Alors que les paris vont bon train sur la probabilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, sur l’ampleur de l’opération et sur son timing, il y a un sujet qui passe inaperçu qui est le conflit actuel en Iran entre les conservateurs et les réformateurs dans la gestion de la crise et la possibilité que la guerre puisse faire tomber le régime. C‘est le sujet d’un article du Times, qui est revenu sur ce différend opposant les deux camps.
Imed Bahri
Le journal britannique indique qu’alors que le guide suprême Ali Khamenei se cache, les conservateurs reconnaissent que les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants à leur pays mais ils pensent également pouvoir leur résister.
«À Washington comme à Téhéran, on a l’impression qu’un conflit pourrait faciliter la diplomatie car il rendrait l’autre partie plus rationnelle lors des négociations», explique Ali Vaez, responsable du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, avant d’ajouter : «Je trouve cela complètement absurde. Bien sûr, l’Iran serait vaincu [dans une guerre prolongée], mais certains conservateurs à Téhéran croient que le seul moyen de mettre fin à ce cycle d’agressions américaines et israéliennes est de verser le sang».
Ce point de vue n’est pas partagé par tous les dirigeants iraniens, notamment par le camp relativement pragmatique des réformateurs représentés par le président Massoud Pezeshkian. Leur priorité est d’obtenir un allègement des sanctions américaines afin de sauver l’économie iranienne chancelante et de contenir le mécontentement généralisé qui a suivi la répression violente du soulèvement populaire.
Sauvetage ou capitulation
Sanam Vakil, directrice du projet Moyen-Orient à Chatham House, déclare : «Le camp réformateur considère cet accord comme le seul moyen de sauver le régime et de consolider son influence. Les conservateurs, quant à eux, estiment que l’accord proposé équivaut à une capitulation totale. Face à l’absence de levée substantielle des sanctions de la part des États-Unis, ils y voient un prélude à des pressions accrues et à un changement de régime». Elle ajoute : «Leurs calculs reposent donc sur un pari risqué, voire une guerre, pour améliorer les termes de l’accord final. À mon avis, c’est extrêmement dangereux, et il est incompréhensible qu’ils pensent pouvoir tenir tête aux États-Unis».
Les deux camps ont une longue tradition d’erreurs d’appréciation dans les conflits. Cette situation a enlisé les États-Unis dans des conflits interminables au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et a entraîné l’Iran dans une série de guerres menées par Israël, au cours desquelles les milices supplétives de Téhéran dans la région ont été décimées et nombre de leurs généraux les plus gradés tués.
Toute guerre contre les États-Unis serait probablement bien plus destructrice que la campagne aérienne menée par Israël l’an dernier qui a gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes et décapité son commandement militaire. L’Iran a tiré les leçons de ce conflit, en créant un nouveau conseil de défense habilité à prendre des décisions à un moment où Khamenei –qui pourrait figurer en tête d’une liste noire américaine– pourrait se cacher.
La carte du détroit d’Ormuz
Depuis des années, l’Iran renforce ses forces navales dans le but de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, et d’attaquer les navires de guerre américains avec des missiles, des vedettes suicides, des drones kamikazes (munitions rodeuses) et des sous-marins.
«Toutes les capacités développées par l’Iran visent à cibler les forces navales et les bases américaines dans la région ce qui représente un danger réel», a déclaré Vaez avant d’ajouter : «Les États-Unis en sont conscients. Si une attaque était facile à lancer, elle aurait été menée depuis des semaines».
Vaez a ajouté que les dirigeants iraniens estiment que, si les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants, ils sont mieux armés pour y résister. «Si un seul navire de guerre américain était touché par des milliers de missiles, de missiles antinavires, de drones sous-marins et de vedettes rapides, ce serait un désastre pour le président Trump. Voilà la différence», a-t-il souligné.
Toutefois, même un seul tir pour les Iraniens –bien qu’il en faille plusieurs pour endommager un navire de guerre– pourrait déclencher une offensive militaire d’une ampleur bien plus grande contre eux.
«Ils n’ont pas vraiment d’issue», estime, de son côté, Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. «Supposons qu’ils survivent à une guerre et que le régime ne s’effondre pas. Que se passera-t-il ensuite ?», s’interroge-t-il.
L’Iran ciblerait probablement les bases américaines dans toute la région mais les États arabes, craignant d’être pris entre deux feux, ont quasiment renoncé à tenter d’endiguer le conflit.
«Nous avons baissé les bras. Les Iraniens sont irrationnels et Trump est totalement imprévisible», a déclaré une source bien informée du Golfe, sous couvert d’anonymat.
Donald Trump n’a pas dit son dernier mot face au revers de la Cour suprême des États-Unis, vendredi 20 février. Le président américain – dont les droits de douane dits « réciproques » ont été annulés vendredi par la plus haute juridiction du pays a signé un décret le soir même pour imposer une barrière douanière de 10% sur toutes les importations en provenance du monde entier, en s’appuyant sur un autre texte de loi.
Aux premières lueurs du samedi, le président américain Donald Trump a révélé avoir signé un décret exécutif instaurant un tarif douanier uniforme de 10% sur les importations en provenance de tous les pays, effectif sur-le-champ.
En outre, selon le journal le Monde, il invoque une autre loi que celle invalidée par la Cour suprême américaine. Ce texte légal limite toutefois son application à 150 jours, renouvelable uniquement par un vote du Congrès.
