a également mis en lumière des expériences concrètes à travers des focus thématiques, illustrant la pertinence de l’approche territoriale et collaborative du projet. Des témoignages de bénéficiaires ont permis de donner une dimension humaine à ces résultats, en partageant des parcours de transformation d’entreprises artisanales.

Vers la pérennisation des dynamiques enclenchées

La question de la durabilité des acquis a occupé une place centrale, avec un focus sur le rôle des hubs créatifs dans la pérennisation des dynamiques enclenchées. Ces espaces apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour accompagner l’innovation, favoriser les synergies entre acteurs et soutenir la compétitivité du secteur à long terme.

La cérémonie s’est conclue par un message de clôture de Providence Mavubi, directrice division Agro- business et développement infrastructure à l’Onudi, soulignant les perspectives futures et la nécessité de capitaliser sur les acquis du projet. Une remise symbolique de cadeaux aux partenaires a marqué la reconnaissance des contributions de chacun à la réussite de cette initiative.

En marge des temps officiels, les participants ont été invités à découvrir une exposition retraçant les réalisations du projet entre 2019 et 2026, à travers une sélection de produits artisanaux, ainsi que des supports visuels et audiovisuels.

Creative Tunisia s’impose aujourd’hui comme une référence en matière de valorisation de l’artisanat et du design, contribuant à renforcer l’attractivité et le rayonnement de la Tunisie sur les marchés nationaux et internationaux.

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La décarbonation, levier de compétitivité pour l’économie tunisienne

07. Mai 2026 um 06:58

La Tunisie a abrité, les 5 et 6 mai 2026, la 5e édition du CSR Power Forum, le Forum international de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Placée sous le thème «Décarbonation de l’entreprise : quelle stratégie mettre en œuvre pour repositionner l’économie tunisienne ?», cette édition a réuni des experts, des décideurs, des représentants d’entreprises et d’institutions financières, ainsi que des acteurs des secteurs public et privé. Les participants ont examiné les défis et les opportunités liés à la transition vers une économie sobre en carbone.

Samir Abdelhafidh, ministre de l’Économie et de la Planification, a déclaré : «Aujourd’hui, nous affirmons que la décarbonation de nos entreprises dépasse le simple choix environnemental. Elle est désormais une nécessité économique et une exigence stratégique. Elle constitue le levier fondamental pour renforcer notre compétitivité future et accroître notre résilience sur la scène du commerce international.» Il a ajouté que la Tunisie s’est résolument engagée sur la voie d’une économie sobre en carbone, fondée sur des réformes profondes qui placent le climat au cœur des politiques publiques. Cette trajectoire repose sur une vision à long terme à l’horizon 2050, l’élaboration d’un budget sensible au climat, l’incitation à l’investissement dans les énergies renouvelables et l’économie circulaire, ainsi que sur l’application du principe «pollueur-payeur».

Le ministre a également souligné que la réussite de cette transition nécessite à la fois de mobiliser le secteur financier par des instruments innovants  tels que les obligations vertes et d’instaurer des mécanismes de tarification du carbone ainsi que de déclaration des émissions. Il a appelé à une mobilisation collective renforcée, associant l’État, les entreprises, le secteur financier et les partenaires internationaux.

La Tunisie, en tant que pays signataire des principes directeurs des Nations unies et de l’OCDE en matière de conduite responsable des entreprises, est passée d’une logique d’initiatives dispersées à une politique intégrée et globale, a souligné M. Abdelhafidh, insistant sur le fait que la mobilisation des financements verts et le renforcement des capacités techniques constituent une priorité nationale pour la prochaine période. Seule une action collective élargie pourrait accélérer la transition vers une économie durable et sobre en carbone.

De son côté Manel Arfa, présidente du comité d’organisation de CSR Power Forum, a souligné l’importance croissante de cet événement comme un espace de dialogue et de réflexion collective sur l’avenir de la transition économique et environnementale. «Ce forum représente une plateforme de dialogue à la fois pratique et stratégique. Il réunit l’ensemble des acteurs concernés, grandes entreprises et PME, experts internationaux, représentants des secteurs publics et privé, institutions financières et partenaires techniques autour d’un objectif : élaborer une approche participative et globale, capable de convertir les défis climatiques en véritables opportunités de croissance, d’innovation et d’investissement durable», a-t-elle indiqué, et d’ajouter : «L’importance de cette manifestation tient à ce qu’elle ne se réduit pas à un échange d’opinions. Elle ambitionne, d’une part, de générer des solutions opérationnelles ; d’autre part, d’accompagner les processus de transition vers une économie sobre en carbone en développant des instruments pratiques ; enfin, de renforcer les partenariats entre l’ensemble des parties prenantes et de favoriser l’investissement responsable et durable.»

