Opposition tunisienne : un regain de mobilisation qui bute sur ses limites
L’article Opposition tunisienne : un regain de mobilisation qui bute sur ses limites est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
L’article Opposition tunisienne : un regain de mobilisation qui bute sur ses limites est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Par Ahmed NEMLAGHI
La déclaration de l’ambassadeur et représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, Nabil Ammar, devant le Conseil de sécurité s’inscrit dans une ligne diplomatique régulièrement réaffirmée par le président de la république, Kaïs Saïed : le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même ne peut être effacé par la force, le temps ou les rapports de puissance. La Tunisie défend l’établissement d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods pour capitale. Cette position a été réitérée à plusieurs reprises par le chef de l’État et par les représentants de la diplomatie tunisienne.
Pour Kaïs Saïed, la question palestinienne ne saurait être réduite à une succession de négociations, de cessez-le-feu provisoires ou d’arrangements sécuritaires. Elle renvoie à une exigence de justice : reconnaître au peuple palestinien ses droits nationaux et mettre fin aux conditions qui empêchent leur exercice effectif.
Cette approche explique la place accordée, dans le discours tunisien, à la condamnation des violences contre les civils, aux déplacements forcés et à l’appropriation des terres palestiniennes. Elle s’accompagne du refus de toute solution qui conduirait à faire supporter aux Palestiniens le prix d’un règlement élaboré sans garantie de leurs droits.
La portée politique de cette position réside dans la distinction qu’elle établit entre une accalmie militaire et une paix durable. Un cessez-le-feu peut réduire les pertes humaines et permettre l’acheminement de l’aide, mais il ne résout pas, à lui seul, la question des droits nationaux, du territoire et de l’autodétermination. Pour Tunis, la recherche de la paix doit donc s’accompagner d’une réponse politique à ces questions fondamentales.
L’intervention de Nabil Ammar insiste sur la contradiction entre la poursuite des opérations militaires et les principes du droit international ainsi que de la Charte des Nations unies. Elle met en cause l’incapacité de la communauté internationale à garantir les droits du peuple palestinien, malgré les appels répétés à la cessation des violences.
Cette critique rejoint l’un des axes de la diplomatie défendue par Kaïs Saïed : les règles internationales ne peuvent avoir de véritable portée si leur application dépend de la puissance des États concernés ou de leurs alliances. La crédibilité du système multilatéral repose sur la cohérence entre les principes proclamés et les actes accomplis.
La question palestinienne devient ainsi un test pour les Nations unies. Si la protection des civils, le respect de la souveraineté des peuples et le règlement pacifique des différends constituent des principes fondamentaux, leur efficacité dépend de la capacité des institutions internationales à agir lorsqu’ils sont gravement mis à l’épreuve.
Dans cette perspective, l’appel tunisien à révéler les crimes commis, à les condamner et à assurer réparation aux victimes ne relève pas uniquement d’une démarche mémorielle ou morale. Il renvoie également à la nécessité de préserver les mécanismes de responsabilité et de justice. La reconnaissance des souffrances ne saurait remplacer l’établissement des faits, pas plus que la condamnation politique ne peut se substituer aux procédures juridiques compétentes.
La position tunisienne souligne ainsi que la paix ne peut être durable si elle repose sur l’effacement des victimes ou sur l’absence de responsabilité. Elle suppose que les violations soient examinées conformément au droit applicable et que les victimes puissent obtenir justice.
L’expérience tunisienne du colonialisme comme référence
Nabil Ammar a également rappelé que l’histoire tunisienne, marquée par le colonialisme, la violence et l’humiliation, renforce la détermination du pays à défendre les droits des Palestiniens. Cette référence historique constitue un élément important de la lecture que Kaïs Saïed fait des relations internationales.
L’expérience de la lutte pour l’indépendance nourrit une conception selon laquelle aucun peuple ne devrait être privé de son droit à choisir librement son avenir. Elle confère à la solidarité avec les Palestiniens une dimension historique et politique, tout en inscrivant la position tunisienne dans une réflexion plus large sur la liberté des peuples et le refus de la domination.
Cette référence ne signifie pas que les situations historiques soient identiques. Elle exprime plutôt une conviction : l’indépendance territoriale et politique ne peut être considérée comme pleinement accomplie tant que d’autres peuples restent privés de leurs droits fondamentaux.
Le discours présidentiel relie également cette question à la souveraineté nationale. Dans cette perspective, la Tunisie entend défendre ses choix diplomatiques sans se soumettre aux pressions extérieures, tout en maintenant sa participation aux institutions internationales et en plaidant pour le respect des principes qui les fondent.
La souveraineté ne signifie donc pas le retrait de la scène internationale. Elle suppose, au contraire, la capacité de prendre part aux débats mondiaux, de défendre une position nationale et de rechercher des convergences avec d’autres États sans renoncer à ses principes.
Arrêter les opérations militaires et construire une paix durable
En appelant à l’arrêt de toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, la Tunisie inscrit la question palestinienne dans une préoccupation régionale plus large. La multiplication des fronts et l’escalade des tensions exposent les populations civiles à des risques supplémentaires et font peser la menace d’une extension des conflits.
Cette position souligne la nécessité de privilégier les voies politiques et diplomatiques. Elle ne dissocie toutefois pas la désescalade régionale du règlement de la question palestinienne. Une paix qui ignorerait les droits du peuple palestinien risquerait de laisser intactes les causes profondes de l’instabilité.
Les chiffres évoqués par Nabil Ammar donnent la mesure de l’urgence humanitaire. Selon son intervention, 1.394 Palestiniens auraient été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025, tandis que le bilan total dépasserait 73.900 morts depuis le début de la guerre. Ces chiffres, attribués au diplomate tunisien, illustrent la gravité de la situation telle que la Tunisie la présente devant le Conseil de sécurité.
L’arrêt des opérations militaires doit, dans ce contexte, aller de pair avec la protection des civils, l’accès durable à l’aide humanitaire et la reconstruction des territoires dévastés. Il doit également ouvrir la voie à un processus politique qui ne réduise pas la paix à une simple suspension des combats.
La diplomatie tunisienne affirme ainsi son soutien aux initiatives susceptibles de mettre fin aux violences et de contribuer au rétablissement de la sécurité régionale. La difficulté reste celle de leur traduction en résultats concrets, dans un contexte où les divergences internationales et les rapports de force entravent la recherche d’un règlement.
De la solidarité politique à l’efficacité diplomatique
La constance de la position tunisienne constitue un marqueur de la politique étrangère de Kaïs Saïed. Mais la défense d’une cause sur la scène internationale pose également la question des moyens diplomatiques permettant de faire progresser les objectifs annoncés.
La Tunisie peut contribuer à cette dynamique en poursuivant son action au sein des Nations unies, en renforçant la coordination avec les pays arabes et africains et en soutenant les initiatives conformes au droit international. La diversification des partenariats et le dialogue avec les acteurs internationaux peuvent également servir la recherche d’un consensus en faveur de la protection des civils et de l’exercice des droits palestiniens.
L’enjeu est de transformer la fermeté du discours en capacité d’action : mobiliser les soutiens, favoriser les démarches multilatérales, défendre l’accès humanitaire et maintenir au centre des négociations la question des droits nationaux palestiniens.
Cette exigence ne dépend pas de la seule Tunisie. Elle engage l’ensemble des États qui affirment leur attachement au droit international et à la paix. Elle implique aussi de distinguer les déclarations de principe des résultats effectivement obtenus.
En définitive, l’intervention de Nabil Ammar traduit la volonté de Tunis de maintenir la Palestine au cœur de son action diplomatique et de rappeler que la paix ne saurait être durable sans justice. La ligne défendue par Kaïs Saïed repose sur une idée centrale : les droits d’un peuple ne peuvent être annulés par la force ni devenir une variable d’ajustement des équilibres géopolitiques.
La portée de cette politique se mesurera à sa capacité à contribuer, avec les autres acteurs internationaux, à la cessation des violences, à la protection des populations et à l’émergence d’une solution garantissant aux Palestiniens leurs droits nationaux. Car la crédibilité du droit international, tout comme la perspective d’une paix durable au Moyen-Orient, dépend de la possibilité de faire de ces principes une réalité.
L’article Le droit des peuples, socle de la diplomatie tunisienne : une position constante face à l’épreuve du Moyen-Orient est apparu en premier sur Le Temps News.
Des milliers de Tunisiens ont défilé dans la capitale, samedi 17 octobre 2025, pour protester contre le président Kaïs Saïed, dénonçant la dégradation des conditions de vie et les restrictions imposées aux libertés politiques. Au-delà du nombre de manifestants, qui était tout de même assez important et aurait même pu l’être davantage si les forces de sécurité n’ont pas bouclé certaines artères menant au centre-ville de Tunis, le pouvoir ne peut faire comme si rien ne s’était passé et poursuivre dans sa politique de fermeté et de fermeture qui ont mené à la situation de blocage actuelle où se trouve le pays sur fond de crise économique et sociale et de colère touchant désormais pratiquement toutes les couches de la société.
Ridha Kefi

On notera d’abord que la marche de protestation a drainé militants et citoyens de toutes obédiences politiques pour une fois unis dans un même élan de protestation contre le pouvoir en place.
On notera aussi que cette marche s’est déroulée dans le calme et la discipline, les manifestants comme les agents de l’ordre, qui étaient très nombreux, ont évité les contacts physiques et les heurts, contrairement aux manifestations qui eurent lieu, le même jour, dans plusieurs villes de France, et qui ont été marquées par des violences, des pillages, des destructions, des incendies, des blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre et plus de 1200 arrestations.
Autre leçon : les neuf organisations de la société civile ayant appelé à manifester – soutenues par les partis politiques, lesquels ont su mobiliser leurs militants et faire taire leurs divergences doctrinales et leurs différends politiques –, ont prouvé une grande capacité de mobilisation. Pour une fois, libéraux, nationalistes, islamistes et progressistes de gauche ont défilé ensemble, côte à côte, estimant peut-être que le blocage actuel dans le pays ne sert les intérêts d’aucune frange de la population.
