❌

Normale Ansicht

Code du travail : comment l’adapter aux évolutions du monde du travail ?

03. Oktober 2026 um 12:46

La réforme du Code du travail s’impose pour être à l’ère du temps. Pour faire face à la précarité de l’emploi, à la multiplication des contrats temporaires et à la généralisation de la sous-traitance, autant de pratiques qui fragilisent la sécurité et les droits des travailleurs.

Au cœur de ce Code du travail, l’objectif est clair : renforcer la stabilité de l’emploi en érigeant le contrat à durée indéterminée (CDI) en norme, tout en limitant strictement le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) à des cas exceptionnels, notamment le travail saisonnier ou temporaire. À l’heure où le monde du travail se transforme, l’UGTT se pose une question cruciale : comment adapter le Code du travail à l’ère du temps? 

Entre l’UGTT et l’UTICA, chacun voit les choses à sa manière. Nous avons contacté le sociologue Hédi Dahman. Selon lui, la dernière révision significative, qui a porté sur le chapitre de la sous-traitance et sur celui des contrats de travail, date maintenant de près de vingt ans. Elle a introduit de nouvelles dispositions dans le texte, mais le Code, dans son ensemble, est devenu désarticulé : on y a ajouté des pièces à différentes époques, si bien qu’il n’est plus cohérent. Les 269 articles du Code ne forment plus un ensemble harmonieux.

D’où la question: pourquoi une révision s’impose? A cette interrogation, il a répondu que le Code en question  ne couvre pas les nouvelles formes de travail. Dans l’étude que l’UGTT a publié en décembre sur le travail freelance, l’économie de plateforme et le travail sur plateforme, « nous avons constaté qu’aucun texte, ni droit du travail, ni législation sociale, ne les encadre. Le Code du travail n’a aucune disposition spécifique permettant d’y intégrer ces travailleurs, qui représentent un grand nombre de l’économie parallèle », poursuit-il. 

Hédi Dahman a expliqué qu’il y a deux raisons principales à cette révision. La première est l’importance de se conformer aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales. La deuxième raison souligne la nécessité de répondre aux besoins du travail moderne.

Il est à noter que, depuis une dizaine d’années, et surtout depuis la pandémie de Covid, certaines formes de travail ont disparu tandis que de nouvelles ont émergé, et d’autres continueront d’apparaître. Le Code doit donc être adapté à cette nouvelle morphologie du travail.

L’enjeu de l’harmonisation est crucial : la révision du Code constitue une étape incontournable, car c’est à partir de lui que l’on peut réviser les conventions collectives sectorielles. En l’absence de dispositions dans le Code, il est impossible d’opérer des changements ailleurs. Cela ne représente pas seulement un blocage du travail, mais également un frein au dialogue social. Bien que de nouvelles formes de travail soient apparues, elles se trouvent dépourvues de cadre contractuel, de sécurité sociale et de protection.

A titre d’exemple, Hédi Dahman revient sur les conseils de prud’hommes (« conseils de prud’hommes » Ils traitent les litiges individuels du travail. Normalement, leur composition est tripartite : un magistrat, un représentant du patronat et un représentant des salariés (ou un avocat).

Aujourd’hui, ces conseils sont paralysés : les représentants des salariés ne siègent plus, notamment à cause de l’indemnité dérisoire qu’ils perçoivent (environ 5,400 dinars), et parce que la répartition régionale (par exemple pour quelqu’un de Tataouine) et sectorielle (par fédérations) rend la désignation difficile. Il manque aussi de la formation : on ne peut pas envoyer un représentant qui ignore la législation et le cadre juridique défendre un salarié face à l’employeur, qui, lui, vient avec son avocat.

Lire aussi: IACE – Code du travail : 43,9 % des Tunisiens hors-jeu

En outre, il est important de revenir sur la décision du gouvernement d’agir de manière unilatérale concernant des sujets tels que le contrat de travail et la sous-traitance, sans passer par la négociation sociale. À cet égard, l’UGTT a rédigé une lecture critique qui a été transmise au bureau exécutif, puis au gouvernement, mais elle n’a pas été consultée avant la publication du texte.

Parmi les réserves exprimées par Hédi Dahman, on trouve le texte juridique qui a supprimé la possibilité de contrats à durée déterminée (CDD), transformant certains CDD en contrats à durée indéterminée (CDI). Cela pose un problème particulier dans le secteur du tourisme, notamment à Djerba, Médenine et Hammamet, où un employeur peut licencier un salarié après seulement deux mois pour  » licenciement abusif « et l’indemniser, avant de recruter une nouvelle personne. Il subsiste donc une faille dans la loi. Selon les statistiques, environ 15 000 travailleurs seraient concernés.

