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Tunisie : la condamnation de Saâdia Mosbah confirmée en appel

25. Juni 2026 um 13:42
La Cour d’appel de Tunis a confirmé la condamnation à huit ans de prison de Saâdia Mosbah, la militante tunisienne pour les droits des personnes migrantes. Amnesty International et SOS Racisme dénoncent des accusations qu’elles jugent infondées et une procédure…

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Résistance, martyrs et indépendance : Le Musée de la mémoire nationale rouvre à Sejoumi

25. Juni 2026 um 08:53

A l’occasion du 70e anniversaire de la création de l’armée nationale, le président de la République, Kaïs Saïed, a inauguré mercredi 24 juin 2026, le Musée de la mémoire nationale à Sejoumi, après l’achèvement d’un vaste programme de restauration et de réaménagement. Cette réouverture marque la volonté de valoriser les grandes étapes de la lutte pour l’indépendance et de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.

Un parcours consacré aux combats de la libération

Lors de sa visite, le chef de l’État a parcouru les différentes galeries du musée, qui retracent plusieurs épisodes marquants de l’histoire nationale. Parmi les espaces mis en avant figurent ceux consacrés aux batailles de la résistance armée entre 1881 et 1954 ainsi qu’à la bataille de Bargou.

Les expositions présentent des témoignages de résistants ayant participé au mouvement national, ainsi qu’une série de documents, portraits et archives illustrant les différentes phases du combat pour la libération du pays.

Un hommage aux martyrs de la lutte nationale

Le président de la République a également pris connaissance de la maquette du musée et des supports retraçant l’épopée de la libération nationale.

À cette occasion, il a rendu hommage aux martyrs tombés pour la Tunisie et dont certains ont été exécutés sur le site même du musée. Parmi eux figure Béchir Nabheni, considéré comme l’un des martyrs de la bataille de Remada du 25 mai 1958.

À l’issue de sa visite, Kaïs Saïed a signé le Livre d’or du musée. Dans le message qu’il y a consigné, il a souligné l’importance de préserver la mémoire nationale et de transmettre l’histoire du mouvement de libération aux générations futures.

L’inauguration de ce musée rénové intervient dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire de l’armée nationale, un événement placé sous le signe du devoir de mémoire et de la valorisation du patrimoine historique tunisien.

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Kaïs Saïed préside la cérémonie marquant le 70e anniversaire de l’Armée nationale

Von: tmps
25. Juni 2026 um 08:49

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé mercredi matin à Tunis la cérémonie marquant le 70e anniversaire de l’Armée nationale, au cours de laquelle il a procédé à la promotion de plusieurs militaires et mis en avant le rôle stratégique de l’institution, tant dans la défense du pays que dans le développement économique national.

En sa qualité de chef suprême des forces armées, le président de la République a remis leurs galons à des officiers, sous-officiers et soldats promus à des grades supérieurs et a décoré d’autres militaires d’insignes militaires, avant de recevoir le flambeau commémoratif à l’issue du défilé militaire.

Dans l’ordre du jour adressé à l’ensemble des forces armées, Kaïs Saïed a souligné que le 24 juin 1956 représente davantage une « renaissance » qu’une simple date de fondation de l’Armée nationale, rappelant que l’institution militaire tunisienne puise ses racines dans une longue histoire marquée par des batailles, la création d’écoles militaires, la fabrication d’armes et l’élaboration de stratégies militaires encore étudiées aujourd’hui.

Le chef de l’État a, à cette occasion, annoncé l’ouverture prochaine du Musée de la mémoire nationale, récemment restauré, en hommage au patrimoine historique et militaire du pays.

Saluant la « relation fusionnelle » qui unit l’Armée nationale au peuple tunisien, il a rappelé les principales missions de l’institution, notamment la défense de la souveraineté nationale, la lutte contre le terrorisme, la contrebande, le trafic de stupéfiants et la migration irrégulière, ainsi que sa contribution à la sécurisation des examens nationaux et des échéances électorales.

Le président de la République a également mis l’accent sur la contribution de l’institution militaire à l’effort de développement. Il a cité, à cet égard, les projets de l’Office de développement de Rjim Maatoug du Sud et du Sahara, supervisés par l’Armée nationale, qui visent à valoriser les zones arides et à renforcer la production agricole au service de la sécurité alimentaire du pays.

Abordant les perspectives de modernisation des forces armées, Kaïs Saïed a souligné les progrès accomplis en matière d’équipement et de développement des capacités militaires nationales. Il a affirmé que la Tunisie est en mesure de concevoir et de fabriquer ses propres équipements militaires, présentant cet acquis comme un gage d’indépendance et de souveraineté nationales dans la prise de décision.

Sans prétendre au rang de grande puissance, la Tunisie demeure, selon ses propos, une « école mondiale » grâce à la qualité de ses compétences humaines et à son savoir-faire dans plusieurs domaines.

Le chef de l’État a conclu son message en rendant hommage aux martyrs tombés pour la patrie et en exprimant ses vœux de prompt rétablissement aux militaires blessés, réaffirmant l’attachement de l’Armée nationale à sa devise : « Une vie digne ou une mort honorable ».

(D’après Tap)

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Armée nationale : Le président Saïed promeut le Colonel-major Mohamed Ben Salah au grade de Général de brigade

Von: tmps
25. Juni 2026 um 08:44

À l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’armée nationale, le président de la République, Kais Saïed, chef suprême des forces armées, a présidé, mercredi matin, une cérémonie officielle organisée à cette occasion.

Lors de cette cérémonie, le chef de l’Etat a procédé à la promotion du Colonel-major, Mohamed Ben Salah, au grade de Général de brigade, selon un communiqué de la présidence de la République.

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Kaïs Saïed lance officiellement le Musée de la Mémoire nationale à Séjoumi

Von: tmps
25. Juni 2026 um 08:38

À l’occasion du 70e anniversaire de la création de l’armée nationale, le président de la République, Kaïs Saïed, a supervisé, mercredi après-midi, l’inauguration du Musée de la mémoire nationale à Sejoumi, après sa restauration et son réaménagement total.

Selon un communiqué de la présidence de la République et une vidéo publiée sur sa page Facebook, le chef de l’État a arpenté les différentes galeries de cet édifice historique, dont notamment, celles dédiées aux « batailles de la résistance armée 1881-1954 » et à la « Bataille de Bargou » à travers les témoignages des résistants ayant participé à la lutte nationale.

Le président Saïed a en outre pris connaissance de la maquette du musée ainsi que des portraits et documents vivants relatant l’épopée de la libération nationale.

Il a, à ce propos, rendu hommage aux martyrs exécutés sur le site même du musée, à l’instar de Béchir Nabheni, martyr de la bataille de Remada du 25 mai 1958.

À l’issue de cette visite, le président de la République a consigné un message dans le Livre d’or du musée, soulignant l’importance de préserver la mémoire nationale pour les générations à venir.

(D’après TAP)

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De Carthage à Chinguetti : anthropologie d’une relation séculaire entre la Tunisie et la Mauritanie

Von: farhat
21. Juni 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

La rencontre tenue au Palais de Carthage le 17 juin 2026 entre le Président de la République, Kaïs Saïed, et le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message du Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, constitue un point de départ pertinent pour réfléchir à une question qui dépasse largement le cadre diplomatique immédiat. Derrière les échanges institutionnels se dessine en effet une histoire longue, profonde et complexe qui relie la Tunisie et la Mauritanie à travers des dynamiques religieuses, culturelles, commerciales, intellectuelles et géostratégiques remontant à plusieurs siècles.

L’intérêt scientifique d’une telle réflexion réside dans la nécessité de dépasser l’analyse événementielle des relations internationales pour inscrire les interactions tuniso-mauritaniennes dans ce que l’historien français Fernand Braudel appelait le «temps long». Les relations entre les sociétés ne se réduisent pas aux traités diplomatiques ni aux échanges économiques contemporains, elles s’enracinent dans des structures historiques profondes, dans des circulations humaines, dans des systèmes de croyances, dans des réseaux de savoirs et dans des imaginaires collectifs qui survivent souvent aux transformations politiques.
L’analyse historique permet de constater que les contacts entre l’espace correspondant aujourd’hui à la Tunisie et celui de la Mauritanie sont probablement très anciens. Certains chercheurs évoquent l’existence de relations indirectes dès l’époque carthaginoise. Les explorations maritimes attribuées au navigateur carthaginois Hannon au Ve siècle avant notre ère témoignent déjà de l’ouverture de l’Afrique du Nord sur les côtes occidentales du continent africain.
Toutefois, c’est avec l’expansion de la civilisation islamique que ces relations prennent une forme plus structurée. La fondation de Kairouan en 670 par Oqba Ibn Nafaa marque un tournant majeur dans l’histoire du Maghreb. Pensée initialement comme base militaire destinée à consolider la présence musulmane en Afrique du Nord, la ville se transforme progressivement en un centre religieux, intellectuel et culturel dont l’influence dépasse largement les frontières de l’Ifriqiya.
Pendant plusieurs siècles, Kairouan devient l’un des principaux pôles de diffusion du savoir islamique dans l’ensemble du Maghreb et jusqu’aux régions sahariennes. Son rayonnement ne repose pas uniquement sur sa fonction politique ou militaire, il s’appuie surtout sur sa capacité à produire du savoir, à former des juristes, à diffuser la langue arabe et à structurer les réseaux intellectuels de l’Occident musulman.

La médiation sanhadjite : une articulation anthropologique entre deux espaces
L’un des éléments les plus significatifs dans l’histoire des relations entre la Tunisie et la Mauritanie réside dans le rôle joué par les populations sanhadjites. Les Sanhadja constituent une vaste confédération berbère qui occupait autrefois un immense territoire allant du Sahara occidental aux régions méridionales du Maghreb.
L’anthropologie historique montre que ces groupes n’étaient pas simplement des tribus nomades isolées. Ils formaient au contraire de véritables réseaux de circulation reliant les centres urbains du Nord aux espaces sahariens et subsahariens. Les échanges commerciaux, les alliances matrimoniales, les mobilités religieuses et les itinéraires du pèlerinage contribuaient à la constitution d’un espace culturel intégré.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’épisode bien connu du voyage de Yahia Ibn Ibrahim al-Godali à Kairouan au XIᵉ siècle. De retour du pèlerinage à La Mecque, ce chef sanhadjite rencontre le grand juriste malikite Abu Imran al-Fasi. Cette rencontre apparaît aujourd’hui comme un moment fondateur dans l’histoire intellectuelle du Sahara occidental.
L’enseignement transmis à travers cette médiation favorisera ultérieurement l’émergence du mouvement almoravide, l’une des plus importantes expériences politiques et religieuses de l’histoire médiévale du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. L’espace reliant Kairouan aux territoires de l’actuelle Mauritanie cesse alors d’être une simple zone de transit, il devient un véritable espace de production civilisationnelle.

