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Bourse de Tunis : le chiffre d’affaires des sociétés cotées progresse de 4,2% au premier semestre 2026

04. August 2026 um 19:54

Au premier semestre 2026, les sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont affiché un revenu global de 12,686 milliards de dinars, en hausse de 4,2% par rapport à la même période de 2025. Cette amélioration reste toutefois contrastée selon les secteurs, avec des performances solides dans la finance et les télécommunications, tandis que la chimie et les matières premières ont accusé un net repli.

Une hausse portée par la finance

Le secteur financier demeure le principal contributeur à l’activité du marché, avec un revenu global de 5,203 milliards de dinars, en progression de 6%. Les banques cotées ont vu leur Produit Net Bancaire atteindre 3,786 milliards de dinars, soit une hausse de 4,9%, tandis que les assurances ont enregistré une progression de 9,8% des primes émises.

Dans le même temps, le compartiment du leasing a gagné 5,8%, et les services financiers ont progressé de 6,3%. À lui seul, le Tunindex20 a généré 8,452 milliards de dinars, représentant 67% du revenu global du marché, avec une hausse de 4,43%.

Des écarts marqués selon les secteurs

Les biens de consommation ont également soutenu la tendance générale, avec une progression de 5% à 4,016 milliards de dinars. L’agroalimentaire et les boissons ont crû de 6,3%, porté par Poulina Group Holding, Délice Holding et SFBT, tandis que les concessionnaires automobiles ont reculé de 5,2%.

À l’inverse, les matériaux de base ont reculé de 21,4%, la chimie de 33,6% et les matières premières de 13,2%. À l’opposé, les télécommunications ont signé la meilleure progression sectorielle, avec une hausse de 23,3%, devant les assurances et les biens et services industriels.

Un marché boursier bien orienté

Sur le plan boursier, le TUNINDEX a progressé de 47,69% au 30 juin 2026, tandis que le TUNINDEX20 a gagné 47,51%. Tous les indices sectoriels publiés par la Bourse de Tunis ont terminé le semestre dans le vert, avec des performances particulièrement fortes pour les banques, à +55,35%, et les sociétés financières, à +54,12%.

Cette dynamique boursière ne masque pas certaines fragilités. Au 20 juillet 2026, seules 20 sociétés cotées, soit 27% de la cote, avaient communiqué leurs indicateurs du deuxième trimestre, ce qui limite encore la visibilité sur une partie du marché.[

En somme, le premier semestre 2026 confirme une reprise réelle de l’activité des sociétés cotées, mais à plusieurs vitesses. La finance, l’agroalimentaire et les télécoms tirent la cote, alors que l’industrie de base et la chimie restent sous pression, dessinant un paysage boursier plus sélectif que jamais.

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Bourse de Tunis | Suspension de cotation à la suite des fortes baisses du Tunindex

02. August 2026 um 13:29

La Bourse de Tunis a activé le mécanisme de suspension temporaire des cotations — connu sous le nom de « coupe-circuit automatique» — lors des séances des 28 et 29 juillet 2026. Cette mesure a été prise après que l’indice Tunindex a enregistré une baisse supérieure à 3 % au cours d’une même séance.

Cette suspension a été décidée conformément à l’article 3.7 du règlement de négociation en vigueur, a indiqué Sonia Ben Fredj, présidente de la Bourse de Tunis et directrice générale de la société de bourse BH Investissement, dans une déclaration à l’agence Tap. Elle a affirmé que cette mesure ne constitue pas une disposition exceptionnelle, mais plutôt un mécanisme standard de gestion des risques de marché — visant notamment à protéger les investisseurs — utilisé par la majorité des bourses à travers le monde.

La responsable a expliqué que ce mécanisme vise à garantir le bon fonctionnement du marché lors de baisses de cours significatives, en permettant aux investisseurs de réévaluer leurs décisions et en freinant les réactions susceptibles d’exacerber la volatilité du marché.

Il convient de noter que l’article 3.7 du règlement de négociation prévoit deux niveaux d’intervention : le premier est déclenché lorsque le Tunindex enregistre un recul de 3 %, entraînant une suspension des cotations d’une heure durant laquelle les investisseurs peuvent annuler leurs ordres et réévaluer leurs décisions à la lumière des informations disponibles ; le second niveau est activé lorsque la baisse atteint 5 %, provoquant la suspension de la séance de cotation pour le reste de la journée.

Elle a également souligné l’importance de replacer les récents mouvements du marché dans leur juste contexte. Avant cette phase de correction, le Tunindex avait enregistré une performance exceptionnelle, atteignant un sommet le 17 juillet 2026 — avec des gains de 60,24 % et de 35 % au cours de l’année 2025 — dans le sillage d’une tendance portée par les indicateurs positifs de la plupart des sociétés cotées.

Mme Ben Fredj a relevé que cette tendance haussière perdure depuis six ans, reflétant la dynamique positive que connaît le marché tunisien ces derniers temps, malgré la crise économique et financière en vigueur dans le pays.