Effets sociaux du Code du travail 

Le sociologue reconnaît certains aspects positifs (conditions de travail dignes, stabilité professionnelle pour ceux en emploi durable), mais il rappelle que cette lecture est celle du juriste ; lui, en tant que sociologue, s’intéresse aux impacts sociaux et professionnels. Il ajoute que, comme pour tout texte, les parties exploitent les failles juridiques à leur avantage avec leurs avocats, ce qui est normal, mais produit un impact négatif après l’application. Il craint aussi que cela freine l’employabilité.

Alors que pour l’Utica, la direction a fait savoir que son organisation intervient surtout sur la promotion de la négociation collective, le Code n’étant que le cadre général de la loi : l’essentiel de son action porte sur les conventions collectives plutôt que sur le Code lui-même.  Autrement dit, si l’État préparait un projet de loi destiné à être soumis à l’Assemblée des représentants du peuple pour réviser le Code, l’organisation pourrait alors proposer des idées d’amendement.

En somme, l’enjeu est d’offrir un cadre de travail plus équitable, conforme aux normes internationales, et un emploi stable et décent : un levier essentiel pour la cohésion sociale et le développement économique du pays.

L’article Code du travail : comment l’adapter aux évolutions du monde du travail ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Net coup de frein sur l’emploi américain

03. Oktober 2026 um 09:12

Le marché de l’emploi aux États-Unis a été particulièrement faible en septembre, le taux de chômage affichant une hausse marginale mais inattendue.

En particulier, l’économie américaine n’a créé que 29 000 nouveaux emplois en septembre, contre 133 000 en août et une estimation moyenne de 84 000 selon les analystes de Dow Jones. Dans ce contexte, le taux de chômage aux États-Unis a légèrement augmenté en septembre, passant de 4,1 % à 4,2 %, alors que les analystes prévoyaient en moyenne qu’il resterait à 4,1 %. Quant au salaire horaire moyen, il n’a progressé que de 0,1 % en septembre, portant la hausse annuelle à 3 %, alors que Wall Street tablait sur des augmentations respectives de 0,3 % et 3,1 %.

Bien que le tableau dressé par les données concernant le marché du travail américain soit inquiétant, les investisseurs semblent l’accueillir avec enthousiasme, procédant par conséquent à des achats massifs de contrats à terme sur les indices de Wall Street et de titres du gouvernement américain. En effet, les données suggèrent non seulement que la Fed n’a aucune raison de se précipiter pour resserrer davantage les taux d’emprunt afin de contenir l’inflation, mais aussi que cela alourdirait probablement encore un marché du travail qui semble suffoquer.

En d’autres termes, la possibilité d’une nouvelle et deuxième hausse consécutive des taux d’intérêt de la Fed lors de la réunion d’octobre (28/10) est désormais encore plus éloignée, comme le confirment les contrats à terme concernés, qui montrent que la probabilité qu’ils restent inchangés dépasse désormais 70 % après le rapport…

De même, la position dominante des acheteurs sur le marché obligataire s’accentue, entraînant une forte baisse des rendements des obligations américaines par rapport aux sommets atteints jeudi, les plus hauts en 24 ans. Le taux à 10 ans s’établit à 5,183 %, en baisse d’environ 6 points de base, et celui à 2 ans à 4,712 %, en baisse de 7,5 points de base.

L’article Net coup de frein sur l’emploi américain est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Recrutement des docteurs : le Parlement promet des auditions

02. Oktober 2026 um 16:12

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Brahim Bouderbala, s’est engagé à transmettre le dossier des docteurs sans emploi à la commission parlementaire compétente, afin qu’il fasse l’objet des auditions nécessaires.

Lors d’une rencontre tenue vendredi 2 octobre au palais du Bardo avec Imen Baccouch, membre du conseil local d’Ezzahra, et Hatem Ben Jemaa, chargé du dossier des docteurs au chômage, Brahim Bouderbala a assuré que le pouvoir législatif était disposé à déployer les efforts nécessaires pour favoriser l’emploi de ces compétences, dans le cadre de ses prérogatives.

Le représentant des docteurs au chômage a toutefois souligné que ce dossier n’avait pas encore trouvé de solution définitive. Il a notamment pointé les limites du recours aux concours de recrutement, qui ne répondraient pas pleinement aux besoins de cette catégorie, compte tenu du nombre limité de postes ouverts dans certaines spécialités. Les deux interlocuteurs ont ainsi appelé le Parlement à œuvrer à la mise en place d’une approche globale en matière d’emploi, permettant de mieux intégrer ces compétences et de leur offrir de véritables perspectives professionnelles. L’objectif est notamment de valoriser leur expertise dans les domaines de l’enseignement et de la recherche scientifique.

Bouderbala insiste sur la valorisation des compétences

Brahim Bouderbala a indiqué comprendre les préoccupations exprimées et souligné la nécessité de préserver les compétences et les élites tunisiennes et de leur accorder l’attention requise.

Il a également mis en avant la valeur du diplôme de doctorat, considéré comme le plus haut grade universitaire dans l’enseignement supérieur, appelant ainsi à mieux valoriser les compétences qu’il représente.

