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Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations

06. Januar 2026 um 09:29

Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur de 1813 contemplant l’extraction du dirigeant qui se proclame son héritier, emporté par une puissance étrangère. La scène dépasse la provocation symbolique. Elle dit la dissonance d’une époque où l’indépendance, conquise au nom de la souveraineté des peuples, se voit réinterprétée à l’aune d’une doctrine de domination qui se dispense des formes. Ce n’est plus seulement une transgression ; c’est le retour d’un impérialisme qui se drape dans les habits du droit pour mieux fragiliser l’architecture normative qu’il prétend défendre. Comme l’avait pressenti Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, la banalisation de l’exception finit par transformer la violence en routine administrative — et la routine en horizon politique.

Yahya Ould Amar *

L’extraction du président vénézuélien Nicolás Maduro décrite par Donald Trump, appartient à cette catégorie rare d’événements qui comptent moins par ce qu’ils font que par ce qu’ils autorisent à penser. En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d’agir, elles réécrivent la grammaire de l’ordre international. Ce texte interroge ainsi un monde qui apprend à vivre sans l’illusion de l’égalité souveraine, où les hiérarchies s’exercent à visage découvert, et où la puissance cesse de se contenir par les règles pour s’autoriser d’elles. Quand cette frontière se déplace, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent, ni des régimes qui changent, ce sont les cartes mentales du monde — et les limites du pensable — qui se redessinent.

Le basculement d’époque

Parler d’«arrestation» pour qualifier l’extraction de Nicolás Maduro hors du Venezuela par les États-Unis n’est pas une simple facilité de langage. Les mots tracent des frontières. Nommer «arrestation» une opération menée sans juridiction locale, sans coopération judiciaire, sans extradition, c’est brouiller la ligne entre police et armée, entre justice et stratégie, entre ordre public et ordre international. C’est ici que commence la gravité morale de l’époque, lorsque la puissance ne se contente plus d’agir, mais de requalifier son acte. Elle ne dit plus «nous avons frappé», elle affirme «nous avons fait respecter la loi». Dans ce glissement, la force perd sa honte — et le précédent naît.

Si l’on accepte qu’une opération coercitive extraterritoriale puisse devenir une opération de «justice», alors le monde entre dans un âge où la guerre se rebaptise police et où l’exception cesse d’être une transgression pour devenir une méthode de gouvernement. Hier les «cas» Noriega, Saddam, Gbagbo ou Kadhafi ; aujourd’hui le «cas Maduro» ; demain un «cas X».

L’acte importe, mais le message est plus lourd encore, la souveraineté n’est plus un droit, elle devient une tolérance conditionnelle. Et lorsque Washington évoque la possibilité de «gérer» le Venezuela, le basculement est total, de la sanction d’un homme à la tutelle d’un pays de 27 millions d’habitants. Quand la frontière entre droit et puissance se déplace, les cartes du monde, elles aussi, finissent toujours par bouger.

Le retour silencieux de la tutelle comme horizon

L’enlèvement de Nicolás Maduro réactive une idée que l’ordre international contemporain croyait avoir reléguée à l’histoire, celle selon laquelle certains États peuvent, au nom d’un bien supérieur qu’ils définissent seuls, suspendre la souveraineté des autres. Le glissement est subtil mais décisif. On ne parle plus de conquête ni même d’intervention, mais de «gestion», de «stabilisation», de «remise en ordre». Le vocabulaire est propre, technique, presque managérial ; il transforme l’État en problème à administrer. Dès lors, la violence cesse d’être tragique pour devenir instrumentale, et la morale se déplace, la responsabilité invoquée remplace la légitimité consentie.

Ainsi la tutelle devient acceptable. On affirme qu’un dirigeant ne représente plus son peuple, que le peuple doit être protégé, que l’économie doit être réparée, que l’État doit être réorganisé.

Chaque étape paraît raisonnable ; ensemble, elles recomposent une hiérarchie où certains décident pour d’autres. Le message envoyé, surtout aux États vulnérables, est limpide, la souveraineté n’est plus un principe égalitaire, mais une permission conditionnelle. Cette «bienveillance» stratégique, comme l’avait averti Amartya Sen dans ‘‘L’Idée de justice’’, risque moins de corriger les injustices que de les perpétuer, en parlant au nom des peuples tout en faisant taire leurs voix.

La doctrine Monroe : l’aveu d’un monde qui régresse

La doctrine Monroe appartient à un siècle prédateur (XIXe), celui où l’ordre international ne se fondait pas sur des règles communes, mais sur la capacité des puissants à réserver des espaces. Elle ne proclamait pas la liberté des peuples ; elle bornait un territoire d’influence. Ce n’était pas une doctrine de droit, mais un acte de possession : «ici, nous déciderons».

Si elle a été abandonnée, ce n’est pas par vertu, mais par intelligence stratégique. Après 1945, les États-Unis ont compris qu’une hégémonie durable se dissimule dans les règles. Le droit, les institutions, l’universalisme imparfait étaient plus efficaces que la tutelle assumée. Gouverner par la norme stabilisait ; gouverner par l’exception exposait. La doctrine Monroe devenait alors un archaïsme nuisible, incompatible avec la crédibilité morale nécessaire pour contenir les autres empires.

Son retour aujourd’hui sonne comme un aveu de déclin. Les puissances véritablement assurées n’ont pas besoin de sanctuariser ; ce sont les puissances inquiètes qui bornent, administrent et prétendent «gérer». La réactivation de la doctrine Monroe n’exprime pas une force retrouvée, mais une légitimité qui s’effrite. Lorsque les règles cessent de servir le plus fort, celui-ci revient à la géographie et à la contrainte. Le coût est immédiat, moralement, la souveraineté devient une permission conditionnelle ; géopolitiquement, la hiérarchie remplace l’ordre, et la stabilité cède la place à la domination assumée.

Le danger est systémique. Les sphères d’influence obéissent à une loi de conservation, ce qui est toléré ici est reproduit ailleurs. La logique qui s’affirme à Caracas trouve ses échos en mer de Chine méridionale comme en Ukraine. À force d’exceptions, l’universalisme se délite et l’ordre post-1945 se fragmente en un archipel de dominations. Le monde ne devient pas plus pacifique ; il devient plus pensable pour la force. Et dans un tel monde, la stabilité n’est plus garantie par les règles communes, mais par les rapports de puissance.

La tentation de l’urgence stratégique

Il faut pourtant accepter, ne serait-ce qu’un instant, de regarder l’épisode depuis la rationalité de la puissance. Du point de vue des États-Unis, la tentation de l’exception ne procède ni d’un cynisme gratuit ni d’un mépris abstrait du droit, mais d’un sentiment d’urgence stratégique : monde fragmenté, institutions multilatérales paralysées, adversaires qui testent les lignes rouges, alliés jugés hésitants, opinion publique fatiguée de l’impuissance. Dans cette lecture, agir vite, frapper fort et requalifier l’action en «justice» serait une manière de restaurer la dissuasion, de reprendre l’initiative, de montrer que la puissance sait encore décider quand les règles s’enlisent. Cette logique est intelligible — et c’est précisément ce qui la rend dangereuse. Car en substituant l’efficacité immédiate à la légitimité durable, elle confond capacité d’agir et capacité de structurer. L’histoire des grandes puissances est pourtant sans appel, celles qui gouvernent par l’exception finissent par multiplier les coups, mais perdent la maîtrise de l’époque. La rationalité de l’urgence est compréhensible ; son coût stratégique, lui, est systémique. À l’horizon 2030, des simulations du Rand Corporation prévoient une multiplication par trois des conflits hybrides si cette logique persiste.

