Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 28. März 2025Haupt-Feeds

Et si le phosphogypse devenait une richesse nationale plutôt qu’un déchet toxique ?

28. März 2025 um 07:12

PhosphateLe débat sur la valorisation du phosphogypse, matière polluante rejetée, annuellement, en mer, à hauteur de 8 millions de tonnes, par les industries chimiques de transformation du minerai de phosphate en acide phosphorique refait surface. C’est le Président de la république Kaïes Saïed qui a relancé le débat sur ce dossier en recevant la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, Fatma Thabet Chiboub.

Le Chef de l’Etat a appelé à trouver une solution définitive au problème du “phosphogypse” à Gabès, évoquant la possibilité de son exploitation, sans effets néfastes sur l’environnement. Il a rappelé, à cet égard, les études réalisées, il y a plus de dix ans, par des ingénieurs et des spécialistes à Gabès, qui ont scientifiquement démontré la viabilité et la sécurité de cette solution.

Retrait du phosphogypse de la liste des déchets dangereux

Le gouvernement a très vite réagi à l’appel du président de la république et pris des mesures adéquates, du moins de notre point de vue.

Le 5 mars 2025, un conseil ministériel restreint a décidé  de reclasser le phosphogypse. Jusque là perçu comme un déchet nocif, voire dangereux, il est désormais reconnu comme une ressource exploitable sous certaines conditions.

Le 12 mars 2025, interpellée à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP),  la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie a apporté trois importantes précisions sur le dossier.

La première consiste en la confirmation par des études scientifiques de l’absence de matières radioactives dans le phosphogypse.

« Et si ce que nous rejetions hier comme un poison devenait demain une richesse pour tout un pays ? Le phosphogypse n’est plus un déchet, c’est un défi à relever. »

 

La seconde porte sur la levée d’interdiction du phophopgypse en tant que déchet dangereux. Mieux cette levée d’interdiction a été, d’après la ministre, validée par le ministère de la Santé publique, prouvant ainsi que cette substance industrielle ne représente aucun danger pour la santé.

La troisième a trait à la feuille de route arrêtée pour valoriser dorénavant le phosphogypse. Il s’agit essentiellement de charger le Groupe chimique tunisien de mener des études et des projets sur une période maximale de cinq ans, avec pour objectif de développer des solutions respectueuses de l’environnement et bénéfiques pour les différentes régions du pays.

Des chercheurs tunisiens ont travaillé sur la valorisation du phophogypse

Quant aux études scientifiques auxquelles font référence le Président de la république et la ministre de l’industrie, des mines et de l’énergie, pour justifier la nécessaire valorisation du phosphogypse, les plus pertinentes et les plus pragmatiques sont, à notre connaissance, au nombre de trois. Nous en avons parlé longuement antérieurement.

La plus intéressante, à notre avis, est celle qui a été développée par l’expert Tahar Khouaja, ancien PDG du Groupe chimique tunisien (GCT), propriétaire public des industries chimiques de transformation de phosphate à Gabès. Il propose un usage utile et renouvelable du phosphogypse, une sorte de recyclage de cette matière qui pourrait rapporter, annuellement, un milliard de dinars pour les caisses de l’Etat. Cette matière pourrait, selon lui, être réutilisée comme engrais enrichissant pour le sol.

Mieux dans ses recherches, l’expert va plus loin et estime que le phosphogypse, contrairement à ce qu’on dit, ne contiendrait pas de polluants dangereux.

« On a trop longtemps laissé le phosphogypse empoisonner nos mers. Il est temps de faire de cette cicatrice écologique une source d’espoir économique. »

 

La deuxième étude est à l’actif de la chercheuse Hayet Omri, docteure en chimie. Cette dernière est parvenue à mettre au point une technique pouvant éradiquer la pollution générée par les rejets du phosphogypse. Cette technique consiste, selon elle, en l’utilisation du phosphogypse dans le bâtiment, en le mélangeant à des résidus de plantes et de produits chimiques. Elle a déclaré avoir expérimenté cette technique avec l’assistance d’experts belges. Elle dit avoir présenté son invention au ministère tunisien de l’Environnement qui a promis d’étudier sa proposition.

