La Cité des sciences à Tunis (CST) organise en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Association la recherche en action (React), l’Association de l’environnement et du développement à Soliman (AEDS), la Journée mondiale des femmes et des filles de science consacrée à la valorisation du rôle des femmes dans la science, l’innovation et le développement durable.
Cette journée scientifique et citoyenne, prévue le 6 février 2026, de 14h à 17h, s’inscrit pleinement dans les orientations et priorités des Nations Unies pour l’année 2026, et vise à :
Promouvoir et encourager l’engagement des Femmes et des Filles dans les sciences,
Mettre en lumière leur contribution essentielle à la durabilité environnementale et sociale.
L’agriculture durable et le bénévolat agricole, deux leviers stratégiques pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire, au changement climatique et au développement des territoires.
Le programme de la journée s’articulera autour de deux panels de discussion :
Agriculture durable : ce panel réunira des femmes scientifiques, expertes et actrices du secteur agricole, qui partageront leurs expériences, recherches et initiatives innovantes en faveur d’une agriculture respectueuse de l’environnement et socialement inclusive.
Bénévolat agricole : ce second panel accueillera des femmes représentantes des associations et organisations engagées dans le bénévolat agricole, mettant en avant le rôle du volontariat féminin dans le soutien aux communautés rurales, la préservation des ressources naturelles et la transmission des savoirs.
À travers cette manifestation, la Cité des Sciences à Tunis réaffirme son engagement en faveur de la promotion de la culture scientifique, de l’autonomisation des femmes et de l’alignement de ses actions avec les Objectifs de Développement Durable (ODD). Cette journée se veut un espace d’échange, de réflexion et d’inspiration, ouvert aux chercheurs, aux étudiants, aux acteurs associatifs ainsi qu’au grand public, afin de renforcer le dialogue entre science, société et engagement citoyen.
Les unités de la sûreté nationale à Hammamet ont arrêté six individus, dont le membre principal du réseau et sa mère et ont saisi, lors de cette opération, une importante somme d’argent.
Une enquête a été ouverte et a permis une surveillance étroite et des investigations approfondies, ciblant plusieurs individus suspectés de s’adonner au trafic de drogue à Hammamet, indique une source sécuritaire citée par IFM, en ajoutant que cela a permis dans un premier temps de mettre la main sur un premier suspect.
Suite à cet interrogatoire et après coordination avec le Parquet près le tribunal de première instance de Grombalia, une descente a été organisée à Kélibia, ville d’origine du principal suspect, où la police a découvert une somme d’argent liquide estimée à environ 90 000 dinars, ainsi qu’une quantité importante de substances stupéfiantes prête à la revente.
La même source affirme que la police a procédé à l’interpellation de la mère du principal dealer, soupçonnée d’être activement impliquée dans les activités criminelles de son fils !
Quatre autres membres présumés de ce même réseau ont également été arrêtés et le Parquet de Grombalia a ordonné le placement en détention à vue de l’ensemble des six suspects.
Dans un communiqué publié ce jeudi 5 février 2026, le Front du Salut national (FSN) a vivement dénoncé les jugements rendus, mardi, en appel dans l’affaire de « Complot contre la sûreté de l’État 2 ».
« Ces condamnations sont le symbole d’une justice instrumentalisée au profit du pouvoir en place », lit-on dans le communiqué du FSN qui estime que les conditions de ces procès contreviennent aux engagements constitutionnels de la Tunisie ainsi qu’à l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Par ailleurs, le FSN pointe du doigt plusieurs irrégularités majeures, citant notamment « le recours systématique aux procès à distance, les restrictions imposées aux droits de la défense, entravant le travail des avocats ainsi que l’absence de preuves tangibles et le non-respect de la présomption d’innocence.».
Face à ce qu’il décrit comme une politique systématique de harcèlement des activistes et des opposants, le Front regroupant les partis de l’opposition, a exigé la libération immédiate de tous les détenus concernés par cette affaire et l’arrêt définitif des poursuites judiciaires à caractère politique.
Un mandat de dépôt a été émis à l’encontre de l’ancien député de la coalition radicale Al Karama et avocat de son état, Seifeddine Makhlouf.
Le doyen des juges d’instruction près le Tribunal de première instance de Tunis a également accepté de reporter l’audition de Seifeddine Makhlouf à mars prochain, affirme Mosaïque FM, ce jeudi 5 février 2026, en citant une source proche du dossier.
On notera que Makhlouf a été présenté devant le magistrat dans le cadre de sa condamnation par contumace dans une affaire de falsification de documents pour quitter le territoire tunisien, ajoute la même source.
Pour rappel Seifeddine Makhlouf a été extradé d’Algérie et a été placé en détention sur ordre du procureur du tribunal de Tunis, et ce, en application de peines récemment prononcées à son encontre en première instance et en appel.
La médiathèque de l’Institut français de Tunisie invite à une rencontre-débat avec Taoufik Jebali à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage لست المسرحي المناسب – (Je ne suis pas l’homme de théâtre qui convient) chez Sud Éditions.
La rencontre, modérée par la comédienne Nadia Boussetta, et sera suivie d’une séance de vente-dédicace avec la complicité de la librairie Al Kitab, annonce l’IFT.
