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Tunisie | Mesures pour éviter l’effondrement de la filière avicole

05. September 2026 um 13:57

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé qu’il ajustera la production dans le secteur avicole, en tenant compte des pertes enregistrées suite à la vague de chaleur record qu’a connue la Tunisie en juillet et août. Les professionnels du secteur signalent, quant à eux, un déficit de production qui n’a toutefois pas atteint, selon eux, le stade de la crise.

Saloua Dhaouadi, de la Direction générale de la production agricole du ministère, qui intervenait, jeudi 3 septembre 2026, a déclaré à la Radio nationale : «En coordination avec les acteurs du secteur, nous évaluerons avec précision l’ampleur des pertes afin d’envisager un ajustement de la production.»

Les coupures fréquentes d’électricité et d’eau survenues cet été ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement dans de nombreux élevages avicoles, provoquant l’asphyxie et la mortalité de cheptels de volailles, en particulier dans les petites et moyennes exploitations, ont indiqué les professionnels.

Mme Dhaouadi a ajouté, pour sa part, que «la production a été affectée par la mortalité, les retards de croissance et la baisse de productivité, notamment dans le secteur du poulet de chair», signalant également l’impact subi par «certains abattoirs».

L’adaptation aux changements climatiques et la préparation des exploitations face aux coupures d’électricité imprévues nécessitent d’investir dans les énergies renouvelables et d’en généraliser l’usage, a préconisé la responsable.

Interrogée sur l’éventuel soutien que le ministère de l’Agriculture prévoit d’apporter dans ce domaine, Mme Dhaouadi a précisé qu’il prendrait la forme d’une «ligne de financement», d’«avantages fiscaux» ou d’une «révision des facilités», ainsi que d’un «encadrement technique et sanitaire en coordination avec les vétérinaires».

Baisse de production mais pas encore la crise

L’aviculture est un secteur industriel par excellence et que les systèmes de ventilation et de refroidissement constituent des équipements vitaux pour les unités de production. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a fait état, mercredi dernier, d’une pénurie dans la production mensuelle de volaille, tout en estimant que la situation «n’atteint pas, pour l’heure, le stade de crise».

Les vagues de chaleur exceptionnelles qu’a connues la Tunisie récemment ont engendré des difficultés pour la production avicole, notamment en raison des coupures d’électricité et d’eau ; ces perturbations ont entraîné la mortalité de volailles et une baisse de la productivité. Il s’agit désormais de prendre des mesures urgentes et proactives pour limiter les pertes, garantir la continuité de la production et préserver l’équilibre du marché.

Il s’agit aussi d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes à moyen et long terme pour assurer la pérennité du secteur et améliorer sa capacité à faire face aux phénomènes climatiques exceptionnels.

Le maintien d’un suivi rigoureux de la situation et la prise de mesures proactives sont, par ailleurs, nécessaires pour sécuriser la production et faire face aux éventuels imprévus. Pour cela, il convient de surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement en vaccins et médicaments vétérinaires, de réviser certaines législations et procédures afin de faciliter l’importation des médicaments et produits biologiques requis et d’en garantir la disponibilité en temps opportun, renforçant ainsi la protection des élevages avicoles et du cheptel en général.

Dans ce même contexte, il convient de renforcer l’encadrement technique et sanitaire des éleveurs, afin de favoriser la prévention des maladies, l’amélioration des conditions d’élevage et une intervention précoce pour limiter les pertes, notamment face aux conditions climatiques difficiles.

Concernant la préparation des exploitations à faire face aux coupures d’électricité imprévues, les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de soutenir et de généraliser l’investissement dans les énergies renouvelables et appelé à faciliter l’acquisition de groupes électrogènes afin de garantir le fonctionnement continu des équipements vitaux au sein des unités de production — notamment les systèmes de ventilation et de refroidissement — dans le but de protéger le cheptel et de limiter les risques de mortalité lors des périodes de fortes chaleurs.

