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Neila Charchour : « Les femmes avancent, les hommes reculent »

13. August 2026 um 15:21

Fêter la Journée nationale de la femme tunisienne, chaque année, c’est aussi l’occasion de se demander ce qui a été conservé et ce qui ne l’est pas. Même si le Code du statut personnel (CSP) préserve intégralement les acquis des femmes, le combat est loin d’être terminé. Et ce n’est pas seulement la femme tunisienne qu’il faut invoquer, mais bien la société tunisienne dans son ensemble.

Dans sa majorité, celle-ci considère ces acquis comme faisant désormais partie intégrante de son ADN. Seule une minorité élève la voix pour un retour en arrière, soixante-dix ans après l’adoption du CSP. Comme le faux débat d’un soi-disant retour de la polygamie, un fantasme de certains hommes, à vrai dire.

Neila Charchour, actrice de la société civile, souligne : « Depuis quelques jours, comme à chaque veille de la fête de la femme, on entend des voix s’élever par-ci par-là contre le CSP. Cela me fait sourire, parce que moi, en tant que femme, cela fait longtemps déjà que j’ai fait de Sayyida Khadija, la mère des croyants, mon idole. En effet, le Prophète, lorsqu’il était son époux, n’a jamais pensé à avoir une seconde épouse. Ce n’est qu’après son décès qu’il en a eu plusieurs. Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec son indépendance financière. »

Elle ajoute, dans une formule qui résume bien le paradoxe tunisien : “Les femmes avancent et les hommes reculent.”

Cette phrase, lapidaire mais lourde de sens, traduit une réalité complexe. D’un côté, les femmes tunisiennes ont investi des espaces autrefois réservés aux hommes : universités, entreprises, instances de décision, société civile, médias, justice, politique. Elles sont devenues des actrices incontournables du débat public, des cheffes d’entreprise, des magistrates, des élues, des figures de la résistance citoyenne. Leur présence n’est plus une exception, mais une norme en construction.

De l’autre, une partie des hommes peine à se reconnaître dans cette nouvelle carte sociale. Certains y voient une perte de privilèges, une remise en question de rôles traditionnels, voire une menace identitaire. D’où, régulièrement, ces sursauts conservateurs, ces appels à « revenir aux sources », ces tentatives de rouvrir des dossiers clos comme la polygamie, ou ces discours qui assimilent l’émancipation des femmes à une  « occidentalisation » dangereuse.

Mais ce recul n’est pas seulement symbolique. Il est aussi économique et social : chômage masculin plus visible dans certaines régions, difficulté à assumer le rôle de « chef de famille » tel que défini par les anciens modèles, sentiment d’être déclassé dans un marché du travail de plus en plus exigeant en qualifications. Face à cela, la femme, souvent plus diplômée, plus mobile, plus adaptable, apparaît comme celle qui « réussit là où l’homme échoue ». 

Le résultat ? Une tension latente, parfois explosive, entre une féminité qui s’affirme et une masculinité en quête de redéfinition. La solution ne réside pas dans un retour en arrière, mais dans une refonte des rôles sociaux, où hommes et femmes construisent ensemble un nouveau contrat de citoyenneté, fondé sur l’égalité, la complémentarité et le respect mutuel.

Car si les femmes avancent, ce n’est pas contre les hommes, mais pour toute la société. Et si certains hommes reculent, ce n’est pas à cause des femmes, mais à cause de modèles dépassés qui ne correspondent plus aux réalités du XXIe siècle.

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Thameur Saad : « La Tunisie ne fera pas marche arrière »

13. August 2026 um 14:50

À l’occasion de la Journée nationale de la femme tunisienne, Thameur Saad, membre du bureau politique du PDL défend les acquis du Code du statut personnel et rejette toute remise en cause de l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans cet entretien, il revient également sur les coupures d’électricité, la situation économique du pays et la nécessité pour la Tunisie de retrouver sa place en Méditerranée. Interview.

L’Economiste Maghrébin : En cette journée nationale de la femme tunisienne, certaines voix évoquent la polygamie, qui représente aujourd’hui une menace, avez-vous le sentiment d’assister à un retour en arrière ?

Thameur Saad : Bien sûr, il y a toujours des forces rétrogrades. En 1956, Habib Bourguiba lui-même a dû faire face à ces forces. Pensez-vous qu’il a eu toutes les facilités pour faire adopter le Code du statut personnel ? Non. Il a rencontré des difficultés et a dû les affronter. Il a notamment bénéficié du soutien de cheikh El Fadhel Ben Achour, qui l’a aidé à faire adopter cette loi. Ce n’est jamais facile. Les esprits qui sont en avance sur leur temps rencontrent toujours de grandes difficultés pour faire avancer les choses.

Depuis 2011, ces forces rétrogrades ont cru qu’elles avaient mis la main sur le pays. Je dis bien : elles l’ont cru. Mais elles ont oublié une force qu’elles n’avaient pas mesurée : celle des femmes libérées par Bourguiba.

Elles pensaient qu’il serait facile de les soumettre, pardonnez-moi l’expression, mais cela ne peut pas fonctionner. Ni la polygamie, ni la bigamie, ni aucune autre mesure de ce genre ne peuvent s’imposer. Et cela ne concerne pas uniquement les femmes : les hommes eux-mêmes ne l’acceptent pas.
Ils ne peuvent pas accepter que de telles pratiques soient instaurées, car ils pensent à l’ensemble de la société et à leurs filles. Nous avons des filles et nous ne voulons pas qu’elles soient les premières ou les secondes épouses. Nous voulons qu’elles soient les seules. Lorsqu’on dit « première », cela signifie qu’il y en aura une deuxième. Et lorsque l’on dit « deuxième », je préfère ne même pas en parler. Il n’est pas question que le pays fasse marche arrière.

L’avenir sera-t-il féminin ?

Vous vous souvenez du vers d’Aragon qui dit : « La femme est l’avenir de l’homme. » Certaines personnes ne l’acceptent pas, mais moi, j’y crois. Indépendamment de mon appartenance politique, je pense que la femme est l’avenir de l’homme. En réalité, elle ne le sera pas : elle l’est déjà.
On voit des hommes réussir grâce à leur mère, parfois et même souvent grâce à leur sœur, puis, lorsqu’ils grandissent et se marient, grâce à leur épouse. Il en va de même pour les femmes, qui réussissent aussi grâce au soutien de leur mère. Je dis cela pour l’ensemble de la société.
Je crois fermement à l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Pour moi, il n’existe aucun domaine dans lequel cette égalité ne soit impossible. L’avenir est déjà là ; il n’est pas ailleurs.

La libération de prisonniers politiques, parmi lesquels Abir Moussi, présidente du PDL, est-elle envisageable prochainement ?

Nous le souhaitons. Nous espérons que la raison prendra le dessus et que les autorités reviendront sur cette condamnation. De toute façon, le fait qu’elle soit en prison ne constitue pas une solution.

Cela vaut pour elle comme pour les autres prisonniers politiques, prisonniers d’opinion ou journalistes emprisonnés. Ce n’est pas l’image de la Tunisie du XXIᵉ siècle. Notre pays est en avance sur l’ensemble des pays arabes, qu’on le veuille ou non. Ils ne l’ont jamais reconnu, mais ils le reconnaissent aujourd’hui parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement.

Tous ont peur de la Tunisie. Pourquoi ? Parce qu’elle représente, à leurs yeux, un foyer de rébellion. Et cet esprit de rébellion, c’est l’esprit bourguibien. Ce ne sont pas ces personnes qui l’ont créé : il est profondément lié à l’héritage bourguibien. Lorsqu’une situation atteint un certain niveau, une rupture finit par se produire. C’est ce que l’on appelle, dans la nature, les phénomènes de discontinuité. Il en va de même pour la nature humaine : on supporte, on supporte encore, puis, à un certain moment, on finit par réagir. Pour cela, il faut avoir une véritable force spirituelle. Sans cette force, on devient les esclaves de ses propres idées, de ses opinions et de sa volonté.

