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Le choc du Moyen-Orient sur l’aviation africaine

16. März 2026 um 15:45

La guerre au Moyen-Orient frappe durement les compagnies aériennes africaines. Certaines font déjà état de pertes dues aux annulations de vols et à la hausse des coûts opérationnels.

Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie aérienne du continent, annonce une perte de 137 millions de dollars en une seule semaine. C’est ce qu’indique un rapport de Business Insider publié le 11 mars.  A cet égard, la compagnie a suspendu ses vols vers dix destinations de la région du Moyen-Orient.

En outre, d’autres compagnies africaines d’aviation, comme Kenya Airways, Air Tanzania et RwandAir, pourraient connaître des difficultés opérationnelles similaires dans les semaines à venir. Et ce, notamment en raison de la hausse des prix du carburant d’aviation liée à l’augmentation du coût du pétrole.

Ce manque de vols vers les pays du Golfe incite certaines compagnies aériennes internationales à ajouter des services vers l’Asie et l’Afrique. Lesquels contournent les hubs du Moyen-Orient. Ainsi, la compagnie allemande Lufthansa a déclaré qu’elle proposait plusieurs vols supplémentaires, dont deux entre Francfort et Le Cap. Tout en évoquant une demande croissante pour des « vols long-courriers à court préavis ».

Enfin, les experts du secteur préviennent que le conflit pourrait faire grimper les coûts de l’aviation à l’échelle mondiale si la hausse des prix du pétrole persistait.

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Foued Ghorbali : « La guerre contre l’Iran réveille les blessures profondes des Tunisiens »

16. März 2026 um 14:02

Alors que les frappes se multiplient au Proche-Orient et que le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis redessine les équilibres régionaux, la société tunisienne ne reste pas indifférente. Loin d’une lecture uniforme, elle mobilise des registres multiples et parfois contradictoires : la solidarité avec la Palestine comme boussole morale; la méfiance envers toutes les puissances en présence; et un pragmatisme tranquille face aux compromis de la vie quotidienne.

Pour démêler ces perceptions, L’Economiste Maghrébin a rencontré Foued Ghorbali, enseignant-chercheur en sociologie. Notre invité déconstruit les raccourcis d’une lecture binaire et révèle la complexité d’une société qui juge ce conflit à la fois lointain sur la carte et viscéralement proche dans son imaginaire collectif.

 

Ce conflit implique l’Iran, Israël et les États-Unis, trois puissances aux idéologies très différentes. Comment la société tunisienne perçoit-elle ce conflit ? Est-elle vraiment concernée ou est-ce un conflit lointain ?

En Tunisie, ce conflit n’est généralement pas lu de manière purement diplomatique ou militaire. Il est d’abord perçu à travers un registre moral : beaucoup de Tunisiens l’interprètent en fonction d’une hiérarchie de l’injustice. Dans cette lecture, Israël concentre une forte réprobation, non seulement comme État, mais aussi comme symbole d’une violence jugée durable contre les Palestiniens. Les médias tunisiens et une grande partie de l’espace public ont largement relayé cette condamnation, tout en dénonçant le biais pro-israélien des médias occidentaux.

Il existe ensuite un registre géopolitique. Une partie de l’opinion voit l’Iran non pas d’abord à travers son régime ou son identité chiite, mais comme un acteur qui défie Israël et, plus largement, l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas une adhésion profonde au modèle iranien. C’est plutôt une lecture stratégique du type : « L’ennemi de mon ennemi peut devenir, ponctuellement, un point d’appui symbolique ». La perception de l’Occident, en particulier des États-Unis, est ici décisive : l’image américaine en Tunisie s’est nettement dégradée avec la guerre à Gaza, du fait du soutien accordé à Israël.

Il faut aussi souligner un registre identitaire et civilisationnel. Pour beaucoup, ce qui se joue n’est pas seulement un affrontement entre États, mais une séquence de plus dans une histoire régionale où la Palestine reste le cœur émotionnel et politique. Autrement dit, le conflit est perçu comme lointain sur la carte, mais proche dans les imaginaires collectifs. C’est ce qui explique que la société tunisienne se sente concernée, même sans implication directe.

Enfin, il y a un registre pragmatique : certains Tunisiens restent méfiants envers tous les acteurs du conflit. Ils rejettent Israël, critiquent l’Occident pour son double standard; mais ils n’idéalisent pas pour autant l’Iran, qu’ils voient aussi comme une puissance poursuivant ses propres intérêts. Donc, la perception tunisienne n’est pas binaire : elle est à la fois morale, géopolitique, identitaire et pragmatique. C’est précisément cette pluralité de registres qui permet de comprendre pourquoi ce conflit, bien que lointain, produit en Tunisie une si forte intensité symbolique.

Y a-t-il une fracture au sein même de la société tunisienne entre ceux qui soutiennent l’axe de résistance iranien et ceux qui le rejettent ?

Je ne parlerais pas d’une fracture nette, au sens d’une division stable et structurée de la société tunisienne entre « pro-Iran » et « anti-Iran ». Sociologiquement, la réalité est plus nuancée : il existe plutôt des lignes de différenciation, des sensibilités concurrentes, parfois très visibles dans l’espace public, mais qui ne recoupent pas entièrement des camps fixes.

D’abord, il faut souligner un point essentiel : en Tunisie, le consensus le plus fort ne porte pas sur l’Iran, mais sur le rejet d’Israël et le soutien à la cause palestinienne. C’est à partir de ce noyau commun que les divergences apparaissent. La question n’est donc pas : « Etes-vous pour ou contre l’Iran ? » Mais plutôt : comment interprétez-vous le rôle de l’Iran dans la région ?

Une première sensibilité considère l’Iran comme un acteur de résistance, non pas parce qu’elle adhère à son modèle politique ou religieux, mais parce qu’elle voit en lui une puissance qui défie Israël et l’ordre régional soutenu par les États-Unis. Dans cette lecture, l’Iran peut bénéficier d’une légitimité politique indirecte.

Une deuxième sensibilité adopte une position plus critique : elle refuse de transformer l’opposition à Israël en soutien automatique à Téhéran. Pour ces Tunisiens, l’Iran reste un État avec ses propres intérêts, sa logique de puissance et parfois ses propres formes d’autoritarisme. Ils rejettent donc ce qu’ils perçoivent comme une fausse alternative entre hégémonie occidentale et influence iranienne.

Enfin, il existe une troisième posture, plus diffuse, faite de pragmatisme et de méfiance généralisée : elle consiste à considérer que toutes les puissances régionales instrumentalisent la cause palestinienne à des degrés divers. Ainsi, plus qu’une fracture binaire, la société tunisienne est traversée par des lectures concurrentes d’un même conflit. Le clivage réel oppose moins des identités fixes que des manières différentes d’articuler solidarité, souveraineté et lucidité géopolitique.

Ce conflit est souvent présenté comme géopolitique, mais beaucoup le vivent comme religieux. En tant que sociologue, comment distinguez-vous les deux dimensions ?

En tant que sociologue, je dirais qu’il faut distinguer la logique du conflit et la manière dont il est vécu. La logique du conflit est d’abord géopolitique : les États agissent selon des calculs de puissance, de sécurité, d’influence régionale et d’équilibre stratégique. L’Iran, Israël ou les États-Unis ne se déterminent pas principalement à partir de convictions religieuses, mais à partir d’intérêts, de rapports de force et d’objectifs de puissance.

En revanche, au niveau des sociétés, ce même conflit est souvent perçu à travers des catégories religieuses. Pourquoi ? Parce que les populations ne lisent pas les crises internationales avec les instruments de la diplomatie, mais avec des références culturelles, morales et symboliques qui leur sont socialement disponibles. La religion devient alors non pas nécessairement la cause du conflit, mais un langage de son interprétation.

Autrement dit, ce qui est géopolitique dans sa structure peut devenir religieux dans sa réception sociale. Quand une partie de l’opinion parle de chiites, de sunnites, de guerre de civilisation ou de défense de lieux sacrés, elle exprime une mise en sens collective du conflit, pas forcément sa réalité stratégique profonde.

Il faut donc éviter deux erreurs symétriques : dire que ce conflit est purement religieux serait réducteur, mais dire que la religion n’y joue aucun rôle serait tout aussi faux. La religion intervient surtout comme ressource symbolique de mobilisation, comme vocabulaire émotionnel et identitaire, et parfois comme instrument de légitimation politique.

Donc la bonne distinction, sociologiquement parlant, consiste à dire ceci : les États font de la géopolitique; tandis que les sociétés vivent souvent cette géopolitique à travers des cadres religieux, moraux et identitaires.

L’Iran est chiite, la majorité arabe est sunnite. Cette fracture religieuse freine-t-elle ou, au contraire, disparaît-elle face à l’ennemi commun perçu ?

Je dirais que cette fracture religieuse ne disparaît pas complètement, mais qu’elle cesse souvent d’être centrale lorsqu’un ennemi commun est perçu comme plus menaçant ou plus injuste. Sociologiquement, il faut éviter deux simplifications : dire que le clivage sunnite chiite détermine tout serait faux; dire qu’il ne compte plus du tout le serait aussi.

Dans de nombreux contextes arabes, et en Tunisie en particulier, la question palestinienne et le rejet d’Israël produisent un effet de rehiérarchisation symbolique. Autrement dit, face à un conflit où Israël apparaît comme l’adversaire principal, la différence confessionnelle avec l’Iran peut passer au second plan. L’Iran n’est alors pas d’abord regardé comme un acteur chiite, mais comme un acteur qui s’oppose à Israël et, plus largement, à une domination régionale soutenue par les États-Unis.

C’est ce qui permet, ponctuellement, une forme de tolérance politique envers l’Iran, sans adhésion profonde à son modèle. Des analyses récentes sur le Maghreb parlent d’ailleurs de réactions indignées face aux attaques contre l’Iran, mais en même temps prudentes à l’égard de Téhéran.

Mais cette suspension du clivage confessionnel reste partielle et circonstancielle. La mémoire du clivage sunnite chiite, la méfiance envers l’influence iranienne et l’image autoritaire du régime iranien continuent d’alimenter des réserves.

