Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 29. Mai 2026Kapitalis

Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme

29. Mai 2026 um 09:23

Le Conseil de paix, la «machine à sous» de Donald Trump, est en hibernation par ces grandes chaleurs. La ferveur pacificatrice du «Père fondateur» est tombée aussi vite que son malin désir de laisser une trace dans l’Histoire. Son attachement à la paix s’est évaporé. Il est allé guerroyer loin de son pays natal, accompagné de son fidèle serviteur et son conseiller en stratégie militaire, Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien souffle le vent et la «Furie épique» en direction de son maître. Un tandem qui rappelle un autre, de si triste mémoire, Hitler et Mussolini.

Mohsen Redissi *

Le Conseil de paix est un subterfuge avec un vice caché. Le cynisme du président Trump n’a pas d’égal. L’année dernière, il a raté le Nobel de la Paix ; cette fois-ci, il va user de tout son poids pour la prochaine édition. Le Conseil de sécurité des Nations unies lui a décerné un blanc-seing, pourquoi pas une poignée d’académiciens ? Ses sbires vont lui orchestrer une campagnedigne de son rang et de son désir ardent de toucher le gros lot.

Vendredi, samedi ou dimanche

Ce ne sont ni les Journées du patrimoine, ni un long week-end, mais des journées d’ascension vers l’au-delà, spécialement choisies par le président américain, ci-devant président du Conseil de paix, qui promettait il y a peu de rayer l’Iran de la carte et d’en finir avec une civilisation vieille de 5000 ans. Ce n’est pas une diversion, son hésitation est le signe du doute sur les capacités militaires américaines à faire plier l’Iran et le pousser à accepter la Pax Americana.

L’Iran a choisi sa ligne de défense : la riposte du coup par coup sur le champ de bataille et par le verbe sur le tapis vert des pourparlers. La République islamique, qui respire toujours, malgré le déluge de feu qu’elle a essuyé ces derniers mois, reste ferme sur son programme nucléaire. Trump prend le monde entier en témoin pour nous faire croire qu’il offre aux Iraniens une échappatoire. Un temps pour la réflexion et un temps pour la reddition. 

Irrespectueux des trois religions monothéistes, mais conscient des exigences confessionnelles, le président américain propose une guerre à choix multiples : vendredi ou samedi ou dimanche. Les musulmans doivent cocher la case du vendredi. Par Allah, le ciel va leur tomber sur la tête, malédiction que Abraracourcix, le chef Gaulois, craignait le plus. Jour du seigneur, jour de prières et de piété chez les Mahométans. Prier dans le silence sans crier Allah Akbar, pour ne pas être pris pour un terroriste. 

Dans sa grande bonté, le président américain a laissé aux Iraniens deux autres cases à cocher, samedi et dimanche, libres à eux de choisir le jour pour se faire livrer par la voie des airs comme par mer et par terre toute sorte d’objets brûlants : bombes, missiles, explosifs… Ils ont l’embarras du choix.

Souviens-toi du jour du shabbat 

Mêmes minoritaires, entre dix mille et quinze mille individus, les Juifs iraniens font de la résistance. Ils ont préféré rester chez eux en Iran plutôt que d’émigrer vers les Etats-Unis ou Israël comme bon nombre de leurs congénères.

Dans un pays réputé pour son aversion pour Israël, les Juifs iraniens, yahudi, observent leurs traditions, possèdent leurs synagogues, leurs cimetières, leurs restaurants casher, et même une bibliothèque juive. Leurs enfants étudient dans des écoles hébraïques.

Les Juifs iraniens ont un siège à l’Assemblée consultative islamique d’Iran. Chose que beaucoup de gens ignorent, parce que l’information est occultée par des médias au service de l’obscurantisme.

Le shabbat est un jour d’abstinence chez les juifs, du vendredi soir jusqu’au samedi soir. Ils prennent ainsi le relais aux musulmans. Jour que probablement choisira Trump pour cracher son déluge de feux et de flammes sur l’Iran et gâcher leur quiétude. La mort ne fait pas dans la dentelle. Trump en a voulu autrement.

Pour qui sonne le glas

Entre huit cent mille à un million d’Iraniens chrétiens vivent encore sur les terres de leurs ancêtres. Minorité religieuse reconnue sur le plan de la constitution. Les chrétiens disposent de 3 sièges au Parlement iranien. Leur nombre ne cesse de croître dans le pays. Dimanche est le jour du Seigneur, mais ils doivent rester vigilants. Les assises des églises risquent de trembler. 

Le peuple iranien, avec toutes ses composantes ethniques, religieuses et linguistiques, ne sera épargné ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche. A quel saint se vouer se demandent les Iraniens ? Le jour où le grand manitou yankee décide de reprendre les bombardements, c’est le peuple iranien tout entier qui est visé. L’attaque, annoncée d’avance, ne sera ni une attaque surprise, ni une attaque d’envergure. Les Iraniens ont eu assez de temps pour s’y préparer. Elle va perturber la vie des Iraniens indépendamment de leurs convictions religieuses. Quand les bombes explosent, ou quand les missiles touchent leurs cibles, c’est toute la population iranienne qui est agressée, quelle que soit leur confession ou leur jour de piété.

* Fonctionnaire à la retraite.

L’article Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeKapitalis

L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal

27. Mai 2026 um 08:42

La guerre pourrait se terminer avec un Iran plus confiant, plus radical et disposant de nouvelles ressources pour reconstruire son programme nucléaire

Gideon Rachman *

«La pire chose que vous puissiez faire dans une négociation est d’avoir l’air désespéré de la conclure. Ça donne à l’autre l’impression de sentir le sang, et alors vous êtes mort. La meilleure chose à faire est de négocier en position de force, et la capacité de pression est la plus grande force que vous puissiez avoir.»

Tel était le principe énoncé par Donald Trump (ou son prête-plume) dans «The Art of the Deal», publié en 1987 [en français Le plaisir des affaires, puis Trump par Trump].

Trump aurait peut-être dû relire son propre livre avant de poster le 5 avril : «Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous furieux, sinon vous vivrez en enfer.» Aux yeux d’un observateur non averti, cette exigence semblait un tantinet désespérée – d’autant que Trump n’a pas donné suite à ses menaces de déchaîner une violence infernale contre l’Iran.

L’Iran dans une position plus forte qu’avant la guerre.

La triste réalité est que, dans les pourparlers pour mettre fin à la guerre, c’est Téhéran qui a eu la haute main. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a exercé une pression intense sur l’économie mondiale. Alors que les prix de l’essence augmentaient aux USA, la cote de popularité de Trump dans les sondages s’effondrait. Le résultat est qu’au moment où j’écris ces lignes, les USA semblent prêts à accepter un accord qui – à long terme – menace de laisser l’Iran dans une position plus forte qu’avant le début de cette guerre.

L’essence de l’accord qui se dessine est que l’Iran accepte d’ouvrir le détroit sans percevoir de péage. En échange, il bénéficie d’un allègement progressif des sanctions – y compris le dégel de milliards de dollars d’avoirs. L’Iran fera des promesses de restreindre son programme nucléaire. Mais les détails feront l’objet de négociations futures – cette question reste donc essentiellement non résolue.

Trump a insisté sur le fait qu’il n’était pas pressé et n’accepterait jamais un mauvais accord. Mais la réaction des Républicains faucons à l’accord émergent était révélatrice.

Le sénateur Ted Cruz a suggéré qu’il pourrait s’agir d’une «erreur désastreuse» car elle laisserait l’Iran «capable d’enrichir de l’uranium et de développer des armes nucléaires, et d’avoir un contrôle effectif sur le détroit d’Ormuz».

Le sénateur Roger Wicker, président de la commission des forces armées du Sénat, a averti que l’accord émergent «ne vaudrait pas le papier sur lequel il est écrit».

