❌

Normale Ansicht

Diaspora: 3,26 milliards de dollars vers la Tunisie, où se situe le pays en Afrique?

17. September 2026 um 14:02

Les transferts d’argent de la diaspora prennent une place croissante dans les économies africaines. En 2025, le continent a reçu 124,2 milliards de dollars, en hausse de 86% par rapport à 2016, selon le rapport Sending Money Home 2026 du Fonds international de développement agricole (FIDA). À l’échelle mondiale, les transferts vers les pays à revenus faibles et intermédiaires ont atteint 728,6 milliards de dollars.

La Tunisie a reçu 3,257 milliards de dollars en 2025, soit 79% de plus qu’en 2016. Ce montant représente 6% du PIB et 12% des exportations de biens et services. Le pays se classe ainsi au 9e rang africain.

Rang Pays Transferts 2025 Part du PIB Évolution depuis 2016
1 Égypte 41,52 Md$ 11 % +123 %
2 Nigeria 22,79 Md$ 8 % +16 %
3 Maroc 13,66 Md$ 7 % +114 %
4 Éthiopie 7,14 Md$ 5 % +824 %
5 Kenya 5,00 Md$ 4 % +187 %
6 Zimbabwe 3,51 Md$ 8 % +89 %
7 RD Congo 3,32 Md$ 4 % +459 %
8 Sénégal 3,27 Md$ 11 % +65 %
9 Tunisie 3,26 Md$ 6 % +79 %
10 Ghana 2,42 Md$ 2 % -19 %

Le classement met en évidence une forte concentration des flux. L’Égypte arrive largement en tête avec 41,52 milliards de dollars, suivie du Nigeria et du Maroc. À eux seuls, les cinq premiers pays africains ont capté environ 90,1 milliards de dollars, soit près des trois quarts des transferts reçus par le continent.

La Tunisie se distingue surtout par sa proximité avec le Sénégal. Avec 3,26 milliards de dollars, elle reste légèrement derrière ce dernier, mais devant le Ghana. En Afrique du Nord, elle arrive en troisième position, loin derrière l’Égypte et le Maroc.

Un autre élément ressort du rapport, celui du coût des transferts. Pour envoyer 200 dollars vers la Tunisie via des services non bancaires, le coût moyen s’élève à 4,3%. Le niveau tunisien reste inférieur à la moyenne nord-africaine, qui atteint 7,3%, et à la moyenne mondiale de 6,36%. Il demeure toutefois supérieur à la cible internationale de 3%.

La question du canal utilisé devient également importante. Plus de la moitié des transferts sont désormais envoyés sous forme numérique. Pourtant, seules 35% des opérations étudiées en 2025 étaient entièrement numériques de bout en bout. Le passage au numérique ne signifie donc pas encore que toute la chaîne, de l’envoi à la réception, est dématérialisée.

Pour la Tunisie, le principal enseignement est donc moins celui du volume que de sa position dans le paysage africain. Avec un montant de 3,26 milliards de dollars, le pays figure parmi les dix premiers bénéficiaires du continent, tout en évoluant dans un environnement où les écarts restent importants entre les marchés. La baisse des coûts et la poursuite de la digitalisation constituent désormais deux des principaux leviers identifiés par le FIDA pour rendre ces flux plus accessibles.

L’article Diaspora: 3,26 milliards de dollars vers la Tunisie, où se situe le pays en Afrique? est apparu en premier sur Managers.

Diaspora africaine: 124 milliards de dollars circulent en 10 ans, mais pour quel impact?

17. September 2026 um 12:55

Les transferts d’argent envoyés par les migrants vers l’Afrique ont atteint 124,2 milliards de dollars en 2025, selon le rapport Sending Money Home 2026 du Fonds international de développement agricole (FIDA). En dix ans, ces flux ont bondi de 86%. Le chiffre est important par son volume, mais surtout par ce qu’il révèle sur le rôle économique de la diaspora. Dans plusieurs pays africains, cet argent ne sert plus seulement à couvrir les dépenses des familles. Il peut aussi soutenir l’activité locale, l’investissement et la capacité des ménages à faire face aux difficultés.

Le phénomène accompagne une mobilité africaine qui s’accélère. Le nombre d’émigrants africains a atteint près de 46 millions en 2024, en hausse de 32% en dix ans. Surtout, plus de la moitié vivent dans un autre pays africain. Pour les entreprises, cette donnée ouvre une perspective souvent moins visible. Le marché des transferts ne se limite pas aux corridors entre l’Afrique et l’Europe ou l’Amérique du Nord. Il existe aussi un marché intra-africain, porté par les migrations régionales. Les montants sont cependant très concentrés. L’Égypte a reçu 41,5 milliards de dollars en 2025, devant le Nigeria avec 22,8 milliards et le Maroc avec 13,7 milliards. L’Éthiopie et le Kenya suivent avec 7,1 et 5 milliards de dollars. Ces cinq marchés représentent à eux seuls environ 73% des transferts reçus par l’Afrique.

Pour les PME et les acteurs financiers, cette concentration permet aussi d’identifier des marchés où les besoins liés aux paiements, aux services financiers et à l’accompagnement des bénéficiaires peuvent être importants. Le sujet n’est donc pas uniquement celui de l’argent envoyé. Il concerne toute la chaîne qui permet de le transférer, de le recevoir et éventuellement de le transformer en activité économique.

C’est justement là que subsiste l’un des principaux freins. Envoyer 200 dollars vers l’Afrique coûtait en moyenne 7,2% en 2025 via les services non bancaires. Le coût a baissé depuis 2016, mais reste supérieur à l’objectif international de 3%. Les différences entre régions sont également importantes. Le coût atteint 7,3% en Afrique du Nord, 7,2% en Afrique de l’Est, 9,7% en Afrique centrale et 10,4% en Afrique australe.

Pour une entreprise qui propose des services de transfert ou des solutions financières, cette situation montre donc un marché où la réduction des coûts reste un enjeu central. Pour les utilisateurs, chaque point de pourcentage économisé augmente directement la somme qui arrive au bénéficiaire.

La digitalisation peut justement changer une partie de cette équation. En Afrique subsaharienne, plus d’un milliard de comptes de mobile money étaient enregistrés en 2024. Des systèmes comme le PAPSS, le PI-SPI en Afrique de l’Ouest ou le TCIB en Afrique australe cherchent également à faciliter les paiements entre pays africains.

Pour les PME, l’intérêt ne se limite pas aux sociétés spécialisées dans la finance. Une entreprise locale peut aussi avoir intérêt à mieux comprendre comment ses clients utilisent ces fonds. Dans les zones rurales notamment, les transferts représentent un flux économique important. Le rapport estime qu’environ 34% des transferts destinés à l’Afrique, soit 41,9 milliards de dollars, vont vers des zones rurales. En Afrique de l’Est, cette proportion atteint 51%.

Cela peut soutenir des besoins très concrets. Le FIDA cite notamment le cas du Sénégal, où 73% des ménages recevant des transferts avaient adopté des stratégies agricoles de gestion des risques, contre 22% des ménages qui n’en recevaient pas. Au Mali, les transferts peuvent contribuer à l’achat de semences plus résistantes ou d’engrais naturels. Au Kenya, des organisations de la diaspora participent au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’agriculture résiliente.

Le message du rapport est donc assez clair. La question n’est plus seulement de savoir combien d’argent la diaspora envoie en Afrique. Il faut aussi regarder comment cet argent circule, combien coûte son transfert et ce qu’il permet de financer une fois arrivé.

L’article Diaspora africaine: 124 milliards de dollars circulent en 10 ans, mais pour quel impact? est apparu en premier sur Managers.

Transition énergétique: la Tunisie mieux classée que ses voisins, mais…

17. September 2026 um 11:35

La Tunisie se classe 62e sur 120 pays dans l’Energy Transition Index (ETI) 2026 du Forum économique mondial. Avec un score de 56 points, elle devance le Maroc, l’Égypte et l’Algérie. Mais ce classement ne doit pas être lu comme une garantie. La transition énergétique tunisienne reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment sur le plan financier et réglementaire.

L’ETI mesure deux aspects. Le premier concerne la performance actuelle du système énergétique. Le second évalue la capacité d’un pays à préparer et à réussir sa transition énergétique.

