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L’ONU a redessiné le monde. L’Afrique, elle, attend toujours l’ascenseur

06. September 2026 um 21:24

Le 4 septembre 2026, 164 pays ont levé la main pour dire une vérité que n’importe quel élève un peu curieux découvre en cinq minutes sur internet : l’Afrique est grande. Très grande. Assez grande pour avaler les États-Unis, la Chine, l’Inde, une bonne partie de l’Europe et le Japon, avec de la place pour le dessert.

Il aura fallu attendre 457 ans après Gerardus Mercator et sa boussole pour que l’Assemblée générale s’en émeuve officiellement. On appelle ça la diplomatie internationale : le temps que la vérité géométrique traverse les couloirs feutrés de New York est proportionnel, lui aussi, à une projection assez déformée.

Une seule voix contre, et on devine laquelle

Sur 164 voix pour, une seule voix s’est dressée contre ce crime de lèse-cartographie. On ne sait pas exactement qui a jugé bon de défendre bec et ongles la taille du Groenland, mais on imagine la scène : un diplomate solitaire, debout dans l’hémicycle, prêt à mourir pour l’honneur démesuré de son sous-continent glacé. Six abstentions se sont ajoutées, probablement des délégations qui n’avaient toujours pas fini de charger la carte Equal Earth* sur leur ordinateur portable.

La carte n’est pas le territoire, mais le territoire, lui, ne bouge toujours pas

Soyons honnêtes deux secondes : cette résolution n’a strictement aucune valeur contraignante. L’article 10 de la Charte de l’ONU est on ne peut plus clair, l’Assemblée générale ne fait que « recommander », ce doux mot diplomatique qui signifie en réalité « on a voté, on est content, mais personne n’est obligé de faire quoi que ce soit ». Même l’Union européenne a pris soin de préciser, dans un réflexe presque comique de prudence juridique, que tout ça ne change rien aux frontières, aux zones maritimes ni aux différends territoriaux. Autrement dit : l’Afrique aura enfin la bonne taille sur les cartes, mais gardera exactement les mêmes frontières héritées de la conférence de Berlin (de 1884-1885), les mêmes dettes, et les mêmes accords commerciaux défavorables qu’avant le vote. La carte grandit, le rapport de force, lui, ne bronche pas d’un pixel.

De la « justice cognitive » au manuel scolaire, il y a une marge… administrative

L’Union africaine parle de « justice cognitive » et de « réparation mémorielle ». De belles formules, généreuses, qu’on aimerait voir se traduire vite dans les salles de classe de Lomé à Tunis. Sauf que remplacer une carte murale coûte de l’argent, imprimer de nouveaux manuels scolaires prend des années, et convaincre Google Maps ou les manuels français, chinois ou américains de changer leur projection par défaut relève moins de la bonne volonté que du rapport de force économique. La résolution « appelle à un dialogue constructif » avec les géants du numérique. Un dialogue constructif, en langage diplomatique, ça veut souvent dire : « on demande poliment », et « on croise les doigts ».

Le vrai test, ce sera la 83e session

À sa décharge, l’ONU a déjà prévu de remettre le sujet à l’ordre du jour de sa prochaine session. C’est peut-être là que se jouera la vraie question : cette résolution est-elle le début d’un mouvement de fond qui ira jusque dans les salles de classe et les applications de smartphone, ou un symbole confortable qu’on agite une fois puis qu’on range dans le tiroir des bonnes intentions votées à l’unanimité ?

Alors, ça change quoi pour les Africains, concrètement ? À court terme : pas grand-chose. Le PIB ne bouge pas parce qu’un continent gagne quelques centimètres sur une carte scolaire. Les visas restent aussi difficiles à obtenir, les taux d’intérêt des emprunts souverains africains restent aussi punitifs, et les matières premières continuent de partir brutes pour revenir transformées, chères, et… sur une carte enfin à la bonne échelle.

À plus long terme, en revanche, il y a quelque chose d’assez politique dans le symbole : une génération d’enfants qui grandit en voyant son continent occuper toute la place qu’il mérite visuellement pourrait, à la marge, se raconter une histoire différente d’elle-même. La carte ne nourrit personne, mais elle façonne discrètement l’imaginaire, l’estime de soi collective, et parfois, avec le temps, les ambitions. Reste à savoir si Equal Earth arrivera vraiment dans les salles de classe tunisiennes et africaines, ou si elle restera, comme tant de bonnes résolutions onusiennes, une belle carte encadrée au mur d’un bureau climatisé à New York.

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*« Equal Earth » est une projection cartographique créée en 2018 par quatre chercheurs (Bojan Šavrič, Tom Patterson, Bernhard Jenny et un autre collaborateur), pensée comme une alternative moderne à Mercator.

