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Tribune – LF 2027 et Plan de développement : le choc de relance de l’UGTT face au goulot d’étranglement bancaire public

06. Juli 2026 um 09:20

Alors que les commissions parlementaires se mobilisent autour des axes stratégiques du Plan de développement national 2026-2030, une nouvelle contribution vient bousculer le calendrier macroéconomique. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a officiellement soumis au ministère des Finances dix propositions de rupture pour le projet de loi de finances 2027. L’organisation syndicale y rejette fermement la logique d’austérité et met sur la table un véritable choc de relance : injecter 8 milliards de dinars dans l’investissement public (soit 10 % du budget de l’État) et créer un fonds national dédié à la restructuration industrielle de nos grands fleurons (Tunisair, Compagnie des phosphates de Gafsa).

Cette initiative de la centrale syndicale a le mérite de déplacer le débat du terrain strictement revendicatif vers celui de la pure doctrine budgétaire. Cependant, elle se heurte de plein fouet à une réalité systémique immuable : à quoi bon décréter des enveloppes de relance historiques si les canaux de transmission financiers de l’État demeurent obstrués ?
Le véritable enjeu de la Loi de finances 2027 ne résidera pas dans le vote de ces milliards, mais dans la capacité d’absorption opérationnelle de nos banques publiques.

Les propositions de l’UGTT pour 2027 : entre pertinence doctrinale et paradoxe de financement

L’analyse détaillée de la copie syndicale révèle un changement de paradigme salutaire, mais également d’importantes zones de friction macroéconomique.
Une rupture doctrinale louable : L’UGTT propose de passer d’une logique passive de financement des déficits d’exploitation à une stratégie offensive de financement des investissements de mise à niveau. Pour la CPG ou Tunisair, cette réorientation vers un modèle d’État actionnaire-stratège est techniquement pertinente. Elle s’accompagne d’une volonté de protéger le pouvoir d’achat par une refonte progressive de l’IRPP (élargissement à 9 tranches et exonération jusqu’à 7 000 DT).
Le paradoxe des sources de financement : c’est ici que l’équation se corse. L’organisation préconise un investissement massif de 8 milliards de dinars tout en exigeant, à juste titre, de limiter le recours aux avances de la Banque centrale au seul financement productif et d’instaurer un meilleur équilibre entre emprunts intérieurs et extérieurs. Dans un contexte de tarissement des ressources extérieures, exiger une telle relance sans assécher les liquidités du marché local relève de l’acrobatie budgétaire.

Le chaînon manquant : le trilemme de la capacité d’absorption

Au-delà de l’arbitrage comptable, la critique objective de cette trajectoire économique repose sur la notion de capacité d’absorption. L’histoire économique récente de la Tunisie démontre que le blocage est rarement lié à l’absence de stratégies, mais à l’incapacité des instruments de l’État à délivrer. Injecter 8 milliards de dinars dans une tuyauterie financière grippée par ce que l’on qualifie de « trilemme de l’exécution » — ce conflit permanent entre logique de performance, conformité administrative frileuse et impératifs sociaux — est une illusion comptable.
Cette paralysie repose sur trois réalités techniques incontournables. A savoir :
1. Des systèmes d’information imperméables aux flux de masse
 
Les banques publiques, qui devront orchestrer ces plans de restructuration et fluidifier les crédits d’investissement, opèrent encore avec des infrastructures informatiques fragmentées. Comment piloter les risques en temps réel ou automatiser l’octroi de financements industriels complexes si les circuits de données internes demeurent opaques ? Sans une transformation digitale profonde du back-office, injecter des liquidités massives ne fera que saturer des organisations déjà lentes, transformant la relance en inertie administrative.
2. Le coût économique de la lenteur décisionnelle
L’UGTT fustige l’approche d’austérité de la circulaire de la Présidence du gouvernement. Mais l’austérité la plus lourde est celle du temps. Lorsque le traitement d’un dossier de financement structurant s’étire sur plusieurs mois en raison d’une dilution des responsabilités et de la peur du risque juridique des décideurs, la relance s’éteint d’elle-même. Un plan budgétaire annuel (LF 2027) exige une agilité et une vitesse d’exécution que nos structures bancaires, bridées par des contrôles d’un autre âge, ne peuvent pas offrir aujourd’hui.
3. La fuite des cerveaux technologiques, angle mort des réformes
La restructuration des entreprises publiques et la modernisation des banques requièrent des compétences de pointe (ingénieurs cloud, data scientists, experts en cybersécurité). Or, les grilles salariales rigides du secteur public accélèrent la fuite massive de ces talents vers le privé ou l’international. Aucune relance à forte valeur ajoutée technologique ne pourra se faire avec des organisations en déficit de capital humain qualifié.