Dans de telles situations, les corrections de marché et les prises de bénéfices anticipées — amorcées le 20 juillet (date à laquelle l’indice a reculé de 1,09 %) — sont considérées comme des phénomènes naturels et récurrents sur les marchés financiers. Elles ne signalent pas, en soi, un retournement de la tendance globale du marché ni une détérioration des fondamentaux financiers des sociétés cotées. En effet, les états financiers de 2025 de ces entreprises ont largement témoigné de résultats solides, une tendance confirmée par les indicateurs du premier semestre 2026.

Les professionnels et les experts du marché considèrent généralement ce recul comme une correction technique saine et attendue, faisant suite à la forte tendance haussière observée récemment sur le marché.

Les échanges ont repris dans des conditions normales après la mise en œuvre du mécanisme prévu par le règlement de négociation.

La Bourse de Tunis a réaffirmé son engagement à garantir le bon déroulement des transactions ainsi qu’à préserver la sécurité, la transparence et l’intégrité du marché. Elle a également souligné sa collaboration continue avec les parties prenantes et les organismes concernés, des efforts visant à consolider la confiance des investisseurs et à renforcer la solidité du cadre réglementaire et opérationnel du marché financier tunisien.

Il convient de noter que l’indice de référence de la Bourse de Tunis, le  Tunindex, a clôturé la séance du 29 juillet 2026 sur une hausse de 1,3 %, avec un volume de transactions dépassant les 30 millions de dinars.

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Bourse de Tunis | Plaidoyer pour l’introduction des entreprises publiques

02. August 2026 um 08:09

Dans cet article, l’auteur appelle le président de la république Kaïs Saïed à œuvrer pour l’introduction en bourse des entreprises publiques en difficulté pour aider à les réformer, les rendre plus rentables, réduire la pression que leurs déficits exercent sur le budget de l’Etat et, ce faisant, stimuler la croissance économique globale dans le pays.

Larbi Benbouhali *

Le Président peut-il collaborer avec la Bourse de Tunis (BVMT) pour sauver l’économie tunisienne en cette période de malaise économique ?

Cela se joue dans un contexte marqué par une forte inflation, un chômage élevé, un endettement important, une croissance économique faible, une détérioration du niveau de vie des familles tunisiennes et une conjoncture économique mondiale incertaine.

Si le président refuse de collaborer avec le FMI et les bailleurs de fonds étrangers, il dispose d’une opportunité en or : travailler avec la BVMT. Il pourrait ainsi éviter que les 105 entreprises publiques ne plombent le budget de l’État par leurs déficits en cette période difficile, tout en sauvant l’économie tunisienne dans son ensemble.

1. Pourquoi le gouvernement tunisien ne procède-t-il pas à l’introduction en Bourse des entreprises publiques (CPG, Steg, Etap, Stir, Stam, Sonede, etc.) ? Il pourrait utiliser les liquidités du marché boursier pour financer et réformer ces entreprises, les rendre rentables et stimuler la croissance économique globale.

2. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas l’économie informelle (ou parallèle) — qui représente 40 % de l’économie réelle — afin de collecter jusqu’à 12 milliards de dinars de recettes fiscales ? Une partie de ces fonds pourrait servir à accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, évitant ainsi au gouvernement de devoir contraindre les banques à octroyer de tels prêts.

3. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas le système de subventions alimentaires et énergétiques ? Une économie d’environ 5 milliards de dinars sur ce budget permettrait d’accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs ; rappelons que seule 50 % de la population tunisienne a réellement besoin de ces subventions.

4. Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas les 65 % de Tunisiens sans compte bancaire à adopter les services bancaires mobiles et à ouvrir un compte ? Cela permettrait d’intégrer au système bancaire les 29 milliards de dinars circulant dans l’économie parallèle, offrant ainsi aux banques davantage de liquidités pour prêter au secteur privé, stimuler la production industrielle et ramener le taux de chômage à 10 %.

Pour sortir la Bourse de Tunis de la tourmente

Au cours des deux dernières semaines, la Bourse de Tunis a perdu plus de 8,5 % de sa capitalisation boursière par rapport à son pic de 21 550 points atteint début juillet 2026 ; le secteur bancaire, à lui seul, a perdu plus de 11 % de sa valeur.

La perte globale est considérable en termes de dinars : elle équivaut à 4 400 millions de dinars, soit près de 2,6 % du PIB total de 2025 (PIB de 170 milliards de dinars / 4,4 milliards de dinars = 2,6 %).

Les prix élevés du pétrole brut et de l’énergie vont faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt bancaires, ce qui se traduira par une hausse des coûts et une baisse des bénéfices pour le secteur bancaire tunisien. Cela entraînera une nouvelle baisse de l’indice boursier tunisien, tendance qui pourrait se poursuivre tout au long du mois d’août et dans les mois à venir.

Ce recul lent mais constant a débuté début juillet, bien avant l’entrée en vigueur de la loi 2026-148 relative aux prêts sans intérêts ni garanties. Cela indique que d’autres facteurs ont incité les investisseurs à vendre massivement des actions cette semaine, provoquant une chute de 8,5 % de l’indice au cours des quatre dernières semaines et cette perte colossale de 4,4 milliards de dinars.