Cet ouvrage propose une réflexion rétrospective sur le parcours riche, original, exemplaire et parfois déroutant de l’auteur de la célèbre série « Klem Ellil », qui continue de faire rire tout en stimulant, surtout, l’intelligence et l’esprit critique de ses contemporains.
Taoufik Jebali, dramaturge, metteur en scène et comédien tunisien. Il est également le fondateur et directeur de l’espace El Teatro à Tunis, lieu emblématique de la création théâtrale indépendante.
L’entrée est libre dans la limite des places disponibles
Le magistrat révoqué Hichem Khaled a été arrêté, ce jeudi 5 février 2026, selon un post publié cet après-midi par l’avocat Samir Ben Amor.
Dans sa publication, l’avocat Samir Ben Amor n’a pas apporté plus de précisions sur les raisons et les circonstances de cette arrestation.
Notons que Hichem Khaled fait partie des 57 juges révoqués en juin 2022 par décret présidentiel, sur décision du président de la République Kaïs Saïed.
L’institut national de la météorologie (INM) a annoncé, via un bulletin météo, les prévisions pour la nuit de ce jeudi 5 février 2023.
Les pluies sont attendues, principalement sur le nord-ouest alors que dans les autres régions, le ciel sera dégagé à partiellement voilé avec quelques nuages passagers.
L’INM indique également que le vent soufflera avec une intensité forte à relativement forte le long des côtes, sur les hauteurs, mais aussi dans le Sud, où des tourbillons de sable et de poussière sont prévus, limitant ainsi considérablement la visibilité horizontale.
Le mercure affichera des températures nocturnes variant entre 11 et 14°C au nord et sur les hauteurs alors que dans le reste du pays, l’INM prévoit plus de douceur avec des minimales comprises entre 15 et 20°C.
Alors que l’éducation numérique continue de se développer en Afrique et au Moyen-Orient, Skirora, une plateforme d’apprentissage en ligne lancée par le Tunisien Yacine Aridhi en 2025, permet aux enseignants de monétiser leurs contenus pédagogiques numériques. Elle propose des outils structurés pour un apprentissage en ligne axé sur les résultats.
Skirora vise à offrir une éducation adaptée aux besoins régionaux tout en proposant aux formateurs un modèle de revenus basé sur les commissions. «Nous rendons l’éducation accessible, flexible et axée sur les compétences : les étudiants peuvent apprendre à leur rythme, les formateurs peuvent monétiser leur expertise et les entreprises peuvent accéder à des talents qualifiés grâce à une plateforme moderne et performante», explique la startup.
Skirora, développée par Tuniform, propose des cours de mathématiques, de programmation, de commerce, de langues, de design et de développement personnel.
Contrairement à certaines plateformes internationales qui ne tiennent pas compte des réalités locales, Skirora offre une suite complète d’outils aux enseignants et formateurs. Ces derniers peuvent créer des cours structurés, gérer les inscriptions et proposer des expériences d’apprentissage claires et pertinentes.
La plateforme privilégie les résultats d’apprentissage aux contenus courts, viraux ou non structurés, répondant ainsi à la demande croissante de formations en ligne offrant des résultats mesurables, tels que la validation des cours et l’acquisition de compétences pratiques.
Actuellement en développement, Skirora se concentre en priorité sur la fiabilité de l’expérience d’apprentissage et l’implication des formateurs. La startup ambitionne de s’étendre au-delà de la Tunisie en attirant des enseignants et des apprenants d’autres marchés régionaux et internationaux.
En combinant accessibilité locale, outils pédagogiques performants et un modèle économique axé sur la réussite des enseignants, Skirora s’impose comme un nouvel acteur de l’écosystème EdTech africain.
Dans une volonté affirmée de freiner les pressions inflationnistes, qui avaient atteint 7 % en 2024, la Tunisie table sur une inflation stable autour de 5,3 % en 2026, soit le même taux que celui annoncé cette semaine par l’Institut national de la statistique (INS) pour l’ensemble de l’année 2025.
Les prévisions officielles indiquent que la tendance à la baisse de l’inflation devrait se poursuivre en 2026, soutenue par un allègement des pressions sur les prix alimentaires.
Les autorités prévoient de s’appuyer sur le soutien à la production nationale et l’accélération de la numérisation des systèmes de suivi et des circuits de distribution afin de maîtriser l’évolution des prix.
Selon le Rapport sur l’équilibre économique 2026, le gouvernement prévoit de poursuivre en 2026 ses efforts pour maîtriser l’inflation et la maintenir à un niveau acceptable, en privilégiant la garantie d’un approvisionnement régulier en biens essentiels grâce à la constitution de stocks de réserve, un contrôle renforcé pour limiter la spéculation, la lutte contre les monopoles et une meilleure organisation des circuits de distribution.
Afin de contenir l’inflation autour de 5,3 % en 2026, le gouvernement souligne la nécessité d’intégrer les politiques économiques et sociales aux stratégies sectorielles, d’améliorer l’efficacité et d’assurer une utilisation optimale des ressources disponibles. Il insiste également sur l’importance de mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir la mise en œuvre rapide des mesures et des programmes.
Les catastrophes naturelles majeures représentent un risque économique croissant pour la Tunisie, avec un impact potentiel estimé à près de 1,9 % du produit intérieur brut (PIB). Cette alerte a été lancée par le ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, en marge du 18eForum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu à Tunis, le lundi 2 février 2026.