Les risques s’ordonnent dans le temps

À court terme, la normalisation de l’exception abaisse le seuil d’acceptabilité de l’usage de la force, les crises deviennent plus fréquentes, moins encadrées. À moyen terme, elle fragilise les alliances, politise durablement l’économie mondiale et installe une méfiance structurelle entre partenaires qui ne savent plus si la règle protège encore. À long terme enfin, le risque est civilisationnel, un monde où la souveraineté est conditionnelle, où le droit est sélectif, devient un monde structurellement instable, condamné à gérer par la domination ce qu’il n’a plus la capacité de gouverner par des normes communes. Ce risque civilisationnel évoque la chute de Rome, non par invasion barbare, mais par érosion interne des normes. Dans un monde interconnecté, cette instabilité pourrait accélérer les migrations climatiques et les pandémies, transformant les exceptions en catastrophes globales.

La souveraineté redevient une variable du rapport de force

Pour le Sud global, l’enlèvement de Nicolás Maduro n’est p0as un fait divers géopolitique. Il dit, sans détour, que la souveraineté n’est pas un droit inaliénable garanti par des normes universelles, mais une fonction conditionnelle, elle vaut tant qu’elle ne contrarie pas l’utilité stratégique des puissants.

Pendant des décennies, l’intégration économique, la conformité réglementaire, la reconnaissance diplomatique ont été présentées comme des assurances implicites. L’épisode vénézuélien fissure cette croyance. Il suggère que l’alignement ne protège pas nécessairement, que la vertu normative n’est pas un bouclier, et que l’ordre mondial n’est pas injuste par accident mais hiérarchique par construction. À partir de là, la rationalité dominante change, la question n’est plus «comment être conforme ?», mais «comment survivre politiquement ?».

Les États du Sud global doivent diversifier leurs alliances par calcul existentiel. Ils doivent réduire les dépendances réversibles demain en leviers de contrainte : monnaies, systèmes de paiement, infrastructures critiques, données, approvisionnements stratégiques. Ils doivent durcir leur appareil sécuritaire au nom de la stabilité préventive — non par goût de l’autoritarisme, mais parce qu’un monde où la tutelle est pensable rend la fragilité interne dangereuse. La mondialisation, autrefois promesse de convergence, se reconfigure en espace de vulnérabilité.

L’universalisme occidental cesse d’être une promesse crédible pour devenir un récit parmi d’autres. Cela peut produire deux trajectoires opposées. La première est défensive : repli, fragmentation, cynisme, où la politique devient une gestion permanente du risque d’ingérence. La seconde est celle de l’émergence d’un Sud global plus conscient de lui-même, moins demandeur de reconnaissance, plus soucieux de bâtir des équilibres autonomes — régionaux, financiers, technologiques. Des pays comme le Brésil ou l’Inde, via les Brics+, accélèrent déjà leurs alliances alternatives, avec une augmentation de 25% des échanges intra-Sud en 2025 selon la Banque mondiale, signe d’une multipolarité émergente qui défie l’hégémonie occidentale.

Économie mondiale

Le premier effet de cet épisode vénézuélien est que les investisseurs ne se demandent plus seulement si un projet est rentable, mais s’il est exposable à une requalification juridique, à une sanction, à une tutelle soudaine, à une «gestion» externe. Les chaînes de valeur se régionalisent, la redondance remplace l’optimisation, et la liquidité se concentre dans les juridictions perçues comme«amies». Ce mouvement n’est pas idéologique ; il est prudentiel. Mais la prudence, à l’échelle globale, renchérit le capital et ralentit la productivité.

La finance internationale, elle, réagit par rétrécissement de l’horizon. Le temps long — celui des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la transformation productive — devient plus difficile à financer quand la souveraineté peut être suspendue et les actifs requalifiés. Les flux se raccourcissent, les garanties se multiplient, les conditions se durcissent. Les pays perçus comme «exposés» paient plus cher leur dette, voient leurs IDE se raréfier ou se politiser, et apprennent que la discipline macroéconomique ne suffit plus à compenser le risque d’exception.

Le Venezuela devient alors un laboratoire involontaire. Non pas pour ses fondamentaux — déjà fragiles — mais pour ce qu’il autorise à penser ailleurs : que des actifs stratégiques puissent être administrés au nom de la stabilité, que des contrats soient relus à l’aune d’une tutelle, que la gouvernance d’un pays devienne une variable de valorisation. À partir de là, les marchés internalisent un principe simple qui est que la géopolitique n’est plus un choc exogène, c’est une hypothèse permanente.

Ainsi, l’enjeu économique de cette séquence dépasse le cas vénézuélien. Il tient en une phrase : plus la puissance politise l’ordre international, plus le monde devient coûteux. Coûteux en capital, en temps, en croissance potentielle. La stabilité obtenue par l’exception se paie d’une instabilité diffuse, intégrée dans les prix, les contrats et les anticipations. Et cette facture, comme toujours, est d’abord réglée par ceux qui vivent loin du centre de décision — là où la règle était censée compenser l’absence de puissance. Selon le FMI, cette géopolitisation pourrait réduire la croissance mondiale de 1,5% par an, avec les pays émergents supportant 60% du fardeau, exacerbant les inégalités et risquant des soulèvements comme ceux vus en 2024 au Sri Lanka et au Pakistan.

Le droit subsiste, mais il n’arbitre plus l’exception

Face à l’enlèvement de Maduro, l’Onu apparaît dans sa vérité contemporaine structurellement impuissante lorsque l’exception est assumée par les puissants. Les textes existent, les principes sont clairs, l’indignation est possible ; pourtant, quand la coercition est requalifiée en «police» et la tutelle en «gestion», l’Onu ne tranche plus — elle consigne. Le Conseil de sécurité devient un théâtre de récits concurrents où le veto fige le droit au moment précis où il devrait agir. Cette scène n’est pas singulière, elle se répète de Ukraine à Gaza, partout où les intérêts vitaux des grandes puissances se heurtent. Là aussi, les résolutions s’empilent, les condamnations se répondent, mais l’arbitrage se dérobe. Ce n’est pas un effondrement spectaculaire ; c’est une neutralisation silencieuse du droit par saturation politique.

À horizon dix à quinze ans, le monde qui se dessine n’est ni celui du chaos pur, ni celui d’un ordre stabilisé. C’est un monde plus dur, plus cher, plus hiérarchique. Les conflits n’y seront pas nécessairement plus nombreux, mais plus localisés, plus ambigus, plus difficiles à contenir. Le droit continuera d’exister, mais comme ressource argumentative, non comme barrière. Les économies fonctionneront, mais sous prime géopolitique permanente. La paix, quand elle existera, sera moins le produit des règles que de la fatigue des puissants. Ce monde-là ne s’effondre pas, il s’use.

Pourtant, l’Onu pourrait renaître via une réforme élargissant son Conseil de Sécurité et supprimant le droit de véto au sein de celui-ci. Sans cela, elle risque de devenir un vestige, comme la Société des Nations post-1919.