Par ailleurs, une attention doit être portée sur les moyens de développer un système de gestion des volailles mortes fondé sur une approche environnementale durable, axée sur la valorisation écologique et la transformation de ces déchets en ressources à valeur ajoutée, et ce dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cette démarche vise à réduire les risques pour la santé et l’environnement tout en améliorant les méthodes de gestion des résidus de production.

I. B.

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L’excédent commercial du Brésil dépasse 7 milliards de dollars en août

05. September 2026 um 11:37

Le Brésil a enregistré en août 2026 un excédent commercial de 7,4 milliards de dollars. Cette performance repose sur une progression plus rapide des exportations que des importations.

Les exportations brésiliennes ont augmenté de 12,2 % sur un an, pour atteindre 33,2 milliards de dollars, contre une progression des importations de 9,2 %, à 25,8 milliards de dollars. Cette performance commerciale a notamment été portée par les matières premières. Les exportations de minerai de cuivre ont bondi de 223,1 % sur un an en août, contribuant fortement à l’élargissement du surplus. Idem pour les ventes à l’étranger de pétrole brut, de soja, de café et de carburants qui ont enregistré des progressions à deux chiffres….

Sur les huit premiers mois de 2026, l’excédent commercial brésilien s’est établi à 55,3 milliards de dollars, soit une progression de 28,2 % par rapport à la même période de 2025. Le pays conserve ainsi une importante capacité à dégager un solde extérieur positif, malgré un environnement commercial international marqué par les tensions tarifaires et les incertitudes géopolitiques.

Cette performance intervient alors que les relations commerciales entre Brasilia et Washington restent tendues. Les États-Unis ont imposé de nouvelles surtaxes sur certaines importations brésiliennes, poussant les deux gouvernements à reprendre les discussions sur leurs relations commerciales. Des responsables brésiliens et américains se sont notamment entretenus fin août et sont convenus de poursuivre les négociations.

 

Lire aussi: Lula : les nouveaux droits de douane américains sont une « erreur stratégique »

 

Malgré ces tensions, les exportations brésiliennes ont continué de progresser en août. Les données montrent notamment une hausse de 12,1 % des ventes vers les États-Unis sur le mois, selon les informations disponibles sur les échanges brésiliens.

La Chine et l’Europe renforcent leur poids

Le Brésil dispose également de débouchés importants en dehors du marché américain. Les ventes vers la Chine et l’Union européenne demeurent des composantes majeures de ses échanges extérieurs. La diversification des marchés constitue un atout dans un contexte où les politiques tarifaires américaines compliquent les perspectives des exportateurs brésiliens.

Les exportations vers la Chine ont notamment progressé de 15 %, tandis que celles vers l’Union européenne ont augmenté de 46,4 % en août, selon la presse locale.

Le résultat d’août confirme donc la solidité du commerce extérieur brésilien. Avec 33,2 milliards de dollars d’exportations contre 25,8 milliards d’importations, le pays a dégagé un surplus mensuel supérieur aux attentes.

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Photovoltaïque : 455 MW débloqués avec le feu vert accordé à 309 projets

05. September 2026 um 11:04

Le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines a accordé des autorisations de construction de centrales photovoltaïques à 309 entreprises, sur un total de 344 dossiers déposés dans le cadre de la 6ᵉ session du système des autorisations.

Sidi Bouzid arrive en tête des gouvernorats bénéficiaires avec 57 projets retenus, devant Gafsa qui en compte 50. Médenine totalise 39 projets, tandis que Kébili en regroupe 37. Suivent Sfax (23), Sousse (20). Le Kef (18), Kairouan (12), Gabès (11), Tataouine et Kasserine en comptent 10 chacun, Tozeur (9), Zaghouan (3), Monastir, Ben Arous et Siliana en totalisent chacun 2. Nabeul, Mahdia, Ariana et Béja ferment la liste, avec un seul projet chacun.

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L’économie tunisienne sous pression

05. September 2026 um 10:44

Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?

Sahar Mechmech *

Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?

Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.

Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré

En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.

Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.

Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.

Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.

La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.

L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.

Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.

Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.

Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits «non essentiels» — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.

De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.

Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.

Fissures naissantes entre la présidence et le parlement

Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.

Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.

Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.

Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de «révolution législative» et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.

Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l’espace civique dans son ensemble.

Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux

Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.

Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.

La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’«événements inhabituels» et affirmant que «l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions», semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.

Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.

Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.

Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.

La diplomatie tunisienne en quête d’alliances internationales

En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.

À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.

Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.

Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.

La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.

Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.

Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.

Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.

Sortir de la crise pour aller vers la prospérité

Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.

Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.

Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.

De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Traduit de l’anglais.

* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (Timep).

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Eau : et si la vraie crise n’était pas le manque, mais les choix invisibles ?

05. September 2026 um 09:44

Alors que le remplissage des barrages oscille entre 50 et 60% à l’été 2026, des millions de Tunisiens subissent toujours coupures et pénuries. Derrière les chiffres, ce sont bien des choix politiques et sociaux qui décident qui aura de l’eau, à quel prix et avec quelle qualité. Il faut dire que le débat sur l’eau reste prisonnier d’une logique comptable : « Combien en avons-nous ? Combien en consommons-nous ? »

Le pays vit un stress hydrique structurel, avec des précipitations irrégulières, des barrages aux niveaux fluctuants et une demande en hausse portée par la démographie, le tourisme et certaines filières agricoles. Réduire la crise à un simple déséquilibre offre-demande, c’est occulter l’essentiel : qui décide, qui paie, qui contrôle. Enquête sur les choix invisibles qui engagent la justice sociale, la cohésion territoriale des 37 barrages, mais qui décide où va l’eau.

La Tunisie compte aujourd’hui 37 barrages en exploitation, sachant qu’il y a six nouveaux barrages en cours de construction pour renforcer le réseau. À l’été 2026, le taux de remplissage national oscille entre 50 et 60%, après être passé d’environ 19,6% en décembre 2024 à plus de 60-67 % au printemps 2026, grâce à une saison pluviométrique favorable.

Pourtant, ce pourcentage masque de fortes disparités : les barrages du Nord ont atteint près de 78% de remplissage, tandis que ceux du centre ne dépassaient pas 9 à 13%, certains comme Nebhana étant « quasiment à sec ». Les barrages de Douimis et Mellègue supérieur devraient ajouter environ 245 millions de m³ de capacité de stockage une fois pleinement opérationnels, mais avec des retards de près de deux ans sur certains chantiers majeurs.

Derrière ces chiffres se posent des questions : comment sont pris les arbitrages entre cultures d’export (dattes, agrumes, huile d’olive) et sécurité alimentaire locale, entre grands investisseurs et petits exploitants du Centre-Ouest et du Sud-Ouest ? L’agriculture capte la majeure partie de l’eau mobilisée, loin devant l’eau potable, le tourisme et l’industrie, mais la répartition exacte reste un angle mort du débat public.

32% de pertes : qui paie le vrai prix de l’eau ?

Les pertes d’eau potable dans les réseaux de distribution de la Sonede sont estimées entre 20 et 40% selon les régions, avec un taux moyen national souvent cité autour de 32,5%. En volume, cela représente entre 120 et 160 millions de m³ perdus chaque année avant d’atteindre le consommateur, dont 95,3 millions de m³ pour le seul réseau de distribution, selon les données de la Sonede.

Le réseau de la Sonede s’étend sur environ 59 000 km de canalisations, dont une part importante a plus de cinquante ans, ce qui explique en grande partie le niveau élevé des pertes. Durant l’été 2026, les installations de la Sonede ont fonctionné entre 115 et 120% de leur capacité d’exploitation, sous l’effet d’une forte hausse de la consommation, des délestages électriques et de la vétusté des infrastructures…

En 2025, les ménages ont dépensé environ 790 millions de dinars en eau embouteillée, en réaction aux coupures et à la perte de confiance dans l’eau du robinet.

Qui subit les coupures et la mauvaise qualité ?

L’évaporation sur les barrages représente jusqu’à 750 000 m³ d’eau perdus chaque jour en période de forte chaleur, selon les estimations d’experts, accentuant la pression sur les régions déjà sous tension. Les citoyens disposent de peu de mécanismes effectifs pour contester une facture, signaler une coupure prolongée ou exiger des explications sur la qualité de l’eau distribuée.