Nous pouvons désormais identifier et quantifier les véritables raisons pour lesquelles la Bourse de Tunis a connu deux journées très difficiles, mardi et mercredi derniers :

1. l’indice boursier tunisien avait progressé de 65 % depuis le début de l’année ; les investisseurs ont donc souhaité prendre leurs bénéfices avant toute correction brutale, tirant les leçons de la chute de la Bourse sud-coréenne la semaine dernière et du recul d’autres marchés mondiaux en juillet ;

• l’indice boursier sud-coréen Kospi a perdu 25 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier indien BSE Sensex a perdu 10 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier Nasdaq-100 a perdu 7 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice de la Bourse de Tunis (Tunindex) a perdu 8,5 % de sa valeur en juillet 2026.

2. Le secteur bancaire connaît une liquidité limitée ; on observe une abondance de vendeurs d’actions face à une faible demande cette semaine, ce qui a entraîné une baisse des cours et fait reculer le Tunindex de 3,47 points en une seule journée mardi dernier.

3. La réduction de la liquidité bancaire destinée au secteur privé, les restrictions sur les dividendes et la contraction de 8 % du secteur financier en 2025 : la Banque centrale a incité les banques à limiter ou suspendre les versements afin de préserver leurs fonds propres et de restreindre les sorties de devises. Cette mesure a réduit la liquidité disponible pour les prêts et la génération de profits supplémentaires, pesant ainsi sur le cours de leurs actions.

4. Par ailleurs, le marasme économique tunisien et la faiblesse des investissements ont freiné la croissance de nombreuses entreprises ; neuf des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont enregistré des pertes en 2025, affichent des capitaux propres négatifs et n’ont pas publié leurs rapports annuels depuis plus de trois ans.

Ces neuf entreprises représentent 12 % des sociétés cotées ; leurs pertes contribuent à la tendance baissière du marché boursier tunisien.

Des recommandations en guise de conclusion :

Le gouvernement tunisien peut développer la Bourse de Tunis et générer davantage de richesse pour chaque famille tunisienne en collaborant avec le marché financier pour y introduire des entreprises publiques ; cela permettrait à ces sociétés de lever des capitaux pour investir et se développer, plutôt que de peser sur le budget de l’État.

2. L’économie tunisienne a besoin de devises étrangères, et non de dinars — un «mini-plan Marshall» d’au moins 3 milliards de dollars est nécessaire.

Pourquoi ?

On peut imprimer des dinars, mais pas du pétrole brut. On peut imprimer des dinars, mais pas du gaz naturel. On peut imprimer des dinars, mais pas du blé ni des matières premières…

3. En 2025, la Bourse de Tunis a progressé de 35 % et dispose d’importantes liquidités : le gouvernement peut collaborer avec elle et s’appuyer sur les entreprises publiques pour lever des capitaux et leur accorder des prêts destinés à l’investissement et à la croissance économique. Cela permettrait d’attirer davantage de dollars et d’euros, de réduire le niveau d’endettement, de créer des emplois et de stimuler une croissance économique supérieure au taux d’inflation.

4. Le gouvernement tunisien peut collaborer avec le ministère des Finances, les banques commerciales et la Banque centrale pour réformer l’économie parallèle et accroître les recettes fiscales de 17 milliards de dinars (12 milliards issus de l’économie parallèle et 5 milliards grâce à la réforme des subventions).

Le gouvernement pourrait alors accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, réduisant ainsi ses besoins d’emprunt auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, ce qui contribuerait à ramener l’inflation monétaire à 3 %.

5. Toutes ces mesures aideront les banques commerciales et le gouvernement à assainir les finances publiques ; les banques disposeront de davantage de liquidités pour prêter au secteur privé et soutenir la croissance économique dans un contexte mondial incertain, tout en améliorant la notation financière (Fitch Ratings) et en réduisant le niveau d’endettement de l’État.

À mesure que l’adoption des mesures susmentionnées entraînera un afflux croissant de dollars américains et d’euros en Tunisie, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée ainsi que les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. Il s’agit d’une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis ; elle favorisera la création de richesse pour chaque famille tunisienne et permettra de porter le taux d’épargne de 5 % à 15 % du PIB.

À mesure que l’afflux de dollars et d’euros augmentera grâce à l’adoption de ces mesures, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée, les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. C’est une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis, tout en générant davantage de richesse pour chaque famille tunisienne.* Expert financier tunisien opérant en Afrique du Sud.

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La baisse du marché n’inquiète pas, «c’est une opportunité»

30. Juli 2026 um 13:01

La suspension temporaire de la cotation à la Bourse de Tunis après la baisse de plus de 3% du Tunindex ne doit pas être interprétée comme un signe de crise, mais comme une correction normale du marché. C’est l’analyse de Talel Ayed, directeur général de MCP, qui estime, dans un entretien accordé à Managers, que ce mouvement offre même des opportunités d’achat à certains investisseurs.

Selon lui, le marché tunisien sort d’une longue période de forte progression. «En un an et demi, la Bourse a gagné près de 100%. Cette année, le rendement était d’environ 30% avant d’atteindre près de 60%. Il est donc normal que des investisseurs prennent leurs bénéfices», explique-t-il. Il rappelle que cette période coïncide également avec la publication des résultats financiers des sociétés cotées et les détachements de dividendes, des événements qui donnent souvent lieu à des ajustements de cours.

