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Médina, plastique et dignité : le projet qui veut réinventer le recyclage

11. Mai 2026 um 14:52

Ils sont plus de 8 000 à sillonner chaque jour les rues du pays, sacs et charrettes chargés de plastique récupéré dans les poubelles ou à même le sol. Ces collecteurs informels de déchets, les « barbachas », restent invisibles aux yeux du système. Pourtant, ils constituent le premier maillon vivant de toute économie circulaire. Un projet porté par l’association Tunis Clean Up entend changer la donne : les intégrer dans une filière formalisée de tri, de valorisation et de recyclage. Premier grand chantier visé : la Médina de Tunis.  

Aucun système de recyclage performant ne peut fonctionner sans eux. Chaque jour, les barbachas récupèrent plastiques, métaux et cartons. Ils alimentent ainsi les filières industrielles de transformation des matières premières et réduisent les volumes de déchets enfouis. Leur apport est massif. Leur reconnaissance, inexistante. Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale, d’aucun statut juridique, d’aucune sécurité professionnelle. Tunis Clean Up part de ce constat pour bâtir un cadre organisé. L’association entend former ces acteurs de terrain aux techniques de tri sélectif, aux normes de sécurité et aux circuits de valorisation. Elle prévoit également de les connecter directement aux restaurateurs, hôteliers et artisans de leur zone d’intervention. Une première phase de formation a d’ailleurs déjà démarré.

La Médina de Tunis, prochain laboratoire du recyclage intégré

Le choix de la médina comme territoire pilote est stratégique. Cet espace à forte densité artisanale et touristique génère des flux considérables de déchets valorisables. Le projet y prévoit un circuit complet : un centre de tri sélectif, des filières de transformation des matériaux récupérés et un espace d’exposition dédié aux produits issus du recyclage. Cette logique a déjà fait ses preuves dans la périphérie nord de la capitale. Des dispositifs similaires y ont permis de réduire la part des déchets non organiques, orientés ensuite vers le recyclage industriel ou la valorisation artistique. La médina représente donc l’étape suivante, plus visible, plus symbolique et plus complexe.

Trier différemment pour consommer autrement

Derrière l’enjeu opérationnel se dessine une ambition plus profonde. On ne peut pas traiter la gestion des déchets indépendamment des modes de production et de consommation. Généraliser le tri sélectif exige en effet une refonte des circuits de collecte, une montée en compétences de tous les acteurs et un changement de comportement à la source. En formalisant le rôle des barbachas, Tunis Clean Up ne règle pas seulement un problème social. L’association pose ainsi les fondations d’un écosystème économique et culturel où l’artisanat, le tourisme et l’environnement convergent autour d’une même matière première : le déchet.

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Détroit d’Ormuz : zéro tanker, cinq économies à genoux

11. Mai 2026 um 12:29

Selon le rapport du FMI publié en avril 2026, cinq des huit économies exportatrices de pétrole directement touchées par la guerre au Moyen-Orient devraient connaître une contraction de leur PIB en 2026. Le Qatar enregistre la révision à la baisse la plus sévère, avec une chute de près de 15 points de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2025.

La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz constitue le facteur déterminant de cette plongée économique. Depuis le début des hostilités le 28 février 2026, les traversées de tankers sont passées d’environ 70 navires par jour à un niveau proche de zéro, selon les données compilées par le FMI au 6 avril 2026. Le trafic aérien a subi un sort similaire : les départs ont chuté d’environ deux tiers à Dubaï, de près de trois quarts à Doha. Tandis qu’ils ont été totalement suspendus à Koweït City et à Manama.

Les frappes et les arrêts préventifs ont réduit les capacités de production et d’exportation pétrolière et gazière de plusieurs producteurs du Golfe, notamment en Irak, au Koweït et aux Émirats arabes unis. Et ce, tout en perturbant les opérations du complexe gazier de Ras Laffan au Qatar. La perte de capacité estimée dépasse 10 millions de barils par jour de pétrole et environ 500 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel, indique le rapport.

Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Qatar sont les cinq économies projetées en contraction du PIB. Oman, dont l’accès à la mer se situe entièrement en dehors du détroit d’Ormuz, résiste mieux avec une révision à la baisse limitée à environ 0,5 point de pourcentage. Il bénéficie même d’un effet prix positif sur ses recettes pétrolières. À l’inverse, l’Iran et l’Irak voient leurs balances courante et budgétaire se dégrader sous l’effet conjugué des destructions d’infrastructures et de la fermeture du détroit, qui l’emporte sur le bénéfice de la hausse des cours.

Par ailleurs, les répercussions devraient être durables. En effet, les projections du FMI montrent que les niveaux de PIB des économies directement affectées resteraient en 2030 environ 2 % en dessous de leur trajectoire d’avant-guerre pour l’économie médiane du groupe. Le rapport rappelle en outre que les conflits longs ou graves laissent en moyenne des cicatrices économiques profondes. Avec un revenu par habitant inférieur d’environ 15 % à sa tendance d’avant-conflit, cinq ans après le début des hostilités.

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Tunisie : l’entrepreneuriat vert au secours des exclus du marché du travail

11. Mai 2026 um 12:04

Un chiffre comme point de départ. Selon les projections de l’Organisation internationale du travail, la Tunisie dispose d’un gisement potentiel de 272 000 emplois verts à horizon 2030. C’est précisément ce levier qu’un nouveau projet international, baptisé « Meraviglia », ambitionne d’activer, en commençant par le gouvernorat de Nabeul.

L’initiative a été officiellement lancée le 9 mai 2026 au Centre culturel international de Hammamet. Elle est conduite par l’Association d’éducation relative à l’environnement de Hammamet (AERE), avec le soutien financier du programme européen Interreg NEXT MED, et court sur trois ans, de 2025 à 2028.