Latif Belhedi
Selon les données présentées, la sécheresse représente à elle seule plus de la moitié des catastrophes naturelles recensées dans le pays. Les inondations, bien que moins fréquentes, représentent près de 60 % des pertes économiques totales. Les secteurs les plus exposés demeurent l’agriculture, les infrastructures et le tourisme, piliers essentiels de l’économie tunisienne. Les populations les plus vulnérables sont aussi les plus durement touchées, ce qui accentue les risques sociaux liés aux chocs climatiques.
Absorber les chocs économiques
Face à cette exposition croissante, les autorités tunisiennes ont fait de la gestion des catastrophes et du changement climatique une priorité nationale. La stratégie repose sur le renforcement de la prévention, l’adaptation des politiques publiques et le recours à des mécanismes financiers innovants capables d’absorber une partie des chocs économiques.
Les récentes intempéries qui ont frappé le pays rappellent l’urgence de consolider les mécanismes de protection existants. Dans ce contexte, le rôle stratégique de l’assurance et de la réassurance apparaît essentiel pour limiter l’impact économique et social des catastrophes, renforcer la résilience des ménages et des entreprises et soutenir la capacité de relance de l’économie nationale.
Le 18e Forum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu du 1er au 3 février 2026 à Tunis, s’inscrit pleinement dans cette réflexion. Placé sous le thème «Garantir l’avenir dans un monde en mutation : innover, prévenir et renforcer la résilience», ce forum était organisé conjointement par Tunis Re, la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance (Ftusa) et la Fédération générale arabe des assurances (Gaif).
S&P Global Ratings prévoit que la croissance des prêts bancaires tunisiens restera modérée, à environ 3 % par an en 2026, reflétant une croissance économique modeste – l’agence anticipe une croissance du PIB de 1,7 % en 2026, hors chocs externes ou internes majeurs.
Cette faible croissance, conjuguée à l’absence de progrès sur les réformes structurelles clés, entraîne un faible niveau d’investissement public et privé et limite la capacité des banques à générer des bénéfices plus importants, estime S&P, qui constate toutefois une reprise de la consommation privée.
La récente baisse des taux d’intérêt par la banque centrale devrait alléger le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, même si une inflation relativement élevée et des critères d’octroi de crédit peu rigoureux continuent de peser sur ce coût.
Malgré un contexte de liquidités extérieures difficile, la Tunisie a assuré le service de sa dette commerciale extérieure entre 2024 et 2025. Ce service a été rendu possible grâce à des emprunts directs auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et à une augmentation des transferts de fonds, contribuant ainsi à stabiliser ses réserves de change.
Dépendance excessive à l’égard de la BCT
Les échéances à court terme sont modestes, s’élevant à 816,7 millions de dollars pour 2026 et à moins de 350 millions de dollars pour 2027, ce qui atténuera la pression budgétaire.
Cependant, une dépendance excessive à l’égard de la BCT pourrait nuire à la crédibilité de la monnaie et alimenter l’inflation.
La Tunisie a également utilisé la majeure partie de ses réserves disponibles, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations de l’environnement international, telles qu’une forte hausse des prix du pétrole ou un ralentissement marqué de l’économie européenne.
Par conséquent, S&P prévoit que les banques continueront d’être confrontées à des risques élevés liés à l’instabilité macroéconomique et à une faible qualité des actifs en raison du niveau élevé de créances douteuses.
S&P prévoit, par ailleurs, que le niveau élevé de créances douteuses (NPL) représentera près de 16 % du portefeuille de prêts total au cours des 12 à 24 prochains mois, et que le coût du risque restera élevé, à environ 150 points de base.
Les retards importants pris dans les réformes réglementaires ont entravé la capacité des banques à radier les prêts anciens, estime l’agence.
Les banques ont constitué des provisions ces dernières années sous la supervision de la BCT, mais le ratio de provisionnement pour pertes sur prêts (NPL) demeure modeste, à 55 % à la mi-2025. Cette couverture limitée restreint la capitalisation des banques.
Une rentabilité limitée freine la capitalisation
S&P prévoit une baisse négligeable de la rentabilité en 2026, suite à la récente diminution du taux directeur. Par ailleurs, l’importance des réseaux d’agences et la rigidité des structures de coûts continueront d’absorber plus de 40 % des revenus des banques, limitant ainsi leurs bénéfices.
Les banques tunisiennes accusent également un retard par rapport à leurs homologues des marchés émergents en matière de digitalisation de leurs offres, ce qui restreint davantage leurs résultats. S&P prévoit un rendement des actifs de 1 % et un rendement des capitaux propres de 11 % en 2026.
La rentabilité limitée entravera la capacité des banques à améliorer sensiblement leur capitalisation.
Les ratios de solvabilité et de fonds propres de catégorie 1 du système bancaire se sont améliorés en 2024, atteignant respectivement 14,5 % et 11,9 % à la fin de l’année, contre 14,2 % et 11,3 % à la fin de 2023. Cependant, S&P considère la capitalisation globale comme faible compte tenu des risques importants qui pèsent sur l’environnement opérationnel des banques.
De plus, plusieurs petites banques fonctionnent en deçà des exigences minimales d’adéquation des fonds propres.
