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Heute — 27. Mai 2026Französischsprachig

Lire pour se retrouver : Madiha Jamel et le conte comme miroir des enfants en difficulté

27. Mai 2026 um 18:00

 Entre pédagogie et poésie, la nouvelliste Madiha Jamel redéfinit le conte pour enfant comme un outil d’apprentissage aux mille visages. À l’heure où l’école cherche à embrasser toutes les intelligences, elle en dessine les possibles, du livre illustré à l’intelligence artificielle, en passant par la voix et le théâtre. Rencontre avec une architecte de l’imaginaire.

Madiha Jamel le confie d’emblée : le conte pour enfants n’est plus un simple divertissement. Dans un échange accordé à L’Économiste Maghrébin, l’écrivaine défend avec éloquence une thèse aussi simple que renversante : la narration destinée aux plus jeunes constitue un dispositif pédagogique à part entière, aussi rigoureux qu’adaptable, notamment dans le parcours scolaire.

Pour elle, tout enseignant digne de ce nom peut exploiter le conte, à condition d’accepter d’emblée la diversité des rythmes et des compréhensions au sein d’une même classe. Chaque élève possède sa propre méthode de perception : l’un est réceptif à l’écoute, l’autre à la lecture silencieuse, un troisième au seul toucher de l’image. Le conte, alors, apparaît comme un objet multitexte, là réside sa modernité. Il mêle illustration et texte calibré, se prête au théâtre, à l’enregistrement audio, au livre sonore, à l’atelier de peinture, voire au film généré par l’intelligence artificielle. Toutes ces ramifications, accessibles à l’instituteur curieux, métamorphosent le récit en support didactique d’une efficacité rare. Encore faut-il, précise-t-elle, que l’enseignant soit lui-même un lecteur assidu, capable d’en saisir les subtilités.

Pour l’enfant qui souffre de difficultés d’apprentissage, écrire ou lire un conte devient une voie d’accès à soi-même et au monde, plus douce et plus directe que les rapports méthodiques ou les grilles classiques. La fiction l’autorise à exprimer ses peurs, ses craintes, à se reconnaître dans un personnage, comme dans un miroir rassurant. Par la répétition, la diversification poétique, le dialogue et des illustrations qui disent ce que les mots taisent, le conte prend en compte les différenciations pédagogiques. Il renforce la langue, la mémoire, et crée un lien privilégié entre le parent et l’enfant lors des lectures partagées.

Mais Madiha Jamel va plus loin : elle alerte sur une blessure souvent invisible. Les enfants en situation de fragilité scolaire subissent fréquemment l’intimidation de leurs camarades. Le conte, alors, peut devenir un outil pour le psychologue — une bibliothérapie à part entière —, mais aussi pour la formation des enseignants, invités à déceler ces souffrances et à y répondre par la puissance de l’allégorie.

Son dernier conte pour enfants, paru aux éditions Al Bayati, illustre cette ambition avec une délicatesse remarquable. Illustré par Sami Majid Al Bayati, il aborde le TDAH et les troubles de l’attention à travers l’histoire d’un papillon qui adore voler. À l’école, l’héroïne ailée ne parvient pas à rester en place sur sa chaise. Jusqu’à l’intervention d’un personnage bienveillant, qui l’aide à apprendre autrement, par le jeu, l’aventure et le vol. L’enfant, en suivant ce papillon, apprend à s’identifier sans honte, et peut-être à s’accepter.

Par sa plume aussi précise que généreuse, Madiha Jamel rappelle que la littérature de jeunesse porte en germe une révolution silencieuse : celle d’une école qui ne laisse personne au sol, pas même les âmes les plus vagabondes.

 

 

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Le Dictionnaire amoureux de la Tunisie, un acte d’espérance pour une terre millénaire

27. Mai 2026 um 08:30

C’est un livre-hommage que la romancière Fawzia Zouari a consacré à la Tunisie : son Dictionnaire amoureux de la Tunisie, paru chez Plon et dont les éditions Cérès ont acquis les droits d’édition et de distribution en Tunisie, paraît à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance. L’écrivaine franco-tunisienne en retrace la genèse dans un entretien accordé à L’Économiste maghrébin.

Quatre années de travail au total, deux d’écriture et deux d’attente, pour un volume d’environ cinq cents pages qui constitue avant tout un hommage à une terre millénaire. Romancière, journaliste et essayiste, la lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie en 2016 y mobilise ses différentes expériences d’écriture sans céder à une nostalgie convenue. Elle décrit un exercice de liberté totale, qui finit par révéler son propre attachement à la Tunisie. Ce projet est né d’une proposition de l’éditeur, qui lui a confié un volume de la collection du Dictionnaire amoureux. Il avait d’abord hésité entre Frédéric Mitterrand et elle, avant que ce dernier ne tranche en sa faveur : « C’est Frédéric Mitterrand qui lui a dit : laisse Fawzia en parler », rapporte-t-elle. L’un comme l’autre auraient pu mener ce projet. L’éditeur, dont la famille a vécu en Tunisie, s’est engagé dans l’aventure avec enthousiasme. Deux années supplémentaires d’attente ont suivi la remise du manuscrit, la collection étant très sollicitée chez Plon. La publication a été programmée pour coïncider avec l’anniversaire de l’indépendance.

La découverte d’un attachement révélé par l’écriture

Aucun projet personnel préconçu ne présidait à l’écriture. L’autrice de Ce pays dont je meurs est entrée dans ce travail sans a priori, s’interrogeant sur sa légitimité dans un tel exercice. Le principe même du genre a levé ses hésitations : il ne s’agissait ni d’objectivité historique ni de rigueur anthropologique, mais d’un regard libre sur ce qui lui tient à cœur. Cette liberté lui a permis de mobiliser ses différentes approches : certains sujets relevaient de la documentation, d’autres d’une démarche journalistique d’enquête, d’autres encore d’un regard littéraire et subjectif. Le Kef, dont elle est originaire, ne pouvait être abordé que depuis cette expérience vécue. C’est au fil de l’écriture qu’elle découvre cet attachement : « Je commençais à écrire et je me rendais compte qu’en écrivant je redécouvrais mon attachement à ce pays. »

Un récit destiné au monde, au-delà des frontières

Interrogée sur le récit tunisien, celui d’un pays qui a donné son nom à un continent, doté de la première constitution et berceau d’une des premières figures féminines fondatrices d’empire, elle refuse l’idée d’un récit limité aux seuls Tunisiens. Il s’agit au contraire de dépasser les représentations réductrices, souvent limitées à des plages et à Carthage. « Quelqu’un demande à un Américain ce que c’est que la Tunisie, il répond : des plages et Carthage. » Le livre s’inscrit contre cette image réductrice et rappelle la profondeur historique et culturelle du pays.

