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100 millions d’euros de l’Allemagne pour l’économie tunisienne

01. September 2026 um 14:41

À l’occasion du 70ᵉ anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la Tunisie et l’Allemagne ont décidé de consolider leur partenariat stratégique. Ainsi, en visite officielle à Tunis le 31 août 2026, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a signé des accords et des contrats de financement d’un montant total dépassant les 100 millions d’euros. Et une enveloppe supplémentaire de 40 millions d’euros serait également à l’étude.

Selon des sources officielles, ces fonds sont destinés à soutenir les priorités du plan de développement tunisien 2026-2030. Ils cibleront principalement la transition énergétique et environnementale, la gestion des ressources en eau, la transformation numérique, ainsi que le renforcement des PME et l’emploi.

Deuxième investisseur étranger et premier marché d’exportation de la Tunisie, l’Allemagne s’appuie déjà sur un tissu industriel solide de plus de 320 entreprises implantées dans le pays, essentiellement dans l’automobile, l’électronique et le textile.

Cette nouvelle étape confirme la volonté de Tunis et Berlin de dépasser la coopération traditionnelle pour s’orienter vers des investissements innovants à forte valeur ajoutée, à même de moderniser l’économie tunisienne et d’accroître sa compétitivité dans le bassin méditerranéen.

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Algérie-Allemagne : des « étapes concrètes » pour accélérer le partenariat

01. September 2026 um 11:23

L’Algérie et l’Allemagne ont convenu, le 31 août 2026, d’adopter des « étapes concrètes » pour donner un nouvel élan à leur coopération bilatérale.

À Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue allemand, Johann Wadephul, ont identifié l’énergie, les renouvelables, l’industrie, les transports et les produits pharmaceutiques comme secteurs prioritaires. Les deux pays veulent transformer la dynamique politique récente de leurs relations en projets économiques concrets. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de profiter davantage des possibilités d’investissement et de partenariat disponibles dans plusieurs secteurs économiques prioritaires.

La coopération énergétique figure également parmi les principaux axes identifiés par les deux pays. Elle couvre à la fois les secteurs énergétiques traditionnels, les énergies renouvelables et la transition énergétique. Cette orientation s’inscrit dans le rapprochement engagé depuis plusieurs mois entre Alger et Berlin. Elle avait notamment été confortée lors de la visite officielle du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Allemagne les 16 et 17 juillet 2026. À cette occasion, les deux pays avaient adopté une déclaration commune sur un nouvel agenda stratégique de partenariat.

 

Lire aussi : TRIBUNE – Tunisie-Allemagne : de la coopération à la coproduction, le nouveau pacte de souveraineté

 

Industrie, transports et pharmacie

Les discussions ont également porté sur l’industrie, les transports et les produits pharmaceutiques, considérés comme d’autres domaines offrant des possibilités de coopération et d’investissement. Alger et Berlin souhaitent notamment renforcer les mécanismes institutionnels de coopération et consolider le cadre juridique permettant de faciliter les échanges économiques.

Les deux parties ont également insisté sur la nécessité de rapprocher davantage les milieux d’affaires afin de favoriser la mise en œuvre des accords et contrats de partenariat conclus lors du Forum économique algéro-allemand du 17 juillet dernier.

La rencontre d’Alger constitue ainsi une étape de suivi de l’agenda stratégique adopté lors de la visite de Tebboune à Berlin. Les deux gouvernements veulent désormais passer de la définition des priorités à leur mise en œuvre. L’objectif affiché est notamment d’activer les mécanismes de coopération existants et de renforcer le cadre juridique nécessaire à la concrétisation des projets annoncés. Cette démarche intervient alors que les relations algéro-allemandes connaissent, selon Alger, une « dynamique positive », renforcée par les contacts de haut niveau intervenus au cours de l’été.

Le contexte régional également au menu

Les entretiens ne se sont toutefois pas limités aux questions bilatérales. Ahmed Attaf et Johann Wadephul ont également échangé sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux. Les discussions ont notamment porté sur la situation au Moyen-Orient, les évolutions dans la région du Sahel et les perspectives du partenariat euro-méditerranéen. Ces dossiers donnent une dimension politique supplémentaire au rapprochement entre Alger et Berlin, au-delà des seuls échanges commerciaux et énergétiques.