Pour sa part, Mokhtar Hamdi, universitaire, chercheur et directeur général du Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN), a  fait des recherches sur l’extraction de méthane à partir du phosphogypse, le méthane étant un composant principal du gaz naturel. Il est largement utilisé comme combustible pour le chauffage de bâtiments résidentiels et commerciaux. Il entre également dans la production de gaz de synthèse, un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone.

Pour un contrôle rigoureux de la radioactivité du phosphogypse

Abstraction faite de cette prise de conscience salutaire de la nécessité de valoriser le phosphogypse. L’essentiel est de faire en sorte que le recyclage de ce sous-produit soit effectué selon les normes internationales de sécurité sanitaire et de respect de l’environnement.

Est il besoin de rappeler au plan écologique, que cette matière polluante, rejetée dans la mer (golfe de Gabès et au large de Sfax), des décennies durant, à raison de plus de 8 millions de tonnes par an, a généré la désertification marine (disparition de plusieurs espèces de poisson…) et affecté énormément le golfe de Gabès, plan d’eau réputé pour être une des frayères de la mer Méditerranée et pour abriter la seule oasis maritime de Mare Nostrum.

« Derrière les chiffres effrayants de la pollution marine, se cache un potentiel inexploré. La science, soutenue par la volonté politique, peut changer le cours de notre avenir. »

 

Est-il besoin de rappeler, également, au plan sanitaire, que le phosphogypse, tout comme le minerai dont il est extrait, le phosphate, est, en théorie, légèrement radioactif. Contenant du radium qui se désintègre en formant du radon, un gaz radioactif qui pénètre facilement les poumons, et qui pour cette raison est source de cancers du poumon.

Morale de l’histoire : l’enjeu est de taille. Afin d’éviter tout dérapage, il est recommandé d’encadrer de manière rigoureuse le recyclage industriel du phosphogypse et de s’inspirer, à cette fin, des “best practices” en vigueur dans d’autres pays.

La députée Fatma Mseddi a eu beaucoup de mérite d’avoir attiré l’attention sur cet aspect lors du débat du 12 mars 2025 au parlement avec la ministre de l’industrie, des mines et de l’énergie.

Abou SARRA

EN BREF

Phosphogypse : Déchet ou richesse pour la Tunisie ?

  • 8 millions de tonnes de phosphogypse rejetées chaque année en mer à Gabès.
  • Le président Kaïs Saïed relance le débat sur sa valorisation.
  • Reclassé comme ressource non dangereuse depuis le 5 mars 2025.
  • Études scientifiques : absence de radioactivité confirmée.
  • Objectif : valorisation sur 5 ans par le Groupe chimique tunisien.
  • Propositions : engrais, matériaux de construction, production de méthane.
  • Enjeu : concilier protection environnementale et développement économique.

L’article Et si le phosphogypse devenait une richesse nationale plutôt qu’un déchet toxique ? est apparu en premier sur WMC.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Pourquoi l’UGTT appelle-t-elle à boycotter l’application Bolt ?

Von: hechmi
24. März 2025 um 19:23

BoltLa fédération générale du transport relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé ses adhérents et en particulier les chauffeurs de taxi individuels à appliquer la loi et à ne pas utiliser l’application “Bolt” pour le transport des passagers.

La fédération a justifié cet appel par “les nombreux dépassements constatés ayant impacté négativement les activités de ce secteur et les intérêts des citoyens”.

Elle a précisé dans un communiqué publié lundi, qu’un certain nombre de plaintes sont parvenues à la fédération générale concernant les répercussions négatives de cette application que ce soit par le biais de “la concurrence illicite” ou “l’atteinte aux droits des professionnels”.

La fédération a appelé tous les professionnels à réagir de manière collective en vue d’imposer l’application des lois organisant le secteur du transport afin de garantir l’égalité des chances, soulignant la nécessité de préserver les sources de revenu des milliers de professionnels.

Elle a appelé à la nécessité de se conformer aux législations en vigueur et de n’utiliser aucune plateforme hors du cadre de la loi pour assurer la stabilité de ce secteur.

Il convient de rappeler que la Brigade d’investigation dans les crimes financiers complexes relevant de la garde nationale d’El-Aouina a annoncé lundi, qu’un réseau de blanchissement d’argent et d’évasion fiscale a été démantelé. “Le réseau est lié à des sociétés opérants via des applications pour taxis individuels”, a-t-elle ajouté.