Sur le premier volet, la Tunisie obtient un score de 62,4 points. Elle fait mieux que le Maroc, qui affiche 58,4 points. En revanche, elle reste derrière l’Égypte, à 65,4 points, et l’Algérie, à 66 points.

Cette situation s’explique en partie par le poids des ressources fossiles dans les systèmes énergétiques de certains pays. L’Algérie et l’Égypte disposent notamment de ressources énergétiques qui peuvent soutenir leur performance actuelle.

Mais lorsqu’il s’agit de préparer l’avenir, la situation est différente.

Pour la préparation à la transition, la Tunisie obtient 46,3 points. Le Maroc fait légèrement mieux avec 48,6 points. L’écart est plus important avec l’Égypte, qui obtient 33,3 points, et l’Algérie, avec seulement 27,6 points.

Autrement dit, la Tunisie affiche aujourd’hui une meilleure capacité à préparer sa transition que plusieurs pays voisins. Elle reste toutefois derrière le Maroc sur cet indicateur.

Cette différence est importante. La transition énergétique ne dépend pas uniquement de la production d’électricité ou de la disponibilité de l’énergie. Elle repose aussi sur les investissements, les infrastructures, les politiques publiques, l’innovation et la capacité des entreprises à accompagner ces changements.

À l’échelle régionale, la Tunisie reste toutefois au-dessus de la moyenne. Le score moyen de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan est de 52,93 points, contre 56 points pour la Tunisie.

Des contraintes qui pèsent sur la transition

Le classement met aussi en évidence les difficultés rencontrées par la région. Le score global de l’ETI a reculé de 0,9 % et la préparation à la transition de 1,8 %.

Le Forum économique mondial évoque notamment les contraintes financières et les problèmes liés à la sécurité énergétique. Dans plusieurs pays, ces urgences peuvent prendre le dessus sur les investissements de long terme nécessaires à la transition.

Le rapport souligne également les difficultés de mise en œuvre. Les objectifs peuvent être annoncés, mais leur réalisation demande des financements, des infrastructures et un cadre réglementaire stable.

Pour la Tunisie, c’est donc sur ce passage des objectifs aux projets concrets que se joue une partie importante de la transition. Le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la modernisation des réseaux et la réduction de la dépendance aux importations d’énergie nécessitent des investissements importants.

L’article Transition énergétique: la Tunisie mieux classée que ses voisins, mais… est apparu en premier sur Managers.

Sous le capot africain: comment notre continent construit sa future automobile

17. September 2026 um 10:55

L’Afrique ne se contente plus d’être un simple terrain d’assemblage pour les géants mondiaux. Le continent ambitionne de bâtir une véritable industrie intégrée.

Fait d’évidence: la Zlecaf amorce cette dynamique. Dans ce cadre, l’automobile figure parmi les secteurs industriels prioritaires. Elle est classée aux côtés des produits pharmaceutiques, du transport, de la logistique et de l’agro-industrie. Au cœur de cette transformation, un acteur joue un rôle central: l’Association africaine des constructeurs automobiles (AAAM). Les années 2025 et 2026 marquent une phase de transformation majeure. Les échanges intergouvernementaux autour des règles d’origine de la Zlecaf se sont intensifiés. Cette dynamique a notamment permis l’approbation de règles spécifiques au secteur automobile, une avancée portée avec détermination par Victoria Backhaus-Jerling. En partenariat avec Afreximbank et le secrétariat de la Zlecaf, l’organisation met en place plusieurs programmes de formation. Parmi eux figure l’Automotive Executive Short Course, dont la deuxième édition a été lancée en juin 2026 au Ghana à destination des cadres du secteur, pour une durée de huit semaines.

GIZ-AAAM-TAA, un laboratoire de coopération industrielle

Puis arrive un autre signal fort! L’ouverture du bureau Afrique du Nord de l’AAAM à Tunis en avril 2025.  Au-delà de sa vocation régionale, le bureau AAAM Afrique du Nord à Tunis constitue une plateforme stratégique de connexion entre les écosystèmes automobiles d’Afrique du Nord, de l’Est, de l’Ouest et d’Afrique australe. Il contribue à accélérer l’intégration des chaînes de valeur africaines, la coopération industrielle, le dialogue public-privé et la facilitation des investissements à l’échelle continentale. Les opérations et les initiatives de l’AAAM en Afrique du Nord sont pilotées par Akrem Saadaoui, chef de projet pour la région. Sa mission? Akrem Saadaoui fait le lien entre industriels, investisseurs et institutions pour faire avancer des projets capables de renforcer l’écosystème automobile nord-africain.  En outre, le bureau s’inscrit dans un dispositif plus large où l’AAAM travaille main dans la main avec la GIZ Tunisie et la Tunisian Automotive Association. Un trio qui crée quelque chose de nouveau sur le terrain: un espace où le public, le privé et les partenaires techniques se parlent en continu. Petit à petit, les expériences nationales ne restent plus enfermées à l’intérieur des frontières. Plusieurs coopérations s’étendent entre la Tunisie, le Kenya, l’Ouganda, l’Algérie ou encore le Sénégal. Une logique s’installe, celle d’un apprentissage collectif. Comme si l’Afrique automobile était en train de tester, pays après pays, les conditions réelles de sa propre intégration industrielle. C’est exactement ce fil rouge qu’on retrouve au Forum FITA. Autour de la table, l’AAAM North Africa et la TAA réunissent plusieurs acteurs du continent pour parler composants, chaînes de valeur et intégration. L’Afrique n’est pas en train de partir de zéro. Elle dispose déjà de bases industrielles solides.

Le marché africain est-il encore mal perçu?

Le vrai sujet n’est plus de savoir si elle peut produire. Il est plutôt de savoir comment elle transforme ces capacités dispersées en un système continental cohérent. À dire vrai, ce qui freine encore l’essor de l’industrie automobile africaine n’est pas toujours là où on l’attend. Pour Ahmed Fikry Abdel Wahab, vice-président de l’AAAM pour l’Afrique du Nord, tout commence par une erreur de lecture du continent. Trop souvent, les investisseurs abordent l’Afrique comme un ensemble homogène, comme si le risque y était identique d’un pays à l’autre. C’est ce qu’il appelle “the aggregation fallacy”. Dans cette grille de lecture, le Maroc, l’Égypte ou l’Afrique du Sud se retrouvent noyés dans une moyenne continentale, souvent traduite par une “Africa risk premium” appliquée de manière uniforme. Et cette nuance change tout au moment de décider d’investir ou non. Très vite, un deuxième décalage apparaît, celui des compétences. Sur le papier, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Maroc forme chaque année près de 19000 ingénieurs, dont plus de 40% de femmes. L’Afrique du Sud s’appuie sur un siècle d’expérience industrielle et des écosystèmes de fournisseurs déjà structurés. L’Égypte, elle, dispose d’un vivier technique dense et en croissance. Pourtant, dans beaucoup de projets, une même hypothèse revient encore: celle d’une expertise qui devrait être importée. «The perception lags reality by roughly a decade», résume Ahmed Fikry Abdel Wahab. Une phrase qui dit tout du décalage entre ce que le continent est devenu et la manière dont il est encore perçu. Certes, des fragilités subsistent, notamment sur les nouvelles compétences liées aux chaînes de traction des véhicules électriques (EV powertrains), à la chimie des batteries ou encore aux véhicules définis par logiciel (software-defined vehicles). Mais pour lui, c’est précisément là que se joue désormais la bataille industrielle. Et c’est aussi pour cela que l’AAAM, avec Afreximbank et plusieurs partenaires internationaux, accélère ses programmes dédiés à la fabrication  avancée et au développement des compétences en mobilité. Le troisième biais tient à la manière dont le marché africain est perçu, pays par pays. Les investisseurs observent les volumes actuels, les jugent insuffisants et passent à autre chose. Pourtant, cette photo instantanée ne reflète en rien la trajectoire en cours. Ce que Ahmed Fikry Abdel Wahab pointe ici, ce n’est pas une illusion de marché africain déjà unifié, mais une sous-estimation de sa construction en cours. Et donc de sa valeur future. 