L’autrice ne se situe pas dans une posture d’analyse sociologique, mais dans une démarche de transmission et de valorisation. Elle cherche à faire connaître la Tunisie au-delà de ses frontières, en rappelant ce que ce territoire a apporté à l’histoire mondiale. Aucun sujet n’a été volontairement écarté : la révolution de 2011, événement récent mais structurant, trouve naturellement sa place.

Une Tunisie loin des clichés touristiques

Le dictionnaire s’éloigne des images de carte postale. Il ne se réduit ni aux plages ni aux symboles folkloriques. Sidi Bou Saïd, par exemple, n’est pas présenté comme un décor touristique, mais comme un lieu porteur d’une tradition spirituelle liée au soufisme. L’autrice part de son expérience vécue, elle qui vient du Kef, et non d’un lieu vitrifié pour le tourisme. « Derrière cette image de carte postale, il y a une histoire millénaire. Ce petit pays a joué un rôle majeur dans l’histoire mondiale. » Cette profondeur historique structure l’ensemble de l’ouvrage, pensé pour durer et être relu dans le temps, indépendamment des évolutions du pays.

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance, Fawzia Zouari refuse toute posture militante ou tout jugement sur l’actualité. Installée entre plusieurs pays, elle revendique une distance qui lui permet d’écrire hors de toute position politique. Le livre s’inscrit dans une temporalité longue, celle de l’histoire. « C’est cet héritage ancien qui continue de structurer le pays et sur lequel s’appuie son rapport au monde. » .Elle conclut sur une idée d’espérance : « Toujours. Il faut espérer dans ce pays. Le ciel y est serein. Quelles que soient les périodes traversées, la Tunisie donne une forme de sérénité. C’est cette profondeur historique qui nourrit la fierté. »

 

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Assurances en Tunisie : le chiffre d’affaires du secteur dépasse 1,4 milliard de dinars

25. Mai 2026 um 16:04

Le secteur des assurances en Tunisie a enregistré une croissance soutenue au premier trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires global en hausse de 10,5 %. Il atteint 1,401 milliard de dinars; contre 1,2685 milliard un an auparavant. C’est ce que révèlent les données du Comité général des assurances (CGA).

Dans le même temps, les indemnisations versées aux assurés ont fortement progressé de 18,4 %, pour s’établir à 585,4 millions de dinars; contre 494,4 millions de dinars au premier trimestre 2025.

L’assurance-vie s’est distinguée comme principal moteur de cette croissance. Son chiffre d’affaires a augmenté de 16,2 %, passant de 282,5 à 328,2 millions de dinars. Cette branche représente désormais 23,4 % des primes nettes du secteur.

L’assurance non-vie demeure toutefois dominante avec 76,6 % du marché et un volume d’affaires de 1,073 milliard de dinars, en progression de 8,8 %. L’assurance automobile conserve la première place avec 553 millions de dinars de primes. Soit 39,5 % du marché total. Suit l’assurance maladie qui atteint 222 millions de dinars (+16,4 %) et porte sa part de marché à 15,8 %.

Les autres segments affichent également des évolutions positives. Ainsi, l’assurance incendie progresse de 5,8 % à 157,6 millions de dinars. Le transport augmente de 8,2 % à 29,7 millions de dinars. Tandis que l’assurance agricole enregistre une hausse de 14,7 %. Bien qu’elle reste marginale avec 2,7 millions de dinars de primes.

De son côté, la Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Re) voit son chiffre d’affaires se stabiliser à 77,3 millions de dinars, en légère hausse de 1,2 %.

Sur le volet des indemnisations, l’assurance-vie affiche la plus forte progression avec une hausse de 45,1 %, à 172,3 millions de dinars, représentant près de 29,4 % des indemnisations totales du secteur. Les indemnisations de l’assurance non-vie ont, quant à elles, augmenté de 10 % pour atteindre 413,1 millions de dinars, dont 226,8 millions liés à l’automobile et 139,8 millions à l’assurance maladie, en hausse de 17,6 %.

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L’Église sonne l’alarme : l’IA menace l’humanité

25. Mai 2026 um 15:30

Dans sa première encyclique, intitulée « Magnifica humanitas », le pape alerte sur l’impact d’une technologie considérée comme un défi anthropologique à l’humanité, s’inscrivant de plain-pied dans les débats en cours sur l’utilisation de l’IA.

Léon XIV a tenu à présenter le texte lui-même, soulignant l’importance du document qu’il a rendu public, lundi 25 mai, lors d’une conférence de presse. Pour la première fois, un pape est apparu, au Vatican, devant les journalistes pour présenter un document à la plus haute valeur magistérielle, l’encyclique Magnifica humanitas, ou « Magnifique humanité » en français, sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’intelligence artificielle (IA).

Publié lundi, ce premier grand écrit du pape américain avait été signé le 15 mai. La date, symbolique, en dit long sur la tradition dans laquelle Robert Prevost souhaite inscrire Magnifica humanitas et sur l’impact qu’il aimerait lui donner. En effet, le 15 mai 1891, soit cent trente-cinq ans plus tôt, le pape Léon XIII jetait les bases de la doctrine sociale de l’Eglise catholique dans une encyclique, Rerum novarum (« Des choses nouvelles »). A savoir, une réflexion pensée comme un guide pour les chrétiens face à la révolution industrielle en cours à l’époque.

Plus d’un siècle plus tard, Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à son prédécesseur, estime, à son tour, devoir offrir au monde une réflexion sur une révolution industrielle et cognitive d’ampleur, celle de l’IA.

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Mohamed Ali Toumi élu à la tête de la FTAV

25. Mai 2026 um 11:22

La Liste Verte, présidée par Mohamed Ali Toumi, remporte les élections de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages et de Tourisme (FTAV); et ce, pour le mandat allant de 2026 à 2030. L’annonce officielle de cette victoire a été faite à l’issue des opérations de vote et de dépouillement.

Ce scrutin s’est déroulé le samedi 23 mai 2026 lors de l’Assemblée générale élective de la FTAV. L’événement a enregistré la participation et la présence de 532 votants.

