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Semmama à la COP17 : la fête, pendant que 80 % du pays s’aride

25. August 2026 um 18:11

Le Mont Semmama a été célébré mardi 25 août à Oulan-Bator, dans le cadre de la 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui se tient du 17 au 28 août 2026 sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Mais derrière la mise en scène culturelle, la réalité tunisienne face à la désertification reste préoccupante.

L’événement, intitulé « Journée de Semmama… Résister à la désertification culturelle », a réuni poésie, chant et documentaire autour du parcours d’Adnen Helali, acteur de la société civile tunisienne à l’origine du projet de développement local du Jebel Semmama, comme le rapporte la TAP. Selon lui, la protection des parcours pastoraux passerait par le renforcement de la conscience environnementale et la préservation des savoirs traditionnels ; une approche qui, aussi légitime soit-elle, interroge sur sa capacité réelle à enrayer un phénomène dont l’ampleur dépasse largement le registre culturel.

Le programme a ainsi mêlé la présentation du recueil « Le vent garde nos traces », la projection du film « If the Rangelands Could Speak » de Lizzy Gable, et une œuvre d’artisanat collaborative. Une initiative baptisée « Green IYRP », lancée par le Centre culturel des arts et métiers de Jebel Semmama à Sbeïtla (Kasserine), propose par ailleurs de substituer au plastique des matériaux naturels comme le cuir, l’argile ou les fibres d’alfa. Elle revendique le soutien de 102 pays et 427 organisations ; un chiffre qui, s’il traduit un écho international, ne dit rien de sa traduction concrète sur le terrain, ajoute la même source.

Quid de l’objectif de neutralité de dégradation des terres ?

Car le constat dressé par le ministère de l’Environnement lui-même est sans appel : près de 80 % du territoire national est soumis à des conditions d’aridité, exposant le pays à une vulnérabilité accrue face au changement climatique. Face à cela, la Tunisie s’est fixé l’objectif d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici 2030, avec une cible de restauration portant sur 2,2 millions d’hectares, un chantier colossal, dont l’échéance approche à grands pas sans que l’ampleur des moyens mobilisés soit précisée.

La Tunisie a pourtant ratifié la CNULCD dès les années 1990 et adopté un Plan d’action national dès 1998. Près de trois décennies plus tard, l’écart entre les engagements pris et les résultats tangibles sur un territoire aux quatre cinquièmes aride continue de poser question.

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Dattes tunisiennes : plus de 900 MDT à l’export, malgré un poids mondial limité

25. August 2026 um 17:20

La filière tunisienne des dattes confirme sa bonne dynamique à l’export. Durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, la Tunisie a exporté 144,1 mille tonnes, pour des recettes de 908,4 millions de dinars (MDT), en hausse respectivement de 13,3% et 12,2% sur un an, selon les données de l’ONAGRI.

La performance est d’autant plus notable que la Tunisie ne figure pas parmi les principaux producteurs mondiaux. Avec 400 219 tonnes produites en 2024, elle occupait le 9e rang mondial, soit environ 4% de la production mondiale. Son poids commercial est toutefois supérieur à son poids productif, le pays figurant parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de dattes en valeur.

Cette performance repose largement sur la Deglet Nour, qui représente 84% des volumes exportés. Son prix moyen atteint 7,05 dinars le kilogramme, contre 6,30 dinars pour l’ensemble des dattes exportées, illustrant le rôle de la qualité et du positionnement dans la valorisation de la production tunisienne.

La filière dispose par ailleurs d’une présence internationale relativement diversifiée, avec environ 86 marchés. L’Union européenne reste toutefois le principal débouché, absorbant 45,7% des volumes exportés.

Autre signal intéressant : le bio. Les exportations de dattes biologiques ont atteint 8,3 mille tonnes, pour 82,2 millions de dinars, avec une progression de la valeur nettement supérieure à celle des volumes.

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc plus seulement d’exporter davantage de dattes, mais d’en tirer davantage de valeur. Qualité, certification, conditionnement, transformation et produits dérivés apparaissent comme les principaux leviers pour renforcer une filière dont le potentiel dépasse désormais la seule vente de dattes fraîches.

