Un Conseil des ministres restreint s’est réuni ce jeudi 8 octobre 2026 pour faire le point sur les chantiers stratégiques du pays. Stade d’El Menzah, aéroport de Tunis-Carthage, colline de Sidi Bou Saïd : le gouvernement tranche et fixe ses priorités.
Tenu sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le Comité des Grands Projets a passé en revue l’avancement de plusieurs chantiers d’envergure nationale touchant à l’énergie, la santé, les transports, le sport et les infrastructures.
À cette occasion, la cheffe du gouvernement a rappelé que la concrétisation rapide de ces investissements publics constitue une priorité absolue, conformément aux directives du président de la République, Kaïs Saïed, lit-on dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence du gouvernement. L’objectif affiché : dynamiser l’économie, attirer les investissements, réduire les disparités régionales et améliorer directement la qualité de vie des citoyens.
C’est ainsi qu’au terme de l’examen des différents dossiers, le Comité a validé plusieurs arbitrages décisifs – quatre au total – pour débloquer ou accélérer les travaux.
Il s’agit du Stade olympique d’El Menzah. Il a été souligné que la reconstruction et la modernisation de cette enceinte mythique ont été attribuées à une entreprise chinoise afin de relancer le chantier dans les plus brefs délais. D’ailleurs, leconomistemaghrebin.com avait écrit un article dans ce sens.
Le second projet concerne la Colline de Sidi Bou Saïd dont les travaux de protection contre les glissements de terrain ont été actés pour sécuriser d’urgence ce site historique et touristique majeur.
Vient ensuite l’Aéroport Tunis-Carthage et le Port d’Enfidha. Le comité des grands projets a affirmé que les plans d’extension de l’aéroport international de la capitale ainsi que le développement du port en eaux profondes et de sa zone logistique à Enfidha franchissent de nouvelles étapes.
Enfin, les secteurs de l’énergie et de la santé ont constitué l’autre moment fort de la réunion. En effet, le comité s’est penché notamment sur l’extension de la centrale électrique de Borj El M’Allal et la rénovation de l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khelifa, dans le gouvernorat de Sfax.
Tolérance zéro sur les retards
Face aux blocages administratifs et techniques qui ralentissent parfois les chantiers publics, Sarra Zaafrani Zenzri a appelé l’ensemble des ministères, structures publiques et autres autorités régionales à adopter une approche proactive. A cet égard la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’intensifier le suivi sur le terrain et de renforcer la coordination entre les échelons centraux et locaux, et ce en vue de garantir le respect strict des délais de livraison et des standards de qualité exigés.
À neuf jours d’une mobilisation nationale annoncée à Tunis, syndicats, organisations de la société civile, mouvements sociaux régionaux et désormais huit partis politiques tentent de fédérer des revendications jusque-là dispersées.
Emploi, pouvoir d’achat, libertés publiques et détenus politiques devraient se…
Ahmed Néjib Chebbi a suspendu mercredi 7 octobre2026sa grève de la faim.Selon son fils Louay, l’administration pénitentiaire, qui dit prendre ses revendications au sérieux, s’est engagée à garantir aux détenus l’accès à une source d’information fiable. Après concertation avec sa famille,l’activiste politique a décidé d’une suspension temporaire, «en signe de bonne foi», en attendant de vérifier que ces engagements soient tenus.Face à la gravité de la situation, plus de cent cinquante personnalités de France, d’Europe, du Maghreb, du monde arabe, d’Afrique subsaharienne et du Canada ont signéla pétitionreproduite ci-dessousréclamant sa libération, celle de tous les détenu.e.s politiques et d’opinion, et le rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
À 82 ans, Ahmed Néjib Chebbi entame un de ses ultimes combats, mettant une fois encore sa vie en péril.
Voilà bientôt soixante ans que cet homme symbolise la résistance contre l’oppression.
Du temps de Bourguiba, il faisait partie des étudiants révoltés de mars 1968 emprisonnés pour «complot contre la sûreté de l’État». Le complot, hier comme aujourd’hui, c’est la traduction de la revendication démocratique en langage despotique.
Du temps de Ben Ali, il sera l’une des principales figures de la grande grève de la faim du 18 octobre 2005 pour les libertés, aux côtés de l’avocat Ayachi Hammami, son compagnon d’infortune aujourd’hui, et d’autres militants, de diverses sensibilités politiques.
Cible de la vindicte du régime issu du coup de force du 25 juillet 2021, le voilà de nouveau en prison, comme tant d’autres, pour les mêmes raisons : le rêve et le combat pacifique pour les libertés. Et le voilà de nouveau en grève de la faim pour la liberté.
Le nom d’Ahmed Néjib Chebbi, doyen des démocrates de ce pays, est devenu l’emblème de la longue résistance contre tous les autoritarismes depuis l’indépendance. Le recours à la grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention est un épisode de plus de cette résistance.
Dans la Tunisie d’aujourd’hui, tout se passe comme si la persécution permanente des opposant.e.s, en liberté provisoire ou entre quatre murs, est devenue le mode d’existence d’un règne de plus en plus ubuesque. Le recours récurrent à la grève de la faim, de la part des détenu.e.s politiques mettant les uns après les autres leurs vies en péril, apparaît comme l’ultime force des démunis.
Face à un régime qui travaille à effacer l’idée même de politique, cette arme ultime est l’affirmation de la pérennité de la lutte pour l’État de droit, la démocratie et les libertés.
