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« Il est presque minuit à l’horloge nucléaire »

21. September 2026 um 15:03

Des événements inquiétants ont eu lieu le week-end dernier en relation avec la guerre dans le Golfe. Toutes les ambassades américaines dans la région étaient dans un état d’alerte maximal, recommandant à leurs citoyens de rentrer chez eux.

De leur côté, les responsables iraniens ont fait savoir qu’ils disposent d’informations sur « des préparatifs militaires américains visant à lancer une attaque massive contre l’Iran avec la complicité de pays de la région ».

Enfin, le président américain écourta son week-end à Camp David et regagna la Maison Blanche où il a énoncé ce qu’il a appelé ses trois options : « Effacer l’Iran de la surface de la Terre ; continuer à l’étrangler économiquement ; revenir à la négociation. »

Malin celui qui peut compter le nombre de fois où Trump a menacé de faire revenir l’Iran à l’âge de pierre ou de l’asphyxier économiquement. Quant aux négociations, il les a utilisées à deux reprises comme ruse pour accroitre l’effet de surprise de la guerre qu’il préparait avec Netanyahu en juin 2025 et février 2026.

Pour les Iraniens, les négociations ont déjà eu lieu et abouti au Memorandum of Understanding (MoU) que Trump a signé le 17 juin à Versailles et ignoré presque aussitôt. Depuis, la position officielle iranienne reste inchangée : les négociations ont eu lieu, le MoU a été signé et il reste le seul moyen de mettre fin à la guerre.

En d’autres termes, tant que le président américain maintient son refus d’appliquer le Mémorandum, le détroit d’Ormuz restera fermé, la région dans un état de guerre et l’économie mondiale sur la voie de la dépression.

Sur le plan personnel, Trump est de plus en plus stressé à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront dans cinq semaines. Les démocrates ont toutes les chances de les remporter. Ce qui constitue un vrai cauchemar pour Donald Trump qui y voit un gros risque de destitution par la procédure d’impeachment et un procès pour corruption, viol de la Constitution, sans parler de l’affaire Epstein.

Sur le plan de l’Establishment, ceux qui tirent les ficelles de la politique américaine acceptent difficilement l’idée de la défaite d’une puissance nucléaire par un pays non nucléaire qui, plus est, sous sanctions étouffantes depuis un demi-siècle. Une humiliation terrifiante aux conséquences géostratégiques dévastatrices pour les Etats-Unis.

Ces deux raisons sont évoquées par des analystes chevronnés, dont le Britannique George Galloway et l’ancien analyste de la CIA Larry Johnson, pour exprimer leurs craintes d’un recours « très probable » à l’arme nucléaire comme « le seul et unique moyen de mettre à genoux l’Iran ».

Les analystes iraniens, dont le professeur à l’université de Téhéran, Mohammed Marandi, sont conscients du danger que des villes iraniennes pourraient subir le sort d’Hiroshima et Nagasaki. Mais, soutiennent-ils, « l’histoire millénaire, la religion et la culture politique de la nation persane interdisent au peuple iranien de se soumettre à l’injustice des forces maléfiques ».

La résilience iranienne qui a « choqué » Trump dès les premiers jours de la guerre d’une part, et, d’autre part, la conviction de l’Establishment américain qu’une défaite de l’Iran est impossible par l’armement conventionnel, font que le monde se trouve dans la situation la plus dangereuse depuis la fin de la Seconde guerre mondiale il y a plus de huit décennies…

A ce risque de l’impasse dans le Golfe, s’ajoute celui de l’impasse dans l’autre foyer de tension : la guerre d’Ukraine. La « patience stratégique » dont a fait preuve la Russie face aux provocations incessantes de l’OTAN s’amenuise. On reste pantois face à l’irrationalité dont font preuve les élites gouvernantes en Europe, et en particulier en Grande Bretagne, en France et en Allemagne face à une puissance détentrice de six mille têtes nucléaires.

Ces trois pays qui continuent de verser de l’huile sur le feu, pensent-ils réellement qu’une défaite de la Russie par des armes conventionnelles l’empêchera de répondre par son arsenal nucléaire ? Sont-ils amnésiques au point d’oublier que tous les agresseurs, les provocateurs et les envahisseurs de la Russie ont été défaits sur la durée ?