En d’autres termes, l’ennemi commun ne supprime pas la fracture ; il la neutralise partiellement dans certains moments de forte polarisation régionale. Donc, la bonne réponse sociologique est la suivante : la fracture religieuse ne disparaît pas, mais elle devient souvent secondaire lorsque domine un registre plus puissant, celui de la solidarité politique avec la Palestine, du rejet d’Israël ou de la contestation de l’hégémonie occidentale. Le confessionnel reste présent en arrière-plan, mais il n’est pas toujours le principe organisateur principal des perceptions.

Des Tunisiens vivent à Dubaï ou au Qatar, pays qui hébergent des bases militaires américaines. Comment vivent-ils cette contradiction au quotidien, dépendre économiquement d’un système qu’ils rejettent politiquement ?

La contradiction existe, mais elle ne doit pas être dramatisée de manière abstraite. Dans la vie quotidienne, elle est souvent gérée, déplacée ou compartimentée plutôt que vécue comme un conflit permanent de conscience.

D’abord, il faut éviter d’homogénéiser les Tunisiens installés à Dubaï ou au Qatar. Beaucoup ne sont pas engagés politiquement de façon intense. Leur existence est principalement organisée autour du travail, de la stabilité du séjour, de la famille et des obligations économiques. Dans ce cadre, la présence de bases américaines dans le pays de résidence est connue, mais elle n’est pas forcément au centre de leur expérience quotidienne. Les migrants vivent d’abord dans des structures sociales concrètes, pas dans des abstractions géopolitiques.

Ensuite, lorsque cette contradiction est ressentie, elle est souvent traitée sur un mode pragmatique. Travailler dans un pays allié des États-Unis ne signifie pas adhérer à toute son orientation stratégique. Beaucoup distinguent entre l’ordre politique global et leur propre trajectoire de vie. Ils peuvent critiquer les États-Unis, Israël ou certaines guerres, tout en considérant que leur présence dans le Golfe répond avant tout à une nécessité matérielle et familiale.

Il faut aussi ajouter que cette contradiction n’est pas spécifique aux Tunisiens : elle est une caractéristique plus générale des sociétés mondialisées. Des individus peuvent dépendre économiquement d’un système qu’ils contestent moralement ou politiquement. Cela ne relève pas nécessairement de l’hypocrisie, mais d’une dissociation ordinaire entre convictions et conditions d’existence.

Enfin, l’idée d’un rejet politique uniforme doit elle-même être nuancée. Tous ne lisent pas la guerre contre l’Iran de la même façon et tous ne se situent pas dans une opposition explicite aux États du Golfe. Le plus juste, sociologiquement, est donc de parler non d’une contradiction absolue, mais d’un ajustement quotidien entre contraintes économiques, réserves morales et pragmatisme migratoire.

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ORient ; ORmuz ; OR noir …

16. März 2026 um 11:00

Spectatrice désabusée de la situation mondiale, j’avoue ne plus très bien comprendre où nous allons. J’avais essayé de m’informer et de me cultiver en suivant les émissions spéciales diffusées depuis le début de cette guerre. Guerre ? Ce mot est normalement utilisé lorsque deux pays se battent l’un contre l’autre. Or, dans ce cas précis, un pays a décidé de bombarder un autre, persuadé que tout serait réglé en quelques jours.

Je dois avouer que je n’éprouve pas une sympathie particulière pour les mollahs chiites, ayant été plutôt formée à l’école occidentale et à ses valeurs d’ouverture. Mais la manière dont cette action a été menée m’a interpellée, et j’ai essayé de comprendre le pourquoi et le comment de cette situation.

Cela d’autant plus que les acteurs médiatiques et politiques semblaient présenter une particularité troublante : un niveau d’incompétence médiatico-politique parfois élevé, souvent lié à une méconnaissance manifeste de l’histoire et de la géographie de la région. Dans ces conditions, je me suis demandé à quoi avait servi d’inventer l’intelligence artificielle, qui semble prendre une place de plus en plus importante dans notre vie.

De ce fait, je suis allée poser à l’IA une série de questions simples. Ses réponses ont eu au moins l’avantage d’être parfois plus claires que celles des médias occidentaux, dont l’alignement et l’aveuglement frisent l’incompréhension

  1. Pourquoi les États-Unis ont-ils lancé cette guerre contre l’Iran ? Y a-t-il un lien avec l’affaire Epstein ?

Washington aurait justifié l’opération par plusieurs objectifs : frapper les capacités nucléaires, balistiques et navales iraniennes, sécuriser le trafic autour du détroit d’Ormuz et, plus largement, affaiblir, voire déstabiliser, le régime iranien.

Concernant l’affaire Epstein, aucune preuve solide ne permet d’affirmer que cette guerre aurait été déclenchée à cause de cette affaire. S’agit-il plutôt de soupçons ou d’interprétations politiques ? Seul Epstein savait !

  1. L’Occident a-t-il été surpris par la réaction de l’Iran ?

Oui, en partie. L’Occident semble avoir sous-estimé les capacités militaires de l’Iran, qui continue de frapper par missiles, drones, milices alliées, attaques maritimes et pressions sur l’économie mondiale. La surprise porte surtout sur la capacité de ce pays à rester redoutable dans une logique de guerre asymétrique.

  1. Combien de temps cette guerre peut-elle durer ?

La réponse honnête est simple : personne ne le sait réellement. Les messages américains ont souvent été contradictoires. En face, l’Iran parle d’une guerre d’usure qui pourrait durer longtemps. Quant aux alliés des USA touchés par le conflit, qui ont subi des dégâts humains, économiques et infrastructurels considérables, certains pourraient ne jamais retrouver leur intégrité initiale. Certains États risquent d’en sortir durablement affaiblis, voire mutilés, sur le plan territorial ou institutionnel : la carte du MO risque d’être redessinée…

  1. Que deviendrait Israël si les États-Unis ne lui assuraient plus leur protection ?

Sans l’appui américain, la situation d’Israël deviendrait nettement plus difficile bien que les USA restent de loin son principal soutien stratégique et militaire. Cependant, sur la carte mouvante du Moyen-Orient, les certitudes excessives sont rarement de mise. Une guerre peut modifier les rapports de force, les zones d’influence et parfois même les régimes. Elle peut redessiner des frontières. Cependant affirmer qu’Israël disparaîtrait serait toutefois une conclusion hâtive; mais son avenir reste incertain, voire maussade.

  1. À quoi aura servi cette guerre, en fin de compte ?

À ce stade, le bilan provisoire apparaît sombre. Certes, certaines capacités militaires iraniennes ont peut-être été affaiblies. Mais de nombreuses analyses soulignent l’absence d’un objectif politique clair et crédible permettant d’envisager une sortie de crise. Cette guerre pourrait au contraire engendrer des situations imprévues : peut-être un Iran affaibli mais plus radical, un Israël encore plus dépendant de ses alliances et engagé dans un état de guerre permanent, des voisins arabes plus vulnérables, et des États-Unis eux-mêmes davantage exposés et fragilisés.

En conclusion, faut-il rappeler que le Moyen-Orient produit environ 40 % du pétrole mondial, dont près de 20 % transitent par le célèbre détroit d’Ormuz. En attendant que l’humanité invente une autre source d’énergie abondante et bon marché, une question géopolitique fondamentale demeure : qui organise réellement le Moyen-Orient ?

Les candidats potentiels ne sont pas nombreux.

D’abord les États-Unis, qui entendent jouer un rôle central dans l’ordre mondial et qui assurent notamment à Israël une aide sécuritaire annuelle d’environ 3,8 milliards de dollars.

Ensuite l’Europe, qui a historiquement contribué à la naissance d’Israël mais qui, aujourd’hui, a perdu une grande partie de son influence politique, devenant un acteur secondaire et fragmenté, ainsi que les pauvres pays arabes du Golfe qui, eux, sont largement dépendants de la puissance américaine pour leur sécurité.

Enfin et surtout, un acteur longtemps sous-estimé, l’Iran : ce pays, héritier de la Perse millénaire, a développé patiemment ses capacités technologiques, militaires et industrielles, formant sa population et développant son industrie. Cette montée en puissance commence aujourd’hui à inquiéter l’Occident qui a eu l’habitude de découper les pays, par où il passe, en morceaux mais n’a jamais réussi à disloquer ce grand pays qui, en plus de sa topographie, dispose d’un atout géographique inestimable : le détroit d’Ormuz. De ce fait, les États-Unis se retrouvent aujourd’hui confrontés à cette contrainte stratégique qu’ils semblent avoir sous-estimée.

D’où cette question très simple : Pourquoi les Américains n’ont-ils pas consulté leurs ordinateurs avant de se lancer dans cette guerre ?

Moi, je les ai consultés avant de rédiger ce papier !

 

IBTISSEM

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Les monarchies du Golfe à l’heure du choix stratégique

16. März 2026 um 08:45

La guerre contre l’Iran a déplacé les lignes militaires mettant fin à la fiction de la protection américaine qui repose sur un calcul de priorités, de coûts, de risques. Or un calcul se révise. Pendant des décennies, les monarchies du Golfe ont cru pouvoir convertir leur rente en sécurité durable en achetant des armes, hébergeant des bases, déléguant l’essentiel de la dissuasion à Washington. La guerre des Etats-Unis et Israël contre l’Iran a révélé la faiblesse de ce modèle. Le parapluie sécuritaire cesse d’être un bouclier lorsqu’il transforme le territoire qu’il couvre en cible avancée.

Yahya Ould Amar *

Cette dépendance est aussi monétaire et financière. Le pétrole des monarchies du Golfe est vendu en dollars et leurs excédents sont largement placés dans des actifs libellés dans cette devise, au premier rang desquels les obligations du Trésor américain.

Les monnaies de la région sont arrimées au dollar avec une parité quasi-fixe ; leurs fonds souverains déploient l’essentiel de leurs portefeuilles sur les marchés financiers américains ; leurs importations stratégiques — de l’armement aux technologies — se règlent dans cette même monnaie, tandis que de grands fonds américains détiennent des participations dans une partie du système bancaire régional. Autrement dit, une part significative de la richesse du Golfe est structurellement dollarisée.

