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Les Émirats investissent 1400 milliards de dollars aux États-Unis !

27. Juli 2026 um 08:30

Les Émirats arabes unis réaffirment leur engagement à investir 1 400 milliards de dollars aux États-Unis et critiquent l’Union européenne (UE) concernant les négociations commerciales qui se sont étalées sur sept cycles mais n’ont toujours pas abouti à un accord de libre-échange. Les investissements massifs aux États-Unis vont permettre d’assouplir les restrictions sur l’exportation de technologies de pointe vers les Émirats notamment les puces d’intelligence artificielle.

Imed Bahri

Selon Bloomberg, les Émirats ont confirmé progresser plus rapidement que prévu dans la réalisation de leur engagement d’investir 1 400 milliards de dollars aux États-Unis au cours des dix prochaines années. 

«Les choses avancent très bien», a déclaré le ministre du Commerce extérieur Thani bin Ahmed Al Zeyoudi lors d’une interview cette semaine, ajoutant, en référence à l’engagement annoncé lors de la visite du président américain Donald Trump aux Émirats en mai dernier : «Le plan était prévu sur dix ans, mais je pense que nous le réaliserons beaucoup plus rapidement».

Un message de confiance malgré la guerre

Les propos d’Al Zeyoudi témoignent de l’engagement continu des Émirats à investir massivement dans l’économie américaine par le biais de leurs fonds souverains et ce, malgré la guerre qui a éclaté suite aux attaques américano-israéliennes contre l’Iran en février dernier et les troubles régionaux qui s’en sont suivis.

Il a souligné que les Émirats avaient été la cible de milliers de missiles et de drones iraniens au plus fort du conflit et que ces dernières semaines ont été marquées par une recrudescence des activités militaires, renforçant encore les inquiétudes des États du Golfe.

Puces d’intelligence artificielle

Al Zeyoudi a expliqué que la réalisation de cet objectif d’investissement sera facilitée par la décision de l’administration Trump d’assouplir les restrictions sur l’exportation de technologies de pointe vers les Émirats.

Cette décision, annoncée ce mois-ci, autorise Abou Dhabi à acquérir les puces d’intelligence artificielle les plus récentes produites par des entreprises américaines telles que Nvidia et AMD. «Ceci illustre la réalité du partenariat qui nous unit à l’administration actuelle, un partenariat fondé sur la transparence, la confiance et un engagement ferme quant à la sensibilité des chaînes d’approvisionnement», a-t-il déclaré, en balayant les critiques de certains responsables américains qui craignent que l’exportation de puces de pointe vers les Émirats ne permette à la Chine de s’emparer de cette technologie.

«Nous comprenons ces inquiétudes mais nous nous engageons à respecter toutes les exigences», a précisé Al Zeyoudi, en confirmant que les Émirats commenceront bientôt à importer ces puces pour leurs projets, notamment le projet Stargate, un immense complexe de centres de données à Abou Dhabi qui devrait accueillir des entreprises comme OpenAI. 

Critiques de l’Union européenne

En revanche, Al Zeyoudi a critiqué la performance de l’UE dans les négociations de l’Accord de partenariat économique global. Il a déclaré que les deux parties avaient tenu environ sept cycles de négociations sans parvenir à un accord alors que les Émirats avaient signé près de 40 accords de ce type avec divers pays du monde ces dernières années. «Les négociations avec l’Union européenne n’avancent pas au même rythme», a-t-il indiqué, attribuant cela à l’insistance de Bruxelles à inclure des questions non commerciales dans les négociations. «Cette approche ne fonctionnera pas avec nous», a-t-il lancé, en soulignant que l’UE conditionne souvent les accords commerciaux à des questions environnementales, de gouvernance et de normes du travail, ce qui a suscité des critiques de la part de plusieurs pays dont les États-Unis. «Nous considérons toujours l’Union européenne comme un partenaire mais les capitaux n’attendront pas», a prévenu Al Zeyoudi.

Nouveaux accords

Le ministre émirati a anticipé l’annonce prochaine de plusieurs nouveaux accords de partenariat économique dont un avec le Canada cette semaine. Il a décrit cet accord comme étant potentiellement l’un des plus rapides jamais conclus par les Émirats, les négociations ayant duré moins de 90 jours.