Selon la même source, ces sociétés travaillent sans licence légale. Elles utilisent de faux agréments en exploitant des comptes bancaires non autorisés pour transférer d’importantes sommes d’argent à l’étranger, en violation des réglementations en vigueur.

L’enquête a abouti à la saisie d’environ 12 millions de dinars dans les comptes bancaires de ces sociétés, la suspension de leurs activités, et leurs radiations du Registre National des Entreprises (RNE).

Tous les locaux de ces sociétés ont été fermés, selon la direction générale de la Garde Nationale.

EN BREF

Bolt dans le viseur de l’UGTT et des autorités tunisiennes

  • L’UGTT appelle les chauffeurs à boycotter l’application Bolt, jugée illégale.
  • Motif : concurrence déloyale, atteinte aux droits des professionnels du transport.
  • Une enquête judiciaire a révélé un réseau de blanchiment et d’évasion fiscale lié à des plateformes de transport.
  • 12 millions de dinars saisis, activités suspendues, sociétés radiées du RNE.
  • L’UGTT insiste sur le respect de la loi pour préserver les revenus de milliers de familles.

L’article Pourquoi l’UGTT appelle-t-elle à boycotter l’application Bolt ? est apparu en premier sur WMC.

Ingénieurs tunisiens : formés pour l’étranger faute de vision nationale

24. März 2025 um 09:35

IngenierieLa formation des ingénieurs en Tunisie repose sur une base académique rigoureuse et polyvalente. Dès le cycle préparatoire, les étudiants acquièrent une solide maîtrise des mathématiques, de l’informatique et des sciences fondamentales, leur permettant d’accéder à des formations d’ingénierie diversifiées. Cependant, malgré leur réputation et leur attractivité sur le marché international, certains points faibles sont régulièrement soulignés : un manque de pratique, des lacunes en soft skills, une maîtrise insuffisante des logiciels professionnels et une adaptation parfois lente aux évolutions technologiques mondiales.

Ce constat a été au centre d’un webinaire organisé par l’Association Reconnectt présidé par Sami Ayari ingénieur lui même, réunissant des ingénieurs tunisiens de renom, installés à l’international avec Mohamed Jmaiel, professeur en informatique à l’Ecole nationale de Sfax. Un système aux fondamentaux solides mais en quête de repères et d’orientation stratégique, c’est en quelques mots l’ingénierie en Tunisie.

Mohamed Jmaiel rappelle que l’offre tunisienne est de 88 filières d’ingénierie sur 300 formations universitaires.  Chaque année, il y a 7.000 diplômés produits par les différentes filières. La Tunisie s’est dotée d’un large éventail de spécialisations. Mais cette diversité est-elle un atout ou un frein ? Cette multiplicité a généré une perte de repères, estime Mohamed Jmaiel.

« Nous avons ouvert trop de filières sans une vision claire. Nous ne savons plus exactement à quel marché nous destinons nos ingénieurs. Formons-nous pour l’économie nationale et si c’est le cas, est-ce que notre économie, notre industrie sont capables d’absorber autant d’ingénieurs venant de filières aussi diverses ? »

Si l’excellence académique des formations publiques est reconnue, la question centrale reste leur adéquation aux exigences du monde du travail. Les ingénieurs tunisiens sont réputés pour leur capacité d’adaptation, mais sont-ils suffisamment préparés aux défis scientifiques et technologiques actuels ? En fait, il y a un décalage manifeste entre les besoins du marché du travail et les cursus et le nombre d’ingénieurs diplômés.

Nous avons ouvert trop de filières d’ingénierie sans une vision claire ni une stratégie de développement économique en lien avec le marché national – Pr Mohamed Jmaiel

 

Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) est l’un des seuls à absorber efficacement ses diplômés. En revanche, des disciplines comme l’agronomie souffrent d’un manque d’opportunités, poussant de nombreux ingénieurs à chercher un avenir ailleurs.

Ce phénomène s’explique en partie par le manque d’interaction entre les universités et le tissu industriel tunisien. Contrairement aux modèles européens ou nord-américains, la recherche appliquée et l’innovation en entreprise restent marginales en Tunisie.