Bien que l’agence n’anticipe pas de risque majeur pour la stabilité financière, cela souligne la difficulté pour l’autorité de régulation bancaire de mettre en œuvre la réglementation, malgré les réformes récentes.
Hausse de l’exposition souveraine des banques
L’exposition souveraine des banques tunisiennes demeure nettement inférieure à celle des marchés émergents comparables, notamment l’Égypte.
Toutefois, l’exposition directe des banques aux obligations souveraines et aux programmes d’emprunt nationaux atteignait environ 30 milliards de dinars tunisiens (TND) en juin 2025, soit 16,5 % du total de leurs actifs – une hausse significative par rapport aux 12,7 % enregistrés fin 2022.
Par ailleurs, S&P estime que l’exposition directe des banques au secteur public et aux entités liées à l’État (ELE) s’élevait à près de 19 milliards de TND, soit 17 % du total des prêts, au 30 juin 2025. Sans soutien de l’État, certaines de ces expositions pourraient peser sur la qualité des actifs des banques, car la situation financière de certaines ELE demeure fragile. On comprend donc que le gouvernement n’envisage pas de restructurer ni de liquider ces entités.
Les banques tunisiennes dépendent de la BCT en raison de leurs sources de financement limitées. Les dépôts de la clientèle, principale source de financement de ces banques, affichent une croissance stable et devraient augmenter d’environ 5 % en 2026. Toutefois, ces dépôts sont insuffisants pour financer intégralement les activités de prêt des banques, ce qui les oblige à recourir régulièrement à la BCT pour obtenir des financements complémentaires.
Cette dépendance s’explique par la taille réduite du marché des capitaux local et l’accès restreint aux financements extérieurs.
S&P prévoit que la dette extérieure nette, provenant principalement de sociétés offshore, d’expatriés tunisiens et de lignes de crédit d’institutions multilatérales, dépassera légèrement 15 % du total des prêts domestiques en 2026.
Le financement provenant de sociétés mères étrangères demeure limité par rapport aux marchés émergents comparables, mais les actionnaires étrangers détiennent près d’un tiers des actions du système bancaire tunisien.
La plateforme numérique GreenGate est désormais en ligne. Elle a été conçue pour centraliser l’ensemble des acteurs, des ressources et des opportunités liés à l’entrepreneuriat vert en Tunisie.
Cette annonce a été faite par son promoteur, Greenov’i, un projet financé par l’Union européenne (UE) dans le cadre du volet «entrepreneuriat vert» de son programme «Tunisie verte et durable», visant à soutenir l’action environnementale dans notre pays.
Le projet est mis en œuvre par Expertise France, l’agence française de coopération technique internationale, en collaboration avec le Centre international des technologies environnementales de Tunis (Citet), le ministère de l’Environnement et celui de l’Économie et de la Planification. La plateforme s’adresse aux entrepreneurs verts déjà engagés, aux structures d’accompagnement et aux acteurs institutionnels, ainsi qu’aux jeunes entrepreneurs porteurs d’idées et aux futurs entrepreneurs en quête d’un point d’accès privilégié pour comprendre les procédures, identifier les partenaires clés et accéder aux opportunités disponibles. Elle propose un répertoire national des acteurs de l’entrepreneuriat vert et de la transition écologique (structures d’accompagnement, organismes de financement, experts, startups, ONG, etc.), ainsi qu’une bibliothèque de ressources (guides, podcasts et rapports utiles aux acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat vert). Elle offre également un espace collaboratif permettant aux utilisateurs d’ajouter des ressources, des informations ou des contacts afin d’enrichir collectivement la base de données et les ressources disponibles.
Greenov’i est un projet de 12 millions d’euros lancé en 2023. Son objectif est d’accompagner et de soutenir la transition écologique en Tunisie sur une période de cinq ans. Il soutient également le développement d’éco-entreprises et promeut l’adoption de méthodes de production durables et équitables.
L’Institut national du patrimoine (INP) se mobilise pour protéger les vestiges archéologiques mis au jour par les récentes intempéries à Néapolis et Kerkouane (gouvernorat de Nabeul), Mahdia et Bizerte.
Les équipes scientifiques et techniques de l’INP s’emploient pour sécuriser et de documenter les structures et objets antiques ayant refait surface le long de différentes portions du littoral après les récentes tempêtes qui ont intensifié l’érosion et les glissements de terrain.
Les contrôles en cours concernent principalement plusieurs sites dans les régions du Cap Bon et du Sahel, la priorité étant donnée à la protection immédiate des objets et à la prévention des vols, ainsi qu’à Ras Angela et Sidi Mechreg à Bizerte.
Ces efforts font suite aux découvertes signalées ces dernières semaines le long des côtes du gouvernorat de Nabeul, où l’érosion a mis au jour des blocs de pierre, des éléments architecturaux et des portions de murs, probablement d’époques punique et romaine. Les archéologues concentrent leur attention sur la région de Néapolis et sur des portions de littoral comme Sidi Mahrsi, où une datation définitive nécessite des études complémentaires dans des conditions météorologiques et maritimes stabilisées.
Selon l’INP, les opérations comprennent des reconnaissances, des relevés et une documentation scientifique, avec l’appui des forces de l’ordre en raison de l’afflux de curieux et du risque de vol.