De l’analyse à l’ingénierie

Dans cette logique, l’AAAM ne se contente plus d’un rôle de plaidoyer. L’association travaille désormais sur des données opérationnelles pays par pays, en analysant les conditions concrètes de production et d’investissement. Des travaux récents en Tanzanie ont, par exemple, permis d’identifier les prérequis nécessaires à l’émergence d’une industrie locale d’assemblage. Cette approche s’accompagne de partenariats structurants, notamment avec Afreximbank, renforcés lors de l’IATF 2025 en Algérie autour du financement des chaînes de valeur régionales et de la consolidation des capacités de formulation des politiques publiques. Une logique qui vise à réduire l’écart entre ambition industrielle et réalité de financement. Mais c’est sans doute sur un point précis que le raisonnement du vice-président de l’AAAM pour l’Afrique du Nord devient le plus tranchant. Lorsqu’on lui demande quelle mesure pourrait le plus fortement accélérer l’industrialisation automobile en Afrique, sa réponse est directe, presque contre-intuitive. Il évoque la nécessité d’une coordination des politiques publiques sur les importations de véhicules d’occasion, mise en œuvre progressivement à l’échelle du continent. Le constat repose sur une corrélation qu’il juge difficile à ignorer. Les économies qui ont réussi à structurer une industrie automobile significative sont aussi celles qui ont encadré ce marché. Le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore l’Algérie partagent ainsi un même point commun: tous ont mis en place des politiques limitant, à des degrés divers, l’importation de véhicules d’occasion. Et tous disposent aujourd’hui d’une base industrielle plus avancée que les pays où ce marché reste totalement ouvert. Le mécanisme, explique-t-il, est d’abord une question de taille critique. Une usine d’assemblage automobile n’atteint son équilibre économique qu’à partir de 200 000 à 300 000 unités par an. «Tant que le marché est saturé de voitures d’occasion, en “fin de cycle de vie”, venus d’Europe ou du Japon, la demande pour les nouveaux véhicules reste faible pour franchir ce seuil critique», précise-t-il. Par ailleurs, Ahmed Fikry Abdel Wahab reconnaît aussi qu’une telle restriction brutale aurait des conséquences sociales. C’est pourquoi il défend une approche progressive, combinant plusieurs leviers. Un “Afreximbank-backed consumer finance mechanism”, des “entry-level vehicle programmes” adaptés au pouvoir d’achat local et surtout une transition étalée sur 4 à 5 ans, car au fond, rappelle-t-il, les règles d’origine et les politiques du contenu local ne peuvent produire leurs effets que si le marché atteint une taille critique. Et c’est peut-être là que se joue l’essentiel. Non pas dans la règle elle-même, mais dans les conditions qui rendent cette règle économiquement possible. Pour sa part, Ibrahim Debache, vice-président de l’AHK, président de la Chambre des concessionnaires et fabricants automobiles et expert en stratégie internationale auprès de la TAA, affirme que la compétitivité africaine dépend également de la capacité du continent à lever certains obstacles réglementaires et opérationnels qui continuent de fragmenter les marchés régionaux. L’harmonisation des normes techniques et la simplification des procédures douanières constituent, selon lui, des leviers essentiels pour accélérer l’intégration régionale. Dans un secteur où les composants franchissent plusieurs frontières avant d’être assemblés, la fluidité des échanges devient un facteur de compétitivité aussi important que les coûts de production eux-mêmes. 

La Tunisie, hub industriel de la région

L’expérience tunisienne montre justement ce que peut produire un environnement structuré. Pour Felix Sarrazin, chef de projet à la GIZ Tunisie, le pays a progressivement mis en place un modèle assez singulier, mêlant “dialogue public-privé”, structuration de filières et montée en gamme industrielle. Une combinaison qui lui permet aujourd’hui de se positionner en hub régional de l’industrie automobile en Afrique. La Tunisie dispose aussi d’un atout rarement observé à cette échelle sur le continent: l’existence de groupes industriels locaux capables de s’insérer directement dans les chaînes de valeur mondiales. Des entreprises comme “Coficab”, “One Tech” ou “Misfat” en sont l’illustration concrète. Elles montrent qu’à partir de l’Afrique, il est possible de faire émerger des acteurs industriels pleinement intégrés à l’international. Une dynamique qui renforce l’attractivité du pays et, au-delà, contribue à structurer tout l’écosystème régional. Le pays poursuit aussi sa montée en gamme conformément à la Stratégie nationale industrielle et d’innovation à l’horizon 2035. Avec le Pacte pour la compétitivité de l’industrie automobile en Tunisie, élaboré et mis en œuvre sous le patronage du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, avec le soutien de la GIZ et de l’ensemble des acteurs du secteur. L’objectif est de garder une longueur d’avance dans un contexte de transformation technologique rapide. Derrière les grandes orientations, les chantiers sont bien identifiés : formation et montée en compétences, innovation, infrastructures et réglementation, standards ESG et visibilité internationale. Cette dynamique s’incarne déjà dans des initiatives concrètes, comme, à titre d’exemple, la Tunisian Automotive Management Academy, accréditée par l’association allemande VDA, ou encore dans la présence d’acteurs de l’ingénierie qui mobilisent plusieurs centaines d’ingénieurs sur des projets industriels à forte valeur ajoutée. Pour la GIZ, la logique est simple mais structurante, soutenir d’abord les partenaires tunisiens dans le renforcement des bases nationales pour mieux les connecter ensuite aux dynamiques continentales, notamment via l’AAAM. Peu à peu, le débat dépasse d’ailleurs les seuls cadres de politique industrielle. Une idée s’impose en filigrane: l’Afrique ne se contente plus d’attirer des investissements dans l’automobile, elle cherche à monter en puissance, à internaliser les compétences, à développer ses propres capacités d’innovation et à structurer ses chaînes de valeur. Les leviers sont déjà là, population jeune, ressources stratégiques, intégration progressive des marchés, mais ils commencent seulement à s’articuler.

L’article Sous le capot africain: comment notre continent construit sa future automobile est apparu en premier sur Managers.

IA: le pari d’un milliard de dollars de Gates peut-il changer les marchés africains, dont celui de la Tunisie?

17. September 2026 um 10:26

La Fondation Gates veut accélérer l’accès à l’intelligence artificielle dans les secteurs où elle estime que la technologie peut réduire les écarts entre les populations. Elle prévoit de consacrer au moins un milliard de dollars sur deux ans à des solutions d’IA destinées notamment à la santé, à l’éducation et à l’agriculture. L’annonce, faite le 14 septembre à l’occasion du rapport Goalkeepers 2026, s’accompagne d’un constat clair de la Fondation. Sans intervention volontaire des gouvernements, des entreprises et des bailleurs, l’IA risque de bénéficier d’abord aux populations et aux institutions capables de payer les technologies les plus performantes.

La répartition des financements donne la mesure des priorités. 40% seront consacrés à l’éducation et 40% à la santé, soit environ 400 millions de dollars pour chacun de ces deux domaines. L’agriculture recevra 10%, tandis que les 10% restants financeront les “fondations numériques ” nécessaires à une IA plus inclusive, notamment des jeux de données dans des langues encore peu prises en compte par les modèles existants.

L’Afrique face à un problème de données

Pour le continent africain, l’enjeu dépasse l’accès aux outils d’IA déjà disponibles. Il concerne aussi la capacité à produire des technologies qui comprennent les réalités locales. La Fondation relève que plus de 90% des données ayant servi à entraîner les premiers grands modèles de langage provenaient de sources anglophones. Or, une technologie entraînée sur des données limitées dans certaines langues risque de moins bien répondre aux besoins des populations qui les parlent. Le rapport appelle donc à développer des systèmes fonctionnant dans davantage de langues et construits à partir de données issues des communautés concernées.

Cette question est déjà traitée sur le terrain. La Fondation indique notamment soutenir le développement de données permettant de mieux intégrer les langues africaines dans les modèles d’IA. Un engagement collectif de 10 millions de dollars a ainsi été annoncé par plusieurs bailleurs réunis au sein de l’AI for Development Funders Collaborative.

Au Rwanda, la Fondation finance également le développement d’un AI Scaling Hub, destiné à faire passer des applications d’IA du stade de l’expérimentation à celui du déploiement, notamment dans la santé, l’agriculture et l’éducation. Le financement indiqué par la Fondation pour ce hub atteint 7,5 millions de dollars.