Ces deux foyers de tension font que, comme l’a dit George Galloway dans son podcast dominical : « Il est presque minuit dans l’horloge nucléaire. » Pourtant, il n’est pas au-dessus des capacités humaines de sortir de ces deux impasses. Il suffit que Trump revienne au Mémorandum qu’il a signé le 17 juin à Versailles. Il suffit aussi aux Européens de s’assoir avec la Russie à la table des négociations et de discuter d’un nouvel arrangement sécuritaire qui garantirait la paix pour tous. A commencer par la dissolution de l’OTAN, cette force génératrice de mort, de destruction et d’anarchie là où elle s’aventure.

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Les Etats-Unis de Trump contre la Cour pénale internationale

21. September 2026 um 11:53

Les États-Unis de Donald Trump devraient annoncer cette semaine des sanctions visant l’ensemble de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision s’inscrit dans une offensive plus large contre cette juridiction internationale et ses juges. La raison ? Le chef du gouvernement de leur allié israélien, Benjamin Netanyahou, fait l’objet d’un mandat délivré par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au regard de sa responsabilité dans les actes commis à Gaza. Cette volonté de « punir » la CPI illustre ainsi l’entreprise de remise en cause de l’ordre international fondé sur le droit que mène de façon constante la première puissance mondiale.

 

Le refus des États-Unis d’adhérer à la CPI

Le principe de souveraineté des États a longtemps constitué un obstacle à la possibilité, pour des juridictions internationales, de poursuivre des individus, y compris des responsables politiques ou étatiques, accusés d’avoir commis les crimes les plus graves. Toutefois, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création du Tribunal de Nuremberg, le principe de responsabilité pénale individuelle s’est progressivement imposé. La création d’une juridiction internationale permanente, compétente de manière générale pour juger les crimes internationaux, s’est finalement concrétisée avec le Statut de Rome, traité fondateur de la « Cour pénale internationale » (CPI), signé le 17 juillet 1998 par une soixantaine d’États et entré en vigueur le 1er juillet 2002.

Le texte affirme explicitement ce principe, d’abord en matière de compétence : « [l]a Cour est compétente à l’égard des personnes physiques en vertu du présent Statut » (art. 25, § 1), puis en matière de responsabilité pénale : « [q]uiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut. » (art. 25, § 2).

Les États-Unis ont d’abord signé le Statut de Rome en 2000, avant de retirer leur signature deux ans plus tard. Au moment où l’administration de George W. Bush engageait la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, en 2002, elle a également fait adopter l’American Service Members’ Protection Act, une loi interdisant à toute institution américaine de coopérer avec la Cour pénale internationale. Il en résulte que les personnes présentes sur le territoire des États-Unis, qu’il s’agisse de militaires américains ou d’autres individus, échappent à la compétence de la CPI. Outre les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde et Israël ont également refusé de ratifier le Statut.

 

Le droit américain : instrument de pression contre la CPI

Le lawfare désigne une utilisation stratégique du droit destinée à instaurer, maintenir ou renverser un rapport de force, y compris en dehors des situations de conflit armé, afin de tenter d’imposer sa volonté à un adversaire. Si les États-Unis n’hésitent pas à recourir à cette forme d’instrumentalisation du droit, leur pratique du lawfare revêt une dimension particulièrement coercitive. Les lois extraterritoriales américaines permettent en effet de prendre des mesures contre des entreprises étrangères, y compris lorsqu’elles sont établies en dehors du territoire américain. Ces dispositifs peuvent également viser des organisations internationales et leurs agents.

Ces sanctions individuelles s’appuient notamment sur l’Executive Order 14203, « Imposing Sanctions on the International Criminal Court », signé par le président Donald Trump le 6 février 2025. Celui-ci invoque une « urgence nationale » face aux actions qualifiées d’« illégitimes et infondées » de la CPI à l’encontre des États-Unis et de leurs proches alliés.Depuis lors, le dispositif de sanctions s’est élargi à des magistrats de la CPI, à des rapporteurs spéciaux des Nations unies, à des organisations palestiniennes de défense des droits humains ainsi qu’à des acteurs de la société civile engagés dans la documentation de possibles crimes internationaux commis à Gaza.

Ces mesures, qui visent explicitement les personnes «directement impliquées dans le ciblage illégitime d’Israël », se sont renforcées au fur et à mesure que la CPI, certains mécanismes des Nations unies et des organisations de défense des droits humains documentaient et qualifiaient juridiquement les crimes commis à Gaza et, plus largement, dans les territoires palestiniens occupés.