Cette architecture du pétrodollar a longtemps reposé sur un pacte implicite, les monarchies du Golfe fournissent l’énergie et recyclent leurs excédents financiers dans des actifs en dollars renforçant de facto la demande en cette devise, tandis que les États-Unis garantissent la stabilité du système et la sécurité des routes maritimes par lesquelles transitent pétrole et commerce international, eux-mêmes largement libellés en dollars.

Mais lorsque la garantie sécuritaire devient incertaine, l’équilibre se fragilise. La dollarisation des richesses expose ces économies à des arbitrages stratégiques qu’elles ne maîtrisent pas entièrement, tandis que les investissements et engagements internationaux au Moyen-Orient pourraient être réévalués – fortement à la baisse – à la lumière d’un risque géopolitique désormais plus direct.

Les monarchies du Golfe découvrent qu’en s’insérant trop profondément dans l’architecture de défense des intérêts d’une puissance extérieure, elles entrent aussi dans la logique de ses conflits. Dès lors, la dépendance apparaît comme une perte de maîtrise de sa propre sécurité.

Ces pays importent ainsi des ennemis, un calendrier, parfois des guerres. Car dans un conflit majeur entre puissances, les petits États riches cessent rapidement d’être maîtres de leur position, leurs ports, leurs infrastructures, leurs capitaux et leurs territoires deviennent des enjeux que l’un des protagonistes cherchera à contrôler afin d’empêcher qu’ils ne renforcent le camp adverse.

C’est là le vrai tournant. La guerre contre l’Iran leur a appris qu’ils étaient faibles ; elle leur a appris que la richesse ne dispense jamais de penser sa propre survie.

La révélation de la guerre

La guerre contre l’Iran a révélé trois faits que les pays du Golfe ne peuvent plus contourner.

D’abord, les limites de la protection extérieure, même la première puissance militaire du monde ne peut garantir, à coût supportable, l’inviolabilité d’un espace saturé de missiles, de drones, de frappes indirectes et de menaces sur les infrastructures critiques.

Ensuite, la guerre moderne a surtout consacré l’usage massif des technologies de détection, de guidage, de drones, de missiles, de guerre électronique, tandis qu’elle relègue les chars lourds et une large part des quincailleries héritées du siècle précédent au rang d’armes obsolètes, coûteuses et inadaptés.

Enfin, acheter des armes n’équivaut pas à maîtriser la guerre. Un arsenal importé ne remplace ni une doctrine, ni une industrie, ni une compétence, ni une autonomie de décision.

Le diagnostic est implacable, les pays du Golfe sont confrontés à un problème de souveraineté stratégique. Tant que la sécurité reposait sur la rente, les bases alliées et la supériorité technologique occidentale, cette dépendance pouvait sembler rationnelle. Mais dès lors que le territoire peut être frappé vite, à bas coût, en profondeur et de façon répétée, la logique change. Une raffinerie, un port, un aéroport ou un site vital de dessalement d’eau deviennent des points de pression permanents.

Le vrai sujet des guerres asymétriques est d’être résilient, de posséder les moyens industriels, scientifiques, humains et institutionnels de faire durer plus longtemps une confrontation.

Premier choix : la soumission stratégique

Le premier choix des pays du Golfe est celui de l’alignement assumé sur le bloc américano-israélien. Il a sa logique, et il faut la prendre au sérieux.

Dans un environnement instable, marqué par la prolifération des missiles, la guerre électronique, les drones et l’incertitude nucléaire, s’adosser à la seule architecture militaire encore capable d’intégrer renseignement, défense antimissile, supériorité aérienne, cyberdéfense et profondeur logistique peut sembler rationnel. Pour les pays du Golfe, cette option offre l’accès à des technologies avancées, garanties politiques, coopération sécuritaire, protection diplomatique et insertion dans un système de puissance déjà organisé.

Vue sous cet angle, la dépendance n’apparaît pas comme une faiblesse, mais comme une méthode de survie à court terme dans un monde hiérarchisé où les puissances moyennes n’ont pas toujours les moyens de leur autonomie.

Mais cette stratégie a un prix, et ce prix finit par peser sur la substance même de la souveraineté. Ce prix est aussi politique, historique et symbolique. L’alignement sur le bloc américano-israélien entraîne une reconfiguration de la position arabe sur la question palestinienne. Les accords de normalisation ont déjà déplacé le centre de gravité régional, la cause palestinienne, longtemps présentée comme le socle du consensus diplomatique arabe, tend à devenir une variable secondaire dans une architecture de sécurité dominée par d’autres priorités, au premier rang desquelles l’endiguement de l’Iran chiite et l’intégration technologique et militaire avec Israël.

Mais cette évolution s’inscrit dans un processus plus large de recomposition du Moyen-Orient où certains projets stratégiques — intégration économique régionale, corridors énergétiques et sécuritaires, redéfinition des équilibres territoriaux — pourraient progressivement reléguer les droits nationaux palestiniens à la périphérie du nouvel ordre régional.

Dans ce contexte, l’idée d’un «remodelage» du Moyen-Orient renvoie à la possibilité d’un système régional stabilisé autour de rapports de puissance assumés et de faits accomplis.

Pour les monarchies du Golfe, la difficulté est donc profonde. En se rapprochant d’Israël pour des raisons stratégiques, elles risquent d’apparaître comme les partenaires d’une transformation régionale qui marginalise une cause demeurée centrale dans les opinions arabes et musulmanes. La sécurité obtenue à court terme s’accompagnerait ainsi d’un coût plus diffus de l’érosion progressive de la légitimité politique et symbolique des monarques dans leur propre environnement.

S’aligner sur Washington et Tel-Aviv c’est entrer dans une chaîne de dépendance technique, doctrinale et politique dont il devient difficile de sortir. On reçoit des systèmes, mais on ne maîtrise ni leur architecture profonde, ni leur maintenance complète, ni les conditions réelles de leur emploi. Surtout, on hérite d’un agenda stratégique qui n’est pas le sien. L’alliance dissuade certains adversaires, mais elle en désigne d’autres. À terme, le risque est de ne plus être un acteur qui choisit ses engagements, mais un territoire intégré à la logique de guerre d’autrui. Le confort de la protection se transformerait alors en servitude.

Ainsi, un pouvoir cesse d’être pleinement souverain lorsqu’il ne définit plus seul la hiérarchie de ses menaces, la limite de ses concessions. À ce stade, il ne protège plus ses intérêts ; il administre localement un ordre stratégique conçu par d’autres. La dépendance devient alors plus profonde que la simple alliance, car elle finit par paraître naturelle.

La vraie servitude moderne est là, pas dans la disparition des formes de l’État, mais dans l’aliénation de sa volonté.

Deuxième choix : la neutralité armée

L’autre voie est celle de la neutralité armée. Elle part de l’idée que dans un monde instable, un État ne demeure libre qu’à la condition de ne dépendre d’aucun protecteur unique pour sa survie. La neutralité armée signifie donc le refus de l’alignement exclusif. Elle vise à parler à tous, commercer avec plusieurs pôles de puissance, diversifier les partenariats, tout en bâtissant une capacité propre de dissuasion, de résilience et de décision.

Pour les pays du Golfe, ce choix offrirait un avantage décisif de réduction du risque d’être entraînés dans des conflits qui ne sont pas les leurs tout en augmentant leur marge de manœuvre face aux Etats-Unis, la Chine, l’Europe, l’Inde, la Turquie ou l’Iran.

Mais la neutralité n’a de sens que si elle est adossée à une force réelle. Sans cela, elle n’est qu’un mot commode pour désigner l’impuissance. Être neutre dans une région saturée d’armements suppose bien davantage que l’achat d’équipements sophistiqués. Il faut une base industrielle capable de produire, entretenir et adapter les systèmes militaires, un tissu scientifique et technologique solide, des infrastructures protégées, une doctrine claire et une chaîne de commandement efficace.

La véritable question, est-ce que les monarchies du Golfe disposent du vivier scientifique, des institutions académiques et de la culture stratégique nécessaires pour soutenir une telle ambition ? Une base industrielle de défense ne s’achète pas sur étagère. Elle se construit dans le temps long, à travers l’éducation, la recherche, la formation des élites techniques et la capacité de l’État à porter des programmes complexes sur plusieurs décennies. C’est à ce niveau que se joue la possibilité réelle d’une neutralité armée.

Une autre trajectoire théorique existerait pourtant. Autour du Golfe s’étend un vaste bassin de compétences scientifiques et techniques, de l’Afrique du Nord à l’Égypte, jusqu’au Pakistan, où se trouvent des universités anciennes, des écoles d’ingénieurs de haut niveau, des chercheurs et des élites techniques capables d’alimenter un écosystème régional d’innovation et de production. En s’ouvrant davantage, ce qui est peu probable, à ces ressources humaines et en organisant une coopération scientifique et industrielle à l’échelle de cet espace, les monarchies du Golfe pourraient progressivement renforcer la base intellectuelle et technologique nécessaire à une forme de neutralité armée crédible. Une telle stratégie supposerait toutefois un changement d’échelle dans la conception de leur environnement régional.

Jusqu’à présent, malgré l’ampleur de leurs capacités financières, les investissements du Golfe dans la structuration industrielle et scientifique de cet espace sont restés limités. Les flux financiers ont souvent pris la forme de soutiens ponctuels ou d’initiatives répondant aux cadres des institutions internationales de développement plutôt que celle d’une politique durable de co-construction économique et technologique avec les sociétés de leur voisinage.

En réalité, la neutralité armée suscite une objection immédiate, les monarchies du Golfe sont trop peu peuplées, trop dépendantes et trop liées aux circuits occidentaux pour prétendre à une autonomie stratégique réelle. Ils n’ont ni la culture stratégique ni la profondeur historique nécessaires pour soutenir une telle trajectoire.

Certes, la culture stratégique n’existe pas à l’état naturel, elle se construit sous la pression du risque, les épreuves, par l’éducation, les institutions, l’expérience, la formation des élites civiles et militaires.

La neutralité armée coûte chère, prend du temps, impose de rompre avec la facilité des achats clés en main et avec l’illusion selon laquelle la richesse dispense de produire sa propre sécurité.

Entre la neutralité stricte et l’alignement servile, on peut imaginer qu’il existe une voie praticable, celle d’une autonomie relative, imparfaite, mais suffisante pour empêcher que la prospérité du Golfe reste à jamais suspendue à la volonté, aux priorités et aux guerres des autres.