Les premières descriptions font état de murs et de structures compatibles avec des zones résidentielles ou des thermes sur la côte, ainsi que d’installations pouvant être des cuves ou des structures liées à la transformation et au salage du poisson, une activité historiquement documentée dans la région.
La surveillance ne se limite pas à Nabeul. Des équipes régionales ont également été déployées dans le gouvernorat de Mahdia, avec des inspections de sites côtiers tels que Borj Erras et la région de Salakta, où une campagne de relevés et de documentation a été lancée en vue d’une opération de sauvetage. L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle travaille également dans ce cadre, en coordination avec l’INP.
Enfin, les autorités attirent l’attention sur le risque de dégradation et de fouilles clandestines. Dans un appel, l’INP a indiqué que l’interprétation et la communication scientifique des résultats relèvent de la seule responsabilité des spécialistes autorisés, et a exhorté le public et les médias à signaler sans délai toute infraction aux autorités compétentes, notamment à la Garde nationale.
La priorité absolue demeure la sécurité des vestiges découverts. Une phase d’études comparatives et de surveillance côtière suivra afin d’empêcher que de nouvelles tempêtes n’effacent les preuves nouvellement mises au jour ou ne les rendent vulnérables au pillage.
À l’approche des élections de mi-mandat américaines de 2026, des puissances notamment technologiques déversent des sommes colossales dans l’arène politique pour influencer l’opinion publique. L’attrait de l’innovation numérique se mêle aux ambitions de reconquête du pouvoir, transformant la bataille à venir en bien plus qu’une simple course aux voix, c’est une démonstration de puissance financière sans limites.
Imed Bahri
Dans le New York Times, Theodore Schleifer, spécialiste du financement des campagnes électorales, a mis en lumière quatre forces clés qui mobilisent des sommes considérables pour influencer les résultats électoraux, devenant ainsi les acteurs les plus influents dans la détermination du scrutin.
Ces quatre forces sont l’industrie de l’intelligence artificielle, l’industrie des cryptomonnaies, les groupes de pression pro-israéliens et le Comité d’action politique (Political action committee ou PAC) associé au président Donald Trump.
Ces entités ont démontré leur volonté d’intervenir de manière agressive dans les élections primaires et générales en injectant des centaines de millions de dollars.
Intelligence artificielle : cette industrie s’est engagée activement dans l’arène politique afin d’obtenir une législation qui lui est favorable. Actuellement en pleine expansion, elle est en passe de devenir un acteur majeur des élections de mi-mandat de 2026.
Le Future Leadership Committee, un vaste réseau américain de comités d’action politique axé sur le lobbying en faveur de politiques soutenant l’industrie de l’IA, a levé 50,3 millions de dollars au second semestre 2025, principalement grâce à la famille d’un des fondateurs d’OpenAI et à la société de capital-risque Andreessen Horowitz.
Cryptomonnaies : ce secteur se prépare également à une année de dépenses importantes. Le FairChake Committee, soutenu par des acteurs majeurs du secteur, a levé 73,8 millions de dollars au second semestre 2025, principalement auprès de sociétés de capital-risque telles qu’Andreessen Horowitz, Coinbase et Ripple. FairChake a entamé l’année 2026 avec un financement de 193 millions de dollars.
Cependant, le secteur des cryptomonnaies semble moins discipliné qu’en 2024 avec l’émergence de plusieurs groupes dissidents. Cette situation s’explique en partie par le fait que certains acteurs du secteur estiment que le Comité Vershake est devenu trop proche des intérêts de ses financeurs.
Le Comité d’action politique (PAC) de Trump se distingue comme une force financière dominante, ayant levé la somme faramineuse de 300 millions de dollars, ce qui lui confère un levier considérable sur le Parti républicain et ses adversaires démocrates et républicains, selon l’article.
L’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant groupe de lobbying pro-israélien, a dépensé des sommes considérables ces dernières années lors des primaires démocrates, ciblant les candidats qu’il juge hostiles à Israël.
Aujourd’hui, alors que les divisions au sein des deux partis, notamment chez les démocrates, s’accentuent au sujet d’Israël, l’Aipac investit massivement pour renforcer son influence.
L’année dernière, le groupe a transféré 30 millions de dollars à son allié, le United Democracy Project. Ce comité a levé 61,6 millions de dollars au cours du second semestre 2025 et a entamé cette année avec près de 96 millions de dollars, ce qui le place parmi les groupes extérieurs les mieux financés du pays.
L’avantage de Trump
Trump bénéficie d’un avantage qui ne peut que faire rêver les Démocrates. Plus de 304 millions de dollars de liquidités détenus sur le compte du parti politique. Cela lui confère un avantage structurel considérable sur la gauche comme sur ses adversaires de droite.
Il s’agit du montant contrôlé par le Comité d’action politique républicain, dirigé par les conseillers de Trump, au début de cette année. Le PAC a engrangé environ 112 millions de dollars supplémentaires au second semestre 2025, grâce à d’intenses campagnes de levée de fonds et à un réseau de donateurs cherchant à promouvoir leurs intérêts commerciaux auprès de l’administration ou, dans certains cas, à obtenir une grâce présidentielle.
Points positifs pour les Démocrates
Le Parti démocrate est confronté à des difficultés financières institutionnelles, son Comité national affichant un déficit de près de 100 millions de dollars par rapport à son adversaire républicain.