Rappelons que la consommation totale d’eau potable (milieu urbain et rural) avoisine 820 millions de m³ par an, avec un taux de croissance de la demande d’environ 18,5% sur les cinq dernières années, ce qui rend ces inégalités encore plus insupportables.

Transparence, emplois, innovation : quel avenir hydrique ?

Les données sur les barrages, la production, les pertes et les tarifs existent, mais leur accessibilité et leur lisibilité pour le citoyen restent limitées. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime a lancé une plateforme numérique pour les autorisations de forage et teste des solutions comme les films anti-évaporation sur certains barrages, mais une vraie transparence exigerait la publication en open data de jeux de données complets et actualisés.

Une chose est sûre : sans réforme de gouvernance, les nouveaux barrages risquent de reproduire les mêmes déséquilibres : plus d’infrastructures, mais toujours les mêmes inégalités d’accès, de qualité et de coût.

En somme, la question de l’eau ne se résume pas à un problème de pluie ou de barrages. Elle renvoie à des choix de société : quel modèle agricole, quel aménagement du territoire, quelle justice sociale ? La vraie question n’est pas « combien » d’eau nous avons, mais « comment » nous décidons de la partager, de la financer et de la contrôler.

Graphique généré par l’IA

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BYD affrète le plus gros cargo de l’histoire avec 9 200 voitures à bord

05. September 2026 um 09:42

BYD va pouvoir livrer plus de 9 200 voitures en une seule fois grâce à son nouveau bateau. Le 27 avril dernier, ce géant des mers a pris la direction du Brésil pour son inauguration. Un marché porteur pour le constructeur de voitures électriques qui n’a toujours pas d’usine sur place.

Habib Glenza

Le plus grand navire-cargo au monde peut transporter 9 200 voitures, et il appartient à BYD. Le 27 avril, la marque chinoise l’a lancé depuis sa ville natale à Shenzhen, en lui conférant le même nom. En décembre 2024, un autre cargo débarquait, du nom de Changzhou, en plus de l’Explorer No.1, inauguré en janvier 2024. Ces deux immenses bateaux n’égalent pourtant pas le nouveau Shenzhen : plutôt que 7 000 exemplaires de voitures, il peut en transporter 9 200. Deux autres navires sont encore prévus, pour aider la marque chinoise à exporter ses voitures de partout, sans compter sur une entreprise externe.

En termes de dimensions, le nouveau navire mesure 220 mètres de long pour 37,7 mètres de large. En hauteur, il possède 12 niveaux, plus que la plupart des parkings

La surface totale pour y placer les nouveaux exemplaires de BYD atteint 20 terrains de foot. Pour livrer ses voitures à temps, il pourra compter sur de puissants moteurs qui l’entraîneront jusqu’à 34,3 km/h accompagné de deux types de carburants : du gaz naturel liquéfié, en plus du carburant marin conventionnel.

La croissance de BYD et ses projets d’usines européennes

BYD a choisi le Brésil pour le premier voyage. Et ce n’est pas étonnant. La marque a de grandes ambitions sur place, et un projet d’usine, la plus grande après celle de Chine a été suspendu à cause de révélations sur les conditions de travail proches de l’esclavage de l’entreprise en charge de la construction du site. Ce site devait être la première usine de BYD en dehors de l’Asie. 

Parmi ses 4 millions de véhicules électrifiés vendus en 2024 dans le monde, la marque en a écoulé 170 000 au Brésil, en hausse de 85 % sur un an. Le nouveau navire viendra prêter main forte en permettant de faire un pont entre la Chine et le pays émergent, avec 9 200 livraisons à chaque traversée.

Sur les trois premiers mois de l’année 2025, les ventes de BYD au Brésil ont augmenté de 29,8 %, et s’établissent sur tous les marchés étrangers confondus au nombre de 206 000 unités. Comparé au premier trimestre l’année dernière, le nombre a déjà doublé. En Europe, le constructeur s’attend à ce que ses ventes doublent. Les autres marchés porteurs seront le Japon, le Mexique et la Corée du Sud.