Mme Arfa a également rappelé que le forum offre un lieu de partage d’expériences concluantes et de mise en lumière d’initiatives originales dans le champ de la décarbonation, de l’efficacité énergétique et de l’économie circulaire, contribuant ainsi à sensibiliser les entreprises aux exigences de la période à venir, notamment en ce qui concerne les transformations profondes des marchés et des normes internationales.

Cette édition s’est distinguée par un programme dense incluant des débats et des ateliers appliqués traitant de la décarbonation, du financement vert et des normes ESG, ainsi que des espaces destinés au réseautage professionnel et à l’exposition de solutions novatrices

Elle a également mis l’accent sur les profonds changements liés à l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et sur les nouvelles contraintes pesant sur l’industrie, plus particulièrement en termes d’exportations et de compétitivité à l’international.

À l’issue du forum, l’unanimité des participants s’est faite sur deux points : d’une part, la nécessité de poursuivre l’accompagnement des entreprises dans leur transition environnementale ; d’autre part, l’urgence de renforcer leurs capacités d’adaptation aux changements climatiques et économiques à l’échelle mondiale.

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Gestern — 06. Mai 2026Kapitalis

Chiens errants à Tunis | Mise au point de la municipalité

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 23:15

Face à des rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux, la commune de Tunis a tenu à apporter des précisions majeures concernant ses interventions auprès des chiens errants.

Contrairement aux bruits qui courent, la municipalité affirme qu’elle ne procède pas à une « chasse » aux chiens, mais ses services suivent un protocole strict et humanisé, lit-on dans le communiqué publié dans la soirée de ce mercredi 6 mai 2026.

La même source précise : « L’approche actuelle privilégie la sécurité des citoyens tout en garantissant l’intégrité physique des animaux grâce à un parcours de soins structuré. »

Le processus de prise en charge se déroule en plusieurs étapes : les animaux sont récupérés par des équipes spécialisées et transférés au centre de stérilisation de la municipalité de Tunis avant d’y recevoir les soins vétérinaires nécessaires et d’être vaccinés.

Une fois la phase de stérilisation et de traitement terminée, les chiens sont transférés vers un espace dédié situé au Belvédère, offrant un environnement sûr et adapté à leurs besoins.

À travers cette mise au point, la municipalité de Tunis réitère son engagement total à maintenir un équilibre en protégeant la santé publique tout en respectant les principes fondamentaux de la protection animale.

Y. N.

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La Suisse et la Tunisie renouvellent leur engagement au service des exportations tunisiennes

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 22:33

Le Programme de promotion des exportations Swiss Import Promotion Programme (SIPPO) et Tunisia Export – Centre de Promotion des Exportations Cepex ont signé il y a quelques jours un renouvellement de leur coopération, s’inscrivant dans la continuité d’un partenariat initié en 2017.

Financé par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) et mis en œuvre par Swisscontact, le programme SIPPO dans sa 3ème phase accompagne les pays partenaires dans le renforcement de leurs exportations vers les marchés internationaux.

Ce nouvel accord vise à :

  • Renforcer les capacités institutionnelles du CEPEX et l’amélioration des mécanismes d’appui à l’export;
  • Faciliter et élargir leur accès aux marchés extérieurs;
  • Faire intégrer des principes de durabilité.

Une attention particulière sera accordée à des secteurs porteurs, notamment les ingrédients naturels et les produits agroalimentaires transformés, afin de soutenir la diversification des exportations et le positionnement de l’offre tunisienne à l’international.

Un partenariat concret au service d’une économie tunisienne plus compétitive, durable et tournée vers le monde.

Communiqué

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Tunis | Demande de libération rejetée pour Wadie Jary

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 21:07

La justice a rejeté, ce mercredi 6 mai 2026, la demande de libération de l’ancien président de la Fédération tunisienne de football (FTF), Wadie Jary.

La chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a également rejeté les demandes similaires émises par la défense des autres accusés dans cette affaire, liée au contrat d’un ancien directeur technique de la FTF.

La date de la prochaine audience a, par ailleurs, été fixée au 26 mai courant.

Y. N.

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Météo | Prévisions INM : Un ciel instable pour cette nuit

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 19:30

Les prévisions de l’Institut national de la météorologie (INM) pour cette nuit annoncent un ciel capricieux sur l’ensemble du pays, avec des pluies attendues sur le Nord.

Le ciel sera parfois chargé de nuages denses sur l’extrême Nord, accompagnés de pluies éparses. L’INM précise que pour le reste des régions, le temps sera marqué par un passage de nuages plus légers.

Dans son bulletin, l’INM appelle à la vigilance dans les régions côtières ainsi que dans le Sud, où les vents souffleront fort. Des phénomènes de tourbillons de sable locaux pourraient réduire la visibilité dans les zones sahariennes. Partout ailleurs, le vent restera faible à modéré.

Concernant les températures, l’INM annonce des minimales nocturnes variant entre 14°C et 19°C au Nord et au Centre, et entre 20°C et 25°C dans le Sud du pays.

Y. N.

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Affaire de la LTDH | Mobilisation massive devant le tribunal de Tunis

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 18:54

La chambre des référés a examiné, ce mercredi 6 mai 2026, le recours de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) contre la suspension de ses activités.

Près de 180 avocates et avocats se sont constitués pour défendre la LTDH, illustrant le caractère symbolique et crucial de ce procès pour les libertés publiques en Tunisie. Ils appuient la demande de rétractation de l’ordonnance de suspension des activités de l’organisation pour une durée d’un mois.

Cette mesure, qui a suscité une vive émotion au sein de la société civile, est contestée tant sur le fond que sur la forme par les représentants de la Ligue.

Selon le président de la LTDH, Bassem Trifi, la défense a formulé, au cours de l’audience, une demande de report pour permettre aux nombreux avocats constitués d’étudier les pièces et de préparer une réponse argumentée aux observations présentées par le Chargé général du Contentieux de l’État.

Le tribunal a accédé à cette demande. L’affaire est donc reportée à une date ultérieure pour permettre les plaidoiries au fond.

Y. N.

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Zied Dabbar élu vice-président de la Fédération internationale des journalistes

Von: Yusra NY
06. Mai 2026 um 18:09

Zied Dabbar vient d’être élu, ce mercredi 6 mai 2026, au poste de vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

L’annonce a été faite par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui se réjouit de l’élection de son président en tant que vice-président de la FIJ.

Cette élection s’est déroulée lors du congrès de la FIJ qui se tient à Paris du 4 au 7 mai, a précisé le Syndicat. Ce dernier a qualifié cet événement d’« historique », soulignant qu’il s’agit de la toute première fois que la Tunisie accède à un tel niveau de responsabilité au sein de la direction de cette organisation mondiale.

Pour rappel, la Fédération internationale des journalistes est une institution de poids dans le paysage médiatique global, regroupant 187 syndicats et associations professionnelles et plus de 600 000 journalistes à travers le monde.

Y. N.

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Bhiri et Beldi condamnés à 20 ans de prison

06. Mai 2026 um 13:23

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé mardi 4 mai 2026 des peines allant de 11 à 30 ans de prison dans l’affaire dite des passeports et de la nationalité, relative à la délivrance de passeports tunisiens à des étrangers.

Selon une source judiciaire citée par Diwan FM, l’ancien ministre de la Justice et dirigeant du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri, et l’ancien responsable de la sécurité, Fathi Beldi, également dirigeant du parti islamiste, ont été condamnés à 20 ans de prison, deux prévenus jugés par contumace à 30 ans, et deux autres prévenus comparus en liberté à 11 ans.

La Chambre a également ordonné la radiation du nom de l’ancien Premier ministre Hamadi Jebali et de deux autres prévenus du dossier, suite à la demande de leurs avocats d’attendre l’issue de leur appel contre la décision de la Chambre d’accusation de les renvoyer devant la Chambre criminelle.