Revenons à la situation générale du pays, notamment aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité, vous avez certainement une opinion bien précise sur la situation.

Il convient de rappeler qu’il y a quelques années, nous avions élaboré plusieurs programmes, notamment dans le domaine de l’énergie. Malheureusement, la Tunisie ne dispose pas de ressources naturelles suffisantes. Elle dépend donc des importations et ce qui se passe dans le monde a un impact direct sur notre pays. Nous n’avons pas les moyens de supporter la hausse des prix du pétrole.

Par ailleurs, la production nationale de pétrole a diminué. Nous avons atteint un certain seuil et, lorsque nous le dépassons, nous risquons de subir des coupures généralisées.

Cela ne signifie pas qu’il faut justifier ces coupures. Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec cette situation. Nous aurions pu l’anticiper et prendre les mesures nécessaires bien plus tôt. La responsabilité d’un responsable politique ne se limite pas aux aspects techniques. Elle est avant tout politique. Un responsable politique doit prévoir, anticiper et agir afin d’éviter que de telles crises ne se produisent.
Malheureusement, cela est arrivé et les conséquences ont été très néfastes pour l’économie tunisienne. Les coupures ont affecté tous ceux qui utilisent des réfrigérateurs, les hôtels, les restaurants et les ménages , ainsi que les hôpitaux.

Ces derniers ont dû recourir à des groupes électrogènes. La situation semble s’être quelque peu améliorée, mais il faut maintenant que les choses se rétablissent rapidement afin d’éviter une catastrophe économique majeure. Les coupures ont un impact direct sur l’économie nationale. C’est là tout le problème.

Sur le plan diplomatique et les relations internationales, vous avez également évoqué les relations de la Tunisie avec l’étranger. Quelles sont, selon vous, les priorités dans ce domaine ?

Nous avons beaucoup de travail à accomplir sur le plan des relations internationales, surtout dans la conjoncture actuelle. Nos contacts avec le reste du monde sont devenus plus difficiles et il faudra revoir cette situation afin de redonner à la Tunisie sa véritable place en Méditerranée.
La Méditerranée est notre espace naturel, notre zone de proximité. Au-delà, il y a le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afrique, l’Europe et l’ensemble du monde. En Libye, la situation n’est pas encore stabilisée. Il faut que la stabilité soit rétablie pour que nous puissions construire des projets communs.

Nous avons pourtant connu cette stabilité par le passé. Malheureusement, elle appartient à une autre époque. J’espère que nous la retrouverons bientôt.

Vous êtes donc optimiste ?

J’ai toujours été optimiste et je ne peux que l’être. Sinon, nous perdons espoir. Il faut être optimiste dans la vie. Si nous ne le sommes pas, nous avons déjà perdu.

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Le PDL annonce la tenue de son congrès national les 3 et 4 octobre 2026

13. August 2026 um 13:30

Le Parti destourien libre (PDL) a organisé, ce jeudi 13 août 2026, une conférence de presse au siège du parti. Et ce, afin d’annoncer la tenue de son prochain congrès national, prévu les 3 et 4 octobre 2026.

À cette occasion, Thameur Saad, membre du bureau politique du PDL, a rappelé que le précédent congrès s’était tenu les 13 et 14 août 2021. Il a souligné qu’il était donc nécessaire d’annoncer officiellement la tenue du prochain congrès, conformément aux statuts du parti.

« Nous avons voulu rester fidèles à la date du 13 août et informer nos militants ainsi que l’opinion publique de la prochaine étape », a-t-il expliqué.

Thameur Saad a indiqué que le parti avait organisé, en amont, plusieurs congrès régionaux et locaux. Des structures ont ainsi été mises en place dans les différentes régions du pays, à l’exception du Grand Tunis, qui bénéficie d’une organisation spécifique.

Il a également précisé que des élections avaient été organisées au niveau des circonscriptions, puis au sein des structures régionales. Certaines élections au sein des structures universitaires ont toutefois été reportées à l’issue du congrès national, faute de préparation suffisante.
La journée du 3 octobre sera donc consacrée à l’ouverture des travaux du congrès. Les congressistes examineront ensuite les différentes motions et les rapports du parti, notamment le rapport général, le rapport moral ainsi que les textes relatifs aux questions économiques.

Le choix du 3 octobre

Interrogé sur la symbolique de la date d’ouverture du congrès, Thameur Saad a rappelé qu’elle coïncidait avec l’arrestation d’Abir Moussi, présidente du PDL, le 3 octobre 2023.

Une direction élue lors du congrès

Le prochain congrès aura également pour mission d’élire la direction du parti. Thameur Saad a expliqué que les élections régionales et locales avaient précisément pour objectif de mettre en place des structures légitimes, appelées à participer à l’élection de la direction nationale.

Une éventuelle participation aux prochaines élections

Concernant une éventuelle participation du parti aux prochaines échéances électorales, Thameur Saad a estimé que cette question pourrait être débattue lors du congrès national.

Il a rappelé que le PDL avait précédemment choisi de boycotter certains scrutins pour des raisons qu’il a qualifiées d’objectives. « Nous avons exprimé une position différente et mené notre opposition dans le respect de la loi », a-t-il déclaré.

Il a enfin assuré que l’action du parti resterait encadrée par la législation en vigueur et les procédures légales, quelles que soient les décisions qui seront prises lors du prochain congrès.

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Sana Ghenima : « À chaque fois qu’il y a une crise, ce sont les femmes qui sont pénalisées »

13. August 2026 um 10:43

En ce 13 août 2026, à l’occasion de la Journée nationale de la femme, les Tunisiennes s’affirment au fil des ans. D’ailleurs, au-delà de quelques avancées statistiques, cette affirmation se vérifie dans la réalité des carrières, dans la composition des conseils d’administration, dans l’accès aux postes les plus influents et dans la capacité des femmes à exercer pleinement leur autorité. Même si le combat est donc loin d’être terminé : il faut lutter contre les discriminations et amener la société à rompre avec les réflexes qui associent encore trop souvent le pouvoir à la figure masculine.

Mais au-delà de voir tout en rose, il y a des zones grises. Il ne s’agit pas réellement de célébrer les acquis des femmes ou d’évoquer leur amélioration. Le véritable enjeu, c’est avant tout de préserver ce qui existe déjà et, surtout, de mettre fin à la polémique qui resurgit chaque année à cette date, en plein été, autour des menaces supposées d’un retour à la polygamie, sous divers prétextes, nous rappelle Sana Ghenima, présidente de l’Association Femmes et Leadership.

Elle souligne à cet effet que cette menace n’a pas de réalité tangible. « Nous savons pertinemment que le Code du statut personnel (CSP) préserve intégralement les acquis des femmes. Et ce n’est pas seulement la femme tunisienne qu’il faut invoquer, mais bien la société tunisienne dans son ensemble. Dans sa majorité, celle-ci considère ces acquis comme faisant désormais partie intégrante de son ADN. Seule une minorité élève la voix pour un retour en arrière, soixante-dix ans après l’adoption du CSP. »

Lire aussi: 8 août 1956 – 8 août 2026 : qu’est-ce qui a vraiment changé pour la femme tunisienne ?