Elections de mi-mandat, novembre 2026

Il faut enfin introduire une variable politique décisive, celle du temps électoral américain. La réactivation d’une doctrine Monroe opérationnelle repose sur une fenêtre politique étroite, fragile, et potentiellement réversible. À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, plus de deux cents sondages nationaux et locaux convergent vers un constat défavorable aux Parti républicain : perte de la Chambre, Sénat incertain, et surtout érosion du mandat politique nécessaire pour assumer une doctrine de puissance aussi coûteuse symboliquement. Or la doctrine Monroe n’est pas une politique de consensus ; c’est une doctrine clivante, qui exige continuité, crédibilité et acceptation durable des coûts normatifs. Une alternance — ou même une majorité divisée — suffirait à la fragiliser, car elle expose immédiatement ses contradictions : contradiction entre primauté régionale et alliances globales, entre discours de droit et pratiques d’exception, entre leadership moral revendiqué et tutelle assumée. À cela s’ajoutent d’autres forces de rappel, la fatigue stratégique de l’électorat, la priorité donnée aux enjeux domestiques (inflation, dette, immigration), et la pression des milieux économiques, peu enclins à soutenir une doctrine qui politise les marchés et renchérit durablement le coût du capital. Autrement dit, la doctrine Monroe réactivée pourrait bien être un pari de fin de cycle : spectaculaire à court terme, mais structurellement vulnérable à la sanction démocratique. Dans l’histoire américaine, les doctrines durables sont celles qui survivent aux alternances ; celles qui disparaissent avec les majorités révèlent moins une stratégie qu’un moment politique.

Ces élections pourraient marquer un tournant, similaire à 1974 post-Watergate, où l’Amérique réaffirme son attachement aux normes, ou au contraire accélérer le déclin, comme en 1930 avant l’isolationnisme.

Au terme de cet article, les risques de guerres ne sont pas seulement ceux liés à des enchaînements de crises, mais d’un glissement de civilisation. Un monde où la force se rebaptise droit, est un monde qui abaisse le seuil de la guerre, multiplie les rapports de sujétion et prépare des conflits d’autant plus violents qu’ils auront été longtemps normalisés.

L’enlèvement de Nicolás Maduro n’est pas en soi la cause de ces périls ; il en est le signal. Car lorsque la souveraineté devient conditionnelle, lorsque le droit cesse de contenir la puissance, lorsque les hiérarchies cessent d’être dissimulées, alors la rivalité stratégique se mue en lutte existentielle.

Les guerres ne naissent pas seulement de l’agression, mais de l’échec collectif à maintenir des limites crédibles; les dominations ne durent qu’au prix d’un ressentiment accumulé ; et les civilisations échouent moins par faiblesse que par excès de certitude.

En croyant sécuriser l’ordre international par l’exception, on fragilise ce qui rendait encore la coexistence possible. L’histoire nous enseigne qu’un monde qui accepte facilement la domination finit par découvrir que la paix sans règles n’est jamais qu’une guerre différée.

Sommes-nous prêts à vivre dans un monde où la paix dépend moins du droit que de la patience des puissants ?

* Economiste, banquier et financier.  

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Gestern — 05. Januar 2026Haupt-Feeds

Les tensions au Venezuela dopent l’or

05. Januar 2026 um 14:17

L’or a progressé de plus de 1 % lundi 5 janvier. Tandis que d’autres métaux précieux ont également grimpé, après l’arrestation par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro au cours du week-end. Ce qui a exacerbé les tensions géopolitiques et stimulé la demande d’actifs refuges.

L’or a progressé d’environ 1,5 % sur le marché au comptant, atteignant 4 395,35 dollars l’once ce matin, son plus haut niveau depuis plus d’une semaine. Le précieux métal a établi un record historique à 4 549,71 dollars l’once le 26 décembre 2025.

Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en février ont progressé de 1,8 % pour atteindre 4 405,40 dollars, selon Reuters.

A rappeler que le métal jaune a connu une hausse significative en 2025, avec avec une progression de 64 %, son plus fort gain annuel depuis 1979. Et ce, grâce aux baisses de taux d’intérêt, à la demande de valeurs refuges et aux entrées de capitaux dans les fonds négociés en Bourse..

Les États-Unis ont arrêté Maduro samedi 3 janvier 2026 lors d’une opération qui aurait fait des victimes civiles. Puis Donald Trump a déclaré que Washington prendrait le contrôle du pays. Toutefois, la vice-présidente Delcy Rodriguez a assumé le rôle de présidente par intérim avec le soutien de la Cour suprême du Venezuela. Tout en ajoutant que Maduro était toujours le président du pays.

Les actifs non rémunérateurs comme l’or ont tendance à bien performer dans un contexte de faibles taux d’intérêt et en période d’incertitude géopolitique ou économique.

Quant aux autres métaux précieux, l’argent a progressé de 4,5 % sur le marché au comptant pour atteindre 75,86 dollars l’once, après avoir culminé à un record historique de 83,62 dollars le 29 décembre.

L’argent quant à lui a clôturé l’année en hausse de 147 %, surpassant largement l’or, pour sa meilleure année jamais enregistrée. Il a même atteint de nouveaux sommets historiques grâce à son statut de métal essentiel aux États-Unis et aux contraintes d’approvisionnement liées à la demande industrielle et d’investissement croissante.

De son côté, le platine a progressé de 1,5 % sur le marché au comptant pour atteindre 2 175,15 dollars l’once. Et ce, après avoir culminé à un record historique de 2 478,50 dollars lundi et gagné plus de 5 % plus tôt dans la séance pour atteindre son plus haut niveau en une semaine.

Enfin, le palladium a progressé de 0,4 % pour atteindre 1 645,0 dollars l’once.

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L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude

05. Januar 2026 um 11:02

En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré ! (Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez).

Imed Bahri

Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.

Le magazine britannique The Economist a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.  

The Economist rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson ‘‘Imagine’’ de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été «cordial».

Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé

Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.

The Economist rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.

Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle «ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays». Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.

Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela

Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.

Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des «milliards et des milliards de dollars» pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.

Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: «Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix», tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»

Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une «militante de gauche», n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le «seul président» du pays malgré son arrestation. «Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare», a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.

Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une «mission de vengeance» contre l’ancienne élite, notamment Machado.

Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: «Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances».

Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.

Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.

Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.

Le lendemain de l’opération américaine, des «colectivos», milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.

L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.

Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.

Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.

Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.

Les alliés traditionnels dans l’expectative

Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.

Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. «Elle est agacée par les Cubains», confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.

La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.

Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.

Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro «devrait faire attention à ses fesses»

Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu «ennemi» pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.

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Venezuela | L’enlèvement du couple Maduro, ou le retour du Gringo

05. Januar 2026 um 10:07

On pensait que Trump bluffait dans l’affaire du Venezuela et que les Etats-Unis n’iraient pas jusqu’à intervenir militairement en dehors de l’embargo sur les exportations de pétrole et de quelques bateaux de pêcheurs ou de trafiquants de temps à autre bombardés et coulés pour les besoins de la cause. On se trompait.

Dr Mounir Hanablia *

Le moindre des paradoxes n’est pas de voir le président américain réduire son homologue venezuélien à affronter la même justice avec laquelle à la fin de son mandat il aura maille à partir. Ce qui importe c’est que la justice américaine dispose depuis quelques décennies et avec la complicité du Congrès Américain de l’arsenal législatif (Foreign Corrupt Practice Act) nécessaire pour juger, condamner, et détenir, tous ceux à travers le monde que l’administration américaine, ou les grands intérêts privés américains, considèrent comme étant susceptibles de leur nuire.