Concernant la suspension de la cotation, Talel Ayed insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une décision prise par la Bourse. Le mécanisme est prévu par le Règlement de parquet: dès que le Tunindex recule de plus de 3% au cours d’une séance, la cotation est automatiquement interrompue pendant une heure. Si la baisse atteint ensuite 5%, la séance est suspendue. «Ce n’est pas une intervention humaine. Le déclenchement est entièrement automatique et prévu par la réglementation», précise-t-il.

Le directeur général de MCP écarte également le lien établi par certains entre la baisse du marché et la publication au Journal officiel de l’arrêté relatif aux bons du Trésor. D’après lui, cette information n’était pas nouvelle puisque le montant de 20 milliards de dinars était déjà prévu dans la loi de finances. L’arrêté ne fait, selon lui, que fixer les modalités d’application.

Pour Talel Ayed, l’évolution du marché montre d’ailleurs qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement de panique. Il rappelle qu’après la reprise des échanges, la baisse s’est réduite et que la séance suivante s’est ouverte en hausse. Les volumes sont également restés importants, avec plus de 30 millions de dinars échangés en moins de deux heures.

«S’il y avait une véritable crise, il n’y aurait plus d’acheteurs et les titres tomberaient en chute libre. Ce n’est pas le cas», affirme-t-il. Au contraire, il considère que cette correction peut représenter une opportunité pour les investisseurs. Certaines actions, notamment dans le secteur bancaire, ont reculé de plusieurs dinars par rapport à leurs niveaux récents tout en continuant d’enregistrer d’importants volumes de transactions. «Pour ceux qui n’avaient pas pu acheter lorsque les cours étaient plus élevés, c’est une occasion d’entrer à des prix plus bas», estime-t-il.

Enfin, Talel Ayed invite les investisseurs à se référer aux informations publiées par les sources officielles, notamment la Bourse de Tunis et le Conseil du marché financier, plutôt qu’aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.

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Le CMF appelle les investisseurs à la vigilance face aux rumeurs

30. Juli 2026 um 10:08

 Le Conseil du Marché Financier (CMF) a annoncé que ses services assurent un suivi régulier de l’évolution du marché et invite les investisseurs à baser leurs décisions sur des indicateurs économiques et financiers objectifs, sans céder aux rumeurs ou aux réactions intempestives. Tout en réaffirmant sa confiance dans la stabilité de la place financière.

Cette prise de position fait suite à une réunion organisée le 29 juillet 2026 au siège du CMF, réunissant des représentants du Ministère des Finances, de la Banque centrale de Tunisie, ainsi que les responsables des banques cotées, de la Bourse de Tunis et des intermédiaires en bourse.

La rencontre a été consacrée à l’examen de la situation après le repli enregistré par l’indice de référence le 28 juillet 2026, suivi d’une reprise normale des négociations dès le lendemain. Il a été rappelé que la suspension automatique des séances est un mécanisme préventivement utilisé à l’échelle internationale pour limiter la volatilité et préserver le bon fonctionnement des échanges.

Les participants ont souligné que la solidité du cadre réglementaire et institutionnel tunisien permet d’absorber les variations conjoncturelles et d’assurer le financement de l’économie. Tout en convenant d’une coordination renforcée pour garantir la transparence des transactions.

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De l’injonction administrative au levier géoéconomique : comment réussir le pari du crédit d’honneur à taux zéro

29. Juli 2026 um 15:30

La suspension des cotations à la Bourse de Tunis après une nouvelle chute de plus de 3 % du Tunindex ce 29 juillet 2026 marque un signal d’alarme sans précédent pour notre système financier.

 

Alors que le projet du nouveau Code des changes achève son parcours à l’Assemblée des représentants du peuple, ce choc de défiance boursier – qui frappe de plein fouet les banques publiques, bras armés financiers de l’État – ne doit pas conduire au renoncement de l’inclusion financière. Il exige une refonte urgente de l’ingénierie d’exécution. Pour faire du décret n° 2026-148 un moteur du Plan de développement 2026–2030 sans décapitaliser nos établissements bancaires, la Tunisie doit adosser la mesure à la protection RH, au de-risking public et au virage algorithmique.

L’adoption des textes d’application relatifs au crédit d’honneur marque un tournant dans la restructuration de notre paysage financier. En exigeant des établissements bancaires l’affectation d’au moins 8 % de leurs bénéfices annuels à des financements à taux zéro, sans garanties et sans commissions, l’État a cherché à répondre à l’urgence de l’inclusion financière et à pallier la contraction des instruments informels de liquidité.

Toutefois, la réaction immédiate et violente de la Bourse de Tunis (aboutissant à l’arrêt temporaire des cotations face à la chute libre des titres bancaires) prouve qu’une intention politique ne peut faire l’économie d’une architecture d’exécution rigoureuse. Cette panique du marché reflète la crainte d’une dégradation brutale de la rentabilité et d’une explosion des provisions pour impayés. En l’état, le dispositif crée un risque systémique majeur pour les banques publiques, traditionnels bras armés financiers de l’État et fer de lance de la mise en œuvre des grandes orientations économiques.