Arbitrage républicain : le rôle pivot du Parlement

Face à cette confrontation entre la prudence budgétaire du gouvernement et le volontarisme de l’UGTT, le Parlement ne doit pas se cantonner à un rôle de chambre d’enregistrement ou d’arbitre de compromis mous. Les députés ont l’obligation républicaine de conditionner l’approbation des enveloppes de la Loi de finances 2027 et du Plan à des audits de performance rigoureux imposés aux directions des banques publiques.
Les commissions parlementaires doivent exiger des indicateurs quantifiables : quel est le délai moyen garanti pour le déblocage des fonds d’investissement ? Quels sont les plans concrets de modernisation des systèmes d’information pour absorber ces flux ? Quels dispositifs spécifiques sont déployés pour retenir les compétences technologiques indispensables à l’exécution de ces projets ?
Voter une loi de finances ou un plan quinquennal sans auditer la viabilité opérationnelle des institutions chargées de les financer revient à acter une déconnexion totale entre la décision politique et la réalité économique. Pour que la relance ait lieu, il est temps de substituer à la diplomatie administrative la culture de l’arbitrage, de la clarté et de la responsabilité.
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Note : Les analyses et propos contenus dans cette tribune expriment uniquement les opinions personnelles de l’auteur et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité ou refléter la position officielle d’une institution publique ou privée.

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Budget 2027 : l’UGTT met sur la table 10 propositions pour relancer l’économie

02. Juli 2026 um 14:48

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a formulé une série de propositions dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2027. Dans une correspondance adressée à la ministre des Finances, en réponse à la demande officielle du ministère de recueillir son avis sur le projet, le secrétaire général de l’organisation syndicale, Salah Eddine Selmi, appelle notamment à une réforme de l’impôt sur le revenu, à un renforcement de l’investissement public, à un rééquilibrage de la politique d’endettement et à la relance du dialogue social autour de l’élaboration du budget.

Sur le plan fiscal, l’UGTT propose de relever le seuil de revenus exonérés d’impôt de 5.000 à 7 000 dinars, soit un niveau proche du salaire minimum. L’organisation recommande également de revoir le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques en portant le nombre de tranches de sept à neuf et en relevant le plafond de la tranche supérieure à 100 000 dinars. Selon le syndicat, cette réforme permettrait de renforcer la progressivité de l’impôt tout en allégeant la pression fiscale pesant sur les catégories intermédiaires.

Concernant l’investissement public, l’UGTT estime que son niveau est demeuré insuffisant ces dernières années. Elle préconise ainsi d’augmenter les crédits d’investissement à 8 milliards de dinars, soit l’équivalent de 10 % du budget de l’État, en accordant la priorité aux grands projets d’infrastructures et de transport.

L’organisation syndicale propose également de réorienter la politique de soutien aux entreprises publiques. Elle plaide pour un passage d’une logique de financement des déficits vers une stratégie de financement des investissements, à travers la mise en œuvre d’un plan de redressement, notamment pour la Compagnie des phosphates de Gafsa et Tunisair. Elle recommande par ailleurs la création d’un fonds national dédié à la restructuration des entreprises publiques.