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Tunisie-Turquie : un déficit commercial toujours en faveur d’Ankara

25. August 2026 um 16:20

Les exportations turques vers la Tunisie ont dépassé 720 millions de dollars sur les sept premiers mois de 2026, ce qui constitue une hausse de 9,9 % sur un an, selon l’Assemblée des exportateurs turcs (TİM), citée par Anadolu. Rien qu’en juillet, elles ont atteint 101 millions de dollars, avec une progression limitée à 0,3 %.

Cette dynamique s’inscrit dans une relation commerciale historiquement favorable à Ankara. Selon le ministère turc du Commerce, les échanges bilatéraux ont atteint un sommet de 2,094 milliards de dollars en 2022, avant de refluer à 1,422 milliard en 2024, puis de remonter à 1,589 milliard en 2025. Sur la période, les exportations turques ont oscillé entre 1,114 et 1,598 milliard de dollars, contre seulement 266 à 496 millions pour les ventes tunisiennes vers la Turquie. En 2025, l’excédent turc s’élevait encore à 896 millions de dollars.

Côté turc, les machines et équipements mécaniques (124,7 millions de dollars), le fer et l’acier (114,4 millions) et le coton (111,6 millions) dominent les exportations vers la Tunisie, devant les véhicules automobiles et les matières plastiques.

Les ventes tunisiennes restent plus concentrées : les équipements électriques et électroniques arrivent en tête avec 105,1 millions de dollars, suivis des engrais (37 millions) et des véhicules et composants automobiles (24,7 millions), selon UN Comtrade.

Ces chiffres traduisent un déséquilibre persistant, la Tunisie exportant des volumes encore insuffisants pour combler l’écart avec ses achats. La hausse de 9,9% enregistrée en 2026 suggère que ce déficit devrait se maintenir à court terme.

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La Poste Tunisienne ouvre une enquête après des soupçons de fraude sur un retrait

25. August 2026 um 15:35

La Poste Tunisienne a annoncé, dimanche 23 août, avoir engagé des vérifications après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo mettant en cause un de ses agents. Un citoyen y dénonçait un écart entre les 800 dinars que sa mère âgée souhaitait retirer et les 820 dinars figurant sur le reçu.

Face à l’émoi suscité par cette séquence, l’institution a assuré traiter l’affaire « avec sérieux et responsabilité », dans l’attente des conclusions de l’enquête. Elle a rappelé son attachement au respect des clients, à la qualité de l’accueil et à l’éthique du service public, tout en défendant ses agents contre toute diffamation.

La Poste Tunisienne a néanmoins prévenu qu’aucun manquement avéré ne serait toléré et que les sanctions prévues par la loi s’appliqueraient si des responsabilités étaient établies. Elle a par ailleurs indiqué poursuivre le renforcement de ses contrôles internes, de sa gouvernance et de la sensibilisation de ses agents à leurs obligations professionnelles.

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Grève ou pas ? L’UGTT tranche : “Aucun mouvement n’est annoncé”

25. August 2026 um 14:27

Grève ou pas grève, la vérité doit être dite : aucune grève n’a été annoncée. Ghassen Ksibi, chargé de l’information auprès de l’UGTT, l’a confirmé dans une publication sur les réseaux sociaux.

Il indique avoir été en contact avec Slim Sahimi, secrétaire général de l’Union générale du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’avec Salouane Samiri, secrétaire général adjoint et responsable du département des relations internationales et arabes au sein de l’union.

Selon eux, les rumeurs faisant état d’une grève dans le transport des hydrocarbures prévue demain sont infondées. Des contacts et des négociations sont en cours au sujet d’une prime convenue depuis 2018, ainsi que sur la régularisation de la couverture sociale et d’autres dossiers. Il n’existe, à ce stade, aucune intention de déclencher un mouvement de grève demain.

L’UGTT  a convenu avec les représentants syndicaux de tenir une réunion mercredi prochain afin d’évaluer le sérieux de la partie administrative à faire valoir leurs droits. Si aucun progrès n’est constaté, les syndicats émettront un préavis de grève, conformément à la législation et aux procédures en vigueur. Ce préavis ouvrira la voie à des négociations en vue de trouver des solutions. La grève ne sera envisagée qu’en cas d’échec des pourparlers.

« En conséquence, il convient de ne pas relayer d’informations inexactes ni de céder à la rumeur, source de confusion et d’incertitude, sauf s’il existe des tentatives avérées pour inciter à la grève, ce qui, à mon avis, n’est pas le cas actuellement. », rappelle-t-il. 