Chinguetti et Kairouan : deux capitales symboliques du savoir islamique
L’histoire culturelle des relations tuniso-mauritaniennes ne peut être comprise sans évoquer le lien exceptionnel entre Kairouan et Chinguetti. Souvent qualifiée de «cité des bibliothèques», Chinguetti occupe une place particulière dans l’imaginaire intellectuel de l’Afrique musulmane. Pendant plusieurs siècles, son nom fut même utilisé dans de nombreuses régions du monde islamique pour désigner l’ensemble de la Mauritanie.
L’essor de Chinguetti est étroitement lié au développement des routes caravanières transsahariennes. Ces routes ne transportaient pas uniquement de l’or, du sel ou des marchandises, elles constituaient également des vecteurs de circulation des idées, des textes et des traditions savantes.
Dans cette dynamique, les œuvres du grand savant kairouanais Ibn Abi Zayd al-Qayrawani occupent une place centrale. Sa célèbre «Risala» s’impose progressivement comme l’un des textes fondamentaux de la formation juridique dans les mahadras mauritaniennes. La diffusion de cette œuvre illustre parfaitement ce que les sociologues de la culture appellent la circulation transrégionale des systèmes symboliques.
Le cas de la Risala révèle que l’influence de Kairouan sur la Mauritanie ne s’est pas exercée par domination politique mais par autorité intellectuelle. Le savoir devient ici un instrument de cohésion culturelle beaucoup plus durable que la contrainte militaire.
Les relations entre les deux espaces reposaient également sur une importante infrastructure économique. Les grandes routes sahariennes reliaient les centres urbains du Maghreb aux marchés de l’Afrique occidentale.
L’ancienne cité d’Aoudaghost, associée aux dynamiques sanhadjites, apparaît comme un maillon essentiel de ces réseaux. Les caravanes transportaient des produits matériels mais aussi des langues, des récits, des techniques, des croyances et des modèles sociaux.
L’anthropologue Claude Lévi-Strauss rappelait que les échanges constituent l’un des fondements de toute organisation sociale. Les routes transsahariennes illustrent parfaitement cette idée : elles créent des espaces de rencontre où se construisent progressivement des formes complexes d’interdépendance culturelle. Ainsi, le Sahara n’apparaît plus comme une frontière séparant les sociétés, il devient un espace relationnel reliant différents mondes humains.

De la défense des territoires à la maîtrise des circulations
La rencontre entre le Président Kaïs Saïed et le ministre mauritanien des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug s’inscrit dans un contexte régional et international particulièrement complexe, où les équilibres géopolitiques connaissent de profondes transformations. Au-delà de sa dimension protocolaire, cet échange traduit la volonté de deux États partageant des héritages historiques et culturels communs de renforcer leurs mécanismes de concertation face à des défis qui dépassent désormais largement le cadre national.
L’espace maghrébin et sahélo-saharien est aujourd’hui confronté à une combinaison de risques multidimensionnels : instabilités sécuritaires persistantes, expansion des réseaux criminels transfrontaliers, pressions migratoires croissantes, vulnérabilités économiques et alimentaires, ainsi que conséquences de plus en plus visibles des changements climatiques. Ces phénomènes interconnectés fragilisent les capacités d’action des États et rendent indispensable le développement de formes renouvelées de coopération régionale fondées sur la coordination, l’échange d’informations et la convergence des stratégies.
Dans ce contexte, les relations tuniso-mauritaniennes revêtent une importance particulière. Situées à l’interface entre l’espace maghrébin, méditerranéen et sahélien, la Tunisie et la Mauritanie disposent d’une position géostratégique qui leur confère un rôle potentiel dans la promotion de la stabilité régionale. Le dialogue politique entre les deux pays apparaît ainsi comme un instrument de consolidation de la confiance mutuelle, mais également comme un moyen de construire des réponses communes à des défis dont la portée est transnationale. Cette rencontre illustre, en définitive, la manière dont les liens historiques peuvent être mobilisés pour répondre aux exigences d’un environnement international marqué par l’incertitude, la compétition stratégique et l’accélération des mutations globales.
C’est précisément dans cette perspective que la relation entre la Tunisie et la Mauritanie mérite d’être replacée dans une temporalité longue. Loin d’être le produit exclusif des institutions diplomatiques contemporaines, elle s’inscrit dans un ensemble de connexions historiques ayant contribué à structurer les espaces maghrébins et sahariens pendant plusieurs siècles. Les échanges entre l’Ifriqiya, les régions sahariennes et les territoires correspondant à l’actuelle Mauritanie ont participé à la formation de vastes réseaux de circulation qui associaient les dimensions économiques, religieuses, intellectuelles et politiques. Ces interactions ont produit des formes de connectivité régionale particulièrement remarquables dans des espaces pourtant caractérisés par de fortes contraintes géographiques.
Kairouan et la Mauritanie ont occupé, à différentes époques, des positions complémentaires dans les réseaux de circulation qui structuraient le Maghreb et le Sahara. Kairouan constituait un important centre de production du savoir, de formation des élites et de diffusion des normes religieuses, juridiques et administratives à travers l’Afrique du Nord et les espaces sahariens. De son côté, la Mauritanie jouait un rôle stratégique dans les échanges transsahariens grâce à ses routes caravanières et à ses centres intellectuels, notamment Chinguetti. Ces interactions révèlent l’existence d’un vaste espace régional intégré où le Sahara servait de lien favorisant les échanges humains, culturels et intellectuels.

Les nouveaux impératifs du dialogue régional
Cette profondeur historique confère une dimension particulière aux rencontres diplomatiques contemporaines. Celles-ci ne se limitent pas à la gestion des intérêts immédiats des États, elles participent également à la réactivation de cadres de coopération hérités d’une longue histoire de circulations régionales. Dans un contexte où les fractures géopolitiques tendent à se multiplier, la capacité des États à mobiliser des ressources historiques et des références communes peut constituer un facteur important de stabilité et de dialogue.
La portée symbolique de ce type de rencontre devient encore plus significative lorsqu’elle est examinée à la lumière des défis actuels qui affectent l’espace maghrébo-saharien. Celui-ci se trouve aujourd’hui au croisement de plusieurs dynamiques potentiellement déstabilisatrices. Les transformations climatiques accélèrent la désertification, accentuent les tensions sur les ressources hydriques et fragilisent les équilibres socio-économiques de nombreuses régions. Les difficultés de développement alimentent les flux migratoires tandis que les espaces faiblement contrôlés deviennent parfois des zones d’activité pour des réseaux criminels impliqués dans les trafics de diverses natures. Dans le même temps, les recompositions géopolitiques mondiales renforcent la compétition pour l’accès aux ressources stratégiques, aux infrastructures logistiques et aux corridors commerciaux reliant l’Afrique à l’Europe et aux marchés internationaux.
Dans un contexte marqué par l’interdépendance croissante des risques sécuritaires, économiques, environnementaux et migratoires, les rencontres entre responsables maghrébins et sahéliens dépassent la seule dimension diplomatique pour s’inscrire dans une logique de gouvernance régionale. Elles traduisent la nécessité de mécanismes de coordination capables de répondre à des défis transnationaux qu’aucun État ne peut gérer isolément. La rencontre tuniso-mauritanienne illustre ainsi la recherche de nouveaux cadres de coopération au sein de l’espace maghrébo-saharien. Son intérêt analytique réside dans sa capacité à révéler les recompositions géopolitiques en cours et l’importance croissante de la concertation régionale face à un environnement international caractérisé par l’incertitude et la multiplication des vulnérabilités.

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Kairouan entre patrimoine, mémoire collective et développement territorial : lecture analytique d’une visite présidentielle

Von: tmps
19. Juni 2026 um 08:25

Par Mondher AFI

 Le 16 juin 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, a effectué une visite à la ville de Kairouan à l’occasion du nouvel an de l’Hégire. Cette visite a notamment porté sur l’avancement des travaux de restauration des Bassins des Aghlabides, ainsi que sur la réhabilitation du rempart historique de la médina. Au-delà de sa dimension institutionnelle, cet événement invite à une réflexion plus large sur les rapports entre patrimoine, identité collective, mémoire historique et développement territorial.

L’analyse scientifique des politiques patrimoniales montre en effet que les monuments historiques ne constituent pas seulement des vestiges du passé, ils représentent également des ressources symboliques, culturelles et économiques participant à la construction du présent et à l’élaboration des projets d’avenir.

Fondée en 670 par Oqba Ibn Nafaâ, Kairouan occupe une place singulière dans l’histoire du Maghreb. Elle constitue l’un des premiers centres urbains de l’Islam en Afrique du Nord et fut pendant plusieurs siècles un foyer majeur de diffusion religieuse, linguistique, intellectuelle et culturelle.

L’historien français Fernand Braudel rappelait que «les civilisations sont des réalités de longue durée». Cette notion de «longue durée» permet de comprendre pourquoi Kairouan dépasse largement le cadre d’une simple ville historique. Elle représente un espace où se sont accumulées des couches successives de mémoire, de savoirs et de pratiques sociales qui continuent d’influencer la société contemporaine.

La Grande Mosquée de Kairouan, les Bassins des Aghlabides, les remparts de la médina ou encore la Mosquée des Trois Portes constituent autant de témoins matériels d’une histoire pluriséculaire qui a contribué à façonner l’identité culturelle tunisienne et maghrébine.

Le patrimoine entre construction sociale et continuité historique

Les sciences sociales contemporaines considèrent le patrimoine non comme une réalité naturelle ou immuable, mais comme le produit d’un processus collectif de sélection, de reconnaissance et de valorisation. Un bien matériel n’acquiert une dimension patrimoniale que lorsqu’une société lui attribue une signification historique, culturelle ou symbolique particulière. Dans cette perspective, la restauration des Bassins des Aghlabides dépasse largement le cadre d’une intervention technique destinée à préserver des structures anciennes, elle participe à la réactivation d’une mémoire collective et à la réaffirmation d’une continuité historique.

Les travaux de Pierre Bourdieu ont montré que la valeur des biens culturels résulte des mécanismes sociaux qui les légitiment et les inscrivent dans l’espace public. De même, Pierre Nora souligne que certains monuments deviennent de véritables «lieux de mémoire», c’est-à-dire des repères symboliques permettant aux sociétés de maintenir un lien durable avec leur passé. Les Bassins des Aghlabides constituent à cet égard un témoignage matériel où convergent héritage historique, identité culturelle et mémoire nationale.

Les monuments historiques représentent ainsi des archives de longue durée. Ils conservent les traces des savoirs techniques, des innovations scientifiques, des formes d’organisation sociale et des représentations culturelles élaborées au cours des siècles. Leur architecture témoigne des niveaux de maîtrise atteints dans les domaines de l’ingénierie, de l’urbanisme et de la gestion des ressources, tout en révélant les systèmes de valeurs qui structuraient les sociétés qui les ont édifiés.

La restauration patrimoniale contribue dès lors à la transmission intergénérationnelle des connaissances et des références culturelles. Elle préserve non seulement des édifices, mais également un capital de savoirs, de techniques et de représentations qui participe à la compréhension du passé et à l’enrichissement des ressources intellectuelles mobilisables pour l’avenir.

Les recherches contemporaines en économie de la culture, en géographie du développement et en sociologie du patrimoine convergent aujourd’hui vers une même conclusion : le patrimoine ne constitue plus uniquement un objet de conservation historique, mais représente également une ressource stratégique susceptible de contribuer aux dynamiques de développement territorial. Cette évolution conceptuelle marque une rupture avec les approches traditionnelles qui limitaient la valeur du patrimoine à sa dimension mémorielle ou esthétique. Désormais, celui-ci est appréhendé comme un capital culturel capable de générer des effets économiques, sociaux et symboliques durables.