Son principe : elle est équivalente (equal-area), ce qui veut dire qu’elle préserve les proportions réelles des surfaces des continents les unes par rapport aux autres. Concrètement, si l’Afrique est 14 fois plus grande que le Groenland dans la réalité, elle apparaîtra bien 14 fois plus grande sur la carte — contrairement à Mercator, où les deux semblent à peu près de la même taille.

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La Tunisie prend la présidence tournante du Conseil de la Ligue arabe

06. September 2026 um 19:18

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, conduira la délégation tunisienne à la 166ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, qui se tiendra lundi 7 septembre 2026 au Caire. À cette occasion, la Tunisie exercera la présidence tournante du Conseil au niveau ministériel pour un mandat de six mois, de septembre 2026 à mars 2027.

Selon le ministère des Affaires étrangères, Tunis entend mettre cette présidence au service du dialogue, de la concertation et de la coordination entre États arabes, en cherchant à rapprocher les positions et à renforcer l’unité arabe face aux défis régionaux.

Les travaux de la session ministérielle porteront essentiellement sur l’évolution de la situation dans la région arabe, avec un accent particulier sur les Territoires palestiniens, notamment la poursuite des agressions dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi que sur d’autres dossiers arabes inscrits à l’ordre du jour. Les ministres examineront également les principaux axes de la coopération arabe dans les domaines du développement, de l’économie, du social et de la sécurité.

En marge de la session, Mohamed Ali Nafti mènera plusieurs entretiens bilatéraux avec ses homologues arabes, afin d’évoquer les relations bilatérales et les moyens de consolider la coopération entre la Tunisie et ses partenaires arabes, dans le cadre de la présidence tunisienne du Conseil.

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Crédits en Tunisie, qui paie le plus cher ?

06. September 2026 um 14:23
Keynes le citait déjà comme un vieux dicton, en 1945. Devez mille dinars à votre banque et vous êtes à sa merci. Devez-lui un million, et c’est elle qui est à la vôtre. La sagesse tunisienne le dit à sa façon, un crédit de mille dinars, c’est la banque qui te tient, un crédit d’un […]

Treize pays à l’exercice Phoenix Express sur les côtes tunisiennes

06. September 2026 um 13:09

Du dimanche 6 septembre au 18 septembre 2026, la Tunisie accueille l’exercice naval multilatéral Phoenix Express 26, organisé en collaboration avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) et visant à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité maritime.

Selon le ministère de la Défense, environ 400 militaires et observateurs issus de 13 pays — outre la Tunisie, pays hôte — participeront à cet exercice. Des représentants de l’Italie, de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de l’Égypte, de la Turquie, de Malte, de la France, de l’Espagne, de la Belgique, de la Géorgie et des États-Unis prennent part à ces manœuvres militaires.

La Tunisie accueillera également cinq navires militaires qui prendront part aux différentes phases de l’exercice dont l’objectif est de développer des capacités opérationnelles conjointes et d’améliorer la coordination entre les forces navales des pays participants, en mettant l’accent sur les opérations de sécurité maritime.

L’exercice prévoit des activités consacrées à l’utilisation et à l’intégration de systèmes, d’équipements et de moyens modernes dans les opérations en mer, ainsi que des entraînements visant à lutter contre les activités illégales et les menaces liées au crime organisé.

Parmi les domaines identifiés figurent notamment la contrebande et la traite des êtres humains, considérées comme des facteurs de risque pour la sécurité des routes méditerranéennes.

Le programme inclut également un volet formation, avec des cours théoriques et des ateliers pratiques destinés aux participants.

Les activités couvrent divers secteurs de la sécurité maritime, tels que l’utilisation de véhicules de surface sans équipage, les procédures de visite et d’inspection des navires, le renseignement maritime et la gestion des menaces liées aux armes biologiques et chimiques.

Des modules sont par ailleurs consacrés à l’assistance médicale et aux premiers secours, ainsi qu’aux aspects juridiques des activités maritimes et aux normes régissant les opérations en mer.

L’exercice Phoenix Express 26 s’inscrit ainsi dans le cadre des initiatives de coopération entre les pays méditerranéens et leurs partenaires internationaux pour le renforcement de la sécurité maritime. La participation conjointe de pays d’Afrique du Nord, d’Europe, de Méditerranée orientale et des États-Unis vise à favoriser l’adoption de procédures opérationnelles communes et à renforcer la capacité de réponse coordonnée face aux menaces et aux activités illicites en mer. Pour la Tunisie, située au carrefour des principales routes maritimes de la Méditerranée centrale et à proximité immédiate des zones de crise en Afrique du Nord, cet exercice constitue également une opportunité d’entraînement conjoint et de consolidation de la coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux dans le domaine de la sécurité. Le ministère tunisien de la Défense souligne que ces activités visent à contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité en Méditerranée, grâce au renforcement des capacités nationales et de la coopération opérationnelle entre les forces navales participantes.

