Normale Ansicht

De l’injonction administrative au levier géoéconomique : comment réussir le pari du crédit d’honneur à taux zéro

29. Juli 2026 um 15:30

La suspension des cotations à la Bourse de Tunis après une nouvelle chute de plus de 3 % du Tunindex ce 29 juillet 2026 marque un signal d’alarme sans précédent pour notre système financier.

 

Alors que le projet du nouveau Code des changes achève son parcours à l’Assemblée des représentants du peuple, ce choc de défiance boursier – qui frappe de plein fouet les banques publiques, bras armés financiers de l’État – ne doit pas conduire au renoncement de l’inclusion financière. Il exige une refonte urgente de l’ingénierie d’exécution. Pour faire du décret n° 2026-148 un moteur du Plan de développement 2026–2030 sans décapitaliser nos établissements bancaires, la Tunisie doit adosser la mesure à la protection RH, au de-risking public et au virage algorithmique.

L’adoption des textes d’application relatifs au crédit d’honneur marque un tournant dans la restructuration de notre paysage financier. En exigeant des établissements bancaires l’affectation d’au moins 8 % de leurs bénéfices annuels à des financements à taux zéro, sans garanties et sans commissions, l’État a cherché à répondre à l’urgence de l’inclusion financière et à pallier la contraction des instruments informels de liquidité.

Toutefois, la réaction immédiate et violente de la Bourse de Tunis (aboutissant à l’arrêt temporaire des cotations face à la chute libre des titres bancaires) prouve qu’une intention politique ne peut faire l’économie d’une architecture d’exécution rigoureuse. Cette panique du marché reflète la crainte d’une dégradation brutale de la rentabilité et d’une explosion des provisions pour impayés. En l’état, le dispositif crée un risque systémique majeur pour les banques publiques, traditionnels bras armés financiers de l’État et fer de lance de la mise en œuvre des grandes orientations économiques.

 

Lire aussi: Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

 

Pour éviter que cette mesure sociale ne se transforme en un facteur d’érosion des fonds propres bancaires et ne paralyse l’exécution du Plan de développement 2026–2030, la Tunisie doit opérer une mutation doctrinale articulée autour de quatre piliers stratégiques.

Lever le syndrome de paralysie RH : Protéger le décideur bancaire public

Comme nous l’avons souligné dans nos récents travaux consacrés à la gouvernance du secteur bancaire public, la première richesse d’une institution financière réside dans la sérénité et la compétence de son capital humain. Or, le décret place les membres des comités de crédit face à un paradoxe schizophrénique : l’obligation légale d’octroyer des prêts sans sûretés sous peine de sanctions réglementaires, d’un côté ; la crainte d’une pénalisation ultérieure de la prise de risque au titre de la « faute de gestion », de l’autre.

Pour libérer les capacités d’initiative dans les réseaux, il est impératif d’instaurer une règle claire de protection du jugement d’affaires (Business Judgment Rule) garantissant l’irresponsabilité pénale des décideurs bancaires dès lors qu’ils appliquent de bonne foi les critères réglementaires d’octroi. La gouvernance RH doit simultanément substituer l’évaluation par la pérennité et la viabilité des projets accompagnés à la simple contrainte d’écoulement quantitatif des enveloppes.

Moderniser l’ingénierie financière : Préserver les banques publiques par le « De-risking »

Les banques publiques ne peuvent demeurer les seules variables d’ajustement des politiques sociales en absorbant les coûts d’opportunité d’un taux zéro et les pertes sur créances douteuses. Les transformer en simples guichets d’absorption de risques non couverts menace directement leur rôle de financeurs stratégiques des grands projets d’infrastructures, d’énergie et d’industrie inscrits au Plan 2026–2030. Un taux zéro pour l’emprunteur n’a jamais signifié un coût nul pour la collectivité.

Pour rassurer la Bourse de Tunis, préserver les ratios de solvabilité des banques et garantir la soutenabilité de la ligne, l’État doit adosser ce mécanisme à un Fonds national de garantie d’honneur (via la SOTUGAR ou des lignes multilatérales dédiées). En prenant en charge une tranche de première perte (de 50 % à 70 %), le secteur public réintroduit un partage équitable du risque. De surcroît, la doctrine comptable doit clarifier et imposer le recyclage dynamique des remboursements au sein du compte spécial, afin d’en faire un fonds de roulement pérenne et autonome.