Mohamed Jmaiel partage son expérience à l’école d’ingénieurs de Sfax, où une tentative de formation en alternance a échoué :

« Nous avons voulu instaurer un modèle d’alternance, mais les entreprises n’ont pas joué le jeu. Sur une promotion de 120 étudiants, à peine une dizaine ont trouvé des opportunités. Cela montre que le problème ne vient pas seulement du nombre de filières, mais aussi d’un tissu économique qui peine à absorber ces compétences. »

Une nécessaire refonte du modèle éducatif

Pr Fatma Mili, enseignante en data et en Informatique dans l’une des plus grandes facultés d’informatique aux États-Unis, l’UNC Charlotte, insiste sur la nécessité de former des ingénieurs entrepreneurs, capables d’innover et d’anticiper les évolutions industrielles.

« L’université ne doit pas se contenter de délivrer des diplômes, elle doit créer un écosystème où les étudiants développent leur créativité et leur esprit d’entreprise. Nous devons orienter nos formations vers les industries de demain. »

Cette vision est appliquée en Allemagne où Pr Fahmi Bellallouna, enseignant et chercheur en ingénierie, spécialisé dans la réalité virtuelle (VR) et en réalité augmentée (AR) affirme que le lien entre les universités et les industries est renforcé. “Les établissements suivent de près l’évolution des marchés et ajustent leurs programmes en conséquence”.

Former des ingénieurs, ce n’est pas uniquement délivrer des diplômes. C’est créer un environnement qui stimule la créativité, l’innovation et l’esprit d’entreprise – Pr Fatma Mili

 

À l’inverse, en Tunisie, l’industrie investit peu dans la recherche et le développement (R&D), ce qui limite les opportunités d’innovation et d’apprentissage pratique. Il cite l’exemple de la Chine, où l’État a imposé aux entreprises des transformations structurelles pour encourager l’innovation : « En Chine, j’ai vu le secteur automobile évoluer à une vitesse impressionnante sous l’impulsion du gouvernement. Si la Tunisie veut progresser, il faut que l’État prenne des mesures stratégiques et soutienne financièrement l’innovation. »

La Tunisie peut-elle devenir un hub technologique ?

Le marché international reconnaît le potentiel des ingénieurs tunisiens, mais pourquoi les grandes entreprises technologiques privilégient-elles Bangalore plutôt que Tunis ?

Dr Imed Zitouni, expert mondialement reconnu en intelligence artificielle (IA) et en traitement du langage naturel (TLN), occupant actuellement le poste de directeur de l’ingénierie chez Google aux États-Unis, apporte une réponse claire :

“Les multinationales cherchent un climat d’affaires stable, sans lourdeurs administratives. En Inde, elles savent qu’elles peuvent recruter rapidement et en toute confiance. La Tunisie doit rassurer les investisseurs et alléger ses procédures. Aujourd’hui, dans un monde en constante évolution, maîtriser les soft skills est devenu aussi essentiel que les compétences techniques”.

En Allemagne, les universités d’ingénierie adaptent constamment leurs cursus aux besoins réels du marché – Pr Fahmi Bellallouna

 

“Avec l’essor de l’intelligence artificielle et des technologies disruptives, la véritable valeur d’un ingénieur réside dans sa capacité à apprendre et à s’adapter. Ceux qui réussissent ne sont pas forcément ceux qui connaissent tout, mais ceux qui savent évoluer et se réinventer en permanence”.

“Prenons l’exemple de Bangalore, en Inde, la ville s’est imposée comme la capitale indienne de l’informatique. Comment ? Grâce à une politique éducative et économique cohérente, qui a su répondre aux besoins du marché international. Des géants US ont implanté des unités stratégiques, attirant et formant des milliers d’ingénieurs. Pourquoi la Tunisie, pourtant dotée de talents reconnus, peine-t-elle à reproduire ce modèle ?”