I. B.

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Tunisie | Les partis politiques indésirables au «cadre de coordination»

06. September 2026 um 11:41

Othman Jallouli, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé du département de l’information et des publications, a déclaré vendredi 4 septembre à Diwan FM que le cadre de coordination — dont le lancement a été annoncé avec la participation de l’Ordre national des avocats et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme — vise à rassembler le plus grand nombre possible d’organisations et d’acteurs de la société civile, ainsi que diverses forces vives du pays, afin que «le peuple tunisien puisse faire entendre sa voix», selon ses termes.

M. Jallouli a expliqué que la mise en place de cette structure de coordination intervient dans un contexte marqué par ce qu’il considère comme «l’incapacité du pouvoir politique à résoudre les problèmes accumulés», ajoutant que ces problèmes se sont aggravés et que les Tunisiens font face désormais à des difficultés qui perdurent depuis des décennies.

«Il y a un champ politique bloqué, incapable jusqu’à présent de rassembler les Tunisiens autour d’une position commune face à la situation actuelle», a estimé Othman Jallouli. C’est ce qui a incité les trois organisations à se mobiliser «pour rendre la parole aux Tunisiens», lesquels, a-t-il affirmé, «sont restés silencieux tout en subissant les conséquences de politiques défaillantes, tant anciennes que nouvelles».

«Lorsque les partis politiques et la politique elle-même sont absents, les Tunisiens ne peuvent rester de simples spectateurs d’une situation insoutenable», a encore souligné Othman Jallouli, précisant qu’ils «ont le droit d’exprimer leurs opinions et de défendre leur point de vue par tous les moyens pacifiques et civiques».
Les partis politiques ne sont pas les bienvenus au sein du cadre de coordination, a encore précisé le responsable syndical, ajoutant que les discussions en cours portent sur «l’adhésion de nombreux acteurs de la société civile, qui ont un avis sur diverses questions, qu’elles soient sectorielles ou d’intérêt général».

M. Jallouli a souligné que «le cadre de coordination n’a aucun lien avec l’expérience du Dialogue national» de 2015, expliquant que ce dernier «revêtait un caractère spécifique et relevait d’une expérience passée non transposable dans la phase actuelle». Le dirigeant syndicaliste a fait remarquer, à ce propos, qu’auparavant, «il y avait des responsables politiques au pouvoir et une opposition active, alors qu’actuellement, le pouvoir prend des décisions de manière unilatérale».

Le cadre de coordination en cours de constitution examine actuellement une série d’actions qui restent à définir et qui ont vocation à rassembler les forces vives du pays autour d’un projet de redressement national.

Il convient de noter que ce cadre de coordination, dont le lancement a été annoncé jeudi 3 septembre, vise à défendre les droits et les libertés, à promouvoir l’État de droit et les institutions, ainsi qu’à préserver l’indépendance de la société civile.

I. B.

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Messages de prison de Saâdia Mosbah

06. September 2026 um 10:50

Nous publions ci-dessous le témoignage prononcé par Affet Bent Mabrouk Mosbah, le 1er septembre 2026, à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, en Belgique, dans le cadre de l’action menée par Protect Humanitarians en vue d’obtenir la libération de sa sœur Saâdia Mosbah, présidente de l’association antiraciste Mnemty. Il s’agit d’un dialogue recomposé, fait à partir d’extraits de lettres de Saâdia, suivis des réponses d’Affet. Au-delà du cas évoqué, celui d’une militante antiraciste condamnée à huit ans de prison, c’est la vie carcérale en Tunisie en général qui transparaît de ce témoignage poignant.  

Il faut parler, que cela se sache ! Je parle donc pour porter la voix de Saâdia Mosbah, ma sœur, aujourd’hui acculée au silence : le calendrier judiciaire et carcéral, hors normes, s’affolant en Tunisie, elle est dans la situation d’un grand nombre de martyrs de l’arbitraire.

Quelques dates :

• En 2013 est créée l’association Mnemty, mon rêve, en hommage au discours de Martin Luther King «I have a dream». L’objet de l’association est de lutter contre les discriminations raciales en Tunisie.

• En 2018, adoption de la loi criminalisant les discriminations raciales : Saâdia aura œuvré via Mnemty pour ce résultat, unique du genre dans la région et le monde arabe.

• En 2021- Un coup d’État est perpétré contre le parlement.

• En 2023 – Un pacte d’externalisation migratoire signé entre l’Europe et la Tunisie est ratifié à Tunis. Il fait des Tunisiens, contre rémunération, les garde-frontières européennes. […] En juillet de la même année, Saâdia, ma sœur, reçoit cependant, un prix des mains du démocrate Antony Blinken au sein des Nations Unies, pour son travail en matière de lutte contre les discriminations raciales. A l’aller comme au retour, sa valise est perdue, son portefeuille dérobé.