Or c’est précisément la masse stratégique qui fait défaut. Les projets évoquant la constitution d’une armée commune des monarchies du Golfe, d’une centaine de milliers d’hommes relèvent davantage de la mise en scène politique que d’une capacité militaire décisive.

Dans une région saturée de missiles balistiques, de drones longue portée, de forces terrestres et de puissances disposant de centaines de milliers de soldats équipés et entrainés, une force régionale de cent mille hommes pèserait peu dans l’équation stratégique. Elle ne disposerait ni de l’autonomie satellitaire, ni du renseignement global, ni de la profondeur logistique, ni des architectures intégrées de défense antimissile qui constituent aujourd’hui le véritable cœur de la puissance militaire moderne.

Autrement dit, même armée, cette neutralité resterait dépendante.

Les monarchies du Golfe incarnent une forme paradoxale de puissance, une richesse financière considérable, mais sans la masse démographique, industrielle et scientifique qui transforme l’argent en puissance stratégique durable. Elles sont des puissances de capitaux, non des puissances de guerre.

Dans ces conditions, la neutralité armée apparaît moins comme une stratégie que comme une aspiration. Faute de pouvoir produire seules leur sécurité dans un environnement géopolitique aussi complexe, les monarchies du Golfe demeurent structurellement ramenées vers l’option qui leur garantit la survie immédiate, c’est-à-dire  l’arrimage au système de sécurité dominé par les États-Unis et Israël, au risque d’entamer l’érosion de la légitimité des monarques aux yeux de leurs propres sociétés, où la cause palestinienne demeure un horizon moral que les calculs politiques ne parviennent jamais tout à fait à dissoudre.

L’extension asiatique

Ce qui s’y joue concerne toutes les puissances moyennes qui vivent sous protection extérieure tout en redoutant d’en payer le prix. De Taipei à Tokyo, de Séoul à Manille, une même interrogation, jusqu’où une grande puissance peut-elle encore protéger ses alliés sans les mettre en premières lignes d’un affrontement qui les dépasse ?

Le Golfe fonctionne ici comme un laboratoire. Il montre qu’un dispositif de sécurité peut rassurer en temps de paix, puis devenir, en temps de crise, un mécanisme d’exposition. Il rappelle qu’adosser sa défense à une puissance, c’est aussi entrer dans sa géographie de guerre, dans ses priorités, dans ses seuils d’escalade, dans ses arbitrages.

L’Asie regarde donc le Golfe comme une préfiguration. Le XXIe siècle ne laissera pas beaucoup de place aux puissances moyennes passives. Il les forcera à choisir entre deux positions : rester des partenaires protégés, mais stratégiquement dépendants, ou construire une autonomie relative, coûteuse mais durable.

En ce sens, de Riyad à Taipei, une même question s’impose, sur deux fronts distincts, que vaut une alliance lorsque le prix de la protection devient voisin du prix de l’exposition ?

Le Golfe devient ainsi un miroir stratégique dans lequel les alliés asiatiques de Washington observent leur propre avenir.

Enfin, les monarchies du Golfe ont bâti un système fondé sur la rente et la protection extérieure. Tant que l’ordre international restait stable, ce compromis pouvait fonctionner. Mais dans un monde de frappes à longue portée, de rivalités entre puissances et de guerres hybrides, ce modèle montre ses limites pour des petits pays riches.

L’alignement garantit une protection mais entraîne dans les logiques de conflit des autres et de soumission. L’autonomie promet la souveraineté mais exige un effort historique de transformation scientifique, industrielle et stratégique.

C’est là que se joue l’avenir du Golfe. Les monarchies disposent du capital et de la stabilité politique nécessaires pour engager cette transformation, mais elles ne disposent pas encore de la masse stratégique qui la rend crédible à court terme et moyen termes. Elles resteront donc, pour un temps, arrimées à l’architecture de sécurité américano-israélienne.

Pourtant la question posée par la guerre dépasse la seule région. Elle concerne toutes les puissances moyennes qui prospèrent sous protection extérieure. Le XXIᵉ siècle les place devant une alternative simple. Accepter une sécurité dépendante et les contraintes qui l’accompagnent, ou entreprendre la construction lente et coûteuse d’une puissance propre.

Le Golfe entre dans ce moment où la richesse ne suffit plus et où l’histoire demande autre chose qu’un équilibre financier. Elle demande une stratégie.

* Economiste, banquier et financier.

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Guerre du Golfe | Le supplice chinois de Trump

16. März 2026 um 08:15

Et si la guerre actuelle en Iran était un plan mûrement établi par les stratèges états-uniens sacrifiant l’Ukraine, livrant l’Europe à la dépendance du gaz russe, et soumettant tous les Etats pétroliers du Moyen-Orient aux saccages de la guerre, avec en perspective un gigantesque marché de reconstruction dont les entreprises américaines seraient bien évidemment les premières à bénéficier.

Dr Mounir Hanablia *

On n’en est plus à une mystification près. Le plus étonnant dans la mort annoncée puis démentie du premier ministre sioniste , ce n’est pas les six doigts de la main dont l’a doté la cyberguerre, mais plutôt la manière avec laquelle il est apparu sur les télévisions occidentales, et sans doute israéliennes, en train de siroter un café dans un lieu inconnu en s’exprimant en hébreu pour dire qu’il «mourait d’envie» de prendre un café, montrant à la caméra ses cinq doigts, et, avec un regard complice et un geste suggestif signifiant la raclée, qu’il était pressé parce qu’il devait s’occuper de choses en cours en Iran et au Liban.

Pas de journalistes, pas d’interview, pas d’accompagnant. En fait, personne ne pourra témoigner l’avoir vu. Et cette apparition pose donc problème pour ce qu’elle a été : plutôt fantomatique ! 

Les dirigeants iraniens, eux, ont été plus courageux ; avec l’aviation ennemie vrombissant au-dessus de leurs têtes et les caméras de Téhéran investies par les hackers de la CIA et du Mossad, ils ont osé descendre dans la rue à la rencontre de citoyens subissant stoïquement des bombardements terroristes. On peut dire qu’ils se sont plus conformés à l’image du chef de guerre du XXe siècle établie par Winston Churchill durant les bombardements nazis de Londres, que ne l’a fait le dirigeant sioniste qui s’en est toujours prétendu l’admirateur et le disciple.

Un mort en cache souvent un autre

Pourtant, si la rumeur de sa mort a dépassé le niveau du vraisemblable pour atteindre celui du probable, c’est que la réalité de la guerre en Israël aujourd’hui ne soustrait aucun habitant du pays à ses dangers. C’est donc peut être ce qu’on a voulu signifier au sioniste moyen imbu de ses préjugés racistes islamophobes et de son inébranlable conviction en une hypothétique supériorité juive le plaçant au-dessus de tout jugement humain quand il s’agit d’assassiner des Arabes : que son premier ministre n’étant pas plus à l’abri que lui, il n’aurait qu’à se terrer dans son abri en espérant que les missiles iraniens qui pleuvent dru malgré le «dôme de fer» rouillé censé le protéger ne lui tombent pas sur la tête. Il reste que Netanyahu, s’il s’agit bien de lui, aurait pu être à Londres, Paris, Berlin, ou Washington, ou bien encore sur l’un des porte-avions américains croisant en Méditerranée.

Ayant rempli sa mission, celle de mener un président américain sur le sentier de la guerre pour la défense des intérêts israéliens, sa présence n’est plus indispensable, la conduite de la guerre incombant aux généraux.

Cependant, si l’on s’en réfère aux déclarations attribuées à Scott Ritter, l’ancien espion des marines devenu inspecteur des Nations Unies en Irak puis opposant résolu et déclaré après les mensonges de Bush Fils et Tony Blair sur les armes irakiennes, ce n’est pas Netanyahu mais son frère qui serait mort, ainsi que le monstrueux et abject ministre judéo-nazi Ben Gvir. Or de ces deux derniers, il n’y a encore aucune nouvelle.

Saignée interminable au Moyen-Orient

On peut bien sûr légitimement se demander dans quelle perspective s’insèrent les déclarations les plus crédibles sur cette guerre, celles d’anciens militaires et diplomates américains, qui disposent donc des sources nécessaires pour en avoir une idée précise sur le terrain, de laquelle ils brossent d’ailleurs des tableaux qui pour être vagues n’en sont pas moins globalement plausibles. Il est difficile de penser qu’ils agissent contre les intérêts de leur pays, même en ayant à sa tête une administration aussi controversée que l’actuelle. Et on a vu de quel bois l’administration américaine se chauffait quand il s’agissait de renseignements confidentiels divulgués au public. Le cas Julian Assanges est là pour le confirmer.

Si donc, on considère que le rôle de ces analystes serait dans une certaine mesure de nous dérouter, on peut considérer que l’intérêt des stratèges du Pentagone serait de faire passer pour les lubies d’un Président à moitié fou ou en butte à un chantage -il en a vu pourtant d’autres- un plan mûrement établi sacrifiant l’Ukraine, livrant l’Europe à la dépendance du gaz russe, et soumettant tous les Etats pétroliers du Moyen-Orient aux saccages de la guerre, avec en perspective un gigantesque marché de reconstruction dont les entreprises américaines seraient bien évidemment les premières à bénéficier.

Ce qui rend la perspective de la folie affleurant la méthode probable, c’est que les stratèges américains ont bien pris soin de régler la question du Venezuela avant de se lancer dans leur guerre du Golfe Persique.

Dans ces conditions, le supplice chinois de Trump serait-il une saignée interminable au Moyen-Orient, en occultant une autre, prochaine, à Taiwan ?

Il faudrait pour cela que l’armée chinoise dispose d’un accès illimité au carburant nécessaire à la guerre, dont Trump s’attache méthodiquement à réquisitionner les robinets. Mais le jeu en vaudrait la chandelle puisque l’île contrôle 90% du marché mondial des microprocesseurs. Le monde n’est décidément pas au bout de ses (mauvaises) surprises.

* Médecin de libre pratique.   