Les prévenus sont accusés d’avoir facilité et organisé l’entrée ou la sortie de personnes du territoire tunisien, légalement ou clandestinement, pour commettre un acte terroriste. Ils sont accusés notamment d’avoir délivré des documents officiels (carte d’identité, passeport…) au profit d’une organisation, d’un groupe terroriste ou de personnes liées à des réseaux terroristes.

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Le pèlerinage juif à Djerba attire 200 visiteurs étrangers à Djerba

06. Mai 2026 um 12:23

La «ziara» ou pèlerinage juif annuel à la synagogue Ghriba, sur l’île tunisienne de Djerba, s’achèvera demain, jeudi 6 mai 2026. Cet événement religieux majeur pour la communauté juive du Maghreb a été marqué cette année par un retour notable des fidèles après deux éditions plus modestes.

Selon René Trabelsi, ancien ministre du Tourisme et co-organisateur de l’événement, environ 200 pèlerins sont arrivés de l’étranger, alors que la participation ces deux dernières années s’était limitée à quelques dizaines de personnes.

Le pèlerinage, ouvert le 30 avril, coïncide avec la fête juive de Lag Ba’omer. Il connaît son apogée les 4 et 5 mai, avec des prières, l’allumage des bougies et les rites traditionnels à l’intérieur de la synagogue.

La Ghriba, située dans le village d’Erriadh, est considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique et attirait autrefois des milliers de pèlerins d’Europe, d’Israël et d’autres communautés de la diaspora tunisienne.

L’édition 2026 a été présentée par les organisateurs comme un retour progressif à la normale, les activités étant limitées aux espaces intérieurs du sanctuaire.

Perez Trabelsi, président du comité d’organisation, a annoncé en avril que le pèlerinage serait «ouvert à tous», Tunisiens et étrangers, dans le cadre d’une reprise progressive du rythme habituel du pèlerinage. Cependant, la prudence reste de mise.

Le pèlerinage a été considérablement réduit après l’attaque de mai 2023, au cours de laquelle un officier de la Garde nationale a tué deux fidèles et trois membres des forces de sécurité près de la synagogue.

Perez Trabelsi a souligné que la participation reste inférieure aux niveaux d’avant 2023 et que les problèmes de sécurité n’étaient pas encore totalement résolus, tout en soulignant le renforcement des mesures de sécurité autour du site.

Djerba abrite toujours la plus grande partie de la communauté juive de Tunisie, soit aujourd’hui moins de 1 500 personnes, résidant pour la plupart sur l’île, contre des dizaines de milliers présentes dans le pays avant les départs massifs vers la France et Israël.

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Tunisie | Saïed répond à ceux qui évoquent sa succession    

06. Mai 2026 um 11:35

Suite à l’article du journal italien ‘‘Il Foglio’’ évoquant l’hypothèse d’une ère post-Kaïs Saïd, le président de la république a répondu, indirectement et sans nommer personne, aux rumeurs concernant ses potentiels successeurs, lors de sa rencontre, mardi 4 mai 2026, avec les présidents de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et districts.

«La gestion de l’État ne saurait se fonder sur des publications sur les réseaux sociaux ou des pages suspectes, ni sur la propagation de calomnies», a-t-il déclaré, selon un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence de la république.

Dans ce contexte, il a souligné «la concomitance entre certaines déclarations qui trahissent un état de confusion, d’impuissance et de faillite chez certains partis connus, qui persistent dans leurs illusions et misent sur un retour en arrière».

«Le peuple tunisien n’oubliera pas et n’acceptera aucun recul, mais aspire au contraire à construire son propre avenir grâce aux institutions constitutionnelles qu’il a mis en place par sa volonté lors du référendum», a conclu le président Saïed.

Rappelons que l’article d’Il Foglio ainsi pointé du doigt parle de la recherche d’une alternative à la direction de la Tunisie au sein de l’opposition, en citant même un homme d’affaires tuniso-italien, Kamel Ghribi, qui a commenté, lui aussi, dans un post Facebook, l’article du journal italien, et n’a pas démenti ses ambitions politiques. Au contraire… Il a publié ce commentaire qui se passe de tout commentaire : «Ma position n’a pas changé et ne changera pas. Ma main reste tendue à la Tunisie et ma volonté de participer à tout effort sincère visant à son progrès demeure inébranlable. Je ne nourris aucune rancune et ne recherche ni position ni avantage ; servir la Tunisie est pour moi un honneur.»