À ses yeux, il s’agit donc d’un pseudo-débat, d’une menace fantasmée qui sert à détourner l’attention de l’essentiel. « Et cet essentiel, je le résumerais ainsi : il ne concerne pas uniquement les acquis des femmes, mais bien ceux de toute la société tunisienne et de chaque citoyen, en matière de droits fondamentaux, de démocratie et de citoyenneté. C’est cela qui est aujourd’hui menacé, pour tous, hommes comme femmes. »

La priorité, insiste Sana Ghenima, est la libération des prisonniers d’opinion et des prisonniers politiques : Abir Moussi, Chaima Aissa, Saadiya Masbah et bien d’autres… « Jamais, dans l’histoire de la Tunisie, le nombre de femmes incarcérées pour des motifs politiques n’a atteint un tel niveau. Cela démontre clairement que la femme tunisienne ne se définit plus par son statut social ou marital, mais bien en tant que citoyenne à part entière. C’est pourquoi elle est activiste dans la société civile, engagée dans le champ politique; malgré toutes les contraintes et toutes les répressions que subissent les militants. »

Elle précise dans ce contexte : « La liberté pour ces prisonnières que nous connaissons bien est un enjeu majeur. Ces femmes sont des icônes du militantisme. On peut être d’accord ou non avec leurs idéologies, mais ce sont des activistes des droits économiques, politiques et civiques au sens large. »

Dès lors, la priorité n’est pas de distinguer hommes et femmes, ni de concentrer le débat uniquement sur les droits sociaux et économiques. « Certes, il est facile de parler des femmes en milieu rural et de retomber dans les mêmes discours récurrents. Ce n’est pas que cela ne soit pas important, mais c’est qu’il y a, pour le moment, des enjeux plus urgents, qui affectent toute la société, hommes et femmes. »

« Ce qui compte avant tout, c’est de rendre aux femmes tunisiennes, et plus largement à tous les citoyens, leur plein droit d’exercer leurs libertés, d’être protégées, de réviser ou d’abolir une constitution qui ne rime à rien et de revenir au consensus établi par la société tunisienne, avec tous ses courants idéologiques, politiques, économiques, etc.  »
« Il faut revenir aux fondamentaux : garantir les droits, garantir la liberté d’action dans l’espace politique et public. Ensuite seulement, on pourra revenir sur les détails de ce qui est menacé spécifiquement pour les femmes ou pour les hommes. »
 » Ce que je vois, c’est la misère qui s’installe dans le pays, la dégradation des droits fondamentaux les plus élémentaires, comme l’accès aux services publics. On ne parle donc pas de problèmes spécifiques aux femmes, mais bien de ceux qui touchent toute la société tunisienne. »

Elle terminera, comme toujours, par cette phrase de Simone de Beauvoir :  » À chaque fois qu’il y a une crise, ce sont les femmes qui sont pénalisées en premier. » Or, comme nous conjuguons aujourd’hui plusieurs types de crises, ce sont les femmes qui subissent, à la puissance N, l’impact de ces crises.
« Revenons donc aux fondamentaux : instaurer un État de droit tel qu’il se doit, une démocratie telle qu’elle se doit, une liberté telle qu’elle se doit. Ensuite, nous pourrons discuter des spécificités liées aux catégories socioprofessionnelles : femmes, jeunes, personnes handicapées, etc. Mais tant que le socle commun n’existe pas, il est chimérique, selon moi, de parler d’avancée des droits des femmes », conclut-elle.

En somme, tout cela nous amène à dire que l’avenir ne sera véritablement juste que lorsque les femmes n’auront plus à se battre deux fois plus pour prouver qu’elles méritent leur place. Et cet avenir, tôt ou tard, sera féminin.

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13 Août – Néjia Gharbi: « Les femmes doivent continuer à s’affirmer pour être mieux représentées dans les postes de decision »

13. August 2026 um 06:00

La Tunisie demeure, dans le monde arabe et musulman, l’un des pays les plus avancés en matière de droits des femmes et d’égalité entre les sexes. Depuis l’indépendance, les Tunisiennes ont conquis des droits essentiels dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de la participation à la vie publique. Pourtant, derrière ces acquis, une réalité persiste : dans les sphères du pouvoir et de la décision, le chemin vers l’égalité reste encore long.

Briser le plafond de verre demeure un défi, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Les femmes sont présentes, compétentes et engagées, mais elles restent encore trop peu nombreuses là où se prennent les décisions les plus importantes.

Dans les conseils d’administration, notamment, l’égalité est encore loin d’être atteinte. La progression existe, mais elle demeure lente. Selon les dernières données annoncées par la Bourse de Tunis lors de l’édition locale de l’initiative internationale Ring the Bell for Gender Equality, organisée à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, la part des femmes dans les conseils d’administration des entreprises tunisiennes s’élève désormais à 19%, contre 17% l’année précédente.

Lire aussi : 13 Août – Fête de la femme : Voici pourquoi le CSP a tenu bon

Cette évolution témoigne de l’engagement croissant des institutions financières et de leurs partenaires en faveur d’une meilleure représentation des femmes. Mais elle révèle également l’ampleur du chemin qui reste à parcourir. Car derrière chaque pourcentage se trouvent des carrières interrompues, des compétences ignorées et des femmes parfois écartées de postes qu’elles auraient pleinement mérités.

 Néjia Gharbi: “Nous méritons beaucoup mieux”

La question demeure donc entière : quelle est aujourd’hui la place de la femme tunisienne dans les postes de décision ?

Néjia Gharbi, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations, porte sur cette réalité un regard lucide et sans concession. Selon elle, la Tunisie est encore loin de répondre aux aspirations des femmes.

“ Nous ne sommes pas encore parvenus à une situation qui réponde réellement aux aspirations et aux attentes des femmes. Nous manquons encore de femmes dans les postes de décision, nous sommes très peu représentées dans les conseils d’administration ainsi que dans les fonctions importantes et influentes. Ce constat est parfois inquiétant notamment par rapport au nombre important de femmes très compétences dans tous les domaines . Je le ressens et j’en suis convaincue : la femme tunisienne mérite une meilleure représentativité ”, affirme-t-elle.

Pour la Directrice générale de la CDC, il est indispensable d’offrir davantage de possibilités aux femmes et de leur permettre d’exercer pleinement leur capacité à décider et à diriger.

“Il faut donner davantage de chances aux femmes d’accéder aux postes de décision et d’être plus représentées dans les conseils d’administration et ça était prouvé que sa participation à la prise de décision améliore énormément l’efficacité des conseils ” , souligne-t-elle.

Cette exigence ne relève ni d’un privilège ni d’une faveur. Elle repose sur un principe simple : les femmes qui disposent des compétences, de l’expérience et de la légitimité nécessaires doivent pouvoir accéder aux responsabilités qui leur reviennent. Le combat de la confiance en soi Néjia Gharbi estime toutefois que l’accès des femmes aux postes de responsabilité ne dépend pas uniquement des institutions. Il exige également une mobilisation individuelle et collective.

« La femme tunisienne n’a pas encore atteint l’objectif ni même le niveau auquel elle aspirons. Cela nécessite beaucoup d’efforts, notamment d’avoir confiance en soi, de se présenter lorsqu’il le faut et de défendre sa position », explique-t-elle. Elle évoque une réalité encore trop fréquente : des femmes parfaitement qualifiées sont parfois écartées ou remplacées par des hommes dont les compétences sont moindres. « Certaines femmes qui méritent d’être nommées à des postes importants se retrouvent parfois écartées pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les compétences »,  insiste-t-elle.

Ces mots résonnent comme un appel à ne plus accepter d’être écarté sans raison . À ne plus se contenter d’être présentes sans être entendues. À ne plus s’arrêter au niveau des postes inférieurs et persévérer pour pouvoir accéder aux premiers postes de décider.

Néjia Gharbi: « être fière d’être une femme, fière d’être une femme tunisienne »

Les femmes tunisiennes ont pourtant démontré, dans de nombreux domaines, leur capacité à exceller. Dans les parcours universitaires , la recherche, mais cette excellence n’est pas aussi visible dans la vie professionnelle, pourtant elle a accumulé les réussites et fait preuve d’une remarquable persévérance.  » Les femmes tunisiennes ont brillé dans leur parcours académique et de la recherche et les résultats universitaires le prouvent . Nous souhaitons qu’elles puissent continuer sur cette même voie dans la vie professionnelle . Il ne faut pas baisser les bras : il faut se battre, persévérer, avoir confiance en soi et être fière d’être une femme, fière d’être une femme tunisienne »,  rappelle Néjia Gharbi.