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Gestern — 15. März 2026Haupt-Feeds

Un homme d’affaires des Emirats | «Nous ne servirons pas de chair à canon dans les guerres d’autrui»

15. März 2026 um 08:08

Nous publions ci-dessous la traduction d’un message publié ces derniers jours en arabe sur la plateforme de médias sociaux X par l’un des plus importants hommes d’affaires des Emirats arabes unis avant d’être retiré de la Toile peu de temps après sa publication, sans doute à la demande des hautes autorités du pays. Nous le publions parce qu’il traduit le vrai sentiment actuel des dirigeants des monarchies du Golfe qui ont été impliquées à l’insu de leur plein gré dans la guerre israélo-américaine contre l’Iran et qui, face aux destructions qu’ils subissent, se sentent pris en tenailles entre leurs engagements anciens aux côtés de Washington et de Tel Aviv, leur désarroi actuel et la colère (encore contenue) de leurs peuples. (Photo: Un panache de fumée s’élève du port de Jebel Ali à Dubaï.)

J’ai entendu les déclarations du sénateur américain Lindsey Graham, qui a appelé les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à se joindre à ce conflit, affirmant que nous sommes nous aussi attaqués et que nous devons prendre part au combat. Je lui dis clairement : nous savons parfaitement pourquoi nous sommes attaqués, et nous savons aussi qui a entraîné toute la région dans cette dangereuse escalade sans consulter ceux qu’il appelle ses «alliés» dans la région.

Nous remercions Dieu que les Émirats arabes unis et les pays du CCG soient en sécurité, et nous n’avons besoin de personne qui prétend être venu au Moyen-Orient pour nous sauver. La vérité est que ce sont les décisions hâtives des États-Unis qui ont plongé la région dans une guerre décidée sans le consentement de ses populations, et pour laquelle ils n’ont pas consulté leurs alliés avant de la déclencher.

Nous ne nions pas la menace iranienne qui pèse sur la région, et cela est devenu flagrant ces derniers jours. Nous ne faisons pas confiance à l’Iran. Mais il s’agit d’un jeu pernicieux où plusieurs puissances rivalisent d’influence au détriment de notre région, un jeu dénué d’honneur et de transparence. Dans ce contexte, l’Iran, Israël et les États-Unis agissent tous dans leur propre intérêt, et non dans celui des peuples des États arabes du Moyen-Orient.

Par conséquent, nous l’affirmons clairement : nous n’entrerons pas en guerre pour servir les intérêts d’autrui et nous ne sacrifierons pas nos enfants dans un conflit qui aurait pu être évité par la diplomatie et des solutions politiques. Nous chérissons la vie de nos enfants et nous ne la considérons pas comme un «dommage collatéral», contrairement à certains. Rien au monde n’est plus précieux que la vie de nos enfants et aucune alliance avec aucun pays ne justifie de les mettre en danger. Si le président Donald Trump et le sénateur Graham sont prêts à risquer leur pays et la vie d’Américains pour défendre les intérêts d’Israël, c’est leur choix. Nous n’en ferons pas autant.

Le sénateur Graham affirme qu’ils sont «les alliés des Arabes» et que nous avons besoin de la protection américaine, dont nous tirons profit. Je lui réponds : nous n’avons pas besoin de votre protection. Nous vous demandons simplement de ne pas nous nuire.

Il ajoute : «Nous vous vendons des armes.» Comme si c’était une faveur que les États-Unis nous rendent ! En réalité, il ne s’agit pas d’une faveur. Nous investissons dans notre sécurité et payons des milliards de dollars pour ces armes. C’est un commerce et une industrie colossaux qui reposent sur ces contrats. D’ailleurs, les États-Unis eux-mêmes se tournent désormais vers l’Ukraine pour acheter des armes afin d’approvisionner leurs alliés dans d’autres conflits. C’est une industrie qui prospère grâce aux guerres et aux ventes d’armes, et non grâce à la charité.

L’exemple le plus révélateur est ce qu’a déclaré le sénateur Graham lui-même au sujet du pétrole. Il a affirmé que l’Iran et le Venezuela détenaient à eux deux 31 % des réserves mondiales de pétrole et que les États-Unis pourraient s’associer à cette part du marché mondial, ce qui serait un véritable cauchemar pour la Chine. Il a même ajouté que si le régime iranien changeait, un «nouveau Moyen-Orient» verrait le jour et que les États-Unis en tireraient d’énormes profits.

C’est seulement à partir de là que le tableau se clarifie. C’est seulement à partir de là que nous comprenons pourquoi ils veulent cette guerre.

Enfin, je dis au sénateur Graham : vous êtes peut-être membre du Sénat américain, mais quiconque entend vos déclarations pourrait vous prendre pour un membre de la Knesset israélienne, car vous défendez davantage les intérêts d’Israël que ceux du peuple américain.
Les peuples de notre région ont le droit de vivre en paix et en stabilité, à l’abri des guerres d’autrui. Nous avons également le droit de décider comment protéger nos intérêts et notre sécurité, et de surmonter les crises que nous n’avons pas provoquées, mais qui nous ont été imposées par les conflits entre puissances en quête d’influence dans cette région.

Nous voulons la paix et la stabilité. Nous n’accepterons pas qu’on nous impose la voie de la guerre, ni de servir de chair à canon dans les conflits d’autrui.

Traduit de l’arabe.

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Tunisiens bloqués au Qatar | Un vol exceptionnel prévu ce samedi

Von: Yusra NY
13. März 2026 um 22:42

L’Ambassade de Tunisie au Qatar a annoncé, en coordination avec les autorités locales, la mise en place d’une liaison aérienne exceptionnelle assurée par Qatar Airways pour faciliter le retour des Tunisiens bloqués.

Dans un communiqué, l’Ambassade précise que ce vol direct, programmé pour le samedi 14 mars 2026, vise en priorité l’évacuation des citoyens tunisiens se trouvant actuellement au Qatar pour des motifs de visites familiales ou touristiques (visiteurs non-résidents).

Cette initiative est le fruit d’une coordination continue entre l’ambassade et les autorités qataries compétentes pour répondre à l’urgence de certains voyageurs impactés par les restrictions de déplacement suite à la montée des tensions au Moyen-Orient après les frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Parallèlement, l’ambassade informe qu’un vol dans le sens inverse a également été programmé. La compagnie Qatar Airways assurera ainsi une liaison depuis l’aéroport de Tunis-Carthage vers Doha le dimanche 15 mars 2026.

Y. N.

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Golfe persique : de la guerre du pétrole à la guerre de l’eau ?

12. März 2026 um 11:45

Une station de dessalement à Bahreïn a été endommagée dimanche par une attaque de drones iraniens. Et une frappe aurait également touché une usine en Iran. Dans une région où l’approvisionnement en eau potable dépend largement du dessalement, de telles attaques font planer la menace d’une crise humanitaire majeure pour les populations du Golfe, comme pour celles d’Iran.

L’eau sera-t-elle la prochaine arme stratégique dans le conflit armé qui prend de plus en plus d’ampleur au Moyen-Orient ? Les récents incidents autour d’installations de dessalement dans le Golfe persique laissent entrevoir un scénario inquiétant. A savoir celui d’une guerre où la ressource la plus vitale de la région serait directement menacée.

Autrement dit, dans une région où l’eau est plus vitale encore que le pétrole, ces installations constituent des cibles militaires d’une importance capitale.

Voyons les faits. Le 8 mars, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, accusait les États-Unis d’avoir bombardé une usine de dessalement sur l’île de Qeshm Island, située au large du port stratégique de Bandar Abbas. Selon Téhéran, cette attaque  aura perturbé l’approvisionnement en eau d’une trentaine de villages.

En représailles à cet acte hostile, un drone iranien endommagea le lendemain à son tour une station de dessalement à Bahreïn. Laquelle fournit notamment de l’eau potable à une base militaire américaine installée dans l’île.

Ces attaques inédites marquent une évolution dont les conséquences sont imprévisibles. L’eau- une denrée rare et vitale pour cette région, l’une des plus désertiques de la planète- pourrait désormais être utilisée comme levier stratégique et militaire.

Dépendance  et vulnérabilité

Effectivement, l’eau douce étant une ressource quasi inexistante, il  en résulte que la plupart des États de la région reposent essentiellement sur les usines de dessalement pour alimenter leurs populations et leurs économies. Sachant que le Moyen-Orient qui est parsemé de plusieurs milliers d’installations réparties le long des côtes du Golfe, concentre près de 40 % de la capacité mondiale de dessalement.

Les chiffres illustrent cette dépendance extrême. Au Koweït, près de 90 % de l’eau potable provient du dessalement. La proportion atteint 86 % à Oman et environ 70 % en Arabie saoudite. Aux Emirats arabes unis, plus de 40 % de l’eau consommée est produite par ces installations. Ces infrastructures ont permis l’émergence des grandes métropoles du Golfe, de Dubaï à Doha en passant par Abu Dhabi. Car, sans eau potable produite par ces infrastructures, ces villes champignons construites au cœur de déserts arides seraient tout simplement inhabitables.

Un talon d’Achille stratégique

Or, cette dépendance aux techniques du dessalement est le véritable talon d’Achille des États du Golfe. Et si, dans le contexte de la guerre qui oppose aujourd’hui l’Iran à la coalition israélo-américaine, ces usines étaient attaquées par des drones ou des missiles iraniens comme ce fût le cas pour le Bahreïn ?

C’est le pire scénario catastrophe pour les monarchies du Golfe. Les experts de la sécurité hydrique avertissent depuis longtemps de ce danger. Déjà en 2010, une analyse de la CIA estimait que la destruction de plusieurs grandes usines de dessalement dans le Golfe pourrait avoir des conséquences plus graves que la perte de toute autre industrie stratégique. Et ce, d’autant que l’emplacement de ces usines de dessalement, généralement construites en surface, le long du littoral, les rend difficiles à protéger efficacement contre les drones, les missiles ou les cyberattaques. Ainsi, une simple attaque informatique pourrait suffire à perturber les processus chimiques essentiels au traitement de l’eau. De plus, ces installations sont souvent étroitement liées aux centrales électriques. Or, une frappe contre l’infrastructure énergétique peut donc indirectement interrompre la production d’eau potable.

Une catastrophe humanitaire

Pour de nombreux experts, cibler les infrastructures hydrauliques constitue une dangereuse ligne rouge. Car, contrairement aux installations militaires ou industrielles, ces infrastructures sont directement liées à la survie des populations civiles.