La CPI se trouve désormais confrontée à la stratégie de l’administration Trump II, qui tend à démanteler l’institution ou, à tout le moins, à en réduire la portée, notamment en exerçant des pressions sur les États qui coopèrent avec elle. Cette politique s’est également traduite par l’adoption de sanctions individuelles contre plusieurs membres de la CPI : la présidente et le substitut du procureur de la Cour, la Japonaise Tomoko Akanele et le Sénégalais Abdoulaye Seye (annonce du Trésor américain du 18 août 2026), ainsi que le juge français de la CPI, Nicolas Guillou.

De telles décisions constituent une atteinte sans précédent à l’indépendance de la juridiction pénale internationale. Elles s’inscrivent dans une conception des relations internationales défendue par Donald Trump, selon laquelle rien ne devrait pouvoir faire obstacle à sa volonté de puissance ni à celle de son principal allié, Israël.

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Ukraine | Poutine n’est pas isolé et joue la carte du temps long

21. September 2026 um 11:49

 Le président russe Vladimir Poutine a intensifié son activité diplomatique ces dernières semaines à travers sa participation à une série de sommets importants pour prouver au monde qu’il maintient une présence sur la scène internationale et qu’il n’est pas le paria que l’Occident pointe du doigt mais en même temps il n’a montré aucun signe de renoncement aux objectifs de la Russie dans la guerre en Ukraine et n’est pas pressé d’y mettre fin. (Photo : Le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Narendra Modi plantent des arbres lors du 18e sommet des BRICS au Bharat Mandapam, à New Delhi, le 12 septembre 2026. )

Imed Bahri

Grégoire Ross, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs à Londres (Chatham House), explique que l’Europe semble encline à interpréter cette activité diplomatique accrue comme un signe de désespoir de Moscou sauf que c’est une erreur d’appréciation. En réalité, la stratégie du Kremlin mêlant impassibilité diplomatique et escalade calibrée pourrait être plus solide qu’il n’y paraît. 

Ross revient sur les entretiens menés le 5 septembre à Moscou entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le président Poutine afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a qualifié les pourparlers de «très utiles» sans pour autant manifester la moindre volonté d’assouplir ses exigences. Quelques jours plus tard, il a rejeté l’offre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre.

Parallèlement, les attaques russes contre l’Ukraine se sont intensifiées. Le 13 septembre, un drone russe a frappé une infrastructure ferroviaire près de Yahodyn, peu après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ancien directeur de la CIA David Petraeus et d’autres personnalités. Cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste vague de drones lancée par la Russie depuis des mois.

De nombreux responsables européens affirment que le comportement de la Russie témoigne de l’impasse dans laquelle elle se trouve en Ukraine. Selon eux, elle subit des pertes considérables et ses avancées territoriales demeurent lentes et coûteuses. En même temps, les forces ukrainiennes ont regagné du terrain. Pourtant, conclure que l’escalade russe trahit le désespoir relève davantage du vœu pieux que de la réalité. Poutine se comporte comme quelqu’un qui croit encore pouvoir compter sur le temps et conserver une marge de manœuvre. Sa diplomatie récente offre un cadre d’interprétation pertinent.

Poutine peut encore se permettre d’ignorer les conseils amicaux

Ross cite l’initiative très médiatisée du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev en juillet concernant la guerre en Ukraine. Assis aux côtés de Poutine à Omsk, Tokaïev a déclaré que le conflit devait être gelé et les négociations reprises mais le Kremlin a rapidement rejeté l’idée d’un cessez-le-feu.

Le Premier ministre indien Narendra Modi est allé encore plus loin à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, le 31 août, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, lorsqu’il a déclaré publiquement à Poutine que le monde devait «passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre». En même temps, Modi s’est adressé à Poutine en l’appelant «mon ami» et a salué la solidité des relations bilatérales.

Moins de deux semaines plus tard, lors du sommet des Brics à New Delhi, Modi et Poutine ont discuté d’un objectif d’échanges commerciaux bilatéraux de 100 milliards de dollars.

Il ne fait guère de doute que des gouvernements comme ceux de l’Inde et du Kazakhstan souhaitent sincèrement mettre fin à la guerre mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à conditionner leurs relations avec la Russie à la fin du conflit.