Une nouvelle chaîne de valeur

L’intérêt du programme pour l’Afrique se situe donc aussi dans la chaîne de valeur qui se construit autour de l’IA. Les opportunités ne concernent pas uniquement les concepteurs de grands modèles. Elles touchent les données, les logiciels spécialisés, les services de santé numérique, l’agritech, l’éducation et les solutions capables de fonctionner dans les langues locales. Dans l’agriculture, la Fondation mise notamment sur des outils capables de fournir aux petits exploitants des conseils personnalisés sur les sols, la météo ou les cultures. Dans la santé, l’objectif est notamment d’aider les professionnels de première ligne dans le diagnostic et la prise de décision.

Le milliard de dollars annoncé n’est donc pas un financement consacré à l’Afrique. Il s’inscrit dans une initiative mondiale. Mais pour le continent, il intervient sur un sujet stratégique: ne pas rester uniquement consommateur d’IA, mais développer les données, les usages et les solutions capables de créer de la valeur localement.

L’article IA: le pari d’un milliard de dollars de Gates peut-il changer les marchés africains, dont celui de la Tunisie? est apparu en premier sur Managers.

Investissement agricole: 291,8 MD approuvés, où va l’argent?

17. September 2026 um 09:18

L’investissement agricole approuvé en Tunisie a atteint 291,8 millions de dinars (MD) au cours des huit premiers mois de 2026, à travers 4 096 opérations, selon le Bulletin statistique de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), publié mercredi. Ces projets devraient générer 1 569 emplois permanents.

Le volume approuvé résulte de deux circuits. Les comités d’octroi des avantages ont validé 1 643 opérations pour 267,9 MD, tandis que les structures d’investissement des Commissariats régionaux au développement agricole (CRDA) ont approuvé 2 453 opérations pour 23,9 MD.

La répartition des montants montre surtout le poids des investissements directement consacrés à l’activité agricole. Avec 159,6 MD, l’agriculture représente à elle seule près de 55% du montant global approuvé. Les services liés à l’agriculture et à la pêche maritime arrivent ensuite avec 53,8 MD, devant la pêche avec 28,6 MD et l’aquaculture avec 23,5 MD.

Cette structure donne aussi une indication sur la nature des projets engagés. Au-delà de la production agricole elle-même, une part importante des capitaux se dirige vers les activités de services qui gravitent autour du secteur, ainsi que vers la pêche et l’aquaculture. L’investissement approuvé ne se limite donc pas aux exploitations agricoles au sens strict, mais couvre plusieurs maillons de l’activité agricole et halieutique.

Le financement repose par ailleurs sur une combinaison de ressources propres, de crédits et de subventions. L’autofinancement atteint 110,3 MD, soit la première source de financement des projets approuvés. Les crédits représentent 87,9 MD, tandis que les subventions s’élèvent à 69,6 MD. Ces dernières progressent de 9% par rapport à la même période de 2025. Un autre élément ressort des données de l’APIA. Les montants effectivement approuvés restent nettement inférieurs aux investissements déclarés depuis le début de l’année. À fin août, 4 120 opérations ont été déclarées pour 807,5 MD. Le rapprochement entre les deux chiffres doit cependant être fait avec prudence, puisqu’une déclaration ne signifie pas encore que le projet a obtenu l’approbation des avantages. L’écart donne néanmoins une idée du volume de projets encore en cours dans le circuit d’investissement.

Les sociétés communautaires apparaissent également dans les statistiques, mais sur des montants encore modestes. Les comités d’octroi des avantages ont approuvé 17 opérations pour 4,5 MD, réparties entre Nabeul, Béja, Tataouine, Médenine, Monastir, Le Kef et Sidi Bouzid.

 

L’article Investissement agricole: 291,8 MD approuvés, où va l’argent? est apparu en premier sur Managers.

BCT: un bilan de 61,264 milliards de dinars au 31 août

16. September 2026 um 17:05

Le bilan général des comptes de la Banque centrale de Tunisie (BCT), arrêté au 31 août 2026, affiche un total de 61,264 milliards de dinars, selon les données publiées au Journal officiel de la République tunisienne du 15 septembre 2026.

À l’actif, les avoirs en devises constituent le principal poste avec 25,680 milliards de dinars. Le bilan fait également ressortir un stock d’or de 1,776 milliard de dinars, une position de réserve auprès du FMI de 482,2 millions de dinars et des avoirs en droits de tirage spéciaux (DTS) de 75,9 millions de dinars.

Les opérations liées au financement du système bancaire représentent également des montants importants. Les facilités accordées aux banques dans le cadre des opérations de politique monétaire s’élèvent à 6,958 milliards de dinars. Les opérations sur le marché ouvert atteignent, de leur côté, 3,846 milliards de dinars.

Le bilan comptabilise par ailleurs 2,280 milliards de dinars au titre de l’avance à l’État contre des actifs du FMI, tandis que les facilités accordées à l’État s’établissent à 18,650 milliards de dinars.

Au passif, les billets et pièces en circulation atteignent 30,217 milliards de dinars. Les comptes courants des banques et institutions financières s’élèvent à 715,7 millions de dinars. Les comptes liés au gouvernement comprennent, pour leur part, 2,190 milliards de dinars au titre du compte courant du gouvernement et 2,411 milliards de dinars au titre des comptes spéciaux du gouvernement.

Les autres postes du passif comprennent notamment 10,592 milliards de dinars d’engagements envers les résidents liés aux opérations en devises et 4,700 milliards de dinars au titre des différences de conversion et de réévaluation.

Le bilan fait ainsi apparaître, à fin août, la structure comptable de la BCT, entre avoirs extérieurs, concours à l’État, refinancement bancaire et monnaie en circulation.

L’article BCT: un bilan de 61,264 milliards de dinars au 31 août est apparu en premier sur Managers.

Tourisme: Mohamed Mehdi Haloui dans le top 100 de Forbes Middle East

16. September 2026 um 15:18

Le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), Mohamed Mehdi Haloui, figure dans le top 100 Travel and Tourism Leaders 2025 de Forbes Middle East, où il occupe la 43e position. La Tunisie est représentée par un seul dirigeant dans cette sélection.

Nommé à la tête de l’ONTT en avril 2025, il était auparavant directeur des investissements et de l’accompagnement des promoteurs au sein de l’Office. Sous sa direction, l’ONTT évolue dans un secteur qui a enregistré en 2025 une progression des arrivées de non-résidents de 10,4%, à plus de 11 millions de visiteurs, tandis que les recettes touristiques ont atteint 8,137 milliards de dinars, selon les données de la Banque centrale de Tunisie.

 

L’article Tourisme: Mohamed Mehdi Haloui dans le top 100 de Forbes Middle East est apparu en premier sur Managers.

Industrie du cuir: le savoir-faire tunisien intéresse plusieurs pays africains

16. September 2026 um 12:49

La Tunisie partage son savoir-faire dans le secteur du cuir avec plusieurs pays africains, notamment dans les domaines du tannage et de la fabrication de chaussures et de sacs. Selon l’agence tap, une expérience menée avec le Tchad montre l’intérêt de cette coopération pour améliorer la qualité des produits et les rapprocher des exigences des marchés internationaux.

Selon l’agence TAP, Aïssatou Diallo, directrice exécutive du Secrétariat exécutif du Cadre intégré renforcé (CIR), de l’Organisation mondiale du commerce depuis février 2026, a évoqué cette expérience en marge du Forum public de l’OMC, qui se tient du 15 au 17 septembre à Genève. La Tunisie n’est pas un pays moins avancé (PMA) et ne bénéficie donc pas directement du CIR. Elle a néanmoins participé à une initiative de partage d’expertise avec des pays africains moins avancés qui cherchent à développer leur filière cuir.

Le Tchad figure parmi ces pays. Sa filière rencontre notamment des difficultés au niveau de la finition et de la qualité des produits, alors que ces éléments sont essentiels pour accéder aux marchés internationaux.

Avec un financement de la coopération italienne, des artisans tchadiens du secteur du cuir se sont ainsi rendus en Tunisie pour bénéficier de l’expertise du Centre national du cuir et de la chaussure. La formation a notamment porté sur les techniques de tannage ainsi que sur la fabrication de chaussures et de sacs. L’objectif était également d’améliorer la qualité des cuirs bruts afin de mieux répondre aux besoins du marché italien. L’expérience a ainsi permis de mettre à contribution l’expertise tunisienne pour accompagner la montée en qualité d’une filière dans un autre pays africain. Pour Aïssatou Diallo, cette initiative constitue un exemple de coopération Sud-Sud. Elle a souligné l’intérêt d’élargir ce type de partenariats et de renforcer le partage d’expériences entre la Tunisie et les pays africains.