Un consortium méditerranéen à huit voix

Le dispositif repose sur une architecture partenariale inédite : huit organisations issues de six pays riverains de la Méditerranée (Tunisie, France, Italie, Liban, Jordanie et Turquie) se sont engagées autour d’une feuille de route commune. L’enjeu : faire émerger un entrepreneuriat à coloration écologique, capable à la fois de répondre aux défis climatiques et de générer des débouchés professionnels stables.

Terrain d’expérimentation désigné, le gouvernorat de Nabeul concentrera l’essentiel des interventions. Le programme prévoit d’y recenser six défis environnementaux de premier plan, avant de les convertir en projets économiques à fort potentiel d’emploi.

L’approche de « Meraviglia » se distingue par la précision de ses publics cibles. Jeunes et femmes faiblement qualifiés constituent le cœur de la démarche, des catégories que les promoteurs du projet décrivent comme confrontées à de réels obstacles d’accès à l’emploi, en dépit de la vitalité entrepreneuriale observée localement.

Car le diagnostic est posé sans ambages : de nombreuses initiatives vertes existent déjà, mais restent confinées à une faible visibilité et butent sur un triple verrou : un manque d’accompagnement; un déficit de formation; l’accès restreint aux financements. Les contraintes réglementaires et administratives viennent alourdir ce tableau, freinant l’essor d’un secteur pourtant porteur.

Un écosystème à construire, brique par brique

Pour y répondre, le projet articule plusieurs dispositifs complémentaires. Des tiers-lieux consacrés aux compétences environnementales verront le jour dans la région. Une académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert constituera le pilier numérique du programme. Des parcours de formation hybrides, alliant e-learning, mentorat et phases d’immersion sur le terrain, compléteront l’offre pédagogique. Enfin, des résidences d’éco-entrepreneurs favoriseront les croisements interculturels entre participants des six pays membres du consortium.

À travers « Meraviglia », ses porteurs affichent une ambition qui dépasse le cadre projet : contribuer à structurer durablement un écosystème de l’économie verte en Tunisie, plus inclusif et mieux armé face aux exigences conjuguées de la transition écologique et de l’emploi durable.

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Le détroit d’Ormuz fermé, le monde retient son souffle et son portefeuille

11. Mai 2026 um 11:56

Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales publié en avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) décrit une situation inquiétante. La guerre déclenchée le 28 février 2026 au Moyen-Orient menace directement la croissance mondiale. Dans le scénario le plus défavorable, celle-ci pourrait tomber à 2 %.

La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques ont provoqué une forte hausse des prix. Cette flambée dépasse désormais les frontières de la région. Depuis le début du conflit, le baril de Brent dépasse les 100 dollars. Les prix du gaz naturel en Europe ont aussi bondi de près de 60 %. Selon le FMI, cette hausse dépasse le niveau observé juste après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Dans son scénario de référence, le FMI suppose que les perturbations liées au conflit diminueront d’ici la mi 2026. L’institution prévoit aussi un prix moyen du baril autour de 82 dollars sur l’année. Dans ce contexte, la croissance mondiale atteindrait 3,1 % en 2026 puis 3,3 % en 2027. Ces résultats restent inférieurs au rythme récent de 3,4 % enregistré entre 2024 et 2025. Ils restent aussi loin de la moyenne historique de 3,7 % observée entre 2000 et 2019.

Le FMI envisage également un scénario plus difficile. Si les perturbations énergétiques persistent et que le pétrole atteint en moyenne 110 dollars le baril sur l’année, la croissance mondiale tomberait à 2,6 %. Dans le même temps, l’inflation mondiale grimperait à 5,4 %.

Le scénario le plus pessimiste prévoit des dégâts plus importants sur les infrastructures énergétiques. Il inclut aussi de fortes perturbations commerciales. Dans ce cas, la croissance mondiale pourrait chuter autour de 2 % en 2026. L’inflation dépasserait alors 6 % en 2027. Le FMI précise que les économies émergentes et en développement subiraient un impact presque deux fois plus fort que les économies avancées.

Le FMI rappelle enfin qu’il reste très difficile d’établir des prévisions fiables. L’incertitude autour de la durée et de l’intensité du conflit reste très élevée. L’accord de cessez-le-feu annoncé le 7 avril 2026 représente un signal positif. Toutefois, le maintien de cet accord et le retour de la stabilité régionale et mondiale resteront déterminants.

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Tuninvest SICAR : un bénéfice net qui triple en 2025 et un dividende de 1,250 dinar par action en vue

09. Mai 2026 um 12:32

Le bénéfice net de Tuninvest SICAR a quasiment triplé en 2025, bondissant de 193 % pour atteindre 2,3 millions de dinars, selon les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 par le Conseil d’administration réuni le 29 avril 2026. Cette performance est portée essentiellement par les dividendes versés par les sociétés du portefeuille, notamment Nouvelair.

Fort de ces résultats, le Conseil d’administration a convoqué une assemblée générale ordinaire pour le 11 juin 2026, à l’occasion de laquelle il proposera aux actionnaires la distribution d’un dividende de 1,250 dinar par action.

Sur le plan de la gouvernance, Brahim Anane a démissionné de ses fonctions d’administrateur et de président du Conseil d’administration, remplacé par Mokhtar Zannad.

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Placements de Tunisie SICAF verse 3,200 dinars de dividende par action

09. Mai 2026 um 12:25

La société Placements de Tunisie SICAF a fixé le montant de son dividende à 3,200 dinars par action, à l’issue de son assemblée générale ordinaire tenue le 5 mai 2026. Sachant que son chiffre d’affaire de l’exercice 2025 s’est élevé à 3,988 millions de dinars, soit une progression de 15,3 % par rapport à celui de 2024.

Le détachement du dividende est programmé pour le 12 mai 2026, tandis que le règlement débutera le 14 mai 2026. Les versements seront effectués auprès des intermédiaires en Bourse et des teneurs de comptes dépositaires de titres, par l’intermédiaire de Tunisie Clearing pour les titres qui y sont déposés.