 

Lire aussi: Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

 

Pour éviter que cette mesure sociale ne se transforme en un facteur d’érosion des fonds propres bancaires et ne paralyse l’exécution du Plan de développement 2026–2030, la Tunisie doit opérer une mutation doctrinale articulée autour de quatre piliers stratégiques.

Lever le syndrome de paralysie RH : Protéger le décideur bancaire public

Comme nous l’avons souligné dans nos récents travaux consacrés à la gouvernance du secteur bancaire public, la première richesse d’une institution financière réside dans la sérénité et la compétence de son capital humain. Or, le décret place les membres des comités de crédit face à un paradoxe schizophrénique : l’obligation légale d’octroyer des prêts sans sûretés sous peine de sanctions réglementaires, d’un côté ; la crainte d’une pénalisation ultérieure de la prise de risque au titre de la « faute de gestion », de l’autre.

Pour libérer les capacités d’initiative dans les réseaux, il est impératif d’instaurer une règle claire de protection du jugement d’affaires (Business Judgment Rule) garantissant l’irresponsabilité pénale des décideurs bancaires dès lors qu’ils appliquent de bonne foi les critères réglementaires d’octroi. La gouvernance RH doit simultanément substituer l’évaluation par la pérennité et la viabilité des projets accompagnés à la simple contrainte d’écoulement quantitatif des enveloppes.

Moderniser l’ingénierie financière : Préserver les banques publiques par le « De-risking »

Les banques publiques ne peuvent demeurer les seules variables d’ajustement des politiques sociales en absorbant les coûts d’opportunité d’un taux zéro et les pertes sur créances douteuses. Les transformer en simples guichets d’absorption de risques non couverts menace directement leur rôle de financeurs stratégiques des grands projets d’infrastructures, d’énergie et d’industrie inscrits au Plan 2026–2030. Un taux zéro pour l’emprunteur n’a jamais signifié un coût nul pour la collectivité.

Pour rassurer la Bourse de Tunis, préserver les ratios de solvabilité des banques et garantir la soutenabilité de la ligne, l’État doit adosser ce mécanisme à un Fonds national de garantie d’honneur (via la SOTUGAR ou des lignes multilatérales dédiées). En prenant en charge une tranche de première perte (de 50 % à 70 %), le secteur public réintroduit un partage équitable du risque. De surcroît, la doctrine comptable doit clarifier et imposer le recyclage dynamique des remboursements au sein du compte spécial, afin d’en faire un fonds de roulement pérenne et autonome.

Activer le « Software » : L’IA et le Scoring algorithmique comme garants de l’équité

L’exigence d’instruire les dossiers dans un délai de dix jours ouvrables selon l’ordre chronologique d’arrivée constitue une contrainte managériale majeure si elle est gérée manuellement en agence. Elle risque d’engorger les guichets, de favoriser l’arbitraire et de détériorer la qualité globale de service.

La solution réside dans l’automatisation intelligente des parcours. L’intégration d’outils d’Intelligence artificielle et de Credit Scoring alternatif (analysant des jeux de données de régularité de paiement ou la cohérence des flux) permettra d’augmenter la décision du banquier en évaluant objectivement la viabilité des TPE et des micro-entreprises dénuées d’historique bancaire classique. L’IA offre ainsi un triple bénéfice :

-Traiter sereinement les flux dans le délai réglementaire de 10 jours ;

– Standardiser et motiver automatiquement les décisions en toute transparence ;

– Offrir une traçabilité mathématique et auditable protégeant le cadre bancaire de tout soupçon de favoritisme.

Conditionner le capital à l’accompagnement : du prêt passif au projet productif

Injecter du capital à taux zéro sans encadrement managérial est la méthode la plus sûre pour générer du crédit de consommation sans effet d’entraînement économique. Conformément aux orientations du Plan de développement 2026–2030, l’accès à ces financements (notamment pour les plafonds de 10 000 DT et 25 000 DT destinés aux micro-projets, PME et entreprises communautaires) doit être indissociable d’un parcours d’accompagnement labellisé.

En adossant au prêt un copilote digital de gestion financière pour les jeunes entrepreneurs et en orientant en priorité ces enveloppes vers les axes de souveraineté – transition énergétique, agrotech, numérisation et substitution aux importations -, le crédit d’honneur cessera d’être une contrainte subie pour devenir le levier d’une transformation structurelle de notre économie.

 

La Tunisie dispose de leviers considérables, mais elle souffre trop souvent d’un déficit d’ingénierie d’exécution. En sécurisant le cadre décisionnel de nos banquiers, en organisant le partage du risque et en s’appuyant sur les technologies de données, nous prouverons que la justice sociale, la santé des banques publiques et la confiance des marchés ne sont pas des notions antagonistes, mais les trois piliers d’une même souveraineté économique.

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Bourse de Tunis : Après le décrochage du matin, le TUNINDEX clôture en hausse

29. Juli 2026 um 13:32

Après avoir perdu plus de 3 % dès l’ouverture et provoqué un deuxième arrêt des cotations en deux jours, le TUNINDEX a totalement inversé sa trajectoire mercredi 29 juillet 2026. L’indice de référence de la Bourse de Tunis a terminé la séance en hausse de 1,31 %, porté notamment par le retour des acheteurs sur les valeurs bancaires.