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Tunisie-Corée : un accord de 13,5 MDT pour l’agriculture intelligente

25. August 2026 um 13:14

Le ministère des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger a abrité, ce lundi, la cérémonie de signature du “ Record of Discussions” relatif au projet « Climate-Smart Agriculture for Enhancing Productivity in Tunisia (ClimAT) », entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et le Bureau de l’Agence coréenne de coopération Internationale (KOICA), en présence de l’ambassadeur de la République de Corée à Tunis, Lee Tae Won.

Un projet de 13,5 millions de dollars sur six ans

Financé par un don du gouvernement coréen à hauteur de 13,5 millions de dollars, le projet ClimAT sera déployé sur une période de six ans (2026-2031) dans les gouvernorats de Tunis, Nabeul, Kairouan et Bizerte, en partenariat avec l’IRESA, l’AVFA et l’Office des Terres Domaniales (OTD)

Dans son allocution, Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, a souligné l’importance stratégique de ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la coopération technique et financière tuniso-coréenne. Il contribuera à soutenir le secteur agricole à travers :
– L’introduction de techniques modernes de gestion des ressources naturelles
– La gouvernance des ressources en eau via l’installation de systèmes d’irrigation intelligents
– La modernisation de fermes agricoles pilotes dans les gouvernorats ciblés.

Il convient de noter que le projet ClimAT repose sur trois axes majeurs: renforcement des capacités de recherche et développement en matière d’agriculture intelligente adaptée aux changements climatiques ; soutien à l’infrastructure agricole par le déploiement de technologies favorisant la production durable de blé et d’oliviers; organisation de programmes de formation au profit des représentants des structures agricoles concernées.

Mohamed Ali Nafti a salué ce partenariat fructueux entre la Tunisie et la Corée, réaffirmant la volonté tunisienne d’étendre cette coopération à des secteurs prometteurs tels que l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et les technologies de la santé. Il a également mis en avant les atouts qu’offre la Tunisie aux investisseurs coréens : position géographique stratégique, qualité des ressources humaines et ouverture sur les marchés africains et méditerranéens, faisant du pays une plateforme régionale privilégiée pour les entreprises coréennes souhaitant renforcer leur présence en Afrique et en Europe.

Le ministre a enfin souligné la disposition de la Tunisie à développer la coopération triangulaire entre la Tunisie, la Corée et les pays africains, en s’appuyant sur l’expertise tunisienne en matière de développement, de formation et de renforcement des capacités, des objectifs qu’il avait déjà défendus lors de sa participation à la réunion ministérielle Corée-Afrique tenue à Séoul en juin 2026.

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L’été 2026, une « chaleur tropicale » devenue réalité

25. August 2026 um 12:36

L’été 2026 marque un tournant climatique en Tunisie : au-delà des records de température, c’est une combinaison inédite de chaleur intense, d’humidité élevée et de nuits sans fraîcheur qui s’installe, rapprochant le pays des conditions tropicales. Il convient de rappeler que le mois de juillet 2026 est le deuxième juillet le plus chaud depuis 1950 (31,7 °C en moyenne, +3,4 °C au-dessus de la normale), suivi d’une nouvelle canicule fin août avec des pointes à 45-46 °C dans le Sud, sous l’effet d’un dôme de chaleur centré sur le Maghreb.

La chaleur tropicale

La Tunisie vit désormais des étés aux caractéristiques tropicales : températures > 35 °C, humidité élevée sur les côtes, point de rosée > 20 °C, température ressentie jusqu’à 51 °C, et nuits tropicales (minima ≥ 20-25 °C) qui empêchent tout refroidissement nocturne.

Aujourd’hui la question qui se pose quel sera son impact sur l’humain? Selon les scientifiques, cette “chaleur tropicale” provoque un stress thermique accru (risques pour les personnes vulnérables et les travailleurs en extérieur), un cumul de la chaleur dans les bâtiments, et une crise énergétique liée à la surconsommation de climatisation.