Cependant, cette faiblesse majeure est compensée par le succès remarquable des candidats démocrates dans certains États. Des personnalités comme Roy Cooper, Sherrod Brown et Mark Kelly ont nettement surpassé leurs adversaires en matière de collecte de fonds.
La famille Kennedy
Appartenir à une famille américaine aussi influente et prestigieuse présente des avantages.
Jack Schlossberg, petit-fils du président John F. Kennedy, a levé plus de 1,1 million de dollars au cours de ses sept premières semaines de campagne en tant que candidat démocrate à un siège à la Chambre des représentants dans l’État de New York.
Parmi les donateurs figuraient des personnalités telles que Lauren Michaels, Antony Blinken, Paul Simon, Richard Plepler et Bette Midler. Sa mère Caroline Kennedy qui a cherché au début à le dissuader d’entrer en politique pour le protéger a également contribué à sa campagne.
Là où la plupart des discours cherchent à rassurer, Taoufik Jebali expose l’auditeur à une instabilité féconde : condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes.
Manel Albouchi
Il existe des paroles qui ne cherchent pas à convaincre mais à déplacer. Des paroles qui n’expliquent pas mais ouvrent. Des paroles qui ne remplissent pas l’espace sonore, mais déposent une présence, créant un léger déséquilibre à partir duquel quelque chose commence à se voir autrement. C’est là que commence la liberté d’expression non comme permission accordée, mais comme capacité à soutenir ce qui dérange sans se réfugier dans le consensus.
Lorsque Taoufik Jebali parle, on ne reçoit pas seulement un discours, mais un espace à habiter. Dans le podcast Rachma, intitulé «Organique, indépendant ou détaché ?» (عضوي، مستقل أم منفصل؟), il pose trois questions simples et radicales : sommes-nous enracinés dans le monde, organiques ? Avançons-nous sur notre chemin, indépendants ? Ou choisissons-nous la distance, observateurs détachés des vertiges collectifs ?
Ces questions ne proposent pas un choix de posture, mais une mise à nu. Elles interrogent l’axe à partir duquel un sujet se tient dans le monde : fuit-il, se protège-t-il, ou consent-il à être traversé par ce qui le dépasse ? Là où la plupart des discours cherchent à rassurer, Jebali expose l’auditeur à une instabilité féconde : condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes, à la manière de Foucault.
Ces questions réactivent le jugement au sens d’Hannah Arendt, invitant à penser plutôt qu’à s’agiter, à transformer le savoir en expérience plutôt qu’en éloges ou procès. Elles éclairent autant l’artiste que le spectateur, autant celui qui crée que celui qui vit.
La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas le droit de dire n’importe quoi, mais la responsabilité de penser ce que l’on dit.
El Teatro, un espace singulier
Né en 1944 à Ksar Helal, Jebali n’a jamais été un artiste «classique». Dramaturge, metteur en scène, comédien, fondateur d’El Teatro, il a façonné un espace singulier dans le paysage culturel tunisien et arabe.
Si l’on prend le mot «Saint» dans son sens premier : séparé, retiré de l’usage ordinaire, alors El Teatro apparaît comme un lieu saint et vivant : creuset d’intelligence et d’audace, laboratoire d’expérimentation, de confrontation esthétique et de formation humaine.
La signature de Jebali réside dans une fusion intime entre l’homme et l’œuvre. Le théâtre n’est pas pour lui un métier, mais un espace de transformation : le réel social y est travaillé, dissous, puis restitué sous forme symbolique. L’art y devient rituel, la scène un autel, et Jebali incarne tour à tour le Sage marginal ou le Prophète laïque : celui qui se tient à l’écart pour mieux voir, portant en lui une blessure d’exil intérieur.
Chez lui, le moi social s’efface devant le ‘je’ créateur. Loin d’être pathologique, cette organisation narcissique créative transforme l’œuvre en peau symbolique : un double réparateur qui contient l’angoisse et donne forme à l’indicible. Sa méfiance envers les institutions traduit une relation ambivalente à l’autorité, oscillant entre colère contre la norme morte et nécessité d’un cadre suffisant pour que la création puisse se déployer.
Un ‘nous’ qui n’abolit pas le ‘je’
Aucun lieu ne tient seul dans la durée sans une intelligence du lien, sans présence capable d’en porter la continuité invisible. El Teatro n’a jamais été le territoire d’un seul homme. La présence de Zeineb Farhat, la campagne de Taoufik Jebali et son égérie, paix à son âme, y a joué un rôle central.
Là où Jebali incarnait la fracture, le questionnement et la tension créatrice, Zeineb Farhat assurait la contenance, au sens psychanalytique du terme. Elle n’était pas l’ombre de l’artiste, mais le cadre vivant qui permettait à l’intuition de se déployer sans se dissoudre.
Dans une lecture jungienne, elle occupait une fonction d’Anima institutionnelle : non pas muse idéalisée, mais instance de médiation entre l’exigence intérieure et le monde réel, garantissant la durée, la circulation et l’accueil… tout ce sans quoi une création radicale se condamne à l’isolement ou à l’épuisement.
Sans cette fonction de contenance, l’axe se brise. La vision s’épuise. L’intuition devient errance.