Son message est à la fois simple et puissant : continuer à avancer, à s’affirmer et à refuser les limites imposées. Car la réussite ne repose pas uniquement sur le talent. Elle exige aussi de la confiance en soi, de la résilience et la capacité de se relever chaque fois que l’on tente de fermer une porte. « Les femmes doivent continuer à briller et à s’affirmer afin d’obtenir ce qu’elles méritent. Grâce à un effort collectif et généralisé, nous pourrons parvenir à une meilleure représentation des femmes et leur permettre d’occuper la place qui leur revient, tant dans leur parcours professionnel que dans la vie civile », conclut-elle.

Le combat est donc loin d’être terminé. Il appartient aux institutions de garantir des chances équitables, aux entreprises d’éviter les discriminations et à la société de rompre avec les réflexes qui associent encore trop souvent le pouvoir à la figure masculine.

Quant aux femmes, le message est clair : croire en soi, persévérer, faire preuve de résilience, ne pas baisser les bras car le chemin est encore long .

 

 

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Les diplômés-chômeurs réclament l’application de la loi n°18

12. August 2026 um 15:57

Les diplômés de l’enseignement supérieur au chômage de longue durée se mobilisent ce mercredi 12 août 2026 devant le Théâtre municipal de Tunis. Venus des 24 gouvernorats du pays, ils réclament l’application de la loi n°18 de 2025, relative au recrutement exceptionnel des diplômés chômeurs de longue durée dans la fonction publique.

Les manifestants dénoncent une nouvelle fois le retard enregistré dans la mise en œuvre de ce texte et appellent les autorités à réexaminer leur situation. Ils demandent notamment la concrétisation des dispositions prévues par la loi et leur intégration dans le secteur public.

Ce rassemblement s’inscrit dans le prolongement d’une série de mobilisations organisées par les diplômés chômeurs, dont les revendications restent, à ce jour, sans réponse. En effet, il y a plus d’un mois, ces derniers avaient déjà manifesté pour réclamer l’application de la loi n°18 de 2025 et la mise en place d’un mécanisme leur permettant d’accéder à la fonction publique.

La loi prévoit un dispositif exceptionnel de recrutement dans le secteur public au profit des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés au chômage de longue durée. Ce mécanisme doit notamment s’appuyer sur une plateforme numérique destinée à permettre l’inscription des candidats et l’établissement d’un classement selon plusieurs critères.

En reprenant leur sit-in sur l’avenue Habib-Bourguiba, les diplômés chômeurs adressent un nouveau message aux autorités : après plusieurs mois d’attente, ils refusent que la loi n°18 demeure un texte adopté, mais dépourvu d’effets concrets sur leur situation.

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After the Peak : féminicides entre recul provisoire et réalités persistantes

12. August 2026 um 09:53

A la veille de la célébration du 13 août 2026, qui coincide avec la Journée nationale de la femme tunisienne, il est important de s’attarder sur le nombre des cas de violence contre la femme tunisienne chaque jour, que ce soit dans la rue, que dans sa maison, ou encore dans sa vie professionnelle et personnelle.

L’Observatoire de terrain pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes en Tunisie a publié des données qui montrent une nette tendance à la hausse des féminicides en Tunisie entre 2020 et 2023. En effet, leur nombre est passé de 26 cas en 2020 à 49 en 2023. Soit le niveau le plus élevé de la période présentée. Avant d’amorcer une baisse en 2024 et 2025, puis d’atteindre  10 cas en 2026, selon les chiffres affichés. Cela signifie que le phénomène a atteint son pic en 2023 avant d’entrer dans une phase de recul relatif.

Il est toutefois prématuré de considérer cette évolution comme une amélioration durable, car les chiffres restent supérieurs au niveau de 2020 durant la plupart des années précédentes, et l’année 2026 semble incomplète ou “provisoire”, comme l’indique le tableau de bord.

La comparaison entre les cas de “violence conjugale” et le nombre total d’affaires de meurtre montre également que la violence au sein du couple constitue une composante importante du problème. Cela laisse penser que le phénomène ne correspond pas à des événements isolés, mais qu’il est lié à des formes plus larges de violence familiale et sociale.

Le pic enregistré en 2023, après la hausse observée au cours des années précédentes, souligne la nécessité d’analyser le lien entre les mécanismes de protection juridique, les dispositifs de signalement, les interventions sociales et les services destinés aux victimes.

En effet, la baisse des chiffres entre 2024 et 2026 peut traduire une amélioration partielle de la prévention, mais aussi une évolution des modalités d’enregistrement ou de signalement, et ne signifie pas nécessairement une diminution définitive du danger.

Rien ne suffit à remplacer une vie perdue, il est temps que la loi, les services et la société agissent pour que chaque femme marche libre et protégée..

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Ridha Chkoundali : « Rassembler plutôt qu’exclure »

12. August 2026 um 09:40

L’expert en économie Ridha Chkoundali a dressé un diagnostic de la situation actuelle qui ne peut se limiter aux indicateurs économiques et aux données techniques.

Ridha Chkoundali estime que l’économie politique constitue une dimension essentielle pour comprendre les difficultés du pays et identifier les conditions de sa relance.

Il souligne que la Tunisie a besoin de rassembler toutes ses forces, à l’intérieur comme à l’étranger, sans exclure aucune sensibilité politique ou idéologique. Tout en insistant sur la nécessité de “rassembler plutôt qu’exclure”.  Le pays doit pouvoir compter sur les compétences de la gauche comme de la droite, des islamistes comme des laïcs, ainsi que sur l’ensemble de ses forces vives.

Ridha Chkoundali met, par ailleurs, en garde contre la transformation du conflit politique en une lutte visant à éliminer certains courants ou adversaires. Il rappelle que l’État ne peut être construit selon une logique d’exclusion, de vainqueur et de vaincu, mais plutôt à travers la réconciliation nationale, le dialogue et des institutions capables d’intégrer toutes les composantes de la société.

Ridha Chkoundali insiste également sur la nécessité de garantir les mêmes droits et les mêmes devoirs à tous les citoyens, dans le respect de la loi et de la Constitution. Il précise entre autres : “Les infractions doivent être traitées par une justice indépendante et impartiale, et non par les campagnes de diffamation, les accusations de trahison ou les règlements de comptes politiques.”

Enfin, il affirme haut et fort que la justice indépendante et la stabilité institutionnelle sont indispensables non seulement à la protection des libertés, mais aussi à l’amélioration du climat des affaires. Pour attirer les investisseurs, la Tunisie doit offrir un cadre fondé sur l’État de droit, la sécurité juridique et l’égalité devant la loi.

Enfin, Ridha Chkoundali conclut que la Tunisie ne pourra construire une économie forte, un État juste et une société cohésive qu’en choisissant le rassemblement, l’inclusion et la confiance plutôt que l’exclusion et la confrontation.

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Intelligence artificielle: entre innovation et régulation

11. August 2026 um 15:04

L’intelligence artificielle n’agit pas seule. Elle reçoit des données, applique des modèles, produit des résultats et peut influencer des décisions. Une question se pose donc : jusqu’où peut-on utiliser l’IA ? À partir de quel moment son usage doit-il être encadré?

On dit souvent que  ceux qui maîtriseront cette technologie,  seront-ils aussi les mieux placés pour exercer le pouvoir ?La réponse à cette question est claire. Comme le rappelle l’adage « celui qui détient l’information détient le pouvoir » découle de la célèbre formule du philosophe Francis Bacon en 1597 qui dit: « le savoir est un pouvoir ». Cela signifie que la maîtrise des données permet d’anticiper les événements, de décider avant les autres et d’influencer le monde.