Nous, signataires, appelons à la libération de Ahmed Néjib Chebbi et des détenu.e.s politiques et d’opinion, ainsi qu’au rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
Nejib Chebbi et les grévistes de la faim du Mouvement du 18 octobre 2005.
Houria Bouteldja, essayiste, militante politique franco-algérienne
Dylan Boutiflat, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste
Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières
Robert Bret, ancien sénateur communiste
Françoise Brié, présidente de la CLEF
Miloud Chaouch, militant associatif
Mohamed Chaouih, président de AMF
Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste
Khadija Chérif, militante féministe et des droits humains
Alya Chérif Chammari, avocate, militante des droits humains
Karim Cherkaoui, Maroc
Larbi Chouikha, universitaire
Patrice Coulon, militant des droits humains
Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste
Thomas Coutrot, économiste
Ahmed Dahmani, économiste, militant des droits humains, Algérie
Sara Daniel, journaliste
Lucile Daumas, retraitée
Michel Debon de Beauregard, syndicaliste, ancien vice-président de Solidarité laïque
Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures ».
Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche CNRS
Nacer Djabi, sociologue
Nadir Djermoune, architecte urbaniste
Moulay Ahmed Douraïdi, du Collectif marocain pour la démocratie des élections
Bernard Dreano, militant de la solidarité internationale
Françoise Duthu, militante écologiste
Dominique Eddé, écrivaine
Kacem El Basti, carrefour des initiatives, Maroc
Abderrazzak El Hannouchi, Coordinateur du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Baheyeddine El Hassen, écrivain et défenseur des droits humains, Egypte
Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)
Ihsane El Kadi, journaliste
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL)
Mireille Fanon-Mendes France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon
Jean-Marie Fardeau, militant associatif
Patrick Farbiaz, militant politique
Raouf Farrah, politologue, Algérie
Wahid Ferchichi, professeur en droit public, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis
Mohamed Cherif Ferjani, professeur honoraire de science politique, Université Lyon-2
Guillemette Fessy, militante écologiste
Souad Frikech, députée au Parlement marocain
Pierre Galand, sénateur honoraire, président de l’OMCT-Europe
René Galissot, historien, ancien enseignant à l’université d’Alger, ancien directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris-VIII, professeur émérite
Vincent Geisser, président du CIEMI
Jérôme Gleizes, universitaire
Alain Gresh, journaliste, Fondateur des journaux en ligne Orient XXI et Afrique XXI
Pierre Henry, président de France Fraternités.
Jean-Claude Heyraud, militant écologiste.
Ahmet Insel, universitaire, militant turc en exil
Kamel Jendoubi, ancien président Euromed-Droits
Abdelkebir Jmaiai, militant associatif, défenseur des droits humains, Maroc
Aïssa Kadri, universitaire
Irina Karamarkovic, artiste, militante féministe et antiraciste, Graz (Autriche)
Meryem Kendsi, artiste peintre
Pierre Khalfa, économiste
Abdellatif Laâbi, écrivain
Youssef Laaraj,président du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta, Maroc
Kamal Lahbib, président de l’Observatoire marocain des libertés publiques
Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile de France
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Mohamed Leghtas, animateur de radios associatives, Maroc
Gilles Lemaire, militant écologiste
Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP
Michael Lowy, sociologue
Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO)
Ziad Majed, professeur universitaire
Sofiane Makhloufi, président du CRLDHT
Gilles Manceron, historien
Marc Mangenot, sociologue, économiste
Fadoua Maroub, SG de l’ARMCDH, Maroc
Gustave Massiah, militant altermondialiste, membre fondateur du Forum social mondial
Roland Mérieux, secrétaire national de l’Après
Fabienne Messica, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Umit Metin, militant des droits humains
Ali Mezghani, professeur agrégé en droit privé à la faculté des sciences juridiques de Tunis et à la Sorbonne
Amharref Mhamed, Association Aïn Bechar-Taza, Maroc.
Khadija Mohsen Finan, universitaire
Patrick Mony, défenseur des droits des migrants, GISTI
Dominique Noguères, avocate, membre de la LDH
Mohamed Nouhi, IMDH, Maroc
Mbark Outcharraft, président Forum Iffous pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Aïssa Rahmoune, SG de la FIDH
Najat Razi, AMDF, Maroc
Hamadi Redissi, professeur en sciences politiques
Hassan Remaoun, historien
Soumicha Riyaha, Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF)
Fabrice Riceputi, historien
Joël Roman, philosophe
Pierre Rousset, militant associatif
Khadija Ryadi, coordinatrice de la CMODH, lauréate du prix de l’ONU en matière des droits de l’Homme
Lana Sadeq, Forum Palestine Citoyenneté
Bakary Sambe, universités Gaston Berger à Saint louis au Sénégal
François Sauterey, coprésident du MRAP
Jamila Sayouri, Adala pour le droit à un procès équitable, Maroc
Pinar Selek, sociologue, Turquie
Haoues Seniguer, professeur des universités, Université Paul-Valéry (Montpellier)
Ghislaine Seze, présidente de DSFAS
Catherine Simon, journaliste
Danielle Simonnet, députée
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Hamouda Soubhi, président du Forum marocain des alternatifs Sud
Latifa Soufiani, Espace Associatif Maroc
Benjamin Stora, historien
Simone Susskind, ancienne députée bruxelloise et sénatrice fédérale
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