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la puissante centrale syndicale que le pouvoir issu du coup de force du 25 juillet 2021 avait cru avoir muselé et définitivement réduit à l’impuissance, a été hier au four et au moulin, prouvant par la même occasion sa capacité à rassembler les oppositions et agréger les forces sociales dans un même élan de protestation politique et de revendication sociale.
Tunis et les autres villes de l’intérieur ont certes connu ces derniers mois plusieurs marches de protestation, mais la mobilisation d’hier a été de loin la plus importante, en nombre et en portée, les divergences politiques habituelles n’ayant pas empêché les forces d’opposition d’agréger leurs forces et de scander les mêmes slogans réclamant la libération des détenus politiques et d’opinion et la levée des restrictions pesant sur les droits syndicaux. Les pancartes portant des slogans tels que «Pas de démocratie sans libertés» et «Pas de dignité avec la pauvreté» illustraient les revendications politiques et économiques au cœur de cette manifestation où des avocats, des médecins, des journalistes et des chômeurs se sont côtoyés en exprimant les mêmes revendications.


Dans un contexte de blocage politique et de difficultés économiques durables, marquées par une croissance atone ne dépassant guère 2,5%, une inflation dépassant 5%, un endettement autour de 83%, un déficit budgétaire de 5,2%, un chômage persistant autour de 15%, une érosion du pouvoir d’achat, et surtout une absence de visibilité et de perspective d’avenir, la succession des mouvements de protestation et l’agrégation des colères ne présage rien de bon. Ce qui apelle la responsabilité du pouvoir exécutif (dans toutes ses composantes) et requiert un début d’ouverture de sa part ou, tout au moins, un desserrage de la vis qui enserre la vie publique et la maintient dans un étau étouffant.
L’article Tunisie | L’agrégation des frustrations et des colères est apparu en premier sur Kapitalis.
Des milliers de Tunisiennes et de Tunisiens ont répondu à l’appel des neufs organisations nationales, dont l’UGTT, le SNJT, l’Ordre des avocats, la LTDH et le FTDES, pour une marche de protestation à Tunis, ce samedi 17 octobre 2026, sous le slogan rassembleur : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout» (ou «Travail, liberté, dignité nationale»).
Le rassemblement a commencé au milieu de la matinée devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), place Mohamed Ali, au centre-ville de la capitale, et la foule des manifestants a grossi au fil des heures et s’est rassemblée devant le théâtre municipal de Tunis. La marche pacifique se déroule encore ans heurts notables et les slogans scandés dénoncent le pouvoir en place, incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, et son refus de tout dialogue politique ou social.
Les manifestants protestent aussi contre la détérioration de la situation socio-économique et politique, des libertés publiques et appellent à l’indépendance de la justice et la libération des détenus d’opinion.
I. B.
L’article Début de la marche à Tunis pour une Tunisie libre et digne est apparu en premier sur Kapitalis.
Une marche de protestation est prévue ce samedi 17 octobre 2026 à Tunis, organisée à l’appel d’organisations nationales et de partis politiques de différentes obédiences. Mise sous le slogan : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout», elle vise à protester contre la détérioration de la situation économique, sociale et politique et la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif et exiger le respect des droits et des libertés et la libération des détenus politiques et d’opinion. (Photo d’archives: Manifestation anti-Saïed du 20 août 2026).
Latif Belhedi
La marche a été décidée et annoncée, le 29 septembre, suite à une réunion des principales organisations nationales : l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et le Conseil de l’ordre des avocats tunisiens (Coat), qui avaient reçu le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur rôle dans la réussite du dialogue national avant alors sauvé le pays d’une grave crise politique. Elle a reçu le soutien de plusieurs autres organisations, tel que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ainsi que de partis politiques de diverses obédiences dont les militants vont devoir défiler sans arborer leur appartenance partisane, une manière de taire leurs divergences doctrinaires et politiques et présenter le visage d’une opposition unie face aux périls menaçant le pays.
Cette marche n’est pas la première du genre, elle fait suite à plusieurs autres qui partaient d’un même constat : la détérioration de la situation générale dans le pays marquée par la baisse du pouvoir d’achat, la hausse du chômage et la précarité croissante de franges importantes de la population. Sans oublier la dégradation des services publics (santé, éducation et transport) et les inquiétudes quant aux libertés publiques et individuelles, notamment la liberté d’expression et d’association et le droit de manifester pacifiquement.
Tout en insistant sur l’indépendance de la justice et le droit à un procès équitable et en rejetant toute restriction aux activités politiques, associatives et syndicales, les initiateurs de la marche défendent le droit à un travail décent, à une rémunération équitable et à une vie digne.
La marche d’aujourd’hui intervient dans un contexte tendu. Les relations entre l’UGTT et les autorités sont dégradées depuis des années et le dialogue social est quasiment à l’arrêt. La centrale syndicale a d’ailleurs annoncé une grève générale pour le 21 janvier 2026, invoquant la défense des libertés syndicales.
Estiment ne plus être entendues par le pouvoir politique, aujourd’hui incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, en poste depuis 2019, les organisations nationales ont choisi la rue pour faire entendre leurs voix et leurs revendications.
Il reste cependant à savoir si la mobilisation d’aujourd’hui, quelle que soit son ampleur, trouvera un écho auprès du locataire du palais de Carthage, qui est resté, jusque-là, totalement indifférent aux protestations populaires, assimilant ses opposants à des agents de l’extérieur traitres à la nation, dont il pense être l’unique incarnation.
L’article Marche du 17 octobre à Tunis | L’opposition sera-t-elle entendue ? est apparu en premier sur Kapitalis.
Le président de la République, Kais Saïed s’est rendu, jeudi, au carré des Martyrs à Bizerte, à l’occasion du 63e anniversaire de la fête de l’évacuation.
Lors de cette cérémonie, le chef de l’Etat a salué le drapeau national au son de l’hymne national avant de passer en revue un détachement des trois armées qui lui a rendu l’honneur, cite un communiqué de la présidence de la République.
Le président Saïed a ensuite déposé une gerbe de fleurs au pied du mémorial et récité la Fatiha à la mémoire des martyrs de la patrie.
Il a également rencontré d’anciens combattants ayant participé aux affrontements de juillet 1961, lors desquels les Tunisiens ont brandi le slogan « évacuation et arme », consentant de généreux sacrifices pour défendre l’indépendance et la souveraineté de la patrie.
Ces affrontements ont fait des milliers de martyrs et de blessés parmi les Tunisiens venus des différentes régions du pays.
Le chef de l’Etat a en outre souligné que « la Tunisie restera à jamais la tête haute » et que la patrie demeure « un dépôt sacré entre nos mains », réitérant l’engagement à œuvrer sans relâche à défendre la souveraineté du pays.
« Notre souveraineté ne se négocie pas », a-t-il martelé.
Le chef de l’Etat a en outre affirmé que le peuple tunisien est capable de relever les défis et de réécrire sa propre histoire, soulignant que le sang des martyrs demeure « un dépôt sacré » dont le peuple s’inspire pour réaliser ses aspirations légitimes dans les différents domaines.
Au centre-ville, où il a rencontré de nombreux citoyens, le président de la République a déclaré que la Tunisie fait face aujourd’hui à une bataille de libération semblable à celle menée par nos prédécesseurs, assurant que notre pays « n’acceptera rien d’autre que la victoire ».
Il a, à ce propos, reconnu l’ampleur des défis auxquels fait face la Tunisie, réaffirmant la ferme volonté de les relever.
Ces défis et obstacles, a-t-il poursuivi, sont le corollaire logique de plusieurs décennies de corruption et de sabotage et de manoeuvres malveillantes sciemment orchestrées par ceux qui se croient encore au-dessus de la loi.
Tout en insistant sur la dimension éminemment « nationale » de cette bataille, le chef de l’Etat a exhorté les Tunisiens à faire preuve de sens de responsabilité élevée afin de concrétiser les objectifs de la révolution et honorer la mémoire des martyrs.
Au terme de sa visite, le président Saïed s’est rendu à la base navale de Bizerte où il a inauguré un patrouilleur militaire fabriqué en Tunisie par des compétences nationales.
Il a souligné que cet exploit national ouvrira la voie à la fabrication d’autres équipements militaires, se déclarant profondément convaincu que le peuple tunisien, fort de sa jeunesse, de ses scientifiques et ses forces armées, est capable d’aller de l’avant sur la voie de l’excellence et de la créativité dans les différents domaines.
Dans une allocution vidéo prononcée à cette occasion, publiée via la page Facebook de la présidence de la République, le chef de l’Etat a loué la capacité dont dispose le peuple tunisien à « réaliser ce que nul n’aurait pu imaginer », indiquant que ce patrouilleur militaire a été fabriqué malgré les obstacles rencontrés.
Il a, à cette occasion, annoncé d’autres réalisations à venir dans le secteur naval, rendant hommage à tous ceux qui ont contribué à la concrétisation de ce projet.
Cet exploit national « sera gravé dans l’histoire en lettres d’or. », a-t-il encore renchéri.
Ont pris part à cette cérémonie, le ministre de la Défense et des membres du Conseil supérieur des armées.
L’article Kaïs Saïed depuis la base navale de Bizerte : « La souveraineté nationale est une ligne rouge » est apparu en premier sur Le Temps News.
Justice sociale, allègement de la pression fiscale, réponse aux besoins essentiels et soutien à l’investissement : à travers les orientations annoncées pour la loi de Finances 2027, le président de la République entend faire du budget de l’État un instrument au service du citoyen, de la réduction des inégalités et du développement national. Reste à traduire ces ambitions en mesures concrètes, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des Tunisiens.