Dans un message posté sur « Truth Social », il a déclaré : « C’est avec fierté que je viens de signer, depuis le Bureau ovale, un tarif douanier global de 10% applicable à l’ensemble des nations. »
Il a poursuivi : « Ce tarif mondial entre en vigueur immédiatement… Merci pour votre attention ! »
— Commentary Donald J. Trump Posts From Truth Social (@TrumpDailyPosts) February 20, 2026
Les droits de douane de 10% imposés par Donald Trump sur toutes les importations mondiales auront un impact modéré mais notable sur l’économie tunisienne, déjà fragilisée par un déficit commercial élevé.
Le Daily Telegraph a révélé dans une enquête d’Henry Bodkin, correspondant du journal britannique à Jérusalem, que les États-Unis envisagent de s’appuyer sur des gangs criminels de voleurs et de trafiquants de drogue pour former une force de police à Gaza, suscitant l’inquiétude aussi bien dans le territoire palestinien que parmi les alliés occidentaux des États-Unis.(Photo : Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis.)
Imed Bahri
Selon des responsables occidentaux, l’administration Trump a présenté des plans visant à créer une nouvelle force de sécurité composée en grande partie de membres de gangs armés opposés au Hamas. Ils ont noté qu’Israël arme et soutient certaines de ces factions depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.
Le journal ajoute que l’idée d’intégrer ces gangs à une force de maintien de la paix soutenue par les États-Unis a suscité l’opposition de certains hauts responsables américains, soulignant que ces milices armées, organisées selon des structures claniques et familiales, ont des liens avérés avec le crime organisé depuis des décennies. La population civile de la bande de Gaza éprouve une grande méfiance à leur endroit. Ces derniers mois, ces gangs ont été accusés de pillages de camions d’aide humanitaire ainsi que de meurtres et d’enlèvements.
Au moins deux des gangs les plus importants comptent des membres ayant combattu activement aux côtés de l’État islamique ou lui ayant prêté allégeance.
Une source a déclaré au Telegraph : «Plusieurs hauts gradés de l’armée américaine craignent que le processus de paix de Donald Trump n’aboutisse pas sans partenaires de sécurité fiables».
Des gangs criminels soutenus par Israël
Le Royaume-Uni, la France et plusieurs autres pays impliqués dans la mise en œuvre du plan de paix en 20 points du président américain ont également fait part de leurs inquiétudes.
Quatre mois après le cessez-le-feu, le projet de création d’une force de police chargée d’assurer la sécurité après le départ du Hamas semble être au point mort, en raison de désaccords sur sa composition et son financement. On ignore également si le Hamas se désarmera volontairement.
Les membres du Conseil de paix réunis jeudi 19 février 2026 par Trump espèrent obtenir des engagements financiers pour la reconstruction de Gaza ainsi que des promesses d’envoi de troupes pour le compte de la Force internationale de stabilisation (FIS), qui devrait être d’un rang supérieur à celui de la nouvelle police gazaouie et coordonner ses actions avec l’armée israélienne déployée hors de la bande de Gaza.
Dimanche 15 février, Trump a déclaré que 5 milliards de dollars avaient déjà été promis pour la reconstruction ainsi que l’envoi de milliers de soldats à la FIS et à la police locale.
Selon le journal britannique, le projet de s’appuyer sur des gangs soutenus par Israël a émergé avant les fêtes de Noël, suscitant la controverse au sein du nouveau centre de coordination civilo-militaire du sud d’Israël. Une source occidentale a déclaré : «L’opposition a été forte, le message étant clair: c’est absurde. Ce ne sont pas de simples bandes criminelles, elles sont soutenues par Israël».
Le gendre du président Trump à la manœuvre
Le Telegraph ajoute que Jared Kushner, gendre du président Trump, est une figure clé des efforts de l’administration pour faire progresser son plan de paix en 20 points. Ce dernier pilote un projet de création de nouveaux complexes d’habitation temporaires «sécurisés» dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par Israël, destinés à séparer les Palestiniens du territoire tenu par le Hamas si le mouvement ne dépose pas les armes volontairement.
Le premier de ces complexes, actuellement en construction sur le site de l’ancienne ville de Rafah, se situe dans une zone contrôlée par les Forces populaires, un gang soutenu par Israël et accusé de trafic de drogue et de pillage de l’aide humanitaire. Son ancien chef, Yasser Abou Shabab, qui niait toute implication dans le crime organisé, a été tué lors d’un conflit interne en décembre et remplacé par un certain Ghassan Al-Dahini.
Selon certaines sources, Kushner travaille en étroite collaboration avec Aryeh Lightstone, directeur de l’Institut des Accords d’Abraham pour la Paix (Abraham Accords Peace Institute – AAPI), qui adopterait la position israélienne sur la sécurité et s’opposerait à la création d’un État palestinien.
Depuis un hôtel en bord de mer à Tel-Aviv, Lightstone coordonne une grande partie de la planification informelle de l’avenir de Gaza, notamment des discussions avec des investisseurs milliardaires, ce qui a conduit une source à surnommer le groupe «le Club Hilton».
Des responsables occidentaux s’interrogent sur la viabilité de ce qu’ils qualifient d’approche «idéologique» de Kushner et Lightstone. Un responsable a déclaré au Telegraph : «On a l’impression que Kushner, Lightstone et leurs collègues pensent que si l’on donne aux Palestiniens la possibilité de lâcher le Hamas, ils la saisiront mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Si de nombreux Gazaouis n’apprécient guère le Hamas, ils partagent également leur aversion pour les milices familiales et se méfient d’elles. Ils les considèrent comme des criminels».
On ignore pour l’instant lesquelles de ces gangs familiaux ont été proposées par les responsables américains et israéliens pour le recrutement au sein de la nouvelle police de Gaza. La Maison-Blanche n’a toutefois pas nié avoir suggéré cette approche.