L’article Recrutement des docteurs : le Parlement promet des auditions est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Produits féminins : une plateforme nationale pour booster les ventes en ligne

01. Oktober 2026 um 09:29

Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées annonce l’ouverture des inscriptions à la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins. Les candidates souhaitant y référencer leurs produits pourront s’inscrire en ligne du jeudi 1er au lundi 5 octobre 2026.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère précise que les inscriptions s’effectuent exclusivement en ligne via la plateforme dédiée. Les porteuses de projets relatifs aux produits féminins devront, dans un premier temps, créer un compte personnel, puis renseigner avec précision les informations demandées et vérifier leur exactitude. Elles devront également enregistrer leurs produits conformément aux données requises dans la fiche descriptive de chaque produit.

À l’issue de cette phase d’inscription, les dossiers soumis feront l’objet d’un examen par les services concernés. Les candidates seront ensuite informées de la décision via la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins, au cours de la dernière semaine d’octobre 2026.

L’article Produits féminins : une plateforme nationale pour booster les ventes en ligne est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La Tunisie toujours dans le cœur des touristes français

28. September 2026 um 09:41

À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, l’ambassade de France en Tunisie remet en lumière le poids des relations entre les deux pays dans le secteur touristique. Une relation qui se mesure aussi bien au nombre de visiteurs qu’aux investissements, aux emplois et aux actions de formation.

En 2025, 1,143 million de touristes français ont choisi la Tunisie, selon les données du ministère tunisien de l’Intérieur relayées par l’ambassade. Le nombre de visiteurs a progressé de 5,7% sur un an, faisant de la France la première clientèle européenne du pays.

Derrière ces flux touristiques se trouve également une présence économique. Les entreprises françaises actives dans le secteur ont cumulé 628 millions de dinars d’investissements et contribué à la création de plus de 4 500 emplois directs. Selon les données de la FIPA citées par l’ambassade, ces emplois représentent environ 22% de ceux générés par les investissements directs étrangers en Tunisie dans le secteur.

Mais la relation franco-tunisienne ne s’arrête pas aux investissements et aux arrivées de touristes. Elle passe aussi par la formation. L’Agence française de développement (AFD) et l’Institut français de Tunisie accompagnent ainsi l’Agence de formation dans les métiers du tourisme.

Parmi les initiatives mises en avant figure Moustadam, soutenu à hauteur de 100 000 euros par le Fonds Mostadem au profit de huit centres de formation de l’AFMT. L’objectif est notamment de renforcer l’attractivité des métiers du tourisme et la maîtrise du français professionnel chez les jeunes en formation.

La coopération s’étend également à la gastronomie. Le programme GustOdyssée entend promouvoir une approche plus durable de la gastronomie en Méditerranée.

Le tourisme n’est toutefois qu’un volet de cette relation économique. En 2025, les échanges de biens entre la France et la Tunisie ont atteint 8,9 milliards d’euros, selon les données présentées par l’ambassade de France en Tunisie. Ces échanges se sont soldés par un excédent de 1,8 milliard d’euros en faveur de la Tunisie.

L’article La Tunisie toujours dans le cœur des touristes français est apparu en premier sur Managers.

L’IA affecte l’emploi des juniors et booste celui des seniors

26. September 2026 um 08:54

L’influence de l’IA sur le marché du travail constitue, pour plusieurs personnes, une inquiétude majeure. Face à une automatisation qui paraît épargner peu de professions, la baisse significative des coûts de remplacement des employés et des cadres accélère cette transition.

Une étude américaine vient de révéler des résultats intéressants. Elle a été réalisée par des chercheurs de l’Université Stanford et du King’s College de Londres, qui ont analysé un échantillon de 1,25 milliard d’offres d’emploi de 41 pays et 154 millions de dossiers d’emploi entre janvier 2021 et mars 2026.

Il en ressort que les entreprises qui utilisent l’IA créent plus d’emplois que celles qui ne l’utilisent pas. Toutefois, ces gains favorisent nettement les employés seniors au détriment des jeunes travailleurs. Le nombre d’employés occupant des postes seniors a augmenté de 6,7% sur cette période dans les entreprises adoptant ces nouvelles technologies, tandis que celui des juniors a reculé de 3% sur la même période. Bien que les recrutements globaux aient augmenté, la part des jeunes travailleurs dans ces entreprises a diminué. L’IA économise la main-d’œuvre pour les juniors et l’étend pour les seniors. C’est encore plus prononcé dans les économies à forte digitalisation.

Les avertissements de dirigeants et d’employés du secteur de l’IA ces dernières semaines sur les risques que les modèles de cette technologie posent aux humains sont donc réels. Mais est-ce que le ralentissement du rythme des innovations est capable de redonner de la profondeur au marché de l’emploi? Les technologies déjà disponibles, si elles sont bien intégrées dans les entreprises, suffisent à faire des dégâts.

L’article L’IA affecte l’emploi des juniors et booste celui des seniors est apparu en premier sur Managers.

❌