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Diplômés chômeurs et enseignants suppléants : le concours externe du ministère de l’Éducation ravive les tensions

08. Mai 2026 um 17:08

Face aux critiques d’un député, le ministère de l’Éducation rejette toute contradiction. Il maintient que son concours externe de recrutement d’enseignants, au titre de 2026, respecte la loi n°18 de 2025. Cette loi réserve des mesures exceptionnelles aux diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage prolongé dans le secteur et la fonction publics.

En effet, le député Abdessalam Dahmani avait adressé une question écrite au ministère. Il lui demandait de justifier l’ouverture de ce concours au regard des dispositions exceptionnelles de ladite loi. Le député estime que ce concours porte atteinte aux droits des diplômés chômeurs de longue durée. Il juge également qu’il ignore les attentes des enseignants suppléants. Ces derniers ont travaillé des années sous contrat pour pourvoir des postes vacants. Leurs noms ne figurent pas dans la base de données.

Le 11 février 2026, le ministère de l’Éducation a ouvert ce concours externe par épreuves. Il cible les professeurs de l’enseignement secondaire, technique et technologique. Le ministère s’appuie sur l’arrêté du 21 mars 2014 pour justifier cette démarche.

Le ministère a également supprimé l’article 20 de l’arrêté conjoint du 13 novembre 2007. Cet article portait sur le régime du CAPES. Un arrêté du 7 août 2009 l’avait antérieurement modifié et complété.

La loi n°18 de 2025 est entrée en vigueur le 23 décembre 2025. Le Journal officiel de la République tunisienne l’a publiée à cette date. Elle prévoit une plateforme numérique pour enregistrer les données des candidats. Le classement accorde la priorité aux personnes de plus de 40 ans. Il favorise également ceux dont le diplôme remonte à plus de dix ans.

Les candidats doivent remplir plusieurs conditions : s’inscrire auprès des bureaux de l’emploi, ne pas cotiser de manière continue à un régime de retraite ou de protection sociale et ne pas détenir d’identifiant fiscal dans l’année précédant leur inscription. Enfin, ils ne doivent pas avoir contracté un crédit bancaire supérieur à 40 000 dinars au moment de leur inscription.

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Tunisie–UE: mobilité circulaire, visas et financement au cœur des échanges

08. Mai 2026 um 13:34

Lors d’une conférence de presse organisée à la veille de la Fête de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a évoqué le principe de “mobilité circulaire”. Ce dispositif vise à permettre à des travailleurs tunisiens de se former en Tunisie, d’acquérir une expérience professionnelle en Europe, puis de revenir au pays avec de nouvelles compétences.

Sur la question des visas, il a rappelé que leur délivrance relève exclusivement des États membres de l’Union européenne. Il a toutefois précisé que l’UE travaille actuellement à la digitalisation et à l’accélération des procédures consulaires.

De son côté, le chef de la section commerce de la délégation européenne, Thierry Béranger, a détaillé le fonctionnement du “partenariat pour les talents”. Ce dispositif européen vise à répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, notamment le tourisme et l’hôtellerie.

Selon les responsables européens, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de Tunisiens auraient déjà bénéficié de ces programmes de mobilité professionnelle. Ils reconnaissent toutefois la persistance de plusieurs obstacles, notamment la reconnaissance des diplômes, les lourdeurs administratives et l’insuffisance du dialogue avec le secteur privé.

Concernant l’assistance macrofinancière de 900 millions d’euros prévue dans le mémorandum d’entente signé en 2023 entre la Tunisie et l’Union européenne, Giuseppe Perrone a confirmé que cette enveloppe reste suspendue en l’absence d’accord entre Tunis et le Fonds monétaire international.

L’ambassadeur n’a toutefois pas exclu d’autres formes de soutien financier via des mécanismes alternatifs. Il a rappelé que ces financements prennent la forme de prêts à conditions avantageuses et restent liés à des garanties de stabilité économique et de mise en œuvre de réformes.

 

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SAH affiche un résultat net en hausse de 6% à 52,8 millions de dinars en 2025

08. Mai 2026 um 13:29

La Société d’Articles Hygiéniques (SAH) a publié ses résultats annuels arrêtés au 31 décembre 2025, approuvés par son conseil d’administration le 29 avril 2026. Le résultat net individuel de la société s’établit à 52,8 millions de dinars, en progression de 6% par rapport aux 49,8 millions de dinars enregistrés en 2024.

Le résultat individuel avant impôt ressort à 57,5 millions de dinars, contre 53,7 millions l’année précédente, soit une hausse de 7%. Le résultat net part du groupe s’élève pour sa part à 63,3 millions de dinars, en progression de 2,7% par rapport aux 61,6 millions de l’exercice 2024. Le conseil d’administration a proposé à l’Assemblée générale ordinaire la distribution d’un dividende de 0,4 dinar par action au titre de l’exercice 2025. L’Assemblée générale ordinaire des actionnaires est convoquée pour le mardi 9 juin 2026.

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Migration, justice, commerce: l’Union européenne fait le bilan de son engagement en Tunisie

08. Mai 2026 um 13:15

À la veille des célébrations de la Fête de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté la nouvelle version de la cartographie en ligne des projets de coopération européens en Tunisie. L’occasion lui a également permis de dresser un bilan chiffré de l’engagement européen dans le pays, d’évoquer l’état de mise en œuvre du mémorandum d’entente de 2023 et de répondre aux questions sur des dossiers sensibles: migration, transparence des financements, visa, appui aux médias et à la justice, et politique étrangère européenne.