• Et le 6 mai 2024 – Un appel m’apprend que Saâdia est en détention préventive pour un motif inconnu ! Nos lettres, quand nous les recevons, ne se répondent pas, au vu du temps qu’elles mettent à nous parvenir ; elles sont décalées.

Voici des extraits chronologiques de nos échanges réels :

– 3 novembre 24, Saâdia à son fils : …Ce que je vis ici est surprenant et à peine croyable. J’ai appris la méfiance. Je sais le sens des mots méchanceté, mensonge, envie, vengeance, vol et j’en passe, hélas ! Tu peux donc imaginer mon désarroi… orpheline de toi, de ma vie, de mes amis et amies… On vit ici continuellement dans un brouhaha terrible. Nous sommes 57 depuis hier. Tu diras à Affet qu’elle est le plus bel héritage de nos parents.

– Saâdia, je sais combien toi et moi tenons à la verticalité héritée de nos géniteurs. Farès, ton fils, est un homme debout… Nous survivrons à cette période inattendue et pas facile.

– 10 novembre 24 : Nous sommes 61 dans la chambrée désormais. Il commence à faire très froid et l’eau est très froide, pas encore glacée. Sans commentaire. A la fin de l’année 2024, elles seront 95 détenues dans la même chambrée.

– 11 novembre 24 : Réveillée ce matin pour passer devant le juge d’instruction. Après deux heures d’attente, on me fait regagner la chambrée. Les autres détenues sont passées quand-même. Mon fils, réorganise ta vie sans moi, continue à vivre et à rêver.

Affet, petite sœur, je vais bien malgré tout ; je pense chaque jour à toi et à nos parents et quelque part contente qu’ils n’aient pas vu ces jours.

– Saâdia, c’est cela l’arbitraire. Il est étrange ce bonheur que je ressens, aujourd’hui, à la pensée qu’ils ne sont plus de ce monde, histoire de les préserver de notre épreuve. Bizarre sentiment qui consiste à se réjouir de l’absence de ceux que nous aimons.

– 1er décembre 24 : Affet, Pardonne-moi pour tous les tracas que je te fais subir. Ne t’inquiète pas pour moi : nous avons appris à nous adapter à toutes les situations. Nous sommes 79 dans la chambrée. En espérant que nous serons réunis pour les fêtes…

– Saâdia, la dignité dont tu fais preuve force le respect sans me surprendre toutefois. Dans certaines circonstances, une mère ne s’épanchera pas devant son fils. Nous sommes sœurs et je sais ce mutisme-là.

– 8 décembre 24 : … une carte de Nina datant de juillet m’est parvenue le 18 novembre. C’est le premier et unique courrier que j’ai reçu. L’espoir fait vivre dit-on. Saâdia, il ne s’agit plus de détention préventive, mais d’une torture blanche. Détenue, certes ; coupée de tous, pourquoi ? Dans quel but exactement ?

– 16 février 25 : … Nous devons nous souvenir que nos acquis peuvent nous être retirés. Soyons vigilants, car les droits ne s’offrent pas : ils s’arrachent… Plus que 4 jours avant le 3e rendez-vous avec le juge… Notre chambrée a été évacuée en raison des problèmes d’évacuation d’eau.

– Saâdia, tu ne le dis pas : il s’agissait de débordement des égouts publics. Ton transfèrement vers une autre prison s’est fait dans des conditions difficiles. Pour te faire sourire, sais-tu que l’architecte de la prison est… en prison ? Comme tout le monde. La PDG qui a licencié ton fils aussi…

– 29 mars 25 à son fils : Te voir à travers une vitre et te parler à travers un appareil, c’est tout simplement inhumain. Saâdia, ton fils, unique, parle peu de la souffrance qu’il ressent, mais il agit.

– 14 avril 25 : J’écris tout en sachant que mes lettres restent lettres mortes. Pourquoi ? … Un coup de poignard après chaque parloir où des détenues disent que leurs parents ont reçu leurs lettres. A Affet ma petite sœur, tout l’amour et plus encore.

– Saâdia, cette citation de Rainer Maria Rilke : «Car au fond, et précisément pour les choses les plus profondes et les plus importantes, nous sommes inqualifiablement seuls.»

– 25 avril 2025 à son fils : … Je ne compte plus le nombre de lettres que je t’envoie mais que tu ne reçois pas. Rien ne m’arrêtera : j’ai écrit, j’écris et j’écrirai encore et encore et encore. Ici on prend des mesures sanitaires importantes en prévention de la gale. On nous fera désormais chauffer le lait le matin. Je n’aurai plus à boire un verre d’eau chaude puisée dans la douche, mais je continuerai à prendre un verre d’eau chaude le soir à la place de la soupe. Mon mal de dents persiste malheureusement.