L’un des exemples les plus célèbres à ce sujet est la manière avec laquelle Général Electric s’était assuré le contrôle de la division ‘Energie’ du groupe français Alstom. Les Européens qui avaient les premiers le devoir de réagir contre cela se sont tus. Or depuis la mise en accusation d’Israël et de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale, le droit international a cessé d’être l’outil commode que la superpuissance américaine parfois soucieuse de s’assurer une caution universelle, utilise pour donner l’illusion d’un monde civilisé usant des rigueurs de la Loi contre les Etats ou les gouvernements parias.

Le passé explique le présent et éclaire l’avenir

Trujillo avait certes été assassiné en République Dominicaine en 1961. Diem l’a été au Sud Vietnam. Allende au Chili est mort lors d’un coup d’État militaire organisé par la CIA et cela s’est révélé politiquement coûteux. Saddam Hussein a été pris et livré à ses ennemis chiites. Kadhafi a été lynché de la manière que l’on sait par les milices islamistes soutenues par Sarkozy et Bernard-Henry Lévy. Bachar El Assad s’est enfui à Moscou pour échapper au sort semblable que Daech lui destinait.

Le précédent significatif par sa ressemblance avec l’enlèvement de Maduro est, cependant, celui de Noriega du Panama, un agent de la CIA qui avait fait assassiner son prédécesseur Torrijos avant de devenir président et d’être accusé d’être un trafiquant de drogue. Capturé à la fin des années 80 par l’armée américaine lors de l’invasion du Panama, il avait été jugé, condamné, et détenu aux Etats Unis.

L’administration américaine n’a pas agi différemment en s’emparant du président Maduro afin de s’assurer le contrôle de ce pays riche en pétrole. Le prétexte, le trafic de drogue et le terrorisme, importent peu; au Mexique, pays limitrophe par où transite la majeure partie de la drogue à destination des Etats-Unis et où les trafiquants circulent au grand jour et disposent d’une puissance de feu supérieure à la police qu’ils affrontent régulièrement dans des batailles rangées, Trump n’intervient pas.

En fait, la guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah avait démontré la capacité des Israéliens disposant de la technologie américaine à frapper à la tête de leurs ennemis grâce à une évidente supériorité de ses moyens informatiques.

Trump alimente l’hostilité contre les Etats-Unis

Nous sommes devant deux cas de figures. Le premier est que ce sont donc tous les dirigeants du monde qui peuvent, un jour, après une brève opération de police menée par les unités d’élite de l’armée américaine disposant de moyens d’information en temps réel, se retrouver – quand ils ne sont pas assassinés – devant un procureur américain pour des charges dont ils auront pu jusque-là ignorer l’existence.

Il est douteux sans être impossible que Trump désire inspirer cette crainte qui ne peut à court terme que susciter l’hostilité générale contre les Américains, même auprès de leurs propres alliés.

Le second cas de figure est que ces derniers, les Américains, les Gringos ainsi qu’on les appelle au Mexique, s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice. On aurait en effet pu éliminer Maduro, mais ce qui importait aux yeux de ce qu’il convient d’appeler ses ravisseurs était de démontrer le caractère immanent et transcendant, autrement dit quasiment divin, de la souveraineté américaine au moins en Amérique du Sud par rapport à toutes les autres.

C’est là une autre traduction de la «destinée manifeste de l’Amérique», et de sa traduction politique dans l’hémisphère occidental, dite «doctrine de Monroe». Mais un vieux dicton romain dit bien: «Si tu désires la paix, prépare la guerre !».

Comment résister à une domination américaine ?

Il ne faut pas compter sur la bonne volonté des puissances impériales pour se protéger. Que peuvent faire à cette fin les États en faillite ? D’aucuns estiment qu’il n’y a d’autre choix que de s’insérer dans le projet économique et politique dominant, celui de la vente du pays aux intérêts étrangers. D’autres, qu’il faut résister quitte à s’allier avec tous ceux qui le font contre cette domination globale. Encore faudrait-il en avoir les moyens. Toute la question est là.

Il serait illusoire de prétendre se protéger contre un débarquement d’une armée disposant de la panoplie technologique complète du XXIe siècle. Mais il vaut mieux l’astreindre à le faire pour éliminer un dirigeant qui ne leur siérait pas plutôt que le voir enlever d’une manière ignominieuse ou éliminer par un bombardement.

Il demeure donc prioritaire de se fixer des objectifs minimums, et le premier est de protéger ses propres dirigeants.

Depuis l’usage massif des nouvelles technologies de l’information, ceux qui nous observent lisent en nous comme dans un livre ouvert. La nécessité est donc de s’assurer une maîtrise minimale de l’information capable de sauvegarder une partie de nos secrets. Cela suppose une capacité dans le chiffrement informatique qu’une nation dont la population est éduquée peut raisonnablement acquérir, en attendant le développement des ordinateurs quantiques, par définition inviolables.

Avec la dessalaison de l’eau de mer et la maîtrise de l’énergie solaire, cela constituerait plus que le braiement de quelques excités dans les rues régulièrement réunis pour la circonstance ou de quelques politicards maniant la rhétorique anti impérialiste, les bases du respect effectif de la souveraineté.

Certes on en est loin, mais il faudrait déjà commencer par s’y préparer. Toute la question est de savoir si le peuple d’un pays a ou non la volonté de ne pas se laisser réduire en esclavage, sinon exterminer comme l’avaient été il n’y a pas si longtemps les Indiens.       

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Etats-Unis | La force au mépris du droit

05. Januar 2026 um 09:20

«Il ne faut pas être trop ambitieux , il faut être réaliste et ne pas considérer que le droit international peut et doit triompher partout sur la planète, mais d’abord dans les zones où il rejoint l’intérêt des principales puissances», déclarait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat des États-Unis. Cette vieille doctrine américaine a encore été confirmée dans l’agression américaine contre le Venezuela, un Etat souverain, samedi 3 janvier 2026, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international.

Abderrahmane Cherfouh *

Le viol du droit international par Donald Trump échappe à toute sanction et ne suscite que des réactions timides et mitigées de la part du monde soi-disant libre.

Le viol du même droit international par Israël se poursuit depuis 77 ans et il échappe à toute sanction.

De nos jours, les États-Unis sont économiquement les plus forts et militairement les plus puissants. Ils dictent le droit. Ils imposent leur loi. Mais la dernière agression américaine contre un Etat indépendant et l’enlèvement de son président a mis à nu le monde irrationnel dans lequel nous vivons où règne la loi du plus fort, ouvrant la voie à toutes les dérives et tous les abus. Les pays du monde entier sont désormais avertis : le droit international est une vieille fiction qui a fait son temps. Le droit est désormais au bout des fusils.   

Dans sa préparation de l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse et de leur exfiltration, Trump a mis une impressionnante machine de propagande accusant Maduro d’être un narcotrafiquant inondant les Etats-Unis de cocaïne et faisant des milliers de victimes parmi les Américains, ce qui est, bien sûr, loin d’être prouvé.

La démocratie, Trump n’en a que faire

Maduro est, également, accusé d’être un dictateur qui a écrasé et affamé son peuple alors que lui et sa bande menait une vie de luxe. Cela est certes juste et prouvé, mais est-ce la raison pour laquelle on a été le chercher jusque dans sa chambre à coucher ?

Non, bien sûr. La démocratie, Trump n’en a que faire, et la liberté du peuple vénézuélien est le dernier de ses soucis. Seul le pétrole dont regorge le sol de ce pays latino-américain l’intéresse, et lui-même le crie sur tous les toits.     