La préparation de la loi de Finances 2027 s’inscrit dans une orientation que le président de la République, Kaïs Saïed, présente comme une rupture avec les approches économiques qui, selon lui, ont privilégié les équilibres comptables au détriment des besoins réels de la population. Lors du Conseil des ministres du 13 octobre 2026, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de placer les attentes des citoyens au centre des choix budgétaires, en accordant une attention particulière à la justice sociale, à la fiscalité, à l’investissement et aux exigences du développement.
Derrière ces orientations se dessine une conception du rôle de l’État : celui-ci ne doit pas se limiter à gérer les ressources publiques et à veiller aux grands équilibres financiers. Il lui revient également de garantir les conditions d’une vie digne, de réduire les disparités et de faire en sorte que les richesses nationales profitent à l’ensemble de la population.
La loi de Finances 2027 est ainsi appelée à traduire cette ambition dans les choix fiscaux, les dépenses publiques et les priorités économiques. Pour les Tunisiens, l’enjeu est de savoir dans quelle mesure ces engagements se répercuteront sur leur pouvoir d’achat, leur emploi et leur accès aux services essentiels.
La première promesse portée par le discours présidentiel est celle d’une plus grande justice sociale. Elle repose sur l’idée que les décisions budgétaires doivent tenir compte des difficultés quotidiennes des ménages, notamment ceux dont les revenus sont les plus modestes et qui subissent directement la hausse du coût de la vie.
Dans cette perspective, la loi de Finances ne saurait être considérée comme un simple document technique destiné à déterminer les recettes et les dépenses de l’État. Elle constitue un choix de société, puisqu’elle définit les catégories qui contribuent au financement des politiques publiques, celles qui en bénéficient et les secteurs auxquels les moyens disponibles sont affectés.
L’objectif affiché est de mieux répartir les charges et les ressources, en veillant à ce que les catégories les plus fragiles ne supportent pas une part disproportionnée de l’effort national. Cette orientation implique de porter une attention particulière aux salaires, aux pensions, à l’emploi, aux mécanismes de protection sociale et aux services publics dont dépend une large partie de la population.
La justice sociale ne peut cependant se réduire à des déclarations de principe. Elle suppose des mesures budgétaires cohérentes, des ressources suffisantes et des mécanismes de suivi permettant de vérifier que les décisions prises bénéficient effectivement aux citoyens auxquels elles sont destinées.
Alléger la pression fiscale et préserver les ressources de l’État
La fiscalité constitue un autre enjeu majeur de la loi de Finances 2027. Pour de nombreux Tunisiens, la pression fiscale pèse sur les revenus et limite la capacité des ménages à faire face aux dépenses courantes. Les entreprises, notamment les petites et moyennes structures, doivent également composer avec des charges susceptibles de freiner leur activité, leurs investissements et leurs perspectives de recrutement.
L’orientation présidentielle invite ainsi à rechercher une fiscalité plus équitable, mieux adaptée aux capacités contributives et davantage tournée vers la mobilisation des ressources là où elles échappent encore à la collectivité.
Une telle démarche suppose de lutter contre l’évasion fiscale, de réduire les circuits informels et de renforcer le respect des obligations fiscales. L’enjeu est de ne pas faire reposer l’essentiel du financement public sur les contribuables déjà soumis à l’impôt, alors que d’autres activités peuvent échapper, en partie ou en totalité, à leurs obligations.
L’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration du recouvrement pourraient contribuer à dégager des ressources supplémentaires sans multiplier mécaniquement les prélèvements sur les mêmes catégories. Ils exigent toutefois une administration fiscale plus efficace, des procédures plus lisibles et des garanties de traitement équitable.
L’allègement de la pression fiscale ne peut, de son côté, être dissocié de la situation des finances publiques. L’État doit disposer des moyens nécessaires pour financer les services collectifs, honorer ses engagements et soutenir les politiques sociales. La difficulté consiste donc à concilier deux impératifs : réduire les charges injustement ressenties par les citoyens et préserver les ressources indispensables à l’action publique.
La promesse sera d’autant plus crédible que les mesures retenues préciseront clairement les catégories concernées, les allègements envisagés et les modalités de compensation des recettes éventuellement perdues.
L’investissement, condition de la création de richesses et d’emplois
La justice sociale ne peut durablement reposer sur la seule redistribution des ressources existantes. Elle dépend également de la capacité de l’économie à créer des richesses, à développer les activités productives et à offrir des emplois stables.
C’est pourquoi la loi de Finances 2027 est appelée à accorder une place importante à l’investissement. L’objectif consiste à encourager les initiatives économiques, à faciliter la création et le développement des entreprises et à améliorer les conditions dans lesquelles les investisseurs peuvent concrétiser leurs projets.
Pour les petites et moyennes entreprises, qui constituent un élément essentiel du tissu économique national, la simplification des procédures, la prévisibilité des règles et l’accès au financement représentent des conditions déterminantes. Un environnement économique plus favorable pourrait soutenir la production, favoriser l’innovation et renforcer la capacité des entreprises à recruter.
Cette orientation concerne également les régions qui disposent de ressources humaines, agricoles, industrielles ou touristiques insuffisamment valorisées. Le développement ne peut rester concentré dans les zones déjà les mieux équipées. Il doit permettre aux territoires de mobiliser leurs propres potentialités, de diversifier leurs activités et de retenir leurs compétences.
L’investissement doit ainsi être envisagé non seulement sous l’angle de la croissance, mais aussi au regard de ses effets sociaux : nombre et qualité des emplois créés, amélioration des revenus, dynamisation des régions et réduction des inégalités territoriales.
Encore faut-il que les orientations budgétaires soient accompagnées de mécanismes efficaces. Les incitations financières, à elles seules, ne suffisent pas si les obstacles administratifs persistent, que les projets demeurent difficiles à financer ou que les infrastructures nécessaires font défaut.
L’une des exigences qui se dégagent des orientations présidentielles est la nécessité de rapprocher les politiques publiques des besoins concrets de la population. Les disparités entre les régions demeurent un défi majeur, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, de la qualité des établissements scolaires, des transports, de l’approvisionnement en eau ou de la disponibilité des infrastructures.
La loi de Finances constitue, à cet égard, un instrument déterminant. La répartition des investissements publics et le financement des équipements collectifs peuvent contribuer à corriger les déséquilibres territoriaux, à condition que les crédits annoncés se traduisent par des projets réalisés et des services effectivement améliorés.
Les citoyens attendent des réponses tangibles : des établissements de santé capables de répondre à leurs besoins, des écoles disposant des moyens nécessaires, des routes et des transports adaptés, ainsi que des perspectives d’emploi pour les jeunes. Ces attentes ne relèvent pas de revendications secondaires. Elles touchent directement à l’égalité des chances et à la confiance dans les institutions.
La priorité accordée aux régions défavorisées doit donc se mesurer à l’aune des résultats obtenus. Il ne suffit pas d’inscrire des crédits dans un budget, encore faut-il garantir leur utilisation dans les délais, la bonne exécution des projets et la transparence dans la gestion des fonds publics.
Cette exigence renvoie également à la responsabilité de l’administration. Les décisions budgétaires ne produisent leurs effets que si les structures chargées de les mettre en œuvre disposent des moyens nécessaires et assument pleinement leurs missions.
Le citoyen au-delà des chiffres
Au cœur des orientations annoncées, figure une idée essentielle : les indicateurs économiques ne prennent tout leur sens qu’à travers leurs conséquences sur la vie des citoyens. La croissance, les recettes fiscales, les dépenses publiques et les équilibres budgétaires sont indispensables à l’évaluation de la situation économique, mais ils ne suffisent pas à rendre compte du vécu des ménages.
Pour une famille, la réussite d’une politique économique se mesure aussi à sa capacité à couvrir ses dépenses, à accéder aux soins, à assurer la scolarité de ses enfants et à envisager l’avenir avec davantage de sécurité. Pour un jeune diplômé, elle se traduit par la possibilité de trouver un emploi correspondant à ses compétences. Pour un entrepreneur, elle dépend de la capacité à développer son activité dans un cadre stable et prévisible.
La loi de Finances 2027 devra donc être appréciée au regard de ses effets concrets. Les mesures annoncées permettront-elles de soulager les ménages ? Contribueront-elles à réduire les inégalités ? Favoriseraient-elles l’investissement productif et l’emploi ? Les régions les moins développées bénéficieront-elles de moyens à la hauteur de leurs besoins ?
Ces questions sont déterminantes, car elles permettent de distinguer les objectifs affichés des résultats effectivement obtenus.
À travers les orientations présentées pour la loi de Finances 2027, Kaïs Saïed entend réaffirmer une conception de l’action publique fondée sur la souveraineté nationale, la justice sociale et la responsabilité de l’État envers les citoyens. La fiscalité, l’investissement et la répartition des ressources sont appelés à servir une même ambition : faire du développement économique un moyen d’améliorer les conditions de vie et non une finalité détachée des réalités sociales.
Cette ambition comporte néanmoins une exigence essentielle : la mise en œuvre. La justice fiscale doit se traduire par une répartition plus équitable des charges ; le soutien à l’investissement doit produire des emplois et des activités durables ; la solidarité nationale doit se concrétiser par des services publics accessibles et une réduction mesurable des disparités régionales.
Le budget de 2027 sera ainsi évalué moins à la portée des déclarations qui l’accompagnent qu’à la cohérence des mesures adoptées et aux résultats obtenus. Pour les Tunisiens, la promesse centrale demeure celle d’un État qui protège, investit et répartit plus équitablement les ressources collectives.
C’est dans la vie quotidienne, dans le pouvoir d’achat, dans l’accès aux services essentiels et dans les perspectives offertes aux jeunes que se mesurera, en définitive, la portée réelle de cette loi de Finances.
L’article Loi de Finances 2027 : la dignité du citoyen au cœur des priorités est apparu en premier sur Le Temps News.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a inauguré jeudi 15 octobre 2026 un nouveau patrouilleur militaire, le Kairouan, fabriqué en Tunisie, à l’occasion de sa visite à la base navale principale de Bizerte, en marge de la commémoration du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation. Le chef de l’État a salué le travail des compétences tunisiennes ayant contribué à la réalisation de ce navire et présenté cette réalisation comme une étape vers la fabrication d’autres équipements.