Dans cette perspective, l’approche développée par Amartya Sen apparaît particulièrement éclairante. Selon lui, le développement ne saurait être réduit aux seuls indicateurs de croissance économique ou à l’accumulation des richesses matérielles. Il renvoie avant tout à l’élargissement des capacités humaines, à l’accès aux ressources culturelles, à l’amélioration de la qualité de vie et au renforcement des possibilités offertes aux individus et aux communautés. Le patrimoine s’inscrit pleinement dans cette logique puisqu’il contribue à enrichir l’environnement culturel des populations tout en participant à la valorisation des territoires.

Les travaux récents relatifs à l’économie créative soulignent également que les ressources patrimoniales constituent aujourd’hui des facteurs essentiels de diversification économique. Les éléments matériels et immatériels hérités des civilisations anciennes peuvent être mobilisés dans de nombreux secteurs, notamment le tourisme culturel, les industries créatives, l’artisanat, la production culturelle, la recherche scientifique, l’éducation patrimoniale et les activités liées à la valorisation des savoir-faire traditionnels. Ainsi, le patrimoine cesse d’être perçu comme une charge financière destinée à préserver le passé pour devenir un investissement susceptible de produire des retombées économiques et sociales à long terme.

Les Bassins des Aghlabides constituent à cet égard un cas d’étude particulièrement significatif. Au-delà de leur valeur architecturale, ils représentent l’un des témoignages les plus remarquables de l’ingénierie hydraulique médiévale dans l’espace méditerranéen. Leur conception révèle un niveau avancé de maîtrise technique dans la gestion de l’eau, ressource fondamentale pour le développement des sociétés urbaines préindustrielles. Ces infrastructures traduisent également la capacité des civilisations anciennes à articuler innovations techniques, organisation territoriale et adaptation aux contraintes environnementales.

La réhabilitation de cet ensemble patrimonial revêt ainsi une portée multiple. Elle vise certes à préserver un monument historique d’une valeur exceptionnelle, mais elle participe également à la valorisation d’un savoir scientifique et technique accumulé au cours des siècles. Les opérations de restauration permettent de réactiver la fonction culturelle du site tout en renforçant son rôle dans les dynamiques contemporaines de développement territorial. Elles contribuent également à consolider l’attractivité culturelle de Kairouan à l’échelle nationale et internationale en inscrivant davantage la ville dans les circuits du tourisme patrimonial et de la valorisation des ressources historiques.

Dans cette perspective, les opérations de restauration patrimoniale apparaissent comme des instruments majeurs des politiques d’aménagement territorial. Leur mise en œuvre repose sur une approche multidisciplinaire associant l’ingénierie, l’architecture, l’archéologie, l’histoire, l’urbanisme et les sciences de la conservation afin d’assurer la préservation durable des biens patrimoniaux.

La coopération entre l’Administration générale du Génie militaire et l’Institut national du patrimoine illustre précisément cette convergence des savoirs et des expertises. Les projets patrimoniaux contemporains exigent en effet l’articulation de connaissances techniques complexes avec des exigences scientifiques liées à l’authenticité historique, à la conservation des matériaux et à la préservation de l’intégrité culturelle des sites concernés.

Ainsi, l’étude des Bassins des Aghlabides montre que le patrimoine doit être appréhendé comme une réalité multidimensionnelle où se croisent mémoire collective, savoirs techniques, identité culturelle, développement territorial et économie de la culture. Loin d’être de simples vestiges hérités du passé, ces ensembles patrimoniaux apparaissent comme des ressources stratégiques capables de contribuer simultanément à la transmission des héritages civilisationnels, à la production de valeur culturelle et à la construction de modèles de développement plus durables et plus intégrés.

Mémoire urbaine et continuité historique

La visite effectuée à Kairouan à l’occasion du suivi des travaux de restauration des Bassins des Aghlabides et des remparts de la médina constitue une opportunité d’analyse des relations complexes qui unissent patrimoine, mémoire urbaine et continuité historique. En effet, les recherches contemporaines en histoire urbaine montrent que les monuments historiques ne se limitent pas à leur dimension architecturale, ils constituent également des supports matériels de la mémoire collective et des marqueurs essentiels de l’identité des territoires.

Dans le cas de Kairouan, ville fondatrice de l’histoire du Maghreb islamique, les remparts représentent bien davantage qu’une infrastructure défensive héritée du passé. Ils témoignent de plusieurs siècles d’évolution urbaine, de transformations sociales et de dynamiques culturelles qui ont contribué à façonner l’espace citadin. Leur restauration participe ainsi à la préservation de la profondeur historique de la ville et à la transmission de références culturelles indispensables à la compréhension de son évolution.

Les travaux de Kevin Lynch ont montré que l’identité d’une ville repose largement sur la permanence de repères physiques capables d’assurer la lisibilité de l’espace et la continuité de la mémoire collective. Les monuments historiques jouent précisément ce rôle en offrant aux générations successives des points d’ancrage qui permettent de maintenir un lien tangible avec le passé. Leur conservation contribue dès lors à préserver la cohérence du paysage urbain tout en garantissant la continuité des récits historiques associés aux lieux. 

Patrimoine et développement territorial

 La visite du Président s’inscrit également dans un contexte plus large marqué par l’intérêt croissant accordé au patrimoine comme ressource culturelle et territoriale. Les sciences sociales considèrent aujourd’hui les monuments historiques comme des éléments structurants capables de produire des effets qui dépassent largement le champ de la conservation patrimoniale.

Les Bassins des Aghlabides et les remparts restaurés constituent des témoins exceptionnels des savoir-faire techniques, architecturaux et hydrauliques développés au cours des siècles. Leur préservation permet non seulement de sauvegarder un héritage matériel, mais également de maintenir vivante une mémoire collective qui participe à la construction des identités locales et nationales.

Les recherches en sociologie du patrimoine soulignent par ailleurs que les espaces historiques favorisent le renforcement du sentiment d’appartenance en offrant aux communautés des références communes inscrites dans la durée. Comme l’a montré Paul Ricœur, la mémoire collective se nourrit de lieux capables d’incarner la continuité du temps historique. Les monuments patrimoniaux deviennent ainsi des médiateurs entre les expériences du passé et les réalités du présent.

Au-delà de leur valeur symbolique, ces ensembles historiques constituent également des ressources susceptibles de contribuer au développement territorial. Leur valorisation participe à l’attractivité culturelle des villes, à la préservation des spécificités locales et à la consolidation des dynamiques économiques associées à la culture et au tourisme patrimonial. Cette approche reflète une conception du patrimoine comme facteur de développement durable, où la conservation des héritages historiques s’articule avec les enjeux contemporains d’aménagement, de cohésion sociale et de valorisation des territoires.

Ainsi, l’étude des opérations de restauration engagées à Kairouan met en évidence la multiplicité des fonctions assumées par le patrimoine dans les sociétés contemporaines. Loin de constituer de simples vestiges du passé, les monuments historiques apparaissent comme des ressources stratégiques où convergent mémoire collective, identité culturelle, organisation urbaine et développement territorial.

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Kairouan | La politique au chevet d’un hôpital fantôme

18. Juni 2026 um 11:48

 Entre le satisfecit mémoriel de Carthage et l’indignation tardive de l’ancien chef du gouvernement, la capitale des Aghlabides assiste à un énième duel de rhétorique où le développement régional reste le grand oublié.

Abdelwaheb Ben Moussa *

La visite avant-hier, mardi 16 juin 2026, du président Kaïs Saïed à Kairouan et le commentaire incisif attribué à Youssef Chahed qui s’en est suivi sur les réseaux sociaux viennent de réactiver, avec une virulence rare, le débat sur l’ordonnancement des priorités de l’État. En se félicitant ouvertement de l’avancement des travaux de réhabilitation de la Piscine des Aghlabides, menés sous la bannière de l’ingénierie militaire, le locataire de Carthage a voulu projeter l’image d’un État efficace, capable de restaurer ses symboles et sa dignité là où la bureaucratie civile a longtemps échoué. 

Pourtant, ce coup de projecteur présidentiel a offert à l’ancien chef du gouvernement une tribune idéale pour un retournement ironique.

La formule de Chahed, fustigeant une communication concentrée sur le patrimoine plutôt que sur le chantier sinistré de l’hôpital universitaire Roi Salman, se veut un coup d’éclat politique. 

Pourtant, cette joute numérique révèle une pathologie bien plus profonde : celle d’une classe politique qui traite les blessures structurelles du Centre-Ouest comme de simples arguments de communication.

Quand l’indignation sélective oublie son propre passif

L’efficacité rhétorique du commentaire de Youssef Chahed, distillé en dialecte tunisien pour maximiser son ancrage populaire, ne saurait masquer une évidente faille de cohérence temporelle. 

S’interroger aujourd’hui sur l’absence du président de la République sur le site de l’hôpital Roi Salman est une question légitime dans le fond, mais hautement problématique venant d’un homme qui a dirigé la Kasbah entre 2016 et 2019, sous la présidence de Béji Caïd Essebsi. 

Certes, ses partisans rappelleront les lourdeurs de la transition et les tiraillements de la coalition parlementaire de l’époque. Il n’en demeure pas moins que durant ces trois années de mandat, marqués par de grands arbitrages budgétaires bilatéraux, les financements saoudiens étaient déjà théoriquement validés et les blocages fonciers identifiés, sans qu’aucune pierre angulaire ne soit structurellement posée. 

Cette propension des anciens dirigeants à endosser l’habit de l’observateur neutre une fois revenus dans l’opposition fragilise la portée de leur critique. L’indignation, lorsqu’elle omet sa propre part de responsabilité historique, s’apparente davantage à une manœuvre de repositionnement personnel qu’à une exigence de reddition des comptes.

Kairouan entre symbole et symptôme

Au-delà de l’affrontement entre les deux hommes, le traitement de l’affaire de la «Piscine des Aghlabides» illustre une fausse dichotomie entre urgence économique et préservation patrimoniale.

En caricaturant la restauration de ce monument historique par l’image d’un simple chantier de maçonnerie accessible via un microcrédit de type Enda, la critique de l’ancien chef du gouvernement cède au raccourci populiste. Elle feint d’ignorer la complexité technique d’une réhabilitation patrimoniale de cette envergure, ici légitimée par la rigueur de l’institution militaire.

Le patrimoine culturel de Kairouan n’est pas une futilité esthétique ; c’est un actif économique territorial majeur pour l’attractivité et le tourisme de la région. 

Le véritable problème ne réside pas dans le fait que le chef de l’État se réjouisse de la renaissance des symboles historiques, mais dans l’incapacité chronique des gouvernances successives à articuler ces réussites mémorielles avec un plan de développement global. 

L’hôpital Roi Salman reste le symptôme d’une fracture sanitaire Est-Ouest que les promesses non tenues n’ont fait qu’exacerber, illustrant la faillite systémique des procédures de passation des marchés publics et des mécanismes d’exécution de l’État, imperméables aux alternances politiques.

Une opposition en quête de voix

Ce duel par écrans interposés met en lumière le vide programmatique d’une opposition qui peine à formuler des alternatives concrètes. S’il est indéniable que la concentration actuelle des pouvoirs exécutifs accentue la responsabilité directe de Carthage dans la lenteur des grands chantiers, critiquer l’omission des infrastructures vitales en rabaissant les succès logistiques de l’armée sur le terrain patrimonial condamne la parole politique à la stérilité. 

On ne résout pas une crise d’exécution par de l’ironie virtuelle, pas plus qu’on ne la résout par des injonctions morales. 

Entre celui qui visite sans bâtir et celui qui critique sans avoir bâti, c’est Kairouan qui paie le prix de cette symétrie stérile.