Au cœur d’El Teatro, deux esprits intégrés ont créé un ‘nous’. Un ‘nous’ où se conjuguent tension créatrice et contenance, donnant naissance à un champ. Un ‘nous’ non fusionnel, non idéologique, symbolique, capable de contenir la différence sans l’écraser.
Ce ‘nous’ n’abolit pas le ‘je’ : il le rend possible. Il constitue l’axe gravitationnel invisible permettant aux singularités de coexister sans se dissoudre, offrant à chacun la possibilité d’être pleinement présent tout en appartenant à un collectif vivant. On y entrait pour être déplacé, mais jamais abandonné.
Organique, indépendant, détaché
Être organique signifie que l’art naît de la chair du monde : fractures, peurs, injustices, élans et espoirs. Il ne peut être décor : il est scène vivante.
Être indépendant n’est pas se couper du réel, mais refuser qu’il impose ses normes. Jebali construit son théâtre comme un territoire intérieur, où la loi n’est pas subie mais choisie.
Être détaché ne veut pas dire retrait : c’est se placer à distance pour clarifier, ouvrir, pour que la conscience du spectateur devienne active.
Dans cette perspective, El Teatro devient un antidote à la pensée formatée. Là où Bion décrit les systèmes saturant l’espace psychique de réponses toutes faites, Jebali offre un lieu de réappropriation du vrai self (Winnicott) : singularité révélée, faux self dissous, conscience active.
La transmission, chez Jebali, échappe aux protocoles académiques et aux cadres fixes. Elle surgit dans les interstices, dans la rencontre, et marque durablement.
Il y a quinze ans, alors que j’étais étudiante en psychologie, j’ai reçu de lui ma première leçon de pleine conscience, sans nom, mais par la présence : ancrage corporel, attention aux émotions et à la pensée, travail de l’incertitude et de l’angoisse. Plus qu’un enseignement, une expérience incarnée.
Cette expérience n’était pas singulière : elle dit quelque chose de la transmission chez Jebali, toujours indirecte, toujours incarnée, jamais théorisée avant d’être vécue.
Le théâtre laboratoire de l’âme
Aujourd’hui, le paysage tunisien regorge de workshops et de formations théâtrales. Mais derrière cette effervescence, le risque demeure : transformer la scène en produit émotionnel ou activité rapide, plutôt que d’un laboratoire vivant d’alignement conscient.
Le théâtre n’est pas divertissement ni exutoire. Il est expérience vivante, rencontre, cheminement, transformation de la conscience. La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas un cri, mais un alignement : être suffisamment présent à soi pour ne pas parler à la place de ses peurs, de ses dépendances ou de ses évitements. À travers Taoufik Jebali et El Teatro, chaque lumière sur la scène ne révèle pas l’artiste, mais la conscience, le jugement et la liberté intérieure de celui qui crée et de celui qui observe.
A la suite des glissements de terrain survenus suite aux récentes pluies diluviennes dans la colline sur laquelle est bâti le village de Sidi Bou Saïd, un joyau d’architecture arabo-andalouse et un site touristique populaire au nord de Tunis, l’auteur, expert en matière de préservation de l’environnement, préconise dans cet article des «solutions écologiques douces» qui garantissent la stabilité durable du site et la préservation de son paysage naturel.
Abdessalem Kallala *
Au regard de mon expérience dans le domaine de la conservation des eaux et du sol, les interventions envisagées sur le site de Sidi Bou Saïd doivent impérativement reposer sur des solutions écologiques douces, visant à garantir la stabilité durable du site et la préservation de son paysage naturel.
Ces interventions s’articulent notamment autour des actions suivantes :
– rééquilibrage des talus abrupts (versants) afin d’obtenir des profils géométriquement et mécaniquement stables ;
– captage, canalisation et gestion maîtrisée des eaux de ruissellement, en particulier au niveau des talus supérieurs, afin de limiter l’érosion hydrique ;
– abolition des fosses septiques, pour prévenir toute infiltration d’eaux usées et éviter la dégradation des sols ;
– substitution progressive des arbres à enracinement superficiel et à charge élevée (notamment l’eucalyptus) par des arbustes à racines profondes (ex. acacia), associés à une couverture herbacée adaptée, favorisant la cohésion du sol ;
– stabilisation des ravins par la mise en place de seuils biologiques (agave), renforcés en aval des versants par des seuils ou murs de soutènement en gabions, judicieusement dimensionnés et positionnés ;
– renforcement local des zones instables par l’enfoncement dans le sol de piquets ronds en bois disposés verticalement (technique respectueuse du milieu et efficace à court et moyen terme) ;
– respect strict des courbes de niveau pour l’ensemble des aménagements projetés, afin de limiter les écoulements concentrés ;
– réduction de la circulation des véhicules sur la colline, dans le but de diminuer les phénomènes d’affaissement, de tassement et de dégradation des sols.
L’ensemble de ces mesures permet une approche intégrée, combinant les dimensions écologique, hydrologique et paysagère, tout en tenant compte des enjeux sociaux, économiques et touristiques spécifiques au site de Sidi Bou Saïd.
Fondé en 1920, le Parti communiste français (PCF) se présentait comme la force radicale capable de porter la révolution et de combattre l’impérialisme. Mais lorsque le parti se tourne vers le Maghreb français, son idéal se heurte à la réalité du terrain et à la complexité des sociétés locales. L’historien Chokri Ben Fradj retrace dans son dernier ouvrage, ‘‘Le Parti communiste français face à la question coloniale : le cas du Maghreb – Militantisme politique et errance idéologique entre deux rives 1920-1939’’, les espoirs, les erreurs et les limites d’un engagement qui restera marqué par un rendez-vous manqué avec les nationalistes maghrébins.