Lors de la cérémonie, à laquelle ont notamment assisté le ministre de la Défense nationale et des membres du Conseil supérieur des armées, Kaïs Saïed a souligné que le patrouilleur avait été construit en Tunisie grâce aux compétences et au savoir-faire nationaux.
Le président a également évoqué les obstacles rencontrés au cours du projet, affirmant que la volonté et les compétences tunisiennes avaient permis de les surmonter. Il a estimé que cette réalisation démontrait la capacité du pays à concevoir et à produire des équipements dans différents domaines.
Dans son intervention, le chef de l’État a salué les personnes ayant participé à la construction du navire et affirmé que cette réalisation devait être suivie par d’autres projets, notamment dans le secteur naval. Il a également insisté sur le lien entre la production nationale, la maîtrise des capacités techniques et la préservation de la souveraineté du pays.
Kaïs Saïed a présenté l’inauguration de ce patrouilleur, d’une longueur de 52 mètres, comme un point de départ pour de nouvelles réalisations industrielles. Il a notamment mis en avant le potentiel des jeunes, des scientifiques et des forces armées tunisiennes pour développer des équipements répondant aux besoins du pays.
La construction locale de navires militaires s’inscrit dans un effort plus large de développement des capacités industrielles de la défense tunisienne. En 2015, le patrouilleur Istiklal 201 était déjà entré en service. Cette expérience avait ensuite permis la réalisation de plusieurs unités navales destinées à la Marine nationale, selon l’agence Tunis Afrique Presse.
Lire aussi : Fête de l’Évacuation : Kaïs Saïed préside la cérémonie du 63e anniversaire à Bizerte
La cérémonie de Bizerte s’inscrit ainsi dans la continuité de cette démarche. Le président a annoncé que d’autres réalisations devraient suivre.
L’article Kaïs Saïed inaugure un patrouilleur militaire fabriqué en Tunisie est apparu en premier sur webdo.
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, jeudi, au Carré des martyrs à Bizerte, une cérémonie à l’occasion du 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation.
La cérémonie a débuté par le salut au drapeau national, au son de l’hymne national, avant que le chef de l’État ne passe en revue un détachement des trois armées, qui lui a rendu les honneurs.
Kaïs Saïed a ensuite déposé une gerbe de fleurs au pied des plaques commémoratives et récité la Fatiha à la mémoire des martyrs de la patrie, qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et l’indépendance de la Tunisie.
L’article Le Président Kaïs Saïed commémore à Bizerte le 63ᵉ anniversaire de la Fête de l’Évacuation est apparu en premier sur Le Temps News.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé ce jeudi 15 octobre 2026 à Bizerte la cérémonie commémorative du 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation. Accompagné du ministre de la Défense nationale, Khaled Sehili, il a rendu hommage aux Tunisiens tombés pour le recouvrement de la souveraineté nationale.
La cérémonie a été marquée par le dépôt d’une gerbe de fleurs devant le monument des martyrs, suivi de la récitation de la Fatiha à la mémoire des Tunisiens morts dans la lutte pour l’indépendance et la souveraineté du pays.
Plusieurs responsables ont assisté à cette commémoration, notamment le gouverneur de Bizerte, la chargée de la gestion de la municipalité, des hauts responsables militaires ainsi que des résistants ayant participé à la bataille de l’Évacuation.
La Fête de l’Évacuation marque le départ définitif des dernières troupes françaises de Bizerte, le 15 octobre 1963. Cette étape avait mis fin à la présence militaire française sur le territoire tunisien, plusieurs années après l’indépendance proclamée le 20 mars 1956.
La bataille de Bizerte, en juillet 1961, avait constitué un épisode particulièrement meurtrier de la lutte pour le départ des forces françaises. La commémoration annuelle du 15 octobre rend hommage aux victimes de cette confrontation et rappelle l’aboutissement du processus de recouvrement de la souveraineté territoriale.
Lire aussi :
L’article Fête de l’Évacuation : Kaïs Saïed préside la cérémonie du 63e anniversaire à Bizerte est apparu en premier sur webdo.
Par Ahmed NEMLAGHI
Réformes législatives, simplification administrative, modernisation des infrastructures et ouverture sur les partenaires étrangers : la politique de dynamisation de l’investissement engagée sous la présidence de Kaïs Saïed s’inscrit dans une ambition plus large de transformation du modèle de développement. L’objectif affiché est de libérer l’initiative économique, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, sans renoncer au rôle social de l’État ni à l’exigence d’un développement plus équilibré entre les régions.
L’investissement constitue l’un des principaux leviers de la croissance, de la création d’emplois et de la modernisation de l’économie. Mais, dans la vision économique défendue par le président de la République, il ne saurait être considéré comme une fin en soi. Sa finalité doit également être appréciée à l’aune de sa contribution à la justice sociale, à la valorisation des ressources nationales et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Cette approche se reflète dans les orientations du Plan de développement 2026-2030, qui associe stimulation de l’investissement, développement des secteurs à forte valeur ajoutée, réduction des disparités territoriales et consolidation de la dimension sociale de l’État.
Le climat des affaires représente un enjeu majeur pour la capacité de la Tunisie à attirer les capitaux, encourager l’entrepreneuriat et renforcer la compétitivité de ses entreprises. Les lourdeurs administratives, la multiplication des procédures et les délais d’autorisation peuvent freiner les initiatives et renchérir le coût des projets.
La volonté de réviser le cadre législatif de l’investissement s’inscrit dans cette problématique. Le 31 décembre 2025, un conseil ministériel restreint a examiné un nouveau projet de loi sur l’investissement, présenté comme un instrument destiné à accompagner l’évolution de l’économie et à soutenir un modèle de développement fondé sur la justice sociale et l’équité.
Cette orientation prolonge les efforts engagés pour améliorer l’environnement des entreprises, notamment à travers la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat des affaires. Ce texte met notamment l’accent sur la simplification de la création d’entreprises, l’accès au financement, le partenariat public-privé et la gouvernance des sociétés.
L’enjeu est désormais de faire évoluer le cadre juridique en fonction des besoins des investisseurs et des réalités économiques. Simplifier ne signifie pas supprimer les règles nécessaires à la transparence ou à la protection de l’intérêt général. Il s’agit plutôt de rendre les démarches plus lisibles, de réduire les délais injustifiés et de garantir une application cohérente des textes.
Une réforme efficace doit ainsi offrir aux investisseurs une visibilité suffisante sur les procédures, les obligations et les conditions de réalisation de leurs projets. La stabilité et la prévisibilité du cadre réglementaire constituent des éléments déterminants dans les décisions d’investissement à long terme.
Une administration plus efficace et plus accessible
La simplification administrative est indissociable de la modernisation de l’État. La digitalisation des services, la circulation des informations entre les administrations et la réduction des formalités redondantes peuvent faciliter les démarches des entreprises et améliorer la qualité du service public.
Pour les petites et moyennes entreprises, qui disposent souvent de moyens humains et financiers limités, la complexité administrative peut représenter une charge particulièrement lourde. Des procédures plus simples et des interlocuteurs clairement identifiés peuvent leur permettre de consacrer davantage de ressources à la production, à l’innovation et au développement commercial.
La transformation numérique doit toutefois s’accompagner d’une amélioration réelle du fonctionnement administratif. Une procédure dématérialisée qui reproduit les mêmes lenteurs qu’une démarche papier ne résout pas le problème de fond. La modernisation suppose donc de revoir les circuits de décision, de responsabiliser les structures concernées et d’évaluer les délais de traitement.
L’objectif est de construire une relation plus efficace entre l’État et les opérateurs économiques, dans laquelle la puissance publique facilite les initiatives conformes à la loi tout en veillant au respect des règles et à la protection de l’intérêt collectif.
L’attractivité économique ne se mesure pas uniquement au volume des capitaux mobilisés, elle dépend également de la nature des projets financés, de leur capacité à créer de la valeur et de leur contribution à l’emploi.
La politique défendue par Kaïs Saïed accorde une place importante à l’investissement productif, à l’innovation et aux activités à forte valeur ajoutée. Cette orientation vise à renforcer les capacités de l’économie nationale, à améliorer sa compétitivité et à favoriser la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur.
La question essentielle consiste à rapprocher les investissements des besoins réels de l’économie. Les projets doivent contribuer à élargir les capacités de production, à développer les compétences, à réduire certaines dépendances extérieures et à ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises tunisiennes.
Les petites et moyennes entreprises occupent, à cet égard, une place importante. Leur développement peut favoriser la diversification du tissu économique et soutenir l’emploi dans des secteurs variés. Mais leur croissance nécessite un meilleur accès au financement, un accompagnement technique et juridique ainsi qu’un environnement dans lequel l’initiative est encouragée sans être entravée par des obstacles disproportionnés.
Les sociétés communautaires s’inscrivent également dans cette recherche d’un développement plus ancré dans les territoires. En valorisant les ressources locales et en favorisant l’initiative collective, elles peuvent contribuer à créer des activités économiques là où les investissements traditionnels demeurent insuffisants. Leur réussite dépendra néanmoins de leur gouvernance, de leur viabilité et de leur capacité à accéder aux marchés.
Le développement régional, une priorité stratégique
L’un des défis structurels de l’économie tunisienne réside dans les écarts de développement entre les régions. La concentration des infrastructures, des activités et des opportunités dans certains pôles limite les possibilités d’emploi et d’initiative dans d’autres territoires.
Le Plan de développement 2026-2030 entend répondre à cette situation en accordant une attention particulière aux régions les moins développées, à l’amélioration des infrastructures et à la qualité des services de base. Il prévoit également de soutenir l’émergence de nouveaux pôles de croissance et de renforcer l’attractivité territoriale.