Il reste à savoir si cet homme jusque-là peu connu en Tunisie, en dehors de quelques cercles de l’élite des affaires, dispose de suffisamment de relais et de soutiens, à l’intérieur et à l’extérieur, pour pouvoir postuler à la magistrature suprême.

I. B.

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Les messages codés de Rome à Carthage

06. Mai 2026 um 10:26

L’article du journal ‘‘Il Foglio’’ (droite libérale) a suscité la polémique en Tunisie, non pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour y remédier, il ne faut ni nier les faits ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.

Sami Jallouli *

J’ai lu les articles publiés dans le quotidien italien ‘‘Il Foglio’’ ces derniers jours et j’ai préféré attendre que la situation s’éclaircisse et que la vérité émerge de ce débat avant de formuler une opinion ou une analyse.

La parution de cet article dans un journal italien ne saurait être considérée comme arbitraire, surprenante, ni même comme une publicité déguisée, contrairement à ce que certains ont suggéré. L’Italie est le partenaire européen le plus concerné par la situation tunisienne, notamment en matière de migration et de stabilité économique.

Historiquement, la Tunisie et l’Italie partagent des préoccupations communes depuis l’époque de Carthage et de Rome ; tantôt l’Italie est préoccupée par nous, tantôt nous par elle.

Avant d’entrer dans les détails, convenons d’un point crucial : tout Tunisien, qu’il réside au pays ou à l’étranger, jouit de la plénitude de ses droits politiques, y compris le droit de se présenter à toute élection, municipale, législative ou présidentielle. Ce droit n’est pas une faveur accordée par quiconque ; c’est un droit constitutionnel. Réduire le processus démocratique à des accusations de trahison simplement parce qu’un nom apparaît dans des articles étrangers constitue une simplification excessive de l’action politique.

Apaiser les tensions

Je suis enclin à croire que la publication de cet article à ce moment précis, et la mention d’une personne en particulier (l’homme d’affaires tuniso-italien Kamel Ghribi, Ndlr), pourraient constituer une fuite de renseignements servant l’un des deux objectifs suivants : la première possibilité est que l’article ait servi à sonder l’opinion publique et le régime. Les puissances extérieures utilisent souvent la presse pour semer le trouble et observer les réactions. En fonction de ces réactions, des centres de recherche spécialisés évaluent la réaction du régime et le comportement de l’opinion publique, puis formulent des recommandations aux décideurs internationaux.

Il se peut que Kamel Ghribi ne soit pas la cible visée, mais plutôt une figure emblématique de l’économie et un homme aux réseaux transnationaux. C’est une personnalité qui séduit en temps de crise car il ne s’appuie pas sur la politique partisane traditionnelle et a accès aux finances publiques et à des réseaux d’influence internationaux.

La seconde possibilité est que l’article vise à provoquer un choc politique, forçant le régime en place à prendre conscience de la nécessité d’une véritable transparence face aux tensions actuelles et l’obligeant à modifier son comportement politique afin d’apaiser les tensions avant qu’il ne soit trop tard.

Une polémique effective

Depuis la publication de cet article, j’ai constaté que beaucoup s’interrogent sur l’intervention italienne. Il suffit de rappeler les circonstances de la transition de 1987. L’Italie et l’Algérie ont joué un rôle central dans l’orchestration de cette transition, l’objectif étant alors de sécuriser le gazoduc [reliant les deux pays via le territoire tunisien, Ndlr] et d’empêcher toute faction, dans le chaos ambiant, de le saboter.

Il est essentiel de comprendre que tant que le gazoduc transitera par la Tunisie, Rome conservera des intérêts vitaux dans le paysage politique tunisien. À l’inverse, le rôle de la France se résume souvent à une réaction tardive. Prise au dépourvu par les changements de régime de 1987 et 2011, la France n’a eu d’autre rôle que de saisir les opportunités et de participer aux arrangements post-transitionnels par le biais de nominations ponctuelles.

Si l’article d’‘‘Il Foglio’’ a suscité la polémique, ce n’est pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour surmonter cette crise, il ne faut ni la nier ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.