Il y a une vingtaine d’années, des rapports d’organisations telles que l’International Crisis Group, basé à Bruxelles, avaient déjà soulevé des inquiétudes concernant le trafic de drogue et d’armes. Des figures des Forces populaires, comme Issam al-Nabahin, un commandant important, ont combattu aux côtés de l’État islamique dans le Sinaï, en Égypte.
La famille Daghmash, à Gaza, est également accusée d’entretenir des liens avec cette organisation terroriste. Bien que cela n’ait pas été prouvé, le clan est soupçonné d’avoir contribué à la capture du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé par le Hamas en 2006. Sa libération en 2011 a été considérée comme un échec stratégique en matière de sécurité, car elle a contraint Israël à libérer plus d’un millier de prisonniers palestiniens, dont Yahya Sinwar, le cerveau du 7 octobre. Un groupe appelé l’Armée de l’Islam, dirigé par des membres de la famille Daghmash, a également enlevé le correspondant de la BBC, Alan Johnston, qui a été détenu pendant 114 jours en 2007.
Certains médias israéliens ont rapporté qu’au début de la guerre de Gaza, diverses factions avaient bénéficié du soutien du Service de sécurité générale de l’Autorité palestinienne à Ramallah, avec l’aide présumée de la CIA. Cependant, Israël a par la suite pris le relais.
L’implication d’Israël auprès des Forces populaires a été révélée en mai dernier après qu’un haut responsable, réputé opposé à l’armement des factions palestiniennes, a divulgué à la presse israélienne des informations sur ce soutien.
Sans force crédible sur le terrain, le plan de Trump est voué à l’échec
Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis, a déclaré au Telegraph en octobre avoir coordonné ses actions avec Israël et être prêt à contribuer à la sécurisation de Gaza après la chute du Hamas. Al-Astal, ancien responsable de la sécurité de l’Autorité palestinienne, est l’une des figures importantes de ce «clan» qui ont été emprisonnées à Gaza au début du conflit mais qui se sont évadées lorsque les gardes du Hamas ont fui leurs postes.
Des rumeurs circulent selon lesquelles le Conseil de paix, par l’intermédiaire de son Comité national pour l’administration de Gaza, aurait choisi Jamal Abou Hassan, ancien chef de la sécurité de l’Autorité palestinienne à Khan Younis, pour diriger la nouvelle force de police.
Un responsable occidental a déclaré qu’une version plus récente du plan de la police américaine proposait un «recrutement apolitique», permettant aux membres de provenir de clans, d’anciennes forces de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza, ou d’ailleurs. Il a ajouté : «Le processus est actuellement au point mort. On ne peut ignorer le fait que, sans force crédible sur le terrain, il est voué à l’échec».
Un responsable de l’administration américaine a déclaré au Telegraph : «Des efforts sont toujours en cours pour élaborer un processus de vérification des antécédents des forces de police».
Quelques jours avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, une société d’investissement contrôlée par un membre éminent de la famille régnante des Émirats arabes unis a secrètement conclu un accord pour acquérir près de la moitié d’une start-up de cryptomonnaie fondée par la famille Trump pour la somme de 500 millions de dollars. Sous n’importe quel autre président, un tel deal –révélé par le Wall Street Journal– aurait provoqué un véritable séisme politique à Washington. Il aurait déclenché des appels à des enquêtes parlementaires, des auditions télévisées et des mois de gestion de crise.
Imed Bahri
Mohamad Bazzi, professeur de journalisme à l’Université de New York, qui a analysé dans les colonnes du Guardian ce scandale, estime que ce dernier exemple de corruption impliquant le vénal président américain et les entreprises de sa famille est passé presque inaperçu car relégué au second plan par la tentaculaire affaire Epstein qui domine l’actualité ainsi que le flux d’informations incessant dominé par les actions et les déclarations de Trump.
Bazzi considère que c’est scandale mérite toute notre attention : un accord d’un demi-milliard de dollars avec un responsable étranger, conclu dans l’ombre de l’investiture de Trump, qui a directement enrichi le président et sa famille.
L’accord qui a permis aux Émirats arabes unis d’acquérir 49% des parts de World Liberty Financial, une société de cryptomonnaies fondée par la famille Trump et leurs proches à l’automne 2024 en pleine campagne présidentielle, a bénéficié du soutien du cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, l’une des personnalités les plus influentes des Émirats.
Surnommé The Spy Cheikh (le cheikh espion) et ne se séparant jamais se ses lunettes noires, Tahnoun est le frère du président des Émirats et occupe le poste de conseiller à la sécurité nationale. Il supervise également l’un des plus grands empires d’investissement au monde, dirigeant deux fonds souverains à Abou Dhabi dont les actifs combinés s’élèvent à 1 500 milliards de dollars, ainsi que la société d’intelligence artificielle G42.
La présidence comme source de revenus
Il est fastidieux de recenser toutes les manières dont Trump a transformé la présidence en source de revenus et l’a utilisée à des fins personnelles durant son second mandat.
La Trump Organization, dirigée par les fils du président, a négocié des transactions immobilières à l’étranger se chiffrant en milliards de dollars, certaines impliquant des sociétés privées soutenues par les gouvernements des trois pays arabes producteurs de pétrole les plus riches : l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats.