Le gouvernement israélien, qui a joué un rôle crucial en persuadant Trump d’entrer en guerre en premier lieu, sera poli en public à propos de tout accord – non seulement parce que Benjamin Netanyahou doit bientôt affronter les électeurs. Mais la réalité est que le leader israélien a présenté la guerre comme une opportunité unique de provoquer un changement de régime en Iran.

Le régime iranien toujours en place – plus confiant, plus radical

Il voit maintenant le conflit se terminer alors que le régime iranien est toujours en place – plus confiant, plus radical et avec de nouvelles ressources financières pour reconstruire son programme nucléaire et son réseau de mandataires dans tout le Moyen-Orient.

Eli Groner, ancien directeur général du cabinet de Netanyahou, affirme que le fait que l’Iran puisse désormais fermer le détroit d’Ormuz à tout moment à l’avenir «est une victoire bien plus profonde et plus stratégique que n’importe quelle réussite militaire marquant des points». Son résumé tenait en un mot : «Désastre.»

Tout en atténuant potentiellement la situation financière et économique désastreuse de la république islamique, l’accord est susceptible de faire pencher l’équilibre régional des forces en faveur de l’Iran. Comme l’a observé Dan Shapiro, ancien ambassadeur usaméricain en Israël, sur X : «L’Iran a acquis une capacité de pression significative pour l’avenir en démontrant qu’il peut contrôler le détroit, en attaquant ses voisins et les bases américaines dans la région et en causant des dégâts importants, et en encaissant les coups les plus durs des USA et d’Israël et en survivant. »

Shapiro estime néanmoins que Trump est dans une telle impasse qu’accepter un mauvais accord qui ouvre le détroit serait une meilleure option que de continuer la guerre.

Compte tenu des risques croissants d’une crise énergétique et d’une récession mondiales, ce calcul est compréhensible. Les Etats-Unis ont également des souvenirs récents de guerres – y compris le Vietnam et l’Afghanistan – qui ont duré beaucoup trop longtemps, alors que les Etats-Unis luttaient en vain pour améliorer une position perdante.

Si et quand Trump acceptera un mauvais accord, ce sera parce qu’il n’a pas d’alternative viable. La proposition du sénateur Wicker était «de permettre aux forces armées qualifiées de l’Amérique de finir de détruire les capacités militaires conventionnelles de l’Iran, puis de rouvrir le détroit». Mais une tentative de sécuriser le détroit par des moyens militaires aurait probablement nécessité le déploiement de troupes au sol et l’acceptation de lourdes pertes états-uniennes. Même alors, les Iraniens auraient pu menacer le transport maritime avec des drones ou des missiles.

Les menaces occasionnelles de Trump de déchaîner «l’Enfer» sur le régime iranien manquaient de crédibilité – en raison de son évidente réticence à s’engager dans une guerre terrestre et du danger de représailles iraniennes contre les États du Golfe et leurs infrastructures énergétiques.

Dans le jargon des analystes militaires, la vulnérabilité du Golfe a donné à l’Iran une «dominance de l’escalade». Le président américain – qui se compare obsessionnellement à l’ancien président Barack Obama – aimait railler l’accord nucléaire que l’administration Obama a conclu avec l’Iran en 2015. Trump l’a qualifié de «l’une des pires et des plus unilatérales transactions que les USA aient jamais conclues» et a affirmé : «Jamais, jamais, jamais de ma vie je n’ai vu une transaction aussi incompétente que notre accord avec l’Iran.» Mais Trump lui-même négocie désormais un accord qui ressemble, à bien des égards, à pire que celui négocié par Obama – en partie à cause du savoir latent que l’Iran peut toujours fermer le détroit d’Ormuz, quand bon lui semble. Sacré exploit de la part du maître de l’art du deal.

Source : Financial Times.

* Chroniqueur principal des affaires étrangères au Financial Times.

L’article L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal est apparu en premier sur Kapitalis.

Israël | La doctrine Smotrich pour étrangler l’Autorité Palestinienne

21. Mai 2026 um 07:53

La stratégie de Bezalel Smotrich, véritable chef du gouvernement israélien actuel, pour faire s’effondrer l’Autorité palestinienne (AP), combine l’étranglement économique avec l’expansion du contrôle des colonies sur les terres palestiniennes en Cisjordanie.

Amira Hass

Un média israélien de droite religieuse célèbre le gel des fonds palestiniens et la propagation du chaos en Cisjordanie comme des succès politiques.

Avec la franchise qui caractérise son sujet, Hagit Rosenbaum, écrivant pour le site d’information religieux de droite Besheva, décrit la politique du ministre Bezalel Smotrich envers les Palestiniens comme un «mouvement en tenaille» visant à «faire s’effondrer l’Autorité palestinienne». La stratégie combine l’étranglement économique avec l’expansion du contrôle des colonies sur les terres palestiniennes.

L’étranglement économique de l’Autorité palestinienne

L’article du 14 mai, intitulé «Oslo, la fin : le plan qui sauvera Israël du prochain 7 octobre», démontre une fois de plus qu’au sein du gouvernement Netanyahou, le ministre des Finances, qui est également ministre de la Défense, est l’opérateur le plus efficace du gouvernement.

L’étranglement économique est mis en œuvre par la retenue des revenus de l’AP provenant des droits de douane qu’Israël perçoit pour le compte de l’AP – même si j’évite la formulation exacte de Rosenbaum concernant la nature de ces fonds, de peur de publier par inadvertance une fausse déclaration – ainsi que par le maintien de l’interdiction pour les travailleurs palestiniens d’entrer en Israël et dans de nombreuses colonies pour y travailler.

Il s’agit d’un sévère coup économique porté à l’AP, précise Rosenbaum, tout en créditant à la fois Smotrich et la ministre des Colonies et des Missions nationales, Orit Strock, de sa mise en œuvre.

«Tout cela contribue à briser l’AP, ce qui conduira au démantèlement de facto des accords d’Oslo», explique-t-elle. «La mesure critique, et peut-être moins discutée, pour l’annulation de facto [des accords d’Oslo] est précisément la mesure économique», écrit Rosenbaum.

Le contexte immédiat de l’article est l’annonce faite la semaine dernière par Smotrich qu’il avait préparé un plan pour transférer des zones stratégiques des zones A et B vers la zone C en réponse aux sanctions imposées par l’Union européenne contre des individus et organisations israéliennes de colons.

Il est bon de se souvenir que Smotrich, et plus généralement le camp idéologique qu’il représente, excellent dans la planification à long terme et la mise en œuvre disciplinée. Je suppose qu’un tel plan était déjà dans un tiroir, attendant le moment opportun.

Pousser à l’émigration de Cisjordanie vers l’étranger

Rosenbaum détaille les succès de Smotrich. Il «gèle le transfert de fonds à l’AP à hauteur de sommes astronomiques, étranglant ainsi lentement sa capacité à exister». Parmi les résultats : les écoles palestiniennes ne fonctionnent plus correctement en raison de pénuries budgétaires, les ingénieurs employés par l’État se sont mis en grève, et, plus généralement, «l’érosion économique de l’AP, provoquée par Smotrich… crée le chaos dans la rue palestinienne et paralyse d’autres initiatives», y compris les projets de construction.

Ignorant l’appauvrissement de millions de personnes et les dommages causés à leur santé (un autre succès !), Rosenbaum note «un autre effet important» des mesures d’étranglement : les gouverneurs locaux sont désormais «plus préoccupés par leur survie et moins attentifs à la lutte contre les mécanismes terroristes».

Selon elle, tout cela pourrait évoluer dans «deux directions positives : soit le chaos dans la rue palestinienne et la rébellion contre la direction de Mahmoud Abbas et ses successeurs, soit un mécontentement populaire généralisé et une tendance à l’émigration de Cisjordanie vers l’étranger».