S’agissant de la politique d’endettement, l’UGTT appelle à instaurer un meilleur équilibre entre les emprunts intérieurs et extérieurs. Elle recommande de renforcer la diplomatie financière afin de mobiliser davantage de ressources extérieures, d’adopter une stratégie plus transparente en matière d’endettement externe et de limiter le recours aux avances de la Banque centrale au seul financement des dépenses d’investissement. Elle propose également de réactiver le mécanisme de l’emprunt obligataire national.

L’UGTT a également exprimé des réserves sur la circulaire de la Présidence du gouvernement relative à la préparation du budget 2027. Elle considère que les orientations retenues traduisent une approche d’austérité susceptible d’affecter la qualité des services publics. Le syndicat critique notamment la limitation des promotions dans la fonction publique, l’absence de mesures concrètes de lutte contre l’emploi précaire ainsi que le manque de dispositions destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages à revenus modestes et des classes moyennes.

Enfin, l’organisation réitère son appel à l’ouverture d’un véritable dialogue social autour du projet de loi de finances 2027. Elle demande que les accords conclus avec l’UGTT soient intégrés au texte et que le projet de loi, accompagné de l’ensemble des documents budgétaires, soit publié dès son adoption en Conseil des ministres, afin de permettre aux partenaires sociaux de l’examiner et de formuler leurs observations avant sa transmission à l’Assemblée des représentants du peuple.

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La ministre des Finances sollicite le soutien des banques

01. Juli 2026 um 11:04

La ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a appelé les banques tunisiennes à soutenir activement le budget de l’État lors d’une réunion tenue avec les responsables des établissements bancaires.

Au cours de cette rencontre, la ministre a présenté les principaux équilibres financiers prévus par la loi de finances 2026 ainsi que les besoins de financement de l’État. Elle a souligné l’importance de la mobilisation des ressources internes pour accompagner les efforts de financement du budget.

Les échanges ont également porté sur le rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie nationale et dans l’accompagnement des orientations économiques de l’État.

La ministre des Finances a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les autorités publiques et les établissements bancaires afin de contribuer à la mise en œuvre des priorités économiques et financières du pays.

De leur côté, les représentants des banques ont exprimé leur disposition à poursuivre le dialogue avec le ministère des Finances sur les mécanismes de financement et les moyens de soutenir les équilibres financiers.

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Caisse enregistreuse obligatoire: ce que prévoit la loi en cas de non-respect

30. Juni 2026 um 17:52

L’utilisation de la caisse enregistreuse s’impose progressivement comme un outil clé dans la lutte contre la fraude et la sécurisation des transactions commerciales. En enregistrant en temps réel les ventes et prestations de services, elle devient un véritable levier de transparence pour l’administration fiscale, tout en renforçant la traçabilité des opérations économiques.

À partir du 1er juillet 2026, un nouveau cap sera franchi en Tunisie: toutes les entreprises de consommation sur place, équipées de systèmes homologués par les services compétents du ministère des Finances, devront obligatoirement utiliser une caisse enregistreuse, conformément à la réglementation en vigueur, a indiqué le ministère des Finances. D’ailleurs, le ministère met à la disposition du public la liste des fournisseurs agréés.

En clair, fini les zones grises: toute manipulation, suppression ou falsification des données enregistrées expose désormais les contribuables aux sanctions prévues par l’article 94 du Code des droits et procédures fiscaux.

Mais alors, quelles sont exactement ces sanctions?

Dans ce cadre, la question du non-respect des obligations de facturation devient centrale. L’article 94 prévoit des sanctions particulièrement lourdes pour toute personne tenue d’émettre des factures et qui ne s’y conforme pas, ou qui émet des documents comportant des montants minorés. Les peines vont d’un emprisonnement de 13 jours à 3 ans, accompagné d’une amende comprise entre 1 000 et 50 000 dinars. L’acheteur peut également être concerné lorsqu’il est légalement soumis à l’obligation de facturation.