Un exemple concret ? Si l’immense complexe de dessalement de Jubail qui alimente la ville de Riyad avec ses huit millions d’habitants venait à être gravement endommagé, la capitale saoudienne pourrait se retrouver privée d’eau en moins d’une semaine. Et ce n’est pas de la science-fiction.

Cela étant, l’Iran n’est pas non plus à l’abri d’une crise similaire. Le pays traverse depuis plusieurs années une sécheresse sévère qui a fortement réduit ses réserves d’eau. Ainsi, les barrages alimentant la capitale, Téhéran, ont atteint des niveaux alarmants. Certains réservoirs sont tombés à moins de 5 % de leur capacité, alimentant les inquiétudes quant à une éventuelle pénurie d’eau pour les plus de dix millions d’habitants de la métropole.

Au final, après le pétrole et les voies maritimes, l’eau pourrait devenir le prochain champ de bataille stratégique du Moyen-Orient. Et dans ce conflit qui ne dit pas encore son nom, la ressource la plus précieuse de la région risque bien d’en être la première victime.

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Guerre au Moyen-Orient : et si l’inflation repassait à plus de 3 % en Europe ?

12. März 2026 um 10:31

L’Union européenne prévient que l’inflation pourrait dépasser 3 % cette année si la guerre au Moyen-Orient maintenait le prix du pétrole Brent autour de 100 dollars le baril et celui du gaz naturel à un niveau élevé pendant une période prolongée.

Dans un tel scénario, la croissance économique en 2026 pourrait chuter jusqu’à 40 points de base en dessous des 1,4 % prévus. C’est ce qu’a dernièrement déclaré le commissaire européen à l’économie, Valdis Dombrovskis, aux ministres des Finances de l’UE, selon un rapport de Bloomberg publié mercredi 11 mars..

Outre les prix du pétrole, ce scénario table sur le maintien des prix du gaz en Europe autour de 75 € par mégawattheure jusqu’à la fin de l’année. L’inflation sera donc supérieure de 70 à 100 points de base aux 2,1 % initialement prévus pour 2026.

Une forte hausse de l’inflation pourrait contraindre la Banque centrale européenne – dont une réunion est prévue le 19 mars – à relever ses taux d’intérêt.

M. Dombrovskis a également averti que l’impact de la guerre sur les marchés financiers, le commerce et les chaînes d’approvisionnement pourrait avoir des répercussions négatives supplémentaires sur l’économie.

Pour Isabelle Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, si l’inflation dans la zone euro devrait se maintenir proche de l’objectif de 2 % fixé par la BCE à moyen terme, les nouvelles prévisions pour mars refléteront « au moins en partie » les effets de la guerre.

Les perspectives sont menacées

Le commissaire européen a indiqué que les perspectives économiques étaient légèrement meilleures qu’à l’automne, avec une croissance attendue d’environ 1,5 % et 1,6 % pour cette année et l’année prochaine, selon les sources. Cependant, ces perspectives sont désormais incertaines en raison de la guerre en l’Iran, qui s’est étendue à toute la région du Golfe. En effet, des missiles et des drones ont touché des installations énergétiques dans des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar, affectant la production de gaz naturel liquéfié et de pétrole. De plus, le passage des pétroliers et autres marchandises par l’important détroit d’Ormuz est quasiment interrompu.

Pour atténuer l’impact, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a accepté mercredi de libérer 400 millions de barils provenant des réserves pétrolières d’urgence, un niveau record pour l’agence.

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Quand la géopolitique fait trembler les marchés : quelles perspectives pour l’économie tunisienne ?

12. März 2026 um 05:20

Les grandes secousses économiques commencent rarement dans les statistiques. Elles naissent souvent ailleurs, dans les fractures du monde. Un détroit stratégique menacé, une confrontation militaire qui s’intensifie, une route énergétique qui devient incertaine, et soudain les marchés s’agitent. Les devises fluctuent, les investisseurs se replient vers les valeurs refuges, les prix de l’énergie s’envolent. Ce mécanisme, désormais bien connu, se rejoue aujourd’hui sous les yeux des marchés internationaux à la faveur des tensions qui s’intensifient au Moyen-Orient.

 

Les analystes des grandes institutions financières internationales anticipent désormais une période de forte volatilité sur les marchés de change et de l’énergie. L’évolution du conflit pourrait dessiner plusieurs trajectoires possibles pour l’économie mondiale, allant d’une désescalade rapide à une perturbation majeure des approvisionnements énergétiques. Dans chacun de ces scénarios, les monnaies, les marchés financiers et les prix du pétrole réagiraient différemment.

Pour une économie comme celle de la Tunisie, profondément intégrée aux flux commerciaux et financiers internationaux tout en restant fortement dépendante des importations énergétiques, ces évolutions ne sont pas abstraites. Elles constituent au contraire des variables déterminantes pour la stabilité macroéconomique, la croissance et l’équilibre des finances publiques. Les mois à venir pourraient ainsi représenter un test important pour la résilience de l’économie tunisienne.

 

La géopolitique, nouveau moteur des marchés financiers

Depuis plusieurs semaines, les marchés des devises évoluent dans un climat d’incertitude alimenté par la montée des tensions au Moyen-Orient. Dans ce type de contexte, les investisseurs cherchent avant tout à protéger leur capital. Ils se tournent alors vers les monnaies considérées comme des refuges, au premier rang desquelles figure le dollar américain.

Cette dynamique explique en grande partie la vigueur récente de la devise américaine. L’indice du dollar, qui mesure sa performance face aux principales monnaies internationales, bénéficie d’une demande persistante liée à la recherche de sécurité. Lorsque l’incertitude domine, la liquidité et la profondeur des marchés financiers américains continuent de jouer un rôle d’aimant pour les capitaux internationaux.

Mais cette situation pourrait évoluer rapidement. Les analystes envisagent plusieurs scénarios, dont chacun aurait des implications différentes pour les marchés et pour les économies émergentes.

Dans l’hypothèse d’une résolution relativement rapide du conflit, la prime de risque géopolitique se réduirait progressivement. Les marchés retrouveraient un certain calme et les investisseurs recommenceraient à rechercher du rendement plutôt que la seule sécurité. Dans ce cas, le dollar pourrait connaître un léger repli tandis que l’euro retrouverait de la vigueur sur le marché des changes.

Un tel mouvement favoriserait également le rebond des monnaies des économies émergentes, notamment celles d’Europe centrale et orientale, très sensibles aux variations de l’appétit mondial pour le risque.

 

Un scénario central : la normalisation de l’incertitude

Le scénario aujourd’hui considéré comme le plus probable par de nombreux observateurs n’est toutefois ni celui d’une désescalade rapide ni celui d’une rupture brutale. Il s’agit plutôt d’une situation intermédiaire caractérisée par une « escalade maîtrisée ».

Dans ce cas de figure, les tensions géopolitiques resteraient présentes sans pour autant provoquer une rupture majeure dans l’approvisionnement énergétique mondial. Les marchés intégreraient progressivement cette situation dans leurs anticipations.

Le pétrole pourrait ainsi se stabiliser autour de niveaux relativement élevés, proches de 90 dollars le baril, tandis que les indices de volatilité financière resteraient supérieurs à leur moyenne historique. Les marchés s’adapteraient alors à ce nouvel environnement où l’incertitude devient permanente mais prévisible.

Pour la Tunisie, ce scénario aurait des implications directes. Le premier canal de transmission concerne évidemment la facture énergétique. L’économie tunisienne reste structurellement dépendante des importations de pétrole et de gaz, ce qui rend ses équilibres externes particulièrement sensibles aux variations du prix du Brent.

Un maintien durable du pétrole autour de 90 dollars exercerait une pression continue sur les finances publiques, notamment à travers les mécanismes de compensation des prix de l’énergie. L’État serait contraint de supporter une part importante de cette hausse afin d’éviter une transmission trop brutale vers les ménages et les entreprises.

 

La question énergétique au cœur des équilibres macroéconomiques

La dépendance énergétique constitue l’une des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. Chaque hausse significative du prix du pétrole se traduit mécaniquement par une aggravation du déficit commercial énergétique.

Cette dynamique exerce un effet domino sur l’ensemble des équilibres macroéconomiques. Le déficit extérieur se creuse, les besoins de financement augmentent et la pression sur la monnaie nationale s’intensifie. Dans ce contexte, la gestion de la stabilité du dinar devient un exercice d’équilibriste pour les autorités monétaires.

À court terme, la stabilité relative du dinar repose largement sur les entrées de devises générées par les exportations, le tourisme et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Si ces flux restent dynamiques, ils peuvent compenser partiellement le choc énergétique. Mais leur évolution dépend elle-même de la conjoncture internationale, notamment de la situation économique en Europe.

C’est pourquoi la trajectoire de l’euro face au dollar constitue un indicateur important pour l’économie tunisienne. Une appréciation de la monnaie européenne tend généralement à soutenir la demande adressée aux exportateurs tunisiens et à améliorer les recettes touristiques.

 

Le risque d’un choc énergétique mondial

Le scénario le plus inquiétant reste celui d’une perturbation grave des flux énergétiques mondiaux. Une extension du conflit au Moyen-Orient pourrait menacer certaines routes pétrolières stratégiques et provoquer une flambée des prix du brut.

Dans un tel contexte, les marchés financiers réagiraient de manière brutale. Le dollar se renforcerait fortement, les capitaux se dirigeraient massivement vers les actifs refuges et les monnaies des économies émergentes subiraient une pression accrue.

Pour la Tunisie, les conséquences seraient multiples. L’augmentation rapide du prix du pétrole amplifierait la pression sur les finances publiques et accentuerait le déficit commercial. Les entreprises verraient leurs coûts de production augmenter tandis que les ménages seraient confrontés à une hausse du coût de la vie.

Ce type de choc énergétique pourrait également ralentir la croissance économique mondiale, réduisant la demande extérieure adressée aux exportateurs tunisiens. L’effet combiné de ces facteurs pourrait fragiliser davantage les équilibres macroéconomiques du pays.

 

Des facteurs de résilience à ne pas sous-estimer

Malgré ces risques, l’économie tunisienne ne manque pas d’atouts. Plusieurs facteurs pourraient contribuer à amortir les chocs externes dans les mois à venir.