On ne saurait le dire plus ouvertement. L’étranglement économique est la méthode, le chaos est le stade intermédiaire, et le résultat final souhaité est le vidage de la Cisjordanie de ses Palestiniens. Tout s’aligne parfaitement avec le «Plan décisif» de Smotrich de 2017. Je suppose que Rosenbaum est en contact direct avec le ministre des Finances, ce qui suggère qu’il ne s’agit pas d’une interprétation mais d’un compte rendu factuel des plans et objectifs.

Ceux qui sont décrits comme «proches du ministre» lui ont dit, écrit-elle, qu’«appuyer sur le bouton et accomplir un acte politique d’annulation des accords d’Oslo est plus compliqué. Mais le démantèlement économique, associé à l’érosion des zones A et B, permettra de démanteler l’accord de facto lorsque les circonstances le permettront – par exemple, au lendemain de la disparition de Mahmoud Abbas.»

Des fonds palestiniens pour financer le Conseil de la paix de Trump

Pendant ce temps, l’argent qu’Israël retient aux Palestiniens a peut-être déjà trouvé un nouveau but. Reuters a rapporté ce week-end que les USA envisagent de demander à Israël de transférer une partie de ces fonds, estimés à environ 4,7 milliards de dollars début mai, au Conseil de la paix (Board of Peace), qui est en difficulté et n’a pas réussi à lever le budget qu’il s’était initialement fixé : 17 milliards de dollars. Les estimations actuelles placent les coûts de reconstruction à 70 milliards de dollars, et ce chiffre ne fera certainement qu’augmenter.

Plusieurs sources diplomatiques m’ont également dit au début de la semaine dernière que ce qui a commencé comme une proposition israélienne en début d’année, selon un rapport du Times of Israel, semble maintenant avoir été adopté par le Conseil de la paix lui-même : utiliser une partie des fonds palestiniens retenus pour financer ses activités.

Il est bon de rappeler qu’une partie de l’argent confisqué par le ministère israélien des Finances correspond aux sommes décroissantes que l’AP transfère comme allocations, pensions et salaires aux résidents de Gaza qui lui sont affiliés plutôt qu’au Hamas, ainsi que pour des traitements médicaux hors de la bande de Gaza.

J’ai également envoyé des questions au Conseil de la paix. Parmi elles : Le transfert de fonds a-t-il été discuté lors des réunions de Benjamin Netanyahou avec le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov ? Un montant spécifique a-t-il été déterminé ? Et combien de hauts fonctionnaires reçoivent actuellement des salaires du Conseil ?

Je n’ai reçu aucune réponse, à part une réponse générique, également donnée à d’autres médias : toutes les parties sont invitées à contribuer à l’effort, y compris Israël et l’Autorité palestinienne, et «l’argent déposé dans une banque ne fait rien pour faire avancer le plan en 20 points du président».

Cela ne me semble pas être une critique d’Israël, mais plutôt une indication que l’intention est bien d’utiliser une partie de l’argent volé, effectivement dévalisé par Israël, à des fins pour lesquelles il n’a jamais été destiné. L’AP va s’effondrer et le chaos va se propager dans la société palestinienne, mais le Conseil, affichant «la paix» et la bénédiction du Conseil de sécurité de l’Onu, pourra ainsi remplir une de ses missions.

Source : Haaretz. Traduit par Tlaxcala

L’article Israël | La doctrine Smotrich pour étrangler l’Autorité Palestinienne est apparu en premier sur Kapitalis.

Netanyahu hérisse ses alliés aux Emirats

18. Mai 2026 um 08:52

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé mercredi 13 mai 2026 que ce dernier avait effectué une visite secrète aux Émirats arabes unis fin mars en pleine guerre contre l’Iran. La divulgation de cette visite par les Israéliens a irrité les Émiratis qui l’ont démentie ! Al-Monitor indique qu’après la révélation de cette visite par les médias israéliens, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué confirmant le voyage et le qualifiant de «percée historique dans les relations entre Israël et les Émirats arabes unis».

Imed Bahri

La décision de Netanyahu de révéler cette visite dans un pays voisin de l’Iran en pleine guerre régionale –qui a éclaté suite à la décision conjointe du Premier ministre israélien et du président américain Donald Trump d’attaquer l’Iran le 28 février– semble avoir eu pour but de détourner l’attention de l’opinion publique israélienne de ses difficultés politiques intérieures et de marquer des points politiques avant une campagne électorale cruciale cet automne.

La semaine dernière, les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid -ce dernier étant désormais chef de l’opposition- ont formé une alliance, accentuant la pression sur Netanyahu avant les élections prévues en octobre 2026.

Un sondage publié mardi par la chaîne de télévision publique israélienne Kan a révélé que la nouvelle alliance entre Bennett et Lapid, qui est baptisée BeYakhad (Ensemble) est le seul bloc politique actuellement capable de concurrencer sérieusement le Likoud de Netanyahu.

Le sondage indique que si des élections avaient lieu aujourd’hui, l’alliance Bennett-Lapid remporterait 25 sièges, soit un de moins que le Likoud, et serait mieux placée pour former une coalition gouvernementale.

«Un acte irresponsable» 

Un ancien diplomate israélien de haut rang a déclaré à Al-Monitor, sous couvert d’anonymat : «Révéler cette visite était un acte irresponsable. Cela a causé un préjudice considérable aux Émirats arabes unis et à la crédibilité d’Israël auprès de ses alliés, pour un gain politique et médiatique marginal et à court terme». Il a ajouté : «Trahir son allié le plus important dans la région pour un demi-point médiatique est sidérant». Cela a produit l’effet inverse.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats a réagi jeudi par un communiqué inhabituellement ferme niant la visite : «Les allégations concernant des visites non annoncées sont sans fondement, à moins qu’elles ne proviennent des autorités officielles compétentes des Émirats arabes unis». Le communiqué ajoute : «Les Émirats arabes unis affirment que leurs relations avec Israël relèvent de relations publiques menées dans le cadre des accords d’Abraham, bien connus et officiellement déclarés, et ne reposent pas sur des arrangements opaques ou informels».

Un haut responsable israélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat au sujet des répercussions de la crise, a déclaré : «Netanyahu est fini là-bas. Ils ont enfin compris à quel point il n’est pas fiable. Depuis le début de la guerre, les relations s’étaient approfondies, et maintenant tout est détruit».

Accords d’Abraham et renforcement des liens

En janvier 2020, à la fin de son premier mandat, Trump a négocié les accords d’Abraham, établissant des relations entre Israël et Bahreïn, le Maroc, le Soudan et les Émirats.

Malgré cette normalisation, les Émirats ont résisté aux pressions visant à inviter Netanyahu pour une visite officielle. Après sa défaite aux élections de 2021, Abou Dhabi a accueilli son successeur Naftali Bennett en décembre de la même année, lui réservant un accueil public chaleureux et une rencontre avec le président émirati Mohammed ben Zayed.

Lapid s’est également rendu aux Émirats en 2021 en tant que ministre des Affaires étrangères, puis y est retourné en 2025 comme chef de l’opposition. Parallèlement, le président israélien Isaac Herzog a effectué plusieurs visites à Abou Dhabi, témoignant du développement des relations bilatérales et sécuritaires.

Après son retour au pouvoir en janvier 2023, Netanyahu a sollicité à plusieurs reprises une invitation aux Émirats, mais ses efforts ont été contrariés par les événements du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi à Gaza. 

Cependant, la guerre contre l’Iran –notamment l’assassinat de dirigeants clés, les dommages causés aux programmes nucléaire et balistique iraniens et le renforcement de la coopération sécuritaire avec les Émirats– a apparemment amélioré la position de Netanyahu à Abou Dhabi.

Coopération à des niveaux sans précédent

Bien que les Émirats aient publiquement critiqué certaines actions d’Israël contre l’Iran durant le conflit actuel, la coopération en coulisses aurait atteint des niveaux sans précédent.