Le Canada est un autre exemple parlant. Mohamed Habibi Professeur agrégé en génie mécanique, Directeur de l’Équipe de Recherche en Ingénierie Mécanique Avancée (ÉRIMA), Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) déplore une baisse du niveau des jeunes ingénieurs tunisiens. « Nous recrutons chaque année des ingénieurs de l’ENIT, de l’ENIM et de l’ENSIT. Mais nous avons de plus en plus de mal à trouver le niveau que nous recherchons. Les formations théoriques restent solides, mais elles ne sont plus en phase avec les attentes du marché et les avancées technologiques »

Les multinationales ne cherchent pas seulement des compétences techniques, elles veulent aussi de la stabilité, de la réactivité et un environnement propice à l’investissement – Dr Imed Zitouni

 

Il souligne des manques importants en matière de maîtrise des logiciels techniques, d’expérimentation en laboratoire et de compétences en gestion de projet d’où l’urgence d’un changement du cursus. Si la Tunisie veut que son système d’ingénierie soit un moteur de croissance économique, il est impératif d’agir sur plusieurs axes :

  • Repenser les programmes académiques en fonction des besoins du marché local et international ;
  • Créer des passerelles solides entre universités et entreprises pour favoriser l’apprentissage pratique ;
  • Encourager la recherche appliquée et l’innovation industrielle à travers des incitations financières ;
  • Attirer les investissements étrangers en simplifiant les démarches administratives et en garantissant un environnement d’affaires attractif ;
  • Mettre en avant les soft skills et l’adaptabilité pour préparer les ingénieurs aux évolutions technologiques rapides.

Réinventer l’ingénierie tunisienne pour un avenir prometteur et ouvrir la voie aux partenariats internationaux que veulent initier les élites tunisiennes sises à l’étranger.

Nous voulons contribuer au développement de notre pays, relève Mohamed Habibi, mais encore faut-il lever les obstacles administratifs qui freinent l’innovation et la recherche. Comment avancer lorsque la signature d’une simple convention avec un doyen prend deux mois ?

“Comment être compétitif lorsque, sur un financement de 12 mois, l’administration met six mois à désigner un étudiant pour collaborer à un projet de recherche ? Ce manque de réactivité pénalise aussi bien les chercheurs que l’économie nationale”.

Il est urgent de repenser le rôle des universités : forment-elles des diplômés pour enrichir le marché du travail ou simplement pour remplir des statistiques ? Au-delà des diplômes, il est temps de valoriser les travaux et les compétences des étudiants, afin de les intégrer efficacement dans l’écosystème professionnel.

Nous avons en Tunisie des jeunes ingénieurs brillants, mais le système administratif les freine au lieu de les propulser. Il faut parfois six mois pour débloquer un financement ou signer une convention de recherche – Pr Mohamed Habibi

 

Mohamed Habibi n’est pas le seul déçu de l’administration tunisienne, Fahmi Bellallouna aussi engagé que lui déplore cet état des choses : “Nous avons envoyé des équipements à des étudiants tunisiens dans la réalité virtuelle, (lunettes virtuelles) ils sont restés bloqués 6 mois dans les services de douane, c’est beaucoup”.

Le talent et la capacité d’adaptation des ingénieurs tunisiens ne sont plus à prouver.

Cependant, le modèle éducatif actuel doit évoluer pour répondre aux attentes du marché globalisé. La Tunisie a toutes les cartes en main pour devenir un pôle technologique attractif, mais cela nécessite une vision claire, un soutien stratégique de l’État et un engagement accru du secteur privé. Le défi est de taille, mais l’opportunité est immense.

L’ingénierie tunisienne ne doit pas seulement viser l’exportation de talents, mais aussi la création d’une économie innovante et compétitive sur la scène mondiale.

Amel Belhadj Ali

EN BREF

L’essentiel sur la formation des ingénieurs en Tunisie

  • 7 000 diplômés par an, issus de 88 filières d’ingénierie.
  • Formation académique solide mais décalée des besoins du marché.
  • Manques identifiés : soft skills, pratique, logiciels métiers.
  • Faible lien université-entreprise ; alternance quasi inexistante.
  • « Nous avons ouvert trop de filières sans vision claire. » – Pr Jmaiel
  • Les talents tunisiens s’exportent faute d’opportunités locales.
  • Urgence : repenser les cursus, encourager l’innovation et simplifier l’administration.

L’article Ingénieurs tunisiens : formés pour l’étranger faute de vision nationale est apparu en premier sur WMC.

Réforme de la formation des Ingénieurs : vision stratégique ou Illusion Politique ?

21. März 2025 um 07:34

IngénieursLe ministère de l’Enseignement supérieur vient de publier un livre blanc présentant une stratégie nationale pour la réforme des cursus de l’ingénierie dans notre pays.