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TRIBUNE – Axe Tunis-Alger : le corridor ferroviaire face au mur de l’exécution douanière et financière

25. August 2026 um 12:02

Comme nous le soulignions dans notre lecture du Plan de développement 2026-2030, le corridor ferroviaire maghrébin porte en lui la promesse d’un saut stratégique majeur, à une condition : surmonter notre dette historique d’exécution.
L’échange téléphonique intervenu ce dimanche 23 août entre les présidences tunisienne et algérienne vient opportunément conforter le socle politique de cette ambition. Mais transformer cet alignement au sommet en corridor commercial fluide exigera bien davantage qu’une mise à niveau des infrastructures physiques. Le véritable défi commence désormais avec le software du corridor : la donnée, la douane et l’ingénierie financière.
Le rail : une infrastructure en attente de son système d’exploitation
L’enjeu du corridor ferroviaire à l’horizon 2030 n’est pas simplement de relier des gares. Il est de connecter des écosystèmes industriels et logistiques de part et d’autre de la frontière, tout en articulant la liaison tuniso-algérienne avec les grands corridors maghrébins et la branche tunisienne de la Route transsaharienne. Un train de marchandises du XXIe siècle ne peut cependant fonctionner avec une frontière administrée selon les standards du siècle dernier. Une infrastructure lourde risque de devenir un investissement sous-performant si la marchandise reste immobilisée par les formalités, les contrôles successifs, les ruptures d’information ou les délais de règlement. Le véritable indicateur de performance ne sera donc pas uniquement la vitesse du train, mais le temps total nécessaire pour faire circuler une marchandise d’un opérateur à l’autre.
Passer de la frontière physique à la frontière pilotée par la donnée
La Tunisie et l’Algérie disposent déjà de mécanismes de coopération douanière et de facilitation des échanges. L’enjeu n’est donc pas de repartir de zéro, mais de franchir une étape supplémentaire : faire dialoguer les systèmes et les procédures. Les déclarations validées d’un côté de la frontière devraient pouvoir alimenter, dans un cadre sécurisé, les procédures de l’autre côté. Le pré-dédouanement, l’échange électronique de données et le partage des informations nécessaires au contrôle permettraient de réduire les temps d’immobilisation.
Cette évolution suppose une véritable interopérabilité des systèmes d’information, accompagnée de standards communs de données et de règles claires de responsabilité. Elle devrait également s’appuyer sur une reconnaissance renforcée des opérateurs économiques fiables. Un dispositif d’Opérateur économique agréé (OEA) coordonné entre les deux pays permettrait de concentrer les contrôles sur les flux présentant effectivement un risque, grâce à une analyse de risque plus fine. Il ne s’agit pas de supprimer le contrôle douanier. Il s’agit de le rendre plus intelligent, plus ciblé et moins pénalisant pour les opérateurs conformes.
La frontière financière, deuxième test de l’exécution
Un corridor commercial performant ne peut reposer sur une infrastructure ferroviaire moderne tout en conservant des circuits financiers lents ou coûteux. Le déplacement physique des marchandises doit être accompagné par une circulation suffisamment fluide des paiements, des garanties et des financements.
Une réflexion pourrait ainsi être engagée sur des mécanismes de compensation bilatérale permettant, lorsque cela est économiquement et réglementairement pertinent, de réduire certains coûts de règlement et le recours à des monnaies intermédiaires pour une partie des échanges. L’objectif ne serait pas de créer artificiellement un nouveau système monétaire, mais de réduire les frottements financiers qui peuvent décourager les opérateurs économiques.
Parallèlement, les banques tunisiennes et algériennes pourraient jouer un rôle plus structurant dans le financement de l’écosystème du corridor : plateformes logistiques, entrepôts sous douane, dry ports, équipements de manutention, systèmes numériques et solutions de traçabilité. Le financement du corridor ne devrait donc pas être pensé uniquement comme le financement d’une voie ferrée. Il doit être conçu comme le financement d’une chaîne logistique intégrée.
Mesurer le corridor par sa performance
C’est ici que se situe probablement le véritable changement de méthode. Un corridor économique ne doit pas seulement être annoncé. Il doit être piloté par des indicateurs d’exécution. Quelques indicateurs simples permettraient d’en mesurer objectivement la performance : temps moyen de passage à la frontière, durée de dédouanement, temps d’immobilisation des wagons, part des procédures dématérialisées, taux de contrôle fondé sur l’analyse de risque, coût logistique par tonne et délai moyen de règlement des transactions.
Ces indicateurs permettraient de passer d’une logique de projet à une logique de résultat. ls donneraient également aux pouvoirs publics un instrument de pilotage commun et aux opérateurs économiques une visibilité indispensable pour investir.
De la décision à la livraison
Le socle politique est posé. Les instruments de coopération existent. Les infrastructures peuvent être modernisées. Mais un corridor ne se décrète pas. Il se mesure, se pilote et se livre. La vraie question n’est donc plus seulement de savoir si Tunis et Alger veulent le corridor. Elle est de savoir si leurs administrations, leurs banques et leurs opérateurs économiques sont capables de le faire fonctionner — wagon après wagon, déclaration après déclaration, paiement après paiement. Le rail constitue le hardware. La donnée et la douane en constituent le software. La finance en est le système circulatoire.