Les Émirats ont annoncé l’année dernière leur intention d’investir 50 milliards de dollars au Canada. Il a également révélé que les négociations avec le Rwanda sont en voie d’achèvement et que ceux avec l’Égypte, le Ghana, le Mozambique et la Zambie progressent bien.

Il a exprimé l’espoir de finaliser des accords avec le Brésil après les élections qui s’y tiendront cette année ainsi qu’avec le Pérou, le Sri Lanka et le Bangladesh.

Commerce malgré la guerre

Al Zeyoudi a déclaré que les accords de partenariat économique ont contribué à une forte croissance du commerce des Émirats au cours du premier semestre, notamment grâce aux échanges avec la Chine et l’Inde, soulignant que cette croissance a été réalisée malgré la guerre et la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, principale voie de navigation pour les exportations de pétrole des Émirats. Le conflit avait entraîné une baisse des exportations de pétrole, de gaz naturel liquéfié et d’aluminium et compliqué les opérations d’importation via des ports comme Jebel Ali.

«Dès le début des attaques cette année, les Émirats arabes unis se sont concentrés sur les chaînes d’approvisionnement et la garantie de la continuité des flux de marchandises. La croissance de nos échanges commerciaux témoigne de la grande résilience des Émirats arabes unis», a déclaré le ministre émirati.

Stratégie «Zéro Ormuz»

Al Zeyoudi a révélé que les Émirats avaient intensifié leur recours au fret aérien et accru leurs investissements dans leurs ports de la côte hors du détroit d’Ormuz et ce, dans le cadre de la stratégie «Zéro Ormuz» visant à réduire la dépendance au détroit.

Ce plan se poursuivra même si le détroit d’Ormuz est rouvert à la libre navigation, une option préconisée par Abou Dhabi et rejetée jusqu’à présent par Téhéran.

Dans ce contexte, DP World a annoncé mardi la construction de deux nouveaux terminaux en eaux profondes à Fujairah et Dibba.

Les Émirats construisent également un deuxième oléoduc vers Fujairah. Selon Al Zeyoudi, sa mise en service est prévue début 2027, permettant ainsi au pays d’acheminer près de 4 millions de barils par jour, soit la majeure partie de sa production pétrolière, directement vers le port de Fujairah, sans passer par le détroit d’Ormuz.

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Décryptage – Le crépuscule de l’OPEP : quand le pétrole cesse d’obéir aux règles

27. Juli 2026 um 05:30

Il arrive que les grands bouleversements de l’histoire ne s’annoncent ni par le fracas des armes ni par les déclarations solennelles des chefs d’État. Ils surgissent parfois dans la sobriété d’un communiqué, presque anodin, dont les véritables conséquences ne se révèlent qu’avec le temps. Le retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole appartient à cette catégorie d’événements. À première vue, il ne s’agit que du départ d’un membre. En réalité, c’est une page qui se tourne pour l’une des organisations les plus influentes de l’économie contemporaine.

 

Pendant plus de soixante ans, l’OPEP a façonné le destin énergétique de la planète. Elle a traversé les chocs pétroliers, les crises financières, les récessions mondiales et les guerres du Golfe. Elle a souvent été critiquée, parfois redoutée, mais rarement ignorée. Aujourd’hui, pourtant, ce qui semblait constituer son principal atout – la discipline collective – apparaît comme sa plus grande fragilité. Car derrière le départ d’Abou Dhabi se cache une question bien plus vaste : dans un monde où les rivalités géopolitiques s’intensifient, où chaque État cherche à défendre avant tout ses propres intérêts, existe-t-il encore une place pour les grands mécanismes de coopération ?

 

Quand chacun choisit sa propre route

L’OPEP est née d’une conviction simple : les producteurs de pétrole seraient plus forts ensemble que séparément. Pendant des décennies, cette logique a fonctionné. Les États acceptaient de limiter volontairement leur production afin de préserver un équilibre profitable à tous. Les sacrifices consentis par chacun étaient compensés par des prix plus élevés et des recettes plus stables.

Mais les équilibres d’hier ne résistent pas toujours aux réalités d’aujourd’hui. Les Émirats arabes unis ont profondément changé. Leur économie s’est diversifiée, leurs ambitions se sont mondialisées et leurs capacités de production se sont considérablement accrues. Après avoir investi des sommes colossales pour développer leurs infrastructures pétrolières, continuer à respecter des quotas devenait de plus en plus difficile à justifier.