L’enjeu pour les deux pays est désormais de traduire les engagements politiques en investissements, contrats et projets effectivement réalisés. Pour l’Algérie, le renforcement des relations avec l’Allemagne peut contribuer à diversifier les partenariats économiques et technologiques. Pour Berlin, l’approfondissement des relations avec Alger ouvre des perspectives dans l’énergie, l’industrie et la transition énergétique.

Après l’adoption d’un agenda stratégique en juillet, Alger et Berlin veulent désormais passer à l’étape suivante : concrétiser leurs engagements. L’énergie, les renouvelables, l’industrie, les transports et la pharmacie devraient constituer les principaux terrains de cette nouvelle phase du partenariat algéro-allemand.

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Ce que l’Europe craint d’un effondrement tunisien

01. September 2026 um 10:13

Que l’Allemagne ait un intérêt direct à la stabilité tunisienne, personne ne le conteste. Mais l’Allemagne n’est jamais seule quand elle parle de stabilité et de Sahel à un chef d’État nord-africain : elle parle aussi, de fait, au nom du continent européen qui a fait de la Tunisie son verrou migratoire et énergétique, et qui n’a pas oublié qu’un effondrement tunisien se traduirait par une pression migratoire sur ses propres côtes.

Moktar Lamari *

Il faut se méfier des communiqués diplomatiques qui se ressemblent trop pour être honnêtes — et se méfier plus encore de ceux qui ne se ressemblent pas du tout. Explication…

Le 31 août, Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, a atterri à Tunis, dans une visite imprévue et urgente, pour une tournée maghrébine présentée comme une simple courtoisie anniversaire : soixante-dix ans de relations diplomatiques tuniso-allemandes, une délégation d’industriels, des dossiers énergie et chaînes d’approvisionnement automobile.

Rien, en apparence, qui justifie qu’un ministre des Affaires étrangères d’un pays du G7 se déplace en personne, accompagné de son patronat, pour aller souffler des bougies protocolaires. Sauf que le décor a craqué presque aussitôt, et de la façon la plus flagrante qui soit : les deux capitales ont raconté deux rencontres différentes.

Avant même l’atterrissage, le ministère allemand des Affaires étrangères annonçait sur son propre site que les discussions avec Kaïs Saïed porteraient sur leurs «intérêts communs en faveur de la stabilité de la Tunisie». Une fois sur place, interrogé par la chaîne publique allemande ARD, Wadephul est allé plus loin encore, évoquant sans détour le terrorisme et la montée de «l’islamisme», et présentant la migration comme l’un des fils conducteurs de sa tournée nord-africaine.

En conférence de presse à Tunis, il a par ailleurs insisté sur la volonté allemande d’«exploiter les potentiels mutuels», en particulier dans «l’approvisionnement en énergie respectueuse du climat» — une manière polie de dire qu’on est venu sécuriser des tuyaux, pas signer des cartes postales.

Or aucun de ces trois sujets — Sahel, terrorisme islamiste, énergie climatique — ne figure dans le compte rendu publié depuis le Palais de Carthage.

Pas une ligne, pas une allusion. À la place, la présidence tunisienne met en scène un Kaïs Saïed qui disserte sur l’humanité entrant dans une «nouvelle étape de son histoire» nécessitant une pensée fondée sur la liberté et la justice, et qui profite de l’audience pour exiger la révision de plusieurs accords — au premier rang desquels l’accord d’association avec l’Union européenne, jugé trop déséquilibré.

Intérêt direct de l’Europe à la stabilité tunisienne

Deux ministères, une seule et même rencontre, et pourtant deux comptes rendus qui pourraient décrire deux réunions tenues à des années de distance. Ce genre de dissonance ne s’invente pas dans un simple exercice de communication maladroit ; il trahit deux agendas qui se sont croisés dans la même salle sans jamais vraiment se parler — l’un venu évaluer un risque, l’autre venu réciter un grief.

Que l’Allemagne — troisième marché à l’export pour la Tunisie, pilier de l’approvisionnement automobile européen, hôte de 7 500 étudiants tunisiens et de milliers de soignants tunisiens dans ses hôpitaux — ait un intérêt direct à la stabilité tunisienne, personne ne le conteste.