La clôture contraste fortement avec la situation observée dans la matinée. À 9h16, le TUNINDEX reculait de 3,16 %, à 19.115,70 points, déclenchant une suspension générale des échanges pendant une heure.

Ce nouveau coupe-circuit intervenait au lendemain d’une baisse de 3,47 %, qui avait déjà conduit la Bourse de Tunis à interrompre les cotations mardi. Le mécanisme est prévu par l’article 3.7 du Règlement de parquet lorsque la baisse du TUNINDEX dépasse 3 %.

Un retournement complet durant la deuxième partie de séance

À la reprise des échanges, la pression vendeuse ne s’est pas immédiatement dissipée. Le recul du TUNINDEX a momentanément approché 4 %, faisant craindre un nouveau décrochage et un éventuel arrêt définitif de la séance en cas de franchissement du seuil de 5 %.

La tendance s’est toutefois inversée au fil de la séance. L’indice a progressivement effacé ses pertes, retrouvé son niveau de clôture de mardi, puis basculé dans le vert.

Le TUNINDEX a finalement terminé à 19.999,20 points, en progression de 1,31 %. Le TUNINDEX 20, qui rassemble les principales capitalisations de la cote, a gagné 1,51 %, à 8.815,72 points.

Cette remontée s’est accompagnée d’un volume d’échanges élevé, proche de 25,93 millions de dinars. À la clôture, 28 valeurs évoluaient en hausse, vingt en baisse et 29 restaient inchangées.

Les banques passent de la chute au rebond

Les titres bancaires, particulièrement affectés depuis le début de la semaine, ont largement contribué au retournement du marché.

Attijari Bank offre l’exemple le plus spectaculaire. Après avoir perdu jusqu’à 6 % dans la matinée, le titre a clôturé à 88 dinars, en hausse de 2,88 %. Près de 1,64 million de dinars ont été échangés sur la valeur.

La Société tunisienne de banque a progressé de 4,06 %, la Banque internationale arabe de Tunisie de 3,69 %, Amen Bank de 2,97 % et la Banque nationale agricole de 2 %.

Amen Bank a enregistré le volume le plus important de la séance, avec environ 5,45 millions de dinars échangés, devant la BNA, avec près de 4,43 millions. Les données de marché disponibles confirment ces principales variations et ces volumes.

Ce mouvement intervient après plusieurs séances de baisse des valeurs bancaires, dans un contexte d’interrogations sur l’application du nouveau dispositif de crédits sans intérêts ni garanties. Le décret d’application, publié au Journal officiel du 24 juillet 2026, encadre les financements alimentés par une quote-part correspondant à 8 % des bénéfices nets annuels des banques.

Un rebond qui ne dissipe pas toutes les incertitudes

La clôture positive écarte, pour cette séance, le scénario d’un effondrement continu du marché. Elle montre également que certains investisseurs ont profité de la forte baisse des cours pour revenir à l’achat.

Il serait toutefois prématuré d’en conclure que la période de tension est terminée. Le TUNINDEX reste marqué par deux déclenchements successifs du coupe-circuit et par une volatilité rarement observée sur la place tunisienne.

Il n’est pas davantage possible d’établir que l’interruption des échanges a, à elle seule, provoqué le rebond. Le coupe-circuit a offert une pause réglementaire, mais le retournement peut également s’expliquer par des achats opportunistes après la chute des cours et par un rééquilibrage entre vendeurs et acheteurs.

Les prochaines séances permettront de déterminer si la hausse de mercredi constitue le début d’une stabilisation ou seulement un rebond ponctuel après deux journées de fortes turbulences.

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Suspensions à la Bourse de Tunis : Aram Belhadj appelle les investisseurs à garder leur sang-froid

29. Juli 2026 um 11:39

L’économiste Aram Belhadj a réagi mercredi à la deuxième suspension technique enregistrée par la Bourse de Tunis. Il appelle les investisseurs à garder leur sang-froid face à la volatilité actuelle du marché. Dans une publication sur sa page Facebook, il estime que ces mécanismes de protection ne doivent pas être interprétés comme un signal d’alarme, mais plutôt comme des outils destinés à préserver la stabilité du marché.

Il note que les « coupe-circuits » déclenchés par la Bourse de Tunis ont justement pour objectif de limiter les mouvements excessifs et d’offrir une pause face à une accélération inhabituelle des ordres de vente ou d’achat.

L’économiste souligne que, malgré cette phase de turbulence, les fondamentaux du marché tunisien demeurent solides. Il rappelle que la Bourse de Tunis affiche une performance annuelle largement positive; après une progression jugée exceptionnelle au cours des derniers mois.

Aram Belhadj précise encore que la correction actuelle s’inscrit dans un processus normal d’ajustement après une période de forte hausse. « Une phase d’ajustement, même marquée, est normale après une telle hausse. Puisqu’elle purge les excès, sans pour autant remettre en cause la trajectoire de fond », explique-t-il.

Puis, s’adressant aux investisseurs, il recommande une approche basée sur la patience et l’analyse rationnelle. Et ce, plutôt que sur des réactions dictées par l’inquiétude à court terme. Il met notamment en garde contre les scénarios alarmistes. Lesquels pourraient alimenter des comportements de panique et provoquer des « anticipations auto-réalisatrices ».