Israël a déployé ses systèmes de défense aérienne les plus performants aux Émirats ainsi que du personnel militaire afin de contribuer à l’interception des missiles iraniens.

Le Financial Times a également rapporté qu’Israël avait fourni aux Émirats une version de son système de défense aérienne laser Iron Beam.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, le pasteur évangélique Mike Huckabee, a confirmé mardi 12 mai qu’Israël avait envoyé une batterie du système Dôme de fer, ainsi que des technologies de défense avancées et des experts militaires, pour assister les Émirats.

Un diplomate du Moyen-Orient a déclaré à Al-Monitor sous couvert d’anonymat : «Israël a pratiquement mis toutes ses capacités à la disposition des Émirats arabes unis et cela a fonctionné jusqu’à cet acte de vantardise inapproprié»

Tout s’est (momentanément) effondré

Selon un haut responsable israélien : «Ce qui est véritablement inquiétant, c’est que les relations s’étaient renforcées pendant toute la guerre et que la position de Netanyahu aux Émirats s’était même accrue. Il était sur le point de recevoir une invitation officielle pour une visite d’État». Il a ajouté : «Malgré les réserves que Mohammed Ben Zayed avait exprimées à son sujet, il semblait que la glace avait enfin été brisée. Or, tout s’est à nouveau effondré».

L’ancien chef de cabinet de Netanyahu Zeev Agman a réagi au démenti émirati concernant la visite en confirmant qu’il avait accompagné Netanyahu et que l’accueil était exceptionnel. Agman a écrit sur sa page Facebook : «Le Premier ministre a été reçu à Abou Dhabi avec les honneurs. Le cheikh a témoigné un grand respect au Premier ministre et l’a personnellement conduit de l’avion au palais dans sa propre voiture. Les accords conclus lors de cette visite extraordinaire resteront gravés dans les mémoires».

Les fuites médiatiques qui ont incité le bureau de Netanyahu à publier ce communiqué indiquaient également que le chef du Mossad, David Barnea, et le chef du Shin Bet, David Zini, s’étaient rendus aux Émirats pendant la guerre. Barnea s’y était rendu au moins à deux reprises. 

Vendredi, la chaîne de télévision publique Kan a rapporté que le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, s’était lui aussi rendu aux Émirats pendant la guerre pour rencontrer Mohammed Ben Zayed et de hauts responsables de la sécurité émiratie.

Un haut responsable israélien a déclaré : «Après le début des fuites, le bureau du Premier ministre aurait simplement dû garder le silence, comme c’est l’usage dans ce genre de situation. Mais il n’a pas pu s’en empêcher». Il a ajouté : «Les Émirats publient rarement des démentis aussi catégoriques. Cela témoigne de l’ampleur de la colère et du sentiment de trahison. Révéler une telle chose en pleine guerre alors que les Émirats sont en conflit direct avec l’Iran et continueront d’en subir les conséquences par la suite, est inconcevable».

Selon plusieurs sources politiques s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès d’Al-Monitor, le cabinet de Netanyahu a tenté d’organiser une visite officielle aux Émirats après la divulgation du voyage. «Ils ont essuyé un refus catégorique, voire un affront», a déclaré une source politique israélienne proche du dossier. «Le simple fait qu’ils aient osé solliciter une visite officielle après tous ces dégâts est sidérant», a ajouté la source.

S’agit-il d’un dommage temporaire ou d’une rupture stratégique ?

Les relations entre Israël et les Émirats ont résisté à de multiples crises régionales et guerres depuis leur normalisation il y a plus de six ans et les deux parties semblaient désireuses de les renforcer davantage. Abou Dhabi avait également manifesté son intérêt pour participer aux efforts de reconstruction et de stabilisation de Gaza. «À l’heure actuelle, ils sont furieux et ne veulent plus entendre parler de Netanyahu», a déclaré la source politique israélienne. «Nous ne pouvons qu’espérer qu’il s’agit d’un dommage tactique et temporaire et non d’une rupture stratégique», a-t-elle ajouté.

Selon des sources diplomatiques à Abou Dhabi, les chances que Netanyahu effectue une visite officielle aux Émirats avant les élections israéliennes d’octobre semblent extrêmement minces. Toutefois, s’il remporte les élections, Mohammed Ben Zayed pourrait se trouver confronté à un dilemme délicat.

L’article Netanyahu hérisse ses alliés aux Emirats est apparu en premier sur Kapitalis.

Chine-Etats-Unis ou l’inévitable affrontement

15. Mai 2026 um 13:12

En dépit des sourires de rigueur et des déclarations soporifiques des dirigeants des deux superpuissances mondiales actuelles, la Chine adopte des positions mettant clairement en avant sa force économique, technologique et militaire, tout en se posant comme le chef de file du courant mondial contestant l’ordre unipolaire et la suprématie américaine sous toutes ses formes, y compris à travers l’énergie, le dollar et le système monétaire mondial. L’affrontement, inévitable, serait-il seulement reporté ?  (Photo : Xi Jinping a reçu Donald Trump hier à Pékin. Devinez qui est le patron !) **

Elyes Kasri *

Tête-à-tête des titans, hier, jeudi 14 mai 2026, à Pékin, entre Donald Trump et Xi Jinping, chacun croyant à sa manière à la fin du monde. Le président chinois exprimant sa ferme croyance en la fin du monde unipolaire, tandis que son homologue américain, poussé par les chrétiens évangéliques et les milieux sionistes, surfe sur la vague idéologique et religieuse de la fin du monde tout court avec l’espoir d’une rédemption et l’avènement du messie salvateur.

L’Amérique attend le retour du messie

Les chrétiens évangéliques américains, socle politique du mouvement Make América Great Again (Maga), qui a ramené Trump à la Maison Blanche, en dépit de ses scandales à répétition, sont très infiltrés et financés par les milieux sionistes mondiaux, comme l’indique le triste épisode de l’assassinat de Charlie Kirk, leader de la jeunesse chrétienne de droite et de l’organisation TPUSA. Ils croient fermement en la bataille d’Armageddon menant à l’apocalypse et au retour du messie salvateur pour un règne de mille ans à Jérusalem.

Ce n’est pas par accident si Michael Huckabee, ancien pasteur évangélique et actuel ambassadeur américain à Jérusalem, fait preuve d’une plus grande déférence à Benjamin Netanyahu et au projet du Grand Israël qu’à Trump et à la diplomatie officielle des Etats-Unis.

La Chine s’est bien réveillée

De son côté, la Chine donne tous les signes de s’être bien réveillée (référence à l’ouvrage d’Alain Peyrefitte qui se serait inspiré de Napoléon 1er qui aurait dit : «Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s’éveillera le monde entier tremblera»).

Longtemps focalisée sur son développement économique et technologique et sentant un puissant courant d’opinion aux Etats-Unis et dans certains quartiers de l’Alliance Atlantique la classant comme le rival et même l’ennemi numéro un de la Pax Americana-Judaica, la Chine adopte des positions mettant clairement en avant sa force économique, technologique et militaire en se posant comme le chef de file du courant mondial contestant l’ordre unipolaire et la suprématie américaine sous toutes ses formes y compris à travers l’énergie, le dollar et le système monétaire mondial.

Cet eschatologisme, qui empreint les deux premières puissances mondiales, a une marge très réduite de convergence et d’importantes chances de mener, même si graduellement, vers un affrontement qui déterminera la force qui dominera le XXIe siècle.

Les enjeux sont planétaires et le dénouement présente de nombreux indices de pénibilité et de dégâts collatéraux.

Les puissances moyennes et petites font face au défi existentiel de surmonter la tempête qui pointe à l’horizon et la bourrasque qui risque d’emporter les plus légers et les moins amarrés à leur réel socio politique et socle populaire et régional.

* Ancien ambassadeur.