Ainsi, le nouveau bureau de la fédération pour les quatre prochaines années associe, aux côtés du président, Mesdames et Messieurs Kamel Zohra, Nada El Ghozi, Abdelaziz Ben Aissa, Khouloud Khairi, Zied Felfoul, Manel Mheiri, Anis Souissi et Lotfi Braham.

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CNAM : les nouveaux plafonds des soins externes sont applicables

25. Mai 2026 um 11:04

La Caisse nationale d’assurance maladie a revalorisé le plafond annuel des dépenses liées aux soins de santé externes. Cette initiative réglementaire a pour objectif direct d’alléger la charge financière des assurés sociaux. Mais aussi de fluidifier le recours aux prestations médicales ambulatoires.

Le montant de cette enveloppe de remboursement de base est désormais indexé sur la composition de la cellule familiale du bénéficiaire. Pour un assuré individuel sans personne à charge, le seuil annuel est fixé à 450 dinars. Cette somme progresse par paliers pour atteindre un maximum de 1 350 dinars lorsqu’un assuré a la charge de quatre bénéficiaires ou plus.

Au-delà de ces montants de référence, le dispositif prévoit des enveloppes de financement complémentaires pour répondre à des situations médicales ou familiales spécifiques. Le budget annuel est ainsi majoré de 150 dinars pour le suivi de la grossesse durant toute sa durée, et d’une somme équivalente de 150 dinars pour la prise en charge des soins dentaires. De plus, chaque ascendant direct à charge ainsi que chaque enfant en situation de handicap ouvrent droit à une augmentation systématique de 100 dinars du plafond de l’assuré.

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La Tunisie décroche l’argent au World Food Gift Challenge 2026 en Crète

25. Mai 2026 um 10:14

« Terroirs de Tunisie », produit représentant le Cap Bon, a remporté le 2ème prix du concours international de l’IGCAT; et ce, lors de la cérémonie du 21 mai 2026.

Le produit « Terroirs de Tunisie », porté par la région du Cap Bon (Région Mondiale de la Gastronomie 2028), a obtenu la médaille d’argent du World Food Gift Challenge 2026. Son organisation relevait de l’Institut International de Gastronomie, Culture, Arts et Tourisme (IGCAT) au Creta Maris Resort, en Crète.

La distinction a été décernée à l’issue d’une évaluation conduite le 19 mai par un jury de six experts internationaux, présidé par l’Argentin Omar Valdez, membre du Conseil d’administration de l’IGCAT. Les produits en compétition ont été jugés sur leur goût, leur design, leur durabilité, leur ancrage territorial, leur créativité, leur narration et leur innovation.

Cette 7e édition du concours a rassemblé plus de 40 cadeaux gastronomiques et artisanaux issus de régions de gastronomie reconnues à travers le monde. C’est l’huile d’olive vierge extra Ziro Sitia (Crète) qui a remporté le 1er prix. Tandis que le couteau Bow Knife de Kenosis (Banat, Roumanie) se classait à la 3ème place.

Au final la participation de Cap Bon s’inscrit dans le cadre de son label de Région Mondiale de la Gastronomie 2028, décerné par l’IGCAT. Lequel vise à valoriser les producteurs artisanaux locaux et à promouvoir la diversité alimentaire et culturelle des territoires.

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 Roman tunisien : trente ans de Comar d’Or et une littérature qui n’a jamais été aussi vivante

24. Mai 2026 um 09:41

Trente ans, cela se fête en grande pompe. La trentième édition des Prix Comar d’Or s’est tenue le 23 mai 2026 au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture à Tunis, dans une atmosphère à la hauteur de l’anniversaire. Avant la remise des distinctions, l’Orchestre symphonique de Carthage, placé sous la direction de Hafedh Makni, a ouvert la soirée par une intervention musicale qui a donné le ton de la cérémonie.

Six romans tunisiens ont été distingués ce soir-là, devant un parterre d’écrivains, de membres du jury et de personnalités officielles. En section francophone, le grand prix revient à Hichem Ben Azouz pour Sangoma le guérisseur, paru aux éditions Hykeyet. Le Prix spécial du jury est décerné à Héla Feki pour Une reine sans royaume, publié chez Jean-Claude Lattès, tandis que le Prix Découverte échoit à Sofiane Ben M’rad pour Tunis Arkana, sorti aux éditions Sikelli. La section arabophone consacre Nasr Belhaj Beltaïeb et son roman سيف الصوان (L’épée de silex), édité chez Khraief. Fahmi Balti reçoit le Prix spécial du jury pour دم سيّئ (Mauvais sang), paru aux éditions Capsa. Najwa Kaddari, enfin, obtient le Prix Découverte pour الماجدة (La glorieuse), son premier roman publié chez Arcadia.

Cette trentième édition a également été l’occasion de revaloriser les dotations financières, signe tangible de la maturité du prix. La distinction suprême, le Grand Prix Comar d’Or, passe ainsi de 10 000 à 15 000 dinars. Le Prix spécial du jury, qui récompense l’originalité de la démarche littéraire, est porté de 5 000 à 7 000 dinars. Quant au Prix Découverte, dédié aux nouvelles voix de la fiction tunisienne, sa dotation progresse de 2 500 à 3 000 dinars, un signal encourageant adressé aux premiers romanciers.

Cette édition anniversaire a enregistré une participation record : 92 œuvres soumises au jury, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Le contraste avec la première édition de 1997, qui ne comptait que 13 romans en compétition, illustre le chemin parcouru. Depuis cette année fondatrice, ce sont 1 271 romans qui ont concouru pour ce prix, dont 846 en langue arabe et 425 en langue française. Derrière ces chiffres, une communauté d’auteurs aux profils divers : en section arabophone, 846 écrivains ont participé depuis l’origine, parmi lesquels 650 hommes et 196 femmes ; en section francophone, ils sont 425, dont 295 hommes et 130 femmes.

Les deux présidents de jury ont dressé un bilan positif des œuvres en compétition. Mohamed El Khadi, qui présidait le jury du roman en langue arabe, et Ridha Kefi, à la tête de celui du roman en langue française, ont été unanimes sur la qualité des manuscrits reçus cette année. El Khadi est allé plus loin, confiant que départager les candidats n’avait pas été chose aisée, tant le niveau de l’ensemble était soutenu.