– Saâdia, c’est en relisant tes lettres que j’ai accepté d’entendre ta souffrance. Mon cerveau oblitérait les passages insupportables… la soupe était réclamée pour que vous mangiez chaud une fois par jour, en prévention des problèmes dentaires précisément. Un soir, une détenue a vu un lézard flotter dans son assiette. Je comprends pourquoi tu préfères l‘eau de douche à la soupe. Qui en voudrait ?

– 1er décembre 25 : … le froid n’arrange hélas, pas les choses ! … grâce à toi, je n’en souffre pas beaucoup. Ta super cape verte tombe à pic ; je ne la quitte plus, même la nuit je la mets sur la couverture. Finalement, je m’adapte sans pouvoir m’habituer… mon fils m’a dit que tu m’écrivais tous les jours, je n’ai rien reçu de toi. Une seule carte postale m’est parvenue, celle de Nina. … Le 22 décembre approche et je ne sais plus quoi penser. Ma santé est bonne encore et je peux tenir le coup grâce à votre soutien. Merci du fond du cœur, ma petite sœur.

Saâdia, tu ne dis pas qu’après ou pendant l’épisode des égouts, vous avez eu soif aussi, sous 48 degrés. Il ne s’agit pas que de froid.

– 22 décembre 25 : De retour du Tribunal de première instance de Tunis. 15h. Mon fils, je n’ai vécu que pour le moment où j’allais enfin pouvoir te voir, sentir ton odeur. Et j’ai pu te prendre dans mes bras. Quel bonheur ! Le monde s’est arrêté. La vérité éclatera et ta maman va être innocentée de toutes les fausses accusations.

– Saâdia, afin de ne pas t’inquiéter nous t’avions caché que ton fils avait été licencié. Tu l’as appris lors de la plaidoirie de son avocat. Cette séance au tribunal a arraché beaucoup de larmes lorsque tu t’es écriée : «Laissez-moi sentir mon fils !» Dans un sursaut d’humanité la juge t’a autorisée à l’embrasser, plus d’une année et demi après ta détention… toujours préventive.

– 5 janvier 26 : … comme si on m’arrachait un membre lentement pour faire durer la douleur. Je sais que je ne mérite pas tout ça. Qu’aurions-nous fait si tu n’étais pas ma sœur ? J’ai reçu la nouvelle du licenciement en pleine audience ; j’ai failli en perdre le souffle.

– Saâdia, ce que nous traversons est fait de silence : curieusement, je ne ressens ni le vide de toi, ni ton silence. Nous sommes issues du même ventre, nous aurons côtoyé la même enfance, la même jeunesse, la même maturité et, entamons ensemble nos prochaines années. Ton rire, tes colères m’accompagnent comme toujours. … Nous sommes indéfectiblement unies.

– 14 février 26 : Cela fait une année que je suis à la prison de Belli… Dans douze jours, j’espère être dans la salle d’audience… Pour ma dent je pense qu’il est trop tard.

– Saâdia, ta dent t’a été arrachée sans anesthésie… L’accès aux soins pour tous est calamiteux, criminel.

– 8 mars 26, journée de la femme : Ici, certaines pensent que c’est une fête. Saâdia, Simone de Beauvoir écrit : «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.»

Suit un extrait de la lettre publiée via son avocate, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes : «…21 mois sans jugement… Ma situation concerne aussi les mères en détention et les victimes de l’arbitraire… Raison pour laquelle, je plaide coupable d’être humaine. Il y a deux ans, à New-York, j’avais remarqué que celles et ceux qui défendent la dignité et les droits sont en danger ; ils ne sont pas toujours protégés par ceux qui en portent la responsabilité. Que faisons-nous pour protéger les défenseurs des droits ? Que faisons-nous pour que cessent les injustices ? J’ai honoré la Tunisie, j’ai honoré mon pays, où que je sois, même en prison. Et c’est ainsi qu’IL m’honore aujourd’hui ? Quel est le sens de ma détention ? Après près de deux ans, je peux mourir ici, loin de mon fils et des miens ; je me prépare à cette réalité. Debout. Je suis afro-tunisienne. Je suis fière de ce que je suis… je ne suis pas une criminelle. Je suis ici parce que la solidarité devient une tare. Parce que Mnemty, l’association que j’ai fondée pour lutter contre la discrimination raciale… Parce qu’un autre humaniste, Martin Luther King, ailleurs, a hurlé : I have a dream. J’ai donné mon temps, ma jeunesse, mes moyens à mon pays. Je le répète : Je n’ai jamais détourné quoi que ce soit, ni qui que ce soit…»

– Saâdia, Socrate t’accompagne : «Il vaut mieux subir l’injure que la commettre.»