Cette orientation est déterminante pour la politique d’investissement. Les entreprises ne choisissent pas leur implantation sur la seule base des incitations financières. Elles tiennent également compte de l’état des routes, de la disponibilité de l’eau et de l’énergie, de l’accès aux marchés, des compétences disponibles et de la qualité des services publics.
L’investissement public peut alors jouer un rôle d’entraînement, en créant les conditions nécessaires à l’implantation d’activités privées. Cette complémentarité ne signifie pas que l’État doit se substituer aux entreprises, mais qu’il peut réduire les obstacles structurels qui empêchent certains territoires de valoriser leur potentiel.
L’approche ascendante retenue pour l’élaboration du Plan 2026-2030, à partir des propositions des conseils locaux, régionaux et de districts, vise par ailleurs à rapprocher la planification des besoins exprimés sur le terrain. Son efficacité dépendra de la capacité à transformer ces propositions en projets financés, réalisables et suivis dans le temps.
La diplomatie économique constitue un autre levier de la dynamisation de l’investissement. Les relations avec les partenaires étrangers peuvent favoriser les échanges commerciaux, les transferts de compétences, l’accès aux marchés et la mobilisation de capitaux destinés à des projets productifs.
Dans cette perspective, la recherche d’investissements étrangers peut contribuer à renforcer les capacités industrielles et technologiques du pays. Elle suppose toutefois une stratégie qui identifie les secteurs prioritaires, favorise les partenariats créateurs de valeur et veille à ce que les retombées économiques bénéficient effectivement à l’économie nationale.
Cette ouverture doit être conciliée avec la souveraineté économique défendue par Kaïs Saïed. L’objectif n’est pas de s’isoler des échanges internationaux, mais de rechercher des coopérations qui répondent aux priorités nationales et renforcent les capacités du pays. Les partenariats extérieurs peuvent être utiles lorsqu’ils favorisent la production, l’emploi, la formation et le transfert de savoir-faire.
L’attractivité de la Tunisie dépendra donc autant de la qualité de ses relations économiques que de la crédibilité de son environnement juridique, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité de ses institutions à accompagner les projets.
Croissance et État social : une articulation décisive
La politique d’investissement défendue par le président de la République pose une question centrale : comment concilier l’encouragement de l’activité économique avec la protection sociale et une répartition plus équitable des richesses ?
Dans les orientations gouvernementales, l’État social demeure une dimension stratégique du modèle de développement. La croissance est appelée à soutenir l’emploi, à renforcer les systèmes de protection sociale et à améliorer l’accès aux services essentiels. Le Plan 2026-2030 entend ainsi rapprocher les objectifs économiques des impératifs sociaux et territoriaux.
Cet équilibre ne peut toutefois reposer sur les seules déclarations de principe. Il exige des investissements capables de produire des emplois durables, une gestion rigoureuse des ressources publiques et une évaluation des effets des politiques engagées. Il suppose également que les entreprises évoluent dans un cadre prévisible, respectueux des droits des investisseurs comme de ceux des travailleurs.
Le défi est donc double : créer davantage de richesses et veiller à ce que leur production contribue à l’amélioration des conditions de vie. La justice sociale ne s’oppose pas nécessairement à la compétitivité, elle peut au contraire en renforcer les fondements lorsque l’investissement développe les compétences, réduit les inégalités territoriales et ouvre de nouvelles possibilités économiques.
La stratégie de dynamisation de l’investissement s’articule autour de plusieurs leviers complémentaires : réforme du cadre juridique, simplification administrative, modernisation des infrastructures, soutien à l’investissement productif et ouverture sur les partenaires internationaux. Elle s’inscrit dans une conception du développement qui entend associer croissance, souveraineté économique et justice sociale.
Sa réussite se mesurera cependant à des résultats concrets : des projets effectivement réalisés, des entreprises renforcées, des emplois durables créés et des régions qui bénéficient davantage de l’activité économique. La qualité de l’accompagnement administratif, la stabilité des règles et l’évaluation des réformes seront essentielles pour atteindre ces objectifs.
Au fond, l’enjeu de la politique d’investissement portée par Kaïs Saïed est de faire de l’initiative économique un instrument de développement collectif. L’État est appelé à faciliter la création de richesses et à préparer les conditions de l’investissement, tout en préservant sa responsabilité sociale. C’est dans la capacité à faire converger ces deux exigences, dynamisme économique et justice sociale, que se jouera la portée du modèle de développement recherché.
L’article Investissement : entre dynamisme économique et justice sociale est apparu en premier sur Le Temps News.
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, mercredi, au palais de Carthage, l’ambassadrice de la République de Guinée équatoriale en Tunisie, Gertrudis Nsang Ndong Nsuga, qui lui a rendu une visite d’adieu à l’occasion de la fin de sa mission en Tunisie.
L’article Le Président de la République reçoit l’ambassadrice de Guinée Equatoriale est apparu en premier sur Le Temps News.
Le président Kaïs Saïed a placé la justice sociale, l’allègement de la pression fiscale et la satisfaction des besoins des citoyens au cœur de ses déclarations lors du Conseil des ministres du 13 octobre. Sans détailler les mesures envisagées, il a affirmé que le projet de loi de finances pour 2027 devait contribuer à améliorer les conditions de vie et que les attentes de la population ne seraient pas déçues.
Réuni mardi 13 octobre au palais de Carthage sous la présidence de Kaïs Saïed, le Conseil des ministres a examiné plusieurs questions liées à la situation générale du pays, ainsi que les projets de loi de finances et de l’équilibre économique pour 2027, selon le communiqué de la Présidence de la République.
À l’ouverture de la réunion, le chef de l’État a établi un lien entre investissement et stabilité sociale. Selon lui, l’investissement ne peut produire ses effets que dans un environnement fondé sur la justice et l’équité. Il a également réaffirmé que la satisfaction des besoins des citoyens, dans tous les domaines et dans l’ensemble des régions, demeurait une priorité.
Évoquant le projet de loi de finances pour l’année prochaine, Kaïs Saïed a mis en avant deux orientations : la consécration de la justice sociale et l’allègement de la pression fiscale. Il a estimé que les divergences d’opinion autour du texte étaient naturelles, tout en soulignant qu’elles ne devaient pas faire perdre de vue l’intérêt national ni le droit des citoyens à une vie digne.
Le président de la République a insisté sur la dimension humaine de l’action publique. « Les citoyens ne sont pas de simples chiffres », a-t-il déclaré, rappelant que chaque responsable devait œuvrer à la concrétisation des droits des Tunisiens et à la suppression des obstacles qui empêchent leur réalisation.
Dans son intervention, il a également évoqué les sacrifices des martyrs, les souffrances des blessés ainsi que les aspirations et les espoirs de la population. Un rappel qui inscrit son discours budgétaire dans une exigence plus large de réponse aux attentes sociales.
Kaïs Saïed a affirmé que les Tunisiens attendaient désormais des réalisations à la hauteur de leurs aspirations, assurant que ces attentes ne seraient pas déçues et que la volonté populaire se traduirait dans les faits.
Le chef de l’État a également mis en garde ceux qui chercheraient, selon ses termes, à faire pression sur l’État ou à perturber le fonctionnement de ses institutions. Il a conclu son intervention par une formule affirmant la continuité de l’État et la concrétisation de la volonté du peuple.
Au-delà des déclarations présidentielles, le contenu détaillé du projet de loi de finances et les arbitrages qui l’accompagneront seront déterminants pour apprécier la traduction effective des objectifs annoncés en matière de justice sociale et d’allègement fiscal.
Lire aussi :
L’article Loi de finances 2027 : Kaïs Saïed promet des avancées sociales et un allègement fiscal est apparu en premier sur webdo.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mardi, au palais de Carthage, une réunion du Conseil des ministres consacrée à la situation générale du pays et aux projets de loi de finances et de l’équilibre économique pour l’année prochaine.
Cité dans un communiqué, le chef de l’Etat a affirmé que l’investissement ne peut porter ses fruits que dans une stabilité sociale fondée sur la justice et l’équité, soulignant que la satisfaction des besoins des citoyens, dans tous les domaines et toutes les régions, demeurera « une priorité absolue ».
Abordant le projet de loi de finances, le président Saïed a mis en avant l’orientation de ce texte vers la consécration de la justice sociale et l’allègement de la pression fiscale, estimant qu’une divergence de vues autour de sa teneur est « un fait normal » pourvu qu’elle ne lèse pas les intérêts de la patrie ou ne porte pas atteinte au droit des citoyens à une vie digne.
Le chef de l’Etat a par ailleurs souligné que les citoyens ne sont pas de « simples chiffres » mais plutôt des êtres humains dotés de droits naturels que chaque responsable en poste doit veiller scrupuleusement à concrétiser, en levant les obstacles qui s’y opposent et en prenant conscience des sacrifices des martyrs et des aspirations du peuple tunisien.
Il a affirmé que le peuple tunisien attend des réalisations concrètes répondant à ses attentes, mettant en garde quiconque pense, en secret ou au grand jour, pouvoir faire chanter l’Etat ou perturber ses rouages.
« Ils se trompent d’adresse », a-t-il conclu.
L’article Conseil des ministres : Kaïs Saïed affirme que « les citoyens ne sont pas de simples chiffres » est apparu en premier sur Le Temps News.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a décidé de gracier 2.288 détenus à l’occasion du 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation, célébrant chaque 15 octobre, le départ du dernier soldat français. .
C’est ce qu’indique un communiqué de la présidence de la République publié ce mardi 13 octobre 2026, en précisant que cette grâce présidentielle permet la libération immédiate de 1 573 d’entre eux.
Le président Kaïs Saïed a également décidé de faire bénéficier 424 autres prisonniers d’une libération conditionnelle.
L’article Fête de l’Évacuation | Tunisie : Grâce présidentielle pour 2288 détenus est apparu en premier sur Kapitalis.