Dans leurs discours respectifs, le président du conseil d’administration de la COMAR, Slaheddine Ladjimi, et le président du comité d’organisation, Lotfi Ben Haj Kacem, ont salué d’une même voix la créativité de la scène romanesque tunisienne. Tous deux ont souligné que ce qui n’était à l’origine qu’une ambition modeste, offrir une visibilité aux romanciers du pays, s’est imposé comme un rendez-vous de référence du paysage culturel national.

Au-delà de la remise des prix, Slaheddine Ladjimi a réaffirmé la vision sociétale de l’institution : la performance économique d’une entreprise ne saurait être sa seule boussole. « La culture n’est pas un luxe mais une nécessité », a-t-il déclaré, décrivant la littérature comme un espace de dialogue entre identité et universel, et un rempart contre les fractures du monde contemporain. Pour la COMAR, soutenir la création est, selon lui, un engagement durable qui définit son rôle social.

La soirée a également été l’occasion de rendre hommage aux pionniers de l’aventure : Rachid Ben Jemia, initiateur du projet et ancien directeur général de la COMAR, le journaliste et écrivain Hatem Bourial, dont l’implication a contribué à ancrer l’expérience dans la durée, ainsi qu’à la mémoire de feu Rachid Ben Yedder, dont le soutien a été déterminant pour la pérennité de l’initiative. La persévérance des écrivains, le travail des éditeurs et des libraires, ainsi que l’exigence des membres du jury ont également été salués.

Cette édition anniversaire a par ailleurs ouvert une réflexion stratégique sur l’avenir. La veille de la cérémonie, une rencontre consacrée à l’internationalisation du roman tunisien a exploré les leviers de la traduction, de l’édition internationale et de l’ouverture aux lecteurs de cultures diverses, avec l’ambition explicite de porter la littérature tunisienne au-delà de ses frontières. « L’investissement dans la culture est un investissement dans l’humain et dans l’avenir des nations », a conclu Lotfi Ben Haj Kacem.

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Attijari Assurance inaugure son nouveau siège à Tunis  

23. Mai 2026 um 13:00

Attijari Assurance a inauguré, le 21 mai 2026 à Tunis, ses nouveaux locaux lors d’une cérémonie officielle en présence de plusieurs responsables du groupe.

L’événement a réuni notamment Boubker Jaï, président de Wafa Assurance, ainsi qu’Adil Bouifrouri, directeur exécutif en charge de l’international, aux côtés des équipes de Casablanca et de Tunis.

Créée en 2012, Attijari Assurance est une société d’assurance vie, filiale de Wafa Assurance et du groupe Attijari Bank Tunisie. Elle a démarré la commercialisation de ses produits en 2013, principalement via le réseau d’agences d’Attijari Bank.

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Tunisie : Ces chantiers dormants qui pourraient sauver l’économie

22. Mai 2026 um 18:00

Des gisements de phosphates inexploités, des parcs solaires financés mais en attente, des ports à moderniser, des quartiers entiers à bâtir : la Tunisie dispose d’un portefeuille considérable de grands projets planifiés depuis des décennies, dont la réalisation a été sans cesse repoussée. Dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) fait de leur déblocage urgent une condition sine qua non de la reprise économique. La crise peut devenir le déclencheur que le pays attendait.

La Tunisie dispose d’un sous-sol qui n’a jamais été pleinement mis en valeur. Les gisements de phosphates de Sra Ouertane et d’autres sites du sud-ouest du pays constituent des réserves considérables dont l’exploitation génèrerait des emplois, des devises et des recettes fiscales dans des régions parmi les plus défavorisées du pays. Dans le secteur des hydrocarbures, le golfe de Gabès et le champ pétrolier et gazier de Ghdamès, partagé avec les pays voisins, recèlent un potentiel productif qui reste largement sous-exploité faute de décisions d’investissement. Ce sont des projets pour lesquels des études ont été réalisées, des fonds ont été mobilisés, et des emprunts extérieurs ont été contractés et sont encore en cours de remboursement, sans que les chantiers n’aient été véritablement lancés.

Les énergies renouvelables : l’opportunité est déjà là

Le secteur des énergies renouvelables représente peut-être l’opportunité la plus immédiatement saisissable. Une nouvelle dynamique s’installe grâce à des investissements directs étrangers qui ont déjà sécurisé leur marché local par des contrats avec la STEG, la société nationale d’électricité. La perspective d’exporter de l’énergie solaire vers l’Italie via la liaison sous-marine ELMED donne à ces projets une dimension stratégique régionale qui les rend particulièrement attractifs pour les financeurs internationaux. L’IACE souligne que cette filière pourrait à terme permettre à la Tunisie de réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures tout en générant des recettes en devises, deux objectifs devenus prioritaires dans le contexte de la crise iranienne.

L’urbanisme et la logistique, moteurs d’emploi durables

Au-delà des ressources naturelles, l’IACE identifie plusieurs grands projets d’urbanisme dont la réalisation est depuis longtemps inscrite dans les agendas de planification mais demeure en attente de feux verts définitifs. Les projets Lac Sud à Tunis, Sebkhat Ben Ghayada à Mahdia et Taparura à Sfax, ainsi que les programmes de logements sociaux des jardins de Tunis et de Manouba, représentent un potentiel considérable en matière d’emplois dans la construction et de résorption de la crise du logement urbain. Dans le secteur de la logistique, les projets portuaires d’Enfida, l’extension du port de Radès et les ports secs pour conteneurs constituent des infrastructures structurantes pour l’ensemble de l’appareil exportateur tunisien.

La Commission des Grands Projets, outil dormant à réveiller d’urgence

Pour transformer ces projets en réalité, l’IACE appelle à l’activation immédiate de la Commission des Grands Projets, instituée par le décret 2024-497 mais restée sans activité réelle depuis sa création. Cette commission est conçue pour créer une dynamique d’investissement combinant initiative publique et partenariats public-privé, en surmontant les blocages administratifs et interministériels qui paralysent les grands chantiers depuis des années. De même, la commission de restructuration des entreprises publiques, dotée d’une ligne spécifique de 100 millions de dinars pour 2026, devra adopter un agenda précis pour assainir les entreprises publiques qui constituent souvent un frein plutôt qu’un levier pour les projets d’investissement. La crise, conclut l’IACE, peut être une opportunité à condition que les décideurs transforment l’urgence en impulsion réformatrice plutôt qu’en paralysie.