– 5 juin 2026 : Affet, ma sœur. Enfin tes cartes me sont parvenues, c’est le premier courrier que je reçois de ma famille après plus de 25 mois de détention.… Les premiers mois, j’écrivais beaucoup, jusqu’au jour où l’on est venu me saisir mes cahiers numérotés de 1 à 6.

– Saâdia, je sais en partie ce que tu as rapporté dans tes cahiers : les agressions racistes, jusqu’à la blessure physique ; le manque de soins ; les humiliations. Dis, sœur, que caches-tu à ton fils pour l’épargner ? Je ne peux aller te visiter sous peine d’être arrêtée moi-même. Benjamin Constant : «L’unique garantie des citoyens contre l’arbitraire, c’est la publicité.» Nous en sortirons. Je vais parler…

Conclusion

Depuis son arrestation le 6 mai 2024, puis son incarcération, puis sa condamnation à huit années de privation de liberté, à être déchue de ses droits civiques, à une amende de plus de 30.000€, enfin à une confiscation de sa retraite – les sons de nos voix ne parviennent plus l’une à l’autre. Rien, absolument rien pourtant, n’entravera la force des âmes et du lien : ni les geôles, ni les murs, ni les silences, ni les sanctions financières. Je parle !

Affet Bent Mabrouk Mosbah, 1er septembre 2026

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Kmar Douagi crée les Éditions Métèque à Marseille

06. September 2026 um 09:47

À Marseille, une jeune maison d’édition a choisi un nom qui constitue déjà une prise de position : Métèque. Fondées en 2025 par la Tunisienne Kmar Douagi, les Éditions Métèque se définissent comme une maison indépendante dédiée aux écritures radicales, décoloniales et «indisciplinées». Leur catalogue revendique des textes poétiques, subversifs, islamo-politiques et insurgés, avec une volonté assumée de s’affranchir des limites du discours dominant.

Djamal Guettala

Le ton affiché par la maison est volontairement frontal. Métèque revendique une conception militante de l’édition et présente la circulation de ses livres comme une manière de participer à une «décolonisation» des imaginaires. Une posture qui tranche avec le langage généralement consensuel du monde éditorial.

Le projet prend racine à Marseille, ville où Kmar Douagi a commencé à écrire et qu’elle considère comme une maison choisie. Née à Tunis et installée dans la cité phocéenne, l’artiste, poétesse et éditrice avait auparavant cofondé en 2023 l’Uncivilized Collective, un espace éditorial et artistique consacré à la réappropriation des récits des peuples de la «majorité mondiale».

Le choix du mot «métèque» résume cette démarche. Historiquement utilisé pour désigner l’étranger installé dans la cité sans bénéficier pleinement des droits du citoyen, il est ici retourné contre sa charge d’exclusion. Le mot devient une identité assumée plutôt qu’une étiquette imposée.

Qui raconte qui ?

C’est la question centrale du projet. Le premier livre publié par Métèque est ‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’, un ouvrage collectif consacré aux récits et aux expériences de celles et ceux qui font la ville depuis les trajectoires migratoires. Le livre a connu une deuxième réimpression en avril 2026, signe concret qu’une proposition éditoriale militante peut aussi rencontrer un lectorat.

L’enjeu dépasse le seul cas marseillais. L’ouvrage entend faire entendre des voix qui parlent depuis l’expérience migratoire plutôt que sur celle-ci.

Dans une partie de la littérature et de la production intellectuelle consacrées aux populations immigrées, celles-ci apparaissent encore comme objets d’étude, catégories sociologiques ou personnages de fiction enfermés dans des représentations stéréotypées. Métèque veut déplacer le centre de gravité : permettre aux premiers concernés de produire leurs propres récits, leurs contradictions et leurs imaginaires.

L’expérience de ce premier livre a également mis en évidence une difficulté moins visible : l’accès aux réseaux de publication. Un appel à textes ne touche pas nécessairement ceux qui pourraient y répondre. Encore faut-il voir l’appel, connaître les codes, fréquenter les bons réseaux et se sentir légitime pour se présenter comme écrivain.

Métèque envisage donc une démarche inverse : aller vers ceux qui écrivent sans forcément se définir comme auteurs. Une manière de considérer que l’absence de certains récits dans les librairies ne signifie pas leur inexistence, mais peut révéler l’absence de dispositifs permettant leur émergence.

Une équipe qui travaille aussi les frontières de la langue

Cette volonté ne repose pas uniquement sur la figure de sa fondatrice.

Métèque s’appuie sur un réseau de traductrices, traducteurs, correctrices et membres d’un comité de lecture issus de différents horizons. Zaynab Ghaïs-Mortada, Selen Okumuş, Aïda El Yassem-Mastari et Djenane Shafei participent notamment au travail de traduction anglais-français. Mustapha Slimani intervient entre l’anglais, l’arabe et le français.