** «Entre Xi Jinping et Donald Trump, le dominant n’est pas celui qu’on pense», titrait Alain Frachon sa chronique dans Le Monde d’hier.

L’article Chine-Etats-Unis ou l’inévitable affrontement est apparu en premier sur Kapitalis.

Etat d’Israël et question palestinienne | Hommage à Maxime Rodinson

15. Mai 2026 um 11:30

Avec la rigueur scientifique, la profondeur historique et la lucidité intellectuelle qui le caractérisaient, Maxime Rodinson (1915-2004) a répondu, il y a plus de soixante ans, aux arguments aujourd’hui remis au goût du jour par les soutiens indéfectibles de l’Etat d’Israël et de ses crimes. Par sa justesse, sa réflexion approfondie sur le sionisme, le judaïsme, la question nationale juive et le conflit israélo-arabe garde une incroyable actualité.  

Moncef Ben Slimane *

En classant mes archives, je suis tombé sur un ancien numéro de Perspectives, l’organe du Groupe d’études et d’action socialiste tunisien. En feuilletant ses pages jaunies par le temps, un titre a immédiatement résonné avec l’actualité politique française la plus brûlante.

Il y a quelques semaines encore, des députés soutenus par des personnalités intellectuelles françaises présentaient à l’assemblée nationale ce qu’on appelle (la loi Yadan) un texte visant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme.

Or, dans la brochure Perspectives datant de 1964, figure un entretien avec Maxime Rodinson. Avec la rigueur scientifique, la profondeur historique et la lucidité intellectuelle qui le caractérisaient, M. Rodinson répondait déjà, il y a plus de soixante ans, aux arguments aujourd’hui remis au goût du jour par les soutiens indéfectibles de l’Etat d’Israël et de ses crimes. À travers ses analyses, on mesure combien certains débats contemporains s’inscrivent dans une longue continuité idéologique et politique.

Je livre ici au lecteur les propos de M. Rodinson, dont la pertinence demeure, à bien des égards, saisissante.

Dans ce long entretien, le sociologue et historien français développe une réflexion approfondie sur le sionisme, le judaïsme, la question nationale juive et le conflit israélo-arabe.

Directeur à l’École pratique des Hautes Études, M. Rodinson est attaché à l’analyse historique et politique des faits. Il insiste à plusieurs reprises sur la nécessité de distinguer clairement l’antisémitisme de l’antisionisme, tout en appelant à une solution juste pour les peuples israélien et palestinien.

Dès l’ouverture de l’entretien, il déclare : «Ce sont l’antisémitisme et le sionisme qui, en créant Israël, en ont fait une véritable nation. Je ne suis pas de cette nation ; ayant le privilège de choisir, j’ai choisi. Français juif, je n’ai pas à me faire patriote israélien. Je suis prêt à défendre les Juifs d’Israël, comme les autres, contre l’injustice, pas à les soutenir pour l’injustice.»

Le sionisme et le judaïsme : deux réalités distinctes

Interrogé sur l’amalgame fréquent entre judaïsme et sionisme, M. Rodinson affirme que les dirigeants israéliens et les propagandistes sionistes cherchent à identifier les deux notions alors qu’elles relèvent, selon lui, de réalités différentes.

Pour M. Rodinson, le sionisme doit être compris comme une tendance politique apparue à la fin du XIXe siècle visant à regrouper les Juifs dans une même entité territoriale, en l’occurrence la Palestine.

Il rappelle qu’à l’origine du mouvement sioniste, plusieurs projets territoriaux furent envisagés, notamment l’Ouganda, avant que la Palestine ne s’impose comme destination privilégiée.

Le judaïsme, en revanche, désigne pour lui une appartenance religieuse et culturelle beaucoup plus vaste et diverse.

Il distingue alors plusieurs catégories de Juifs dans le monde :

1. Les communautés religieuses traditionnelles ;

2. Les communautés quasi-nationales de certains pays d’Europe orientale ;

3. Les Juifs assimilés mais demeurant attachés à certains aspects de la culture juive.

Selon lui, ces catégories ne suffisent pas à définir une nation au sens moderne.

Une critique de la notion de «nation juive»

M. Rodinson consacre une partie importante de l’entretien à discuter la question de l’existence d’une nation juive.

Il estime que les critères classiques de définition d’une nation — territoire, langue commune, culture homogène, unité historique — ne sont pas réunis dans le cas des communautés juives dispersées à travers le monde.

Il souligne notamment les différences culturelles profondes existant entre les Juifs d’Europe occidentale, ceux d’Europe orientale, les Juifs du Yémen, d’Éthiopie ou encore de Chine.

Il insiste également sur l’absence d’unité ethnique ou raciale : «Les recherches anthropologiques ont permis de dégager qu’il est inexact de parler de race juive.»

Selon lui, les communautés juives ont souvent été davantage unies par l’expérience historique de l’antisémitisme que par une homogénéité culturelle ou biologique.

L’entretien revient longuement sur les processus d’assimilation des Juifs dans les sociétés occidentales.

M. Rodinson explique qu’à partir du XIXe siècle, une partie importante des Juifs européens s’est progressivement intégrée dans les sociétés environnantes tout en conservant parfois certains éléments culturels ou religieux.

Il évoque notamment les débats autour de l’assimilation en France et cite plusieurs intellectuels juifs antisionistes.

Il affirme que le sionisme s’est souvent présenté comme une réaction contre l’assimilation, considérée par certains dirigeants sionistes comme un danger pour la continuité de l’identité juive.

Cependant, M. Rodinson rappelle que de nombreux Juifs sont restés profondément attachés à leurs pays d’origine et n’ont jamais souhaité émigrer vers Israël.

Israël et la transformation du problème juif

Pour M. Rodinson, la création de l’État d’Israël a profondément modifié la situation historique des Juifs.

Il estime que l’État israélien constitue l’apport essentiel du sionisme moderne mais qu’il n’a pas supprimé l’existence de la diaspora juive.

Il affirme également que le sionisme a contribué à créer au Moyen-Orient un conflit durable qui n’existait pas auparavant sous cette forme.

Selon lui, les Juifs du Moyen-Orient vivaient dans des conditions très différentes de celles connues par les communautés juives d’Europe soumises à l’antisémitisme moderne.

Il rappelle que, dans l’Empire ottoman, les Juifs bénéficiaient souvent d’institutions autonomes et qu’ils ne connaissaient pas systématiquement les persécutions observées en Europe.

La question palestinienne et le colonialisme

Une large partie de l’entretien est consacrée à la Palestine et à la nature du projet sioniste.

M. Rodinson affirme qu’il existe une dimension coloniale dans l’implantation sioniste en Palestine.

Il cite la définition du colonialisme proposée par René Maunier : «On peut parler de colonisation quand il y a occupation avec domination et émigration avec législation.»

Il considère que cette définition peut être appliquée à Israël.

Il critique également plusieurs arguments avancés par les défenseurs du sionisme :

– l’idée selon laquelle la terre palestinienne aurait été abandonnée ;

– l’argument du progrès économique apporté par les colons ;

– l’idée que l’existence d’un État socialiste et moderne justifierait la dépossession nationale des Palestiniens.

Selon lui, même lorsqu’il y eut des achats réguliers de terres avant 1948, cela ne suffisait pas à légitimer une dépossession nationale.

Antisionisme et antisémitisme

M. Rodinson revient à plusieurs reprises sur la confusion entretenue, selon lui, entre critique du sionisme et haine des Juifs.

Il reconnaît que certains mouvements antisionistes peuvent parfois dériver vers l’antisémitisme, notamment dans des contextes de guerre ou de mobilisation populaire.

Cependant, il rejette fermement l’idée selon laquelle toute opposition au sionisme serait antisémite.