Sans cette architecture d’exécution, le corridor restera une infrastructure. Avec elle, il peut devenir un véritable levier d’intégration économique tuniso-algérienne et, plus largement, un modèle de nouvelle génération pour l’intégration maghrébine. L’heure n’est plus à la décision. Elle est à la livraison.

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Guerre commerciale: Trump ouvre les hostilités, Ottawa relève le gant !

25. August 2026 um 09:35

Le bras de fer commercial entre Washington et Ottawa franchit un nouveau cap après l’imposition de nouveaux droits de douane américains. Loin de céder, le Premier ministre canadien, Mark Carney, riposte.

 

Le Canada, que Donald Trump rêve de voir devenir le 51ᵉ État américain, pourra-t-il longtemps tenir tête à son puissant voisin du Sud ? Avec près de 8 900 kilomètres de frontière commune, la plus longue frontière terrestre non militarisée au monde, les deux économies sont étroitement imbriquées.

Et si la dépendance canadienne à l’égard du marché américain est indéniable, les experts soulignent qu’une guerre commerciale qui risque de s’éterniser ne serait pas sans conséquences pour les États-Unis. Loin de là. Car l’enlisement de cette guerre commerciale pourrait aussi faire mal à des pans de l’économie des États-Unis. Très mal.

Rappelons à ce propos que depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, le Canada se retrouve en première ligne de l’offensive commerciale lancée par le président républicain, qui ne cesse de répéter son ambition de faire de son voisin du nord le « 51ᵉ État » américain. Mais après un an et demi de tensions croissantes, le bras de fer entre Washington et Ottawa vient de franchir un nouveau seuil. La nouvelle salve de surtaxes américaines frappe en effet des produits jusque-là protégés par l’accord de libre-échange liant les États-Unis, le Canada et le Mexique, remettant directement en cause les fondements de l’intégration économique nord-américaine.

 

Mark Carney, le nouveau héros canadien

Pour rappel, c’est Donald Trump qui a ouvert les hostilités en annonçant, le 22 août, de nouveaux droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens, soit environ 20 milliards de dollars de produits canadiens. Ottawa n’a pas tardé à riposter, promettant une réponse « au dollar près » et des mesures de rétorsion ciblant notamment l’acier, la pâte à papier et les produits laitiers. Une escalade qui intervient après l’échec des négociations commerciales entre les deux pays.

Paradoxalement, Mark Carney tire pour l’instant profit de cette confrontation. La popularité du Premier ministre atteint des sommets, portée notamment par son refus de céder aux pressions de son homologue américain. En adoptant une ligne ferme face à Washington, Carney semble avoir transformé le bras de fer commercial en enjeu de souveraineté nationale, renforçant ainsi sa position politique intérieure.

Arrogance

Manifestement surprise par la résistance de Mark Carney, dont la popularité s’appuie désormais sur un soutien politique dépassant les clivages partisans, l’administration Trump, qui ne brille pas par la subtilité de ses analyses, a choisi de hausser le ton. Le ministre américain des Transports, Sean Duffy, a ainsi averti, dimanche 22 août, que le Canada ne pouvait se permettre de s’engager dans un conflit commercial avec les États-Unis, dont les conséquences seraient, selon lui, « dévastatrices ». Convaincu qu’Ottawa finirait par céder, il prédit même le retour prochain de Mark Carney à la table des négociations, mais cette fois la queue entre les jambes. « S’imaginer qu’ils puissent entrer en guerre avec Donald Trump et gagner cette guerre avec les États-Unis, c’est bête de leur part », a-t-il lancé, avec un mépris à peine dissimulé, sur Fox News. Une déclaration qui en dit long sur l’arrogance de Washington vis-à-vis d’Ottawa ; mais aussi sur la sous-estimation de la détermination canadienne.