L’Orientation Stratégique 3 (OS3) du Système de Formation d’Ingénieurs (SFI) vise à adapter les formations aux besoins de la société tout en intégrant les concepts de durabilité et d’innovation.

Dans la préface de l’ouvrage, on en parle comme étant “le fruit d’une réflexion approfondie, menée avec la participation de divers acteurs du secteur éducatif, industriel et gouvernemental. Il se veut une feuille de route pour l’avenir, offrant des recommandations, des orientations stratégiques et des perspectives pour moderniser et renforcer la formation d’ingénieurs dans notre pays”.

Le Livre Blanc n’a pas eu l’unanimité des observateurs de la scène de l’ingénierie et ce qu’il s’agisse d’ingénieurs ou d’experts résidant sur le sol national ou des élites tunisiennes sises à l’étranger. Entre autres reproches aux concepteurs, le fait d’écarter de la réflexion approfondie -à l’exception de l’Atuge (Association tunisienne des grandes Écoles) -des élites tunisiennes établies dans les quatre coins du monde et au fait de toutes les innovations et découvertes advenues dans les pays les plus avancés sur le plan technologique.

L’association franco-Tunisienne Reconnectt a organisé, à l’occasion, un webinaire intitulé “Innover au national, concurrencer à l’international, comment doit être la prochaine génération des ingénieurs tunisiens” qui fera l’objet d’un papier.

Mais d’abord voyons les grandes lignes du livre blanc qui propose une évaluation détaillée de l’état actuel de la formation d’ingénieurs en Tunisie tout en identifiant les défis et les opportunités d’amélioration.

50 ans, rien que ça, c’est l’âge du système de formation tunisien aux disciplines de l’ingénierie. Un système qui a connu une diversification importante et qui fait face à des enjeux tels que l’amélioration de la qualité des formations, l’intégration des nouvelles technologies, et la nécessité d’ancrer davantage la formation dans les réalités industrielles et économiques.

“Former des ingénieurs sans une vision stratégique claire, c’est comme construire un édifice sans plan : on risque de s’effondrer face aux défis du futur.”

 

Le Livre Blanc appelle à une réforme stratégique pour moderniser les programmes, renforcer les infrastructures et améliorer la gouvernance au sein des établissements de formation.

L’ouvrage souligne l’importance d’une collaboration étroite entre les institutions académiques, le secteur industriel et les acteurs gouvernementaux pour mieux répondre aux besoins du marché.

Pour cela, il propose d’intégrer des compétences transversales et de renforcer l’apprentissage pratique, tout en engageant les étudiants dans leur parcours académique.

Le Livre Blanc plaide également pour une réflexion éthique et durable, invitant les futurs ingénieurs à prendre en compte les enjeux environnementaux et sociétaux dans leur pratique professionnelle. Il appelle aussi à l’action tous les acteurs concernés afin de créer un système inclusif et innovant qui non seulement respecte les standards internationaux mais anticipe également les défis futurs.

En encourageant l’apprentissage tout au long de la vie et en favorisant l’innovation, le rapport vise à préparer les ingénieurs tunisiens à être des acteurs compétitifs sur la scène mondiale, contribuant ainsi au développement économique du pays.

“Un système éducatif qui ne s’adapte pas aux révolutions technologiques condamne ses diplômés à devenir des spectateurs plutôt que des acteurs du progrès.”

 

Pour y parvenir, plusieurs actions stratégiques sont mises en place, comme l’engagement des entreprises dans la conception des programmes et l’amélioration de la pertinence des offres de formation.

L’objectif est de renforcer le lien entre le monde académique et l’industrie afin de favoriser l’employabilité des diplômés et de contribuer au développement économique et social. L’OS3 a pour but de garantir que les ingénieurs formés possèdent les compétences nécessaires en adéquation avec les besoins du marché. Des collaborations étroites entre les établissements de formation et les entreprises sont essentielles pour adapter l’offre pédagogique.

L’intégration de concepts tels que le développement durable et la transformation numérique dans les programmes de formation est primordiale. Des modules sur les compétences transversales, incluant l’éthique et la responsabilité sociétale, devraient être intégrés dans les curriculums. On y parle également de la création d’événements et de forums favorisant les échanges entre académiques et industriels, soit une condition importante pour recueillir des retours d’expérience.