Il écrit notamment : «Les Arabes ne s’élèvent pas contre les Juifs en tant que Juifs. Ils s’élèvent contre les sionistes sur un territoire politique limité, celui de Palestine.»

Il accuse également certains dirigeants sionistes d’avoir cherché à identifier systématiquement tous les Juifs au projet politique israélien.

Une solution politique fondée sur deux droits

A la fin de l’entretien, M. Rodinson développe sa vision d’une solution pacifique. Il estime qu’une solution exclusivement militaire ne pourrait conduire qu’à une catastrophe.

Il appelle les intellectuels progressistes à faire pression en faveur d’un règlement politique fondé sur la justice et la coexistence.

L’entretien se conclut sur un appel à la lucidité politique et à la distinction claire entre antisémitisme et antisionisme.

Enfin, les analyses et les positions de M. Rodinson, qui datent d’avril 1964, restent non seulement d’actualité, mais ôtent également le vernis idéologique aux discours d’un nombre non négligeable d’intellectuels et d’universitaires français qui, jusqu’à aujourd’hui, cherchent à camoufler académiquement et à légitimer politiquement le génocide du peuple palestinien et les crimes de l’État d’Israël.

* Professeur universitaire.

L’article Etat d’Israël et question palestinienne | Hommage à Maxime Rodinson est apparu en premier sur Kapitalis.

Le Émirats ont bombardé secrètement l’Iran !

14. Mai 2026 um 09:00

Alors que le Financial Times a révélé la semaine dernière qu’Israël a fourni ses systèmes de défense aérienne les plus performants aux Émirats arabes unis et qu’il y a déployé des militaires chargés de leur exploitation durant la guerre contre l’Iran, voilà que le Wall Street Journal (WSJ) a fait une autre révélation importante lundi 11 mai 2026. Selon des sources du journal américain, les Émirats ont frappé l’Iran et ces frappes comprenaient une attaque contre une raffinerie de pétrole située sur l’île iranienne de Lavan, dans le golfe Persique. Abou Dhabi n’a jamais reconnu ces frappes. (La photo est tirée d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant un incendie dans la raffinerie de Lavan).

Imed Bahri

Le WSJ indique que l’armée émiratie est bien équipée en avions de chasse et réseaux de surveillance de fabrication occidentale et que ces attaques laissent penser que le pays est désormais plus enclin à les utiliser pour protéger sa puissance économique et son influence croissante au Moyen-Orient.

L’attaque en question qui a eu lieu début avril a provoqué un incendie majeur et a eu pour conséquence la perturbation d’une part importante de la capacité de production de la raffinerie qui va durer des mois.

L’Iran a qualifié l’attaque contre la raffinerie d’«acte hostile» et a riposté en lançant une salve de missiles et de drones contre les Émirats arabes unis et le Koweït.

L’une des sources a indiqué que les États-Unis n’étaient pas inquiets de cette frappe car le cessez-le-feu n’était pas encore effectif à l’époque, et qu’ils accueillaient favorablement, bien que discrètement, la participation des Émirats arabes unis et de tout autre État du Golfe désireux de rejoindre les combats.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a refusé de commenter les frappes mais a renvoyé à des déclarations antérieures affirmant le droit du pays à répondre –y compris militairement– ​​à des actes d’agression.

Le fossé se creuse

Le Pentagone a également refusé de commenter et la Maison-Blanche n’a pas répondu directement aux questions concernant le rôle des Émirats arabes unis dans le conflit mais a déclaré que le président Trump «disposait de toutes les options» et que les États-Unis disposaient d’une «pression maximale» sur le régime iranien.

«Il est significatif qu’un État arabe du Golfe soit directement impliqué dans la guerre et frappe directement l’Iran», a déclaré Dina Esfandiary, spécialiste du Moyen-Orient et auteure d’un ouvrage sur l’ascension des Émirats. «Téhéran va maintenant chercher à creuser le fossé entre les Émirats et les autres États du Golfe qui tentent une médiation pour mettre fin à la guerre», a-t-elle ajouté.

Avant le conflit, les États du Golfe avaient affirmé qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de leur espace aérien ou de leurs bases pour des attaques. Mais à mesure que le conflit s’intensifiait, l’Iran a riposté en lançant des missiles et des drones sur des centres urbains, des infrastructures énergétiques et des aéroports du Golfe dans le but d’accroître les coûts économiques et politiques et de rendre plus difficile la poursuite de l’offensive américano-israélienne.

L’Iran a concentré une part importante de ses attaques sur les Émirats, les ciblant avec plus de 2 800 missiles et drones, un nombre supérieur à celui de tout autre pays, y compris Israël.

Ces attaques ont fortement perturbé le trafic aérien, le tourisme et le marché immobilier des Émirats et ont provoqué une vague de départs forcés et de licenciements.

Un modèle économique en danger

Ces attaques ont également induit un changement fondamental dans la vision stratégique des Émirats qui considèrent désormais l’Iran comme un «État voyou» cherchant à saper leur modèle économique et social, lequel repose sur l’attraction des talents étrangers et le maintien d’une réputation de sécurité et de stabilité, selon des responsables du Golfe.

Depuis, les Émirats sont devenus l’État du Golfe le plus ouvertement belliqueux envers l’Iran et ont maintenu une étroite coopération militaire avec les États-Unis tout au long du conflit, selon des sources proches du dossier.

«Les Émiratis ont clairement indiqué dès le départ qu’ils ne souhaitaient pas cette guerre mais il est également clair que depuis les premières frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis, Abou Dhabi considère que le paysage régional a fondamentalement changé», a déclaré H.A. Hellyer, chercheur au Royal United Services Institute for Defence and Security Studies de Londres. Il a ajouté : «Abou Dhabi n’a pas confirmé si ses frappes visaient des cibles, ni lesquelles, mais dès les premiers jours du conflit, il semblait qu’une implication militaire accrue des pays du Golfe n’était qu’une question de temps».

Les spéculations concernant le rôle des Émirats se sont intensifiées depuis la mi-mars, date à laquelle un avion de chasse, dont l’apparence n’était ni israélienne ni américaine, a été photographié au-dessus de l’Iran.

Des chercheurs analysant des images et des informations publiques ont repéré des photos montrant vraisemblablement des chasseurs Mirage français et des drones Wing Loong chinois –tous deux utilisés par les Émirats – opérant en Iran.

Sur le plan militaire, les Émirats restent nettement plus modestes que les États-Unis, mais ils disposent d’une force aérienne très performante et entraînée, comprenant des chasseurs Mirage et une flotte sophistiquée de F-16, appuyée par des avions ravitailleurs, des avions de commandement et de contrôle et des drones de reconnaissance.

Le général de l’US Air Force à la retraite Dave Deptula, qui a planifié la campagne aérienne lors de la guerre du Golfe, estime que ces capacités confèrent aux Émirats arabes unis une force aérienne exceptionnellement avancée par rapport aux autres pays de la région. Il a déclaré: «Les Émirats arabes unis sont très performants dans les domaines des frappes de précision, de la défense aérienne, de la surveillance aérienne, du ravitaillement en vol et de la logistique. Avec une force aérienne aussi performante, pourquoi se contenter d’encaisser des attaques iraniennes sans riposter ?»

Diviser les pays du Golfe

La stratégie iranienne visant à entraîner le Golfe dans un conflit a exacerbé les divisions politiques entre les monarchies arabes et les a incitées à rechercher de nouveaux accords pour garantir leur sécurité.

Bien que tous les États du Golfe soient confrontés à des risques sécuritaires croissants et à des interrogations quant à la fiabilité de la protection américaine, les Émirats arabes unis poursuivent le renforcement de leurs relations avec les États-Unis, selon Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats, lors d’une rencontre avec des journalistes en avril.

Outre les frappes militaires, les Émirats ont soutenu les résolutions de l’Onu autorisant le recours à la force, si nécessaire, pour briser l’emprise de l’Iran sur le détroit stratégique d’Ormuz.