Au final, cette réaction intervient alors que la Bourse de Tunis a déclenché, pour la deuxième journée consécutive, son mécanisme de suspension technique. Après une baisse importante de l’indice TUNINDEX, dans un contexte de forte volatilité des échanges.

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Nouvelle suspension à la Bourse de Tunis

29. Juli 2026 um 10:24

La Bourse de Tunis a de nouveau suspendu les cotations, ce mercredi, après une baisse de plus de 3 % de l’indice de référence Tunindex. Marquant ainsi la deuxième séance consécutive durant laquelle ce mécanisme est déclenché.

Dans un avis adressé aux intermédiaires en bourse et au public, la Bourse indique avoir activé le mécanisme d’interruption des échanges. Et ce, conformément aux dispositions de l’article 3.7 du Règlement de parquet, à la suite du repli de plus de 3 % de l’indice boursier.

En conséquence, les cotations ont été suspendues pour une durée d’une heure. Ce qui devrait permettre au marché de retrouver son équilibre et de limiter les mouvements excessifs.

La reprise des échanges est prévue à partir de 10h16, selon le communiqué de la Bourse de Tunis.

Cette nouvelle suspension intervient pour la deuxième journée de suite, illustrant la forte volatilité qui secoue actuellement le marché boursier tunisien. Le mécanisme d’interruption automatique est prévu par la réglementation afin d’encadrer les fluctuations importantes de l’indice et de préserver le bon déroulement des échanges.

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Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

29. Juli 2026 um 08:14

La Bourse de Tunis a connu hier une journée difficile. Ce qui a conduit à la suspension de la cotation. Bien qu’ayant un caractère technique, ce mouvement intervient dans un contexte de fortes inquiétudes sur plusieurs fronts.

 

Avec un repli de 3,16 %, le Tunindex a ainsi franchi le seuil prévu par le Règlement de parquet, déclenchant la suspension des échanges. Cette mesure vise à donner un temps de réflexion aux investisseurs face à une volatilité excessive et à limiter les mouvements brusques du marché.

 

L’impact du décret sur les crédits sur l’honneur

L’information économique du week-end dernier était, sans doute, les crédits sur l’honneur que les banques doivent accorder. Les établissements de crédits doivent désormais consacrer 8 % de leurs bénéfices nets à financer des crédits sans intérêts ni garanties. Le secteur bancaire ayant réalisé un excellent exercice 2025, cela représente un prélèvement qui dépasserait facilement les 100 millions de dinars (MDT).

Et il paraît que les intervenants sur le marché ont oublié cette mesure, en la considérant comme inapplicable. Maintenant, les anticipations des investisseurs ont changé et tentent d’intégrer cette donnée dans les valorisations et les bénéfices distribuables aux actionnaires.

De plus, ces crédits, octroyés sans garantie, comportent un risque accru de défaut. Ce qui pourrait forcer les banques à constituer des provisions supplémentaires, pesant sur leur rentabilité.

L’indice des banques a donc perdu, respectivement, 2,49 % et 4,75 % lors des deux premières séances de la semaine. Les actions des banques, qui ont un poids important dans l’indice, ont subi de fortes pressions à la vente.

 

Une correction logique

Mais est-ce que cette mesure explique un tel mouvement ? Cela diffère d’un établissement à un autre, selon sa réaction. Il pourrait avoir une politique de réduction de coûts pour absorber cette contrainte réglementaire ou une politique de prix, transférant une partie du surcoût sur les clients finaux.

Mais comme les cours ont fortement augmenté depuis le début de l’année, il est normal que les investisseurs tentent de concrétiser leurs plus-values, semant la panique sur le marché. Ce mouvement est l’un des inconvénients des hausses sans lien avec le contexte économique d’une manière générale. La flambée des cours sur la Bourse de Tunis ces derniers mois ne reflétait pas une amélioration de l’économie réelle, mais principalement les profits exceptionnels de certains secteurs, essentiellement financier.

Ainsi, l’inquiétude est que les banques durcissent encore leurs conditions de crédit pour compenser ces nouveaux risques. Ce qui pénaliserait les entreprises. À terme, leur capacité à financer l’État pourrait aussi être affectée.

 

Une influence du discours politique algérien ?

Lundi 27 juillet, les réseaux sociaux, qui sont très influents, ne parlaient que du président algérien qui a renouvelé son soutien inconditionnel à la Tunisie contre les risques terroristes. Nous ne pouvons pas confirmer que ces déclarations ont eu un impact direct sur la Bourse de Tunis, mais elles ont rappelé qu’il ne faut jamais exclure qu’il existe toujours un climat d’incertitude régionale. Ce sentiment est capable d’affecter la confiance des investisseurs mais pas au point de causer cette chute libre du Tunindex. L’effet est donc à relativiser.

Ce qui s’est passé mardi 28 courant passera et aucun marché n’est épargné par une telle volatilité. Néanmoins, il a mis en lumière la fragilité d’une performance boursière largement décorrélée de l’économie réelle. C’est une occasion pour se livrer à un exercice scientifique de valorisation et prendre les bonnes décisions.

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Une suspension rare, que s’est-il passé à la Bourse de Tunis ?