L’ambassadeur Perrone a annoncé le lancement de la version entièrement repensée de la cartographie en ligne de la coopération européenne en Tunisie, accessible sur le site de la délégation de l’Union européenne. Cet outil, qui existe depuis 2022, a été intégralement refondu dans sa forme et dans son contenu afin d’offrir une navigation plus intuitive et une meilleure accessibilité à l’information. La plateforme recense l’ensemble des projets de coopération bilatérale en cours, organisés par thématique; agriculture, environnement, santé, éducation, recherche, infrastructures, entre autres, et localisés sur une carte interactive du territoire tunisien. Chaque fiche projet détaille le montant engagé, les objectifs, les partenaires de mise en œuvre, les cofinancements éventuels, l’actualité des activités et les contenus visuels produits. Le site est mis à jour régulièrement et conserve les projets jusqu’à un an après leur clôture. Au moment de la conférence de presse, la plateforme recensait environ 87 projets en cours, un chiffre appelé à évoluer au fil des nouvelles signatures annuelles. L’ambassadeur a présenté cet outil comme un instrument de transparence destiné aux journalistes, aux chercheurs, au monde académique et à l’ensemble du public.

1,35 milliard d’euros de projets en cours…

Le volume total des projets de coopération actuellement en cours en Tunisie s’élève à environ 1 milliard 350 millions d’euros, sans inclure les prêts des institutions financières européennes. Par ailleurs, selon des données récemment reçues par la délégation, quelque 350 000 entreprises européennes sont établies en Tunisie, générant 480 000 emplois directs et indirects. L’ambassadeur a également rappelé que 70 % du commerce extérieur tunisien s’effectue avec l’Union européenne, et que la balance commerciale bilatérale de la Tunisie avec l’UE est excédentaire, à l’inverse de celle avec la Chine, qualifiée de “lourdement déficitaire”. Il a précisé que l’accord d’association de 1995 est à l’origine de 1,3 % du PIB tunisien et d’environ 3 % de la progression des niveaux de salaires, soulignant le rôle déterminant que ce cadre a joué dans la modernisation et l’intégration de l’industrie tunisienne dans les chaînes de valeur européennes. Enfin, près de 90 % des grands projets d’investissement en Tunisie proviendraient de l’Union européenne.

Un mémorandum d’entente aux résultats contrastés selon les axes

Interrogé sur l’état d’avancement du mémorandum d’entente signé en 2023 avec la Tunisie, premier accord de ce type conclu par l’Union européenne avec un pays de la région méditerranéenne, l’ambassadeur Perrone a indiqué qu’une mission d’évaluation venue de Bruxelles avait conduit, le mois précédant la conférence, un exercice périodique d’évaluation de sa mise en œuvre. Il a décrit une situation “non uniforme” selon les cinq axes du mémorandum : l’assistance financière, le commerce, la mobilité, les relations entre les peuples et l’énergie.

Les avancées les plus nettes ont été enregistrées sur les volets migratoire et énergétique. En matière de commerce, l’ambassadeur a reconnu un certain retard. Il a présenté le mémorandum comme un cadre donnant une nouvelle structuration à une relation bilatérale déjà établie, et non comme un instrument créant des obligations ex nihilo. Les projets encadrés par ce mémorandum sont consultables sur la cartographie en ligne. Il a renvoyé vers le site de la direction générale pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord de la Commission européenne.

Transparence des fonds: décisions publiques, audits et droit d’accès

En réponse à des questions sur la destination et le contrôle des financements européens, Thierry Béranger, chef de la section commerce de la délégation, a apporté des précisions détaillées sur les mécanismes en vigueur. Il a rappelé que toute décision de financement est arrêtée par la Commission européenne et rendue publique, après examen par un comité réunissant les représentants des États membres à Bruxelles, qui donnent leur aval. Les enveloppes allouées à la Tunisie sont ensuite définies en concertation avec les autorités tunisiennes, au premier rang desquelles le ministère de l’Économie et du Plan. Le choix du partenaire de mise en œuvre, celui qui gère le budget et conduit les activités, s’effectue dans le cadre de ce processus de formulation. Tous les projets sont systématiquement audités et évalués, et une partie de ces évaluations est rendue publique. Les journalistes disposent par ailleurs du droit de demander l’accès aux rapports, en vertu de la législation européenne sur l’accès aux documents.

À titre d’illustration des résultats concrets, il a cité le programme Creative Tunisie, récemment clôturé, dédié à la structuration de la filière artisanale. Grâce à l’intervention de l’ONUDI, financée par l’Union européenne, les potiers de Moknine ont doublé leur chiffre d’exportation en 5 ans; les producteurs de fibres végétales du sud du pays ont quant à eux entre doublé et triplé leurs chiffres d’affaires et d’exportation.

Projets judiciaires…

Interpellé sur le bilan d’un programme d’appui à la réforme du système judiciaire doté d’une enveloppe avoisinant les 100 millions d’euros, Thierry Béranger a retracé l’historique de ce soutien, conduit sur plus de 10 ans à travers 3 générations de programmes.

Les deux premières générations ont principalement porté sur l’appui aux infrastructures judiciaires, notamment la rénovation de tribunaux en régions et la digitalisation du système, dont certains résultats ont été repris et intégrés par le ministère de la Justice tunisien. La troisième génération a pris la forme d’un appui budgétaire, mécanisme par lequel des décaissements directs au Trésor public tunisien étaient conditionnés à l’atteinte d’indicateurs convenus d’un commun accord. Les grands indicateurs politiques, notamment l’indépendance de la justice, le Conseil supérieur de la magistrature et la mise en place des instances constitutionnelles, n’ont pas été atteints en raison d’une évolution de la trajectoire politique nationale. En revanche, des indicateurs plus techniques relatifs aux conditions d’incarcération des femmes et à la séparation des mineurs des adultes en détention ont été réalisés. Thierry Béranger a conclu que le succès de tels programmes dépend inévitablement de la volonté politique du moment, susceptible d’évoluer entre le lancement et la clôture d’un projet.

 

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ENNAKL Automobiles : les actionnaires percevront leur dividende dès le 15 juillet 2026

08. Mai 2026 um 11:07

La société ENNAKL Automobiles a annoncé la distribution d’un dividende de 1 dinar par action au titre de l’exercice 2025. Cette décision a été actée lors de l’Assemblée Générale Ordinaire réunie le 29 avril 2026.