Le CIR accompagne par ailleurs la mise en œuvre, au niveau national, du protocole de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) consacré aux femmes et aux jeunes.

Il sied à noter que le Cadre intégré renforcé est un programme mondial de développement et un partenariat multipartite placé sous l’égide de l’OMC. Il vise à aider les pays les moins avancés à mieux tirer parti du commerce et de l’investissement comme moteurs de croissance et de développement durable.

En plus, cette coopération intervient alors que la Tunisie dispose d’une filière cuir largement tournée vers l’export. Selon les dernières données de l’APII, le secteur compte 171 entreprises employant au moins 10 personnes, dont 129 sont totalement exportatrices, pour plus de 30 700 emplois. En 2024, les exportations du secteur ont atteint 2,18 milliards de dinars, avec un taux de couverture de 163,9 %. L’Italie constitue notamment un débouché majeur pour la filière.

L’article Industrie du cuir: le savoir-faire tunisien intéresse plusieurs pays africains est apparu en premier sur Managers.

AquaDeep attire un nouvel investissement pour accélérer son expansion à l’export

16. September 2026 um 11:40

AquaDeep revient sur le devant de la scène avec un nouvel investissement. La startup tunisienne, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’aquaculture, annonce l’entrée de Go Big Partners à son capital. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé.

Cette nouvelle opération intervient alors qu’AquaDeep cherche à changer d’échelle, notamment sur les marchés américain et européen. Fondée par Mohamed Ben Ahmed, Mohamed Ali Chaambi et Youssef Chahed, la startup développe des solutions basées sur l’IA, la vision par ordinateur et l’analyse de données pour automatiser et améliorer le suivi dans les élevages aquacoles.

Son approche part d’un problème très opérationnel. Dans les écloseries, le comptage, le suivi de la croissance et l’évaluation des larves nécessitent encore des interventions humaines répétitives. AquaDeep cherche à transformer ces opérations en données exploitables grâce à ses outils technologiques, avec à la clé un suivi plus rapide et une meilleure capacité de décision pour les producteurs.

Le nouvel investissement doit ainsi accompagner une phase davantage tournée vers le développement commercial et l’international. L’enjeu n’est plus seulement de démontrer la pertinence de la technologie, mais de multiplier ses déploiements auprès d’acteurs de l’aquaculture, en particulier sur des marchés où le secteur dispose déjà d’un écosystème industriel important.

Cette orientation est cohérente avec le parcours de la startup. AquaDeep avait déjà mobilisé des financements pour développer sa technologie et s’était progressivement positionnée sur des marchés extérieurs. La nouvelle opération avec Go Big Partners lui apporte un soutien supplémentaire au moment où les technologies d’intelligence artificielle commencent à gagner du terrain dans les industries liées à la mer.

Pour une startup tunisienne, l’intérêt de cette trajectoire tient aussi à la nature du produit. AquaDeep ne vend pas uniquement un logiciel généraliste basé sur l’IA. Elle construit une technologie destinée à un métier industriel précis, avec un potentiel de déploiement au-delà du marché tunisien. C’est cette capacité à transformer une expertise technologique locale en solution exportable qui constitue aujourd’hui l’un de ses principaux leviers de croissance.

Le contexte sectoriel est également favorable. La startup tunisienne poursuit son développement et les investissements dans le secteur progressent, tandis que les producteurs sont confrontés à des exigences croissantes en matière de productivité, de traçabilité et de maîtrise des coûts. À l’échelle internationale, l’IA commence parallèlement à être utilisée pour le suivi des poissons, l’estimation de la biomasse, la détection des anomalies et l’optimisation des opérations d’élevage.

AquaDeep se trouve donc à l’intersection de deux marchés en transformation, celui de l’IA et celui de l’économie bleue. Son prochain défi sera de convertir cette avance technologique en croissance commerciale, avec les États-Unis et l’Europe comme principaux relais d’expansion.

La startup avait déjà gagné en visibilité après la sélection de ses trois cofondateurs dans le Forbes Middle East 30 Under 30. Avec ce nouvel investissement, AquaDeep franchit ainsi un cap dans l’écosystème tunisien des startups. Mais cette fois, l’enjeu se situe moins dans la visibilité que dans le passage à une nouvelle phase de développement, celle de l’export et de l’implantation sur des marchés internationaux.

L’article AquaDeep attire un nouvel investissement pour accélérer son expansion à l’export est apparu en premier sur Managers.

Tarek Mosaad élu président de l’Association africaine des constructeurs automobiles

16. September 2026 um 10:28

L’African Association of Automotive Manufacturers (AAAM) a élu Tarek Mosaad, président-directeur général de Hyundai Motor Middle East and Africa, à sa présidence pour le mandat 2026-2028. Il succède à Martina Biene. À ses côtés, quatre vice-présidents représenteront l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe, tandis que Markus Thill prendra en charge le portefeuille des composants.

Cette nouvelle équipe arrive avec un sujet qui dépasse la seule production automobile. L’AAAM veut renforcer la localisation, développer les fournisseurs et mieux connecter les différents pôles industriels africains. L’objectif est de faire davantage circuler la valeur au sein du continent, plutôt que de limiter l’intégration automobile à l’assemblage de véhicules importés.

La question prend une dimension supplémentaire avec la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’automobile figure parmi les chaînes de valeur considérées comme stratégiques et l’AAAM travaille notamment sur les conditions permettant aux véhicules et composants suffisamment intégrés en Afrique de bénéficier du cadre commercial continental.

L’enjeu est aussi technologique. L’électrification déplace progressivement une partie de la valeur vers les batteries, l’électronique et les systèmes embarqués. Pour les industriels africains, le sujet consiste donc à identifier les segments sur lesquels ils peuvent réellement construire une capacité locale.

Pour l’Afrique du Nord, cette évolution est particulièrement suivie. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une importante base automobile, tandis que la Tunisie s’est spécialisée dans les composants et l’exportation. L’ouverture progressive d’un marché automobile africain plus intégré pourrait donc offrir de nouveaux débouchés aux équipementiers tunisiens, à condition qu’ils puissent répondre aux exigences de coût, de volume et de contenu local.

Le nouveau conseil consultatif de l’AAAM réunira notamment l’ancienne présidente Martina Biene, l’ancien président Mike Whitfield et des représentants des différentes régions africaines. L’association entend ainsi conserver une continuité institutionnelle tout en donnant à sa nouvelle direction un mandat centré sur l’investissement, la localisation et les chaînes de valeur régionales.

L’article Tarek Mosaad élu président de l’Association africaine des constructeurs automobiles est apparu en premier sur Managers.

Santé: Sara Masmoudi classée 41e parmi le top 100 executives de Forbes

16. September 2026 um 09:48

Sara Masmoudi, CEO de Kilani Group, figure à la 41e place du classement Forbes Middle East Top Healthcare Leaders 2026-Executives, qui réunit 100 dirigeants du secteur de la santé au Moyen-Orient. Elle conserve ainsi le même rang que dans l’édition 2025.

Son classement intervient alors que l’industrie de la santé dans la région poursuit son développement autour de l’extension des capacités hospitalières, de la production pharmaceutique locale et de l’adoption croissante des technologies numériques et de l’intelligence artificielle. Forbes estime le marché de la santé dans la région MENA à 254 milliards de dollars en 2025, avec une projection à 400 milliards de dollars d’ici à 2032.

À la tête de Kilani Group, Sara Masmoudi évolue dans un groupe présent notamment dans la pharmacie et la santé. L’entreprise compte environ 2 900 employés et dispose de plus de 270 médicaments enregistrés en Tunisie et de plus de 500 sur d’autres marchés, selon Forbes.

L’année 2026 a notamment été marquée par le rapprochement avec Sanofi en Tunisie. Les activités locales du groupe pharmaceutique français ont été transférées aux filiales de Kilani Group, avec Teriak pour la fabrication et Medicis pour les activités médicales et commerciales.

Le classement Forbes est dominé cette année par Nasser Al Huqbani, CEO de Saudi Arabia’s Health Holding Company, suivi de Mohammed bin Khalifa Al Suwaidi, managing director de Hamad Medical Corporation au Qatar. Les Émirats arabes unis comptent à eux seuls 57 représentants parmi les 100 dirigeants sélectionnés, devant l’Arabie saoudite avec 27.