Comment cette propagande américaine savamment orchestrée, utilisant des techniques ultrasophistiquées, ne fascinerait-elle pas le commun des mortels et le citoyen lambda de tous pays ? Les actes d’accusation portées contre Maduro ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient formulés, il y a presque 23 ans, contre le régime de Saddam Hussein et ses soi-disant armes chimiques de destruction massive constituant une supposée menace pour la paix dans le monde.

Il n’y a aucun doute sur le fait que Maduro a toutes les caractéristiques d’un dictateur détesté par son peuple et qui exerçait un pouvoir absolu qui lui permettait de tenir le pays d’une main de fer, de museler la presse, d’emprisonner ses opposants et de s’enrichir illicitement. Débarrasser le Venezuela de ce dictateur est au cœur de la propagande de Trump pour justifier son intervention dans ce pays.

Pour des centaines de millions d’opprimés de la planète écrasés par des dictatures malveillantes et des régimes autoritaires, cela représente un fort message d’espoir qu’un jour, ils pourront se libérer, eux aussi, du joug de leurs oppresseurs. Et présentement, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : à  qui le tour ? Sauf que, et cela est de notoriété publique, un grand nombre de dictateurs à travers le monde sont des alliés des Etats-Unis qui les protègent, y compris en dans cette Amérique Latine que les Américains considèrent comme leur «espace vital».   

Un homme dangereux que rien ne semble pouvoir arrêter

Par ailleurs, après sa rhétorique annexionniste voulant que le Canada devienne le 51e État des États-Unis, Trump a également réitéré sa volonté de conquérir le Groenland. «Nous avons besoin du Groenland absolument», a-t-il lancé, sans ciller. Mais pour le moment, son objectif affiché est clair : diriger le Venezuela, imposer sa mainmise sur ses richesses pétrolières, prélude au remodelage géostratégique de l’ensemble l’Amérique du Sud. Ce qui fait de la Colombie et du Cuba, les deux Etats qui résistent encore à ses élans impérialistes, des probables prochaines cibles.

On voit bien que cet homme est, dans l’incohérence même de sa démarche au regard du reste du monde, est conséquent avec lui même et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses déboires passés et sa grande amitié avec le pédophile Jeffrey Epstein ne semblent pas l’affecter outre mesure. Pas plus que son soutien indéfectible au criminel de guerre et génocidaire recherché par la Cour pénale international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Cet homme est un danger pour l’humanité. Ses méthodes brutales révulsent, notamment la manière inhumaine avec laquelle il fait expulser les immigrés et les accusations racistes du genre de celles lancées contre les Haïtiens : «A Springfield, ils mangent les chiens, ils mangent les chats, ils mangent les animaux domestiques des gens qui habitent là. Voilà ce qui se passe dans notre pays et c’est une honte».

Tout indique désormais que Trump et la clique de ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. De grosses tempêtes pointent à l’horizon.

* Médecin, Canada.

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Ahmed Ben Mustapha : « L’invasion du Venezuela marque la fin du droit international »

04. Januar 2026 um 19:03

Dans un entretien exclusif accordé à L’Économiste Maghrébin, l’ancien ambassadeur Ahmed Ben Mustapha livre une analyse sans concession de l’intervention militaire américaine au Venezuela. Selon lui, l’enlèvement du président Maduro et de son épouse constitue le point culminant d’une dérive de trois décennies vers l’abandon des règles multilatérales. Il soutient que cette opération n’est pas un événement isolé, mais le paroxysme d’une stratégie de Washington visant à reprendre le contrôle des ressources stratégiques tout en contrant l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans l’hémisphère occidental.

L’ancien diplomate rappelle qu’après la guerre froide, malgré les tensions bipolaires, le droit international conservait encore ses lettres de noblesse en tant que cadre juridique de référence. La première guerre du Golfe, en 1991, illustrait cette logique car elle fut menée en réponse à l’invasion du Koweït par une coalition mondiale incluant la Russie. À cette époque, les États-Unis se présentaient encore comme les garants de l’application du droit dans le monde d’après-guerre froide.

Cependant, cette période a progressivement cédé la place à une émancipation totale de Washington vis-à-vis des contraintes juridiques. S’imposant comme l’unique « hyperpuissance » après l’effondrement du bloc soviétique, les États-Unis ont monopolisé la gestion des conflits à leur seul profit. Si dès les années 1970 le dollar s’était imposé comme seule monnaie pétrolière, les interventions en Yougoslavie à la fin des années 1990, puis en Irak en 2003, ont marqué un basculement où les justifications juridiques devenaient de plus en plus fragiles. En Irak, bien que les allégations d’armes de destruction massive se soient révélées infondées, un semblant de légitimation internationale était encore recherché. Notre invité affirme sans détour que l’invasion du Venezuela rompt définitivement avec ce principe : pour la première fois, l’administration Trump n’invoque plus aucune base légale, assumant ouvertement une opération planifiée depuis plusieurs mois avec l’implication de la CIA.

La Doctrine Monroe : Sécurité ou Prédation ?

Cette intervention s’inscrit dans la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis qui réactive la doctrine Monroe. Si celle-ci stipulait historiquement que personne ne devait se mêler de la zone d’influence américaine, elle ne se limite plus aujourd’hui aux seules questions de défense. Elle englobe désormais explicitement le contrôle des richesses. Pour Washington, la nationalisation du pétrole par Hugo Chávez est perçue comme un vol de biens appartenant historiquement aux entreprises américaines, lesquelles ont été les premières à exploiter ces technologies pétrolières, analyse l’ancien ambassadeur.

Cette vision représente un retour à une forme de néocolonialisme assumé où le contrôle des ressources naturelles prime sur la souveraineté des États. En ciblant le Venezuela, qui dispose des plus importantes réserves pétrolières mondiales, les États-Unis font du pays un enjeu majeur de leur rivalité avec les autres grandes puissances. C’est une logique purement prédatrice où l’on considère que l’on récupère simplement ce qui nous appartient de droit, au mépris des frontières nationales, martèle-t-il.

Stratégie d’étranglement et changements de régimes

L’opération vénézuélienne suit une continuité historique de changements de régimes orchestrés par Washington au Guatemala, au Chili ou en Argentine. La méthode consiste d’abord à étouffer les peuples par des sanctions économiques et un blocus meurtrier qui, selon Ahmed Ben Mustapha, a déjà coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Une fois le pays suffisamment affaibli, la stratégie vise à favoriser les divisions internes, à corrompre une partie des élites et de l’appareil militaire, puis à intervenir militairement.

Ce scénario se dessine également pour l’Iran, où les troubles actuels sont perçus comme les prémices d’une nouvelle guerre de changement de régime. « Vouloir attaquer l’Iran revient à cibler la ceinture de sécurité de la Chine et de la Russie, car le pays constitue un maillon essentiel de l’axe de résistance à l’hégémonie américaine », estime-t-il.  Cette même logique prédatrice se retrouve au Proche-Orient, où l’objectif serait de transformer Gaza en projet touristique et de mettre la main sur les ressources gazières offshore, tout en sécurisant un corridor économique reliant l’Inde à l’Europe pour contourner la route de la soie chinoise.