Activer le « Software » : L’IA et le Scoring algorithmique comme garants de l’équité

L’exigence d’instruire les dossiers dans un délai de dix jours ouvrables selon l’ordre chronologique d’arrivée constitue une contrainte managériale majeure si elle est gérée manuellement en agence. Elle risque d’engorger les guichets, de favoriser l’arbitraire et de détériorer la qualité globale de service.

La solution réside dans l’automatisation intelligente des parcours. L’intégration d’outils d’Intelligence artificielle et de Credit Scoring alternatif (analysant des jeux de données de régularité de paiement ou la cohérence des flux) permettra d’augmenter la décision du banquier en évaluant objectivement la viabilité des TPE et des micro-entreprises dénuées d’historique bancaire classique. L’IA offre ainsi un triple bénéfice :

-Traiter sereinement les flux dans le délai réglementaire de 10 jours ;

– Standardiser et motiver automatiquement les décisions en toute transparence ;

– Offrir une traçabilité mathématique et auditable protégeant le cadre bancaire de tout soupçon de favoritisme.

Conditionner le capital à l’accompagnement : du prêt passif au projet productif

Injecter du capital à taux zéro sans encadrement managérial est la méthode la plus sûre pour générer du crédit de consommation sans effet d’entraînement économique. Conformément aux orientations du Plan de développement 2026–2030, l’accès à ces financements (notamment pour les plafonds de 10 000 DT et 25 000 DT destinés aux micro-projets, PME et entreprises communautaires) doit être indissociable d’un parcours d’accompagnement labellisé.

En adossant au prêt un copilote digital de gestion financière pour les jeunes entrepreneurs et en orientant en priorité ces enveloppes vers les axes de souveraineté – transition énergétique, agrotech, numérisation et substitution aux importations -, le crédit d’honneur cessera d’être une contrainte subie pour devenir le levier d’une transformation structurelle de notre économie.

 

La Tunisie dispose de leviers considérables, mais elle souffre trop souvent d’un déficit d’ingénierie d’exécution. En sécurisant le cadre décisionnel de nos banquiers, en organisant le partage du risque et en s’appuyant sur les technologies de données, nous prouverons que la justice sociale, la santé des banques publiques et la confiance des marchés ne sont pas des notions antagonistes, mais les trois piliers d’une même souveraineté économique.

L’article De l’injonction administrative au levier géoéconomique : comment réussir le pari du crédit d’honneur à taux zéro est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Bourse de Tunis : Après le décrochage du matin, le TUNINDEX clôture en hausse

29. Juli 2026 um 13:32

Après avoir perdu plus de 3 % dès l’ouverture et provoqué un deuxième arrêt des cotations en deux jours, le TUNINDEX a totalement inversé sa trajectoire mercredi 29 juillet 2026. L’indice de référence de la Bourse de Tunis a terminé la séance en hausse de 1,31 %, porté notamment par le retour des acheteurs sur les valeurs bancaires.

La clôture contraste fortement avec la situation observée dans la matinée. À 9h16, le TUNINDEX reculait de 3,16 %, à 19.115,70 points, déclenchant une suspension générale des échanges pendant une heure.

Ce nouveau coupe-circuit intervenait au lendemain d’une baisse de 3,47 %, qui avait déjà conduit la Bourse de Tunis à interrompre les cotations mardi. Le mécanisme est prévu par l’article 3.7 du Règlement de parquet lorsque la baisse du TUNINDEX dépasse 3 %.

Un retournement complet durant la deuxième partie de séance

À la reprise des échanges, la pression vendeuse ne s’est pas immédiatement dissipée. Le recul du TUNINDEX a momentanément approché 4 %, faisant craindre un nouveau décrochage et un éventuel arrêt définitif de la séance en cas de franchissement du seuil de 5 %.

La tendance s’est toutefois inversée au fil de la séance. L’indice a progressivement effacé ses pertes, retrouvé son niveau de clôture de mardi, puis basculé dans le vert.

Le TUNINDEX a finalement terminé à 19.999,20 points, en progression de 1,31 %. Le TUNINDEX 20, qui rassemble les principales capitalisations de la cote, a gagné 1,51 %, à 8.815,72 points.

Cette remontée s’est accompagnée d’un volume d’échanges élevé, proche de 25,93 millions de dinars. À la clôture, 28 valeurs évoluaient en hausse, vingt en baisse et 29 restaient inchangées.