C’est cette nuance qui explique en grande partie l’assurance de Poutine. Malgré ses critiques, l’Inde continue de considérer la Russie comme un partenaire stratégique clé. De même, si le Kazakhstan a pris soin de diversifier ses relations extérieures, il a préservé des liens étroits avec Moscou. Parallèlement, la déclaration des Brics à New Delhi a critiqué les sanctions unilatérales et les restrictions commerciales, tout en évitant de s’opposer directement à la Russie au sujet de l’Ukraine.

Ces partenariats durables pourraient apporter à Moscou des éléments dont elle a un besoin presque aussi vital que du soutien à l’effort de guerre en Ukraine à savoir une intégration économique en Asie, une légitimité diplomatique et un rôle respecté au sein de groupements internationaux influents.

Pour Xi Jinping, Poutine demeure un acteur clé utile.

L’importance de la Russie pour la Chine

Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a déclaré à Poutine que les fondements des relations bilatérales entre les deux pays se renforceraient.

Les Européens qualifient souvent la Russie d’«État vassal» de la Chine, une perception qui reflète une réelle disparité économique : l’économie chinoise est environ huit fois plus importante que l’économie russe. De plus, la Russie réalise au moins 34% de son commerce international avec la Chine alors qu’elle ne représente qu’environ 4% du commerce chinois.

Toutefois, cette vision occulte un aspect crucial du partenariat qui ne se mesure pas uniquement par les échanges commerciaux bilatéraux. Pékin a tout intérêt à maintenir Moscou suffisamment forte pour qu’elle demeure une puissance indépendante. La Russie possède un arsenal nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, d’immenses ressources énergétiques et de matières premières et une position stratégique à cheval sur l’Asie centrale et l’Arctique. Plus important encore, Moscou est prête à contester ce qui reste de l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

L’implication de la Chine dans l’économie de guerre russe démontre que la relation entre les deux pays est plus stable que beaucoup en Europe ne le pensent.

À cet égard, Ross cite des documents révélés ce mois-ci par Politico indiquant qu’une entreprise publique chinoise a livré de la fibre de carbone —utilisée dans les drones d’attaque Geran— à Alabuga-Volokno, une filiale sous sanctions de Rosatom (le conglomérat nucléaire public russe). Une enquête antérieure du Robert Lansing Institute avait déjà attesté la présence de moteurs et de composants chinois dans des drones russes. L’année dernière, Reuters avait rapporté que des spécialistes chinois des drones collaboraient avec des fabricants russes

Cela ne prouve pas que chaque transaction ait été ordonnée par Pékin ni que le soutien chinois soit sans limites. Xi n’a aucun intérêt à se retrouver otage des décisions de Poutine et Pékin continuera de calibrer très soigneusement son exposition. Cela démontre toutefois à quel point il est trompeur d’assimiler la prudence rhétorique de la Chine concernant l’Ukraine à une prise de distance vis-à-vis de la Russie.

Pour Pékin, Moscou demeure un acteur clé et utile, dont les actions contribuent à l’émergence d’un ordre international alternatif au sein d’organisations telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et les Brics, où l’influence des États-Unis et de l’Europe est moindre.

Ross soutient que l’Inde ne partage peut-être pas la vision chinoise de l’ordre mondial mais qu’elle ne voit aucun intérêt à isoler la Russie. Il en va de même pour le Kazakhstan et tout autre membre des Brics. Cette ambiguïté convient parfaitement à Poutine.

L’Europe a besoin de plus de réalisme

Ces derniers mois, marqués par l’escalade russe contre l’Ukraine et l’Europe ainsi que par le renforcement des liens diplomatiques de la Russie avec l’Asie, devraient servir de leçon aux dirigeants européens : leur tentative de faire pression sur les gouvernements pour les amener à choisir entre la Russie et l’Occident a clairement atteint ses limites voire a échoué.

Les relations de l’Union européenne (UE) avec l’Inde pourraient offrir un modèle plus pertinent. L’UE a en effet renforcé ses liens commerciaux avec l’Inde tout en adoptant un ton plus modéré concernant les relations entre New Delhi et Moscou.

Ross juge cela logique car il existe un potentiel considérable pour approfondir les relations avec l’Inde et l’Asie centrale. L’Europe peut proposer des investissements, des technologies, un accès au marché unique ainsi que des partenariats dans le domaine des minerais rares. Elle peut également offrir des voies de transport réduisant la dépendance à l’égard de la Russie comme le corridor transcaspien. En adoptant une telle approche, l’Europe peut s’adapter à une nouvelle réalité et œuvrer patiemment à creuser l’écart entre la Russie et ses partenaires.