En mai, alors que Trump se préparait à un voyage au Moyen-Orient, le gouvernement qatari lui a fait don d’un luxueux Boeing 737 d’une valeur de 400 millions de dollars, actuellement en cours d’aménagement par l’armée américaine pour servir d’avion présidentiel à Trump. Il s’agit peut-être du cadeau le plus onéreux jamais offert par un gouvernement étranger aux États-Unis. Trump a déclaré que l’avion serait transféré à sa bibliothèque présidentielle lorsqu’il quittera ses fonctions en 2029, ce qui signifie qu’il pourrait continuer à l’utiliser après son départ de la Maison-Blanche.
Fin mai, le président a offert un dîner privé dans son club de golf de Virginie aux 220 plus importants acheteurs de sa cryptomonnaie dérivée, appelée $Trump. Cette cryptomonnaie, sans valeur intrinsèque, est liée à une blague ou une mascotte trouvée sur Internet. Les 25 premiers acheteurs de ce concours de cryptomonnaies ont été invités à une réception VIP en compagnie de Trump et à une visite de la Maison Blanche.
Au total, la famille Trump a engrangé environ 148 millions de dollars grâce à ce concours, provenant principalement d’acheteurs étrangers ou anonymes. Le plus gros dépensier était Justin Sun, un milliardaire chinois spécialisé dans les cryptomonnaies, qui a acheté pour plus de 20 millions de dollars de $Trump.
En février 2025, quelques semaines après l’entrée en fonction de Trump, la Securities and Exchange Commission a suspendu une procédure civile pour fraude engagée contre Sun en 2023, ce qui a suscité des accusations de favoritisme à son encontre, car il avait investi 75 millions de dollars dans un autre projet de cryptomonnaie de la famille Trump. Un porte-parole de Sun a déclaré qu’il n’avait «ni demandé de traitement de faveur, ni conditionné son activité commerciale à des décisions réglementaires».
Des conflits d’intérêt à la pelle
Malgré l’ampleur des conflits d’intérêts entourant Trump au cours de l’année écoulée, l’accord de 500 millions de dollars impliquant World Liberty et le cheikh Tahnoun constitue, selon le Wall Street Journal, «le seul cas connu d’un responsable gouvernemental étranger ayant acquis une participation significative dans une entreprise appartenant à Trump après son élection».
En mêlant sa fortune personnelle aux familles régnantes du Golfe, Trump a compromis sa capacité –et celle de toute son administration– à négocier une politique étrangère indépendante et à agir en médiateur impartial. Comment Washington peut-il exercer une pression crédible sur les Émirats concernant leur rôle dans l’exacerbation de la guerre civile au Soudan, alors que le conseiller à la sécurité nationale des Émirats est un partenaire commercial du président américain ?
Depuis une dizaine d’années, cheikh Tahnoun mène les négociations de politique étrangère avec les États-Unis sur des questions majeures, notamment la lutte contre le terrorisme, les investissements financiers et l’accès des Émirats aux technologies informatiques de pointe. En mars 2025, lors de sa visite à Washington, il a rencontré Trump et a bénéficié d’un accès privilégié aux hauts responsables de l’administration ainsi qu’à un dîner à la Maison-Blanche, des privilèges habituellement réservés aux chefs d’État en visite officielle. Le public ignorait l’accord secret que la société d’investissement de Tahnoun avait signé deux mois auparavant avec une entreprise de cryptomonnaies appartenant à la famille Trump.
Ces révélations soulignent également pourquoi l’incursion de Trump dans les cryptomonnaies est devenue le moyen le plus lucratif –et le plus risqué– de tirer profit de sa présidence. Depuis son premier mandat, l’empire commercial de sa famille s’est considérablement étendu, dépassant largement le cadre d’un conglomérat immobilier où le nom Trump est associé à des hôtels, des complexes de golf et des tours résidentielles à travers le monde. Il englobe désormais des plateformes médiatiques comme TruthSocial et divers projets liés aux cryptomonnaies.
Selon Bloomberg, la famille Trump a engrangé environ 1,4 milliard de dollars grâce à ces projets l’an dernier, soit environ un cinquième de sa fortune estimée à 6,8 milliards de dollars.
Ces investissements dans les cryptomonnaies permettent à Trump et à sa famille de lever des centaines de millions de dollars auprès d’investisseurs étrangers et de responsables gouvernementaux qui, en temps normal, hésiteraient à transférer des fonds à un homme politique américain.
Trump ne se contente pas de s’enrichir grâce à sa présidence, il s’est également aventuré dans un secteur gangrené par la fraude et le manque de transparence. Quelques mois après son retour au pouvoir, son administration a commencé à assouplir la réglementation du secteur et a ordonné au Département de la Justice de dissoudre une unité nationale chargée d’enquêter sur la fraude aux cryptomonnaies, créée en 2022 sous l’administration Biden.
Si l’investissement de 500 millions de dollars dans World Liberty Financial l’an dernier a été une opération lucrative pour Trump et sa famille, il n’avait aucun sens financier pour le cheikh Tahnoun, qui a orchestré cet investissement dans une toute nouvelle entreprise de cryptomonnaies peu active avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Alors, qu’ont obtenu les Émirats en retour ?
Il semble que la monarchie autoritaire ait mis la main sur les clés de l’avenir de l’intelligence artificielle. L’investissement secret de Tahnoun était l’un des deux accords majeurs conclus l’an dernier entre la branche cryptomonnaies de la famille Trump et le gouvernement des Émirats. Lors d’une conférence sur les cryptomonnaies à Dubaï en mai, Eric Trump, fils du président, et son associé Zach Witkoff (fils de Steve Witkoff, envoyé spécial du président pour le Moyen-Orient), ont annoncé que MGX, société également dirigée par Tahnoun, investirait 2 milliards de dollars via un stablecoin émis par World Liberty. Un stablecoin est une cryptomonnaie dont le cours est fixe à un dollar, et l’accord avec MGX pourrait générer des dizaines de millions de dollars d’intérêts par an pour le président et sa famille.