Djamal Guettala
Dès ses débuts, le PCF se définit par un radicalisme affirmé. Inspiré par la Révolution russe et l’Internationale communiste, il prône la révolution prolétarienne et rejette le patriotisme comme incompatible avec la solidarité internationale. La démocratie parlementaire bourgeoise est critiquée, jugée illusoire et oppressive.
Dans cette logique, le Maghreb devient un «laboratoire» où la révolution pourrait s’ancrer avant même la métropole. Le PCF cherche à organiser les masses coloniales, soutenir la lutte anticoloniale et s’imposer comme leader sur le terrain. Pour ce faire, il s’appuie sur des militants européens et maghrébins partageant un même idéal révolutionnaire.
Incohérences et limites
Mais la réalité est vite plus complexe. Répression, manque de moyens et méconnaissance des sociétés locales freinent l’action du parti. Les nationalistes maghrébins, bien qu’ayant des affinités idéologiques, déplorent l’absence d’un dialogue stratégique et d’une alliance durable. Chokri Ben Fradj parle d’«errance idéologique» : le parti peine à adapter ses principes universels aux réalités locales.
L’histoire du PCF au Maghreb illustre la difficulté de concilier audace et efficacité. Les militants européens ont souvent considéré les populations locales comme une masse à encadrer, tandis que les nationalistes revendiquaient d’être entendus dans leurs priorités. Les malentendus se multiplient, limitant l’impact des initiatives communistes malgré l’énergie et l’enthousiasme des militants.
L’arrivée du Front populaire en 1934 change les priorités. La lutte antifasciste devient centrale, reléguant l’anticolonialisme au second plan. La proposition Blum-Viollette, qui offre la citoyenneté à quelques milliers d’Algériens, illustre ces tensions : le PCF critique certaines mesures réformistes mais collabore ponctuellement avec radicaux et socialistes.
À cela s’ajoutent des contraintes externes : répression coloniale, faiblesse des moyens humains et matériels. Ces facteurs, combinés aux divisions internes et à la méconnaissance des cultures locales, compromettent la capacité du PCF à créer une véritable alliance avec les nationalistes maghrébins.
Leçons d’un rendez-vous manqué
Pour Chokri Ben Fradj, l’histoire du PCF au Maghreb est celle d’un rendez-vous manqué. Les ambitions et le dévouement des militants se heurtent aux malentendus, rivalités et priorités divergentes. Les nationalistes maghrébins n’ont pas rejeté totalement le parti, mais l’absence d’un dialogue authentique et d’une stratégie commune a empêché la réussite des objectifs communs.
L’ouvrage dépasse l’analyse historique. Il montre que même des idéologies radicales peuvent se heurter à des réalités sociales et culturelles complexes. La leçon est claire : un engagement politique durable exige audace, stratégie et compréhension mutuelle.
Publié aux Éditions L’Harmattan le 4 septembre 2025 dans la collection Histoire et Perspectives Méditerranéennes, l’ouvrage s’adresse aux historiens, étudiants et lecteurs curieux de la mémoire coloniale et des dynamiques révolutionnaires en Méditerranée.
Chokri Ben Fradj est historien et ancien enseignant-chercheur à l’université de Tunis. Titulaire d’un doctorat en histoire contemporaine du XXe siècle consacré à l’itinéraire de l’immigration maghrébine en France avant la Seconde Guerre mondiale, il est également l’auteur d’études sur la laïcité en milieu colonial et l’histoire de l’olivier et de l’oléiculture en Tunisie.
Avec ce livre, il propose une plongée passionnante dans les ambitions et limites du PCF au Maghreb, rappelant que l’histoire aurait pu prendre un autre cours si l’écoute et la compréhension mutuelle avaient prévalu.
L’Association Rahma pour la protection des animaux a annoncé, dans la soirée de ce mercredi 4 février 2026, l’arrestation de tous les individus qui ont torturé un chiot avant de l’égorger…
La même source a remercié l’avocat engagé dans la cause animale Elyes Jilani, la garde nationale d’une ville du gouvernorat de Monastir qui a mené l’enquête et qui est parvenue à arrêter tous les suspects et le Parquet qui a ordonné la mise en détention de ces derniers.
L’affaire a éclaté après la diffusion sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant des jeunes torturer un chiot, tout en filmant leur acte odieux. Leur victime a ensuite été égorgée, sous les rires barbares du groupe !
Cette affaire a suscité douleur et indignation et des appels à une peine exemplaire ont été lancés par la société civile.
L’Ambassadeur de Tunisie à Paris, M. Dhia Khaled, s’est entretenu, le 4 février 2026, avec M. Alexandre Portier, président du Groupe d’amitié France-Tunisie de l’Assemblée nationale, accompagné de membres du groupe.
Les discussions ont porté sur la coopération tuniso-française et les échanges entre les institutions parlementaires des deux pays.
L’accent a été mis sur l’intégration positive des tunisiens résidant en France et leur contribution significative au renforcement du partenariat multidimensionnel entre les deux pays.