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Bourse en fête, économie en peine : le paradoxe tunisien qui inquiète

22. Mai 2026 um 17:00

La Bourse de Tunis a progressé de 34 % en 2025, puis de 19 % sur les seuls quatre premiers mois de 2026. Pendant ce temps, la croissance économique s’effondre et les entreprises peinent à accéder au crédit. Ce divorce entre la finance et l’économie réelle est l’un des signaux d’alarme les plus inquiétants que relève l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie : quand les investisseurs fuient vers la spéculation, c’est toute la machine productive qui se grippe.

Dans une économie en bonne santé, la progression des indices boursiers reflète la hausse des bénéfices des entreprises cotées, l’anticipation d’une croissance future et la confiance des investisseurs dans le tissu productif. Ce n’est pas ce qui se passe en Tunisie. L’IACE est explicite sur ce point : la flambée de l’indice boursier traduit une réorientation des investisseurs vers les opérations de spéculation, au détriment de l’investissement productif. La raison est mécanique : lorsque l’État absorbe la quasi-totalité des liquidités disponibles dans le système bancaire pour financer son déficit de 16 milliards de dinars, les capitaux privés cherchent des placements alternatifs. La bourse, l’immobilier et d’autres actifs spéculatifs deviennent alors les seuls refuges disponibles.

Le même phénomène est observable dans les données de refinancement bancaire publiées par la Banque centrale de Tunisie : le refinancement des banques a baissé de 18 % sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, tandis que l’acquisition de bons du Trésor par le système bancaire a augmenté de 26 % sur la même période. Autrement dit, les banques prêtent moins aux entreprises et achètent davantage de dette publique, un arbitrage financièrement rationnel à court terme mais économiquement destructeur à long terme.

La déconnexion qui fragilise le dinar

Cette déconnexion entre finance et économie réelle a une autre conséquence que l’IACE identifie clairement : l’excédent de liquidités qui ne trouve pas à s’investir dans la production ne disparaît pas. Il alimente une vague inflationniste supplémentaire, au-delà de celle directement provoquée par la hausse des prix internationaux. Une partie se dirige vers la consommation de biens importés, ce qui aggrave le déficit commercial et accélère l’érosion des réserves de change. Une autre partie alimente la spéculation immobilière, faisant grimper les prix des logements dans un pays où l’accès à la propriété est déjà hors de portée pour une grande partie de la population.

Ce que cela révèle sur la structure de l’économie

Au fond, ce paradoxe boursier est le symptôme d’un problème plus profond que la crise iranienne n’a pas créé mais qu’elle amplifie : l’absence de projets d’investissement productif suffisamment attractifs et sécurisés pour mobiliser l’épargne privée locale. Le code des changes restrictif, la lenteur des procédures administratives, l’incertitude juridique et la faiblesse du climat des affaires font que les investisseurs tunisiens préfèrent la rente spéculative à l’entrepreneuriat. C’est précisément ce cercle vicieux que l’IACE appelle à briser par des réformes structurelles dont la mise en œuvre ne peut plus attendre.

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Crédit bancaire : l’étau se resserre sur les entreprises et les ménages

22. Mai 2026 um 16:00

L’État va pomper 12 milliards de dinars dans le système bancaire tunisien pour financer son déficit. Ce que cela signifie concrètement pour les entreprises et les ménages, l’IACE le dit sans détour dans sa note « Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie » : le financement du secteur privé sera sévèrement contraint. Les banques, prises entre les demandes de l’État et un portefeuille de créances classées à 14,5 %, approchent d’un point de tension.

Pour financer un déficit budgétaire qui devrait atteindre 16 milliards de dinars en 2026, l’État tunisien devra lever 12 milliards de dinars sur le marché intérieur, faute d’accès suffisant aux financements extérieurs. Cette ponction sur le système bancaire exige une croissance de la masse monétaire au sens large de 8,3 %. Or, ce niveau correspond exactement au plafond de liquidités nécessaires pour financer l’ensemble des transactions de l’économie sur la base d’une croissance nominale du PIB de 8 %. La conséquence logique est mathématique : il ne reste pratiquement rien pour financer le secteur privé, c’est-à-dire les investissements des entreprises et les crédits des ménages.

L’IACE constate déjà les premiers signaux de ce resserrement. Le ratio crédits sur dépôts est tombé à 60 % pour certaines banques, soit bien en dessous du plafond réglementaire de 120 %. Ce qui traduit non pas une abondance de ressources, mais une frilosité à prêter dans un contexte de risque accru. En parallèle, les opérations d’Open Market de la Banque centrale ont baissé de 23 % et les opérations de refinancement à long terme ont reculé de 15 % sur les quatre premiers mois de 2026. Un signe que l’institution aurait pu faire davantage pour soutenir la liquidité du système.

Un portefeuille de créances préoccupant

La situation est rendue plus délicate encore par l’état du portefeuille de créances classées des banques tunisiennes, qui atteint actuellement 14,5 %. Soit plus du double de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale de Tunisie. Ce niveau élevé de créances douteuses immobilise des provisions et réduit la capacité des banques à prendre de nouveaux risques. Et ce, au moment précis où l’économie a le plus besoin de financements.

Les banques affichent par ailleurs un ratio de solvabilité de 14,4 % fin 2024 pour un minimum exigé de 10 %. Et un ratio de fonds propres de base Tier 1 de 11,7 % pour un minimum de 7 %. Ce qui constitue un matelas de sécurité, mais que l’IACE juge insuffisant face à l’ampleur des risques à venir.

Ce que l’IACE recommande aux banques et à la BCT

Pour desserrer l’étau, l’IACE formule plusieurs recommandations précises à l’intention de la Banque centrale et du système bancaire. La première consiste à adopter un plan de report des échéances pour les entreprises mises en difficulté par la crise. A l’image de la flexibilité accordée lors de la pandémie de Covid-19.

La deuxième recommandation porte sur l’autorisation de financements exceptionnels de moyen terme, sur sept ans maximum dont deux ans de grâce et sans provisionnement obligatoire, pour couvrir les besoins de trésorerie urgents des entreprises dont les fonds de roulement ont gonflé sous l’effet inflationniste de la crise.

Ces créances exceptionnelles seraient admissibles en garantie pour les opérations de refinancement sur le marché monétaire.