Le premier facteur est la reprise progressive de certains secteurs exportateurs, notamment l’industrie manufacturière orientée vers les marchés européens. La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales, accélérée par les tensions géopolitiques, pourrait favoriser les pays situés à proximité du marché européen.

La Tunisie, grâce à sa position géographique et à son tissu industriel relativement diversifié, pourrait bénéficier de cette tendance de relocalisation partielle des productions.

Le second facteur de résilience réside dans la dynamique du tourisme et des transferts de la diaspora, deux sources essentielles de devises. Si la saison touristique se confirme et si les flux de transferts restent solides, ces ressources pourraient contribuer à stabiliser les équilibres extérieurs.

Enfin, les projets de développement des énergies renouvelables représentent un levier stratégique pour réduire progressivement la dépendance énergétique du pays. À moyen terme, l’accélération de la transition énergétique pourrait renforcer la souveraineté économique et atténuer la vulnérabilité aux chocs pétroliers.

 

Une économie à la croisée des chemins

Dans les mois à venir, l’économie tunisienne évoluera dans un environnement international particulièrement incertain. Les tensions géopolitiques, les fluctuations des marchés financiers et les mouvements du prix du pétrole continueront de façonner les perspectives économiques.

Mais ces turbulences mondiales rappellent également une réalité plus profonde. La véritable résilience d’une économie ne dépend pas seulement de sa capacité à résister aux chocs extérieurs, mais aussi de sa faculté à transformer ses vulnérabilités structurelles.

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc largement la conjoncture actuelle. Il s’agit de renforcer les moteurs internes de croissance, d’accélérer la transition énergétique et de consolider les équilibres macroéconomiques. Dans un monde où les crises se succèdent et où l’incertitude devient la norme, la capacité d’adaptation demeure la meilleure assurance contre les tempêtes de l’économie mondiale.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Moyen-Orient : le pétrole pourrait dépasser 95 $ pendant deux mois

11. März 2026 um 16:15

Les prix du pétrole devraient rester élevés dans les prochaines semaines. L’administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA) précise que le baril de Brent devrait se maintenir au-dessus de 95 dollars pendant les deux prochains mois. Et ce, sous l’effet des perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre contre l’Iran.

Dans son rapport mensuel sur les perspectives énergétiques à court terme publié le 10 mars, l’agence américaine estime que les combats et les tensions régionales continueront de peser sur la production et le transport du pétrole, maintenant les prix à un niveau élevé à court terme.

L’EIA anticipe toutefois un reflux progressif des cours plus tard dans l’année. Les prix du Brent pourraient passer sous la barre des 80 dollars au troisième trimestre 2026, avant de tomber autour de 70 dollars le baril à la fin de l’année, à mesure que les flux pétroliers se normalisent et que l’offre mondiale dépasse la demande.

Le scénario de l’agence reste néanmoins fortement dépendant de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses effets sur les infrastructures et les routes d’exportation pétrolières. Une perturbation prolongée des flux, notamment dans les principales voies maritimes de la région, pourrait maintenir les prix à des niveaux élevés plus longtemps que prévu.

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Émirats : une attaque de drone force la plus grande raffinerie à fermer

11. März 2026 um 13:56

Les Émirats arabes unis ont suspendu, mardi 10 mars, les opérations de la raffinerie de pétrole de Ruwais, l’une des plus grandes au monde, par mesure de précaution. Et ce, après qu’une attaque de drone a provoqué un incendie dans la zone industrielle qui abrite ses installations, indique Bloomberg.

La compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi (ADNOC) est en train d’évaluer les dégâts causés à la raffinerie, dont la capacité de traitement est de 922 000 barils de pétrole par jour. A cet égard, notons que Ruwais est la seule raffinerie d’Abu Dhabi et l’une des plus grandes au monde. Sachant que la destination de la majeure partie du carburant produit est l’exportation.

Par ailleurs, il est à souligner que l’Arabie saoudite a elle aussi fermé sa plus grande raffinerie la semaine dernière. Tandis que le Qatar a fermé la plus grande installation d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, après des attaques de drones.

Au final, Saudi Aramco et ADNOC ont augmenté leurs exportations en empruntant des routes alternatives. Et ce, pour contourner le détroit d’Ormuz, qui reste quasiment fermé, sous la menace des tirs iraniens.

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Égypte : la flambée des prix du carburant inquiète la population

11. März 2026 um 12:39

En Égypte, les autorités annoncent une hausse exceptionnelle des prix des carburants. Et ce, suite à la guerre au Moyen-Orient déclenchée par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Dans un communiqué, le gouvernement égyptien indique que les prix de plusieurs produits pétroliers et autres carburants automobiles ont été relevés de 3 livres par litre (1 livre = 0,056 dinar tunisien). Une mesure qui entre en vigueur immédiatement en Égypte.

Selon les autorités, cette décision intervient en raison des circonstances exceptionnelles que traversent les marchés internationaux de l’énergie, marquées par l’escalade géopolitique dans la région. Cette situation a entraîné une hausse importante du coût des importations énergétiques ainsi que de la production locale.

Les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la montée des risques géopolitiques et l’augmentation des coûts de transport et d’assurance ont contribué à une flambée des prix mondiaux du pétrole brut et des produits raffinés. Ils atteignent des niveaux rarement observés ces dernières années, soulignent les autorités du pays. Celles-ci assurent suivre de près l’évolution des marchés et des coûts, afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en produits pétroliers et gaziers pour les citoyens et les différents secteurs de l’économie.

Voici les nouveaux prix du carburant en Égypte :

  • Essence 95 octane : de 21 à 24 livres égyptiennes le litre;
  • Essence 92 octane : de 19,25 à 22,25 livres égyptiennes le litre;
  • Essence 80 octane : de 17,75 à 20,75 livres égyptiennes le litre;
  • Diesel (gazole) : de 17,5 à 20,5 livres égyptiennes le litre;
  • Bouteille de gaz domestique (12,5 kg) : de 225 à 275 livres égyptiennes.

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Guerre au Moyen-Orient : le coup de pouce décisif de Poutine à Téhéran

10. März 2026 um 12:28

Selon la presse américaine, Moscou fournirait des renseignements militaires à Téhéran sur de potentielles cibles américaines. Des données qui expliqueraient la sophistication de certaines frappes de l’Iran, en riposte à l’agression du duo israélo-américain.

C’est une information qui pourrait peser lourdement sur la tournure du conflit armé qui oppose les États-Unis et Israël à la République islamique l’Iran. Même si les rapports de force demeurent outrageusement asymétriques entre les belligérants. Ainsi, à en croire des informations relayées par la presse américaine, Moscou aurait fourni des renseignements militaires à Téhéran sur de potentielles cibles américaines. Des données qui auraient permis aux Gardiens de la Révolution de viser certaines cibles américaines – dont des radars d’alerte précoce ou des radars transhorizon « qui coûtent des millions de dollars – avec une précision époustouflante et une « sophistication » insoupçonnée. Et ce, en riposte aux bombardements israélo-américains depuis le 28 février.

Selon les experts militaires, l’Iran a déjà perdu une grande partie de ses capacités de renseignement après les premiers jours de guerre. Or, repérer seul les forces américaines représente un vrai défi. Autrement dit, sans l’aide russe pour fournir ces informations, les dirigeants iraniens seraient nettement moins bien informés, voire aveugles sur certains fronts.

Dans un article publié le 6 mars, le Washington Post révèle que, « selon trois sources officielles proches du renseignement », « la Russie fournit à l’Iran des informations pour attaquer les forces américaines présentes au Moyen-Orient. Le premier indice de l’engagement – même indirect – d’un autre adversaire majeur des États-Unis dans la guerre ».

Une précieuse aide logistique

Ainsi, le prestigieux quotidien de la capitale fédérale cite dans cet article des informateurs qui s’expriment sous couvert d’anonymat. Ces derniers avancent que le renseignement russe – grâce à l’imagerie spatiale produite par ses satellites – apporte une précieuse aide logistique à Téhéran. Des renseignements en temps réel qui permettent de localiser et de frapper des cibles militaires américaines Et notamment des bâtiments de guerre, des avions de chasse, desradars ou encore des bases logistiques.

Ces renseignements, ajoute la même source, ne se limitent pas aux coordonnées GPS. Ils incluent également des recommandations précises sur les modes d’attaque, les armes à utiliser et les vulnérabilités de la cible.

La revanche de Moscou

Et si le Kremlin rendait à Washington la monnaie de sa pièce ? Rappelons que le Pentagone fournit de l’imagerie satellitaire à l’Ukraine pour lui permettre de suivre en temps réel les mouvements des troupes russes et d’évaluer les dommages après les frappes, essentiels à sa défense. Ce renseignement, crucial pour la précision des frappes, soutient l’effort de guerre ukrainien face à l’invasion russe.

« Vladimir Poutine s’est longtemps opposé à ce que les États-Unis fournissent de l’imagerie satellite à l’armée ukrainienne dans le cadre de sa guerre contre l’invasion russe. Et il semble maintenant faire de même », note pertinemment le quotidien britannique The Daily Telegraph.

Dans un tel contexte, il fallait s’attendre à une vive réaction de l’administration américaine. Mais la retenue dont elle a fait preuve est étonnante.

En effet, Donald Trump a qualifié l’éventuelle ingérence russe de « stupide ». Tout en ajoutant, non sans ironie : « Regardez ce qui est arrivé à l’Iran cette semaine. S’ils reçoivent des renseignements, cela ne les aide pas beaucoup ».

Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est dit « peu préoccupé ». D’ailleurs, il assurait, vendredi 6 mars, lors d’une interview à l’émission « 60 Minutes » de CBS que les États-Unis « surveillent tout » et intègrent ces informations dans leurs plans de bataille.

« Le peuple américain peut être assuré que son commandant en chef est parfaitement au courant de qui parle à qui » a-t-il argué.

Idem pour la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Celle-ci a déclaré avec son arrogance habituelle aux journalistes : « Cela ne change absolument rien aux opérations militaires en Iran, car nous les anéantissons complètement. »

A ce propos, Karoline Leavitt a refusé de dire si Donald Trump avait parlé au président russe Vladimir Poutine de ce partage de renseignements présumé ou s’il estimait que la Russie devait subir des sanctions. Tout en indiquant qu’elle laisserait le président s’exprimer lui-même sur le sujet.