Le détachement du dividende interviendra le 13 juillet 2026. La mise en paiement effective au profit des actionnaires s’effectuera le 15 juillet 2026.

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ITCEQ – Savoirs Éco : trois ans de partenariat qui ont redessiné la recherche économique en Tunisie

08. Mai 2026 um 09:42

Financé à hauteur de 4,5 millions d’euros par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, le projet « Savoirs Éco » a marqué la clôture de son partenariat avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), le 7 mai 2026, lors d’une cérémonie organisée à Tunis.

En trois ans de collaboration, l’ITCEQ a développé deux modèles économétriques inédits, lancé une plateforme intégrée de données, organisé treize rencontres-débats converties en notes de politique économique et tenu son premier congrès international. Institutions publiques, chercheurs, représentants universitaires, société civile et partenaires internationaux se sont retrouvés pour dresser le bilan d’une expérience qu’ils ont unanimement qualifiée de « transformatrice ».

La cérémonie de clôture du partenariat entre Savoirs Éco et l’ITCEQ a ainsi réuni, dans la soirée de jeudi 7 mai, l’ensemble des acteurs qui ont contribué à faire vivre l’une des collaborations les plus importantes inscrites au portefeuille d’Expertise France en Tunisie.

Une coopération ancrée dans une ambition partagée

A cette occasion, Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, a rappelé dans son allocution l’ampleur de la coopération scientifique et technique franco-tunisienne. Il s’agit de près de 10 millions d’euros investis entre 2011 et 2026, 1 200 projets financés, 2 000 doctorants formés en cotutelle et 800 000 euros engagés chaque année dans des partenariats mixtes de recherche portant sur des thématiques aussi transversales que le climat ou l’intelligence artificielle. Elle a également évoqué le volet archéologique de cette coopération, décliné à travers trois missions actives à Haïdra, Béja et Thapsus, à la hauteur de l’héritage exceptionnel de la Tunisie dans ce domaine.

Insistant sur le rôle fondateur de la recherche appliquée dans l’élaboration des politiques publiques, la diplomate a appelé au développement de projets similaires à Savoirs Éco, seuls à même de créer les conditions d’une analyse robuste dans un monde traversé par des ruptures systémiques. « La production de savoirs économiques est capitale, mais elle constitue la base de l’édifice », a-t-elle déclaré.

De son coté, Marco Stella, chef de section de développement économique à la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, a replacé Savoirs Éco dans le cadre plus large de l’appui européen à la gouvernance économique en Tunisie, initié dès 2021. Il a souligné l’originalité d’un projet qui a délibérément travaillé avec des acteurs institutionnels nationaux dont la collaboration habituelle avec les partenaires européens n’allait pas de soi. Illustrant ainsi la volonté d’élargir le périmètre des partenariats. Il a salué l’ITCEQ comme un organisme aujourd’hui renforcé, capable d’éclairer les décisions de politique publique et d’alimenter le débat sur les questions économiques et de développement durable.

Par ailleurs, Alaya Becheikh, directeur général de l’ITCEQ, a articulé son bilan autour de trois facteurs clés : la singularité d’une approche multidimensionnelle touchant simultanément au capital institutionnel, humain et organisationnel de l’Institut; la parfaite adéquation du projet avec la stratégie de transformation 2023-2025 de l’ITCEQ, préalablement définie avant même le démarrage de la collaboration; et la qualité exemplaire de la gestion partenariale entre les deux équipes. « Plus qu’un simple appui, Savoirs Éco a apporté une rigueur et une exigence professionnelle qui ont stimulé nos équipes à donner le meilleur d’elles-mêmes », a-t-il affirmé. Il a rendu un hommage appuyé à Stéphane Rivet, directeur d’Expertise France Tunisie, pour son engagement constant tout au long du projet. Alors que ce dernier s’apprête à rejoindre de nouveaux horizons professionnels.

Des réalisations concrètes sur le terrain

Nejla Koubaa, coordinatrice du projet au sein de l’ITCEQ, a livré le bilan opérationnel le plus détaillé de la soirée. En trois ans, Savoirs Éco a permis le développement de deux modèles économétriques majeurs : un modèle intégrateur fondé sur les données d’enquête propres à l’ITCEQ et les bases de données internationales; et un modèle de prospective à long terme adapté au contexte tunisien à partir d’un outil de référence internationale.

Sur le volet système d’information, un diagnostic global a conduit au lancement d’un projet de plateforme intégrée de données, infrastructure moderne appelée à transformer en profondeur le mode de production et de diffusion de la connaissance au sein de l’Institut, ainsi qu’à la refonte du site institutionnel.

En outre, treize rencontres-débats ont été organisées depuis le lancement, toutes converties en notes de politique économique. Et l’ITCEQ a tenu en 2025 son premier congrès international. L’ensemble des chercheurs de l’Institut a par ailleurs bénéficié de formations portant sur l’évaluation des politiques publiques, l’analyse de données et la prise de parole en public. Mme Koubaa a résumé les enseignements du projet en quatre points : la nécessité de faire circuler la connaissance au-delà des institutions productrices, l’agilité comme facteur de résilience face aux imprévus, la déontologie de la collaboration comme condition du partenariat durable, et l’impératif qu’un projet soit porté de l’intérieur pour produire un changement institutionnel réel. Elle a remercié Alexis Ghosn, premier chef de projet Savoirs Éco, pour avoir posé les fondations de la collaboration lors de la phase la plus exigeante, ainsi que son successeur Baptiste Pain, qui a su s’intégrer immédiatement à la dynamique collective.