Un front global : Ukraine, Chine et Russie

L’analyse de l’ancien diplomate replace l’intervention au Venezuela dans le contexte d’une rivalité globale. La Russie a conclu un traité stratégique multidimensionnel avec le Venezuela incluant une coopération militaire et scientifique, tandis que la Chine est devenue un acteur central en Amérique latine par ses investissements massifs. Pour contrer cette influence, Trump mène une guerre qui n’est désormais plus secrète.

Cette confrontation se manifeste également sur le front ukrainien, où Trump aurait tenté de geler le conflit selon ses propres conditions sans répondre aux préoccupations russes. Son objectif était de poursuivre la guerre en la faisant financer par les Européens tout en récupérant les minéraux rares via des accords conclus avec le président Zelensky. Le refus russe de ce marché est vécu comme un affront pour la stratégie américaine, dont le cœur reste de donner l’apparence que les États-Unis tranchent et maîtrisent toujours la gestion de tous les conflits internationaux.

Perspectives 2026 : Le risque de conflagration

Malgré l’annonce d’une gestion directe du pays par Washington, l’issue de la crise reste incertaine. L’armée vénézuélienne a affirmé sa détermination à résister et Maduro bénéficie désormais d’une aura de martyr suite à son kidnapping officiel. Sur le plan international, la Russie et la Chine ne lâcheront pas prise facilement compte tenu de leurs intérêts stratégiques dans la région. Bien que l’Union européenne semble approuver l’opération, la position américaine pourrait se fragiliser lors des prochaines réunions au Conseil de sécurité de l’ONU.

Ahmed Ben Mustapha s’inquiète d’une escalade mondiale sans précédent en ce début d’année 2026. Il cite notamment l’attaque contre la résidence du président Poutine, soulignant que l’implication de la CIA est attestée par l’usage indispensable de la couverture satellitaire américaine pour un tel ciblage. Contrairement aux promesses électorales de mettre fin aux conflits, la première année de ce second mandat de Trump voit au contraire une multiplication des fronts de confrontation, laissant craindre une conflagration généralisée entre les grandes puissances.

Un signal d’alarme pour le Maghreb

L’ancien ambassadeur lance un avertissement direct à l’Afrique du Nord et au monde arabe. Évoquant des déclarations du Pentagone sur une volonté de généraliser ce type d’interventions à d’autres régions, il déplore le silence des pays arabes qui devraient pourtant se sentir directement menacés. Ce qui se passe au Venezuela est le prolongement exact des scénarios appliqués dans le monde arabe depuis le début du millénaire : changer les régimes pour s’accaparer les richesses. Pour Ahmed Ben Mustapha, les pays de la région, riches en hydrocarbures et en ressources stratégiques, doivent urgemment prendre conscience qu’ils pourraient être les prochaines cibles de cette politique qui ne cherche désormais plus aucune justification juridique.

 

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Le député Saïdani n’écarte pas un remake du scénario vénézuélien en Tunisie

04. Januar 2026 um 12:43

Dans une vidéo postée hier, samedi 3 janvier 2026, où il commentait la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité spéciale américaine, le député Ahmed Saïdani, n’a pas écarté un remake de ce scénario en Tunisie, si on n’arrive pas à régler nos problèmes entre nous. Vidéo.

«Le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes, et la jeunesse doit construire une alternative nationale tunisienne populaire, car nous risquons de nous retrouver face à des alternatives imposées de l’étranger ; les alternatives des ambassades ne seront pas dans l’intérêt du peuple», a-t-il écrit, en critiquant le culte de la personne en Tunisie qui réduit le destin du pays à celui d’un seul homme.

Le député, qui était un fervent partisan du président de la république Kaïs Saïed, avant de se mettre à critiquer certaines de ses politiques, effectue ici une comparaison un peu trop rapide entre deux Etats et deux régimes qui ont peu de choses en commun : le Venezuela, riche pays pétrolier allié des Russes et des Chinois, et la Tunisie, pays sans grandes ressources naturelles, mais qui a toujours appartenu, bon gré mal gré, à l’orbite américaine et occidentale en général. Les deux pays ont certes toujours été gouvernés d’une main de fer par des autocrates imperméables aux principes démocratiques, mais la comparaison s’arrête là.

Cependant, et malgré cette réserve qui devait être exprimée, les dirigeants politiques partout dans le sud global, y compris en Tunisie, doivent se méfier du retour en force de l’impérialisme américain, aujourd’hui incarné par Donald Trump, un président sans foi ni loi et pour qui seul compte les intérêts sonnants et trébuchants, les siens propres avant ceux de son pays.

I. B.

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Que nous apprend l’agression américaine contre le Venezuela ?

04. Januar 2026 um 09:35

Ce qu’ont fait les Etats-Unis au Venezuela, hier, samedi 3 janvier 2026, en enlevant et en exfiltrant le président Nicolas Maduro, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme nucléaire qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion. Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Venezuela.

Lahouari Addi *

L’homme entretient un rapport avec la réalité qu’il veut modifier pour qu’elle soit conforme à ses intérêts. Cela est vrai pour les individus, mais aussi pour les Etats. Même si nous avons un pouvoir, direct ou indirect, sur la réalité comme l’atteste l’histoire, elle échappe le plus souvent à notre volonté pour prendre une direction souvent imprévue.

La sociologie nous apprend que nous ne sommes pas des acteurs omniscients et omnipuissants. Nous sommes des agents de structures dont les configurations se dessinent à travers les actions antagoniques de tous les agents. Ceci est vrai au niveau microsociologique, mais aussi au niveau macrosociologique de la scène mondiale où les Etats croient être des acteurs alors qu’ils ne sont que des agents. A terme, la structure limitera la puissance des plus puissants.

Volonté de puissance et besoin de sécurité

La théorie réaliste des relations Internationales, qui remonte à Hans Morgenthau, et aujourd’hui représentée par John Mearsheimer, enseigne que les rapports entre Etats sont alimentés par une dynamique contradictoire opposant la volonté de puissance des uns et le désir de sécurité des autres.

Les théoriciens du courant réaliste expliquent que la scène mondiale est anarchique et est régulée par le rapport de force. Ceci est encore attesté par le rocambolesque kidnapping du président vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis.

Cet événement, rare dans l’histoire des relations internationales, est l’expression de tendances hégémoniques d’un voisin puissant qui veut soumettre un pays qui possède l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde. Pour les théoriciens du courant réaliste, cette politique agressive relève de la stratégie à court terme, car elle aura des conséquences.

Reposant sur un pessimisme anthropologique foncier, qui remonte à Thomas Hobbes, la théorie réaliste suggère de tenir compte des besoins respectifs de sécurité de tous les Etats pour éviter les conflits militaires. Contrairement aux apparences, elle est contre la guerre qui ne se justifie que par la légitime défense. Morgenthau n’a-t-il pas été un fervent opposant à la guerre du Vietnam que son étudiant, un certain Henry Kissinger, devenu Secrétaire d’Etat de l’administration Nixon, justifiait ?

Le réalisme encourage la mise en place d’un droit international dont la vocation est de prévenir les guerres en tenant compte des intérêts nationaux de chacun.

La militarisation de la scène mondiale

Le droit international, qui a interdit la guerre entre Etats depuis la création de l’Onu, est l’expression même du refus de la militarisation de la scène mondiale. Mais les Etats militairement forts, notamment les Etats-Unis, considèrent le droit international comme une entrave à leur puissance, et ils le violent régulièrement : outre les guerres coloniales menées par la France et la Grande Bretagne, il y a eu la Corée, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, sans oublier les multiples interventions des Etats-Unis en Amérique latine dont le destin a été décidé par la doctrine Monroe.