Traduit de l’arabe.

* Conseiller juridique.

Qui est Kamel Ghribi ?

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D’Ormuz, la crise se déplacera-t-elle à Malacca ?

06. Mai 2026 um 09:38

Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont ravivé les inquiétudes quant à la vulnérabilité d’un autre point de passage maritime crucial situé à l’autre bout du monde en l’occurrence le détroit de Malacca. 

Imed Bahri

Bloomberg indique que le détroit de Malacca, étroit passage entre l’Indonésie et la Malaisie qui canalise le commerce via Singapour, assure plus d’un cinquième du commerce maritime mondial et constitue le point de passage le plus fréquenté au monde.

Ce détroit est depuis longtemps considéré comme une vulnérabilité stratégique, notamment pour la Chine qui en dépend fortement pour ses importations d’énergie. Il a fait l’objet d’une surveillance accrue après la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran en réponse aux frappes militaires américaines et israéliennes.

Bien que le détroit de Malacca soit régi par des règles internationales garantissant la liberté de navigation, des inquiétudes sont apparues lorsqu’un haut responsable indonésien a brièvement évoqué la possibilité d’imposer des droits de transit. Les autorités de la région ont depuis confirmé que le détroit resterait ouvert et que le transit serait gratuit.

Cet incident souligne néanmoins la grande sensibilité du commerce mondial à toute perturbation sur l’une de ses voies maritimes les plus fréquentées.

Une voie maritime incontournable

Le détroit de Malacca est l’une des voies maritimes les plus importantes au monde, reliant l’océan Indien à la mer de Chine méridionale et à l’océan Pacifique.

Ce détroit s’étend sur environ 800 kilomètres entre l’île indonésienne de Sumatra et la péninsule malaise. Bordé par la Thaïlande au nord et Singapour à son entrée sud, il constitue la voie maritime la plus courte entre le Moyen-Orient et l’Asie de l’Est.

Cette caractéristique a fait du détroit de Malacca une voie maritime incontournable. Plus de 102 500 navires l’ont emprunté en 2025, contre environ 94 300 en 2024, selon le Département maritime malaisien.

Une grande variété de marchandises transitent par cette voie navigable, notamment le pétrole brut, le gaz naturel liquéfié, le charbon, l’huile de palme, le minerai de fer et les produits manufacturés.

Au premier semestre 2025, environ 23,2 millions de barils de pétrole par jour ont été transportés par le détroit, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), approvisionnant ainsi de grandes économies comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Ce chiffre dépasse les 20,9 millions de barils qui ont transité par le détroit d’Ormuz durant la même période.

Les attaques en augmentation

À son point le plus étroit, le détroit de Malacca ne mesure que 2,7 kilomètres de large, ce qui souligne sa vulnérabilité face à l’immense trafic maritime qui le traverse. Cela accroît le risque de collisions et d’échouements, notamment dans les zones les plus fréquentées. Même des perturbations mineures peuvent ralentir la navigation et augmenter les coûts de fret.

La piraterie et les vols à main armée constituent également une source d’inquiétude, les attaques étant en augmentation. On a recensé 108 incidents dans les détroits de Malacca et de Singapour en 2025. Bien que des itinéraires alternatifs existent à travers l’archipel indonésien, ils sont moins pratiques et plus difficiles à naviguer. Le détroit de la Sonde est peu profond par endroits et se situe dans une région volcanique active.

De plus, la route via les détroits de Lombok et de Macassar allonge considérablement le temps et augmente les coûts. Le trajet entre le port de Ras Tanura en Arabie saoudite et le Japon est plus de deux fois plus long que par le détroit de Malacca.

Une gestion coordonnée

Qui contrôle le détroit de Malacca?

L’Indonésie, la Malaisie et Singapour contrôlent conjointement le détroit et exercent leur souveraineté sur ses eaux territoriales qui s’étendent jusqu’à 12 milles marins de leurs côtes, en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ces trois États côtiers ont établi un cadre tripartite en 1971 afin de coordonner la gestion du détroit de Malacca.

Parallèlement, le détroit de Malacca est classé comme détroit international, ce qui signifie que les navires et les aéronefs bénéficient d’un droit de transit, leur permettant de circuler librement et sans entrave.