Pour que la capitale des Aghlabides sorte de l’ornière, elle n’a plus besoin de constats indignés ni de mises en scène de l’autorité, mais d’une refondation profonde de la gouvernance d’exécution qui libère l’administration de sa frilosité et transforme enfin les promesses budgétaires en réalités palpables pour les citoyens.

* Ingénieur informatique et cadre de banque.

NB: un outil d’intelligence artificielle générative a été mobilisé dans le cadre de la préparation de ce texte. Son usage s’est strictement limité à l’aide à la structuration du plan argumentaire, à la vérification de la cohérence chronologique des faits avancés, ainsi qu’à l’optimisation stylistique des transitions textuelles. L’analyse de fond, les choix d’angles critiques et les orientations politiques demeurent l’œuvre exclusive de l’auteur.

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Au-delà d’une visite d’adieu : la Tunisie et le Pakistan face aux recompositions du monde multipolaire

Von: tmps
18. Juni 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Le 15 juin 2026, au Palais de Carthage, le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu l’ambassadeur de la République islamique du Pakistan en Tunisie,Jawad Ahmed Umrani, venu lui présenter ses salutations d’adieu à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique. À première vue, l’événement pourrait apparaître comme un acte protocolaire ordinaire marquant la clôture d’un mandat diplomatique. Pourtant, une lecture plus attentive révèle une portée beaucoup plus large. Derrière les usages diplomatiques se dessine en effet un ensemble d’enjeux économiques, stratégiques, académiques et géopolitiques qui dépassent largement la personne du diplomate concerné.

Comme le rappelait le philosophe Paul Ricœur, «les événements n’ont de sens qu’à travers les structures qu’ils révèlent». Le véritable intérêt de cette rencontre réside précisément dans ce qu’elle permet de comprendre des mutations profondes qui affectent aujourd’hui les relations internationales et la place que peuvent y occuper des États comme la Tunisie et le Pakistan.

Depuis plusieurs décennies, les relations internationales connaissent une transformation progressive. L’ordre unipolaire qui avait émergé après la Guerre froide laisse place à une architecture beaucoup plus complexe où le pouvoir se diffuse entre une pluralité d’acteurs.

Dans ce contexte, les puissances dites intermédiaires acquièrent une visibilité nouvelle. Ni superpuissances ni États périphériques, elles occupent des positions stratégiques leur permettant d’exercer une influence croissante sur les dynamiques régionales et internationales.

Le Pakistan illustre parfaitement cette évolution.

Avec une population dépassant 240 millions d’habitants, une position géographique exceptionnelle reliant l’Asie du Sud, l’Asie centrale et le Moyen-Orient, ainsi qu’une économie figurant parmi les plus importantes du monde en parité de pouvoir d’achat, le pays cherche progressivement à transformer son poids démographique en influence économique et diplomatique.

Le géopoliticien Zbigniew Brzezinski soulignait que les espaces situés aux carrefours géographiques deviennent souvent les principaux théâtres des recompositions internationales. À cet égard, la position pakistanaise apparaît comme un atout majeur dans le nouvel environnement mondial.

Des échanges économiques encore modestes malgré un potentiel considérable

L’examen des relations économiques entre la Tunisie et le Pakistan révèle un niveau d’intégration commerciale encore limité au regard des capacités productives, démographiques et industrielles des deux pays. Les échanges bilatéraux demeurent concentrés sur un nombre restreint de produits : les exportations pakistanaises vers la Tunisie concernent principalement le riz, les produits textiles, les équipements médicaux spécialisés et certains articles manufacturés, tandis que les exportations tunisiennes reposent essentiellement sur les produits chimiques, les huiles végétales ainsi que divers intrants destinés à l’industrie.

Les données disponibles indiquent que les flux commerciaux restent relativement modestes et ne reflètent qu’une partie du potentiel de complémentarité existant entre les deux économies. Cette situation s’explique par une combinaison de facteurs structurels, parmi lesquels la faiblesse des réseaux logistiques directs, la distance géographique, la connaissance limitée des marchés respectifs ainsi que l’absence de mécanismes suffisamment développés de mise en relation entre les acteurs économiques.

L’analyse des déséquilibres observés dans les échanges internationaux montre que l’intensité des relations commerciales ne dépend pas uniquement de la taille des marchés ou de la disponibilité des ressources productives. Elle est également conditionnée par le degré de compétitivité des économies, l’efficacité des infrastructures de transport, la fluidité des circuits financiers et la capacité des institutions à réduire les coûts de transaction. Dans ce contexte, la faiblesse relative des échanges tuniso-pakistanais apparaît moins comme le résultat d’une absence de complémentarités économiques que comme la conséquence d’un niveau encore insuffisant d’interconnexion entre les deux espaces économiques.

L’enjeu dépasse ainsi la seule augmentation des volumes commerciaux. Il concerne plus largement la création d’un cadre de coopération économique susceptible de favoriser les investissements, les partenariats industriels, les transferts de compétences et l’intégration progressive des entreprises dans des chaînes de valeur régionales et internationales. Une telle dynamique pourrait contribuer à diversifier les débouchés commerciaux des deux pays, à renforcer leur résilience face aux fluctuations des marchés internationaux et à élargir les perspectives de coopération dans plusieurs secteurs à forte valeur ajoutée.

La Tunisie comme interface économique entre les espaces méditerranéen, africain et asiatique

L’étude des perspectives de coopération économique entre la Tunisie et le Pakistan met en évidence l’existence d’une complémentarité géoéconomique qui dépasse largement la seule dimension commerciale. Si les échanges bilatéraux demeurent encore relativement limités, les caractéristiques géographiques et économiques des deux pays ouvrent la voie à des formes de coopération plus larges fondées sur les investissements, les activités logistiques, les partenariats industriels et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Dans cette perspective, la Tunisie dispose d’atouts particuliers liés à sa position géographique. Située au croisement de l’espace méditerranéen, africain et moyen-oriental, elle bénéficie d’une proximité avec les marchés européens tout en participant aux dynamiques d’intégration économique du continent africain. Cette situation lui confère un potentiel de connexion entre plusieurs ensembles régionaux dont les interactions se renforcent progressivement sous l’effet de la mondialisation des échanges et de la diversification des stratégies d’implantation des entreprises internationales.

Les transformations récentes de l’économie mondiale ont profondément modifié les critères de la compétitivité territoriale. La richesse d’un pays ne dépend plus uniquement de ses ressources naturelles ou de la taille de son marché intérieur, mais également de sa capacité à attirer les investissements, à organiser les flux économiques et à s’intégrer dans les réseaux internationaux de production. Dans ce contexte, la valeur stratégique d’un territoire réside de plus en plus dans sa fonction d’intermédiation entre différents espaces économiques et dans son aptitude à faciliter la circulation des marchandises, des capitaux, des technologies et des compétences.

L’intégration de la Tunisie dans la Zone de libre-échange continentale africaine renforce cette dimension. La constitution progressive d’un marché africain plus intégré suscite un intérêt croissant de la part des entreprises étrangères cherchant à accéder à de nouveaux débouchés. Dans cette configuration, la Tunisie peut être envisagée comme une plateforme susceptible de relier les marchés africains aux espaces méditerranéens et asiatiques, offrant ainsi des possibilités de coopération économique élargies.

Les infrastructures portuaires, les plateformes logistiques et les zones économiques spécialisées constituent des instruments essentiels de cette dynamique. Les zones franches de Bizerte et de Zarzis illustrent notamment les possibilités offertes en matière d’implantation industrielle, de transformation manufacturière et de réexportation vers différents marchés régionaux. Leur intérêt réside dans leur capacité à s’insérer dans des réseaux économiques transnationaux caractérisés par une forte mobilité des capitaux et des activités productives.

Toutefois, l’expérience internationale montre que les avantages géographiques ne produisent pas automatiquement des effets économiques. Leur valorisation dépend de nombreux facteurs complémentaires, notamment la qualité des infrastructures, l’efficacité des institutions, la stabilité du cadre réglementaire et la capacité à développer un environnement favorable aux activités productives. Dans cette perspective, l’enjeu principal consiste à transformer un avantage de position en un avantage fonctionnel durable, capable de générer de la valeur ajoutée, de renforcer l’intégration économique régionale et de favoriser une insertion plus active dans les réseaux de production mondiaux.

Le rôle du Pakistan dans l’articulation des espaces géoéconomiques régionaux et internationaux

La complémentarité fonctionne également dans l’autre sens.

Le Pakistan offre à la Tunisie un accès privilégié à un espace économique particulièrement vaste. Son ouverture sur l’Asie centrale, ses infrastructures portuaires et son intégration progressive dans les nouvelles routes commerciales asiatiques renforcent son attractivité.

Le port de Gwadar et le Corridor économique Chine-Pakistan constituent aujourd’hui des instruments majeurs de connectivité régionale. Comme l’écrivait Fernand Braudel, les grandes transformations économiques naissent souvent de la maîtrise des routes et des circulations. La stratégie pakistanaise s’inscrit précisément dans cette logique de contrôle des flux commerciaux et logistiques. Pour les entreprises tunisiennes, l’intérêt du marché pakistanais ne réside pas uniquement dans ses 240 millions de consommateurs mais également dans sa capacité à servir de passerelle vers d’autres espaces asiatiques.

L’un des aspects les plus importants évoqués lors des échanges concerne la volonté de renforcer les mécanismes institutionnels de coopération.

La future session de la Commission mixte économique, commerciale et technique, l’achèvement des consultations relatives à l’Accord de commerce préférentiel, les projets de mémorandums d’entente,ainsi que la multiplication des contacts entre organisations patronales témoignent d’une volonté de donner un contenu plus concret aux relations bilatérales.

Ces initiatives traduisent une évolution de la diplomatie contemporaine.

Comme le soulignait Joseph Nye, l’influence internationale ne repose plus uniquement sur la puissance militaire ou politique mais également sur la capacité à créer des réseaux durables de coopération économique, scientifique et culturelle.

L’un des éléments les plus remarquables du partenariat tuniso-pakistanais réside dans sa dimension intellectuelle et universitaire. Les colloques consacrés à Muhammad Iqbal, les projets de coopération entre universités, ainsi que les distinctions académiques attribuées à des chercheurs tunisiens montrent que les relations bilatérales ne se limitent pas aux seuls échanges économiques.

Pierre Bourdieu rappelait que le capital culturel constitue une ressource stratégique dans les relations entre sociétés. Les collaborations universitaires contribuent ainsi à construire des formes de confiance mutuelle qui dépassent les fluctuations conjoncturelles de la politique ou de l’économie. Cette dimension culturelle apparaît d’autant plus importante que les deux pays partagent certaines références historiques, intellectuelles et civilisationnelles susceptibles de favoriser un dialogue durable.

Au-delà du protocole : une lecture géostratégique

La rencontre du 15 juin 2026 ne doit donc pas être interprétée comme une simple cérémonie de départ.Elle constitue un révélateur des transformations plus larges qui affectent l’environnement international : montée des puissances intermédiaires, redéfinition des routes commerciales, diversification des partenariats économiques et émergence de nouvelles formes de coopération fondées sur la connaissance, la connectivité et les investissements.

Lorsque Kaïs Saïed reçoit l’ambassadeur pakistanais en fin de mission, l’intérêt analytique de l’événement ne réside pas tant dans la dimension protocolaire que dans ce qu’il révèle d’une relation bilatérale appelée à évoluer dans un contexte mondial profondément transformé.