L’article Santé: Sara Masmoudi classée 41e parmi le top 100 executives de Forbes est apparu en premier sur Managers.

Électronique: le groupe français Eurostat ouvre une nouvelle unité industrielle à Tunis

16. September 2026 um 08:55

Le groupe français Eurostat a choisi la Tunisie pour renforcer son dispositif industriel et préparer son développement sur les marchés africains et moyen-orientaux. Le spécialiste des équipements de protection contre les décharges électrostatiques a inauguré, le 14 septembre 2026, une nouvelle unité à Tunis.

Le site, qui s’étend sur 1 500 m², réunit plusieurs activités de production, notamment le thermoformage, l’usinage de moules et l’assemblage de solutions ESD destinées à l’industrie électronique. Ces équipements répondent à un besoin particulier de cette industrie, où les décharges électrostatiques peuvent endommager des composants sensibles.

Mais l’enjeu de cette implantation dépasse la seule production. Eurostat Group entend également s’appuyer sur Tunis pour développer ses activités commerciales au Moyen-Orient et en Afrique. Le groupe estime que cette implantation pourrait, à terme, contribuer à hauteur de 20% à sa valeur globale.

L’unité démarre avec 28 collaborateurs, un effectif qui devrait évoluer avec la montée en puissance du site.

Cette arrivée s’inscrit aussi dans le mouvement plus large des investissements français dans l’industrie tunisienne. D’après l’ambassade de France en Tunisie, le pays compte déjà environ 1 700 entreprises à participation française, représentant plus de 170 000 emplois.

L’article Électronique: le groupe français Eurostat ouvre une nouvelle unité industrielle à Tunis est apparu en premier sur Managers.

Forbes Middle East: Olfa Gam, seule Tunisienne dans le classement des 50 leaders dans le secteur de la santé

15. September 2026 um 17:10

La Tunisie n’est représentée qu’une seule fois dans le classement Forbes 2026 des 50 fondateurs et actionnaires les plus influents du secteur de la santé au Moyen-Orient. Olfa Gam, dirigeante de Cytopharma, y figure à la 49e position.

Sa présence place ainsi une entreprise tunisienne parmi les acteurs qui comptent dans un secteur de la santé régional marqué par d’importants investissements, des opérations de croissance externe et une volonté croissante de développer des capacités locales.

Le classement reste toutefois largement concentré autour de trois pays. Les Émirats arabes unis arrivent en tête avec 18 représentants, suivis de l’Arabie saoudite avec 13 et de l’Égypte avec 10. À eux seuls, ces trois marchés regroupent 41 des 50 personnalités retenues par Forbes.

Cette concentration reflète le poids pris par ces économies dans le développement du secteur privé de la santé. Les groupes régionaux ne se limitent plus à l’exploitation d’établissements de soins. Ils investissent également dans les technologies médicales, les laboratoires, la recherche, la fabrication et les infrastructures de santé.

Les Émirats illustrent particulièrement cette dynamique. Parmi les personnalités classées figure notamment Shaista Asif, cofondatrice et dirigeante de PureHealth, groupe qui s’est développé à travers des investissements, des acquisitions et une expansion internationale. Plusieurs acteurs de la région cherchent désormais à dépasser leurs marchés domestiques et à s’implanter en Europe ou aux États-Unis.

L’Arabie saoudite bénéficie, de son côté, de la transformation engagée dans le cadre de ses grands programmes économiques, qui accordent une place importante au développement des infrastructures et des capacités nationales de santé. L’Égypte, avec dix représentants, s’appuie notamment sur l’importance de son marché intérieur et sur son rôle de plateforme vers d’autres marchés africains et arabes.

Forbes évalue les personnalités retenues à partir de plusieurs critères, notamment la taille des entreprises, leur influence dans le secteur et leur capacité d’innovation. Le classement met ainsi en avant des profils qui participent à une transformation plus large de l’écosystème régional.

Derrière ces investissements se trouve également un enjeu de souveraineté sanitaire. La région cherche à renforcer ses capacités locales en matière de recherche, de production et de technologies médicales, tout en développant des groupes capables de se positionner sur les marchés internationaux.

 

L’article Forbes Middle East: Olfa Gam, seule Tunisienne dans le classement des 50 leaders dans le secteur de la santé est apparu en premier sur Managers.

Le CMF saisit la justice contre 20 sociétés cotées. Détails

15. September 2026 um 14:39

Le Conseil du Marché Financier (CMF) durcit le ton face aux retards dans la publication de l’information financière. Sur les 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis, 20 n’ont pas respecté les délais prévus pour la publication de leurs états financiers intermédiaires au titre du premier semestre 2026.

Pour le régulateur, l’ampleur du retard ne relève plus d’une situation ponctuelle. Selon communiqué, les sociétés concernées opèrent dans plusieurs secteurs et présentent des situations différentes, mais elles ont en commun de ne pas avoir satisfait à leurs obligations dans les délais réglementaires.

Le CMF considère que ces retards portent directement sur l’accès des investisseurs à une information financière régulière. Pour une société faisant appel public à l’épargne, la publication des comptes ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle permet aux actionnaires et aux autres intervenants du marché de disposer des éléments nécessaires pour apprécier la situation financière de l’entreprise et prendre leurs décisions.

L’autorité indique par ailleurs que les explications avancées par certaines sociétés pour justifier leurs retards ne peuvent être retenues lorsqu’elles ne sont pas jugées suffisamment sérieuses ou recevables. Les difficultés d’organisation ou les contraintes internes d’une entreprise ne peuvent, selon le CMF, remettre en cause les obligations qui s’imposent aux sociétés cotées.

Le dossier prend désormais une dimension judiciaire. Le CMF a engagé des procédures en référé à l’encontre de plusieurs sociétés contrevenantes. Ces démarches portent notamment sur le défaut de tenue des assemblées générales ordinaires appelées à statuer sur les comptes ainsi que sur l’absence de publication des états financiers concernés.

Cette décision marque une volonté de faire appliquer plus strictement les règles de diffusion de l’information financière sur le marché tunisien. Le CMF rappelle que les sociétés cotées sont tenues de respecter les obligations prévues en matière de publication des états financiers annuels et intermédiaires ainsi que des indicateurs d’activité trimestriels.

Au-delà des 20 sociétés actuellement concernées, le message du régulateur vise donc l’ensemble de la cote. La publication dans les délais n’est pas seulement une exigence réglementaire. Dans un marché où l’information disponible conditionne directement les décisions des investisseurs, sa régularité participe aussi au fonctionnement normal de la Bourse et à la confiance dans le marché.

En engageant des procédures judiciaires, le CMF entend ainsi disposer d’un levier supplémentaire pour faire respecter ces obligations. L’enjeu dépasse le seul rattrapage des publications en retard. Il s’agit de rappeler que, pour les sociétés cotées, la transparence financière fait partie intégrante des règles du marché.

L’article Le CMF saisit la justice contre 20 sociétés cotées. Détails est apparu en premier sur Managers.

Comptabilité carbone: l’ANME fixe les conditions d’éligibilité pour accompagner les entreprises tunisiennes

15. September 2026 um 14:01

La comptabilité carbone commence à se structurer en Tunisie, y compris du côté des professionnels habilités à accompagner les entreprises. Le cahier des charges de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) fixe des conditions précises pour les experts appelés à réaliser les études de bilan carbone, d’empreinte carbone des produits ou encore à accompagner les entreprises dans leur mise en conformité avec le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

Premier filtre, le niveau académique. Les experts doivent disposer d’un diplôme de niveau Bac+5 ou plus, dans une discipline scientifique ou technique.

À cette exigence s’ajoute une expérience professionnelle d’au moins cinq ans, qui doit être prouvée. Elle peut avoir été acquise dans plusieurs domaines liés à la transition énergétique et environnementale, notamment l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le management de la qualité, l’environnement, les procédés industriels ou encore la gestion et les inventaires des émissions de gaz à effet de serre.

Le cahier des charges introduit ensuite des exigences différentes selon la prestation demandée.

Pour réaliser le bilan carbone d’une entreprise, selon les référentiels ISO 14064-1 ou GHG Protocol, l’expert doit avoir participé à une mission d’accompagnement en bilan carbone dans le cadre d’un programme national, notamment porté par l’ANME, le CITET ou la DGIIT. Une autre possibilité est de justifier d’au moins deux bilans carbone réalisés et documentés.