À l’occasion du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce à 2 288 personnes condamnées à des peines de prison, permettant la libération de 1 573 détenus, selon un communiqué publié mardi par la Présidence de la République.
Le chef de l’État a également ordonné l’octroi de la libération conditionnelle à 424 autres détenus.
L’article Fête de l’Évacuation : le président Kaïs Saïed gracie 2 288 détenus est apparu en premier sur Le Temps News.
Par Ahmed NEMLAGHI
En plaçant l’éducation au rang des composantes de la sécurité nationale, le président de la République défend une vision dans laquelle l’école, la culture et la justice sociale sont étroitement liées. Son entretien, le 8 octobre à Carthage, avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, remet au premier plan un chantier essentiel : faire du droit à l’éducation une réalité pour tous.
L’éducation ne saurait être réduite à la transmission des connaissances ni la culture cantonnée à une activité réservée à une partie de la société. C’est, en substance, le sens de l’orientation défendue par Kaïs Saïed, qui considère l’école comme un pilier de la construction nationale, de la cohésion sociale et de la préparation des générations futures. La rencontre tenue au palais de Carthage traduit cette approche : l’avenir du système éducatif se joue autant dans les programmes et les méthodes pédagogiques que dans les conditions matérielles d’apprentissage et l’accès à la culture.
En rappelant que l’éducation et l’enseignement font partie intégrante de la sécurité nationale, le chef de l’État leur attribue une portée qui dépasse le cadre scolaire. Il s’agit, dans cette perspective, de former des citoyens capables de comprendre leur environnement, d’exercer leur esprit critique et de participer à la vie collective.
Cette conception repose sur un principe : la solidité d’un pays dépend aussi de la qualité de son système éducatif, de la diffusion du savoir et de la capacité de chaque génération à acquérir les outils nécessaires à son émancipation. La sécurité nationale ne se limite donc pas à ses dimensions traditionnelles. Elle comporte également une dimension humaine, intellectuelle et sociale, dont l’éducation constitue un élément déterminant.
L’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution s’inscrit dans cette orientation. Pour Kaïs Saïed, cette consécration institutionnelle traduit la place stratégique accordée à l’éducation dans le projet national. Reste toutefois à donner à cette ambition toute sa portée par des mécanismes de concertation, une vision cohérente et des réformes capables de répondre durablement aux difficultés du secteur.
La réussite comme corollaire de l’égalité des chances
L’un des axes majeurs rappelés par le président concerne l’instauration d’un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous. Cette ambition renvoie à une question fondamentale : comment assurer à chaque enfant, indépendamment de son milieu social ou de son lieu de résidence, des possibilités comparables d’apprentissage et de réussite ?
L’égalité devant l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des portes de l’école. Elle suppose que les élèves disposent de conditions leur permettant de suivre leur scolarité, de développer leurs capacités et de poursuivre leurs études sans être pénalisés par leur situation familiale ou territoriale.
C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’appel présidentiel à inculquer, dès la première année du primaire, les principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. L’école est appelée à transmettre des savoirs, mais également à former des citoyens conscients de leurs droits, de leurs responsabilités et de leur place dans la collectivité.
Cette orientation implique de dépasser une conception purement administrative de la démocratisation de l’enseignement. L’enjeu n’est pas seulement de permettre l’accès à l’école, mais de réunir les conditions d’une véritable égalité des chances tout au long du parcours scolaire.
Les conditions matérielles, un préalable à la réussite
Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’assurer aux élèves le transport, la restauration, l’hébergement dans les internats, les vêtements et les fournitures scolaires, en coordination avec les structures concernées. Ces besoins concrets constituent un volet essentiel de la politique éducative.
Pour les familles confrontées à des difficultés économiques, le coût indirect de la scolarité peut représenter un obstacle important. Les déplacements, les repas et le matériel nécessaire à l’apprentissage pèsent sur les budgets domestiques et peuvent accentuer les inégalités entre élèves.
En mettant ces questions en avant, Kaïs Saïed associe la justice sociale à des réponses qui touchent directement la vie quotidienne des familles. L’objectif affiché est de faire en sorte que les conditions économiques ne déterminent pas, à elles seules, les possibilités de réussite d’un enfant.
Mais cette orientation appelle une mise en œuvre rigoureuse. La disponibilité du transport scolaire, la qualité de la restauration, la capacité d’accueil des internats et l’accès effectif aux fournitures doivent se traduire par des mesures concrètes, suivies et évaluées. C’est à cette échelle que l’ambition de l’égalité des chances pourra être appréciée.
La culture, un prolongement naturel de l’école
La place accordée aux clubs culturels dans les établissements scolaires constitue un autre volet significatif de cette vision. En appelant à leur création dans les différentes institutions éducatives, le chef de l’État souligne que l’éducation ne se limite pas aux enseignements dispensés en classe.
La pratique culturelle contribue à l’éveil intellectuel, à la créativité, à l’expression personnelle et à la découverte du patrimoine. Elle peut également favoriser la confiance en soi, le dialogue et le respect des différences. Théâtre, lecture, musique, arts plastiques ou activités patrimoniales offrent autant de possibilités de compléter les apprentissages scolaires.
Le rapprochement entre les secteurs de l’éducation et de la culture prend ici tout son sens. La présence de la ministre des Affaires culturelles à cette rencontre illustre l’importance d’une approche transversale dans laquelle les activités culturelles peuvent accompagner la formation des jeunes et élargir leur accès au savoir.
Pour produire des effets durables, cette ambition nécessite toutefois des moyens, des espaces adaptés, un encadrement compétent et une programmation accessible à tous les élèves. Les clubs culturels ne doivent pas rester une simple annonce, ils sont appelés à devenir des lieux vivants d’apprentissage et de participation.
De l’orientation politique aux résultats concrets
En revenant sur les précédentes tentatives de réforme du système éducatif, Kaïs Saïed a exprimé des réserves sur leur portée et leurs motivations. Cette appréciation traduit sa volonté affichée de rompre avec des réformes qu’il juge insuffisantes et de privilégier une transformation plus profonde du système national.
Toutefois, la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement à ses principes ou à ses intentions. Elle dépend aussi de la continuité des décisions, de la mobilisation des ressources, de la coordination entre les institutions et de la capacité à associer les acteurs de terrain à la recherche de solutions.
L’enjeu est donc de faire converger les objectifs éducatifs, les politiques sociales et l’action culturelle autour d’une même exigence : offrir à chaque enfant les moyens d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir.
La rencontre de Carthage remet ainsi en lumière les grandes lignes d’une vision qui lie souveraineté nationale, justice sociale et formation des générations futures. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ces orientations en programmes accessibles, en services effectifs et en améliorations mesurables pour les élèves et leurs familles.
Faire de l’éducation un pilier de la sécurité nationale et de la culture un instrument d’émancipation constitue une ambition de long terme. Le véritable défi consiste à transformer ces principes en une égalité des chances vécue au quotidien, dans chaque école et pour chaque élève.
L’article Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances est apparu en premier sur Le Temps News.
Le samedi 17 octobre 2026, une marche de protestation, qualifiée de «nationale, unitaire et populaire» se tiendra à Tunis avec pour mot d’ordre : «La Tunisie d’abord… Le peuple au-dessus de toute considération», appelant ainsi à dépasser les divergences idéologiques et les divisions politiques ayant toujours traversé les rangs de l’opposition.
Décidée le 29 septembre au siège de l’UGTT par une coordination réunissant l’UGTT, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats de Tunisie et de nombreuses autres organisations de la société civile, cette marche succède à plusieurs autres organisée au cours des derniers mois pour protester contre la dégradation des conditions de vie de la population sur fond de crise sociale et économique (recul des services publics, érosion du pouvoir d’achat, chômage, précarité, pénuries d’eau, de médicaments et de produits de base).
Les organisateurs entendent aussi protester contre l’impuissance du pouvoir mis en place par Kaïs Saïed au lendemain du «coup de force» du 25 juillet 2021 face aux difficultés dont souffrent les citoyens, et exiger la restauration des libertés muselées et de la démocratie démantelée, selon leurs termes.
«Les acquis de la révolution de la liberté et de la dignité sont presque totalement remis en cause. Les libertés de la presse, d’expression, de création et d’association ont été successivement attaquées ; la justice est instrumentalisée ; les procès et les condamnations se multiplient contre militant·es, avocat·es, journalistes, syndicalistes et opposant·es. Les organisations qui défendent les droits, dont la LTDH, l’UGTT et l’Ordre des avocats, sont entravées, menacées ou suspendues», lit-on dans un appel à une réunion publique de solidarité à Paris
vendredi 16 octobre 2026, de 19h à 22h, au Maltais Rouge (40 rue de Malte, 75011), en soutien à la marche nationale de Tunis du 17 octobre, signé par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), la Fédération des tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), l’Association démocratique des tunisiens en France (ADTF), l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT) et l’Association défendre la justice en Tunisie (ADJT), et soutenu par seize associations françaises.
«Aujourd’hui, c’est le droit de manifester pacifiquement, dernier espace d’expression collective, qui est frontalement visé : arrestations nocturnes, poursuites contre de simples participant·es, pénalisation de la solidarité elle-même», ajoutent les auteurs dudit appel, qui exigent, par ailleurs, entre autres revendications, «la libération immédiate de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion».
I. B.
L’article Réunion à Paris en soutien à la marche du 17 octobre à Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.
Par Ahmed NEMLAGHI
La rencontre tenue, le 8 octobre, au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, remet au premier plan une question fondamentale, celle de l’unité de l’État et de la complémentarité de ses institutions. À travers cette réunion, le chef de l’État réaffirme une conception selon laquelle les différentes fonctions publiques doivent agir dans le cadre de leurs compétences constitutionnelles, avec pour objectif commun de répondre aux attentes des citoyens et de préserver la cohésion nationale.
Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, la présidence de la République insiste sur la complémentarité des rôles entre les différentes fonctions de l’État, chacune dans le cadre des attributions que lui confère la Constitution. Cette formulation résume l’un des axes de la vision institutionnelle défendue par Kaïs Saïed : l’État doit demeurer un ensemble cohérent, capable d’agir dans l’intérêt général, sans que ses différentes composantes perdent de vue leur responsabilité envers les citoyens.
L’unité de l’État ne signifie pas nécessairement la confusion des pouvoirs ni l’effacement des compétences propres à chaque institution. Elle renvoie plutôt à la nécessité d’assurer la cohérence de l’action publique, dans le respect du cadre constitutionnel, afin que les institutions ne deviennent pas des centres d’intérêt concurrents, mais remplissent leurs missions au bénéfice de la collectivité.
La présence conjointe des responsables des deux chambres parlementaires auprès du président de la République revêt, dans ce contexte, une portée institutionnelle particulière. Elle permet d’aborder des projets liés à la situation sociale des citoyens et de souligner l’importance de la coordination entre les institutions chargées de traduire les orientations publiques en textes et en mesures concrètes.
Pour le chef de l’État, l’enjeu consiste à faire en sorte que les mécanismes institutionnels ne constituent pas un obstacle à la réponse aux besoins de la population. La cohérence entre les fonctions de l’État doit ainsi contribuer à accélérer le traitement des préoccupations sociales et à renforcer la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes.
Le communiqué de Carthage fait explicitement référence aux compétences fixées par la Constitution. Ce rappel est essentiel car l’unité institutionnelle ne peut durablement reposer sur la seule volonté de coopérer entre responsables. Elle nécessite des règles, une répartition des attributions et une responsabilité clairement définie.
Dans la conception défendue par Kaïs Saïed, la Constitution s’apparente au cadre de référence dans lequel chaque institution doit exercer ses missions. L’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts disposent de leurs propres fonctions, tandis que la présidence de la République exerce les compétences qui lui sont attribuées. La complémentarité suppose donc que chaque institution assume ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres.
Cette approche accorde une place importante à la légitimité constitutionnelle des institutions. L’État ne peut fonctionner efficacement si ses organes se trouvent enfermés dans des logiques de confrontation permanente ou si leurs interventions ne débouchent pas sur des décisions suivies d’effets.
Rompre avec les logiques de division
Le président de la République a également évoqué les tentatives de division du pays et les résistances au changement. Selon les termes rapportés par le communiqué, il estime que certains acteurs demeurent attachés à des pratiques du passé et que la conscience historique du peuple tunisien constitue un rempart contre les manœuvres susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale.
Cette déclaration s’inscrit dans un discours politique qui présente l’unité nationale comme une condition essentielle de la transformation institutionnelle et sociale. Dans cette lecture, les divergences et les conflits d’intérêt ne doivent pas compromettre la continuité de l’État ni détourner les institutions de leurs missions fondamentales.
La question mérite cependant d’être envisagée dans toute sa portée institutionnelle. L’unité nationale ne se limite pas à l’absence de désaccords. Elle dépend également de la capacité des institutions à traiter les divergences dans le respect du droit, à garantir l’égalité des citoyens et à maintenir des espaces de responsabilité et de contrôle.
Une institution forte n’est donc pas seulement une institution capable de résister aux pressions. C’est aussi une institution dont les décisions sont motivées, dont les compétences sont respectées et dont l’action peut être appréciée à l’aune de ses résultats.
La vision présidentielle met l’accent sur la nécessité de préserver l’État contre les formes de pression ou de chantage susceptibles, selon elle, de compromettre son indépendance. L’enjeu est de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, tout en veillant à ce que les mécanismes de contrôle et de responsabilité fonctionnent dans le cadre du droit.
Parmi les thèmes abordés à Carthage, la reddition des comptes occupe une place centrale. Kaïs Saïed a insisté sur sa légitimité, en prenant soin de la distinguer du règlement de comptes. Cette distinction constitue un élément important de sa conception de l’État : la responsabilité des personnes ayant exercé des fonctions publiques doit être examinée à partir de faits établis et de procédures légales, et non en fonction de considérations personnelles ou politiques.
La reddition des comptes répond à une exigence démocratique et administrative fondamentale. La gestion des ressources publiques, l’exercice de l’autorité et l’utilisation des moyens de l’État doivent pouvoir faire l’objet de vérifications. Les responsabilités doivent être déterminées lorsque des irrégularités sont établies, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.
Dans le discours présidentiel, cette exigence est associée à la volonté de rompre avec les pratiques qui auraient permis à certains de bénéficier d’une protection particulière. L’affirmation selon laquelle aucune immunité ni exception ne devrait faire obstacle à l’établissement de la vérité traduit l’objectif annoncé d’une responsabilité applicable à tous.
Pour que cette orientation renforce effectivement la confiance dans les institutions, une condition demeure toutefois essentielle : la reddition des comptes doit être conduite selon des procédures impartiales, transparentes et vérifiables. La présomption d’innocence, l’indépendance de la justice et les droits de chaque personne concernée sont indissociables d’un processus crédible.
De la volonté politique aux mesures concrètes
Le président de la République a affirmé que les difficultés ne seraient pas surmontées par les communiqués et les déclarations, mais par des mesures concrètes et rapides. Cette affirmation met en évidence l’un des principaux défis de l’action institutionnelle : transformer les orientations politiques en décisions applicables et en résultats perceptibles.
Les citoyens évaluent l’État à travers leur expérience quotidienne. Ils attendent des réponses à leurs difficultés économiques et sociales, des services publics accessibles, une administration efficace, une législation compréhensible et des décisions exécutées dans des délais raisonnables.
La rencontre entre les trois responsables de l’État prend dès lors son sens au regard des projets sociaux évoqués dans le communiqué. La coordination institutionnelle ne peut constituer une fin en soi. Elle doit permettre de faire avancer les dossiers, de lever les blocages administratifs et de garantir que les décisions prises répondent aux besoins identifiés.
Cette exigence implique également une responsabilité dans le suivi. Les mesures annoncées doivent être accompagnées d’échéances, de mécanismes d’évaluation et d’une répartition claire des tâches entre les administrations et les institutions concernées. Sans ces instruments, le risque demeure de voir les ambitions se heurter aux lenteurs et aux difficultés de mise en œuvre.
Le discours présidentiel insiste précisément sur la nécessité de dépasser les déclarations pour entrer dans une phase d’action. La portée de cet engagement dépendra donc de la capacité des institutions à démontrer, par leurs réalisations, que la coordination annoncée améliore effectivement le fonctionnement de l’État.
Lorsque Kaïs Saïed affirme que l’État ne sera le «butin» de personne, il exprime une conception de la puissance publique fondée sur la permanence des institutions et leur indépendance à l’égard des intérêts particuliers. L’État doit, dans cette perspective, demeurer au service de la collectivité nationale et ne pas devenir l’instrument d’un groupe ou d’un réseau.
Cette conception rejoint la volonté affichée de préserver la souveraineté de la décision publique. Les politiques nationales doivent être déterminées par les besoins du pays et mises en œuvre par des institutions capables d’assumer leurs responsabilités.
Mais la solidité de l’État ne se mesure pas uniquement à sa capacité de résister aux pressions. Elle dépend aussi de la prévisibilité de ses décisions, de la stabilité de ses règles, de la qualité de son administration et de la confiance que les citoyens accordent à ses institutions.
Un État fort est également un État dont les pouvoirs sont exercés dans le respect de la Constitution, dont les décisions peuvent être contrôlées et dont les agents sont tenus de rendre compte de leur action. L’autorité publique et la responsabilité ne sont pas des principes contradictoires : elles se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre juridique clair.
L’unité de l’État à l’épreuve des attentes sociales
Au-delà des principes constitutionnels, la réunion du 8 octobre renvoie à une préoccupation centrale du discours présidentiel : la situation sociale des citoyens. Le communiqué rappelle que les responsables doivent s’inspirer de la conscience du peuple et partager les souffrances des citoyens en s’attachant à en éliminer les causes.
Cette exigence place la responsabilité sociale au cœur de l’action institutionnelle. Elle signifie que les institutions ne peuvent se limiter à leur fonctionnement interne ou à la production de textes. Elles doivent également prendre en compte les conséquences concrètes de leurs décisions sur les conditions de vie de la population.
La cohérence de l’État se mesure alors à sa capacité à articuler les politiques publiques, à identifier les urgences et à apporter des réponses adaptées aux réalités des différentes régions et catégories sociales.
Le rôle des institutions parlementaires est déterminant dans cette démarche, notamment à travers l’examen des textes et des préoccupations qui leur sont soumis dans le cadre de leurs attributions. La présidence de la République, le gouvernement et les autres institutions concernées doivent, chacun dans son domaine de compétence, contribuer à la mise en œuvre des orientations et au suivi de leurs effets.
Cette complémentarité ne sera pleinement effective que si elle se traduit par des résultats mesurables : amélioration des services, réduction des délais administratifs, meilleure application des lois et traitement plus efficace des difficultés sociales.
La rencontre de Carthage traduit ainsi une volonté présidentielle de placer la cohésion de l’État, le respect des compétences constitutionnelles et la reddition des comptes au cœur de l’action publique. Elle rappelle que les institutions ne peuvent répondre aux attentes de la population que si elles assument leurs missions avec sérieux et coordonnent leurs efforts dans le cadre du droit.
L’unité de l’État ne doit cependant pas rester une formule institutionnelle. Elle doit prendre corps dans le fonctionnement des administrations, la qualité des décisions, l’application effective des lois et la capacité des responsables à rendre compte de leurs résultats.
C’est là que se situe l’enjeu principal de la démarche défendue par Kaïs Saïed : faire de la cohérence institutionnelle un moyen de lutter contre les blocages, de préserver la souveraineté de la décision nationale et de répondre aux revendications sociales.