Enfin, l’IACE préconise de renforcer les fonds propres bancaires en limitant la distribution de dividendes et d’accorder un refinancement à taux bonifié pour des secteurs stratégiques comme la construction et l’habitat, afin de relancer une activité porteuse d’emplois.

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Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

22. Mai 2026 um 14:00

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

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Choc pétrolier : comment la guerre en Iran fait dérailler le budget de l’État tunisien

22. Mai 2026 um 13:00

16  milliards de dinars de déficit attendu en 2026, soit 8,5 % du PIB; contre 11 milliards prévus dans la loi de finances initiale. C’est l’alerte chiffrée que lance l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note « Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie ». La guerre en Iran fait exploser les subventions carburant et entraîne les finances publiques tunisiennes dans une zone de danger inédite.

Le budget de l’État tunisien pour 2026 avait été construit sur un prix du baril de pétrole à 63,3 dollars. Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, ce prix a bondi à 100 dollars, un niveau comparable à celui atteint en pleine crise ukrainienne de 2022. Le rapport sur le budget de l’État 2026 établit que chaque dollar de hausse au-delà de la prévision initiale engendre un besoin de financement supplémentaire d’environ 164 millions de dinars au titre de la compensation des hydrocarbures. Sur la base d’un prix à 100 dollars, l’écart représente donc un surcoût brut de 6 milliards de dinars, dont un tiers seulement pourrait être absorbé par les opérateurs publics comme l’ETAP sur financement bancaire.

À ce choc pétrolier s’ajoute un effet sur les céréales importées, dont les prix subissent historiquement environ 35 % de la hausse du prix du pétrole en raison du coût des engrais azotés à base de gaz naturel.

En intégrant l’effet sur les subventions céréalières et les autres produits alimentaires subventionnés, le déficit budgétaire prévu passerait ainsi de 11 milliards de dinars à 16 milliards de dinars. Soit 8,5 % du PIB pour l’ensemble de l’année 2026.

Un financement qui étouffe l’économie privée

Cette impasse budgétaire de 16 milliards de dinars devra être financée principalement par la Banque centrale de Tunisie et le système bancaire. Les emprunts extérieurs nets étant limités à environ 4 milliards de dinars comme lors des années précédentes. Les emprunts intérieurs nets de l’État atteindraient ainsi 12 milliards de dinars. Ce qui nécessiterait une croissance de la masse monétaire au sens large de 8,3 %.

Or, ce niveau de création monétaire atteint précisément le plafond communément admis pour financer l’ensemble de l’économie, sur la base d’une croissance nominale du PIB 2026 de 8 %, soit 2 % de croissance réelle et 6 % d’inflation. Ce qui reste pour financer les entreprises et les ménages est donc quasiment nul.

L’IACE avertit que cet excédent de liquidités ne trouvant pas à s’investir dans l’économie productive pourrait alimenter deux phénomènes parallèles et néfastes : d’un côté, la spéculation financière et immobilière, de l’autre, une nouvelle vague inflationniste aggravée par un niveau de réserves de change insuffisant pour absorber la pression importatrice.

La question brûlante des subventions

Au cœur de la problématique budgétaire se trouve la question des subventions énergétiques. L’IACE juge qu’un ajustement progressif des prix locaux est nécessaire pour alléger les charges de l’État, tout en protégeant les ménages les plus vulnérables via des mécanismes de compensation adaptés. Cette démarche paraît techniquement réalisable pour l’électricité et le gaz naturel, grâce aux systèmes de tarification progressive qui permettent de faire payer davantage les gros consommateurs. En revanche, elle se révèle bien plus délicate pour les produits pétroliers raffinés et le gaz en bouteille, massivement consommés par les classes moyennes et aisées, dont la résistance politique à toute hausse de prix constitue un obstacle de taille.

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2026, pire que 2022 ? La Tunisie a-t-elle encore une marge ?

22. Mai 2026 um 10:42

Une note intitulée Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, a été publiée au printemps 2026 par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE). Son diagnostic est sans appel : guerre en Iran, guerre commerciale américaine, ralentissement européen — la Tunisie subit un triple choc simultané qui menace de ramener sa croissance à 1 % seulement en 2026. Soit à peine de quoi absorber sa croissance démographique.

Depuis février 2022, le monde traverse une ère de turbulences structurelles sans équivalent récent. L’invasion de l’Ukraine avait d’abord ébranlé les marchés de l’énergie et des céréales à l’échelle planétaire. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en novembre 2024, avec sa politique tarifaire erratique, avait ajouté une couche d’incertitude commerciale inédite. Puis la guerre en Iran, déclenchée fin février 2026, est venue frapper un système mondial déjà sous tension.

Pour la Tunisie, petite économie ouverte dépendante de ses importations d’hydrocarbures et de céréales, la confluence de ces trois chocs représente un défi d’une ampleur comparable à celui de 2022, mais dans un contexte de marges de manœuvre encore plus étroites.

L’IACE souligne que ce contexte n’est pas qu’une succession de crises conjoncturelles. Il traduit une rupture profonde avec l’ordre économique mondial qui prévalait sous l’égide de l’OMC. Les grandes puissances ont toutes renoué avec le protectionnisme industriel : l’Inflation Reduction Act aux États-Unis; les plans de souveraineté industrielle en Europe; les subventions massives aux entreprises publiques chinoises. Le monde se fragmente en deux blocs, le camp occidental d’un côté, les BRICS+ de l’autre, et la Tunisie doit apprendre à naviguer entre les deux.

Une économie déjà fragilisée avant le choc

La croissance tunisienne connaît un ralentissement continu depuis 2011, aggravé successivement par la pandémie de Covid-19 à partir de 2020, puis par les répercussions de la guerre en Ukraine en 2022 et 2023. Un timide rebond s’était amorcé en 2024 avec 1,6 % de croissance, grâce notamment à de bonnes conditions climatiques qui avaient propulsé la valeur ajoutée agricole de 9 %, puis de 10 % en 2025, contribuant à hauteur d’un point de PIB. Ce sursaut agricole avait permis d’atteindre 2,5 % de croissance en 2025. Mais les institutions internationales, qui anticipaient 2,1 % pour 2026 avant la crise iranienne, devront réviser significativement leurs projections.