Comme l’affirmait Edgar Morin, «comprendre exige toujours de relier». Relier les espaces, les économies, les cultures et les stratégies apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux défis des États de taille moyenne cherchant à renforcer leur place dans un monde devenu à la fois plus interdépendant et plus incertain. L’évolution des relations tuniso-pakistanaises sera principalement déterminée par la capacité des deux pays à convertir les complémentarités existantes en mécanismes de coopération opérationnels. Le développement des investissements, des échanges technologiques, des partenariats économiques et de la coopération académique constituera un indicateur plus pertinent de la profondeur de cette relation que les seules interactions diplomatiques ou institutionnelles.

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La Tunisie et sa diaspora | Remettre les pendules à l’heure

17. Juni 2026 um 10:51

Lorsqu’un enfant de la diaspora tunisienne choisit de ne pas porter le maillot national et jubile après avoir marqué deux fois contre la Tunisie, comme l’a fait l’international suédois d’origine tunisienne Yasin Ayari (photo), lundi dernier, en Coupe du Monde Fifa 2026, il est inutile de vouloir le blâmer, même si cela peut choquer. Le véritable enseignement est ailleurs : il est grand temps de remettre les pendules à l’heure et de moderniser la relation entre notre pays et sa diaspora. Les liens avec les nouvelles générations de Tunisiens de l’étranger ne peuvent plus être considérés comme acquis.

Hakim Tounsi *

Pendant longtemps, la Tunisie a su mettre en place des mesures innovantes et attractives pour maintenir le lien avec ses ressortissants à l’étranger. La FCR, notamment, a constitué en son temps une avancée importante et un signal fort adressé à la diaspora. Mais le monde a changé, notre diaspora aussi. Les recettes d’hier ne suffisent plus à répondre aux réalités et aux attentes d’aujourd’hui.

L’exemple récent d’un joueur binational tuniso-suédois ayant choisi de défendre les couleurs de la Suède et d’inscrire deux buts face à la Tunisie lors d’une Coupe du monde illustre parfaitement cette réalité.

Les enfants de la diaspora construisent, légitimement, leur parcours, leurs réussites et parfois même leur sentiment d’appartenance dans leurs pays de résidence. Leur attachement à la Tunisie ne peut donc être considéré comme acquis, ni se transmettre automatiquement de génération en génération.

Renforcer le lien avec sa diaspora

Depuis plusieurs années, j’alerte sur le risque de voir une partie des nouvelles générations de Tunisiens nés ou ayant grandi à l’étranger s’éloigner progressivement de leur pays d’origine si la Tunisie ne repense pas en profondeur sa manière d’entretenir et de renforcer le lien avec sa diaspora.

C’est précisément pour cette raison que je plaide depuis des années en faveur d’une relation moderne, équilibrée et mutuellement bénéfique entre la Tunisie et sa diaspora. Une relation fondée non seulement sur l’attachement au pays et les attentes légitimes de la nation, mais aussi sur le respect, la confiance, la reconnaissance des compétences, des aspirations et de la volonté de contribuer de nos compatriotes établis à l’étranger.

Si le patriotisme demeure un facteur important de cohésion, il ne peut à lui seul garantir la pérennité de ce lien. La relation entre la Tunisie et sa diaspora doit également reposer sur des intérêts partagés, des opportunités réciproques et un véritable partenariat gagnant-gagnant. C’est à cette condition que l’attachement au pays continuera de se transmettre et de se renforcer au fil des générations.

Cela suppose également de moderniser certaines politiques publiques qui concernent directement les Tunisiens de l’étranger : l’enseignement de la langue arabe, les conditions de mobilité entre la Tunisie et les pays de résidence, la simplification des démarches administratives, l’encouragement des jeunes générations à découvrir leur pays d’origine ainsi qu’une meilleure prise en compte de la contribution économique, sociale et culturelle de la diaspora dans les choix stratégiques de la nation.

Pour une logique de confiance et de partenariat

Il est également temps de passer d’une logique principalement fondée sur les contrôles et les contraintes à une logique d’incitation, de confiance et de partenariat. À titre d’exemple, plutôt que de multiplier les formalités et les justificatifs, la Tunisie pourrait imaginer de nouveaux mécanismes encourageant le rapatriement de devises, l’investissement productif et la création de valeur par les Tunisiens de l’étranger.

La FCR et la loi de 1972 ont, chacune à leur époque, constitué des outils innovants qui ont contribué à créer une dynamique économique et à renforcer les liens avec les Tunisiens établis à l’étranger.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de reproduire ces dispositifs à l’identique, mais de retrouver le même esprit d’innovation en concevant de nouveaux programmes adaptés aux réalités du XXIe siècle : avoirs fiscaux liés à l’investissement productif, encouragement de l’investissement dans les régions, développement de zones d’activités ouvertes aux initiatives de la diaspora, ou encore mécanismes favorisant les partenariats entre les compétences des Tunisiens du monde et les acteurs économiques locaux.

L’objectif n’est pas de faire un cadeau à la diaspora. L’objectif est de créer une dynamique gagnant-gagnant dans laquelle le pays bénéficie de davantage d’investissements, d’activité économique, d’emplois et de recettes, tandis que les Tunisiens de l’étranger trouvent un intérêt concret à renforcer leurs liens avec leur pays d’origine. Les grandes réussites économiques naissent souvent d’idées simples, audacieuses et adaptées à leur époque. La Tunisie a su faire preuve d’innovation hier ; elle doit retrouver cette capacité aujourd’hui.

En tant que Tunisiens engagés, nous mettons notre expérience et notre expertise au service de notre pays, convaincus que la valorisation des talents de la diaspora et la mise en place d’un véritable partenariat stratégique permettront de renforcer durablement les liens avec les Tunisiens du monde et de prévenir leur éloignement progressif.

Avec la précieuse contribution de mon ami Naoufel Zayadi, nous avons notamment formulé plusieurs propositions visant à réformer et moderniser l’enseignement de la langue arabe destiné aux enfants de la diaspora dans leurs pays d’accueil. À ce jour, ces propositions n’ont malheureusement donné lieu à aucune mise en œuvre concrète.

Les droits civiques des binationaux

Par ailleurs, je continue de considérer que la suppression de certains droits civiques des Tunisiens binationaux sous le mandat de Kaïs Saïed, notamment l’interdiction de se présenter aux élections locales, constitue une erreur qu’il conviendra de corriger. Une nation forte est une nation qui rassemble toutes ses compétences, où qu’elles se trouvent, plutôt qu’une nation qui les éloigne.

La question de la diaspora est un enjeu stratégique majeur pour la Tunisie. Elle mérite d’être appréhendée comme une richesse nationale à part entière, suivie, valorisée et intégrée dans la réflexion publique. C’est pourquoi j’appelle à davantage de réflexion, de concertation et de retenue avant toute promulgation de loi ou prise de décision susceptible d’affaiblir les liens avec nos compatriotes à l’étranger et, à terme, de porter atteinte aux intérêts supérieurs de notre pays.

* Economiste, fondateur et dirigeant du tour opérateur Otentic en France.

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Kaïs Saïed : la responsabilité au sein de l’État exige dévouement et sens du devoir

Von: tmps
17. Juni 2026 um 08:56

Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué, mardi, après-midi, une visite dans le gouvernorat de Kairouan, au cours de laquelle il a inspecté l’état d’avancement des travaux de réhabilitation des bassins des Aghlabides, placés sous la supervision de la direction générale du génie militaire.

Le chef de l’État s’est ensuite rendu aux remparts de la médina dont la restauration a été intégralement menée à terme après qu’une partie s’est effondrée et d’autres menaçaient ruine, cite un communiqué de la présidence de la République.

Dans une vidéo publiée via la page Facebook officielle de la présidence, le chef de l’Etat a salué les efforts déployés par la direction du génie militaire qui a achevé la restauration des bassins des Aghlabides et des remparts de la médina dans un temps record, tout en veillant scrupuleusement à préserver leur cachet architectural et historique.

Il s’est également félicité de la découverte de plusieurs vestiges archéologiques enfouis depuis des années, ce qui confère désormais au site un caractère original.

« Notre pays rayonne sur le monde. Que chacun sache que la Tunisie est un phare dans tous les domaines, et qu’elle le demeurera, fière et insoumise », a déclaré le président Saïed, dénonçant ce qu’il a qualifié d’« assassinat du patrimoine » de Kairouan, corollaire d’une expansion urbaine galopante qui se fait au détriment du domaine public.

Revenant sur le dossier des projets prévus pour le gouvernorat de Kairouan, le président de la République a mis l’accent sur l’impératif de lever au plus vite les obstacles freinant leur réalisation, fustigeant ceux qui dressent des blocages sous le faux prétexte de la lenteur des procédures pour se délier de leurs responsabilités.

« Quiconque détient une responsabilité au sein de l’Etat doit l’assumer comme un soldat au front », a-t-il encore martelé.

Juillet 2025, le président Saïed avait donné le coup d’envoi du projet de restauration des bassins des Aghlabides, supervisé par la direction générale du génie militaire en partenariat avec l’Institut national du patrimoine dans la perspective de réhabiliter ce monument historique et de renforcer l’attractivité touristique de Kairouan.

Le chantier couvre l’ensemble du site, qui s’étend sur environ 14 hectares. Il comprend la restauration en profondeur des bassins, l’installation d’un système hydraulique moderne garantissant le renouvellement permanent des eaux, la création d’espaces verts irrigués par un système de goutte-à-goutte alimenté directement depuis les bassins, ainsi que la réfection intégrale de l’enceinte du site.

Classés sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, les bassins des Aghlabides devraient retrouver leur vocation historique, culturel et touristique pour devenir un espace public ouvert répondant aux standards d’un parc moderne destiné aux familles et aux visiteurs tunisiens et étrangers.

Le projet est financé en partie par le don saoudien accordé à la construction de l’hôpital universitaire Roi-Salmane-ben-Abdelaziz de Kairouan, à l’aménagement de la mosquée Oqba Ibn Nafaa et de la médina, ainsi qu’à la restauration des bassins des Aghlabides.

Au cours de cette visite, le président a rencontré des citoyens et pris connaissance de leurs préoccupations, soulignant que « le travail se poursuit sans relâche pour répondre aux attentes du peuple tunisien, dans tous les secteurs et tous les domaines ».

Il s’est également rendu à la mosquée Oqba Ibn Nafaa dans le cadre de cette visite qui coïncide avec la célébration du Nouvel An de l’hégire.

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Kairouan : Saïed aux Bassins des Aghlabides, entre restauration du patrimoine et attentes citoyennes

17. Juni 2026 um 07:33

Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué mardi 16 juin une visite à Kairouan où il a inspecté l’avancement des travaux de réaménagement des Bassins des Aghlabides, conduits sous la supervision de la direction générale du génie militaire.

Le chef de l’État s’est également rendu aux remparts de la médina de Kairouan, dont les travaux de restauration ont été entièrement achevés après l’effondrement d’une partie de l’ouvrage et la dégradation de plusieurs autres sections qui menaçaient de s’écrouler.

Le génie militaire mis à l’honneur

Lors de cette visite, Kaïs Saïed a salué le travail réalisé par les équipes du génie militaire, estimant que plusieurs chantiers ont été menés dans des délais particulièrement rapides.