Les banques passent de la chute au rebond

Les titres bancaires, particulièrement affectés depuis le début de la semaine, ont largement contribué au retournement du marché.

Attijari Bank offre l’exemple le plus spectaculaire. Après avoir perdu jusqu’à 6 % dans la matinée, le titre a clôturé à 88 dinars, en hausse de 2,88 %. Près de 1,64 million de dinars ont été échangés sur la valeur.

La Société tunisienne de banque a progressé de 4,06 %, la Banque internationale arabe de Tunisie de 3,69 %, Amen Bank de 2,97 % et la Banque nationale agricole de 2 %.

Amen Bank a enregistré le volume le plus important de la séance, avec environ 5,45 millions de dinars échangés, devant la BNA, avec près de 4,43 millions. Les données de marché disponibles confirment ces principales variations et ces volumes.

Ce mouvement intervient après plusieurs séances de baisse des valeurs bancaires, dans un contexte d’interrogations sur l’application du nouveau dispositif de crédits sans intérêts ni garanties. Le décret d’application, publié au Journal officiel du 24 juillet 2026, encadre les financements alimentés par une quote-part correspondant à 8 % des bénéfices nets annuels des banques.

Un rebond qui ne dissipe pas toutes les incertitudes

La clôture positive écarte, pour cette séance, le scénario d’un effondrement continu du marché. Elle montre également que certains investisseurs ont profité de la forte baisse des cours pour revenir à l’achat.

Il serait toutefois prématuré d’en conclure que la période de tension est terminée. Le TUNINDEX reste marqué par deux déclenchements successifs du coupe-circuit et par une volatilité rarement observée sur la place tunisienne.

Il n’est pas davantage possible d’établir que l’interruption des échanges a, à elle seule, provoqué le rebond. Le coupe-circuit a offert une pause réglementaire, mais le retournement peut également s’expliquer par des achats opportunistes après la chute des cours et par un rééquilibrage entre vendeurs et acheteurs.

Les prochaines séances permettront de déterminer si la hausse de mercredi constitue le début d’une stabilisation ou seulement un rebond ponctuel après deux journées de fortes turbulences.

Lire aussi:

L’article Bourse de Tunis : Après le décrochage du matin, le TUNINDEX clôture en hausse est apparu en premier sur webdo.

Suspensions à la Bourse de Tunis : Aram Belhadj appelle les investisseurs à garder leur sang-froid

29. Juli 2026 um 11:39

L’économiste Aram Belhadj a réagi mercredi à la deuxième suspension technique enregistrée par la Bourse de Tunis. Il appelle les investisseurs à garder leur sang-froid face à la volatilité actuelle du marché. Dans une publication sur sa page Facebook, il estime que ces mécanismes de protection ne doivent pas être interprétés comme un signal d’alarme, mais plutôt comme des outils destinés à préserver la stabilité du marché.

Il note que les « coupe-circuits » déclenchés par la Bourse de Tunis ont justement pour objectif de limiter les mouvements excessifs et d’offrir une pause face à une accélération inhabituelle des ordres de vente ou d’achat.

L’économiste souligne que, malgré cette phase de turbulence, les fondamentaux du marché tunisien demeurent solides. Il rappelle que la Bourse de Tunis affiche une performance annuelle largement positive; après une progression jugée exceptionnelle au cours des derniers mois.

Aram Belhadj précise encore que la correction actuelle s’inscrit dans un processus normal d’ajustement après une période de forte hausse. « Une phase d’ajustement, même marquée, est normale après une telle hausse. Puisqu’elle purge les excès, sans pour autant remettre en cause la trajectoire de fond », explique-t-il.

Puis, s’adressant aux investisseurs, il recommande une approche basée sur la patience et l’analyse rationnelle. Et ce, plutôt que sur des réactions dictées par l’inquiétude à court terme. Il met notamment en garde contre les scénarios alarmistes. Lesquels pourraient alimenter des comportements de panique et provoquer des « anticipations auto-réalisatrices ».

Au final, cette réaction intervient alors que la Bourse de Tunis a déclenché, pour la deuxième journée consécutive, son mécanisme de suspension technique. Après une baisse importante de l’indice TUNINDEX, dans un contexte de forte volatilité des échanges.