Lors de cette conférence, Zach Witkoff a présenté cet investissement comme un vote de confiance envers World Liberty, une jeune entreprise technologique, sans toutefois révéler que les deux sociétés partagent d’importants investisseurs et que certains de leurs dirigeants sont également à la tête des deux entreprises. Un précédent investissement de 500 millions de dollars de Tahnoun lui a permis de nommer deux membres au conseil d’administration de World Liberty, les mêmes personnes qui siègent également au conseil d’administration de MGX, selon une enquête du Wall Street Journal.
Deux semaines seulement après l’investissement de 2 milliards de dollars de MGX dans la société de cryptomonnaies de la famille Trump, l’administration Trump a autorisé les Émirats à acquérir des centaines de milliers de puces informatiques de pointe, essentielles au développement de l’intelligence artificielle. Ces puces sont fabriquées par des entreprises américaines, principalement Nvidia. L’administration Biden avait imposé des restrictions sur le nombre de puces que certains pays étrangers pouvaient acheter, craignant un détournement de cette technologie. Cependant, Trump a levé ces restrictions.
Deux sénateurs démocrates membres de la commission des finances du Sénat ont demandé, vendredi 13 février 2026, au secrétaire au Trésor Scott Bessent d’évaluer les éventuelles implications pour la sécurité nationale de l’acquisition, par le conseiller à la sécurité nationale des Émirats, de cette participation à hauteur de 500 millions de dollars dans la société de cryptomonnaies appartenant à la famille Trump. À signaler que Donald Trump et Steve Witkoff sont membres honoraires de cette société.
Pour une enquête impartiale et indépendante
Les sénateurs Elizabeth Warren et Andy Kim ont demandé à M. Bessent, en sa qualité de secrétaire au Trésor est président du Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS), de déterminer si le CFIUS devait examiner la participation de 49% des Émirats dans World Liberty Financial et de mener une enquête approfondie, impartiale et indépendante s’il le jugeait nécessaire.
Dans une lettre, les sénateurs lui ont demandé de répondre à plusieurs questions concernant cette transaction avant le 5 mars, notamment si le CFIUS avait mené un examen de l’opération ou formulé des recommandations à ce sujet au président républicain Donald Trump.
«Cette transaction soulève d’importantes préoccupations en matière de sécurité nationale», ont écrit les sénateurs.
Le département du Trésor n’a pas encore commenté cette lettre. Comme si l’affaire ne revêtait aucune importance. Des présidents américains avaient été poussés vers la sortie pour beaucoup moins que cela.
Un entretien du FBI récemment découvert a soulevé de nouvelles questions concernant l’affirmation du président américain Donald Trump selon laquelle il ne savait rien des crimes du délinquant sexuel, Jeffrey Epstein. Son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a été confronté mardi 10 février à des questions de la part des législateurs concernant ses propres liens avec le financier.
Les événements de la journée de mardi 10 février ont mis en évidence à quel point les répercussions du scandale Epstein demeurent un casse-tête politique majeur pour l’administration Trump, plusieurs semaines après la publication par le ministère de la Justice de millions de documents liés à Epstein pour se conformer à une loi bipartisane.
Les documents publiés issus d’un entretien du FBI en 2019 suggèrent que Donald Trump aurait téléphoné en juillet 2006 au chef de la police de Palm Beach, en Floride, peu après que des accusations criminelles contre Jeffrey Epstein sont rendues publiques, rapporte Reuters.
Dans cet appel, il aurait remercié les forces de l’ordre pour leur enquête et déclaré que « tout le monde savait ce qu’il (Epstein) faisait ». Selon le document, Trump aurait aussi dit que des gens à New York connaissaient le comportement de Epstein et que Ghislaine Maxwell, associée d’Epstein, était « mauvaise », conseillant aux policiers de se concentrer sur elle.
Le document indique également que Trump a affirmé être présent une fois avec Epstein lorsqu’il y avait des adolescents, mais qu’il « s’en est vite allé ».
Le ministère de la Justice a déclaré qu’il n’avait aucune preuve corroborant que l’appel avait réellement eu lieu il y a vingt ans.
Ce nouvel élément soulève des questions sur les déclarations antérieures de Trump, qui a souvent affirmé ne rien savoir des crimes d’Epstein.
Personne n’a oublié la prise d’assaut par les nervis de Donald Trump du Congrès des États-Unis à Capitole Hill dans la capitale fédérale Washington, le 6 janvier 2021, quand le président sortant avait refusé de reconnaître sa défaite face au président élu Joe Biden et a affirmé que les élections étaient truquées. Aujourd’hui, Trump fait craindre de nouveau le pire en affirmant que les élections de mi-mandat pourraient être truquées et en remettant en cause la compétence des États fédérés démocrates dans l’organisation du scrutin. En réalité, il a peur de perdre la majorité au Congrès et ainsi de faire face à une procédure d’impeachment (destitution). (Ph. L’attaque du Capitole par les nervis de Trump est encore dans toutes les mémoires).
Imed Bahri
Selon Politico, de hauts responsables chargés des scrutins électoraux au sein des partis démocrate et républicain ont exprimé une inquiétude croissante face à ce qu’ils qualifient d’efforts sans précédent du président Trump pour interférer dans les élections de mi-mandat de cette année.
Une série de mesures récentes prises par l’administration Trump ont renforcé les craintes de ces responsables quant à des tentatives systématiques de saper les résultats des élections et ce, plusieurs mois avant leur tenue.