Le président a souligné que les travaux engagés aux Bassins des Aghlabides ont permis non seulement de réhabiliter ce monument emblématique, mais aussi de révéler des éléments du patrimoine restés longtemps enfouis.

Évoquant l’avancement du projet, il a indiqué que « de nombreux vestiges » qui étaient restés cachés pendant des années ont été mis au jour lors des opérations en cours, sans fournir davantage de précisions sur la nature exacte de ces découvertes.

Lire aussi: Tunisie : Les bassins des Aghlabides bientôt transformés en parc écologique et historique

Préserver l’identité historique de Kairouan

Au cours de ses échanges, le chef de l’État a insisté sur l’importance historique et civilisationnelle de Kairouan, qui s’apprête à entrer dans sa quatorzième centaine d’années d’existence.

Il a également évoqué la nécessité de préserver le caractère architectural et urbanistique de la ville, estimant que les futurs aménagements doivent respecter l’identité historique de l’ancienne capitale aghlabide.

Kaïs Saïed a par ailleurs appelé à accélérer la réalisation des projets publics et à lever les obstacles administratifs susceptibles d’en retarder l’exécution, estimant que les responsables concernés doivent pleinement assumer leurs responsabilités.

Rencontre avec les habitants

Comme lors de plusieurs de ses déplacements à l’intérieur du pays, le président de la République a rencontré des citoyens venus lui faire part de leurs préoccupations.

Selon la Présidence, il a réaffirmé que l’action de l’État se poursuivait « sans interruption » afin de répondre aux attentes des Tunisiens dans l’ensemble des secteurs et des régions.

Les Bassins des Aghlabides, construits au IXe siècle, figurent parmi les monuments les plus emblématiques de Kairouan et constituent l’un des plus remarquables témoignages du génie hydraulique de l’époque. Leur réhabilitation s’inscrit dans un programme plus large de valorisation du patrimoine historique de la ville.

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Tunisie et ZLECAf : les enjeux d’une intégration continentale à l’heure des recompositions géoéconomiques mondiales

Von: tmps
16. Juni 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, la politique extérieure tunisienne semble accorder une attention croissante aux dynamiques africaines et aux transformations qui traversent le continent. La visite officielle du Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, à Tunis du 10 au 13 juin 2026, s’inscrit dans ce contexte de redéfinition des priorités économiques et diplomatiques.

Toutefois, au-delà de sa dimension protocolaire, cette visite constitue un révélateur de mutations plus profondes qui concernent l’avenir de l’intégration africaine, la place des États dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales et la recherche de modèles de développement moins dépendants des structures traditionnelles de l’économie internationale.

L’événement intervient à un moment particulier de l’histoire économique mondiale. Les dernières décennies ont été marquées par une intensification de la mondialisation, mais également par l’apparition de nouvelles formes de fragmentation économique. Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes logistiques mondiales, les crises énergétiques et les mutations technologiques ont conduit de nombreux États à repenser leurs stratégies de coopération économique. Dans ce contexte, l’intégration régionale apparaît de plus en plus comme une réponse à la vulnérabilité des économies nationales face aux chocs extérieurs.

L’Afrique n’échappe pas à cette dynamique. Bien au contraire, elle cherche aujourd’hui à construire son propre espace économique intégré afin de renforcer sa capacité de négociation dans l’économie mondiale et de transformer son potentiel démographique, territorial et productif en véritable levier de développement.

La ZLECAf : un projet de civilisation économique continentale

La Zone de libre-échange continentale africaine est souvent présentée comme un accord commercial. Une telle définition demeure pourtant réductrice. En réalité, la ZLECAf représente une tentative historique de refondation des relations économiques entre les pays africains.

Depuis les indépendances, les économies du continent se sont développées dans un cadre largement hérité de la période coloniale. Les infrastructures, les réseaux commerciaux et les flux économiques ont été conçus principalement pour relier les territoires africains aux marchés extérieurs plutôt que pour favoriser les échanges entre pays voisins. Cette configuration a produit une situation paradoxale : des États géographiquement proches commercent parfois davantage avec des partenaires situés à plusieurs milliers de kilomètres qu’avec leurs propres voisins.

La ZLECAf cherche précisément à rompre avec cette logique historique. Son ambition consiste à créer un espace économique continental susceptible de stimuler les échanges intra-africains, de renforcer les capacités industrielles, d’encourager la transformation locale des matières premières et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur intégrées à l’échelle du continent.

Cette vision dépasse largement la simple question douanière. Elle repose sur l’idée que le développement économique africain ne peut être durable sans une densification des relations économiques internes au continent. L’intégration apparaît ainsi comme un instrument de souveraineté économique autant que comme un mécanisme de croissance.

Le passage d’une Afrique fragmentée à une Afrique connectée

L’un des principaux enseignements de la visite de Wamkele Mene réside dans l’importance accordée aux questions de connectivité. Derrière les discussions relatives au commerce se profile en réalité un défi beaucoup plus vaste : la construction d’un espace africain fonctionnel.

L’intégration économique suppose l’existence de réseaux capables de relier les territoires, les marchés, les entreprises et les populations. Or, l’une des caractéristiques structurelles de l’économie africaine demeure la faiblesse relative des interconnexions continentales.

Dans de nombreuses régions, les infrastructures de transport continuent de refléter les logiques héritées du passé. Les ports sont souvent tournés vers les échanges extérieurs tandis que les connexions terrestres entre États demeurent insuffisantes. Les coûts logistiques restent élevés et constituent un frein majeur au développement des échanges.

C’est pourquoi les corridors commerciaux continentaux occupent désormais une place centrale dans les stratégies de développement africaines. Ils ne sont pas seulement des infrastructures techniques,ils représentent des instruments de restructuration de l’espace économique africain. En facilitant la circulation des marchandises, des services et des investissements, ils contribuent à la création d’un marché continental plus cohérent et plus intégré.

Dans cette perspective, la question des infrastructures devient un enjeu géopolitique autant qu’économique. Les routes, les chemins de fer, les ports, les plateformes logistiques et les systèmes numériques constituent désormais des éléments déterminants de la puissance économique.

La Tunisie face à la nouvelle géographie de la puissance économique africaine

La visite du Secrétaire général de la ZLECAf à Tunis a remis au centre du débat une question qui dépasse largement le cadre des échanges commerciaux : la place que la Tunisie peut occuper dans les recompositions géoéconomiques qui traversent aujourd’hui le continent africain. Dans un contexte où les centres de gravité de l’économie mondiale connaissent un déplacement progressif vers de nouveaux espaces émergents, les États sont de plus en plus amenés à repenser leur positionnement non seulement en fonction de leurs ressources internes, mais également de leur capacité à s’insérer dans des réseaux régionaux de production, de circulation et d’innovation. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’intérêt croissant accordé à l’Afrique dans les orientations diplomatiques tunisiennes sous la présidence de Kaïs Saïed.

L’avantage géographique de la Tunisie ne peut produire d’effets économiques significatifs qu’à condition d’être converti en capacité effective d’intégration aux flux régionaux et internationaux. Dans les approches contemporaines de la géoéconomie, la centralité d’un territoire ne résulte plus exclusivement de sa position spatiale mais de son degré de connectivité aux réseaux de circulation des biens, des capitaux, des informations et des compétences. Dès lors, la performance des infrastructures logistiques, des systèmes de transport, des dispositifs numériques et des capacités institutionnelles constitue un facteur déterminant de compétitivité.

L’expérience tunisienne au sein des organisations économiques africaines, notamment du COMESA, représente dans cette perspective un capital institutionnel non négligeable. Les processus d’intégration régionale reposent généralement sur une accumulation progressive de mécanismes de coordination, de régulation et d’harmonisation. La ZLECAf s’inscrit dans cette trajectoire historique de construction graduelle d’un espace économique continental fondé sur la réduction des barrières aux échanges et le renforcement des interdépendances productives.

Toutefois, la viabilité de cette intégration demeure conditionnée par l’existence de prérequis structurels. La faiblesse des infrastructures transfrontalières, l’hétérogénéité des niveaux de développement, la fragmentation des marchés et l’insuffisante densité des chaînes de valeur régionales limitent encore l’intensification des échanges intra-africains. Dans ce contexte, les capacités de production de connaissances, de collecte de données et d’expertise économique acquièrent une importance stratégique croissante, dans la mesure où elles participent à la définition, à l’évaluation et à l’orientation des politiques d’intégration.

La ZLECAf apparaît ainsi moins comme un simple mécanisme de libéralisation commerciale que comme un instrument de restructuration de l’espace économique africain. Son enjeu principal réside dans la construction d’un marché continental plus intégré, capable de renforcer les complémentarités productives, d’accroître la valeur ajoutée créée localement et de consolider l’autonomie économique du continent dans un environnement international marqué par une concurrence accrue entre les grands ensembles régionaux

Intégration continentale et recomposition des sociétés africaines

L’intérêt croissant accordé à la Zone de libre-échange continentale africaine ne peut être réduit à une simple dynamique de libéralisation commerciale. Au-delà des statistiques relatives aux échanges ou aux investissements, la ZLECAf renvoie à une interrogation plus profonde sur les modalités de construction d’un espace africain capable d’articuler économie, société et territoire. Dans une perspective proche de celle défendue par Edgar Morin, le développement ne peut être pensé comme un phénomène exclusivement économique, il constitue un processus complexe où s’entrecroisent les dimensions institutionnelles, culturelles, sociales et politiques. La question centrale n’est donc pas seulement de savoir comment accroître les flux commerciaux entre les pays africains, mais comment transformer ces flux en mécanismes de cohésion et d’intégration sociale.

Cette problématique apparaît particulièrement importante dans un continent marqué par une croissance démographique rapide et par l’arrivée massive de nouvelles générations sur le marché du travail. Les femmes, les jeunes diplômés, les entrepreneurs et les petites entreprises ne représentent pas uniquement des bénéficiaires potentiels de l’intégration, ils en constituent l’une des conditions structurelles de réussite. Comme l’a montré Alain Touraine, les grandes transformations historiques ne deviennent durables que lorsqu’elles sont portées par des acteurs sociaux capables de leur donner un contenu concret. La véritable innovation de la ZLECAf réside peut-être dans cette tentative de faire de l’intégration économique un vecteur de participation sociale plutôt qu’un simple instrument de régulation des marchés.

Pour la Tunisie, cette évolution revêt une importance particulière. Les expériences accumulées dans les secteurs des services, de la formation supérieure, des technologies numériques ou encore de l’industrie pharmaceutique pourraient trouver dans les marchés africains des espaces d’expansion nouveaux. Toutefois, le défi ne consiste pas uniquement à exporter davantage, il réside dans la capacité à construire des réseaux durables de coopération, de transfert de compétences et de production de valeur à l’échelle continentale.

La ZLECAf face aux mutations de la géoéconomie mondiale

L’émergence de la ZLECAf doit également être replacée dans les transformations du système mondial. Immanuel Wallerstein avait montré que l’économie internationale s’est historiquement structurée autour de rapports asymétriques entre centres et périphéries. Dans le cas africain, cette logique s’est traduite par une orientation durable des économies vers l’exportation de matières premières et vers des marchés extérieurs souvent plus importants que les marchés régionaux eux-mêmes. Au-delà de sa dimension commerciale, la ZLECAf peut ainsi être interprétée comme une réponse historique à cette fragmentation héritée des trajectoires coloniales qui ont longtemps limité la densification des échanges intra-africains.