L’apprentissage tout au long de la vie est encouragé pour que les ingénieurs s’adaptent aux évolutions technologiques. Le SFI mettra en place une structure de veille socio-économique afin de suivre les besoins du marché et d’ajuster les formations en conséquence.

Une stratégie par rapport à quoi et basée sur quoi ?

L’Orientation Stratégique 3 proposée dans le livre blanc est adossée à 3 grands axes :

  • Adapter les formations aux besoins sociaux et économiques : garantir que les programmes d’ingénierie répondent aux exigences actuelles et futures du marché de l’emploi et de la société, en intégrant les préoccupations de durabilité et d’innovation.
  • Renforcer les liaisons académiques et industrielles : accroître la collaboration entre les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises pour concevoir des programmes qui préparent efficacement les étudiants aux réalités du monde professionnel.
  • Promouvoir l’apprentissage permanent : encourager les diplômés à continuer à se former tout au long de leur carrière pour s’adapter aux transformations technologiques et aux évolutions du marché.

Ces objectifs s’inscrivent dans un cadre plus large visant à améliorer la qualité et la pertinence de la formation d’ingénieurs, en tenant compte des retours d’expérience et des évolutions sociétales.

“L’ingénierie est au cœur des grandes mutations économiques et industrielles. Si nous ne dotons pas nos ingénieurs des outils du XXIe siècle, nous nous enfermons dans une logique de retard perpétuel.”

 

Tout cela est bien beau, toutefois, quelques questions se posent :

  • les cursus de l’ingénierie ne doivent-il pas obéir à une vision de l’État loin de toute gesticulation économique et carence stratégique ?
  • le livre blanc sur lequel ont planché comme précisé par le ministère des experts, des enseignants, des “Atugéens” et des industriels est-il l’expression de la volonté de l’État de mettre la Tunisie sur l’orbite des avancées technologiques extraordinaires de par le monde, ou tout juste un ouvrage publié pour honorer un engagement financier et pour dire que malgré tout, nous pensons l’avenir du pays ?
  • Hakim Bellagha, ingénieur évoluant dans le secteur énergétique parle d’inachevé- article à publier- et d’archaïsme administratif. D’où une autre grande question, la réflexion menée dans le cadre du livre blanc répond-elle aux choix stratégiques de l’État en matière de développement technologique et d’innovation ?
  • la formation des ingénieurs se conjugue-t-elle avec les objectifs stratégiques de l’État, visant à doter les diplômés des compétences nécessaires pour soutenir des secteurs clés de l’économie et favoriser la croissance et la compétitivité nationale parce qu’in fine nous ne pouvons pas continuer à n’être que des fabricants de matière grise au service des autres États ?
  • loin des discours théoriques, l’État tunisien se donne-t-il les moyens d’investir dans les technologies les plus avancées ?
  • les laboratoires de recherches dans les institutions universitaires sont-elles équipées comme il se doit pour former les étudiants aux technologies les plus pointues existant aujourd’hui sur la scène mondiale ? Nous pouvons citer l’intelligence artificielle, la technologie blockchain, La 5G qui facilite le développement de l’Internet des Objets (IoT) et des applications de réalité augmentée et virtuelle mais laquelle lancée récemment dans notre pays, ne semble pas capable de remplir ce rôle pour nombre de raisons, la biotechnologie et génomique, les robots autonomes et drones, les technologies quantiques ou encore les énergies renouvelables et le stockage d’énergie où nos performances à ce jour restent assez approximatives ?

Les programmes de formation des ingénieurs doivent être alignés sur des orientations stratégiques qui favorisent la recherche et l’innovation et définissent un positionnement futur du pays qui détermine les choix des cursus ou continuer dans la lancée de formations académiques solides qui permettent la maitrise des fondamentaux mais sans disciplines facilitant une intégration plus aisée de nos ingénieurs dans la dynamique technologique mondiale.

“Une réforme qui ne s’appuie pas sur la collaboration entre les universités, les entreprises et l’État reste une déclaration d’intention. La compétitivité se construit avec des actions concrètes et un engagement durable.”