L’IA est aujourd’hui à la fois un outil d’accélération et un facteur de transformation. En Europe, l’AI Act (L’application générale du règlement date le 2 août 2026) constitue le premier cadre juridique complet consacré à l’intelligence artificielle. Il repose sur une classification des systèmes selon leur niveau de risque.

Le Bureau européen de l’IA participe à la mise en œuvre du règlement et supervise notamment les modèles d’IA à usage général. Les autorités nationales sont également chargées de veiller à l’application des règles dans leurs domaines de compétence.

À l’échelle internationale, les États-Unis élaborent leurs règles concernant les modèles d’IA avancés en lien avec les grandes entreprises technologiques. La Chine développe notamment des modèles ouverts, accessibles à d’autres utilisateurs et développeurs.

L’Europe dispose, pour sa part, d’acteurs présents dans les infrastructures numériques et les applications professionnelles. Les initiatives d’Octave Klaba, l’offre de Cloud Temple et l’approche prudente de Michelin illustrent trois aspects de cet écosystème : le cloud, la sécurité des données et l’intégration de l’IA dans les entreprises. Cloud Temple propose notamment des services d’IA sur une infrastructure qualifiée SecNumCloud. Michelin étudie de son côté l’IA agentique avec une approche progressive et prudente.

In fine, l’IA n’est plus un sujet du futur, mais une réalité bien présente qui oblige les institutions, les journalistes et les juristes à revoir leurs repères. Entre innovation et encadrement, entre création humaine et production automatisée, l’intelligence artificielle redéfinit aujourd’hui les règles du jeu en matière de pouvoir et de responsabilité. Quant à son développement, il concerne à la fois les données, les infrastructures, les entreprises et les institutions publiques et privées.

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Outail Maaoui : une musique tunisienne entre héritage et modernité

11. August 2026 um 11:41

Le violoniste, altiste et compositeur Outail Maaoui revient sur son parcours artistique, ses distinctions, sa vision de la musique tunisienne et ses projets futurs.

Né en 1982 à Tunis, Outail Maaoui a commencé son parcours musical à l’âge de sept ans. Après une première formation en musique arabe, il a obtenu un diplôme d’enseignement en musique et musicologie en 2008, puis un master en sciences culturelles, musique et musicologie à l’Institut supérieur de musique de Tunis en 2011. Il y a enseigné en tant que professeur assistant entre 2013 et 2017. Il est actuellement violoniste à l’Orchestre national tunisien et enseigne le violon au Centre national des arts populaires de Sidi Saber. Au cours de sa carrière, il s’est produit dans plusieurs pays, notamment en France, en Italie, aux États-Unis, aux Émirats arabes unis, au Liban, au Maroc, en Algérie et en Palestine. Il a également participé à de nombreux enregistrements en studio et partagé la scène avec plusieurs artistes arabes de renom.

Des distinctions qui renforcent la confiance

Outail Maaoui considère le Tanit d’argent obtenu aux Journées musicales de Carthage et le premier prix remporté au Festival de la chanson tunisienne comme deux distinctions majeures dans son parcours de musicien et de compositeur. Il estime que ces récompenses renforcent la confiance, stimulent la motivation et encouragent l’artiste à croire davantage en ses capacités.

Il estime toutefois que les prix ne suffisent pas à garantir la réussite. La persévérance, le travail et l’acquisition constante d’expérience demeurent indispensables, particulièrement dans le domaine de la musique instrumentale, qui reste insuffisamment valorisé en Tunisie et dans plusieurs autres pays.

Le musicien considère également que la participation au Festival international de Hammamet représente déjà une reconnaissance importante. Il espère que cette expérience lui permettra de franchir de nouvelles étapes et de concrétiser d’autres projets.

Une trilogie en évolution

Entre 2014 et 2026, son projet artistique s’est construit dans la continuité, tout en connaissant une évolution permanente. De nouvelles compositions ont été ajoutées, certaines pièces ont été réarrangées ou retirées et le projet initialement instrumental s’est progressivement ouvert à la chanson.
Cette évolution vise notamment à rapprocher la musique du public, sans renoncer à l’esprit originel du projet. La collaboration avec plusieurs artistes a également contribué à son développement. Hatem, déjà présent dans Délal El Atlas, participe à la nouvelle version à l’accordéon. Rawda et Dadi prennent également part au projet, en interprétant des chansons composées par Outail Maaoui ou issues de leur propre répertoire.

Cette dynamique a donné naissance à une trilogie composée de Liqaa, présenté en 2014, d’Ombres d’Atlas, créé en 2024 aux Nuits du Musée de Sousse et sélectionné aux Journées musicales de Carthage et de Sadeh, présenté en 2026 au Festival international de Hammamet et au Festival international de Boukornine.

Vers un grand format orchestral

Le compositeur rêve désormais d’un projet présenté dans un format plus ambitieux, réunissant un orchestre, plusieurs solistes, des cuivres et des chanteurs. Il envisage également d’inviter d’autres artistes, même si certaines discussions sont encore en cours. Il estime que la diversité linguistique et culturelle de la Tunisie peut également nourrir la création musicale, à condition que les différentes influences soient intégrées avec cohérence et sensibilité.

Faire rayonner la musique tunisienne

Outail Maaoui souligne que la musique tunisienne bénéficie d’une visibilité croissante; mais elle n’occupe pas encore la place qu’elle mérite. Les artistes et les institutions culturelles doivent, à ses yeux, contribuer davantage à faire découvrir les créations nationales. Dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com, il espère notamment se produire un jour au Festival de Carthage, où il assistait déjà à des spectacles lorsqu’il était enfant. Il considère toutefois que l’objectif ne doit pas se limiter à remplir les salles. L’essentiel est de proposer des spectacles de qualité et de permettre au public d’écouter, de découvrir et d’apprécier des œuvres différentes.

Le musicien appelle enfin les artistes tunisiens à prendre eux-mêmes l’initiative de promouvoir leur musique à l’étranger. Il est convaincu que, tout comme les artistes marocains ont réussi à faire connaître leur répertoire, les créateurs tunisiens peuvent eux aussi faire rayonner leur identité musicale.

Une vocation familiale

La vocation d’Outail Maaoui est née dans un environnement familial marqué par la musique. Son père jouait du saxophone dans un orchestre de musique de cuivre; tandis que la pratique musicale était présente au quotidien dans la maison.

Après avoir commencé par la flûte, il s’est orienté vers le violon, avant de suivre une formation classique jusqu’à l’âge de 19 ans. Il a ensuite approfondi sa découverte de la musique arabe et tunisienne, en utilisant les techniques acquises dans la musique occidentale.

Il cite parmi ses influences plusieurs grands musiciens tunisiens, notamment Ridha Kalaï, Bachir Selmi et Hafedh Makni, ainsi que l’instrumentiste Alexis Cardenas. Il retient de ces artistes leur talent, mais aussi leur modestie et leur accessibilité.

Pour Outail Maaoui, le travail, la patience et la persévérance restent les principales clés de la réussite. Son ambition est désormais de continuer à enrichir la musique tunisienne et de la faire découvrir à un public plus large, en Tunisie comme à l’étranger.

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Naila Bali nommée à la tête de l’Office des Tunisiens à l’Étranger

11. August 2026 um 09:51

La Professeure Naila Bali, directrice générale de l’Institut supérieur de l’éducation spécialisée (ISES), relevant de l’Université de la Manouba (UMA), vient d’être nommée à la tête de l’Office des Tunisiens à l’Étranger (OTE).

Cette nomination vient consacrer son parcours académique ainsi que son engagement au service de l’enseignement supérieur, de la formation et de l’action institutionnelle.

À la tête de l’ISES, la Professeure Naila Bali a contribué au développement de l’enseignement supérieur spécialisé et au rayonnement de l’Université de la Manouba, en plaçant l’expertise, l’innovation et la qualité au cœur de son action.