La note de l’IACE redoute une stagnation aux alentours de 1 % par an en 2026 et 2027. Trois mécanismes expliquent cette contraction. Tout d’abord la flambée des prix internationaux du pétrole et des céréales pèse directement sur les finances publiques et le pouvoir d’achat. Ensuite, les perturbations des routes maritimes renchérissent les coûts logistiques. Enfin le ralentissement de la croissance européenne pénalise les exportateurs tunisiens qui dépendent massivement de ce marché.

Adapter la stratégie à la nouvelle donne

Face à cette nouvelle donne géopolitique, l’IACE préconise que la Tunisie adopte une stratégie de diversification de ses partenariats commerciaux et politiques.

Concrètement, cela signifie maintenir la coopération historique avec les institutions occidentales comme la Banque mondiale et le FMI. Et ce, tout en exploitant la position géographique du pays pour exporter vers l’Europe de l’énergie solaire et de l’hydrogène vert. En parallèle, la Tunisie devrait renforcer ses partenariats techniques avec des puissances émergentes comme la Turquie et la Corée du Sud. De même qu’il est nécessaire qu’elle s’ouvre davantage à la coopération avec la Chine, via des instruments financiers dédiés aux infrastructures.

Dans un monde fragmenté, la neutralité active et la diversification des alliances constituent la meilleure couverture de risque pour un petit pays ouvert.

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Pas de dividendes chez Zitouna, 95 MDT réinvestis pour l’avenir

22. Mai 2026 um 09:19

L’Assemblée Générale Ordinaire de la Banque Zitouna, réunie le 24 avril 2026, a adopté à l’unanimité l’affectation des résultats de l’exercice 2025.

La banque a réalisé un bénéfice net de 54,56 millions de dinars. En ajoutant les résultats reportés des années précédentes (40,75 millions de dinars), le résultat distribuable total s’élève à 95,31 millions de dinars.

Selon la troisième résolution, ce montant a été réparti comme suit : 245 000 dinars versés à la réserve légale; 53,5 millions de dinars affectés aux réserves pour réinvestissements exonérés: et 41,57 millions de dinars maintenus en résultats reportés. Aucun dividende n’a été distribué aux actionnaires.

Cette décision traduit la volonté de la banque de renforcer ses fonds propres et de financer son développement futur en conservant la quasi-totalité de ses bénéfices.

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L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone

21. Mai 2026 um 16:52

La Tunisie ne peut plus différer le choix de sa souveraineté énergétique. Dépendante à plus de 60 % de sources extérieures, confrontée à une demande d’électricité qui pourrait doubler en quinze ans et soumise à des exigences climatiques internationales croissantes, la République tunisienne est à un tournant. C’est dans ce contexte d’urgence que s’est tenu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, le panel intitulé « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Autour de Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, qui en assurait la modération, quatre expertes et experts ont croisé leurs analyses : AfefJaafar, Conseillère auprès du Secrétaire d’État à la Transition Énergétique, Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ; OlfaChammari, Directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion, CDC ; Rami Elgolli, International consultant in Green EnergyCarbonAccounting&Auditor 50001 ; et HajerChekir, Directrice commerciale BYD Tunisie. Entre conformité réglementaire, innovation financière et impératifs de compétitivité, le débat a mis en lumière l’ampleur d’un défi qui dépasse largement la seule politique énergétique.

Dressant un diagnostic sans concession, Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, a rappelé qu’il y a trente ans, la Tunisie était autosuffisante en énergie. La moitié du déficit de sa balance commerciale est aujourd’hui imputable aux importations énergétiques, et les subventions à l’énergie représentent le premier poste de subvention du budget national. « Ce sont là des défis tout à fait redoutables », a-t-il observé, soulignant que le défi financier pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 se chiffre en milliards de dollars, auxquels s’ajoutent les investissements de réseau, de stabilisation et de gestion.

AfefJaafar, Conseillère auprès du Secrétaire d’État à la Transition Énergétique, Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a confirmé la trajectoire engagée par le gouvernement : plusieurs centaines de mégawatts sont désormais installés sous les différents régimes de production renouvelable, et de nouveaux projets attendent leur approbation parlementaire. « Il va falloir que ça s’accélère, compte tenu des contraintes auxquelles la Tunisie est confrontée », a-t-elle insisté.

OlfaChammari, Directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion, CDC, a pour sa part mis en perspective l’ampleur des investissements nécessaires, évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’horizon 2030 selon les engagements climatiques de la Tunisie. La Caisse des dépôts et consignations entend y jouer un rôle de catalyseur et d’effet de levier pour mobiliser le secteur privé, via des mécanismes de financement innovants et une logique d’investissement d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché.

Rami Elgolli, International consultant in Green EnergyCarbonAccounting&Auditor 50001, a éclairé les entreprises tunisiennes sur les implications concrètes du mécanisme d’ajustement carbone à la frontière mis en place par l’Union européenne, qui bascule cette année d’un régime déclaratoire à un régime fiscalisé. Un dispositif dont le périmètre est appelé à s’étendre bien au-delà des six secteurs actuellement concernés, et qui constitue, pour les exportateurs ayant anticipé leur décarbonation, un véritable levier de compétitivité sur les marchés européens.

HajerChekir, Directrice commerciale BYD Tunisie, a quant à elle replacé le véhicule électrique dans une perspective systémique inédite : bien au-delà de la décarbonation des transports, il représente une ressource de stockage d’énergie au service de l’équilibre du réseau électrique. Les premières tendances du marché tunisien témoignent d’une dynamique naissante mais réelle, portée par un cadre réglementaire incitatif que la directrice a salué.

Au terme de ce débat dense et prospectif, une conviction s’est imposée à l’ensemble des participants : la transition énergétique de la Tunisie ne pourra réussir que par une coordination étroite entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Un impératif de coalition autant que de volonté politique.

L’intégralité de la couverture du panel sera publiée dans le prochain numéro de L’Économiste Maghrébin en kiosques du 3 au 17 juin 2027.

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Souveraineté énergétique : la Tunisie à l’heure d’un choix stratégique sans précédent

21. Mai 2026 um 15:29

La Tunisie ne peut plus différer le choix de sa souveraineté énergétique. Dépendante à plus de 60 % de sources extérieures, confrontée à une demande d’électricité qui pourrait doubler en quinze ans et soumise à des exigences climatiques internationales croissantes, la Tunisie est à un tournant. C’est dans ce contexte d’urgence que s’est tenu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, un panel intitulé : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Autour de Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, qui en assurait la modération, quatre expertes et experts ont croisé leurs analyses. A savoir : Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique (ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie); Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC); Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001; et Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie.