La loi vise aussi les factures fictives, utilisées pour réduire frauduleusement l’impôt ou obtenir des avantages fiscaux indus. Dans ces cas, le cadre juridique reste ferme et applique les mêmes sanctions, confirmant la volonté des autorités de renforcer la discipline fiscale.

 

Lire aussi: 

 

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La ministre des Finances reçoit les responsables des banques et des établissements financiers

30. Juni 2026 um 17:05

La ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a reçu, mardi 30 juin 2026, au siège du ministère, des directeurs généraux d’institutions bancaires et financières. Au cours de cette réunion, la ministre a rappelé le rôle central du secteur bancaire dans le financement de l’économie nationale. Elle a souligné son importance dans l’accompagnement de l’investissement, la...

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Tunisie: dernier jour pour déclarer l’impôt sur la fortune

30. Juni 2026 um 11:23

La Direction générale des impôts (DGI) a rappelé que ce mardi 30 juin 2026 est le dernier délai pour déposer la déclaration de l’impôt sur la fortune, pour les personnes concernées par ce nouveau dispositif, mis en place par la loi de finances 2026.

Cette obligation s’appuie sur l’article 88 de la loi de finances et fait l’objet d’une note générale n°13 publiée par le ministère des Finances, précisant les modalités d’application du dispositif et ses règles de déclaration, selon l’administration fiscale.

L’impôt vise directement les personnes physiques dont la valeur nette totale des actifs et biens atteint ou dépasse 3 millions de dinars tunisiens, calculée sur la base de la valeur réelle au 1er janvier de l’année d’imposition, selon la DGI. En effet, le barème est progressif: 0,5% entre 3 et 5 millions de dinars, et 1% au-delà de 5 millions de dinars.

 

L’impôt sur la fortune, entré en vigueur en 2026, remplace l’ancienne taxe sur la fortune immobilière instaurée en 2023. Il élargit désormais son champ aux différents types de patrimoine, au-delà des seuls biens immobiliers.

Il sied de rappeler aussi que cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation du système fiscal tunisien et d’élargissement de l’assiette de l’impôt, engagé par les autorités publiques.

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Impôt sur la fortune : dernier jour pour déposer la déclaration en Tunisie

30. Juni 2026 um 08:54

Les personnes physiques concernées par l’impôt sur la fortune ont jusqu’au mardi 30 juin 2026 pour déposer leur déclaration et s’acquitter de la taxe. Et ce, conformément aux dispositions de l’article 88 de la loi de finances 2026.

À cette occasion, la Direction générale des impôts (DGI), relevant du ministère des Finances, rappelle l’échéance fixée dans l’agenda fiscal de juin et publie la note générale n°13 de l’année 2026. Laquelle précise les modalités d’application de ce nouvel impôt.

Une réforme qui remplace l’impôt sur la fortune immobilière

Entré en vigueur au début de l’année 2026, l’impôt sur la fortune remplace officiellement l’impôt sur la fortune immobilière instauré par la législation de 2022 et confirmé par la loi de finances 2023.

Cette réforme élargit considérablement le champ d’application de la fiscalité patrimoniale. Désormais, la taxation ne se limite plus aux biens immobiliers, mais couvre l’ensemble du patrimoine net, y compris les actifs mobiliers et financiers.

Lire aussi : Tunisie – Le 30 juin 2026, premier paiement du nouvel impôt sur la fortune!

Les patrimoines supérieurs à 3 millions de dinars concernés

L’impôt s’applique aux personnes physiques dont la valeur nette totale des biens et actifs atteint ou dépasse 3 millions de dinars, sur la base de leur valeur réelle au 1er janvier de l’année d’imposition.

Le barème retenu est progressif :

  • 0,5 % pour un patrimoine net compris entre 3 et 5 millions de dinars ;
  • 1 % pour un patrimoine net supérieur à 5 millions de dinars.

La déclaration doit également inclure les biens appartenant aux enfants mineurs à la charge du contribuable. En revanche, les enfants majeurs sont tenus de déposer leur propre déclaration pour leurs biens personnels.