En définitive, la force de l’État ne réside ni dans la seule fermeté des déclarations ni dans l’affirmation abstraite de son unité. Elle se mesure à sa capacité à agir conformément à la Constitution, à garantir l’égalité devant la loi, à protéger les ressources publiques et à apporter des réponses concrètes aux citoyens.
L’article L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed est apparu en premier sur Le Temps News.
Par Ahmed NEMLAGHI
Pendant longtemps, la question économique tunisienne a été abordée à travers le prisme de la dépendance aux financements extérieurs, de l’endettement et des équilibres budgétaires. Depuis plusieurs années, le président Kaïs Saïed défend une autre orientation : compter davantage sur les capacités propres du pays, renforcer la souveraineté économique, lutter contre la corruption et la spéculation et réorienter les ressources nationales vers l’investissement, la production et la justice sociale.
Les résultats enregistrés récemment dans plusieurs secteurs donnent des éléments permettant d’apprécier cette orientation, même si les défis structurels restent considérables.
La politique économique défendue par le président Kaïs Saïed repose sur une idée devenue centrale dans son discours : la Tunisie doit davantage compter sur ses propres ressources, ses propres compétences et ses propres capacités de production. Le «compter-sur-soi» ne signifie pas, dans cette conception, se fermer au monde ou renoncer aux relations économiques internationales. Il s’agit plutôt de rechercher une plus grande autonomie dans les choix économiques et financiers, afin que les décisions nationales soient déterminées en priorité par les intérêts du pays et les besoins de sa population.
Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de la souveraineté. La souveraineté politique ne pourrait être pleinement exercée, selon cette approche, sans une capacité minimale à maîtriser les grands équilibres économiques, à préserver les ressources publiques et à réduire les formes de dépendance qui fragilisent la décision nationale.
Le gouvernement a d’ailleurs inscrit explicitement cette logique dans les orientations économiques de l’État. Le projet de budget économique pour 2026 met en avant la souveraineté nationale, la confiance dans les propres moyens du pays et la recherche d’un équilibre entre croissance économique et justice sociale. Il prévoit également de développer les ressources propres de l’État, de réduire l’évasion fiscale, d’intégrer progressivement l’économie parallèle et de diversifier les sources de financement.
Le changement de perspective est important. Il ne s’agit plus seulement de rechercher des ressources financières supplémentaires, mais de s’interroger sur la manière dont les richesses nationales sont produites, distribuées et utilisées.
Dans la vision présidentielle, le développement économique doit être étroitement lié à la justice sociale. La croissance n’a de véritable signification que si elle se traduit par davantage d’emploi, une amélioration du pouvoir d’achat, une réduction des disparités régionales et une meilleure qualité des services publics.
Le projet de développement 2026-2030 traduit cette orientation à travers une démarche annoncée comme «ascendante», partant du local vers le régional puis vers le national. L’objectif affiché est de rapprocher les politiques de développement des besoins réels des territoires et de réduire les déséquilibres qui ont longtemps caractérisé la répartition des investissements.
Les premiers résultats comme éléments de réponse
C’est à ce niveau que les données économiques récentes prennent toute leur importance.
Selon les données présentées en juillet 2026 à l’occasion de la remise du rapport annuel de la Banque centrale pour 2025, le PIB tunisien a progressé de 2,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le chômage est passé de 16,5% en 2024 à 15,2% en 2025, puis à environ 15% au début de 2026 selon les données alors communiquées par le gouvernement. Les investissements directs étrangers ont également progressé d’environ 30% en 2025.
La Banque mondiale fait état, de son côté, d’une croissance de 2,7% en 2025 et de 2,4% sur un an au premier semestre 2026. Elle relève également une baisse du chômage à 14,9% au deuxième trimestre 2026. La croissance récente a notamment été soutenue par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques et du tourisme.
Ces chiffres ne permettent évidemment pas d’attribuer mécaniquement chaque évolution à une seule décision politique. L’économie dépend d’une multitude de facteurs internes et internationaux. Ils constituent néanmoins des indicateurs importants pour mesurer la trajectoire économique du pays.
La question essentielle est donc de savoir si cette amélioration peut être consolidée et transformée en dynamique durable.
Le principe du «compter-sur-soi» trouve une traduction particulièrement claire dans la volonté de renforcer la production nationale.
La Tunisie dispose d’atouts importants dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les services. L’objectif consiste à mieux valoriser ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays.
Le cas de l’huile d’olive constitue à cet égard un exemple significatif. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 381,2 mille tonnes pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, en hausse de 50,8% sur un an.
Au-delà de ce produit emblématique, le défi consiste toutefois à passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation de produits à une économie capable de générer davantage de transformation, d’innovation et de valeur ajoutée.
Lutter contre la corruption pour libérer l’économie
La lutte contre la corruption constitue l’autre pilier de cette orientation.
Dans le discours présidentiel, la corruption n’est pas seulement considérée comme une question morale ou judiciaire. Elle est également présentée comme un obstacle économique. Lorsqu’un marché est faussé, qu’une entreprise obtient un avantage indu, qu’un intermédiaire profite d’une position dominante ou qu’une ressource publique est détournée, ce sont à la fois l’État, l’entreprise honnête et le citoyen qui en subissent les conséquences.
Kaïs Saïed fait régulièrement de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les réseaux d’intérêts une composante de sa politique économique. En septembre 2025, il avait notamment insisté sur la nécessité de combattre l’évasion fiscale et les réseaux de corruption, tout en affirmant que les potentialités nationales étaient loin d’être limitées.
Cette approche conduit à considérer la lutte contre la corruption comme un moyen de récupérer des ressources qui pourraient être consacrées au développement.
La même logique concerne la spéculation. La maîtrise des circuits de distribution et la lutte contre les pratiques spéculatives sont présentées comme des conditions nécessaires à la protection du pouvoir d’achat et à la stabilité des marchés.
En février 2026, le président avait appelé à des textes permettant à la fois de préserver le pouvoir d’achat, de freiner la hausse des prix, de lutter contre la spéculation et de réduire les importations non essentielles.
La maîtrise de l’inflation constitue précisément l’un des éléments les plus sensibles pour la population.
Une croissance qui ne s’accompagne pas d’une amélioration du pouvoir d’achat demeure insuffisante du point de vue social. Le gouvernement souligne ainsi l’évolution favorable de plusieurs indicateurs monétaires et financiers.
La Banque mondiale indique que l’inflation moyenne est passée à 5,7% en 2025, après avoir atteint 10,4% en février 2023. L’Institut national de la statistique indiquait pour sa part un taux d’inflation de 5,3% en juin 2026.
Cette évolution doit naturellement être interprétée avec prudence : une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Pour les ménages, la question demeure donc celle du niveau réel des prix et de l’évolution des revenus.
Le président lui-même place cette dimension au cœur de l’action économique : préserver le pouvoir d’achat constitue, dans sa conception, l’un des critères permettant de mesurer la portée sociale des politiques publiques.
La souveraineté financière comme objectif
Le «compter-sur-soi» comporte également une dimension financière.
La Tunisie reste confrontée à un niveau élevé de dette, à des besoins importants de financement et à un déficit énergétique qui pèse sur les équilibres extérieurs. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les perspectives demeurent exposées aux prix des importations et aux déséquilibres des finances publiques.
La souveraineté financière ne peut donc être considérée comme acquise. Elle constitue plutôt un objectif vers lequel l’action économique cherche à progresser.
Dans cette perspective, l’augmentation des ressources propres, l’amélioration du recouvrement fiscal, la réduction du gaspillage, l’intégration de l’économie informelle et la mobilisation de l’épargne nationale deviennent des instruments essentiels.
Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit explicitement dans cette logique en mettant l’accent sur la réduction de l’évasion fiscale, l’intégration de l’économie parallèle et la diversification des ressources de financement.
Dire que cette politique «donne ses fruits» suppose toutefois de distinguer les résultats observables de l’interprétation politique qui peut en être faite.
Les indicateurs disponibles montrent effectivement une amélioration de plusieurs variables : reprise de la croissance après une période de faibles performances, baisse du chômage, ralentissement de l’inflation et progression de certaines activités exportatrices.
Produire, investir, travailler : le triptyque de la nouvelle orientation
Au fond, la politique économique défendue par Kaïs Saïed repose sur un triptyque : produire davantage, investir dans les capacités nationales et garantir que les fruits de la croissance bénéficient plus largement à la population.
Le rôle de l’investissement public est, dans cette conception, déterminant. Les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, la santé et l’éducation constituent autant de conditions nécessaires au développement du secteur privé.
Dans les orientations du plan 2026-2030, le gouvernement a ainsi inscrit le soutien à l’investissement public, considéré comme un levier susceptible de stimuler l’investissement privé, ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises communautaires.
L’enjeu consiste donc à établir un cercle économique vertueux : davantage de production entraîne davantage d’investissement, davantage d’investissement crée davantage d’emplois, davantage d’emplois améliorent les revenus et l’amélioration des revenus soutient à son tour la demande intérieure.
La politique du «compter-sur-soi» n’est donc plus seulement une formule politique. Elle tend à se traduire par des choix budgétaires, des orientations de développement et des politiques destinées à renforcer les ressources propres du pays.
Les premiers indicateurs disponibles montrent une amélioration de plusieurs paramètres économiques. Ils constituent des signes encourageants, sans pour autant effacer les difficultés structurelles : dette, déficit énergétique, faiblesse de l’investissement, chômage encore élevé, disparités régionales et pression persistante sur le pouvoir d’achat.
La véritable réussite consistera désormais à faire de ces premiers résultats une tendance durable.
Car compter sur soi ne signifie pas seulement disposer de ressources nationales. Cela signifie être capable de les mobiliser intelligemment, de les protéger contre la corruption et la spéculation, de les transformer en investissement et en emplois et, surtout, de faire en sorte que la croissance économique retrouve une traduction concrète dans la vie quotidienne des Tunisiens.
C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra devenir non seulement un principe politique, mais une réalité mesurable dans la production, l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.
L’article Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets est apparu en premier sur Le Temps News.