Talon d’Achille

Mais au-delà des déclarations parfois tapageuses, la véritable question n’est désormais plus de savoir si le Canada est capable de riposter aux États-Unis, Ottawa vient d’en apporter la démonstration. Car l’enjeu est autrement plus redoutable. Le Canada pourra-t-il tenir dans la durée face à un voisin dont l’économie pèse près de dix fois plus lourd et dont le marché demeure, de loin, le principal débouché de ses exportations ?

La réponse est nuancée. Le Canada dispose d’une économie riche, de ressources naturelles considérables, d’un secteur énergétique puissant et d’un système financier solide ; sans oublier que le pays possède un avantage souvent sous-estimé puisqu’il contrôle des ressources dont les États-Unis ont besoin : énergie, minerais critiques, uranium, potasse, produits agricoles.

Mais sa proximité géographique avec les États-Unis est son talon d’Achille en raison de dépendance commerciale envers son puissant voisin. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, 72,5 % des exportations canadiennes de marchandises étaient encore destinées au marché américain, même si cette proportion a diminué par rapport aux 76,3 % enregistrés en 2024. Le Canada a commencé à diversifier ses débouchés, notamment vers l’Europe et l’Indo-Pacifique, mais cette réorientation reste encore insuffisante pour remplacer rapidement le marché américain.

De même, par mesure de rétorsion, Ottawa peut fermer ses portes aux produits américains. Mais Washington dispose d’un levier beaucoup plus puissant, à savoir la capacité de perturber l’accès des entreprises canadiennes à leur principal marché extérieur.

C’est particulièrement vrai pour les secteurs intégrés aux chaînes de production nord-américaines, à l’instar de l’automobile, l’énergie, du bois, l’agriculture, les minerais, l’industrie manufacturière. Sauf que, dans plusieurs domaines, les deux économies (canadienne et américaine) ne sont pas simplement partenaires, elles sont imbriquées.

Realpolitik

Pour résumer, entre fermeté politique, représailles économiques et dépendance commerciale, le Canada dispose d’armes pour résister à Washington. Mais dans un bras de fer prolongé, le rapport de force reste largement favorable aux États-Unis.

Réaliste, et conscient que son pays ne pourrait gagner une guerre commerciale classique contre les États-Unis, il compte démontrer que toute offensive américaine aura un coût pour les entreprises et les consommateurs américains et rendre ainsi le coût politique et économique de l’affrontement suffisamment élevé pour pousser l’imprévisible milliardaire américain à revenir à la table des négociations.

Bien joué.

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Zahra El Khadi, ou l’art d’exposer la blessure sans jamais la refermer

25. August 2026 um 09:00

Dans Zahratun lam yushriq jasaduhā ba’d (« Une fleur dont le corps n’a pas encore lui »), premier recueil de poésie de la poétesse et chercheuse en langue et littérature arabes Zahra El Khadi, publié en avril 2026 par Hkeyet Édition, la poésie expose la douleur à nu, avec une écriture d’une froideur presque clinique, sans jamais céder au pathos. À travers une parole qui refuse l’allégorie, le recueil transforme la blessure en matière poétique et interroge, avec une rare intensité, ce que le corps et la mémoire gardent des traumatismes.

Le titre constitue déjà tout une vision. Zahra, la fleur, est aussi le prénom de l’autrice. S’appeler Zahra, c’est hériter d’une promesse de beauté et d’épanouissement, mais d’un épanouissement constamment différé. Un texte raconte que le père avait imposé ce prénom contre l’avis de la mère. Il avait pourtant vu juste : seul un prénom comme Zahra permet le tarkhīm, un procédé de la grammaire arabe qui consiste à tronquer la fin d’un nom dans l’adresse vocative. Le prénom devient ainsi le premier poème écrit sur elle, avant même qu’elle ne devienne poète.

L’image florale traverse le recueil. Dans un poème consacré à l’enfance, le cœur de la narratrice devient un jardin que personne ne soupçonne, alors que sa fragilité pourrait faire vaciller le monde. Chez Zahra El Khadi, cette fragilité n’est donc pas un abandon, mais une force que le monde refuse de voir.