En cas d’indivision ou de copropriété, chaque titulaire doit déclarer la valeur correspondant à ses droits dans le bien concerné.

Un champ d’application élargi

Contrairement à l’ancien dispositif, le nouvel impôt couvre aussi bien les biens immobiliers que les biens mobiliers.

Sont notamment concernés les immeubles bâtis, les terrains, les droits réels immobiliers, ainsi que les véhicules, les équipements, les actions, les obligations, les titres financiers et les participations dans les sociétés. Pour les valeurs mobilières cotées en Bourse, l’évaluation s’effectue sur la base du cours de clôture au 31 décembre précédant l’année d’imposition.

Plusieurs exonérations prévues

La loi de finances 2026 prévoit plusieurs exonérations.

La résidence principale est entièrement exclue de l’assiette de l’impôt, quels que soient sa valeur ou sa superficie. Cette exonération couvre également les dépendances et le mobilier utilisé dans cette habitation.

Les biens affectés à une activité professionnelle sont également exonérés, sous certaines conditions, notamment lorsqu’ils figurent dans les états comptables ou sont déclarés dans le cadre des revenus professionnels.

Les participations dans les sociétés peuvent aussi bénéficier d’une exonération lorsque le contribuable, seul ou avec ses enfants mineurs, détient directement au moins 50 % du capital de la société. Les sociétés de personnes et les sociétés communautaires sont également concernées par cette mesure.

Par ailleurs, les dépôts bancaires et postaux, les différents comptes d’épargne, les comptes d’épargne en actions, les comptes destinés à l’investissement ainsi que les contrats d’assurance-vie ou de takaful sont exclus de l’assiette de l’impôt.

Lire également : Omar Rekik : l’impôt sur la fortune taxe le patrimoine, pas le revenu

 

Les véhicules de tourisme dont la puissance fiscale est inférieure ou égale à 12 chevaux fiscaux sont également exonérés. Au-delà de ce seuil, ils deviennent imposables, sauf lorsqu’ils sont affectés à un usage professionnel dûment comptabilisé.

Patrimoine situé à l’étranger et modalités de déclaration

Pour les personnes résidentes en Tunisie, l’impôt porte sur l’ensemble de leur patrimoine, qu’il soit situé sur le territoire national ou à l’étranger. En revanche, les personnes non résidentes ne sont imposables que sur les biens situés en Tunisie.

La déclaration annuelle ainsi que le paiement de l’impôt doivent être effectués au plus tard le 30 juin auprès de la recette des finances territorialement compétente. Le ministère des Finances précise également que ces formalités peuvent être accomplies via les plateformes électroniques mises à la disposition des contribuables.

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Eclairage – Quand Francfort serre la vis et que Tunis retient son souffle!

12. Juni 2026 um 06:00

Les décisions de politique économique semblent naître loin des préoccupations quotidiennes des citoyens, dans des salles de réunion feutrées où les chiffres remplacent les émotions et où les équations paraissent l’emporter sur les réalités humaines. Pourtant, certaines de ces décisions traversent les frontières, franchissent les mers et finissent par s’inviter dans les foyers les plus modestes. La récente décision de la Banque centrale européenne de relever son principal taux directeur de 2 % à 2,25 % appartient à cette catégorie.

À première vue, il ne s’agit que d’un quart de point supplémentaire dans la mécanique complexe de la politique monétaire européenne. Mais derrière cette apparente technicité se cache un signal fort : l’Europe s’inquiète à nouveau de l’inflation. La flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre qui s’enlise entre l’Iran et ses adversaires régionaux ravive le souvenir des grands chocs pétroliers qui ont marqué l’histoire économique mondiale. Face à cette menace, la Banque centrale européenne choisit la prudence et durcit sa politique monétaire. Même si cela implique un ralentissement supplémentaire de l’activité économique.

Pour la Tunisie, cette décision n’est pas une information parmi d’autres. Elle constitue un avertissement silencieux. Car lorsque l’Europe tousse, la Tunisie attrape souvent un rhume. Et lorsque l’Europe ralentit, c’est toute une partie de l’économie tunisienne qui ressent les secousses.