Les dirigeants américains croient pouvoir faire correspondre la réalité à leurs intérêts, mais celle-ci évoluera vers une situation imprévisible. L’histoire étant un enchaînement de causes, certains pays militairement faibles, qui se sentent menacés, vont arriver à la conclusion que s’ils possédaient l’arme nucléaire, ils ne seront pas attaqués par un Etat militairement plus fort. Ce qu’ont fait, en effet, les Etats-Unis au Vénézuéla, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion.

La sécurité est un besoin aussi fort que l’alimentation. Pour exister, tout en ayant le sentiment d’être en sécurité, les Etats chercheront un moyen pour se protéger, et ce moyen sera l’arme nucléaire.

Hegel disait que la réalité est rationnelle, et c’est en effet vers la rationalité de la dissuasion que la réalité de la scène mondiale se dirige, c’est-à-dire celle de la prolifération nucléaire.

Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Vénézuéla.

* Chercheur à l’Institut d’études politiques de Lyon.

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Maduro, Saddam, Kadhafi… quand l’arrestation d’un dirigeant devient un message au Sud

04. Januar 2026 um 09:46

Il existe des événements dont la portée réelle ne se révèle pas immédiatement. Sur le moment, l’arrestation d’un chef d’État peut sembler lointaine, presque abstraite, noyée dans le flot de l’actualité internationale. Puis le temps agit, les parallèles s’imposent et le sens apparaît. La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis s’inscrit dans cette logique. Elle ne provoque pas encore de choc émotionnel massif dans le monde arabe ou le Sud global, mais elle réveille une mémoire politique profondément ancrée, faite de précédents douloureux et de souverainetés brisées.

Une mémoire douloureuse dans le monde arabe

Pour de nombreux pays arabes, l’image renvoie immédiatement à deux épisodes fondateurs. En 2003, Saddam Hussein est capturé par l’armée américaine, exhibé devant les caméras, jugé puis exécuté. L’Irak, lui, s’enfonce durablement dans le chaos et ne se relèvera jamais vraiment de la disparition brutale de son État.

En 2011, Muammar Kadhafi est traqué puis tué après une intervention internationale présentée comme une opération de protection des civils. La Libye bascule dans une instabilité chronique, fragmentée entre milices et pouvoirs concurrents. Dans les deux cas, la chute de l’homme a été suivie par l’effondrement de la nation. Sur le moment, le récit dominant parlait de libération. Avec le recul, c’est l’humiliation collective et la destruction institutionnelle qui dominent la mémoire.

Un phénomène global, mais profondément asymétrique

L’histoire récente montre que le monde arabe et l’Afrique ne sont pas les seuls espaces concernés par la chute brutale de dirigeants. En 1989, Manuel Noriega est capturé lors de l’invasion américaine du Panama et transféré aux États-Unis pour y être jugé.

En 2001, Slobodan Milošević est arrêté par les autorités serbes sous pression occidentale puis livré au tribunal international de La Haye, où il mourra en détention. Mais ces cas présentent une différence majeure. Ni la Serbie ni le Panama n’ont connu, après ces arrestations, une disparition totale de l’État comparable à celle observée en Irak ou en Libye. Et surtout, Milošević n’a pas été capturé par une armée étrangère sur son propre sol. Cette distinction nourrit, dans le Sud, le sentiment d’une justice internationale appliquée de manière sélective, où la force précède le droit et où l’humiliation touche avant tout les souverainetés fragiles.

Un message adressé aux prochains dirigeants

Au-delà du cas vénézuélien, l’arrestation de Nicolás Maduro semble adresser un message plus large aux dirigeants actuels et futurs du Sud. Elle rappelle que la contestation de l’ordre international dominant, l’autonomie stratégique ou la rupture avec certaines alliances peuvent désormais se payer par une capture, un transfert judiciaire et une mise en scène publique de la chute. Ce type d’opération ne vise donc pas seulement à punir un homme, mais à prévenir les autres, à instaurer une dissuasion politique par l’exemple. L’humiliation n’est jamais immédiate. Elle se révèle avec le temps, lorsque les promesses de reconstruction s’évanouissent, lorsque les institutions disparaissent et que les peuples paient le prix de décisions prises ailleurs.

Saddam Hussein et Muammar Kadhafi ne sont plus aujourd’hui perçus uniquement comme des dictateurs déchus, mais comme les symboles d’effondrements imposés dont les sociétés continuent de subir les conséquences. Avec Maduro, qu’on l’apprécie ou non, un nouvel épisode s’inscrit dans cette séquence historique, ravivant dans le monde arabe et le Sud global une même inquiétude silencieuse : jusqu’où ira la normalisation de l’arrestation des dirigeants comme outil de domination géopolitique.

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L’arrestation de Maduro par Washington secoue l’ordre international

04. Januar 2026 um 09:19

La scène marque une rupture brutale dans les relations internationales contemporaines. Après plusieurs mois de menaces et de pressions diplomatiques, les États-Unis ont frappé le Venezuela, capturé son président Nicolás Maduro et l’ont transféré vers un centre de détention à New York, où il doit être jugé par la justice américaine. Une opération inédite, immédiatement qualifiée de « kidnapping » par Caracas, et qui provoque une onde de choc diplomatique mondiale.

Selon les autorités américaines, Maduro est arrivé samedi soir sur une base militaire des États-Unis après avoir été saisi à Caracas par des forces américaines. Washington affirme vouloir traduire le dirigeant vénézuélien en justice pour des accusations liées à la corruption et au narcotrafic, sans toutefois préciser le cadre juridique exact ayant permis cette arrestation.

Caracas dénonce un “enlèvement”

La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté nationale », affirmant que Nicolás Maduro reste « le seul président légitime du Venezuela ». Le gouvernement vénézuélien accuse Washington d’avoir mené un changement de régime par la force, au mépris du droit international.

Dans le pays, les premières réactions oscillent entre stupeur, colère et crainte d’une escalade militaire durable. Les autorités locales parlent d’une agression étrangère tandis que des appels à la mobilisation ont été lancés par les cercles chavistes.

Washington assume et revendique

Le président américain Donald Trump a revendiqué l’opération, affirmant que les États-Unis allaient désormais « gérer » le Venezuela et exploiter ses vastes réserves pétrolières. Peu de détails ont cependant été fournis sur la nature exacte de l’administration envisagée, laissant planer une forte incertitude sur l’avenir institutionnel du pays.

Cette déclaration alimente les accusations de motivations économiques, dans un pays qui détient l’une des plus importantes réserves de pétrole au monde.

L’ONU s’inquiète d’un précédent

Face à la gravité de la situation, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en urgence lundi. Le secrétaire général Antonio Guterres a déjà averti que l’arrestation d’un chef d’État en exercice par une puissance étrangère « établit un précédent dangereux » susceptible d’affaiblir les fondements du droit international.

La Russie et la Chine ont condamné une action unilatérale et dénoncé une atteinte à la souveraineté d’un État membre de l’ONU, tandis que plusieurs pays d’Amérique latine expriment leur inquiétude face à un possible retour des interventions directes américaines sur le continent.

Un basculement géopolitique

Au-delà du sort personnel de Nicolás Maduro, l’opération américaine pose une question centrale : jusqu’où une grande puissance peut-elle aller au nom de la justice ou de la sécurité nationale ? La capture et le jugement d’un président étranger ouvrent une zone grise juridique et politique, susceptible de redéfinir les règles du jeu international.