Les efforts de Trump découlent de sa crainte d’une défaite républicaine significative lors des élections prévues en novembre prochain. Trump a averti les Républicains que la perte de leur courte majorité à la Chambre des représentants pourrait entraîner sa destitution, d’autant plus qu’une prise de contrôle du Sénat par les Démocrates provoquerait un véritable séisme politique.
Je suis un dictateur, et alors ?
Pour la première fois, des stratèges républicains affirment que la perte du Sénat, où leur parti détient actuellement une majorité de 53 sièges contre 47, est une possibilité réelle.
Trump continue de parler de fraude électorale et est récemment allé jusqu’à déclarer que «l’Amérique est devenue la risée du monde».
Le mois dernier, il a déclaré : «On dit souvent que je suis une sorte de terrible dictateur, et je suis un dictateur. Mais parfois, on a besoin d’un dictateur!»
Au cours du mois écoulé, Trump a suggéré à au moins deux reprises que les élections de mi-mandat de 2026 devraient être annulées.
Politico a détaillé les tentatives de l’administration Trump pour contrôler le processus électoral, dont notamment des demandes officielles d’accès aux listes électorales des États et une descente surprise du FBI dans un bureau de vote du comté de Fulton, en Géorgie, à la recherche de bulletins de vote de 2020.
La secrétaire d’État* du Michigan, Jocelyn Benson, a qualifié ces pressions d’«extraordinaires et effrayantes», affirmant qu’elles s’inscrivent dans la continuité des efforts déployés il y a des années pour démanteler la démocratie américaine.
Politico a noté que l’ingérence de l’administration Trump dans les procédures électorales des États était particulièrement flagrante lors de la récente réunion des secrétaires d’État à Washington, un événement qui, initialement axé sur les aspects techniques et la coordination, s’est transformé en champ de bataille politique.
Le journal américain indique que le FBI a invité de hauts responsables électoraux à discuter des préparatifs des élections de 2026, en présence des ministères de la Justice, de la Sécurité intérieure et du Renseignement national. Cette initiative a suscité la méfiance et la crainte de plusieurs responsables.
La secrétaire d’État du Maine, Sheena Pelose, s’est inquiétée du fait que la Maison-Blanche cherche le moindre prétexte pour centraliser le contrôle d’aspects clés du processus électoral, traditionnellement et juridiquement géré par les États fédérés.
Des inquiétudes très partagées
Les inquiétudes ne sont pas uniquement l’apanage des Démocrates mais concernent également des responsables républicains comme la lieutenante-gouverneure* de l’Utah, Deidre Henderson, qui a vivement critiqué les déclarations du ministère de la Justice accusant les responsables étatiques de manquer à leurs obligations en matière d’inscription sur les listes électorales.
À l’inverse, la Maison-Blanche et le ministère de la Justice ont défendu ces mesures, les jugeant indispensables à l’intégrité et à la transparence des élections.
Le procureur général adjoint chargé des droits civiques Harmit Dillon a affirmé que la radiation des électeurs des listes électorales est une obligation légale visant à garantir la confiance du public dans les résultats.
La Maison-Blanche a également justifié le déploiement d’agents de l’Immigration et des Douanes (ICE) à proximité des bureaux de vote en affirmant vouloir empêcher les personnes non citoyennes de voter illégalement.
Malgré ces tensions accrues, Politico rapporte que la plupart des responsables des États fédérés se sont dits confiants dans la solidité du système électoral américain mais ont commencé à prendre des mesures proactives pour contrer ce qu’ils ont qualifié de potentielle ingérence fédérale.
Le secrétaire d’État de l’Arizona Adrian Fuentes a comparé ces préparatifs à ceux mis en place en prévision d’une catastrophe naturelle, avertissant que les menaces actuelles proviennent de l’intérieur même du gouvernement fédéral, ce qui exige une vigilance accrue sur les plans juridique et procédural afin de protéger les bulletins de vote et l’indépendance des décisions des États.
*Le secrétaire d’État dans un État fédéré a pour mission l’organisation du processus électoral et la conservation des documents officiels. À ne pas confondre avec le secrétaire d’État des États-Unis à l’échelle fédérale qui est le chef de la diplomatie.
**Le lieutenant-gouverneur est le titre dévolu à la personne qui seconde le gouverneur d’un État fédéré.
Die US-Regierung unter Donald Trump initiiert eine neue internationale Organisation (Friedensrat) zur Konfliktlösung, in der das Königreich Marokko eine zentrale Gründungsrolle übernimmt. Rabat – In der internationalen Diplomatie zeichnet sich eine neue Dynamik ab. Wie das marokkanische Ministerium für Auswärtige Angelegenheiten über die offizielle Nachrichtenagentur MAP bekannt gab, ist das Königreich der Einladung von US-Präsident […]
Le président américain Donald Trump a tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre de la Colombie, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une intervention militaire américaine. Des déclarations qui s’inscrivent dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques.
S’exprimant dimanche devant des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, Donald Trump a qualifié la Colombie de pays « très malade », affirmant qu’elle était dirigée par « un homme malade ». Sans le nommer explicitement, le président américain semblait viser son homologue colombien Gustavo Petro, qu’il a accusé de fermer les yeux sur la production et l’exportation de cocaïne vers les États-Unis.
Selon Trump, cette situation ne pourrait pas durer, laissant entendre que Washington pourrait durcir sa réponse face à ce qu’il considère comme une menace directe pour la sécurité américaine.