Cette lecture rejoint également les analyses de Samir Amin sur la nécessité de renforcer les capacités de développement endogène afin de réduire les formes de dépendance structurelle. L’enjeu ne consiste pas simplement à augmenter le volume des échanges entre pays africains, mais à favoriser l’émergence de chaînes de valeur continentales capables de retenir une part plus importante de la richesse produite sur le continent. Les expériences du Kenya dans les services numériques, du Rwanda dans les technologies administratives ou encore du Maroc dans l’industrie automobile illustrent déjà certaines possibilités de cette montée en gamme productive.

Dans cette perspective, l’un des défis majeurs de la ZLECAf ne réside pas dans l’ouverture des frontières mais dans la création d’infrastructures relationnelles capables de relier durablement les sociétés africaines. En reprenant l’approche de Manuel Castells, on pourrait même affirmer que la véritable compétition du XXIe siècle oppose moins des territoires que des réseaux. La question fondamentale devient alors la suivante : l’Afrique parviendra-t-elle à construire ses propres réseaux de circulation des biens, des capitaux, des connaissances et de l’innovation ou continuera-t-elle à dépendre principalement de réseaux conçus et contrôlés depuis l’extérieur ? C’est probablement autour de cette interrogation que se jouera la portée historique réelle de la ZLECAf au cours des prochaines décennies.

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Lutte contre la corruption et impératif de développement : la réconciliation pénale au cœur du projet de justice sociale

Von: tmps
13. Juni 2026 um 08:23

Par Ahmed NEMLAGHI

Le Président de la République Kaïs Saïed a annoncé avant-hier une nouvelle étape dans le dossier sensible de la réconciliation pénale, en affirmant que les personnes impliquées dans des affaires de corruption, qu’elles se trouvent en Tunisie ou à l’étranger, bénéficieront d’une nouvelle possibilité de conclure des accords destinés à récupérer les fonds détournés au profit de l’État tunisien.

Cette annonce a été faite au cours d’une réunion tenue au palais de Carthage avec le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale, Ali Abbes, dans un contexte marqué par la volonté affichée du Chef de l’État d’accélérer un processus qu’il considère comme un levier essentiel de justice économique et sociale. Il a précisé que les accords de réconciliation pénale seront désormais soumis au Conseil national de sécurité nationale, soulignant l’importance stratégique accordée par l’État à ce dossier considéré comme directement lié à la souveraineté économique du pays et à la récupération des ressources spoliées.

Le Président de la République a affirmé, au cours de cette réunion,  que cette initiative ne procède ni d’une logique de vengeance ni d’un règlement de comptes politique, mais d’une volonté claire de restituer au peuple tunisien les sommes détournées durant les décennies passées.

«Il ne s’agit pas de vengeance», a insisté le Président Kaïs Saïed, affirmant que l’objectif demeure de récupérer «chaque millime» appartenant au peuple tunisien.

Les personnes impliquées dans des affaires de corruption pourront bénéficier d’une nouvelle chance de conclure des accords de réconciliation pénale avec l’État tunisien. Selon lui, ceux qui accepteront ces accords pourront quitter les prisons ou régulariser leur situation, y compris lorsqu’ils résident à l’étranger.

Cette approche s’inscrit dans la philosophie de la réconciliation pénale défendue par le Président de la République, Kaïs Saïed, depuis plusieurs années, fondée sur l’idée que les fonds issus de la corruption doivent être réinjectés dans l’économie nationale et dirigés prioritairement vers les régions marginalisées et les catégories sociales les plus défavorisées.

La réconciliation pénale, mécanisme de justice réparatrice

Le Président de la République a rappelé, lors de cette réunion, qu’il défendait le principe de la réconciliation pénale depuis le 20 mars 2012.

À cette époque déjà, Kaïs Saïed plaidait pour une approche différente du traitement des dossiers de corruption financière, estimant que les longues procédures judiciaires classiques risquaient de retarder la récupération effective des fonds détournés et de priver les régions défavorisées des ressources nécessaires à leur développement.

Le Chef de l’État a ainsi rappelé avoir participé à plusieurs réunions organisées dans différentes régions du pays afin de réfléchir à des mécanismes permettant de récupérer les fonds spoliés tout en orientant ces ressources vers des projets de développement local. Selon cette vision, la réconciliation pénale ne doit pas être perçue comme une amnistie ou un abandon des poursuites, mais comme un mécanisme de justice réparatrice permettant à l’État de récupérer des ressources financières destinées à financer des projets économiques et sociaux au bénéfice des citoyens.

Investir dans les régions marginalisées

Dans cette optique, les personnes les plus impliquées dans les affaires de corruption participent directement au financement du développement dans les régions les plus pauvres du pays, pour la bonne raison que certaines régions ont été durablement appauvries par des politiques d’exclusion et de marginalisation. Ainsi,  les fonds récupérés devront contribuer à réduire les inégalités territoriales et sociales. Cette orientation rejoint la vision politique du Chef de l’État fondée sur la justice sociale, la redistribution des richesses et la nécessité de réparer les déséquilibres historiques entre les différentes régions du pays. Dans plusieurs de ses discours précédents, Kaïs Saïed a dénoncé les mécanismes économiques et politiques qui ont, selon lui, favorisé une concentration des richesses au profit d’une minoritéet au détriment des régions intérieures et des catégories vulnérables.

La réconciliation pénale apparaît ainsi comme un instrument destiné à transformer les fonds issus de la corruption en investissements au service du développement régional, de l’emploi et des infrastructures publiques.

Des commissions qui se suivent sans résultat concret

Le président de la République a également exprimé son mécontentement face aux retards enregistrés dans la mise en œuvre du processus de réconciliation pénale depuis le 25 juillet 2021.

Il a rappelé qu’un projet de loi avait été élaboré et que plusieurs commissions avaient été constituées au cours des dernières années afin de faire avancer ce dossier, sans toutefois parvenir à des résultats concrets. Kaïs Saïed a notamment évoqué la dissolution, le 15 septembre 2024, de la précédente commission chargée de ce dossier, estimant que les mécanismes mis en place jusque-là n’avaient pas permis d’atteindre les objectifs fixés. Face à ces lenteurs, le Chef de l’État a appelé le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale à accélérer la présentation des projets d’accords et à éviter toute procédure dilatoire ou obstacle administratif susceptible de retarder davantage le processus.

«Ni négociation ni chantage»

Les accords de réconciliation devront être conclus rapidement et sans tentative de pression ou de marchandage de la part des personnes concernées. Selon le Président, les mesures décidées par l’État doivent servir exclusivement les objectifs fixés par les autorités publiques, à savoir la récupération des fonds détournés et leur réorientation vers les projets de développement.

Kaïs Saïed a ainsi dénoncé ceux qui cherchent, selon ses termes, à prolonger volontairement cette situation afin de préserver certains intérêts ou d’échapper aux responsabilités.

Le Chef de l’État considère en effet que les retards accumulés dans le traitement des dossiers de corruption alimentent la défiance des citoyens envers les institutions et renforcent le sentiment d’impunité.

Un enjeu économique et politique

Dans un contexte économique difficile marqué par les tensions budgétaires, les besoins croissants en investissements publics et les attentes sociales élevées, le dossier de la réconciliation pénale revêt aujourd’hui une dimension particulièrement importante pour les autorités tunisiennes.

Le gouvernement cherche à mobiliser de nouvelles ressources financières susceptibles de contribuer au financement des projets de développement, des infrastructures et des programmes sociaux, notamment dans les régions défavorisées.

Pour Kaïs Saïed, la récupération des fonds détournés constitue également une question de souveraineté nationale et de justice envers les citoyens qui ont subi les conséquences de la corruption et des déséquilibres économiques accumulés pendant des décennies.

Cette approche traduit la volonté du Président de la République de présenter la lutte contre la corruption non seulement comme un impératif judiciaire, mais également comme un projet politique et économique destiné à refonder les rapports entre l’État, les citoyens et les détenteurs de richesses.

Une réforme au cœur du projet présidentiel

Depuis son arrivée au pouvoir, Kaïs Saïed fait de la lutte contre la corruption et de la récupération des fonds publics l’un des axes majeurs de son discours politique.

Le Président de la République considère que la corruption constitue l’un des principaux obstacles au développement économique, à la justice sociale et à la confiance dans les institutions publiques.

Dans cette perspective, la relance du processus de réconciliation pénale apparaît comme une tentative de donner un contenu concret à cette orientation politique, tout en cherchant à obtenir des résultats rapides et visibles.

La référence répétée à la justice sociale et au développement des régions marginalisées montre également que les autorités cherchent à inscrire ce mécanisme dans une logique plus large de redistribution des richesses et de correction des déséquilibres territoriaux.

Entre attentes et interrogations

Si l’annonce présidentielle a relancé le débat autour de la réconciliation pénale, plusieurs observateurs estiment néanmoins que le principal défi réside désormais dans la capacité des institutions à mettre en œuvre ce processus de manière efficace, transparente et conforme aux garanties juridiques nécessaires.

Les modalités concrètes de conclusion des accords, les montants susceptibles d’être récupérés, ainsi que les mécanismes de contrôle de l’utilisation des fonds récupérés devraient constituer des éléments déterminants pour la crédibilité de cette démarche.

D’autres s’interrogent également sur la capacité réelle de la nouvelle commission à accélérer le traitement des dossiers après plusieurs années de retards et de blocages administratifs.

Une ferme volonté d’accélération

En annonçant une nouvelle relance du processus de réconciliation pénale, Kaïs Saïed cherche manifestement à envoyer un signal politique fort : un État décidé à récupérer les ressources détournées et à les réorienter vers le développement national.

Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large fondée sur la justice sociale, la lutte contre l’impunité et la restauration du rôle de l’État dans la protection des intérêts collectifs.

Car au-delà des procédures judiciaires et des accords financiers, l’enjeu véritable demeure celui de la capacité de l’État tunisien à transformer les ressources récupérées en projets concrets capables de répondre aux attentes des citoyens et de réduire les fractures économiques et sociales qui continuent de fragiliser le pays.

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Tunisie. Réconciliation pénale : Kaïs Saïed veut relancer un mécanisme en panne

11. Juni 2026 um 12:40
Près de quatre ans après son lancement, la réconciliation pénale voulue par le président Kaïs Saïed peine toujours à convaincre, plombée par des résultats quasi inexistants. Qu’à cela ne tienne, Carthage y croit encore et s’acharne à vouloir raviver un…

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Réconciliation pénale : Kaïs Saïed appelle à la restitution de « l’argent du peuple »

11. Juni 2026 um 10:45

Le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé que l’opportunité reste ouverte, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, de conclure des accords de réconciliation pénale avec les personnes concernées. Les résultats de ces accords seront, a-t-il précisé, soumis au Conseil de sécurité nationale.

Lors de sa rencontre, hier au palais de Carthage, avec le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale, Ali Abbas, le chef de l’État a insisté sur le fait que ce mécanisme ne constitue pas une instance de “règlement de comptes”. Il s’agit, selon lui, d’un processus visant à récupérer les fonds “détournés au peuple” et à les restituer à la collectivité.

Kaïs Saïed a souligné qu’aucune intention de représailles ou de traitement punitif n’est recherchée, estimant que les personnes concernées, qu’elles soient en détention ou à l’étranger, doivent pouvoir bénéficier d’une nouvelle opportunité pour régulariser leur situation et clore ce dossier.