À Caracas comme dans les capitales du monde, une même interrogation domine : le droit international sortira-t-il indemne de cet épisode, ou assiste-t-on à l’entrée dans une nouvelle ère de rapports de force assumés ?

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Ce que l’affaire du Venezuela nous dit

04. Januar 2026 um 08:57

Hier matin, samedi 3 janvier 2026, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a été capturé avec son épouse à Caracas et exfiltré par des unités spéciales américaines. Ces événements sont intervenus 36 ans, jour pour jour, après la capitulation de l’ancien président du Panama, Manuel Noriega, qui s’est rendu, le 3 janvier 1990, aux troupes américaines ayant envahi son pays deux semaines auparavant. Aussi répréhensibles moralement et du point de vue du droit international qu’ils puissent paraître, ces événements ne font que refléter la réalité brute et sans fard de notre monde et des véritables rapports de force sur la scène internationale.

Elyes Kasri *

De nombreux idéalistes et idéologues gauchistes vont crier au scandale et au banditisme international en feignant d’ignorer que ce qui est arrivé à Caracas pourrait bien être répliqué dans d’autres régions, y compris la nôtre, car si l’Amérique du Sud tombe sous le coup de la fameuse doctrine Monroe [qui établit le continent américain comme sphère d’influence des États-Unis, les positionnant comme protecteurs face aux autres puissances, doctrine qui évoluera vers un interventionnisme pour défendre les intérêts de Washington, Ndlr], l’Afrique du Nord fait partie, qu’on le veuille ou non, de la ceinture sécuritaire de l’Alliance Atlantique avec un dénominateur commun pétrolier.

Caracas pourrait n’être en fin de compte que le prélude d’une tragédie qui pourrait frapper bientôt Téhéran et probablement l’Afrique du nord.

On ne nargue pas impunément à l’Amérique

Feu Habib Bourguiba l’avait pressenti, il y a plus d’un demi-siècle, notamment en prodiguant de précieux conseils au bouillonnant colonel libyen Mouammar Kadhafi qui a fini par payer lui-même et son pays au prix cher son inconscience et sa transe révolutionnaire.

L’inoubliable discours de Bourguiba du 15 décembre 1972 au Palmarium [où il lui a expliqué qu’on ne s’attaque pas impunément à l’Amérique, quand on n’a pas les moyens économiques, technologiques et militaires pour lui faire face, Ndlr], reste plus que jamais d’actualité.

Évidemment, n’est pas Bourguiba qui veut.

Par ailleurs, et en dépit de son caractère assez inédit et surprenant, l’opération américaine de neutralisation de la direction politique du Venezuela, pays détenteur des plus grandes réserves mondiales de pétrole et pourtant mal géré et connu plutôt pour les rodomontades pseudo révolutionnaires de ses dirigeants, n’a pas suscité une grande réaction négative chez les Tunisiens car ils ont pendant des décennies entières souffert des effets pernicieux des pétrodollars dans leur voisinage immédiat avec leurs effets inflationnistes et corrupteurs et surtout des pétro-barbouzes, sorte de voyous de quartier dopés aux recettes pétrolières détournées sans vergogne parmi une clique militaire aussi corrompue qu’impopulaire et arrogante.

Les Tunisiens et les pétro-barbouzes

Depuis son indépendance, la Tunisie a payé au prix fort son voisinage plein de pétro-barbouzes et de richesses naturelles détournées et mal utilisées avec tous les effets pervers imaginables sur son économie et sa stabilité.

Si les enseignements de la fin tragique du bouillonnant colonel libyen et de l’enfer que vit son pays depuis son élimination n’ont pas été suffisamment tirés, il reste à espérer que le sort de Nicolas Maduro et de son pays donneront matière à réflexion aux pétro-barbouzes du coin.

Sinon, la 6ème flotte n’est qu’à quelques encablures. Quant à la Russie et la Chine, elles ont visiblement d’autres chats à fouetter pour le moment que de voler au secours de leurs supposés protégés.

* Ancien ambassadeur.

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Venezuela | Nicolas Maduro «capturé et exfiltré» par les Etats-Unis

03. Januar 2026 um 12:17

Le président américain, Donald Trump, a annoncé ce samedi 3 janvier 2026 que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain, dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.

Le numéro deux du Département d’Etat américain, Christopher Landau, a proclamé une «nouvelle ère» pour le Venezuela, dont le gouvernement socialiste est accusé par Washington de jouer un rôle majeur dans le narcotrafic.

La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des Etats-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro.

Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après les frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque «de missiles».

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP.

«Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas», a indiqué un communiqué du gouvernement.

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Donald Trump annonce la capture de Nicolás Maduro après des frappes américaines

03. Januar 2026 um 10:50

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Venezuela a basculé dans une séquence d’une gravité inédite. Après plusieurs heures d’explosions à Caracas et dans d’autres régions du pays, le président américain Donald Trump a affirmé que les forces américaines avaient capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro, confirmant ainsi une opération militaire directe menée sur le sol vénézuélien.

Selon des témoins cités par Reuters, des détonations, des survols d’aéronefs à basse altitude et d’épais panaches de fumée noire ont été observés à Caracas à partir de 2 heures du matin (06h00 GMT), pendant près de quatre-vingt-dix minutes. Des coupures d’électricité ont touché le sud de la capitale, à proximité d’une importante base militaire. Le gouvernement vénézuélien affirme que des frappes ont également visé les États de Miranda, Aragua et La Guaira.

Une annonce spectaculaire, encore sans confirmation indépendante

Dans une déclaration officielle, Donald Trump a assuré que Nicolás Maduro avait été « capturé et exfiltré » à l’issue de ces frappes, présentées comme une opération de grande ampleur. À ce stade, aucune confirmation indépendante n’est venue corroborer cette annonce, et les autorités vénézuéliennes n’ont pas reconnu la capture du chef de l’État.

Quelques heures plus tôt, Caracas avait pourtant décrété l’état d’urgence et annoncé la mobilisation des forces armées, dénonçant une « agression impérialiste » et accusant Washington de vouloir s’emparer des ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole et les minerais. Le pouvoir chaviste a assuré que les États-Unis « n’atteindraient pas leurs objectifs », sans préciser la situation du président Maduro.

De la pression maximale à l’intervention directe

Si elle venait à être confirmée, la capture du président vénézuélien marquerait un tournant historique dans les relations entre Washington et Caracas. Depuis plusieurs mois, l’administration Trump multipliait sanctions économiques, menaces publiques et opérations militaires ciblées, principalement en mer, contre des navires accusés de trafic de drogue.

Les États-Unis contestent la légitimité de Nicolás Maduro, qu’ils accusent d’avoir truqué l’élection présidentielle de l’an dernier pour se maintenir au pouvoir. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche avec une ligne dure sur l’Amérique latine, avait récemment estimé qu’il serait « intelligent » pour le dirigeant vénézuélien de quitter le pouvoir.

Washington a parallèlement renforcé de manière significative son dispositif militaire dans la région, avec le déploiement d’un porte-avions, de navires de guerre et d’avions de combat dans les Caraïbes, tout en évoquant un possible blocus du pétrole vénézuélien.

Un choc régional aux conséquences incertaines

Dans les rues de Caracas, la stupeur domine. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des habitants filmant les explosions depuis leurs fenêtres, parfois entre cris de peur et silence incrédule. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade.

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