L’article Suspensions à la Bourse de Tunis : Aram Belhadj appelle les investisseurs à garder leur sang-froid est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Nouvelle suspension à la Bourse de Tunis

29. Juli 2026 um 10:24

La Bourse de Tunis a de nouveau suspendu les cotations, ce mercredi, après une baisse de plus de 3 % de l’indice de référence Tunindex. Marquant ainsi la deuxième séance consécutive durant laquelle ce mécanisme est déclenché.

Dans un avis adressé aux intermédiaires en bourse et au public, la Bourse indique avoir activé le mécanisme d’interruption des échanges. Et ce, conformément aux dispositions de l’article 3.7 du Règlement de parquet, à la suite du repli de plus de 3 % de l’indice boursier.

En conséquence, les cotations ont été suspendues pour une durée d’une heure. Ce qui devrait permettre au marché de retrouver son équilibre et de limiter les mouvements excessifs.

La reprise des échanges est prévue à partir de 10h16, selon le communiqué de la Bourse de Tunis.

Cette nouvelle suspension intervient pour la deuxième journée de suite, illustrant la forte volatilité qui secoue actuellement le marché boursier tunisien. Le mécanisme d’interruption automatique est prévu par la réglementation afin d’encadrer les fluctuations importantes de l’indice et de préserver le bon déroulement des échanges.

L’article Nouvelle suspension à la Bourse de Tunis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

29. Juli 2026 um 08:14

La Bourse de Tunis a connu hier une journée difficile. Ce qui a conduit à la suspension de la cotation. Bien qu’ayant un caractère technique, ce mouvement intervient dans un contexte de fortes inquiétudes sur plusieurs fronts.

 

Avec un repli de 3,16 %, le Tunindex a ainsi franchi le seuil prévu par le Règlement de parquet, déclenchant la suspension des échanges. Cette mesure vise à donner un temps de réflexion aux investisseurs face à une volatilité excessive et à limiter les mouvements brusques du marché.

 

L’impact du décret sur les crédits sur l’honneur

L’information économique du week-end dernier était, sans doute, les crédits sur l’honneur que les banques doivent accorder. Les établissements de crédits doivent désormais consacrer 8 % de leurs bénéfices nets à financer des crédits sans intérêts ni garanties. Le secteur bancaire ayant réalisé un excellent exercice 2025, cela représente un prélèvement qui dépasserait facilement les 100 millions de dinars (MDT).

Et il paraît que les intervenants sur le marché ont oublié cette mesure, en la considérant comme inapplicable. Maintenant, les anticipations des investisseurs ont changé et tentent d’intégrer cette donnée dans les valorisations et les bénéfices distribuables aux actionnaires.

De plus, ces crédits, octroyés sans garantie, comportent un risque accru de défaut. Ce qui pourrait forcer les banques à constituer des provisions supplémentaires, pesant sur leur rentabilité.

L’indice des banques a donc perdu, respectivement, 2,49 % et 4,75 % lors des deux premières séances de la semaine. Les actions des banques, qui ont un poids important dans l’indice, ont subi de fortes pressions à la vente.

 

Une correction logique

Mais est-ce que cette mesure explique un tel mouvement ? Cela diffère d’un établissement à un autre, selon sa réaction. Il pourrait avoir une politique de réduction de coûts pour absorber cette contrainte réglementaire ou une politique de prix, transférant une partie du surcoût sur les clients finaux.

Mais comme les cours ont fortement augmenté depuis le début de l’année, il est normal que les investisseurs tentent de concrétiser leurs plus-values, semant la panique sur le marché. Ce mouvement est l’un des inconvénients des hausses sans lien avec le contexte économique d’une manière générale. La flambée des cours sur la Bourse de Tunis ces derniers mois ne reflétait pas une amélioration de l’économie réelle, mais principalement les profits exceptionnels de certains secteurs, essentiellement financier.

Ainsi, l’inquiétude est que les banques durcissent encore leurs conditions de crédit pour compenser ces nouveaux risques. Ce qui pénaliserait les entreprises. À terme, leur capacité à financer l’État pourrait aussi être affectée.

 

Une influence du discours politique algérien ?