Dans ses nouvelles fonctions, elle mettra son expérience et ses compétences au service des Tunisiens à l’étranger. Elle aura notamment pour mission de renforcer les liens entre la communauté tunisienne établie à l’étranger et la Tunisie, ainsi que de promouvoir de nouvelles initiatives et de nouveaux partenariats au bénéfice de nos concitoyens.

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Grands projets : lancement immédiat de Borj El Amri, l’hôpital de Thala et la ville numérique d’Ennahli

10. August 2026 um 21:51

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé ce lundi 10 août 2026 la 12e réunion de la Commission des grands projets, qui a décidé le lancement immédiat de trois chantiers stratégiques.

A savoir, l’extension de la centrale de Borj El Amri avec une nouvelle turbine de 250–400 MW (600 MD, opérationnelle à l’été 2027) pour sécuriser l’approvisionnement électrique face à une demande en hausse et des pointes record ; l’achèvement de l’hôpital régional de type « B » à Thala (Kasserine), de 105 lits, pour un coût total de 69 MD ; et l’achèvement de la ville numérique d’Ennahli (Ariana), visant à étendre le pôle « Tunisia Smart Technoparks » et à renforcer l’économie de la connaissance.

La commission a insisté sur l’accélération des projets publics comme priorité nationale pour stimuler la croissance, réduire les disparités régionales et améliorer la qualité de vie, avec un suivi de terrain renforcé pour garantir le respect des délais et des spécifications.

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Ezzeddine Zayani : « Le pacte de La Mecque peut être intéressant, mais… »

10. August 2026 um 12:50

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont conclu un pacte de défense mutuelle dans un contexte marqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Au-delà de son annonce, son contenu reste encore imprécis : les mécanismes de riposte, le rôle des forces armées et la nature des menaces concernées ne sont pas clairement définis. Quelle analyse peut-on faire de ce pacte ? L’ancien diplomate Ezzeddine Zayani nous livre son analyse dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com.

Ezzeddine Zayani souligne que le pacte de La Mecque coïncide avec les récents développements qu’a connus la région, notamment la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Ce conflit a démontré que l’Iran n’était pas un adversaire facile à vaincre. Téhéran a montré qu’il disposait de capacités militaires suffisantes pour infliger des dommages importants à ses adversaires.

Il part du constat que les pays du Golfe, situés à proximité immédiate de l’Iran, ont particulièrement subi les conséquences de cette confrontation. Les attaques visant les infrastructures, les raffineries, les navires ou les installations stratégiques peuvent avoir des répercussions considérables sur la sécurité, les investissements, le transport aérien et l’activité économique de toute la région. C’est dans ce contexte que les trois pays ont cherché à mettre en place un dispositif qui ne repose pas exclusivement sur la protection américaine. L’objectif consiste à permettre aux États de la région de compter d’abord sur leurs propres moyens.

Une première alliance sans les USA

Le diplomate précise à cet égard que l’un des éléments les plus significatifs de cet accord réside dans l’absence des États-Unis. « Pour la première fois, trois puissances musulmanes concluent un pacte de défense sans la participation directe de Washington. Cette évolution revêt une grande importance sur le plan géopolitique. Elle traduit une volonté d’autonomie stratégique; même si l’accord ne signifie pas nécessairement une rupture avec les États-Unis. Washington demeure un allié majeur des pays du Golfe, mais ceux-ci semblent désormais vouloir diversifier leurs partenariats et réduire leur dépendance à l’égard d’une seule puissance », explique-t-il.

Le pacte intervient donc à un moment crucial, marqué par les conséquences de la guerre contre l’Iran et par les interrogations croissantes concernant la capacité des alliances traditionnelles à garantir la sécurité régionale. La principale question consiste dès lors à déterminer ce qui unit réellement les trois signataires et ce qu’ils cherchent à obtenir à travers cet accord.

Ezzeddine Zayani : « L’Arabie saoudite cherche à protéger ses projets économiques » 

Il estime comme suit : « L’Arabie saoudite cherche à réduire sa dépendance envers les États-Unis et à diversifier ses garanties de sécurité. Le royaume dispose de moyens financiers considérables, mais il souhaite transformer cette puissance financière en capacités militaires et en partenariats stratégiques plus solides. »

Toujours selon l’analyse d’Ezzeddine Zayani, Riyad veut également protéger ses infrastructures, ses voies maritimes, ses installations énergétiques et ses projets économiques. Une nouvelle attaque contre une raffinerie, un navire ou une infrastructure stratégique pourrait décourager les investisseurs, provoquer une fuite des capitaux et affecter des secteurs essentiels, notamment le transport aérien et le tourisme.

Il poursuit : « Pour l’Arabie saoudite, le pacte constitue une manière de « sauver les meubles ». Il s’agit de renforcer la dissuasion, de rassurer les investisseurs et d’éviter que le royaume ne devienne la principale victime des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis. »

La Turquie veut retrouver une place centrale

La Turquie entend, pour sa part, accroître son influence au Moyen-Orient. La montée en puissance de l’Iran a pu donner le sentiment qu’Ankara perdait une partie de son rôle dans la région. En rejoignant cet accord, la Turquie cherche à rappeler qu’elle demeure une puissance militaire et diplomatique incontournable.

Son appartenance à l’OTAN constitue également un atout particulier. Ankara peut ainsi se présenter comme un interlocuteur capable de dialoguer avec les puissances occidentales tout en participant à une initiative régionale indépendante.

Par ailleurs, la Turquie dispose d’une industrie de défense particulièrement développée, notamment dans les domaines des drones, des systèmes électroniques et des équipements terrestres. Le financement saoudien pourrait offrir à l’industrie militaire turque de nouvelles possibilités en matière de recherche, de production et d’exportation.

Le Pakistan veut sortir de son isolement

Le Pakistan tire également profit de cet accord. Il apporte une armée expérimentée, une position stratégique en Asie du Sud et une capacité militaire importante, notamment dans le domaine terrestre.

Ezzeddine Zayani précise : « La dimension nucléaire du Pakistan constitue un élément supplémentaire de dissuasion. Toutefois, le pacte ne précise pas que l’arsenal nucléaire pakistanais serait automatiquement mobilisé en cas d’attaque contre l’un des trois signataires. Il serait donc excessif de considérer que l’accord instaure une garantie nucléaire au profit de l’Arabie saoudite ou de la Turquie. Pour Islamabad, ce rapprochement permet surtout de renforcer son poids diplomatique et de sortir d’un certain isolement. La crise régionale lui a offert l’occasion de mettre en avant son rôle diplomatique, ses capacités de médiation et sa volonté de jouer un rôle plus important dans les affaires du monde musulman. Même si le pacte se présente comme défensif, il adresse un message à plusieurs acteurs, en premier lieu à l’Iran. Téhéran a d’ailleurs vivement critiqué l’accord, estimant qu’une entente “sur le papier” avec la Turquie et le Pakistan ne garantirait pas la sécurité de l’Arabie saoudite. »

Lire aussi — Pacte de La Mecque : vers une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ?

Cependant, la présence de la Turquie et du Pakistan peut contribuer à réduire le caractère ouvertement hostile du pacte à l’égard de l’Iran. Ces deux pays ne sont pas nécessairement considérés comme des ennemis directs de Téhéran. Leurs relations avec l’Iran sont complexes, mais elles ne reposent pas uniquement sur une logique de confrontation.

Cette configuration pourrait permettre aux signataires de renforcer leur sécurité sans donner l’impression de constituer un front entièrement dirigé contre l’Iran. Le pacte pourrait ainsi chercher à dissuader, Téhéran tout en évitant une escalade directe. « L’accord peut également être interprété comme un message adressé à Israël. Les relations entre le Pakistan et Israël restent tendues. Tandis que la proximité stratégique entre Israël et l’Inde constitue une source de préoccupation pour Islamabad. De son côté, l’Arabie saoudite n’a pas adopté une position totalement catégorique à l’égard des accords d’Abraham », poursuit-il.