Mais l’Allemagne, dans l’architecture européenne, n’est jamais seule quand elle parle de stabilité et de Sahel à un chef d’État nord-africain : elle parle aussi, de fait, au nom d’un continent qui a fait de la Tunisie son verrou migratoire et énergétique, et qui n’a pas oublié qu’un effondrement tunisien se traduirait en semaines, pas en mois, par une pression migratoire sur ses propres côtes.

On ne dépêche pas le chef de sa diplomatie, escorté d’industriels et suivi d’un crochet immédiat à Alger pour discuter interconnexions électriques, si le seul enjeu a trait à un anniversaire à souligner.

On le fait quand on veut prendre le pouls d’un pays avant qu’il ne s’arrête de battre.

Et ce pouls, aujourd’hui, est franchement inquiétant. Pendant que Wadephul serrait des mains à Carthage, des quartiers entiers de Tunis, de Sfax, du Kef, de Djerba ou de Gabès continuaient de vivre au rythme de coupures d’eau et d’électricité répétées, parfois plusieurs fois par jour — le symptôme le plus visible d’un réseau Steg en déficit structurel de production que plus aucun décret présidentiel ne peut masquer.

Des menaces terroristes en Tunisie sont probables selon des sources proches de la chancellerie allemande.

À cela s’ajoutent des pénuries récurrentes de médicaments essentiels dans les pharmacies, remontées presque chaque semaine par la société civile et les syndicats de la santé, signe que même la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique, pourtant vitale, craque sous la pression budgétaire et le manque de devises.

Les trois ingrédients de l’embrasement social

Ce sont exactement les trois ingrédients — eau, courant, médicaments — dont l’histoire politique récente du monde arabe a montré qu’ils précèdent, presque toujours, l’embrasement social. Ce n’est pas un hasard si le crochet algérien de Wadephul porte précisément sur l’offre électrique : Berlin cherche, très concrètement, des solutions de dépannage énergétique pour un voisin tunisien exsangue, faute de pouvoir compter sur une réforme interne que le régime refuse d’engager.

Rien de tout cela ne serait alarmant si le contexte politique tunisien n’était pas déjà à ce point tendu.

Un pouvoir réélu à 90,7 % sur une participation de 28,8 %, une opposition emprisonnée par dizaines, un Premier ministre limogé presque chaque année, une dette publique qui frôle 85 % du PIB, un déficit qui se creuse de nouveau : la marge de manœuvre du régime pour absorber un choc social supplémentaire est proche de zéro.

Quand l’eau, l’électricité et les médicaments manquent en même temps, la colère ne cherche plus de porte-parole partisan ; elle descend dans la rue directement, comme on l’a vu ailleurs dans la région ces derniers mois.

Et c’est précisément ce scénario que l’Europe, par la voix de son émissaire allemand, semble être venue évaluer de très près — sans jamais le dire tout haut. La visite protocolaire de Wadephul n’est peut-être qu’une couverture élégante pour une question bien plus brutale que Berlin, et derrière elle Bruxelles, se pose désormais sans détour : combien de temps le système Saïed peut-il encore tenir avant que la rue ne tranche à sa place ? 

Economiste universitaire.

Blog de l’auteur: E4T.

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Kaïs Saïed appelle à un partenariat Tunisie–UE « plus équilibré et plus juste »

31. August 2026 um 21:00

Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, le 31 août à Carthage, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Il a salué la longévité et la profondeur des relations tuniso-allemandes, tout en appelant à réviser plusieurs accords, notamment le partenariat Tunisie–UE, pour le rendre plus équilibré et plus juste.

Le communiqué de la présidence de la République précise que Kaïs Saïed a notamment insisté sur la nécessité de réexaminer de nombreux accords, parmi lesquels, et non des moindres, l’accord de partenariat conclu entre la Tunisie et l’Union européenne, en œuvrant à ce que cet accord soit plus équilibré et plus juste.

 

Lire aussi : TRIBUNE – Tunisie-Allemagne : de la coopération à la coproduction, le nouveau pacte de souveraineté

 

Il a également réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer davantage la coopération entre les deux pays, en particulier dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de l’énergie et de l’innovation technologique.

Le chef de l’État a par ailleurs évoqué la question de la transformation des prêts en investissements, soulignant que la nation n’en a pas bénéficié ou qu’une grande partie des fonds a été détournée, tandis que le peuple tunisien en supporte un coût élevé.