 

Lire aussi: Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP

 

Pourquoi investir des milliards dans de nouveaux gisements pour ensuite laisser une partie de cette production sous terre ?

La question est moins idéologique qu’économique. Elle traduit le glissement progressif d’une logique de solidarité vers une logique de souveraineté. Autrefois, préserver le cartel était une priorité. Désormais, chaque pays commence par défendre son propre intérêt. Cette évolution dépasse largement le seul marché pétrolier. Elle illustre un mouvement qui traverse aujourd’hui les relations internationales : le retour en force des stratégies nationales.

Le choix d’Abou Dhabi n’est évidemment pas intervenu par hasard. Depuis plusieurs semaines, le Moyen-Orient vit au rythme d’une confrontation dont personne ne mesure véritablement l’issue. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, les menaces sur le détroit d’Ormuz, les attaques contre les infrastructures énergétiques et les incertitudes qui pèsent sur les routes maritimes ont profondément transformé les équilibres du marché mondial.  Dans un tel climat, les décisions qui auraient provoqué une onde de choc en temps normal passent presque inaperçues. L’histoire économique montre souvent que les grandes réformes naissent au cœur des crises. Lorsque les marchés sont déjà désorientés, lorsqu’ils absorbent quotidiennement des informations inquiétantes, une rupture supplémentaire devient presque invisible.

Les Émirats l’ont parfaitement compris. Leur départ ne modifie guère la crise actuelle. En revanche, il pourrait profondément remodeler le paysage énergétique lorsque les tensions finiront par s’apaiser. Le jour où les flux pétroliers retrouveront leur rythme normal, Abou Dhabi sera libre d’augmenter sa production sans attendre l’accord de quiconque. C’est cette liberté retrouvée qui constitue le véritable enjeu.

 

Le casse-tête saoudien

Le départ des Émirats place désormais l’Arabie saoudite dans une position inconfortable. Depuis toujours, Riyad incarne le pilier central de l’OPEP. Son influence repose autant sur l’importance de ses réserves que sur sa capacité à orienter les décisions du cartel. Mais cette influence devient aujourd’hui plus difficile à exercer. Si le royaume continue de réduire sa production pour soutenir les prix, il verra progressivement ses voisins conquérir les parts de marché qu’il abandonne. S’il ouvre largement les robinets afin de défendre ses positions commerciales, il provoquera lui-même une baisse des prix qui amputera ses propres recettes. Jamais peut-être les intérêts économiques de l’Arabie saoudite n’auront été aussi contradictoires.

Cette contradiction intervient au moment où le royaume finance l’immense chantier de sa transformation économique. La Vision 2030 mobilise des ressources considérables. Villes futuristes, infrastructures touristiques, industries nouvelles, intelligence artificielle : autant de projets qui exigent des revenus pétroliers abondants. Le paradoxe est saisissant. Plus Riyad souhaite préparer l’après-pétrole, plus il demeure dépendant… du pétrole.

La fin d’un stabilisateur mondial ?

Au-delà des rivalités régionales, c’est peut-être le fonctionnement même du marché pétrolier qui entre dans une nouvelle phase. Pendant longtemps, l’OPEP a joué le rôle d’amortisseur. Lorsque l’économie mondiale ralentissait, le cartel réduisait sa production afin d’éviter un effondrement des prix. Lorsque la demande repartait, il augmentait progressivement son offre pour limiter les tensions. Ce mécanisme était imparfait, parfois contesté, mais il introduisait une certaine prévisibilité. Si cette capacité de coordination s’affaiblit, les marchés pourraient redevenir beaucoup plus nerveux.

Les périodes de pénurie risquent d’être plus brutales. Les phases de surproduction pourraient être plus longues. Les investisseurs devront composer avec une volatilité accrue, où les prix varieront davantage au gré des crises géopolitiques que des fondamentaux économiques. Les premières victimes seront probablement les pays producteurs les plus fragiles, dont les budgets dépendent presque exclusivement des revenus pétroliers. Mais les importateurs n’y gagneront pas forcément non plus. Car une forte volatilité complique les décisions d’investissement, alimente l’inflation et accroît les incertitudes pour les entreprises comme pour les ménages. 