En vertu du droit international, les États côtiers ne peuvent ni suspendre le transit ni imposer de droits de passage aux navires mais la facturation de services spécifiques est autorisée. Les trois pays concernés ainsi que la Thaïlande coordonnent étroitement leurs efforts en matière de sécurité, notamment la lutte contre la piraterie et les patrouilles conjointes.

Bien qu’aucun pays ne contrôle pleinement le détroit, sa situation géographique lui confère un pouvoir considérable sur l’une des routes commerciales les plus importantes au monde.

Des inquiétudes croissantes ?

Les menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz ont mis en lumière la rapidité avec laquelle des voies navigables étroites et vitales peuvent devenir des points chauds géopolitiques et un fardeau pour l’économie mondiale.

Le ministre indonésien des Finances Purbayo Yudhi Sadiwa, a évoqué la possibilité d’imposer des droits de passage aux navires traversant le détroit suite à la décision de l’Iran d’instaurer des droits similaires. Il a toutefois rapidement renoncé à cette idée.

Le ministère indonésien de la Défense examine également une proposition américaine visant à autoriser les avions militaires à survoler l’espace aérien indonésien, une mesure qui suscite une forte opposition au sein de l’armée, notamment en raison de préoccupations liées à la souveraineté nationale.

Singapour a réagi promptement, insistant sur la nécessité de maintenir le détroit ouvert et accessible à la navigation internationale. La Malaisie a également souligné l’importance de garantir un passage sans entrave, reflétant l’intérêt commun des nations côtières à préserver la fluidité du trafic maritime.

La crise du détroit d’Ormuz a incité la Thaïlande, située au nord-est du détroit de Malacca, à se recentrer sur son objectif à long terme de construction d’un «pont terrestre» reliant les réseaux routier et ferroviaire à travers sa péninsule méridionale. Ce projet permettrait de contourner le détroit et de réduire les temps de transit mais il est considéré comme extrêmement complexe sur les plans logistique et financier.

Un détroit important pour la Chine

La Chine figure parmi les pays les plus exposés aux risques liés au détroit de Malacca. Premier importateur mondial de pétrole, elle dépend largement du transport maritime pour ses approvisionnements qui transitent par ce passage.

Cette vulnérabilité a incité la Chine à intensifier ses efforts de diversification de ses voies d’approvisionnement, notamment par la construction d’oléoducs et de gazoducs depuis l’Asie centrale et la Russie ainsi que par des investissements dans des itinéraires alternatifs dans le cadre de son initiative «la Ceinture et la Route» (Belt and Road Initiative lancée en 2013) y compris via le Myanmar.

Cependant, les voies maritimes demeurent essentielles à l’économie chinoise, ce qui la rend extrêmement sensible à toute perturbation dans le détroit de Malacca.

Les dirigeants chinois considèrent depuis longtemps ce détroit comme une vulnérabilité stratégique en cas de conflit, un problème communément appelé «dilemme de Malacca», une expression popularisée sous la présidence de Hu Jintao au début des années 2000.

La situation est encore compliquée par les revendications territoriales contestées en mer de Chine méridionale voisine et par la compétition stratégique entre Pékin et Washington pour l’influence maritime dans la région.

Ces voies navigables d’Asie du Sud-Est sont utilisées pour des transbordements de pétrole entre navires par la «flotte parallèle» iranienne qui transporte clandestinement du pétrole pour contourner les sanctions. Une grande partie de ce pétrole est ensuite acheminée vers les marchés asiatiques, notamment la Chine.

Le chef d’état-major des armées des États-Unis Dan Caine a déclaré ce mois-ci que les forces américaines «poursuivraient avec vigueur» les navires tentant d’apporter un soutien matériel à l’Iran, y compris ceux transportant du pétrole iranien.

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‘‘Résonance croisée’’ | Salma Mbarek murmure ce que l’on ne dit pas

06. Mai 2026 um 08:26

Avec son exposition intitulée ‘‘Résonance croisée’’, qui se tient depuis le 23 avril 2026 à l’espace Hedi Turki (50 Avenue Charles Nicole, Cité Mahrajène, Ariana), Salma Mbarek invite le spectateur à entrer dans un espace subtil, où émotions, tensions et silences prennent forme. Une exposition à ressentir autant qu’à regarder.