Le corps comme champ de bataille

Le corps féminin est au centre du livre, non comme objet du regard, mais comme territoire d’une expérience intérieure contradictoire. Dans un long poème adressé au père, l’autrice évoque les hormones masculines qui auraient afflué sous sa peau durant l’enfance. Elle jouait au ballon avec les garçons du quartier, qui l’avaient surnommée la « gardienne-fusée ». Puis vient l’adolescence et, avec elle, les hormones féminines, vécues non comme un retour à soi mais comme un étranglement.

Cette tension ne se résout jamais complètement. Un autre texte remonte jusqu’à la naissance et joue sur le double sens du mot arabe désignant à la fois les cheveux et la poésie. La langue refoulée de la mère semble ainsi s’être incarnée dans le corps de la fille.

La blessure apparaît ensuite comme une forme de transmission. Dans un souvenir d’enfance, la narratrice imite son père en train de se raser et se coupe. Elle apprend alors à supporter la douleur sans émettre un son. Ce silence fait écho à la cicatrice que la mère dissimule sous des manches longues, même en pleine chaleur, trace d’une ancienne tentative de suicide. La souffrance passe ainsi de la mère à la fille, inscrite dans la peau avant même de devenir un héritage de mots.

Le père apparaît comme un chasseur qui n’a pourtant jamais véritablement subvenu aux besoins des siens : la famille vivait du bois porté sur les épaules de la mère, non du gibier rapporté par lui. Il conserve néanmoins une place symbolique essentielle, notamment dans les images du jardin et du langage.

Son vieillissement est décrit comme un retour au silence, vers une enfance où les mots se dérobent. Sa mémoire finit par se fissurer : il ne se souvient plus d’avoir une femme, mais se rappelle qu’une main vient déposer, dans un rêve, une blessure entre ses yeux. La mémoire affective survit alors à la mémoire factuelle. Plus loin, le recueil révèle qu’il écrivait avec le sang de la blessure de son épouse : la souffrance devient une forme d’encre.

La mère est, quant à elle, à la fois victime, enseignante de grammaire arabe et poète empêchée. Les voyelles deviennent un enjeu intime. Le père voulait une voyelle haute, forte, en hommage à sa propre mère ; la mère impose au contraire la voyelle ouverte, considérée comme plus faible dans la grammaire traditionnelle. Ce choix devient une manière de refuser que le monde enferme sa fille dans une norme.

La maladie, matière du poème

Le cancer de la mère occupe un cycle entier de textes. La tumeur est décrite comme une solitaire qui finit par se faire des amies, tandis que la mère devient une plante sans racines. Dans un geste d’amour désespéré, la narratrice imagine tenir les racines de la tumeur dans sa bouche et lui insuffler la vie pour retarder l’issue. Mais la maladie finit par absorber tout le reste, jusqu’au regret de ne pas avoir dit adieu à temps.

Un texte construit autour d’une consultation médicale atteint une densité remarquable. La mère explique que la tumeur n’est pas comme la chaussette perdue d’un enfant, que l’on peut chercher et retrouver. La chute renverse l’image : la chaussette a été retrouvée, la tumeur aussi, mais pas la mère.

Le recueil inscrit ensuite cette expérience dans une histoire plus vaste de la violence, notamment à travers A.R. Ammons. L’autrice oppose sa propre genèse poétique à celle d’un homme qui écrit après avoir tué, alors qu’elle écrit après avoir vu une tumeur arrachée au corps de sa mère. La tumeur devient ainsi la trace d’une violence plus vaste, qui semble prolonger l’histoire coloniale et impériale jusque dans le corps d’une femme arabe.

Le droit d’être poète

Qui peut se dire poète ? Cette interrogation traverse le rapport de la narratrice au monde universitaire comme au milieu littéraire. Elle constate que celui-ci manque parfois de la fragilité nécessaire à l’émergence du poème.

Lorsqu’une consœur lui demande si elle est réellement poète, aucune justification ne vient. Elle préfère laisser la fleur pousser sans couper sa tige, ouvrir les jardins plutôt que de les enfermer. À ceux qui doutent encore, une image suffit : le parfum des roses sur ses épaules.

Cette réflexion s’accompagne d’une véritable poétique de la langue. Voyelles brèves, troncation des noms, hiérarchie des sons et polysémie deviennent des outils pour penser l’identité et la résistance. La grammaire arabe n’est plus seulement un système de règles : elle devient une matière littéraire.