Lundi 27 juillet, les réseaux sociaux, qui sont très influents, ne parlaient que du président algérien qui a renouvelé son soutien inconditionnel à la Tunisie contre les risques terroristes. Nous ne pouvons pas confirmer que ces déclarations ont eu un impact direct sur la Bourse de Tunis, mais elles ont rappelé qu’il ne faut jamais exclure qu’il existe toujours un climat d’incertitude régionale. Ce sentiment est capable d’affecter la confiance des investisseurs mais pas au point de causer cette chute libre du Tunindex. L’effet est donc à relativiser.

Ce qui s’est passé mardi 28 courant passera et aucun marché n’est épargné par une telle volatilité. Néanmoins, il a mis en lumière la fragilité d’une performance boursière largement décorrélée de l’économie réelle. C’est une occasion pour se livrer à un exercice scientifique de valorisation et prendre les bonnes décisions.

L’article Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Une suspension rare, que s’est-il passé à la Bourse de Tunis ?

29. Juli 2026 um 07:35

La séance du mardi 28 juillet 2026 a été marquée par un événement rare à la Bourse de Tunis. En milieu de journée, les échanges ont été interrompus après que le Tunindex, principal indice de la place boursière tunisienne, a enregistré une baisse supérieure à 3 %.

Cette suspension, décidée automatiquement en application du règlement de la Bourse, a suscité des interrogations chez les investisseurs et le grand public. S’agit-il d’un krach boursier ? Pourquoi la cotation a-t-elle été arrêtée ? Quels sont les mécanismes prévus dans ce type de situation ?

Une baisse de plus de 3 % déclenche automatiquement une interruption

Dans un communiqué publié mardi, la Bourse de Tunis a annoncé avoir activé le mécanisme d’interruption de la cotation après que le Tunindex a franchi le seuil réglementaire de baisse de 3 %. Cette mesure est prévue par l’article 3.7 du Règlement de parquet de la Bourse.

Concrètement, dès que l’indice de référence recule de plus de 3 % au cours d’une séance, les transactions sont automatiquement suspendues pendant une heure. Durant cette période, les investisseurs ont la possibilité d’annuler les ordres déjà enregistrés afin de réévaluer leur stratégie face à la volatilité du marché.

Un « coupe-circuit » destiné à éviter la panique

Ce dispositif, connu sous le nom de « coupe-circuit » (circuit breaker), est utilisé sur de nombreuses places financières dans le monde.

Son objectif n’est pas de soutenir artificiellement les cours, mais d’éviter qu’un mouvement de panique ne provoque une succession de ventes précipitées, amplifiant la chute des marchés.

La réglementation tunisienne prévoit deux niveaux d’intervention : une suspension d’une heure lorsque le Tunindex perd plus de 3 % ; une interruption de la séance pour le reste de la journée si la baisse atteint 5 %, le dernier cours coté devenant alors le cours de clôture officiel.

Dans le cas de la séance du 28 juillet, seul le premier niveau a été activé.

Pourquoi les marchés ont-ils brusquement corrigé ?

À ce stade, la Bourse de Tunis n’a communiqué aucune explication officielle sur les facteurs ayant provoqué cette baisse brutale. Plusieurs observateurs estiment toutefois que cette correction intervient après une période de forte hausse du marché tunisien.

Lire aussi : Bourse de Tunis : les « Banques » et les « Matériaux de construction », c’est du béton !

Depuis le début de l’année 2026, le Tunindex avait enchaîné les records historiques, porté notamment par les bonnes performances des valeurs bancaires, financières et industrielles. Cette progression exceptionnelle a conduit de nombreux investisseurs à réaliser des prises de bénéfices, un phénomène classique après plusieurs mois de hausse continue.

La séance de lundi avait déjà donné un premier signal de ralentissement avec un recul sensible de l’indice, avant que les ventes ne s’accélèrent mardi jusqu’au déclenchement du coupe-circuit.

D’autres estiment que c’est la situation politique et sociale que traverse le pays qui a engendré cette suspension brusque, mais une source auprès de la Bourse tunisienne a démenti ces informations.

Une correction ne signifie pas forcément un krach

La baisse enregistrée mardi ne signifie pas nécessairement que le marché tunisien est entré dans une crise financière.

Les marchés boursiers connaissent régulièrement des phases de correction après des périodes de forte progression. Ces ajustements permettent souvent aux investisseurs de réévaluer les valorisations des entreprises et de repositionner leurs portefeuilles.

L’activation du coupe-circuit ne constitue donc pas en elle-même un signal de crise systémique. Elle traduit avant tout un niveau de volatilité suffisamment important pour justifier une interruption temporaire des échanges afin de préserver le bon fonctionnement du marché.