Une guerre lointaine qui se rapproche du quotidien tunisien

Les conflits géopolitiques ont ceci de particulier qu’ils semblent toujours éloignés jusqu’au jour où leurs conséquences apparaissent sur une facture d’électricité, un ticket de transport ou le prix d’un panier de courses.

Depuis plusieurs mois, la crise au Moyen-Orient exerce une pression croissante sur les marchés énergétiques mondiaux. Les investisseurs redoutent une perturbation durable des approvisionnements pétroliers. Les compagnies maritimes intègrent davantage de risques dans leurs coûts de transport. Les marchés financiers deviennent plus nerveux. Les entreprises reportent certains investissements.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions. Le déficit énergétique se creuse, les besoins en devises augmentent et les finances publiques se trouvent davantage sollicitées.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions.

Le citoyen tunisien n’a pas besoin de suivre quotidiennement les cours du Brent pour ressentir ces effets. Il les perçoit lorsque le coût du transport augmente, lorsque certains produits alimentaires deviennent plus chers ou lorsque les entreprises répercutent progressivement leurs coûts énergétiques sur leurs prix de vente. Ainsi, une guerre qui paraît lointaine finit par s’inviter dans le quotidien le plus ordinaire.

L’Europe ralentit : le premier client de la Tunisie achète moins

L’Europe n’est pas seulement un voisin géographique. Elle demeure le principal partenaire économique de la Tunisie. Les usines tunisiennes qui produisent des câbles automobiles, des composants électriques, des textiles ou des équipements mécaniques travaillent en grande partie pour des clients européens. Les hôtels du Sahel, de Djerba ou d’Hammamet accueillent principalement des visiteurs venus du continent européen. Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger dépendent largement de la santé économique des pays européens. Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. Les entreprises deviennent plus prudentes. Les achats importants sont reportés.

La conséquence est simple : la croissance ralentit. Les nouvelles prévisions de la BCE ne prévoient désormais qu’une croissance de 0,8 % pour la zone euro. Derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : l’économie européenne progresse à peine.

 

Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. 

 

Pour les entreprises tunisiennes tournées vers l’exportation, cela signifie potentiellement moins de commandes, moins de visibilité et davantage d’incertitudes. Derrière chaque pourcentage de croissance perdu en Europe, il y a parfois une usine tunisienne qui réduit ses heures supplémentaires, un entrepreneur qui reporte un investissement ou un jeune diplômé qui voit s’éloigner une opportunité d’embauche.

Le piège de la double contrainte

Ce qui rend la situation actuelle particulièrement délicate pour la Tunisie est l’apparition simultanée de deux phénomènes défavorables. D’un côté, la hausse des prix énergétiques augmente les coûts de production et pèse sur les finances publiques. De l’autre, le ralentissement européen réduit les perspectives de croissance extérieure.

Autrement dit, la Tunisie doit payer davantage pour importer son énergie tout en risquant de vendre moins à ses principaux partenaires commerciaux. Cette double contrainte est particulièrement difficile à gérer pour une économie qui cherche déjà à restaurer ses grands équilibres financiers.

Les réserves en devises deviennent plus précieuses. Le financement des importations devient plus sensible. Les marges budgétaires se réduisent. Dans ce contexte, chaque choc externe produit des effets amplifiés.

Le dilemme de la Banque centrale de Tunisie (BCT)

Pour les autorités monétaires tunisiennes, la période qui s’ouvre ressemble à un exercice d’équilibriste. La Banque centrale de Tunisie a déjà mené ces dernières années une politique de lutte contre l’inflation qui a contribué à ralentir progressivement la hausse des prix. Mais la nouvelle donne internationale complique davantage l’équation.

Si les grandes banques centrales maintiennent des taux élevés, les capitaux internationaux continuent à privilégier les marchés jugés les plus sûrs. Les monnaies des pays émergents subissent alors davantage de pression.