Les exigences sont comparables pour l’empreinte carbone des produits, qui s’appuie notamment sur la norme ISO 14067 et l’approche cycle de vie. L’expert doit avoir participé à une mission d’accompagnement en empreinte carbone produit dans le cadre d’un programme national ou pouvoir justifier d’au moins deux études d’empreinte carbone produit.

Cette expérience spécifique est également demandée pour accompagner une entreprise dans sa mise en conformité avec le MACF. Là encore, l’expert doit justifier d’une expérience en empreinte carbone produit dans le cadre d’un programme national ou de deux études ECP documentées.

Ces critères montrent que l’ANME ne cherche pas seulement à multiplier le nombre d’intervenants sur le marché. Le dispositif vise à encadrer la qualité des prestations et à s’assurer que les entreprises soient accompagnées par des professionnels disposant à la fois d’une formation technique et d’une expérience vérifiable.

L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule production d’un document carbone. Pour les entreprises exportatrices vers l’Union européenne, la capacité à calculer correctement les émissions associées à leurs produits devient progressivement un sujet commercial. Dans le cadre du MACF, les données d’émissions doivent pouvoir être documentées selon des méthodes reconnues. La qualité du calcul effectué en amont peut donc avoir des conséquences sur les démarches de l’entreprise et, à terme, sur son coût carbone.

Cette structuration intervient alors que l’ANME développe parallèlement DecarboAct, sa plateforme destinée aux entreprises tunisiennes. Celle-ci propose notamment des outils pour calculer l’empreinte carbone, élaborer un plan de décarbonation et accéder à des ressources de formation et de financement.

Pour les entreprises, le message est donc assez clair. La comptabilité carbone devient une prestation encadrée, avec des qualifications, une expérience minimale et des références précises selon le type d’étude. La Tunisie cherche ainsi à construire progressivement une offre nationale capable d’accompagner les entreprises dans la mesure de leurs émissions, leur réduction et leur adaptation aux nouvelles exigences liées au carbone.

L’article Comptabilité carbone: l’ANME fixe les conditions d’éligibilité pour accompagner les entreprises tunisiennes est apparu en premier sur Managers.

Voici les 6 entrepreneurs distingués par la ZLECAf dans 5 pays africains

15. September 2026 um 12:25

La propriété intellectuelle ne se limite pas à protéger une invention ou une création. Elle peut aussi devenir un outil de développement d’une activité, de valorisation de savoir-faire locaux et, à terme, d’accès à un marché continental. C’est le message qui ressort de la première édition de la Journée africaine de la propriété intellectuelle organisée depuis l’adoption du Protocole de la ZLECAf sur les droits de propriété intellectuelle.

Réunis le 12 septembre 2026 à Accra, six innovateurs et entrepreneurs africains ont été distingués par le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine dans deux catégories, “My IP Story” et le “SG Prize”, le Prix du Secrétaire général. Il y a 6 entrepreneurs/innovateurs distingués, issus de 5 pays africains.

Dans la catégorie “My IP Story”, qui met en avant l’utilisation de la propriété intellectuelle dans le développement d’une activité, la médaille d’or a été attribuée à la Nigériane Chioma Rosemary Onyekaba. Autrice, créatrice, éditrice et fondatrice de Beauty & Brains Foundation Printing Press Nigeria, elle s’appuie sur la propriété intellectuelle pour structurer son activité dans les industries créatives et l’édition.

Le Ghanéen John Wobil a obtenu la médaille d’argent. Ingénieur et cofondateur de Wobil Technologies Limited, il développe des équipements destinés à l’agriculture, dont une batteuse à riz multi-étages et une vanneuse à grains fonctionnant à l’énergie solaire. Ces équipements sont en instance de brevet, avec une approche centrée sur des solutions conçues localement pour répondre aux besoins du secteur agricole.

La médaille de bronze est revenue à l’Ougandaise Grace Akatuha, fondatrice et directrice générale de Kikazi Agri-Products Limited. Son entreprise travaille à la transformation de cultures locales, notamment l’éleusine et le manioc, en farines de qualité. Ici, la propriété intellectuelle accompagne la valorisation de matières premières agricoles et de produits issus du patrimoine alimentaire africain.

La deuxième catégorie, le “SG Prize”, s’intéresse à des réalisations utilisant la propriété intellectuelle dans des domaines à fort impact, notamment la santé, l’agriculture, l’énergie et la durabilité. La médaille d’or a été décernée au Béninois Fade Elisee, ingénieur biomédical et directeur général d’UP ELEC SARL. Il a conçu une table chauffante néonatale fabriquée au Bénin, destinée à améliorer la prise en charge des nouveau-nés. L’innovation illustre l’intérêt de développer des équipements médicaux adaptés aux réalités et aux capacités de production locales. Au Cameroun, Theophile Kamgang Nzeuleu, fondateur de Ticket des Jeunes et concepteur de BioGenix, a reçu la médaille d’argent. Ses travaux portent sur des solutions biotechnologiques et agroécologiques destinées à rendre les systèmes agricoles plus durables et plus résilients face aux effets du changement climatique. Le Nigérian Ejikeme Patrick Nwosu complète le palmarès avec une médaille de bronze. Scientifique et fondateur de Lumos Laboratories Nigeria Limited, il détient sept brevets et développe des technologies permettant de transformer des déchets en énergie propre et en produits utiles. 

Derrière ces six parcours, les secteurs sont différents mais la logique économique est assez proche. Une invention agricole, un équipement médical, une technologie énergétique ou encore une création éditoriale ne peut véritablement changer d’échelle que si elle peut être identifiée, protégée et valorisée. C’est précisément sur ce terrain que la propriété intellectuelle prend une dimension commerciale. L’enjeu est d’autant plus important avec la mise en place progressive du marché unique africain. La ZLECAf ne vise pas uniquement à faciliter la circulation des marchandises. Elle cherche aussi à créer un environnement permettant aux entreprises africaines de développer leurs activités au-delà de leur marché national. Pour les innovateurs, la protection des brevets, des créations et des autres actifs immatériels devient donc une question liée à la capacité à commercialiser leurs solutions sur plusieurs marchés.

  

L’article Voici les 6 entrepreneurs distingués par la ZLECAf dans 5 pays africains est apparu en premier sur Managers.

Décarbonation: DecarboAct, accompagnement et accréditation, ce que les entreprises tunisiennes doivent savoir

15. September 2026 um 11:00

L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) vient de publier le cahier des charges relatif à la comptabilité carbone. Le document fixe désormais le cadre dans lequel les entreprises tunisiennes pourront faire mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre et être accompagnées dans leur démarche de réduction. Les experts accompagnateurs sont aussi concernés. 

Pour une entreprise, le bilan carbone permet de quantifier les émissions liées à ses activités et d’identifier les principaux postes sur lesquels agir. L’empreinte carbone peut, elle, être calculée à l’échelle d’un produit, d’un service ou d’une activité, notamment en intégrant les différentes étapes de son cycle de vie. L’enjeu est particulièrement important pour les entreprises exportatrices vers l’Union européenne. Dans les secteurs couverts par le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), la capacité à disposer de données fiables sur les émissions associées aux produits devient un élément de plus en plus important dans les échanges avec le marché européen. Quant aux experts, le document précise leurs critères d’éligibilité ainsi que les qualifications et compétences requises pour réaliser les prestations de comptabilité carbone. L’objectif est de structurer l’offre d’accompagnement et de donner un cadre commun aux interventions.

Le coût de cette démarche peut par ailleurs être partiellement pris en charge. À travers le Fonds de transition énergétique (FTE), les entreprises peuvent bénéficier d’une subvention pouvant atteindre 70% des frais d’accompagnement pour leur comptabilité carbone, avec un plafond de 70 000 dinars.

Cette nouvelle étape complète DecarboAct, la plateforme de l’ANME lancée en 2024 dans le cadre du Forum méditerranéen de la décarbonation, Decarbomed. Elle permet aux entreprises de calculer leur empreinte carbone, d’identifier des actions de réduction et d’élaborer un plan de décarbonation. Elle propose également des ressources sur la formation et le financement.