Le paradoxe d’un pétrole qui finance sa propre disparition

Les Émirats offrent aujourd’hui l’un des exemples les plus fascinants des contradictions de notre époque. Ils construisent des centrales solaires géantes, investissent dans l’hydrogène, développent l’intelligence artificielle et affichent des ambitions climatiques élevées. Dans le même temps, ils consacrent des centaines de milliards de dollars à augmenter leur capacité de production pétrolière.

Cette apparente contradiction répond en réalité à une logique simple : produire davantage aujourd’hui afin de disposer des ressources financières nécessaires pour préparer demain. Le pétrole est appelé à financer l’économie qui lui succédera. Mais cette stratégie repose sur une hypothèse fragile : celle d’un pétrole durablement rentable. Si une concurrence accrue entre producteurs entraîne une baisse prolongée des prix, les recettes diminueront précisément au moment où les investissements de diversification devront être les plus importants. Autrement dit, le pétrole pourrait ne plus être capable de financer sa propre succession.

 

La Tunisie face à un nouvel ordre énergétique

Vue depuis Tunis, cette évolution peut sembler lointaine. Elle ne l’est pas. Chaque variation importante du prix du baril finit par se retrouver dans les comptes publics, les coûts de production des entreprises, les dépenses des ménages et les équilibres de la balance commerciale.

La Tunisie ne maîtrise ni les conflits du Golfe, ni les choix stratégiques de l’OPEP. En revanche, elle peut agir sur sa propre vulnérabilité. Chaque mégawatt produit grâce aux énergies renouvelables, chaque programme d’efficacité énergétique, chaque réduction de la dépendance aux hydrocarbures constitue une manière de reprendre une part de souveraineté économique. Le véritable enjeu n’est plus seulement environnemental. Il devient géopolitique, budgétaire et même social.

 

L’histoire ne s’arrête jamais

Il serait excessif d’annoncer aujourd’hui la disparition de l’OPEP. Les grandes organisations internationales ne meurent presque jamais en une seule journée. Elles s’effacent progressivement, au rythme des désaccords qui s’accumulent et des intérêts nationaux qui reprennent le dessus.

Le retrait des Émirats n’est donc sans doute pas la fin du cartel. Il est peut-être plus significatif encore : il marque la fin d’une certitude. Pendant longtemps, les producteurs avaient accepté de partager une part de leur souveraineté pour défendre un intérêt commun. Désormais, l’équation s’inverse. La liberté nationale semble offrir davantage de perspectives que la discipline collective. C’est peut-être là que réside la véritable portée historique de cette décision. Elle dépasse largement le pétrole. Elle raconte un monde où les institutions multilatérales peinent à contenir la montée des stratégies nationales, où la coopération cède progressivement la place à la compétition et où chaque puissance cherche moins à construire un ordre commun qu’à préserver sa propre marge de manœuvre.

Ainsi, derrière les fluctuations du baril se dessine une transformation plus profonde de l’économie mondiale. Le pétrole restera encore longtemps une richesse stratégique, mais il devient surtout le miroir d’un nouvel équilibre international : un monde plus fragmenté, plus imprévisible, où la souveraineté redevient la monnaie la plus précieuse.

 

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Dr. Tahar El Almi,

Économiste-Economètre Universitaire

Professeur Associé.

Président-Fondateur de l’IAEF (ONG)

Institut Africain d’Economie Financière

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Turquie | En attendant les F-35 américains…

24. Juli 2026 um 08:55

La Turquie est en pourparlers avec les Émirats arabes unis en vue du transfert du système de défense aérienne russe S-400. Cette initiative vise à lever le principal obstacle à sa réintégration dans le programme d’avions de combat furtifs F-35, selon des responsables américains et régionaux proches du dossier.

Imed Bahri

Le Wall Street Journal indique que les États-Unis ont exclu la Turquie du programme F-35 en 2019 après l’acquisition par ce pays du système russe S-400. Ils craignaient en effet que l’exploitation conjointe des deux systèmes ne permette aux radars russes de collecter des données sensibles sur la signature radar des avions de combat américains et de les transmettre à Moscou.