L’absence de l’Égypte

L’absence de l’Égypte constitue un autre élément important, rappelle Ezzeddine Zayani. Tout en ajoutant : « Le Caire n’a pas été associé au pacte, alors qu’il représente une puissance militaire et politique majeure dans le monde arabe. L’absence de l’Égypte pourrait donc traduire la volonté de Riyad de préserver un équilibre diplomatique délicat et d’éviter d’élargir le pacte à l’ensemble du Moyen-Orient. Il s’agit peut-être également de limiter l’implication des grandes puissances régionales et de maintenir l’accord dans un cadre strictement défensif et trilatéral. »

Un pacte encore muet sur plusieurs points

La principale faiblesse de l’accord réside dans le manque de précisions concernant sa mise en œuvre. Le texte ne permet pas encore de savoir comment les trois pays réagiraient concrètement à une attaque.

Plusieurs questions restent ouvertes : les cyberattaques seront-elles considérées comme des actes d’agression ? Les sabotages contre des infrastructures ou des navires déclencheront-ils une réponse collective ? Quelle sera la réaction en cas d’attaque menée par des milices ou des groupes non étatiques ? Les signataires devront-ils intervenir militairement ou pourront-ils se limiter à une assistance politique, logistique ou financière ? La riposte sera-t-elle graduée, automatique ou laissée à l’appréciation de chaque gouvernement ? Enfin, quel est exactement l’adversaire visé par le pacte?

Ezzeddine Zayani souligne à ce propos : « La crédibilité du pacte dépendra de la mise en place d’un commandement commun, d’exercices conjoints, de procédures de consultation et de mécanismes précis de financement et de riposte. En définitive, ce pacte peut être interprété comme une alliance de circonstance et, dans une certaine mesure, comme un accord de bon voisinage stratégique entre trois pays qui ont chacun leurs propres intérêts. »

Il poursuit : « La Turquie veut accroître son influence et valoriser son industrie de défense. Le Pakistan cherche à renforcer son rôle diplomatique et stratégique. L’Arabie saoudite souhaite garantir sa sécurité, protéger ses ambitions économiques et éviter de dépendre exclusivement de Washington. L’accord pourrait également contribuer à réduire les tensions dans le Golfe, dans la mesure où il ne semble pas explicitement dirigé contre l’Iran. Il pourrait offrir aux pays de la région une forme de protection régionale et limiter leur recours direct à une intervention américaine. »

Cependant, cette lecture reste conditionnée par les développements futurs. Le pacte demeure, pour l’instant, largement symbolique, car ses modalités concrètes d’intervention ne sont pas encore clairement établies. Chaque signataire peut y trouver son intérêt; mais les divergences entre les trois pays pourraient aussi limiter son efficacité.

Un tournant politique, mais pas encore une alliance militaire

En conclusion, Ezzeddine Zayani estime que « le pacte de La Mecque peut être intéressant, mais il reste malheureusement muet sur plusieurs points ».
En d’autres termes, ce pacte représente un instrument de dissuasion, une tentative d’autonomie stratégique et un exercice de diplomatie régionale destiné à éviter une nouvelle escalade.

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Port de Radès : plus de 100 voitures de Tunisiens résidant au Qatar bloquées

10. August 2026 um 11:54

Des dizaines de Tunisiens résidant au Qatar ont eu la mauvaise surprise de voir leurs voitures saisies au port de Radès, bien qu’ils aient accompli toutes les démarches administratives et réglé l’intégralité des frais de transport.

Cette situation résulte d’un différend financier entre une société qatarie (appartenant à un Tunisien) chargée des procédures d’expédition des véhicules, et une société saoudienne ayant assuré l’opération de transport maritime. Les propriétaires des véhicules estiment être pris en otage dans un litige commercial qui ne les concerne pas.

Les propriétaires avaient contracté avec une société de transport enregistrée au Qatar et détenue par un Tunisien, après avoir payé l’intégralité des frais et complété toutes les démarches requises.

L’expédition avait débuté il y a environ quatre mois. Le trajet des véhicules est passé par l’Arabie Saoudite, puis la Turquie, avant l’Italie, pour finalement arriver au port de Radès. Ce changement d’itinéraire via l’Arabie Saoudite s’expliquerait par la situation sécuritaire dans le détroit d’Ormuz.

Les propriétaires ont suivi le parcours de leurs cargaisons en ligne pendant ces quatre mois, jusqu’à l’arrivée des voitures en Tunisie il y a environ deux semaines, où elles ont été dirigées vers les entrepôts du port de Radès.
Ces personnes  réclament des éclaircissements sur le statut de leurs véhicules et leur restitution, s’interrogeant sur le sort de plus de 100 voitures bloquées au port de Radès, malgré l’accomplissement de toutes les procédures et le règlement intégral des sommes dues.

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Pacte de La Mecque : vers une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ?

10. August 2026 um 09:50

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé un pacte de défense mutuelle à Djeddah; et ce, le vendredi 7 août 2026. L’accord a été paraphé par le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, et le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif.

Que faut-il penser de cet accord ?

Les informations rapportées par les médias occidentaux indiquent que ce pacte prévoit un renforcement de la dissuasion collective contre toute forme d’agression. « Toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre tous », assure le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Un modèle qui rappelle l’article 5 de l’OTAN.

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’Iran n’a pas manqué de critiquer ce pacte par la voix d’Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien. « Les Saoudiens doivent comprendre qu’un accord sur le papier avec la Turquie et le Pakistan ne garantira pas leur sécurité, pas plus que des années de soutien unilatéral aux Américains ne l’ont garantie ». Et d’appeler Riyad à revoir ses politiques « afin de ne plus avoir à implorer la sécurité d’autrui ».

Lire aussi – Moyen-Orient : trois puissances, un bouclier, cet axe défensif doit-il inquiéter l’Occident?

 

De ce point de vue, on peut dire que même si cet accord représente un signal important sur le plan géopolitique, il est encore trop tôt pour le présenter comme une véritable « OTAN du Moyen-Orient ». Sa portée dépendra surtout des mécanismes militaires concrets qui seront adoptés : planification commune, commandement, exercices, financement et définition précise de la riposte en cas d’attaque.

La grande question est donc de savoir quel est l’intérêt commun de ces trois pays et, plus encore, ce qu’ils cherchent réellement. Si l’on prend l’exemple de l’Arabie saoudite, on constate qu’elle cherche à réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis et à diversifier ses garanties de sécurité. Riyad dispose certes de moyens financiers considérables, mais souhaite également renforcer sa sécurité. Cela sera-t-il suffisant ?

Parallèlement, la Turquie entend accroître son influence au Moyen-Orient et promouvoir son industrie de défense, notamment dans les domaines des drones, des systèmes électroniques et des équipements terrestres.

Le Pakistan, quant à lui, apporte une armée expérimentée, une position stratégique en Asie du Sud ainsi qu’une dimension nucléaire. D’ailleurs, les deux pays avaient signé, en septembre 2025, un accord stipulant que le Pakistan apportait son « parapluie nucléaire » au Royaume des Wahhabited.

Lire également : Un parapluie nucléaire pakistanais pour l’Arabie saoudite ?

 

Un message adressé à plusieurs acteurs

L’accord répond clairement au sentiment d’insécurité qui s’est renforcé dans la région, notamment après les tensions et les conflits récents. Il ne s’agit cependant pas nécessairement d’un « axe sunnite » totalement homogène. La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ces trois pays devront surtout définir des mécanismes militaires concrets, planification commune, commandement, financement et riposte précise en cas d’attaque pour donner une portée réelle à cet accord. 

Que dit l’article 5 de l’OTAN ?