Une option militaire ouvertement évoquée
Interrogé sur l’éventualité d’une opération militaire contre la Colombie, Donald Trump n’a pas écarté cette hypothèse. « Cela me paraît bien », a-t-il répondu, sans fournir davantage de détails sur la nature ou le calendrier d’une telle intervention.
Ces déclarations interviennent au lendemain d’une annonce fracassante de la Maison-Blanche concernant une opération menée à Caracas, au cours de laquelle les États-Unis affirment avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Ce dernier est accusé par l’administration Trump d’être impliqué dans un vaste réseau de narcotrafic et aurait été transféré à New York pour être présenté à la justice américaine.
Cuba jugée hors de portée d’une intervention
Dans le même temps, Donald Trump a estimé qu’une intervention militaire américaine à Cuba ne serait probablement pas nécessaire. Selon lui, l’île serait déjà engagée dans un processus d’effondrement interne, rendant toute action militaire superflue.
Ces déclarations, mêlant menaces explicites et jugements abrupts, risquent d’alimenter les tensions diplomatiques en Amérique latine, où plusieurs capitales observent avec inquiétude l’escalade verbale du président américain.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le Venezuela a basculé dans une séquence d’une gravité inédite. Après plusieurs heures d’explosions à Caracas et dans d’autres régions du pays, le président américain Donald Trump a affirmé que les forces américaines avaient capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro, confirmant ainsi une opération militaire directe menée sur le sol vénézuélien.
Selon des témoins cités par Reuters, des détonations, des survols d’aéronefs à basse altitude et d’épais panaches de fumée noire ont été observés à Caracas à partir de 2 heures du matin (06h00 GMT), pendant près de quatre-vingt-dix minutes. Des coupures d’électricité ont touché le sud de la capitale, à proximité d’une importante base militaire. Le gouvernement vénézuélien affirme que des frappes ont également visé les États de Miranda, Aragua et La Guaira.
Une annonce spectaculaire, encore sans confirmation indépendante
Dans une déclaration officielle, Donald Trump a assuré que Nicolás Maduro avait été « capturé et exfiltré » à l’issue de ces frappes, présentées comme une opération de grande ampleur. À ce stade, aucune confirmation indépendante n’est venue corroborer cette annonce, et les autorités vénézuéliennes n’ont pas reconnu la capture du chef de l’État.
Quelques heures plus tôt, Caracas avait pourtant décrété l’état d’urgence et annoncé la mobilisation des forces armées, dénonçant une « agression impérialiste » et accusant Washington de vouloir s’emparer des ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole et les minerais. Le pouvoir chaviste a assuré que les États-Unis « n’atteindraient pas leurs objectifs », sans préciser la situation du président Maduro.
De la pression maximale à l’intervention directe
Si elle venait à être confirmée, la capture du président vénézuélien marquerait un tournant historique dans les relations entre Washington et Caracas. Depuis plusieurs mois, l’administration Trump multipliait sanctions économiques, menaces publiques et opérations militaires ciblées, principalement en mer, contre des navires accusés de trafic de drogue.
Les États-Unis contestent la légitimité de Nicolás Maduro, qu’ils accusent d’avoir truqué l’élection présidentielle de l’an dernier pour se maintenir au pouvoir. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche avec une ligne dure sur l’Amérique latine, avait récemment estimé qu’il serait « intelligent » pour le dirigeant vénézuélien de quitter le pouvoir.
Washington a parallèlement renforcé de manière significative son dispositif militaire dans la région, avec le déploiement d’un porte-avions, de navires de guerre et d’avions de combat dans les Caraïbes, tout en évoquant un possible blocus du pétrole vénézuélien.
Un choc régional aux conséquences incertaines
Dans les rues de Caracas, la stupeur domine. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des habitants filmant les explosions depuis leurs fenêtres, parfois entre cris de peur et silence incrédule. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade.
Seize fichiers liés à l’affaire Jeffrey Epstein ont disparu du site officiel du ministère de la Justice des États-Unis, dont une photo montrant l’ancien président Donald Trump, moins de 24 heures après leur mise en ligne. Le ministère n’a fourni aucune explication officielle sur cette disparition, provoquant un regain d’interrogations autour de la transparence du dossier.
Une disparition inexpliquée
Les fichiers concernés, rendus publics vendredi, n’étaient plus accessibles samedi matin. Leur disparition concerne notamment des images et documents relatifs à Jeffrey Epstein et à son entourage. Parmi ces fichiers figurait une photo montrant Donald Trump aux côtés d’Epstein, de Melania Trump et de Ghislaine Maxwell, ancienne collaboratrice proche d’Epstein.
D’autres fichiers incluaient des photos de tableaux représentant des femmes et des clichés montrant des photographies placées sur une commode et à l’intérieur de tiroirs, donnant un aperçu de l’environnement privé d’Epstein.
Vers une transparence sous contrôle
Interrogé sur la disparition de ces documents, le ministère de la Justice américain n’a pas fourni de justification détaillée. Sur le réseau X (anciennement Twitter), il a simplement indiqué que « les photos et autres matériaux feront l’objet d’une révision et d’une modification continues conformément à la loi, par mesure de précaution à la réception d’informations supplémentaires ».
Cette réponse laisse planer le doute sur les raisons exactes de la suppression, renforçant les théories autour d’une éventuelle manipulation des archives accessibles au public.
Cette disparition intervient dans un contexte où les documents relatifs à l’affaire Epstein ont été largement surveillés par le public et les médias, notamment en raison des personnalités impliquées. Les experts estiment que toute modification ou suppression de fichiers peut avoir des implications sur la perception de la transparence du ministère et sur le suivi judiciaire des affaires liées à Epstein.