Enfin, il a appelé à de nouvelles conceptions internationales fondées sur la liberté et la justice pour garantir la  stabilité et la sécurité.

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TRIBUNE – Tunisie-Allemagne: de la coopération à la coproduction, le nouveau pacte de souveraineté

31. August 2026 um 12:58


La visite à Tunis du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, intervient dans une séquence particulièrement significative pour les relations tuniso-allemandes. À l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, cette visite, comprenant une délégation économique, intervient avec un agenda qui dépasse largement le cadre diplomatique traditionnel : commerce, investissements, chaînes d’approvisionnement, énergie, innovation et coopération technologique.

Ces signaux méritent d’être lus au-delà du calendrier diplomatique. Ils posent une question stratégique à la Tunisie : comment transformer une relation de coopération déjà dense en une relation de coproduction créatrice de valeur, de compétences et de souveraineté ?

La relation industrielle tuniso-allemande constitue déjà un actif considérable. La Tunisie est devenue un maillon des chaînes de valeur européennes, notamment dans les industries mécaniques et électriques et dans les composants automobiles. Pour l’Allemagne, la sécurisation de ces chaînes d’approvisionnement devient d’autant plus importante que les entreprises européennes évoluent dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures logistiques et la nécessité de rapprocher certaines productions de leurs marchés.

Mais cette interdépendance peut être regardée de deux manières. La première consiste à considérer la Tunisie comme une plateforme compétitive permettant à l’industrie européenne de sécuriser certains approvisionnements. La seconde, plus ambitieuse, consiste à faire de la Tunisie un partenaire industriel capable de monter progressivement dans la chaîne de valeur.

 

Cette interdépendance peut être regardée de deux manières. La première consiste à considérer la Tunisie comme une plateforme compétitive permettant à l’industrie européenne de sécuriser certains approvisionnements.

 

C’est cette deuxième voie qu’il faut désormais privilégier. La souveraineté économique ne signifie pas produire seul ce que l’on peut produire avec les autres. Dans une économie mondiale interdépendante, une telle ambition serait à la fois coûteuse et illusoire. Elle consiste plutôt à disposer de suffisamment de compétences, d’ingénierie et de capacités industrielles pour que l’interdépendance fonctionne dans les deux sens.

Il ne s’agit donc pas de demander à l’Allemagne de renoncer à ses intérêts, ni à la Tunisie de rompre avec ses partenaires historiques. Il s’agit de franchir progressivement les différents étages de la chaîne de valeur : de la production à l’industrialisation, de l’industrialisation à l’ingénierie, puis de l’ingénierie à la recherche, au développement et à la conception. Cette montée en gamme ne se décrète pas. Elle se construit par des investissements, des formations, des partenariats industriels et des projets communs de recherche et développement.

L’Industrie 4.0 comme nouveau terrain de coopération

Cette évolution est d’autant plus nécessaire que l’industrie mondiale change de nature. L’automatisation, l’intelligence artificielle, la robotique, l’analyse des données et la maintenance prédictive redessinent progressivement les chaînes de production.

La question n’est donc plus seulement de savoir combien de composants peuvent être produits en Tunisie. Elle est de savoir quelle part de l’intelligence industrielle de ces composants peut être conçue, développée et maîtrisée en Tunisie.

C’est ici que le partenariat avec l’Allemagne peut changer d’échelle. Des programmes conjoints de formation, des laboratoires de R&D, des centres d’ingénierie industrielle, des plateformes de test et des projets communs dans l’IA appliquée à l’industrie permettraient de créer une valeur beaucoup plus durable qu’une simple extension de capacités de production.

La Tunisie dispose pour cela d’un atout majeur : son capital humain. La présence de milliers de jeunes Tunisiens en Allemagne constitue un pont naturel entre les deux économies. Ce capital humain ne doit pas être considéré uniquement sous l’angle de la mobilité. Il peut devenir une infrastructure invisible de la coproduction tuniso-allemande.

 

La présence de milliers de jeunes Tunisiens en Allemagne constitue un pont naturel entre les deux économies. Ce capital humain ne doit pas être considéré uniquement sous l’angle de la mobilité.