Le comité de lecture rassemble également des profils venus de la littérature, des arts visuels, de l’architecture, de la recherche et de la création.

Cette organisation révèle une conception particulière du travail éditorial. Traduire n’est pas ici une simple opération technique : c’est décider quels textes doivent franchir les frontières linguistiques et intellectuelles.

Islam et anarchisme : un choix éditorial qui fait débat

Après ‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’, le deuxième axe fort du catalogue est ‘‘Islam et anarchisme : relations et résonances’’, de Mohamed Abdou. Traduit pour la première fois en français, le livre explore les rapports entre traditions islamiques, pensée anarchiste et luttes décoloniales.

Le rapprochement peut surprendre dans un débat public où islam et anarchisme sont généralement présentés comme deux univers incompatibles. C’est précisément cette frontière que le livre entreprend d’interroger.

Pour Kmar Douagi, le choix est également personnel. Elle explique avoir longtemps été attirée par l’anarchisme sans parvenir à se reconnaître dans sa dimension athée. La découverte de l’«anarcha-islam» lui a permis de mettre un nom et une histoire intellectuelle sur une manière de penser l’émancipation dans laquelle elle se reconnaissait.

La publication du livre sera accompagnée d’une rencontre publique à Marseille, samedi 12 septembre à 17h30, la librairie Transit, 51 boulevard de la Libération, Mrseille.

Cette rencontre donne une dimension concrète au projet de Métèque : ne pas seulement publier des textes, mais créer les conditions de leur circulation, de leur lecture et de leur discussion.

Le troisième titre, ‘‘Khouya’’, de Chems Bakkali, prolonge cette démarche. Le livre est né d’une rencontre entre deux autrices publiées dans la revue Comme nous brûlons.

Pour Kmar Douagi, le texte de Bakkali a joué un rôle décisif dans la naissance même de la maison. Un texte qui donne envie de créer une maison d’édition pour pouvoir être publié devait naturellement devenir l’un des premiers livres de Métèque.

Trois titres, donc, et déjà une ligne lisible : publier ce qui manque, traduire ce qui reste difficile d’accès et faire émerger des écritures qui ne trouvent pas nécessairement leur place dans les circuits éditoriaux traditionnels.

Une bataille aussi économique

L’indépendance éditoriale ne se décrète pourtant pas. Elle se finance. Impression, distribution, diffusion, rémunération des auteurs : chaque étape représente un obstacle pour une petite structure. Métèque s’appuie notamment sur les précommandes, les souscriptions et le soutien direct des lecteurs.

Cette dimension économique est essentielle. Revendiquer une ligne éditoriale radicale suppose de pouvoir assumer les conséquences commerciales de choix qui ne répondent pas nécessairement aux attentes du marché. La solidarité devient alors une infrastructure de publication.

Le choix de Marseille n’est pas décoratif. La ville concentre une histoire faite d’immigration, de circulations méditerranéennes, de ségrégation urbaine et de solidarités populaires. Elle constitue, pour Métèque, un lieu d’ancrage autant qu’un laboratoire.

Depuis Marseille, la maison regarde vers Tunis, Alger, Casablanca et, plus largement, vers les différentes rives et diasporas qui composent la cité.

Son projet tient finalement dans une inversion : ne plus attendre que les récits minorisés soient validés par les institutions culturelles dominantes, mais construire les outils permettant de les publier directement.

Le catalogue reste jeune, mais sa trajectoire commence déjà à se dessiner. La deuxième réimpression de son premier livre, la traduction d’un texte consacré aux relations entre islam et anarchisme et l’arrivée de nouvelles écritures témoignent d’une maison qui cherche moins à occuper une niche éditoriale qu’à déplacer les frontières de ce qui peut être publié.

Dans une industrie du livre où les rapports de force déterminent aussi la visibilité des idées, les Éditions Métèque posent une question qui dépasse largement Marseille : qui a le pouvoir de raconter, qui décide des récits qui circulent et qui reste encore condamné à être raconté par les autres ?

À Marseille, Métèque a choisi sa réponse : ne plus demander une place, mais la prendre, écrire, publier et faire circuler les textes d’une rive à l’autre.

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La Tunisie a besoin de 4 nouvelles centrales pour combler son déficit électrique

06. September 2026 um 08:18

Selon le secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Elyes Ben Ammar, la Tunisie aurait besoin de construire au moins quatre nouvelles centrales électriques afin de résorber le déficit enregistré durant les heures de pointe et éviter les coupures d’électricité intermittentes auxquelles la Société tunisienne d’électricité de gaz (Steg) est acculée depuis la mi-juillet en raison de la forte consommation induite par la climatisation en pleine canicule estivale.  (Photo: Centrale électrique de Sousse).