Entre conformité réglementaire, innovation financière et impératifs de compétitivité, le débat a mis en lumière l’ampleur d’un défi qui dépasse largement la seule politique énergétique.

Dressant un diagnostic sans concession, Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, a rappelé qu’il y a trente ans, la Tunisie était autosuffisante en énergie. La moitié du déficit de sa balance commerciale est aujourd’hui imputable aux importations énergétiques. Et les subventions à l’énergie représentent le premier poste de subvention du budget de l’Etat. « Ce sont là des défis tout à fait redoutables », a-t-il observé, en ce sens que le défi financier pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 se chiffre en milliards de dollars. Auxquels s’ajoutent les investissements de réseau, de stabilisation et de gestion.

Cependant, Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique, n’a pas manqué de confirmer la trajectoire engagée par le gouvernement. Elle souligne à cet effet que plusieurs centaines de mégawatts sont désormais installés sous les différents régimes de production renouvelable. Tandis que  nouveaux projets attendent leur approbation au Parlement. « Il va falloir que cela s’accélère, compte tenu des contraintes auxquelles la Tunisie est confrontée », a-t-elle insisté.

De son côté, Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC), mettra pour sa part en perspective l’ampleur des investissements nécessaires, évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’horizon 2030, selon les engagements climatiques de la Tunisie. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) entend y jouer un rôle de catalyseur et d’effet de levier pour mobiliser le secteur privé. Et ce, via des mécanismes de financement innovants et une logique d’investissement d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché.

Pour sa part, Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001, a éclairé les entreprises tunisiennes sur les implications concrètes du mécanisme d’ajustement carbone à la frontière mis en place par l’Union européenne, qui bascule cette année d’un régime déclaratoire à un régime fiscalisé. Un dispositif dont le périmètre est appelé à s’étendre bien au-delà des six secteurs actuellement concernés. Et qui constitue, pour les exportateurs ayant anticipé leur décarbonation, un véritable levier de compétitivité sur les marchés européens.

Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie, a quant à elle replacé le véhicule électrique dans une perspective systémique inédite : bien au-delà de la décarbonation des transports, il représente une ressource de stockage d’énergie au service de l’équilibre du réseau électrique. Les premières tendances du marché tunisien témoignent d’une dynamique naissante mais réelle, portée par un cadre réglementaire incitatif que la directrice a salué.

Au terme de ce débat dense et prospectif, une conviction s’est imposée à l’ensemble des participants : la transition énergétique de la Tunisie ne pourra réussir que par une coordination étroite entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Un impératif de coalition autant que de volonté politique.

L’intégralité de la couverture du panel sera publiée dans le prochain numéro 946 de L’Économiste Maghrébin du 3 au 17 juin 2026.

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Tunisie – Souveraineté énergétique : l’heure des choix stratégiques a sonné

21. Mai 2026 um 15:58

Il y a trente ans, la Tunisie couvrait seule ses besoins en énergie. Aujourd’hui, elle en importe plus de 60 %. Sa facture énergétique pèse pour moitié sur le déficit de sa balance commerciale, et les subventions aux hydrocarbures sont devenues le premier trou du budget de l’État. Dans ce climat de vulnérabilité chronique, un constat s’impose : la marge de manœuvre se rétrécit. C’est ce qu’ont martelé, le 21 mai 2026 à Tunis, les participants du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie », organisé dans le cadre de la 27ᵉ édition du Forum de L’Économiste Maghrébin.

Loin d’une simple discussion technique, les échanges ont révélé une certitude : la transition énergétique n’est plus un dossier parmi d’autres – elle est devenue un impératif de souveraineté. Alors que la demande d’électricité pourrait doubler d’ici quinze ans, différer le choix des énergies renouvelables reviendrait à accepter une dépendance croissante, à la fois énergétique, économique et politique.

Autour de Serge Degallaix (EQUITIX), modérateur, quatre expertes et experts ont croisé leurs diagnostics : Afef Jaafar (ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie), Olfa Chammari (Caisse des dépôts et consignations), Rami Elgolli (consultant en comptabilité carbone) et Hajer Chekir (BYD Tunisie). Leur point d’accord était clair : la Tunisie ne peut plus attendre.

Des milliards de dollars d’investissements sous pression

Serge Degallaix a posé l’équation la plus brutale : atteindre 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 exigera des investissements chiffrés en milliards de dollars, sans compter les coûts de réseau et de stabilisation. Face à ce mur financier, l’État ne peut agir seul – mais il doit impérativement fixer le cap, faute de quoi les capitaux étrangers iront ailleurs.

Afef Jaafar a confirmé que plusieurs centaines de mégawatts sont déjà installés, et que de nouveaux projets attendent une validation parlementaire. Son message fut sans ambiguïté : « Il va falloir que ça s’accélère. » Une phrase qui sonne comme un avertissement, tant les contraintes s’accumulent.

La CDC en levier stratégique, le privé en vigie

Olfa Chammari a chiffré l’investissement global requis à plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici 2030, selon les engagements climatiques tunisiens. Pour la CDC, il ne s’agit plus de financer à tout prix, mais de catalyser

l’investissement privé par des mécanismes innovants et une logique d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché – formule reprise comme un mantra par plusieurs participants.

L’Europe change la donne : le carbone devient une arme commerciale

Mais c’est sans doute Rami Elgolli qui a introduit la contrainte géopolitique la plus immédiate. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne entre cette année dans une phase fiscalisée, après une période déclaratoire. Son périmètre va s’élargir bien au-delà des six secteurs initiaux. Pour les entreprises tunisiennes exportatrices, ne pas décarboner, c’est désormais perdre des parts de marché. L’enjeu n’est donc plus écologique – il est compétitif et diplomatique.

Hajer Chekir (BYD Tunisie) a offert un éclairage souvent ignoré : le véhicule électrique n’est pas seulement un outil de décarbonation des transports, mais une solution de stockage capable de stabiliser tout le réseau électrique. Elle a salué le cadre réglementaire tunisien, jugé incitatif, et noté une dynamique commerciale réelle, encore modeste mais prometteuse.

Coalition ou échec

À l’issue des débats, une conviction s’est imposée : la transition énergétique ne sera ni technocratique ni spontanée. Elle exige une coalition d’action entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Mais plus que tout, elle exige une volonté politique capable de transformer l’impératif stratégique en choix souverain.

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