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Fidèle à son style, Donald Trump a trouvé le moyen de ramener à lui le prix Nobel de la paix attribué vendredi à Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne récompensée pour son combat démocratique contre le régime de Nicolás Maduro.
Lors d’une conférence de presse à Washington, le président américain a affirmé que la lauréate l’avait appelé “pour lui dédier” la distinction.
“Elle m’a dit qu’elle l’acceptait en mon honneur, parce que je le mérite vraiment”, a lancé Trump, avant d’ajouter, non sans humour : “Je ne lui ai pas demandé de me le donner, mais elle aurait pu.”
Maria Corina Machado a bien confirmé un entretien téléphonique avec le président américain dans un entretien à El País, mais sans mentionner de dédicace.
À la Maison-Blanche, ces déclarations font grincer des dents : plusieurs conseillers dénoncent une récupération politique, tandis que Trump assure qu’il “continuera à sauver des vies et à conclure des accords de paix”.
Trump: "The person who actually got the Nobel Prize called today, called me, and said 'I'm accepting this in honor of you, because you really deserved it.' A really nice thing to do. I didn't say 'Then give it to me, though.'" pic.twitter.com/NsMY97IP2J
Mercredi, Donald Trump a annoncé un accord historique entre Israël et le Hamas, marquant le début d’une trêve à Gaza. Derrière cette scène spectaculaire, le président américain a joué un rôle déterminant en combinant pressions diplomatiques, négociations secrètes et mises en scène médiatiques, pour faire accepter le plan et sécuriser la libération des otages.
Un moment théâtral à la Maison-Blanche
Mercredi, en pleine réunion télévisée à la Maison-Blanche, le secrétaire d’État a interrompu Donald Trump pour lui remettre une note confidentielle. Le président américain a alors levé les yeux vers les caméras avant d’annoncer sur son réseau Truth Social : « BÉNIS SOIENT LES FAISEURS DE PAIX ! ».
L’annonce tonitruante marquait l’aboutissement de plusieurs jours de tractations menées dans le plus grand secret, entre Washington, Doha, Le Caire et Jérusalem. Si Trump s’est empressé d’endosser le rôle de « faiseur de paix », ses équipes diplomatiques travaillaient depuis des semaines à convaincre les deux camps d’accepter la première phase du plan de paix de Gaza, centré sur un cessez-le-feu humanitaire et un échange d’otages.
Pression directe sur Benyamin Netanyahu
Officiellement allié indéfectible d’Israël, Donald Trump n’a pas offert de chèque en blanc à Benyamin Netanyahu. Lors de leur rencontre à la Maison-Blanche le 29 septembre, le président américain a surpris son hôte en lui présentant un plan de paix en 20 points, élaboré avec la participation de plusieurs dirigeants arabes et musulmans rencontrés à l’ONU quelques jours plus tôt.
Parmi les points qui ont irrité le Premier ministre israélien figure la mention explicite d’un État palestinien, une ligne rouge pour une partie de son gouvernement. Mais Trump a insisté : sans cette concession, aucun consensus régional n’était possible. En coulisses, il aurait dit à Netanyahu, selon Axios : « Bibi, c’est ta chance de victoire. Avec moi, tu n’as pas le choix. »
Une coalition arabe reconstituée
Trump a également tiré parti d’un épisode diplomatique tendu : une attaque israélienne au Qatar, survenue alors que les discussions approchaient d’un tournant. Furieux, le président américain a utilisé l’indignation des États arabes pour rallier un front commun autour de son initiative.
Il a même contraint Netanyahu à appeler l’émir du Qatar depuis le Bureau ovale pour présenter des excuses officielles. Une scène immortalisée par la Maison-Blanche : on y voit Trump tenant le combiné pendant que le chef du gouvernement israélien lit des excuses préparées à l’avance.
Peu après, Washington a signé un décret de garanties de sécurité en faveur du Qatar, preuve du rôle central que cet émirat joue dans la médiation. Ce geste illustre la nouvelle orientation de Trump, qui mise désormais sur ses alliances arabes tissées lors de ses deux mandats.
Une stratégie à double tranchant avec le Hamas
En parallèle, Trump a exercé une pression maximale sur le Hamas, lui fixant un ultimatum : accepter un accord avant le 5 octobre, sous peine de subir un « enfer total ». Le mouvement islamiste a toutefois su exploiter le désir du président américain de rapatrier les otages israéliens détenus à Gaza.
Plusieurs rencontres ont eu lieu à la Maison-Blanche entre Trump et les familles des otages, préparant une mise en scène politique à fort impact. L’annonce de leur libération prochaine, prévue pour lundi, constitue déjà une victoire symbolique pour le président.
Dans un geste inédit, il a même republié une déclaration officielle du Hamas, pourtant considéré par Washington comme une organisation terroriste, sans la commenter. Pour Trump, peu importe les nuances : ce qui compte, c’est le message d’efficacité et de puissance projeté vers l’opinion américaine.
Un calcul politique assumé
L’accord sur Gaza offre à Donald Trump une double opportunité : redorer son image internationale et imposer sa marque sur la diplomatie du Proche-Orient, à un an d’une possible nouvelle campagne électorale.
Après les Accords d’Abraham de 2020, cette percée pourrait asseoir son statut de négociateur pragmatique capable de forcer les adversaires à la table des discussions. Pour ses soutiens, c’est la démonstration que « seul Trump » pouvait briser le mur de méfiance entre Israël, le Hamas et leurs voisins arabes.
Mais pour ses détracteurs, il s’agit avant tout d’un coup politique, orchestré pour maximiser son image et peser sur les équilibres diplomatiques régionaux.