Habib Glenza

Le déficit de production au niveau des centrales relevant de la Steg atteindrait environ 2 000 mégawatts quotidiennement pendant les pics de consommation. Cette situation s’explique par plusieurs années de retard dans l’adaptation de la production à l’évolution de la demande et dans la réalisation de certains projets de centrales électriques, ainsi que la lenteur des procédures et des autorisations.

Les solutions conjoncturelles, notamment le recours au soutien de l’Algérie, ne suffisent pas à combler un écart de cette ampleur, estime le responsable syndical qui déplore, également, l’absence d’investissements significatifs dans le secteur énergétique depuis 2020 et avertit que l’été 2027 pourrait être encore plus difficile que celui de 2026 si le retard actuel n’est pas surmonté rapidement.

Les raisons des coupures de l’électricité

Les raisons des coupures de l’électricité en Tunisie sont multiples. L’une des raisons principales est la surcharge du réseau. Elle survient lorsque trop d’abonnés sont alimentés par un même circuit, ou quand la puissance demandée dépasse ce que le câble peut supporter. Chaque section de câble correspond à une capacité de courant maximale. Si un câble trop fin est utilisé pour alimenter un appareil puissant, il va chauffer excessivement jusqu’à fondre. 

Le réseau électrique tunisien a été conçu et réalisé, il y a plusieurs années, pour subvenir aux besoins d’environ 6 à 7 millions de citoyens. Aujourd’hui, la Tunisie compte environ 12 millions d’habitants et 15 millions voire plus pendant la saison estivale. Par conséquent, les câbles électriques vont chauffer jusqu’à fondre si le courant n’est pas immédiatement coupé. Tour cela peut conduire à un blackout                       

Confrontés à de sérieux problèmes techniques, les ingénieurs et agents de la Steg sont en train de faire un travail gigantesque pour pallier tous les problèmes et dangers liés aux surcharges du réseau électrique. Mais ils ne peuvent pas faire des miracles lorsque la demande outrepasse de beaucoup l’offre et que le réseau montre son insuffisance structurelle. Accuser certains d’entre eux de provoquer sciemment les coupures d’électricité pour susciter la colère de la population et la remonter contre le régime est pour le moins absurde et frappé du sceau de l’ingratitude.

Le solaire photovoltaïque s’impose aux opérateurs économiques  

Actuellement, la Tunisie n’a pas les moyens financiers nécessaires pour moderniser le réseau électrique ou encore créer de nouvelles centrales électriques ; elle doit donc réserver son réseau électrique, en priorité, aux besoins des abonnés des zones urbaines. Les hôpitaux, les hôtels, les écoles, les fermes agricoles, les industries lourdes, métallurgiques, manufacturières, agroalimentaires, les mines, les stations de carburants et de services, etc., doivent, sans tarder, opter pour l’énergie photovoltaïque avec stockage. Ce système autonome et fiable serait une bonne solution durable pour éviter les pertes humaines, matérielles et financières dues aux coupures électriques, notamment durant la saison estivale.

Aujourd’hui nombreux sont les pays dans le monde qui utilisent l’énergie photovoltaïque avec stockage même s’ils n’ont pas de problèmes de coupures d’électricité, et d’abord parce que l’énergie solaire est propre, ensuite parce qu’elle est gratuite dans un pays à fort ensoleillement comme la Tunisie. Certes, les équipements coûtent encore relativement cher à l’achat mais ils ne coûtent presque rien à la consommation, et puis ils constituent un investissement rentable à moyen et long terme.

On ne comprend pas d’ailleurs pourquoi ce secteur soit encore si peu développé en Tunisie, où l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (AMNE), créée pour promouvoir les énergies renouvelables, vient de fêter son 40e anniversaire. Qu’a fait cette agence en 40 ans ? Cette question est d’autant plus légitime que la part des énergies renouvelables ne dépasse guère 5 à 6 % du mix énergétique national qui reste très fortement dominé par les énergies non renouvelables.

Nous avons donc aujourd’hui un grand retard à rattraper, qui plus est, dans un contexte de déficits financiers aigus, de faible croissance allant de 1,5 à 2,5% par an et de baisse des investissements publics. Et nous n’avons à nous prendre qu’à nous-mêmes pour n’avoir pas pris le taureau du déficit énergétique par les cornes lorsqu’il a commencé à pointer du nez au début des années 2000, lorsque le taux de croissance annuelle du pays était de 5 à 6 %.

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Maroc : 10 000 emplois menacés dans les centres d’appels

06. September 2026 um 08:11
Une loi française interdisant les appels téléphoniques commerciaux non sollicités commence à produire ses premiers effets sur le secteur des centres d’appels au Maroc , même si son impact total reste difficile à mesurer trois semaines après son entrée en vigueur. Adoptée en France le 11 août, la loi impose aux consommateurs de donner leur […]

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