En Europe, les négociations ont repris concernant les frais de douane avec les constructeurs chinois. Bruxelles ne cherche pas à être plus souple, mais à profiter de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. En attendant qu’une solution alternative puisse être trouvée face aux frais d’importation, BYD compte sur de nombreuses usines européennes en construction. Parmi elles, la plus importante se trouve en Hongrie, et doit ouvrir cette année. Au mois de mars, Bruxelles a ouvert une enquête concernant cette usine, pour déterminer si le constructeur avait bénéficié de subventions illégales à ses travaux, créant un avantage déloyal sur le marché européen.

En parallèle, une usine va ouvrir en Turquie, et un troisième site est dans les cartons. «L’emplacement et le calendrier sont encore en cours de discussion», avait déclaré la présidente de BYD Stella Li au début du mois de mars. 

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Volkswagen | Le conseil de surveillance valide 100 000 suppressions de postes

05. September 2026 um 09:31

Réuni le 3 septembre 2026, le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé à l’unanimité le «Plan d’avenir 2030», qui porte à 100 000 le nombre total de suppressions de postes prévues d’ici la fin de la décennie, soit environ 15 % des effectifs mondiaux du groupe. Ce chiffre additionne 50 000 nouveaux départs à l’échelle mondiale aux 50 000 déjà actés en Allemagne depuis 2024, principalement chez la marque Volkswagen.

Après près de deux ans de tensions ouvertes, ponctuées de manifestations à Wolfsburg et Zwickau et d’une pétition syndicale signée par plus de 200 000 personnes, la direction et les représentants des salariés ont trouvé un compromis qui évite, au moins temporairement, l’affrontement frontal redouté depuis l’été. Le vote ne règle pas tout : le sort de quatre usines allemandes majeures, Emden, Zwickau, Hanovre et l’usine Audi de Neckarsulm, reste en suspens, reporté à des échéances allant de 2031 à 2034.

Un compromis négocié pied à pied

Le vote de vendredi a été précédé, la veille, d’une réunion de la commission de présidence du conseil, avant la séance plénière de l’organe de contrôle du groupe à Wolfsburg. En son sein, salariés et actionnaires pèsent à parts égales, et les représentants du personnel disposent, via le système allemand de cogestion, d’un poids déterminant sur les questions touchant aux sites industriels, une architecture qui a longtemps limité la capacité de la direction à imposer une restructuration rapide.

Au-delà du volume d’emplois supprimés, le «Plan d’avenir 2030» redessine en profondeur le modèle industriel du groupe. Volkswagen prévoit de réduire de moitié sa gamme de modèles d’ici 2035 et de diminuer de 75 % la complexité de son offre, en resserrant les plateformes techniques et les architectures logicielles pour éliminer les doublons. L’objectif financier affiché est une marge opérationnelle de 9 % en 2030, contre à peine 3,8 % au premier semestre 2026, soutenue par 135 milliards d’euros d’investissements programmés entre 2027 et 2031 dans les usines, la recherche et les nouvelles technologies. Le groupe reconnaît par ailleurs une surcapacité de plus de 500 000 véhicules par an en Europe, conséquence directe de la pression concurrentielle chinoise et du recul de la demande sur le Vieux Continent.

La gouvernance elle-même doit être «simplifiée», sans que les modalités précises aient été détaillées. Le projet le plus sensible sur ce terrain, le détachement de la marque Volkswagen en société distincte, continue de se heurter à l’opposition du comité d’entreprise et du Land de Basse-Saxe, qui y voient une menace pour les droits de codécision garantis par la loi spécifique à la gouvernance du groupe adoptée en 1960.

Quatre usines dans l’incertitude

Deux fermetures sont déjà actées : celle de Dresde, et l’arrêt de la production automobile à Osnabrück, prévu pour 2027. Le sort de quatre autres sites reste en revanche ouvert. Selon des informations de la WirtschaftsWoche reprises par Reuters début septembre, le directoire a proposé au conseil de surveillance l’arrêt d’ici 2034 de :

• Emden, qui produit aujourd’hui les ID.4 et ID.7, avec une fermeture envisagée en 2031 ;

• Zwickau, qui assemble les ID.3, ID.4, ID.5, l’Audi Q4 e-tron et la Cupra Born, et emploie environ 9 200 salariés ; sa fermeture est également envisagée en 2031, le site tournant déjà en deux équipes au lieu de trois, faute de débouchés suffisants ;

• Hanovre, dédiée à l’assemblage d’utilitaires, avec une échéance 2032 ;

• Neckarsulm, l’usine Audi qui produit les A5, A6, A8 et e-tron GT, visée pour 2034.