Nouvelle opportunité après le rapprochement Trump-Erdogan

Ces discussions interviennent après la visite du président américain Donald Trump en Turquie lors du sommet de l’Otan au début du mois où il a annoncé son intention de lever les restrictions sur la vente d’avions de combat F-35 à Ankara.

L’administration Trump considère le président turc Recep Tayyip Erdoğan comme un partenaire géopolitique crucial au Moyen-Orient et dans le conflit russo-ukrainien.

Parallèlement, les Émirats cherchent à renforcer leur défense aérienne après les attaques intenses de drones et de missiles dont ont été victimes les États du Golfe lors du conflit avec l’Iran cette année.

Selon le WSJ, le transfert du système aux Émirats pourrait servir les intérêts des trois parties :

– la Turquie surmonterait un obstacle majeur à sa réintégration dans le programme F-35 ;

– les Émirats acquerraient un système de défense aérienne à longue portée face à la menace iranienne croissante ;

– les États-Unis empêcheraient le déploiement du système russe sur le territoire d’un État membre de l’Otan.

Cependant, l’accord se heurte encore à d’importants obstacles.

Obstacles juridiques et politiques

Le succès de l’opération nécessite des autorisations complexes, notamment :

– l’accord de la Russie pour la réexportation du système S-400 vers un pays tiers ;

– l’acceptation par les États-Unis du fait que la possession du système par les Émirats ne déclencherait pas de nouvelle crise politique ;

– l’obtention par la Turquie de garanties claires de la part des États-Unis quant au rétablissement de son droit d’acquérir des avions de chasse F-35 une fois le transfert finalisé ;

– l’approbation du Congrès américain, qui détient le pouvoir d’examiner les principaux contrats d’armement et compte des membres opposés au retour de la Turquie dans ce programme.

Il est à indiquer que les Émirats avaient également signé un accord pour l’acquisition de F-35, mais ce contrat est gelé depuis environ cinq ans.

La Turquie fait actuellement partie du très petit nombre de pays possédant le système russe S-400 avec la Chine et l’Inde.

Washington estime que la présence de ce système au sein d’un État membre de l’Otan représente une menace à savoir la possibilité de révéler les caractéristiques techniques des avions occidentaux notamment du F-35, ce qui est de nature à ouvrir la voie à des infiltrations des services de renseignement russes. C’est pour cela que le Congrès américain a imposé des sanctions à Ankara et l’a exclu du programme F-35.

Changement de position de la Turquie

Les analystes estiment qu’Ankara est désormais plus disposé à faire des concessions pour résoudre ce problème.

Aaron Stein, président du Foreign Policy Research Institute, a déclaré : «Le discours d’Ankara a opéré un virage à 180°. Cela ne signifie pas que le succès est garanti ou imminent mais cela témoigne d’une réelle volonté de négocier».

Malgré le rapprochement entre Washington et Ankara, l’opposition persiste au sein du Congrès américain.

Certains membres du Congrès évoquent les craintes israéliennes que l’acquisition du F-35 par la Turquie puisse affaiblir la supériorité aérienne d’Israël au Moyen-Orient.

La représentante démocrate Dina Titus a également signé une lettre adressée aux dirigeants de la Chambre des représentants pour s’opposer à la réintégration de la Turquie dans le programme, invoquant également les tensions turques avec la Grèce et Chypre.

Ce n’est pas la première fois que l’idée de retirer les S-400 de Turquie est évoquée. Ces dernières années, plusieurs scénarios ont été discutés, notamment :

– le déploiement du système en Ukraine après l’invasion russe ;

– le remettre aux forces américaines pour sa neutralisation technique afin d’empêcher son utilisation contre les aéronefs occidentaux ;

– l’option d’un transfert vers un État du Golfe a émergé avec l’escalade du conflit iranien et le besoin croissant de systèmes de défense aérienne supplémentaires.

Que révèle cette évolution ?

Si l’accord est conclu, il témoignera d’un profond remodelage des alliances régionales :

– un rapprochement entre les États-Unis et la Turquie après des années de tensions ;

– un rôle accru des Émirats dans l’architecture de sécurité régionale ;

– la volonté de Washington de proposer des solutions pragmatiques pour maintenir la cohésion de l’Otan tout en renforçant le réseau de défense aérienne de ses alliés du Moyen-Orient face à l’Iran.

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