Des partenariats scientifiques au service de la durabilité

Pour sa part, Patrick Guillaumont, président de la FERDI, s’est exprimé en visioconférence. Il a rappelé que la FERDI avait accompagné l’ITCEQ à travers deux programmes de mentorat ayant permis aux chercheurs de confronter leurs travaux aux standards internationaux les plus exigeants, débouchant sur deux notes de politique économique : l’une sur la fiscalité environnementale en Tunisie, co-rédigée avec l’Université de Clermont-Ferrand, l’autre sur la résilience de l’économie tunisienne.

Christophe Cottet, directeur de l’AFD Tunisie, a témoigné de la coopération technique menée en parallèle à travers le déploiement d’un outil de modélisation des implications économiques et financières du changement climatique, appliqué en particulier au secteur agricole tunisien. Il a insisté sur la durabilité comme critère premier d’une coopération réussie, en précisant que les droits de propriété intellectuelle des modèles développés sont partagés avec l’ITCEQ, garantissant leur existence au-delà de la présence des partenaires. « Ce qui fait qu’une coopération est réussie, c’est que les outils perdurent au-delà de la présence de la coopération », a-t-il résumé.

Des chercheurs transformés par l’expérience

Alexis Ghosn, premier chef de projet Savoirs Éco au sein d’Expertise France, a mis en lumière avec recul la complexité du défi initial : articuler, au sein d’un seul projet de coopération technique, les temporalités longues de la recherche, les besoins urgents du décideur public et la pression médiatique du temps court. L’intervenant a annoncé qu’Expertise France avait depuis lors formalisé une stratégie propre à la coopération dans le domaine de la recherche appliquée au service des politiques publiques dans les pays du Sud, ouvrant la voie à de futures initiatives au Maroc, en Angola et dans d’autres géographies, à l’échelle nationale comme régionale.

Olfa Bouzaiene, directrice de la Division Synthèse et Modélisation de l’ITCEQ, a illustré à travers son propre parcours l’impact concret des formations reçues : une première expérience de vulgarisation médiatique à la suite d’une enquête sur la digitalisation des entreprises tunisiennes, une participation à des émissions radiophoniques et une présence accrue dans les milieux universitaires. Elle a décrit les sessions consacrées aux techniques de communication, à l’analyse de données et à la collaboration avec les journalistes comme des outils essentiels ayant permis de combler le fossé entre rigueur économétrique et exigences de la communication publique.

Vers une institutionnalisation du lien entre recherche et décision publique

Mme Fatma Marrakchi, Présidente du laboratoire d’intégration économique internationale (LIEI), a témoigné des collaborations nouées avec l’ITCEQ, notamment autour de colloques sur le positionnement de l’économie tunisienne face à la fragmentation de l’économie mondiale, et annoncé qu’une étude commune portant sur le commerce international croisé aux exigences environnementales était en cours d’élaboration. Elle a plaidé, rejointe en cela par Saif Ben Sassi, directeur général du Centre de recherches et d’études sociales, pour l’institutionnalisation du lien entre monde académique et décideurs publics. Tous deux ont convergé vers le même constat : le pont entre chercheurs et gouvernement existe, mais il demeure informel et insuffisamment structuré, là où une plateforme formelle de dialogue permettrait de fonder les décisions de politique économique sur des données quantifiées et des analyses rigoureusement validées. M. Ben Sassi a, de son côté, insisté sur la nécessité pour le chercheur de développer une posture de communicateur, seule à même de garantir que les résultats de la recherche appliquée trouvent leur chemin jusqu’aux décideurs et à la société.

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Mémorandum UE-Tunisie : des avancées sur la migration et l’énergie

07. Mai 2026 um 18:57

Une mission d’évaluation venue de Bruxelles a conduit au mois d’avril un exercice périodique d’évaluation de la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé en 2023 avec la Tunisie, premier accord de ce type conclu par l’Union européenne avec un pays de la région méditerranéenne.

L’ambassadeur Giuseppe Perrone a indiqué lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai 2026 organisée par la délégation de l’Union européenne  que la situation est non uniforme selon les cinq axes du mémorandum que sont l’assistance financière, le commerce, la mobilité, les relations entre les peuples et l’énergie. Les avancées les plus nettes ont été enregistrées sur les volets migratoire et énergétique, alors qu’en matière de commerce l’ambassadeur a reconnu un certain retard.

Il a présenté le mémorandum comme un cadre donnant une nouvelle structuration à une relation bilatérale déjà établie, et non comme un instrument créant des obligations ex nihilo. Les projets encadrés par ce mémorandum sont consultables sur la cartographie en ligne, et pour un état des lieux détaillé de sa mise en œuvre il a renvoyé vers le site de la direction générale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Commission européenne.

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Appui de l’UE à la réforme de la justice en Tunisie : quel bilan?

07. Mai 2026 um 17:23

Le bilan du programme d’appui à la réforme du système judiciaire tunisien, doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros, affiche des résultats mitigés. Si les volets techniques ont progressé, les objectifs politiques majeurs n’ont pas été atteints.

Les deux premières phases du programme ont permis la rénovation de tribunaux dans les régions et la digitalisation du système judiciaire. La troisième phase, fonctionnant par appui budgétaire direct, visait des indicateurs tels que l’indépendance de la justice et le Conseil supérieur de la magistrature. Lors d’une conférence de presse tenue à Tunis, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a admis que ces derniers n’ont pas été réalisés en raison de l’évolution de la trajectoire politique qu’a connue le pays.

Lire aussi: Gaza / Ukraine : Giuseppe Perrone récuse l’accusation de « deux poids, deux mesures »

Toutefois, le programme a permis des avancées concrètes sur des points spécifiques, notamment l’amélioration des conditions d’incarcération des femmes et l’application de la séparation stricte entre détenus mineurs et adultes.