Ces quatre sites représenteraient à eux seuls environ 40 000 emplois. Le directeur général du groupe, Oliver Blume, a reconnu ne pas voir aujourd’hui d’utilisation compétitive suffisante de ces installations pour la décennie 2030, tout en précisant qu’aucune fermeture n’a été formellement décidée à ce stade.

Le vote du 3 septembre a validé le cap financier et le volume global de suppressions de postes, mais a repoussé l’arbitrage site par site : le point le plus explosif du dossier reste à trancher.

Le vote unanime obtenu à Wolfsburg donne à Volkswagen des objectifs financiers et stratégiques clairs et rendus publics, et aux syndicats des garanties sur l’absence de fermetures immédiates et le maintien de la codécision. Le destin des quatre usines encore menacées reste ouvert, reporté à un rendez-vous ultérieur.

D’après Fausto Giudice.

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95,6 MDT de bénéfice net : la BT confirme sa progression au S1 2026

05. September 2026 um 09:19

 
La Banque de Tunisie (BT) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’un bénéfice net de 95,6 millions de dinars, en progression de 12,5 % sur un an, porté par une croissance de 11,8 % de son produit net bancaire.  

Les comptes semestriels de la Banque de Tunisie (BT), arrêtés au 30 juin 2026, font apparaître une amélioration sensible des indicateurs de rentabilité de l’établissement. Le bénéfice net s’élève à 95,6 millions de dinars (MDT), contre 85 MDT sur la même période en 2025, ce qui représente une hausse de 12,5 %. Dans le même temps, le résultat de base par action passe de 0,315 à 0,354 dinar.

Cette dynamique s’appuie sur un produit net bancaire (PNB) en nette progression : il s’établit à 292 MDT au premier semestre 2026, en hausse de 11,8 % par rapport aux 261,1 MDT enregistrés un an plus tôt. Trois postes portent cette évolution. D’abord, les intérêts et revenus assimilés, qui grimpent à 342,5 MDT contre 331,8 MDT en juin 2025. Ensuite, le portefeuille d’investissement, dont les revenus progressent de 10,6 % pour s’établir à 74,8 MDT. Enfin, les commissions perçues, à hauteur de 47,7 MDT.

Sur le volet des charges, l’établissement a réduit ses coûts d’exploitation bancaire de 6,5 %, ceux-ci passant de 197,5 à 184,8 MDT entre les deux exercices. Cet allègement provient en grande partie de la baisse des charges d’intérêts, tombées à 175,7 MDT contre 191,2 MDT un an plus tôt.

Côté activité commerciale, l’encours net des crédits à la clientèle a progressé de 9,6 % sur un an, pour atteindre 6.587 MDT en juin 2026 contre 6.009 MDT en juin 2025, et 6.585 MDT au 31 décembre 2025. Ce total inclut 5.862 MDT de crédits sur ressources ordinaires, parmi lesquels 1.543 MDT de crédits d’investissement et 1.189 MDT de crédits à la consommation.

Les dépôts de la clientèle, de leur côté, se maintiennent à 6.807 MDT, répartis entre 2.543 MDT de comptes d’épargne (dont 2.529 MDT de comptes spéciaux d’épargne), 1.909 MDT de comptes à vue et 1.982 MDT de dépôts à terme.

Les fonds propres complètent ce tableau financier : ils franchissent la barre des 1,5 milliard de dinars, à 1.508 MDT, contre 1.402 MDT à la même date en 2025. Cette solidité financière procure à la banque une capacité de couverture et une marge de manœuvre adaptées pour poursuivre son accompagnement du tissu économique national.

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