Le traité de l’Atlantique Nord pose le principe de la défense collective : les Alliés considèrent toute attaque armée contre un ou plusieurs pays membres en Europe ou en Amérique du Nord comme une attaque dirigée contre tous et s’engagent à porter assistance à la partie attaquée. Cela signifie que cet article ne prévoit pas nécessairement une réponse militaire automatique et uniforme ; il laisse aux États une marge d’appréciation.

Pour l’instant, les signataires du pacte de La Mecque restent vagues sur leurs obligations opérationnelles exactes.

En somme, la crédibilité de cet accord dépendra de sa mise en œuvre et de la capacité des trois gouvernements à surmonter leurs divergences.
Wait and see…

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8 août 1956 – 8 août 2026 : qu’est-ce qui a vraiment changé pour la femme tunisienne ?

08. August 2026 um 17:28

Le 8 août 1956 constitue une date marquante dans l’histoire de la Tunisie : c’est ce jour-là qu’a été adoptée la loi interdisant la polygamie, inscrite à l’article 18 du Code du statut personnel.

Soixante-dix ans après la promulgation du Code du statut personnel (CSP), la Tunisie affiche un bilan contrasté en matière de droits des femmes. Si les acquis juridiques restent solides sur le papier, la réalité sociale révèle une montée du conservatisme, parfois teinté de misogynie, qui contraste avec l’image d’une femme tunisienne jadis plus libre et plus autonome.

Dès 1956, le CSP, porté par Habib Bourguiba, a aboli la polygamie, la répudiation et le mariage forcé, tout en instaurant le divorce judiciaire et le consentement mutuel au mariage. Les femmes ont obtenu le droit de vote la même année, puis le droit à l’avortement en 1973, faisant de la Tunisie un pionnier dans le monde arabo-musulman.

Aujourd’hui, les femmes représentent plus de la moitié des étudiants dans l’enseignement supérieur et près du quart de la population active. Elles occupent des postes de responsabilité dans la politique, la justice, l’entreprise et la société civile.

Mais un conservatisme en hausse

Pourtant, force est de constater que les discours rétrogrades se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux. Les commentaires misogynes, les tentatives de remise en cause des acquis, et les appels à un retour à des rôles traditionnels se font de plus en plus entendre.

Comment expliquer ce paradoxe ?

Plusieurs facteurs peuvent être avancés : crise économique et sociale : dans un contexte de précarité, certaines franges de la population se replient sur des valeurs perçues comme  « traditionnelles », voyant dans la femme un symbole de changement à contrôler. Influence des discours religieux et politiques : certains courants conservateurs, parfois soutenus par des partis ou des prédicateurs, instrumentalisent la question du genre pour mobiliser leur base.  La fracture entre milieu urbain et rural : si les femmes urbaines ont gagné en autonomie, les femmes rurales restent souvent confrontées à des conditions de travail précaires et à des normes sociales rigides.
Et enfin on note les effet des réseaux sociaux : la viralité des propos haineux ou rétrogrades donne une visibilité disproportionnée à des discours minoritaires, mais influents.

Une liberté en dents de scie

Il fut un temps où la femme tunisienne était perçue comme plus libre, plus autonome, notamment sous l’impulsion de l’État modernisateur des premières décennies post-indépendance. Aujourd’hui, cette liberté est toujours là, mais elle est contestée, parfois menacée, et nécessite une vigilance constante.

Malgré les avancées, la Tunisie accuse encore des retards. Ce qui fait qu’il reste du travail à faire pour que la femme tunisienne jouisse pleinement de ses droits, non seulement dans la loi, mais aussi dans les faits et dans les mentalités. Le conservatisme n’est pas une fatalité, mais il doit être combattu par l’éducation, la culture et de protéger les acquis.

Malgré les tentatives de certains courants de relancer le débat sur la polygamie, dans une logique de diversion par rapport aux enjeux politiques, sociaux et économiques du pays, les droits acquis par la femme tunisienne restent intacts. C’est en grande partie grâce à leur engagement que la Tunisie a traversé les turbulences post-2011, en préservant ses institutions et son équilibre national.

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Inflation mensuelle : +0,2% en juillet, entre légumes moins chers et hôtels plus onéreux

08. August 2026 um 13:25

Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,2% en juillet 2026 par rapport à juin, selon l’Institut national de la statistique (INS).

Cette hausse modérée s’explique principalement par la hausse des prix dans le groupe « Restaurants et hôtels » (+1,4%), ainsi que dans les groupes « Santé » et « Loisirs et culture » (+0,7% chacun).
À l’inverse, le groupe « Alimentation et boissons » a enregistré une baisse de 0,6%, grâce au recul des prix des légumes (-2,9%), de la viande ovine (-1,8%), de la volaille (-1,3%) et des œufs (-0,7%). Cette détente a toutefois été partiellement compensée par une hausse des fruits frais (+1,9%).

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Inflation : l’alimentation pèse toujours, malgré un léger ralentissement

08. August 2026 um 12:35

En juillet 2026, le taux d’inflation  s’est établi à 5,1%, en léger recul par rapport aux 5,3% enregistrés en juin, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS).

Cette baisse s’explique principalement par un ralentissement de la hausse des prix dans le groupe « Alimentation et boissons », dont l’inflation annuelle est passée de 7,1% en juin à 6,6% en juillet. Toutefois, ce fléchissement est partiellement compensé par une accélération des prix dans les groupes tabac et restaurants et hôtels.

Les produits alimentaires demeurent le principal moteur de l’inflation, même si leur rythme de progression se modère. Sur un an, les prix du groupe Alimentation et boissons  ont augmenté de 6,6% en juillet 2026, contre 7,1% en juin.

Les produits les plus touchés 

Viande ovine : +16,7%
Fruits frais : +13,8%
Viande bovine : +13,7%
Volaille : +12,5%
Poissons frais : +11,6%

À l’inverse, certains produits ont enregistré des baisses de prix : les huiles alimentaires (-4,9%) et les œufs (-3,8%)

 

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Aides sociales : 280 dinars par mois pour les familles les plus démunies

08. August 2026 um 10:41

Un arrêté conjoint des ministres des Affaires sociales et des Finances est paru dans le Journal officiel de la République tunisienne JORT (n°80), du 7 août, revalorisant l’allocation mensuelle du programme Amen Social (sécurité sociale) à 280 dinars pour les familles démunies.

Ce nouveau texte abroge l’article premier de l’arrêté du 10 juillet 2024, qui plafonnait cette aide à 260 dinars par mois. La hausse de 20 dinars s’applique avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2026, date d’entrée en vigueur fixée par le décret.

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CTN: pas d’annulations, mais seulement des retards

08. August 2026 um 10:32

La Compagnie tunisienne de navigation (CTN) a fermement démenti les informations circulant depuis vendredi 7 août 2026 sur les réseaux sociaux, selon lesquelles « plusieurs de ses traversées auraient été annulées sans préavis aux passagers » en raison d’une grève du personnel.

La compagnie précise qu’aucune traversée n’a été annulée, et qu’il n’y a donc pas eu lieu de notifier des annulations aux voyageurs. Ce qui s’est réellement produit, c’est un retard au départ de deux rotations, assurées par les navires Tanit et Carthage, suite à une grève d’une heure menée par des agents maritimes pour réclamer certains droits sociaux, notamment liés à la couverture médicale et aux conditions de travail.

La CTN réaffirme son engagement en faveur du dialogue social et son écoute des revendications légitimes de ses employés, en particulier celles touchant à leur santé. Elle promet de mettre en œuvre les réformes et solutions nécessaires dans les délais appropriés.
Dans le même temps, l’entreprise souligne qu’elle prend toutes les mesures utiles pour garantir la continuité du service public et contrer toute tentative visant à léser les passagers ou à nuire à l’image de l’institution.

Enfin, la compagnie rappelle son engagement profond et sa responsabilité envers sa clientèle, notamment afin d’assurer le retour des Tunisiens résidant à l’étranger dans les meilleures conditions possibles, conformément à sa mission de service public.

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