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Tunisie et UE : le pari d’une migration circulaire pour transformer les flux en leviers économiques

07. Mai 2026 um 17:04

Lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai 2026 à Tunis, l’ambassadeur Perrone a expliqué  les nouveaux axes de la stratégie migratoire et professionnelle entre la Tunisie et l’Union européenne. Entre gestion des flux irréguliers et facilitation de la mobilité des talents, les deux partenaires tentent de transformer le défi migratoire en un levier de développement économique mutuel malgré des obstacles administratifs persistants.

La lutte contre la migration clandestine constitue un intérêt stratégique propre à la Tunisie et ne doit plus être perçue comme un simple service rendu à l’Europe selon l’ambassadeur Perrone. Ce dernier souligne que les autorités tunisiennes refusent de voir leur territoire devenir une zone de transit pour les réseaux de traite humaine. Si le phénomène semble désormais mieux maîtrisé, sa résolution complète nécessite une approche globale incluant le contrôle rigoureux des frontières, la répression des trafiquants et le soutien accru aux organismes d’aide aux réfugiés.

Le volet de la mobilité légale s’appuie désormais sur le concept de mobilité circulaire qui favorise un cycle de formation en Tunisie suivi d’une expérience en Europe avant un retour au pays enrichi de nouvelles compétences. Thierry Béranger précise que le partenariat pour les talents cible prioritairement les secteurs sous tension comme l’hôtellerie ou le tourisme. Bien que des milliers de personnes aient déjà bénéficié de ces dispositifs, des marges de progression subsistent notamment concernant la reconnaissance mutuelle des diplômes et la simplification des démarches pour les candidats.

La question sensible de l’octroi des visas demeure une prérogative souveraine des États membres et non de l’administration de l’Union européenne. L’ambassadeur Perrone rappelle toutefois qu’une stratégie de digitalisation est en cours pour accélérer les procédures de délivrance. Parallèlement, la délégation européenne s’emploie à faciliter les échanges pour les cadres et les universitaires tunisiens engagés dans des programmes de coopération afin de lever les barrières qui freinent encore l’accès des professions libérales aux marchés du continent.

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Gaza / Ukraine : Giuseppe Perrone récuse l’accusation de « deux poids, deux mesures »

07. Mai 2026 um 15:38

Lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai 2026, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Giuseppe Perrone, a répondu aux critiques de « deux poids deux mesures » concernant la position européenne sur les conflits en Ukraine et à Gaza.

Le diplomate a reconnu que la règle de l’unanimité au sein de l’UE rend difficile l’adoption de positions communes tranchées sur Gaza. Il qualifie la situation dans le territoire palestinien de « collapse de notre humanité ». Il a souligné en outre que l’incapacité d’action efficace de l’UE sur ce dossier entraînait un malaise, réfutant au passage les comparaisons entre les deux tragédies.

Concernant l’Ukraine, le diplomate a justifié l’ampleur de la réponse européenne (90 milliards d’euros) par la menace directe que représente ce conflit pour la sécurité de l’Union.

Par ailleurs, il affirmé que le partenariat avec la Tunisie restait prioritaire face à l’émergence de nouveaux acteurs globaux. Et ce, en raison de la fiabilité de l’UE et de sa proximité géographique.

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L’Union européenne confirme un engagement de 1,35 milliard d’euros en Tunisie

07. Mai 2026 um 15:08

À la veille de la Fête de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Tunisie a annoncé, lors d’une conférence de presse, un bilan chiffré de son impact économique en Tunisie. Le volume total des projets de coopération active s’élève actuellement  à 1 milliard 350 millions d’euros. Un montant qui n’inclut pas les prêts directs des institutions financières européennes.

Les données révèlent que l’UE demeure le premier partenaire économique du pays. Et ce, avec 70 % du commerce extérieur tunisien qui s’effectue avec l’espace européen. Contrairement aux échanges avec d’autres partenaires comme la Chine, la balance commerciale tunisienne avec l’UE est excédentaire.

Par ailleurs, l’accord d’association de 1995 contribuerait à hauteur de 1,3 % du PIB national. De même qu’il conduirait à une progression de 3 % du niveau des salaires.

En outre, sur le plan social, environ 350 000 entreprises européennes sont implantées en Tunisie. Elles génèrent ainsi 480 000 emplois directs et indirects.

Enfin, 90 % des grands projets d’investissement dans le pays proviendraient de l’Union européenne.

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Transparence : l’UE lance sa nouvelle cartographie numérique des projets en Tunisie

07. Mai 2026 um 14:55

L’Union européenne (UE) renforce la visibilité de son action en Tunisie. L’ambassadeur Giuseppe Perrone a dévoilé, ce 7 mai 2026, une version intégralement refondue de la plateforme en ligne recensant l’intégralité des projets de coopération bilatérale sur le territoire. 

Accessible sur le site de la délégation de l’UE, cette interface interactive permet de localiser et de consulter les interventions européennes à travers tout le pays. À ce jour, la plateforme répertorie quatre-vingt-sept projets actifs. Ils couvrent des domaines stratégiques comme l’agriculture, l’environnement, la santé, l’éducation ou encore les infrastructures de transport et d’énergie.

Chaque projet fait l’objet d’une fiche technique complète fournissant les montants engagés, les objectifs fixés et l’actualité des chantiers. Ces fiches précisent également les partenaires de mise en œuvre, à l’instar de l’ONUDI, ainsi que les cofinancements mobilisés. Pour garantir un suivi historique efficace, les informations restent consultables jusqu’à un an après la clôture définitive des programmes.

Cette initiative répond à un objectif de transparence totale envers les citoyens, les chercheurs et les médias. Thierry Béranger, responsable au sein de la délégation, précise que cet outil s’inscrit dans une démarche de rigueur démocratique. Puisque les décisions de financement sont publiques et soumises à des audits systématiques. Conformément à la législation européenne sur l’accès aux documents, les rapports d’évaluation sont également mis à la disposition du public.