Manel Albouchi

En Tunisie, presque toute rencontre commence de la même manière : «Ça va ?». «Oui, ça va. Et toi ?». «Ça va.» Un échange fluide, presque automatique, un rituel social qui maintient le lien et évite le malaise. Mais ce «ça va» ne décrit pas un état. Il régule une relation. Et derrière cette simplicité apparente, quelque chose reste souvent en suspens.

C’est précisément dans cet espace – entre ce qui se dit et ce qui se retient – que s’inscrit «Résonance croisée», la dernière exposition de Salma Mbarek. L’artiste y développe une recherche autour de la résonance : ce qui circule entre les êtres, ce qui persiste au-delà des formes visibles, ce qui se transmet sans toujours se dire. Son travail ne cherche pas à démontrer, mais à laisser une empreinte «comme un parfum dont le sillage demeure», selon ses propres mots.

Les œuvres vibrent d’une tension douce. Le corps apparaît calme, presque trop. Lisse, contenu, maîtrisé : il ne déborde pas, il ne s’effondre pas non plus. Il collabore, il s’adapte. Un corps contemporain. Un corps qui a appris à contenir non pas seulement pour s’ajuster, mais pour rester acceptable.

Le corps ambigu

Dans une société où l’équilibre est fragile, où les rôles sont multiples et les attentes implicites mais puissantes, le corps devient un lieu de régulation. Il tient. Mais tenir a un coût. Ce qui se joue ici n’est pas seulement esthétique : c’est le coût psychique de l’adaptation.

Alors, que devient ce qui ne trouve plus de place ? Le désir, lui, ne disparaît pas. Il est déplacé. Il apparaît ailleurs, sous forme de sphère, de souffle, de ballon suspendu. Externalisé pour ne pas compromettre l’équilibre du lien. Dans certaines œuvres, une corde relie le corps à cet élément fragile. Le geste reste ambigu : tenir… ou être retenu.

Une couleur traverse l’ensemble : le bleu. Un bleu dense, enveloppant, qui n’apaise pas tout à fait. Un bleu qui retient. Comme un climat intérieur partagé fait de contrôle, de retenue, et d’une fatigue qui ne dit pas son nom.

Le visage, dans sa transformation, prolonge cette tension. Entre expression et ajustement, il se modifie, s’étire, se discipline. Il ne s’agit pas d’un masque au sens théâtral, mais d’une adaptation plus fine : celle d’un visage qui apprend à tenir dans le lien, à devenir fonctionnel.

Une cartographie intérieure

Dans de nombreux contextes – familiaux, sociaux, professionnels – cette adaptation est valorisée. Mais elle a un prix : celui d’un écart croissant entre ce que l’on montre et ce que l’on vit. Ce qui semble stable est parfois simplement contenu. Ce qui paraît maîtrisé peut être profondément retenu.

Au fond de l’exposition, un mur capte l’attention : un assemblage de fragments, un patchwork d’images qui ne s’unifient jamais complètement. Ce «mur de résonance» agit comme une cartographie intérieure. Chaque fragment porte un affect, une pluralité d’états, une tentative de maintenir ensemble ce qui, au fond, ne l’est plus tout à fait.

Avec ‘‘Résonance croisée’’, Salma Mbarek propose une expérience plus qu’un discours : une traversée silencieuse de ce que beaucoup vivent sans nécessairement le formuler.

Dans les espaces thérapeutiques, cette même dynamique apparaît avec insistance : des sujets engagés, responsables, capables de tenir mais traversés par une fatigue diffuse. Ils ne parlent pas d’effondrement. Ils parlent d’un décalage. Un décalage entre ce qu’ils donnent et ce qu’ils reçoivent, entre ce qu’ils montrent et ce qu’ils vivent. Et souvent, tout cela tient en deux petits mots : «Ça va.»

Résonance croisée agit lentement. Elle ne cherche pas à convaincre. Elle installe une sensation persistante, qui accompagne le visiteur au-delà de l’espace d’exposition. On entre pour regarder. On reste pour ressentir.

Et en sortant, une question demeure – discrète mais tenace – : à force de tenir, que laissons-nous en suspens ?

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