Abou Dhabi a également pris des mesures contre les intérêts iraniens et ce, en fermant des écoles et des clubs liés à Téhéran à Dubaï et en refusant d’accorder des visas et des droits de transit aux Iraniens.

Ces mesures ont fortement restreint une bouée de sauvetage économique vitale que les Émirats arabes unis fournissent à l’Iran depuis des années, malgré les lourdes sanctions occidentales.

L’Iran a réagi en accusant à plusieurs reprises les Émirats arabes unis de participer à la campagne américano-israélienne.

Après la destruction réussie par les États-Unis et Israël des capacités de défense aérienne iraniennes, le risque encouru par les avions de chasse de mener des incursions au-dessus de l’Iran a considérablement diminué, selon le colonel (à la retraite) John Venable, qui a commandé les opérations sur la base aérienne d’Al Udeid au Qatar durant sa carrière dans l’US Air Force. Il a déclaré: «Si vous êtes un allié et que vous souhaitez mener une opération, c’est le moment idéal car le niveau de menace est très faible». Il a ajouté : «À moyenne et haute altitude, les avions peuvent effectuer quasiment toutes les manœuvres qu’ils souhaitent et les Iraniens sont impuissants».

L’article Le Émirats ont bombardé secrètement l’Iran ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Viol des prisonniers palestiniens en Israël | ‘‘Le Monde’’ atteint de myopie

14. Mai 2026 um 08:04

‘‘Le Monde’’ du 13 mai 2026 consacre un article au rapport d’une mystérieuse ONG israélienne qui a soi-disant enquêté sur «les violences sexuelles et de torture du Hamas.» La page 2 du «journal de référence» sobrement intitulé «7 octobre : un rapport sur les viols du Hamas» défile le rapport de cette ONG israélienne appelée Commission civile dont on n’a jamais entendu parler. Deux noms seulement dans l’article. Pas de coordonnées. Rien de précis. On relève cependant que «le recueil des preuves s’est révélé difficile dans les kibboutz», note tout de même ‘‘Le Monde’’. Cela n’empêche pas son journaliste, Luc Bronner, de consacrer trois colonnes et un encadré au milieu de la Une à un rapport visiblement bidonné, un fake de chez fake.

Mohamed Larbi Bouguerra *

La question des viols est devenue à la mode (si l’on peut dire), après juillet 2024, quand Israël a été secoué par des émeutes encouragées par le ministre raciste Itamar Ben-Gvir ; quand des émeutiers ont envahi les bases militaires de Sde Teiman et Beit Lid pour libérer neuf soldats coupables d’un atroce viol avec un bâton d’un prisonnier palestinien tellement abîmé qu’il ne pouvait plus marcher. (Lire ‘‘Le Monde’’ du 1er août 2024 : «En Israël, Netanyahou passif après les émeutes de Sde Teiman et Beit Lid» de Lucas Minisini). Cette question a été discutée à la Knesset et les députés Likoud –le parti de Netanyahou et ceux des ministres extrémistes– ont donné leur bénédiction pleine et entière au viol des Palestiniens.

Le ‘‘New York Times’’ dit tout

A l’heure même où ‘‘Le Monde’’ publiait l’enquête israélienne, le ‘‘New York Times’’ du 11 mai 2026 –qu’on ne peut accuser d’hostilité vis-à-vis de l’Etat sioniste– publiait le texte et l’interview vidéo de victimes palestiniennes réalisés par le journaliste vedette Nicholas Kristof intitulés : «L’horreur des agressions sexuelles dans les prisons israéliennes.»

Kristof a été en Israël interroger d’anciens prisonniers palestiniens dont il donne les noms, les photos et les preuves irréfutables des viols commis par des Israéliens. Kristof est un journaliste et un commentateur politique américain, lauréat du Prix Pulitzer et un chroniqueur régulier du ‘‘New York Times’’.

Ce qui suit est une transcription du travail du journaliste dans les territoires occupés avec d’anciens prisonniers palestiniens :

«Les violences sexuelles commises par les forces israéliennes contre les Palestiniens sont très répandues, selon de nouveaux rapports et des témoignages poignants existent. Le chroniqueur d’opinion du ‘‘New York Times’’, Nicholas Kristof, détaille un schéma d’abus systémique et de ‘‘pouvoir sans limites’’ sur les Palestiniens au sein des centres de détention israéliens qui remet en question le silence moral de la communauté internationale.

Lorsque Israël a été attaqué le 7 octobre 2023, les autorités se sont empressées de condamner les violences sexuelles du Hamas …..

Je suis allé en Cisjordanie pour parler avec des Palestiniens qui ont été victimes d’agressions sexuelles par des soldats, des colons et des gardiens de prison israéliens. Leurs récits poignants, soutenus par des avocats, des enquêtes et des rapports internationaux, suggèrent que les violences sexuelles commises par les Israéliens contre les Palestiniens sont très répandues. Et cela soulève la question : où sont maintenant le refus et la condamnation de l’agression sexuelle ? Je ne vois aucune preuve que les dirigeants israéliens aient ordonné des viols, mais ils ont mis en place un appareil de sécurité où, selon un rapport des Nations unies de 2025, la violence sexuelle est un élément majeur dans les mauvais traitements infligés aux Palestiniens. Le Premier ministre Netanyahou a qualifié d’infondées les accusations de violences sexuelles proférées par les Israéliens. Mais mon reportage suggère que la violence sexuelle s’est considérablement aggravée sous Netanyahou ces dernières années. À quoi cela ressemble-t-il exactement ? Voici ce que j’ai trouvé. Il s’agit de Sami al-Sai, un journaliste indépendant travaillant pour des organismes de presse internationaux. ‘‘Ils [les gardiens de prison] m’ont emmené dans une cellule d’isolement, menotté, les jambes menottées et les yeux bandés. Ils m’ont mis à terre en position agenouillée, la tête baissée. Ils ont enlevé mon pantalon et mes boxers, et ont commencé à me violer avec des bâtons et des carottes d’une manière très agressive et douloureuse, ainsi qu’à harceler et toucher mes organes génitaux d’une manière très douloureuse et énergique.’’

J’ai parlé à un agriculteur qui m’a raconté comment 20 colons se sont déchaînés contre des maisons palestiniennes et ont utilisé un couteau de chasse pour couper ses vêtements. Je suis sorti de la tente. Je me tenais juste ici. Ils m’ont tiré à l’intérieur. Ils ont utilisé ces attaches rapides, m’ont attaché les mains avec plus d’une attache rapide. Ils m’ont aussi attaché les jambes. Ils m’ont frappé dans l’œil d’un poing. Ils m’ont tiré ici même et ont commencé à répandre de la saleté sur moi et de l’eau. Ils ont enlevé mon pantalon et m’ont attaché mon pénis avec une fermeture éclair. Les attaches étaient encore par terre quand je suis venu. Et voici Mohammad Matar, un responsable de l’Autorité palestinienne — qui dit qu’il était avec deux autres Palestiniens essayant de protéger un village bédouin attaqué par des colons lorsque les colons les ont saisis, dépouillés, battus. Et il dit qu’on a essayé de le violer avec un bâton. Et il a en fait des preuves de cette interaction avec les colons sous la forme d’une photo que les colons ont publiée sur les réseaux sociaux. Une femme, âgée de 23 ans au moment de sa détention, m’a raconté qu’elle était régulièrement déshabillée nue, penchée de force et pelotée sur tout le corps par des hommes et des femmes. Un journaliste a déclaré qu’il avait été retenu et violé par un chien, une affirmation soutenue par d’autres témoignages de prisonniers qui rapportent avoir subi la même chose.