Le président a par ailleurs exclu toute forme de négociation ou de pression, appelant à accélérer la conclusion des accords dans les plus brefs délais et à éviter des procédures administratives qu’il juge sans réelle utilité.

Il a rappelé que l’idée de la réconciliation pénale avait été évoquée dès 2012, avant d’être reprise à travers différentes initiatives et consultations dans les régions du pays, avec pour objectif la restitution des fonds publics et leur orientation vers les zones les plus défavorisées, touchées selon lui par des décennies de marginalisation.

Kaïs Saïed a également évoqué les difficultés rencontrées par les commissions précédentes, qu’il attribue à des obstacles “non fortuits”, ayant conduit à leur échec progressif, la dernière ayant cessé ses activités en septembre 2024.

Enfin, le chef de l’État a appelé la nouvelle commission à soumettre rapidement les projets d’accords afin de finaliser ce mécanisme prévu par décret, et de clore définitivement ce dossier dans les meilleurs délais.

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Réconciliation pénale : Kaïs Saïed relance le dossier et promet la fin des poursuites après accord

11. Juni 2026 um 06:23

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu mardi 10 juin au palais de Carthage Ali Abbas, récemment nommé à la tête de la Commission nationale de la réconciliation pénale. À cette occasion, le chef de l’État a appelé à accélérer le traitement d’un dossier qu’il considère comme l’un des leviers majeurs pour récupérer les fonds détournés au profit du peuple tunisien.

Dans une intervention diffusée par la Présidence de la République, Kaïs Saïed a rappelé que l’idée de la réconciliation pénale remonte, selon lui, à mars 2012. L’objectif affiché demeure inchangé : récupérer les sommes indûment acquises et les orienter vers des projets de développement dans les régions les plus défavorisées du pays.

Critiques des précédentes commissions

Le président a estimé que les deux précédentes commissions chargées de la réconciliation pénale n’avaient pas atteint les résultats attendus. Il a évoqué des blocages présentés comme procéduraux, mais qu’il a également attribués à des considérations qu’il a qualifiées de « non innocentes ».

Selon lui, cette nouvelle phase doit permettre de tourner définitivement la page de ce dossier, en offrant une nouvelle opportunité aux personnes concernées, qu’elles se trouvent en Tunisie ou à l’étranger.

« Chaque millime doit revenir au peuple tunisien »

Kaïs Saïed a insisté sur le fait que la réconciliation pénale ne constitue pas un mécanisme de règlement de comptes.

« Nous ne voulons pas d’une juridiction pour régler des comptes avec qui que ce soit. Nous voulons une réconciliation fondée sur la restitution au peuple tunisien de chaque millime qui lui a été dérobé », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a également affirmé qu’il n’existait aucune volonté de persécuter les personnes impliquées, tout en excluant toute forme de marchandage ou de négociation autour des sommes à restituer.

Libération des détenus et retour des personnes à l’étranger

L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne les conséquences des accords de réconciliation qui pourraient être conclus.

Kaïs Saïed a ainsi indiqué que les personnes détenues pourraient quitter la prison après la conclusion de leur accord de réconciliation, tandis que celles qui se trouvent à l’étranger pourraient revenir en Tunisie « en toute sécurité », à condition de s’engager dans cette procédure.

Le président a enfin appelé la nouvelle commission à accélérer ses travaux et à présenter rapidement les projets d’accords, estimant qu’il ne fallait plus perdre de temps dans des procédures qui retarderaient l’aboutissement de ce dossier.

Qui est Ali Abbas ?

Ali Abbas a été nommé président de la Commission nationale de la réconciliation pénale par décret présidentiel publié au Journal officiel de la République tunisienne. Magistrat de haut rang, il a occupé plusieurs fonctions judiciaires et administratives, notamment dans des dossiers liés au contentieux de l’État et au recouvrement des avoirs publics.

Sa nomination intervient dans un contexte de relance d’un mécanisme que Kaïs Saïed présente comme essentiel pour récupérer les fonds détournés et les réorienter vers le développement des régions les plus défavorisées.

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Football. Kais Saïed recevant l’équipe nationale : « L’esprit défaitiste est plus grave que la défaite ! »

08. Juni 2026 um 09:13
Au lendemain de l’humiliante gifle reçue face à la Belgique (5-0), le contraste était saisissant entre la préoccupante impréparation manifeste des Aigles, et l’aisance certes à domicile des Diables rouges. Samedi soir à Bruxelles, les internationaux tunisiens quittaient la pelouse…

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Mondial 2026 | La Tunisie pour briser la malédiction de l’élimination au 1er tour

08. Juni 2026 um 08:55

Pour son dernier match de préparation à la Coupe du monde du football prévue du 11 juin au 19 juillet 2026 aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, la Tunisie a perdu face à la Belgique (0-5), samedi dernier, mais cette lourde défaite, qui a mis le groupe face à ses insuffisances, doit être considérée pour ce qu’elle est : un faux pas qui doit être rapidement oublié et dépassé.

Latif Belhedi

Car même si elle ne compte pas aujourd’hui de grands joueurs, l’équipe de Tunisie a toujours su faire bonne figure lors des grands rendez-vous, en puisant dans son esprit de groupe, sa discipline tactique et son héritage footballistique de plus de quatre décennies, où les éclats ne manquent pas même si les déboires sont également assez nombreux.

Les petits enfants de Tarak Dhiab, Hamadi Agrebi et Ali Kaabi, qui avaient réalisé la première victoire africaine en Coupe du Monde, en Argentine, en 1978, contre le Mexique (3-1), aborderont la septième participation tunisienne et troisième consécutive au Mondial avec la même détermination à faire honneur à leur statut de grands d’Afrique et du Monde arabe.

Partageant le record arabe de participations au Mondial avec l’Arabie Saoudite et le Maroc, la sélection tunisienne caresse néanmoins le rêve de franchir le premier tour, un cap qu’elle n’a jamais atteint malgré les ambitions grandissantes et les efforts consentis par plusieurs générations de footballeurs.

Six éditions, 3 victoires, 5 nuls et 10 défaites

Voici par ailleurs les résultats des Aigles de Carthage lors des 6 précédentes éditions :

Argentine 1978 : victoire face au Mexique (3-1) ; défaite contre la Pologne (0-1) et match nul face à l’Allemagne, championne du monde en titre (0-0).

France 1998 : défaites contre l’Angleterre (0-2) et la Colombie (0-1), et match nul face à la Roumanie (1-1).

Corée du Sud et Japon 2002 : match nul contre la Belgique (1-1) et défaites face au Japon (0-2) et à la Russie (0-2).

Allemagne 2006 : match nul contre l’Arabie Saoudite (2-2) et défaites face à l’Espagne (1-3) et à l’Ukraine (0-1).  

Russie 2018 : victoire contre le Panama (2-1) et défaites face à l’Angleterre (1-2) et à la Belgique (2-5).

Qatar 2022 : match nul face au Danemark (0-0), victoire historique face à la France (1-0) et défaite contre l’Australie (0-1).

Rompre avec la culture de la défaite

La Tunisie parviendra-t-elle enfin à surmonter cette barrière psychologique qui l’accompagne depuis toutes ses précédentes participations, briser la malédiction des éliminations au premier tour et atteindre pour la première fois de son histoire le deuxième tour, dans un groupe comprenant également les Pays-Bas, le Japon et la Suède ? C’est tout le mal que l’on souhaite aux protégés de Sabri Lamouchi dont la prise en main tardive des destinées techniques de l’équipe ne saurait justifier d’autres lourdes défaites comme celle subie il y a trois jours en amical face à la Belgique (0-5).  

En recevant hier, dimanche 7 juin 2026, au Palais de Carthage, les coéquipiers de Hannibal Mejbri, avant leur départ pour l’Amérique, le président de la république Kaïs Saïed a déclaré que «le temps de la participation pour la participation est révolu» et appelé le groupe à faire preuve d’un esprit de défi et d’une volonté de victoire. Tout en rappelant que «la culture de la défaite est plus grave que la défaite elle-même» dans tous les domaines, le chef de l’Etat a exhorté les joueurs à entamer la compétition «avec une détermination sans faille et un esprit conquérant». Leur premier match face à la Suède (Groupe F), à l’Estadio Monterrey au Mexique, le 15 juin 2026, à 19h00 (heure locale), est très attendu par les supporters des Aigles de Carthage, qui espèrent un sursaut des coéquipiers de Ellyes Skhiri.

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« Oubliez ce 5-0 » : Kaïs Saïed appelle les Aigles à transformer la défaite en force

08. Juni 2026 um 05:48

Deux jours après la lourde défaite de la Tunisie face à la Belgique (5-0) à Bruxelles, le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu dimanche 7 juin au palais de Carthage les joueurs et le staff de l’équipe nationale, quelques heures avant leur départ pour le Mondial 2026.

À quelques jours de l’entrée en compétition des Aigles de Carthage, le chef de l’État a livré un message centré sur le dépassement de soi, la confiance et le refus de la résignation.

« Oubliez ce 5-0 »

Évoquant directement le revers subi face à la Belgique, Kaïs Saïed a appelé les joueurs à tourner rapidement la page.

« Oubliez ce 5-0 », leur a-t-il lancé, estimant que cette défaite devait au contraire leur donner une nouvelle impulsion, renforcer leur volonté et accroître leur détermination à gagner.

Le président a insisté sur la nécessité de transformer cet échec en source de motivation, plutôt que de le laisser devenir un frein psychologique à quelques jours du début de la compétition.

Lire aussi: Lamouchi après le 5-0 : « Je ne fais rêver personne »

«La culture de la défaite est plus grave que la défaite»

Au cours de cette rencontre, Kaïs Saïed a affirmé que « le temps de la participation pour la participation est révolu », appelant les joueurs à aborder le Mondial avec un véritable esprit de défi et de victoire.

Il a rappelé que chaque membre de la délégation représente la Tunisie et porte ses couleurs devant le monde entier.

« Il ne faut jamais perdre de vue que vous représentez notre chère patrie, que vous portez le drapeau national et que vous vous battez pour le hisser toujours plus haut », a-t-il souligné.

Le chef de l’État a également estimé que « la culture de la défaite est plus grave que la défaite elle-même », appelant chacun à accomplir sa mission avec une « volonté de fer » et un esprit de conquête.

De l’Argentine 1978 au Mondial 2026

Revenant sur plusieurs moments marquants de l’histoire sportive tunisienne, Kaïs Saïed a évoqué des participations restées gravées dans la mémoire collective parce que leurs acteurs avaient réussi à « éblouir le monde ».

Le rappel renvoie notamment au Mondial 1978 en Argentine, lorsque la Tunisie avait battu le Mexique 3-1 à Rosario, signant la première victoire d’une sélection africaine et arabe dans l’histoire de la Coupe du monde.

Selon le président, la Tunisie demeure capable de relever les plus grands défis dès lors qu’elle croit en ses capacités et refuse toute forme de résignation.

Dans une formule imagée, il a conclu en affirmant qu’un résultat peut s’afficher sur un tableau lumineux, mais que l’essentiel est ce qui finit par s’écrire « en lettres d’or sur le tableau de l’Histoire ».

La délégation tunisienne devait s’envoler dimanche soir vers le Mexique, où elle poursuivra sa préparation avant son entrée en lice. Les Aigles de Carthage affronteront la Suède le 15 juin à Monterrey avec l’ambition de faire oublier le score de Bruxelles et d’écrire, à leur tour, une nouvelle page.

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