29. Juli 2026 um 07:35

La séance du mardi 28 juillet 2026 a été marquée par un événement rare à la Bourse de Tunis. En milieu de journée, les échanges ont été interrompus après que le Tunindex, principal indice de la place boursière tunisienne, a enregistré une baisse supérieure à 3 %.

Cette suspension, décidée automatiquement en application du règlement de la Bourse, a suscité des interrogations chez les investisseurs et le grand public. S’agit-il d’un krach boursier ? Pourquoi la cotation a-t-elle été arrêtée ? Quels sont les mécanismes prévus dans ce type de situation ?

Une baisse de plus de 3 % déclenche automatiquement une interruption

Dans un communiqué publié mardi, la Bourse de Tunis a annoncé avoir activé le mécanisme d’interruption de la cotation après que le Tunindex a franchi le seuil réglementaire de baisse de 3 %. Cette mesure est prévue par l’article 3.7 du Règlement de parquet de la Bourse.

Concrètement, dès que l’indice de référence recule de plus de 3 % au cours d’une séance, les transactions sont automatiquement suspendues pendant une heure. Durant cette période, les investisseurs ont la possibilité d’annuler les ordres déjà enregistrés afin de réévaluer leur stratégie face à la volatilité du marché.

Un « coupe-circuit » destiné à éviter la panique

Ce dispositif, connu sous le nom de « coupe-circuit » (circuit breaker), est utilisé sur de nombreuses places financières dans le monde.

Son objectif n’est pas de soutenir artificiellement les cours, mais d’éviter qu’un mouvement de panique ne provoque une succession de ventes précipitées, amplifiant la chute des marchés.

La réglementation tunisienne prévoit deux niveaux d’intervention : une suspension d’une heure lorsque le Tunindex perd plus de 3 % ; une interruption de la séance pour le reste de la journée si la baisse atteint 5 %, le dernier cours coté devenant alors le cours de clôture officiel.

Dans le cas de la séance du 28 juillet, seul le premier niveau a été activé.

Pourquoi les marchés ont-ils brusquement corrigé ?

À ce stade, la Bourse de Tunis n’a communiqué aucune explication officielle sur les facteurs ayant provoqué cette baisse brutale. Plusieurs observateurs estiment toutefois que cette correction intervient après une période de forte hausse du marché tunisien.

Lire aussi : Bourse de Tunis : les « Banques » et les « Matériaux de construction », c’est du béton !

Depuis le début de l’année 2026, le Tunindex avait enchaîné les records historiques, porté notamment par les bonnes performances des valeurs bancaires, financières et industrielles. Cette progression exceptionnelle a conduit de nombreux investisseurs à réaliser des prises de bénéfices, un phénomène classique après plusieurs mois de hausse continue.

La séance de lundi avait déjà donné un premier signal de ralentissement avec un recul sensible de l’indice, avant que les ventes ne s’accélèrent mardi jusqu’au déclenchement du coupe-circuit.

D’autres estiment que c’est la situation politique et sociale que traverse le pays qui a engendré cette suspension brusque, mais une source auprès de la Bourse tunisienne a démenti ces informations.

Une correction ne signifie pas forcément un krach

La baisse enregistrée mardi ne signifie pas nécessairement que le marché tunisien est entré dans une crise financière.

Les marchés boursiers connaissent régulièrement des phases de correction après des périodes de forte progression. Ces ajustements permettent souvent aux investisseurs de réévaluer les valorisations des entreprises et de repositionner leurs portefeuilles.

L’activation du coupe-circuit ne constitue donc pas en elle-même un signal de crise systémique. Elle traduit avant tout un niveau de volatilité suffisamment important pour justifier une interruption temporaire des échanges afin de préserver le bon fonctionnement du marché.

Un signal de danger ?

Pour sa part, l’économiste Ridha Chkoundali considère cette évolution comme un « signal de danger ». Selon lui, la forte progression enregistrée récemment par la Bourse de Tunis ne reflète pas nécessairement une amélioration profonde des performances de l’économie productive, mais s’explique en grande partie par les résultats exceptionnels réalisés par le secteur bancaire.

Il met notamment en avant le risque d’un phénomène d’éviction : en mobilisant une part importante des ressources financières disponibles à travers l’émission de bons du Trésor destinés au financement du déficit public, l’État capte une partie des liquidités qui pourraient être orientées vers le financement des entreprises privées et de l’investissement productif.

L’économiste nuance toutefois son analyse en rappelant que la rentabilité des banques ne repose pas uniquement sur leur exposition aux titres publics. Elle provient également de leurs activités traditionnelles, notamment les marges d’intérêts et les commissions. Néanmoins, une dépendance croissante aux revenus liés au risque souverain pourrait, selon lui, constituer un facteur de fragilité pour l’équilibre financier global à moyen terme.

La reprise des échanges ce mercredi

À l’issue de cette interruption, la Bourse de Tunis a indiqué que la cotation reprendrait normalement à partir du mercredi 29 juillet, conformément aux procédures prévues par le règlement.

L’attention des investisseurs se porte désormais sur l’évolution des prochaines séances. Elles permettront de déterminer si la baisse de mardi correspond à une simple correction technique après plusieurs mois de hausse, ou si elle marque le début d’une phase plus durable de repli du marché tunisien.

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