Je suis consterné par ce type d’abus, en partie parce que nos impôts américains subventionnent les forces de sécurité israéliennes. Je crains que cela ne nous rende complices. Les États-Unis ont un moyen de pression, et nous pourrions l’utiliser pour insister sur la fin de l’impunité et exiger que les visites de la Croix-Rouge soient rétablies pour les détenus palestiniens. Écoutez, que vous soyez pro-israélien ou propalestinien, il y a une chose sur laquelle nous devrions être d’accord : nous sommes anti-viols….»

L’article de Kristof prouve que Netanyahou a choisi le viol des Palestiniennes et des Palestiniens.

C’est une politique décidée au plus haut de l’Etat sioniste et mise au point avec l’aval de Netanyahou et de ses ministres racistes et messianiques Ben Gvir et Smotrich ; une politique qui emporte l’accord des députés Likoud et de Force Juive qui ont osé le dire publiquement à la Knesset : oui, cent fois oui pour le viol des Palestiniens et nos soldats «coupables de viol» sont des anges à protéger. Comme ils l’ont montré à Sde Tieman

Quant au quotidien de référence français (ou ce qui en reste aujourd’hui…), il est clair que, pour lui, il y a viol et… viol. Deux poids, deux mesures. Tout comme pour les prudes puissances occidentales, les Etats Unis en tête.

* Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, Paris.

L’article Viol des prisonniers palestiniens en Israël | ‘‘Le Monde’’ atteint de myopie est apparu en premier sur Kapitalis.

Base militaire israélienne secrète en Irak !

12. Mai 2026 um 09:00

Rocambolesque ! Israël a établi une base aérienne au cœur du désert irakien sans que les autorités irakiennes ne s’en rendent compte ! Quand ils ont été alertés au mois de mars que des mouvements militaires suspects avaient lieu dans la zone en question, ils ont envoyé des militaires pour savoir ce qui s’y passait. Ces derniers ont été la cible de frappes pour les éloigner. Cette base avait pour objectif le support logistique d’Israël dont la guerre contre l’Iran. Le banditisme israélien au Moyen-Orient n’a plus aucune limite !  (Photo: La région désertique de l’ouest de l’Irak est vaste et peu peuplée.)

Imed Bahri

Le Wall Street Journal a révélé, en se basant sur des sources bien informées dont des responsables américains, qu’Israël avait établi une base militaire secrète dans le désert irakien pour appuyer sa campagne aérienne contre l’Iran et que l’Etat hébreu avait mené des frappes aériennes contre les forces irakiennes qui avaient failli découvrir le site au début du conflit.

Selon ces sources, Israël a établi cette base –qui abritait des forces spéciales et servait de plateforme logistique pour l’armée de l’air israélienne– juste avant le déclenchement de la guerre, avec l’aval des États-Unis.

Des équipes de secours et d’évacuation étaient également stationnées sur place, par crainte que des pilotes israéliens ne soient abattus en territoire iranien. Cependant, aucun pilote israélien n’a péri durant le conflit.

Une base pas aussi secrète que ça

Les sources indiquent que lorsqu’un F-15 américain a été abattu près d’Ispahan, Israël a proposé son aide, mais que les forces américaines ont pris le relais pour l’opération de sauvetage, tandis qu’Israël menait des frappes aériennes pour la protéger.

La base secrète a failli être découverte début mars après que les médias irakiens ont rapporté qu’un berger local avait observé des «mouvements militaires inhabituels» dans la région, notamment des vols d’hélicoptères, ce qui a incité l’armée irakienne à envoyer des forces sur place pour enquêter.

Cependant, selon une source interne, Israël a repoussé les forces irakiennes par des frappes aériennes. L’armée israélienne a refusé de commenter, tandis que le gouvernement irakien a condamné l’attaque qui a coûté la vie à un soldat irakien.

«Cette opération inconsidérée a été menée sans coordination ni autorisation», a déclaré le lieutenant-général Qais Al-Muhammadawi, commandant adjoint du Commandement des opérations conjointes irakiennes, aux médias d’État irakiens au sujet de l’attaque du début mars.

Dans une plainte déposée ultérieurement auprès des Nations Unies en mars, Bagdad a affirmé que l’attaque impliquait des forces étrangères et des frappes aériennes, l’attribuant aux États-Unis.

Mais une source interne a confirmé que les États-Unis n’étaient pas impliqués dans l’attaque. L’incident a été largement couvert par les médias irakiens et arabes et a suscité de nombreuses spéculations quant à l’identité des forces impliquées dans l’affrontement.

Selon les sources irakiennes, les forces irakiennes, à bord de Humvees, se sont dirigées vers le site à l’aube après que le berger a signalé l’incident. Elles ont cependant essuyé des tirs nourris, entraînant la mort d’un soldat et blessant deux autres, d’après Al-Muhammadawi.

Les autorités irakiennes ont ensuite dépêché deux unités supplémentaires du Service de lutte contre le terrorisme, qui a joué un rôle crucial dans la guerre contre Daech, afin de participer au déminage de la zone.

Al-Muhammadawi a déclaré : «Il semble qu’une force était présente sur le terrain avant la frappe, bénéficiant d’un appui aérien et opérant avec des capacités supérieures à celles de nos unités».

Un porte-parole du gouvernement irakien a refusé de commenter davantage l’incident ou de préciser si Bagdad était au courant de l’existence d’une base israélienne sur son territoire.

Le WSJ souligne que les États-Unis ont déjà mené plusieurs frappes en Irak pour protéger leurs bases et leurs intérêts.

Les détails concernant cette base secrète –et les risques pris par Israël pour l’établir et la défendre– permettent de mieux comprendre comment Israël a mené une campagne aérienne contre un adversaire situé à près de mille kilomètres.

La base irakienne a permis à Israël de se rapprocher du champ de bataille, où il a déployé des équipes de recherche et de sauvetage afin de réduire les délais d’intervention en cas d’opérations de sauvetage d’urgence en Iran.

«Missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !»

Selon une source, des unités des forces spéciales de l’armée de l’air israélienne, entraînées aux opérations commando en territoire ennemi, étaient également stationnées sur le site.

Au cours des cinq semaines de la campagne, l’armée de l’air israélienne a mené des milliers de frappes contre des cibles en Iran.

Des experts en sécurité affirment que les forces américaines établissent souvent des bases opérationnelles temporaires avant les opérations militaires.

Le WSJ note qu’une base de campagne temporaire a également été mise en place en Iran même lors de l’opération de sauvetage des pilotes américains dont l’avion s’est écrasé début avril, avant que les États-Unis ne détruisent les avions et les hélicoptères qui s’y étaient retrouvés bloqués pendant l’opération.

Michael Knights, directeur de la recherche au sein du cabinet de conseil Horizon Engagement, a déclaré : «Il est courant, avant les opérations militaires, d’effectuer des reconnaissances et d’établir des bases de ce type».

Il a ajouté que le désert de l’ouest irakien est une vaste région peu peuplée, ce qui en fait un lieu idéal pour l’établissement de bases temporaires.

Il a noté que les forces spéciales américaines avaient utilisé cette zone lors d’opérations contre Saddam Hussein en 1991 et 2003.

Il a indiqué que les habitants du désert irakien se sont habitués, au fil des ans, à être témoins d’activités mystérieuses, qu’il s’agisse de groupes armés comme Daech ou d’unités d’opérations spéciales, et ont appris à éviter ces zones.

Il a ajouté que des habitants lui avaient confié avoir observé une activité inhabituelle d’hélicoptères pendant le conflit actuel.

Des responsables israéliens avaient laissé entendre l’existence d’opérations secrètes durant la guerre. Début mars, le commandant de l’armée de l’air israélienne, Tomer Bar, a adressé un message à ses troupes : «Actuellement, les forces spéciales de l’armée de l’air mènent des missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !». Il n’avait pas donné plus de détails. 

Tomer Bar a quitté ses fonctions début mai.

L’article Base militaire israélienne secrète en Irak ! est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