Un signal de danger ?

Pour sa part, l’économiste Ridha Chkoundali considère cette évolution comme un « signal de danger ». Selon lui, la forte progression enregistrée récemment par la Bourse de Tunis ne reflète pas nécessairement une amélioration profonde des performances de l’économie productive, mais s’explique en grande partie par les résultats exceptionnels réalisés par le secteur bancaire.

Il met notamment en avant le risque d’un phénomène d’éviction : en mobilisant une part importante des ressources financières disponibles à travers l’émission de bons du Trésor destinés au financement du déficit public, l’État capte une partie des liquidités qui pourraient être orientées vers le financement des entreprises privées et de l’investissement productif.

L’économiste nuance toutefois son analyse en rappelant que la rentabilité des banques ne repose pas uniquement sur leur exposition aux titres publics. Elle provient également de leurs activités traditionnelles, notamment les marges d’intérêts et les commissions. Néanmoins, une dépendance croissante aux revenus liés au risque souverain pourrait, selon lui, constituer un facteur de fragilité pour l’équilibre financier global à moyen terme.

La reprise des échanges ce mercredi

À l’issue de cette interruption, la Bourse de Tunis a indiqué que la cotation reprendrait normalement à partir du mercredi 29 juillet, conformément aux procédures prévues par le règlement.

L’attention des investisseurs se porte désormais sur l’évolution des prochaines séances. Elles permettront de déterminer si la baisse de mardi correspond à une simple correction technique après plusieurs mois de hausse, ou si elle marque le début d’une phase plus durable de repli du marché tunisien.

L’article Une suspension rare, que s’est-il passé à la Bourse de Tunis ? est apparu en premier sur webdo.

Bourse de Tunis: le Tunindex proche des 21 600 points

17. Juli 2026 um 22:48

C’est un parcours presque parfait qu’a mené le marché boursier sur la semaine du 13 au 17 juillet 2026, avec une progression de 6,9 % du Tunindex, pulvérisant un nouveau record de 21 552,73 points. Ainsi, depuis le début de l’année 2026, le Tunindex cumule une envolée record de 60,2 %, selon l’analyse de l’intermédiaire en bourse « Tunisie Valeurs ».

Peu d’analystes osaient prédire un parcours aussi impressionnant pour le benchmark en moins de sept mois. Les échanges sur la cote restent soutenus, témoignant de l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués. Une enveloppe de 92,4 millions de dinars (MDT) a été transigée sur le marché, soit une moyenne quotidienne de 18,5 MDT, une volumétrie inédite peu caractéristique de la période estivale.

L’intermédiaire en Bourse indique du reste qu’aucune transaction de blocs n’a été réalisée sur la semaine passée.

Analyse des valeurs

Le titre ATL s’est offert la meilleure performance de la cote. Dans le sillage d’indicateurs d’activité du S1 2026 rassurants, l’action du leaseur s’est offert un bond de 26,1 % à 16,640 D. Toutefois, les échanges hebdomadaires sur la valeur ont été relativement modestes, se montant à 702 mille dinars seulement.

Le titre BNA a figuré parmi les plus grands gagnants de la semaine écoulée. L’action de la banque poursuit son emballement, progressant de 24,4 % à 28,000 D. La valeur a aussi figuré parmi les titres les plus convoités de la cote, en mobilisant un volume soutenu de 13,5 MDT sur l’ensemble de la semaine.

A contrario, le titre SOMOCER continue à être boudé par les investisseurs, se plaçant en lanterne rouge du TUNINDEX. L’action du spécialiste des carreaux en céramiques a cumulé une baisse hebdomadaire de 10,8 % à 0,580 D. La valeur a brassé un flux très réduit de 30 mille dinars sur la semaine.

Victime d’un courant vendeur, le titre ASSAD n’a pas réussi à se distinguer sur la séance. L’action du leader historique des batteries automobiles en Tunisie a reculé de 8,4 % à 2,510 D. La valeur a amassé un volume de 519 mille dinars sur la semaine.

AMEN BANK a été la valeur phare de la semaine. L’action du bras bancaire du groupe PGI s’est appréciée de 13,8 % à 99,000 D, dans des capitaux fournis de 19,7 MDT.

L’article Bourse de Tunis: le Tunindex proche des 21 600 points est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