La prochaine étape? Selon Mohamed Ali Safi, chargé du programme d’efficacité énergétique dans le secteur industriel et de la cogénération à l’ANME, l’Agence prévoit d’abord d’accompagner l’Innorpi, puis la Tunac, dans la mise en place de ce dispositif. À partir de l’année prochaine, l’objectif est que la Tunisie dispose d’un premier organisme accrédité pour la vérification des émissions de CO₂ des entreprises, avec des prestations plus rapides et à moindre coût. L’ambition est ensuite de faire reconnaître cet organisme à l’échelle internationale.

 

L’article Décarbonation: DecarboAct, accompagnement et accréditation, ce que les entreprises tunisiennes doivent savoir est apparu en premier sur Managers.

La Tunisie prépare son plan pour refroidir une économie qui chauffe

15. September 2026 um 09:50

La climatisation est en train de changer de statut. Longtemps considérée essentiellement comme une question de confort, elle devient progressivement un sujet de consommation électrique, de sécurité énergétique et de compétitivité pour les entreprises. C’est dans ce contexte que la Tunisie vient de lancer l’élaboration de son premier Plan d’action national du froid, ou National Cooling Action Plan (NCAP).

Le projet a officiellement démarré le 11 septembre 2026 à Tunis, à l’occasion de la première réunion de son comité de pilotage, sous la supervision de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Il bénéficie d’un appui financier et technique de la Banque africaine de développement (BAD) et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Le calendrier n’est pas anodin. La Tunisie fait partie des pays engagés dans le Global Cooling Pledge, lancé lors de la COP28, et doit désormais traduire cet engagement international dans une feuille de route nationale. Le futur NCAP doit notamment répondre à la progression de la demande de refroidissement, à son impact sur le réseau électrique et aux objectifs du pays en matière de climat et de sécurité énergétique.

L’enjeu dépasse largement la climatisation des logements. Le froid est devenu une infrastructure invisible de l’économie. Il intervient dans l’agroalimentaire, la grande distribution, l’hôtellerie, la santé, la logistique, l’industrie et le stockage. Lorsqu’une entreprise doit maintenir une chaîne du froid, conserver des médicaments ou simplement maintenir des locaux à une température compatible avec son activité, l’électricité consommée par le refroidissement devient un coût de production à part entière. Les épisodes de forte chaleur de ces dernières semaines l’ont rappelé, avec des entreprises confrontées à des conditions de travail difficiles alors que les mesures de délestage de la Steg venaient parfois compliquer davantage la continuité de l’activité. 

Le problème est loin d’être propre à la Tunisie. Selon Sustainable Energy for All (SEforALL), plus d’un milliard de personnes dans le monde ne disposent pas d’un accès suffisant au refroidissement pour assurer leur confort, leur sécurité, leur alimentation ou encore l’accès aux soins. Le rapport “Chilling Prospects 2025” estime que 309 millions de personnes concernées vivent dans des zones rurales où l’électricité est largement indisponible, tandis que 695 millions vivent dans des zones urbaines où l’électricité est absente, peu fiable ou trop chère. Si aucune action urgente n’est engagée, 1,05 milliard de personnes pourraient être exposées à un risque élevé d’ici 2030.

En Afrique aussi. Le manque de solutions de refroidissement peut affecter la conservation des aliments, les chaînes du froid médicales et la productivité des travailleurs exposés à des températures élevées. SEforALL souligne notamment que la chaleur peut dégrader les vaccins, accélérer les pertes alimentaires et réduire la productivité des travailleurs. On revient à l’idée que le refroidissement touche directement la capacité productive des économies africaines.

La difficulté est que la demande de froid progresse précisément sous l’effet du réchauffement climatique. C’est ici que le NCAP tunisien prend forme. L’objectif n’est pas simplement de refroidir davantage, mais de refroidir mieux et avec moins d’énergie. Le plan doit notamment favoriser l’efficacité énergétique des équipements, les solutions de refroidissement passif, des bâtiments mieux adaptés aux fortes chaleurs et une gestion plus durable des fluides frigorigènes. Par ailleurs, ce périmètre apporte une valeur business pour les entreprises. Le rapport “Cooler Finance”, publié par le PNUE et la Société financière internationale (SFI), estime que le marché des solutions de refroidissement durable dans les économies en développement pourrait atteindre au moins 600 milliards de dollars par an d’ici 2050, contre environ 300 milliards actuellement. L’Afrique devrait connaître la croissance la plus rapide, avec un marché appelé à être multiplié par 7.

Derrière ce chiffre se trouvent plusieurs marchés. Les équipements de climatisation et de réfrigération plus efficaces en constituent le premier. Mais l’opportunité s’étend aussi à l’isolation des bâtiments, aux matériaux réfléchissants, aux systèmes de gestion énergétique, à la maintenance, aux solutions solaires, au refroidissement passif et à l’amélioration des chaînes du froid. Le même rapport estime que le développement de solutions de refroidissement durables pourrait générer plus de 8 000 milliards de dollars de bénéfices cumulés pour les économies en développement, notamment grâce à la réduction des factures d’électricité, des coûts liés aux équipements et des investissements nécessaires dans les capacités de production électrique. 

Pour la Tunisie, le sujet ouvre donc une double question. La première est énergétique: comment absorber une demande croissante de froid sans accentuer la pression sur le réseau électrique? La seconde est industrielle: comment faire de cette transition un marché pour les entreprises tunisiennes plutôt que de simplement augmenter les importations d’équipements?

Le futur plan pourrait jouer un rôle important sur ce terrain, mais ses effets dépendront des mesures qui seront finalement retenues. À ce stade, le comité de pilotage vient seulement de lancer le processus. Les priorités nationales, les mécanismes de gouvernance et les modalités de mise en œuvre doivent encore être définis. La question des normes sera notamment à surveiller. 

Le refroidissement devient ainsi un sujet qui se situe à la croisée de plusieurs politiques publiques. Énergie, climat, bâtiment, industrie, santé, agriculture et compétitivité se retrouvent autour du même enjeu. Le pays doit désormais traduire son engagement international en une feuille de route nationale

L’article La Tunisie prépare son plan pour refroidir une économie qui chauffe est apparu en premier sur Managers.

Tunis-Annaba: le prochain défi sera-t-il celui de la réservation numérique?

15. September 2026 um 08:41

Le trafic ferroviaire entre la Tunisie et l’Algérie reprend ce mardi 15 septembre 2026. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a annoncé lundi la reprise de la liaison internationale Annaba-Tunis, après une interruption temporaire liée à des travaux sur les voies ferrées reliant Ghardimaou à Annaba, en Algérie.

La suspension n’aura donc duré que quelques jours. La SNCFT avait annoncé dimanche soir l’arrêt temporaire du trafic, en raison de ces travaux engagés sur le réseau algérien. La circulation transfrontalière doit reprendre à partir de mardi.

Selon la grille tarifaire communiquée par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), le billet Annaba–Tunis coûte 1 640 dinars algériens en deuxième classe et 1 900 dinars en première classe. L’aller-retour est proposé à 3 040 dinars en deuxième classe et 3 485 dinars en première classe.

La reprise du Tunis- Annaba peut aussi se lire à l’aune d’un enjeu plus large, celui de la connectivité entre les économies tunisienne et algérienne. Une liaison ferroviaire régulière ne constitue pas à elle seule un levier de développement des échanges, mais elle facilite la mobilité des entrepreneurs, des cadres et des professionnels entre les deux marchés. D’autant que la Banque africaine de développement (BAD)  travaille en 2026 sur la faisabilité de la modernisation de certains tronçons de la ligne ferroviaire transmaghrébine, dont le corridor Annaba-Jedeida, avec un objectif d’amélioration de l’interopérabilité et de la connectivité régionale.

La commercialisation du billet reste aujourd’hui largement liée aux points de vente physiques. À l’heure où les déplacements professionnels se gèrent de plus en plus à distance, une solution numérique dédiée à ladite liaison pourrait toutefois simplifier le parcours des voyageurs. Une application ou une plateforme commune permettant de consulter les horaires, vérifier les places disponibles, réserver et payer son billet en ligne constituerait un prolongement logique de la modernisation de cette liaison.

À terme, l’enjeu ne serait donc plus seulement de rétablir la liaison ferroviaire, mais d’en améliorer toute l’expérience, de la réservation jusqu’au voyage.

L’article Tunis-Annaba: le prochain défi sera-t-il celui de la réservation numérique? est apparu en premier sur Managers.

❌