Concernant la Chine, l’UE a déjà imposé des sanctions à un nombre croissant d’entreprises chinoises impliquées dans le contournement des sanctions et leurs activités dans l’industrie de la défense russe. La réussite de cette stratégie européenne à long terme pourrait dépendre de la volonté de l’UE d’étendre ces sanctions et de cibler des chaînes d’approvisionnement stratégiques lorsque les preuves confirmeront l’implication directe de grands fournisseurs chinois ou d’entreprises publiques chinoises.

L’escalade russe en Ukraine montre que Poutine parie toujours sur sa capacité à tenir plus longtemps que les soutiens de l’Ukraine. Il reste convaincu que la Russie est suffisamment connectée au reste du monde pour encaisser la pression occidentale. Il estime également que sa position est renforcée par ce qu’il perçoit comme un affaiblissement des États-Unis dû à la guerre avec l’Iran. La diplomatie des sommets menée par Poutine ces derniers mois suggère que, du moins pour l’instant, il a quelques raisons d’être confiant.

Toutefois, l’Europe n’est pas tenue d’accepter ce pari. Elle doit avant tout comprendre les dynamiques sous-jacentes à long terme et y répondre de manière appropriée. Si Poutine joue la carte du temps long, peut-être est-il temps pour l’Europe d’en faire autant.

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Record pour le diesel aux États-Unis : plus de 6,50 $ le gallon

21. September 2026 um 11:30

Aux États-Unis, le prix du diesel à la pompe a dépassé, pour la première fois, la barre des 6,50 dollars le gallon, prolongeant ainsi une hausse amorcée par la guerre et dont les effets se font sentir dans la première économie mondiale.

D’après les données de l’American Automobile Association (AAA), le prix moyen national de l’essence était de 6,505 dollars le gallon. Le rythme des hausses s’est accéléré en septembre, avec une augmentation de plus de 87 cents depuis le début du mois. Cette progression est quasi quotidienne.

Bloomberg rapporte au passage que les approvisionnements mondiaux en diesel ont été limités en raison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Tandis que les expéditions via le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde, se poursuivent à un rythme réduit.

Dans le même temps, les exportations de pétrole brut de la région n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant-guerre. Ce qui limite la production de carburant des raffineries situées dans d’autres parties du monde.

À cela s’ajoute la Russie, qui a interdit la plupart de ses exportations de diesel et envisage de prolonger ces restrictions jusqu’en octobre. Parallèlement, les attaques de drones ukrainiens contre les raffineries russes se poursuivent.

A cet égard, ce week-end, la raffinerie de Moscou a été la cible d’une attaque nocturne, la plus importante à avoir frappé le pays cette année.

Le diesel concerne l’ensemble de l’économie

La plupart des automobilistes américains n’utilisent peut-être pas de diesel dans leurs voitures, mais ce carburant joue un rôle essentiel dans l’activité économique. Il est utilisé par les camions, les machines agricoles, les groupes électrogènes, les navires et les trains, et constitue également un combustible essentiel pour les systèmes de chauffage domestique. Par conséquent, les hausses de son prix affectent de nombreux secteurs de l’économie, des transports à de l’agriculture, en passant par l’industrie et jusqu’ aux ménages.

À l’approche des élections de mi-mandat, la flambée des prix du diesel pourrait affecter le soutien politique au Parti républicain du président Donald Trump. Et ce, notamment dans les États ruraux comme l’Iowa; mais aussi dans les États où le fioul domestique est largement utilisé comme le Maine.

Nouvelles inquiétudes concernant l’inflation

Par ailleurs, la persistance de signes élevés d’inflation aux États-Unis a conduit la Réserve fédérale (Fed) à relever ses taux d’intérêt de 25 points de base, jeudi 17 septembre. Soit la première hausse depuis 2023.

De son côté , au cours du week-end, le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neil Cascari, a déclaré que l’inflation restait trop élevée et que les pressions inflationnistes s’étendaient désormais au-delà du choc initial provoqué par les prix du pétrole.

Pour sa part, dans une note récente, Goldman Sachs a averti que les prix du diesel pourraient continuer d’augmenter en raison de la persistance des contraintes d’approvisionnement mondiales. Mais les analystes de la banque ont indiqué que l’essence pourrait désormais offrir encore plus de possibilités d’investissement.

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