La Tunisie doit donc préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction. Des taux élevés permettent – souvent – de lutter contre l’inflation et de soutenir la monnaie. Mais ils freinent également l’investissement privé, l’accès au crédit et la création d’emplois.

À l’inverse, une politique plus souple soutiendrait l’activité économique mais pourrait alimenter des tensions inflationnistes si les prix internationaux de l’énergie continuent à augmenter. La Banque centrale se trouve ainsi confrontée à l’un des arbitrages les plus complexes de la politique économique moderne.

 

La Tunisie doit préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction…

 

La dette devient plus lourde dans un monde de taux élevés

Au-delà des questions monétaires, la décision de la BCE rappelle également que l’époque de l’argent presque gratuit appartient désormais au passé. Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie. Aujourd’hui, le mouvement s’est inversé. L’argent coûte plus cher. Les investisseurs exigent des rendements plus élevés. Les emprunteurs doivent accepter des conditions plus strictes.

 

Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie.

 

Pour la Tunisie, qui continue à rechercher des ressources financières afin de couvrir ses besoins budgétaires et refinancer ses engagements, cette évolution représente une contrainte supplémentaire. Chaque hausse des taux internationaux réduit un peu plus les marges de manœuvre financières de l’État. Dans un contexte où les besoins sociaux restent considérables et où les attentes de la population demeurent fortes, cette réalité complique encore davantage l’exercice budgétaire.

Le pouvoir d’achat, ultime victime des turbulences mondiales

Au bout de la chaîne économique, c’est souvent le citoyen qui absorbe une partie des chocs. Lorsque les coûts énergétiques augmentent, lorsque le transport devient plus cher, lorsque les entreprises voient leurs marges se réduire, les tensions finissent généralement par se répercuter sur les prix. La lutte contre l’inflation n’est donc pas seulement une question de statistiques. Elle touche directement la vie quotidienne des ménages.

Pour une famille tunisienne, quelques dinars supplémentaires sur les dépenses de transport, d’alimentation ou d’énergie peuvent représenter un arbitrage difficile entre plusieurs besoins essentiels. C’est précisément ce qui rend les crises inflationnistes si sensibles socialement. Elles ne frappent pas seulement les indicateurs économiques ; elles modifient les habitudes de consommation, les projets familiaux et parfois même les perspectives d’avenir.

Une leçon de souveraineté économique

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques, ralentissements européens ou changements de politique monétaire dans les grandes puissances.

Chaque crise internationale rappelle la nécessité de construire davantage de résilience. Cela passe par une accélération des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique. Cela implique également une diversification plus poussée des marchés d’exportation vers l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient. Cela suppose enfin un effort soutenu pour améliorer la productivité, l’innovation et la compétitivité des entreprises tunisiennes. Car la véritable souveraineté économique ne consiste pas à s’isoler du monde. Elle consiste à être suffisamment solide pour ne pas subir passivement chacun de ses soubresauts.

 

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques…

 

L’heure des choix

L’augmentation des taux de la Banque centrale européenne n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une transformation plus profonde de l’économie mondiale, marquée par le retour des rivalités géopolitiques, l’incertitude énergétique et la fin progressive de l’ère de l’argent abondant.

Pour la Tunisie, cette nouvelle phase constitue un test de résistance.

Les prochains mois pourraient être marqués par davantage de volatilité, davantage de prudence des investisseurs et davantage de tensions sur les marchés énergétiques. Mais ils peuvent aussi devenir l’occasion d’accélérer les réformes longtemps différées.

L’histoire économique enseigne que les nations progressent rarement dans les périodes de confort. Ce sont souvent les moments d’adversité qui révèlent leur capacité d’adaptation.

La Tunisie se trouve aujourd’hui à l’un de ces carrefours. Entre les vents contraires venus de l’extérieur et les défis intérieurs qui persistent, elle doit apprendre à naviguer dans un monde devenu plus instable. Non pas en espérant que les tempêtes cessent, mais en construisant enfin le navire capable de leur résister.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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