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 Nacer Hachani : « L’augmentation de 5 % n’absorbera qu’une infime partie de l’inflation du quotidien »

07. Mai 2026 um 07:00

Dans une déclaration accordée à L’Économiste Maghrébin, Nacer Hachani, expert-comptable et partner chez i2h Consulting, dresse un constat mesuré mais sans complaisance. Le gouvernement a opté pour une trajectoire de stabilisation sociale prévisible, avec des hausses salariales nominales de 5 % par an sur trois années. Mais cette mécanique de compensation ne saurait masquer une réalité plus complexe : si les revenus nominaux progressent, le pouvoir d’achat réel des Tunisiens continue de se détériorer. Entre fragilité des PME, pressions inflationnistes multiples et compétitivité à l’export mise à rude épreuve, l’expert livre une lecture sans concession de la situation économique.

L’expert-comptable décrit une économie engagée dans une phase de stabilisation fragile, ni en crise ouverte, ni véritablement en reprise. Il relève quelques signaux positifs, à commencer par le recul de l’inflation, passée d’un pic de 7 % en 2024 à environ 5,5 %, avec une moyenne de 5,3 % sur l’année 2025. La croissance économique demeure positive, mais les projections du FMI, qu’il considère comme les plus prudentes, l’établissent à 2,1 %, bien en deçà des 3,3 % inscrits dans les hypothèses budgétaires de l’État. Cet écart traduit, selon lui, une incertitude structurelle : le pays n’atteint pas le niveau de croissance escompté.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts réels, rappelle Nacer Hachani : les énergies renouvelables, les hautes technologies, les start-up à forte valeur ajoutée, dont certaines se sont distinguées à l’échelle internationale et constituent des modèles sur lesquels il est possible de s’appuyer. Mais le pays manque encore de moteurs de croissance suffisamment solides et durables.

L’économie tunisienne fonctionne à deux vitesses, observe l’expert. Les grandes entreprises affichent des résultats positifs et des équilibres financiers solides. Les PME, en revanche, se trouvent dans une fragilité croissante sous l’effet de pressions accumulées : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, hausse des prix du pétrole et des coûts de transport, rareté des matières premières. Ces facteurs conjugués les exposent à des difficultés financières de plus en plus significatives.

Des hausses salariales qui compensent sans vraiment réparer

Il ne s’agit pas d’une hausse de prospérité, mais d’une hausse de compensation, tranche Nacer Hachani. L’expert y voit avant tout une tentative de rattraper, au moins partiellement, plusieurs années d’inflation accumulée et de restaurer une fraction d’un pouvoir d’achat déjà érodé.

L’État a retenu une trajectoire lisible : 5 % de hausse nominale annuelle sur trois ans, applicable à l’ensemble des salariés, fonctionnaires, secteur privé, qu’ils relèvent ou non d’une convention sectorielle. Il tient cependant à souligner un point technique important : ces 5 % ne s’appliquent pas chaque année sur une base fixe, mais sur le salaire déjà revalorisé l’année précédente. Le total sur trois ans n’est donc pas de 15 % mais de 15,76 % en termes cumulés. Une nuance qu’il juge essentielle pour que tant les employeurs que les salariés mesurent correctement l’ampleur réelle de la mesure.

5 % de hausse pour 8 % d’inflation alimentaire : l’équation impossible

Si le taux de revalorisation est de 5 %, l’inflation globale s’établit à 5,5 %, un écart déjà défavorable. Mais Nacer Hachani souligne que l’analyse doit aller plus loin : l’inflation alimentaire atteint 8,2 %, et c’est précisément ce poste qui pèse le plus dans le budget des ménages les plus modestes. L’habillement affiche, lui, une inflation de 9,3 %. En décomposant davantage les données alimentaires, l’expert relève des hausses de 16 % pour la volaille, 19 % pour les fruits et 13,5 % pour les légumes. Dans ce contexte, l’augmentation de 5 % n’absorbera qu’une infime partie de l’inflation du quotidien et ne suffira pas à couvrir la réalité du coût de la vie pour le Tunisien ordinaire.

Nacer Hachani reconnaît un avantage réel au dispositif retenu : sa prévisibilité permet aux entreprises de simuler leur trajectoire financière sur trois ans et d’identifier des marges de manœuvre sur d’autres postes de coûts. Mais l’impact, précise-t-il, varie sensiblement selon la taille et le modèle économique de chaque entreprise.

Pour les PME exportatrices, la situation est particulièrement préoccupante. Une hausse cumulée de 15,65 % de la masse salariale sur trois ans vient aggraver une série de pressions déjà lourdes : doublement du prix du baril de pétrole en quelques mois, coûts du transport maritime et des assurances en forte progression sous l’effet des tensions géopolitiques, rareté des matières premières, fiscalité alourdie par la récente hausse du taux de droit commun. L’expert estime que cette conjonction de facteurs pèse considérablement sur leur compétitivité à l’exportation.

La situation des PME orientées vers le marché intérieur est encore plus préoccupante, juge l’expert-comptable, dans la mesure où elles opèrent sur des modèles à faible valeur ajoutée, sans possibilité de compenser par une expansion internationale. Face à la hausse des charges salariales et à l’étroitesse du marché intérieur, ces entreprises n’auront d’autre choix que de comprimer leurs coûts. Nacer Hachani anticipe en conséquence un gel des recrutements, une montée du chômage et un recours accru au travail informel.

43 dinars de plus par mois : une augmentation que le quotidien absorbera vite

Sur le plan du revenu nominal, l’impact est positif : le salaire affiché sur la fiche de paie augmente. Mais en termes de pouvoir d’achat réel, l’effet demeure limité. L’expert-comptable illustre son propos par un exemple concret : un salarié touchant 1 000 dinars en 2025 percevra environ 1 043 dinars en 2026, soit 43 dinars supplémentaires par mois, un montant dont l’effet sur le panier quotidien reste très marginal. Des pressions inflationnistes importées, liées notamment à la hausse des prix du pétrole, commencent par ailleurs à se faire sentir et iront en s’amplifiant dans les prochains mois.

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