La forme elle-même est éclatée : vers libres amples, fragments de prose, ellipses, chutes et répétitions. Les longs poèmes adressés au père accumulent les images et les retours de mémoire, tandis que les textes courts privilégient la densité. Un poème particulièrement libre passe d’un rêve pastoral à une scène en voiture, puis à l’image du lait mêlé au miel, avant de revenir à la maternité et à la solitude.

Les amours ratées apparaissent également, parfois avec autodérision. Une rencontre manquée, d’abord attribuée à une couleur de vêtement, débouche sur une réflexion plus grave : certaines femmes ont connu la poésie avant les hommes, mais leur cœur aurait été « pressé » avant même d’avoir pu battre.

L’enfance, enfin, n’est pas une simple nostalgie. Se dire enfant à vingt-cinq ans devient une forme de résistance. Une greffe de cœur imaginaire pousse même cette idée jusqu’à son extrême : retrouver son enfance signifierait mourir à l’adulte que l’on est devenu.

Le recueil réussit ainsi à faire dialoguer l’intime et le collectif : l’enfance, le corps et la famille y rencontrent le genre, l’institution littéraire et la violence historique. La langue arabe constitue elle-même un espace de résistance, tandis que la poésie apparaît moins comme une performance que comme une manière de vivre et de témoigner.

Le titre promettait une fleur dont le corps n’avait pas encore lui. À la fin du recueil, cette promesse ressemble à un avertissement : le corps finira par luire. Et lorsqu’il luira, il brûlera.

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Italie : avec 626 Tunisiens arrivés par mer, la Tunisie au 8e rang des nationalités

25. August 2026 um 08:00

Selon les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), arrêtées au 30 juin 2026, 626 personnes parties de Tunisie ont été enregistrées parmi les arrivées maritimes sur les côtes italiennes depuis le début de l’année.

Ces arrivées représentent 4,4 % du total recensé au cours du premier semestre 2026. La Tunisie figure ainsi parmi les principaux pays de départ, derrière le Bangladesh, la Somalie, le Soudan, le Pakistan, l’Algérie, l’Égypte et l’Érythrée. Elle devance notamment le Mali, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Bangladesh arrive largement en tête avec 4 249 arrivées, soit 29,5 % du total. Il est suivi par la Somalie avec 1 644 personnes (11,4 %), le Soudan avec 1 369 (9,5 %) et le Pakistan avec 1 185 (8,2 %). L’Algérie occupe la cinquième position avec 1 106 arrivées, devant l’Égypte, avec 920 personnes.

Des arrivées en baisse à l’échelle italienne

Ces chiffres s’inscrivent toutefois dans un contexte général de recul des arrivées maritimes en Italie. Après le pic enregistré en 2023, avec 157 651 personnes arrivées par la mer, le nombre d’arrivées a fortement diminué pour atteindre 66 617 en 2024, puis 66 316 en 2025, selon les données du HCR.

Cette baisse s’accompagne également d’une diminution du nombre de morts et de disparus en mer. Celui-ci est passé de 1 908 en 2023 à 1 126 en 2025, selon les séries annuelles publiées par le HCR.

Malgré ce recul, la route de la Méditerranée centrale reste l’un des principaux axes migratoires vers l’Europe. La Tunisie conserve, dans ce dispositif, une position particulière, à la fois comme pays de départ pour ses propres ressortissants et comme territoire de transit pour des migrants originaires d’autres pays africains.

La Tunisie au cœur de la route de la Méditerranée centrale

La présence de ressortissants tunisiens parmi les arrivées en Italie s’ajoute ainsi à celle de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ayant transité par le territoire tunisien avant de tenter la traversée. Le Soudan, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée figurent notamment parmi les nationalités recensées dans les arrivées maritimes en Italie.

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La route reliant les côtes tunisiennes et libyennes à l’Italie, notamment à Lampedusa et en Sicile, demeure ainsi un axe stratégique des migrations en Méditerranée centrale. Malgré le recul global des flux, les départs depuis la Tunisie continuent d’alimenter les arrivées sur les côtes italiennes.

Le HCR poursuit le suivi de ces mouvements à travers son portail de données opérationnelles, avec des mises à jour régulières sur les arrivées maritimes en Europe ainsi que sur les personnes mortes ou portées disparues en mer.

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