Un cadeau du ciel

Au final, et nonobstant l’éventualité d’une implication russe, qui reste à prouver, dans le conflit au Moyen-Orient, force est de constater que cette guerre représente une aubaine économique pour la Russie. En effet, avec le détroit d’Ormuz paralysé, l’Asie se tourne vers le brut russe, jusqu’à présent délaissé et bradé à cause des sanctions occidentales.

Autre effet collatéral de la guerre en Iran : la flambée des prix du baril de pétrole russe de 40 % en quelques jours. De quoi aider Moscou à financer son effort de guerre en Ukraine. D’autant plus que la tension internationale s’est déplacée au Moyen-Orient et que la paix en Ukraine est le dernier souci des Etats-Unis. M. Poutine s’en frotte les mains.

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Pétrole russe : Orbán réclame la fin des sanctions

10. März 2026 um 11:30

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a annoncé qu’un plafonnement des prix des carburants sera imposé dans son pays. Et ce, afin de protéger les consommateurs hongrois des hausses de prix dues à la guerre au Moyen-Orient.

Dans un message publié sur Facebook, lundi 9 mars, Victor Orbán a déclaré que le plafond – 595 forints (1,51 euro) par litre pour l’essence et 615 forints (1,56 euro) pour le diesel – ne s’appliquerait qu’aux véhicules immatriculés en Hongrie.

Plus tôt, il avait appelé l’Union européenne à suspendre les sanctions imposées au pétrole et au gaz russes, en raison de la flambée des prix de l’énergie. « Nous devons revoir et suspendre toutes les sanctions imposées à l’énergie russe en Europe. J’ai pris cette initiative aujourd’hui, dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen », a-t-il déclaré dans un message vidéo.

Selon Orbán, la confrontation entre Budapest et Kiev au sujet de l’interruption des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Druzhba, qui traverse l’Ukraine, est également devenue une « menace sérieuse » pour l’UE.

A cet égard, la Hongrie et la Slovaquie accusent l’Ukraine de retarder délibérément la réouverture de l’oléoduc. Kiev affirme que ce dernier a été endommagé par des frappes russes fin janvier. De son côté, Budapest a bloqué un prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine; ainsi qu’un nouveau train de sanctions imposées par Bruxelles à Moscou. Tout en invoquant ce qu’il qualifie de « blocus pétrolier ukrainien ».

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Moyen-Orient : la Tunisie appelle à la fin immédiate des opérations militaires

09. März 2026 um 14:01

Face à l’escalade militaire dans la région du Moyen-Orient, la Tunisie appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires et au retour au dialogue. Cette communication a eu lieu lors de la réunion d’urgence du Conseil de la Ligue des États arabes. Elle se tenait dimanche 8 mars 2026 au niveau ministériel et se déroulait par visioconférence.

Participant à cette réunion, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a mis en garde contre les répercussions de la situation actuelle sur la sécurité et la paix régionales. Il a réaffirmé la position de la Tunisie en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États arabes.

Par ailleurs, la Tunisie a plaidé pour un retour à la négociation et aux solutions politiques. Et ce, tout en exprimant sa solidarité avec plusieurs pays arabes.

Au final, le chef de la diplomatie tunisienne a en outre réitéré le soutien de la Tunisie aux droits légitimes du peuple palestinien. Avec notamment l’établissement d’un État indépendant dont Al-Qods serait la capitale.

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Tourisme en Italie : l’ombre de la guerre pèse lourd

09. März 2026 um 12:55

La guerre a eu un impact économique direct sur l’économie italienne. La perturbation des liaisons aériennes essentielles avec le Moyen-Orient et les pays du Golfe n’a certainement pas arrangé les choses. Et les réservations pour Pâques, célébrée le 5 avril, ont brutalement chuté en Italie.

Selon les premières estimations publiées samedi 7 mars, le nombre d’arrivées de touristes à Rome durant la première semaine d’avril devrait diminuer de 80 000. Et le nombre de nuitées de visiteurs étrangers en avril en Italie pourrait être inférieur d’un million aux prévisions initiales.

Les voyagistes et le gouvernement italien de Giorgia Meloni s’efforcent de ne pas susciter d’inquiétudes excessives. Mais il n’en reste pas moins que nous sommes en pleine période de réservations pour les vacances d’été. Les établissements touristiques les plus touchés jusqu’à présent sont les hôtels de luxe, comme le rapporte le quotidien Corriere della Sera. Les associations hôtelières italiennes ajoutent par ailleurs que l’incertitude quant au fonctionnement futur des principaux aéroports, tels que celui de Doha, affecte considérablement le nombre d’arrivées de touristes.

À la recherche de contre-mesures

Mais un autre problème se pose. D’après les hôteliers de la région Émilie-Romagne, la hausse du coût des matières premières et de l’énergie aura inévitablement un impact sur les prix des chambres, ainsi que sur le pouvoir d’achat des familles italiennes. Ils demandent au ministère du Tourisme d’Italie de lancer immédiatement des campagnes publicitaires ciblées, tant sur le marché national qu’international. De nombreux analystes estiment que le principal problème (outre les risques liés à la guerre) est le climat de peur généralisé qui s’est instauré. Lequel n’est certainement pas propice aux projets et aux voyages à l’étranger.

Ils resteront à l’intérieur des frontières

Concernant les voyages des Italiens à l’étranger, notamment vers les pays du Golfe et du Moyen-Orient, le Centre d’études touristiques de Florence prévoit que les pertes économiques dues aux annulations et modifications de projets pour le seul mois prochain pourraient atteindre 6 millions et demi d’euros. Bien entendu, beaucoup dépendra de la durée du conflit et de la capacité des pays européens à convaincre les touristes étrangers qu’ils sont en mesure – au moins sur leur territoire – de garantir leur sécurité et de prévenir toute menace terroriste.

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Guerre au Moyen-Orient : le prix du pétrole explose 

09. März 2026 um 10:37

Le marché pétrolier mondial s’enfonce dans une période de forte instabilité, plusieurs pays du Golfe ayant réduit leur production. Tandis que la guerre en Iran maintient le détroit d’Ormuz pratiquement fermé au trafic commercial.

Les Émirats arabes unis et le Koweït ont déjà commencé à diminuer leur production et leurs activités de raffinage en raison de la baisse des approvisionnements. Une tendance également observée en Irak. D’autres États de la région pourraient suivre, car de nombreux pétroliers évitent désormais le détroit d’Ormuz. Ce qui réduit le nombre de navires disponibles pour charger le brut. Une fois ces navires remplis, les capacités de stockage terrestres pourraient rapidement atteindre leurs limites.

Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement. Le détroit d’Ormuz — par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial — reste largement inaccessible au commerce maritime. Une partie de la production régionale peut toutefois contourner cette voie stratégique, l’Arabie saoudite redirigeant déjà une quantité importante de brut vers la mer Rouge pour l’exportation.

De son côté, l’Iran affirme qu’il ne cédera pas aux frappes américaines et israéliennes lancées le 28 février…

Face à ces tensions, les analystes estiment que les prix du pétrole dépassent déjà le seuil psychologique des 100 dollars le baril. La semaine dernière, le Brent avait bondi de près de 30 %.

D’autres références régionales ont déjà dépassé cette barre. Le contrat à terme sur le brut Murban d’Abou Dhabi a clôturé dimanche à 103 dollars le baril; tandis que celui d’Oman a atteint 107 dollars. À Shanghai, le contrat à terme sur le pétrole brut chinois a terminé à 109 dollars.

Pour les spécialistes du marché, chaque jour de perturbation accentue les tensions. « Dans un tel contexte, il n’existe pratiquement pas de plafond à court terme pour les prix », estime Stefano Grasso, gestionnaire de portefeuille du fonds singapourien 8VantEdge.

Afin de contenir la flambée des prix, Washington a également autorisé l’Inde à accéder à du pétrole russe stocké dans des installations flottantes.

L’Asie, très dépendante des importations de brut du Moyen-Orient, ressent déjà fortement les effets de la crise. Au Japon, où plus de 90 % du pétrole provient de cette région, les raffineurs demandent l’accès aux réserves nationales. La Chine a, pour sa part, réduit ses exportations de carburants afin de stabiliser les prix intérieurs. Alors que la Corée du Sud envisage de réintroduire un plafonnement des prix du pétrole pour la première fois depuis trois décennies.

En Europe, les répercussions se font également sentir. Le prix du kérosène dans le nord-ouest du continent a atteint un niveau record de 1 528 dollars la tonne, soit plus de 190 dollars le baril.

Selon les analystes de la banque ING Groep, le scénario central prévoit désormais un mois de perturbations : deux semaines d’arrêt quasi total des flux suivies de deux semaines de reprise partielle à environ 50 % de la capacité.

Dans le scénario le plus pessimiste, un arrêt complet des exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié pendant trois mois pourrait provoquer une flambée historique des prix au cours du deuxième trimestre.

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Choc pétrolier au Golfe : la Tunisie serait-elle au bord de l’explosion inflationniste ?

09. März 2026 um 10:30

La flambée des prix du pétrole, dopée par les tensions au Moyen-Orient, frappe de plein fouet l’économie tunisienne. Alors que la loi de finances 2026 misait sur un baril à 63-70 dollars, il flirte désormais avec les 80 dollars, creusant un surcoût de 164 millions de dinars par dollar supplémentaire sur la compensation énergétique.

Inflation importée : +1 à 1,5 point en vue

Ce choc exogène menace d’ajouter 1 à 1,5 point à l’inflation, déjà à 5 % en février selon l’INS. Les produits pétroliers, plastiques et transports voient leurs coûts bondir, érodant le pouvoir d’achat des ménages et renchérissant la production industrielle.

Budget asphyxié : subventions sous tension

Les subventions énergétiques, prévues à 5 milliards de dinars, pourraient gonfler de 50 % à 7,5 milliards si les prix persistent. Le déficit commercial s’aggrave avec des réserves de change au plus bas. Tandis que le déficit public (6,5 % du PIB) force des choix douloureux : salaires, investissements ou austérité ?

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