 

Plus que de la théorie et de la littérature, nous ne pouvons pas réussir les filières de l’ingénierie en l’absence d’une orientation stratégique de l’État et pas sur 5 ans, mais sur au moins une dizaine d’années, l’ingénierie est au cœur des grandes révolutions contemporaines et il n’est pas sûr qu’un livre blanc pourrait changer les donnes si derrière ses grandes idées ou propositions, tout l’appareil de l’État ne se met pas en marche.

L’Institut tunisien des Études stratégique regorge d’études les unes plus pertinentes que les autres, les actions, les mesures ont-elles suivi ?

Friedrich Engels disait “Une once d’action vaut une bonne théorie”. Sans actions de l’État, sans vision et sans portée pratique et réaliste, devrions-nous être condamnés à théoriser sans réaliser ?

Amel Belhadj Ali

EN BREF

Réforme de la Formation des Ingénieurs en Tunisie

🔹 Un Livre Blanc publié par le ministère de l’Enseignement supérieur propose une réforme des cursus d’ingénierie.

Objectifs clés :
✔ Adapter la formation aux besoins du marché
✔ Renforcer les liens universités-industries
✔ Intégrer l’innovation et le développement durable

🔹 Un débat ouvert : Certains experts critiquent l’absence de concertation avec les élites tunisiennes à l’étranger.

🔹 Chiffre clé : 50 ans d’existence du système actuel, nécessitant une modernisation.

“Former sans stratégie, c’est théoriser sans réaliser.”

Enjeux : Une mise en œuvre efficace et un véritable engagement de l’État.

 

L’article Réforme de la formation des Ingénieurs : vision stratégique ou Illusion Politique ? est apparu en premier sur WMC.

Restauration de l’écosystème marin : La Tunisie traîne toujours la patte

19. März 2025 um 09:30

MarinUn constat : les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, depuis des décennies, donnent l’impression qu’ils sont désignés à titre provisoire et qu’ils sont sensés servir plus un Etat provisoire qu’une nation pérenne. Rarement,  on les a vus se soucier de la perpétuité du pays et inscrire leur action dans la durée, voire dans l’intérêt durable du pays. Les bons projets, les meilleurs, sont souvent reportés et renvoyés aux calendes grecques, par l’effet de l’immobilisme et de l’incompétence. C’est ce qui explique le grand nombre de mégaprojets en stand bye.

Parmi ces projets figure celui de “l’immersion des récifs artificiels”. Ce projet est pourtant stratégique tant il vise à restaurer l’écosystème marin,  à remédier à la diminution des ressources halieutiques, à améliorer la pêche côtière et à contribuer ainsi à l’autosuffisance alimentaire du pays.

Pour montrer notre retard en la matière, est-il besoin de rappeler que  l’idée de créer des substrats artificiels immergés afin d’augmenter la productivité d’une zone donnée est apparue au Japon au XVIIème siècle dans le but d’améliorer la pêche côtière.

Interpellé, début mars 2025, sur ce dossier au parlement par le député  Mahmoud Chalghef, le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Ezzeddine Ben Cheikh a donné des précisions sur l’état des lieux.

Selon lui, le projet a été lancé, depuis 2009 -bien depuis 2009- avec un budget de 5 MDT et pour une durée d’exécution de 10 ans.

Seize ans après, le projet n’a pas bougé d’un iota. D’après le ministre, il n’a pas encore achevé sa première phase en raison de difficultés financières.

Pour se donner bonne conscience, le ministre a cru inventer le monde en rappelant, ennuyeusement, l’importance de ce projet pour la biodiversité marine et la pêche durable.

Il a ajouté, vaguement, que « des efforts sont en cours pour mobiliser les financements nécessaires et assurer la réussite de cette initiative essentielle pour la préservation des ressources maritimes”.

Il a ajouté, vaguement, que “des efforts sont en cours pour mobiliser les financements nécessaires et assurer la réussite de cette initiative essentielle pour la préservation des ressources maritimes”.

La question qui se pose dès lors est de savoir sur quelle base ces financements seront déterminés puisque le ministre a déclaré, au cours de son intervention au parlement que le projet,  est encore à l’étude : « une étude sera menée pour identifier le nombre optimal des récifs artificiels et des zones les plus menacées », a-t-il dit. Sans commentaire !!!!

ABS

L’article Restauration de l’écosystème marin : La Tunisie traîne toujours la patte est apparu en premier sur WMC.

❌
❌