 

De la fuite des compétences à la circulation des compétences

La mobilité internationale des compétences n’est pas nécessairement une perte pour la Tunisie. Elle le devient lorsque le pays ne parvient pas à organiser les passerelles permettant aux compétences expatriées de continuer à contribuer à son économie. L’objectif ne devrait donc pas être de retenir artificiellement tous les talents, mais de créer les conditions d’une circulation productive des compétences : projets communs, laboratoires de recherche, missions d’expertise, investissements, enseignement, création d’entreprises et réseaux professionnels transnationaux.

Un ingénieur tunisien travaillant en Allemagne peut contribuer à un projet industriel en Tunisie. Un chercheur tunisien installé en Allemagne peut participer à un laboratoire commun à Tunis. Une entreprise allemande peut installer en Tunisie une unité de R&D plutôt qu’une simple unité de production. Une université tunisienne peut développer avec son partenaire allemand des formations directement alignées sur les besoins de l’Industrie 4.0. C’est cette logique qu’il faut encourager.

Le capital humain tunisien à l’étranger ne doit pas être uniquement une perte statistique. Il peut devenir un réseau économique, scientifique et technologique transnational.

L’énergie : ne pas reproduire le modèle de l’exportation brute

Le deuxième grand chantier est énergétique. La coopération autour des énergies renouvelables et des connexions énergétiques méditerranéennes ouvre des perspectives considérables pour les deux pays. Pour la Tunisie, cette perspective est stratégique. Mais elle doit être abordée avec une doctrine claire. Il serait réducteur d’opposer exportation d’énergie verte et souveraineté énergétique. La question n’est pas de choisir entre les deux, mais de déterminer comment les articuler.

Une partie de l’avantage énergétique tunisien doit pouvoir contribuer à réduire le coût et l’empreinte carbone de notre industrie, tandis que l’exportation peut apporter les devises et les investissements nécessaires au financement de cette transformation.

L’énergie verte doit donc devenir non seulement un produit d’exportation, mais également un avantage industriel territorial. Une usine tunisienne capable de produire avec une énergie compétitive et décarbonée devient elle-même un actif stratégique dans les chaînes de valeur européennes.

 

La souveraineté énergétique et l’intégration européenne ne sont donc pas nécessairement contradictoires. Elles peuvent se renforcer mutuellement, à condition que la Tunisie ne se contente pas de fournir l’énergie,…

 

La souveraineté énergétique et l’intégration européenne ne sont donc pas nécessairement contradictoires. Elles peuvent se renforcer mutuellement, à condition que la Tunisie ne se contente pas de fournir l’énergie, mais utilise cette énergie pour transformer son propre appareil productif.

De la coopération technologique à la souveraineté numérique

Cette même logique vaut pour le numérique. La future relation tuniso-allemande ne devrait pas seulement porter sur les infrastructures physiques ou les échanges industriels. Elle doit également intégrer la donnée, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les systèmes numériques industriels.

C’est probablement ici que se trouve l’un des espaces les plus prometteurs de coopération. La Tunisie peut devenir davantage qu’une plateforme industrielle proche de l’Europe. Elle peut devenir une plateforme d’ingénierie et de services technologiques euro-africaine.

L’enjeu est de passer progressivement du « made in Tunisia » au « engineered in Tunisia ». Cette évolution serait particulièrement cohérente avec l’ambition de faire de la Tunisie un trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée et entre l’Europe et l’Afrique.

Passer du partenariat au projet

La question décisive sera finalement celle de l’exécution. Une nouvelle ambition tuniso-allemande ne devrait pas se mesurer au nombre de déclarations d’intention ou de protocoles signés, mais au nombre de projets effectivement réalisés.

Quelques objectifs concrets pourraient servir de points de départ : des centres de R&D industriels, des programmes conjoints d’IA appliquée à l’industrie, des formations adaptées aux métiers de demain, des projets d’efficacité énergétique dans les sites industriels tunisiens et des mécanismes permettant aux compétences tunisiennes en Allemagne de participer directement à ces écosystèmes. Ce sont ces réalisations, et non la seule multiplication des accords, qui permettraient de mesurer le passage de la coopération à la coproduction.

Un nouveau contrat de partenariat

La visite de Johann Wadephul intervient donc à un moment où la relation tuniso-allemande peut franchir un nouveau seuil. L’objectif ne devrait plus être uniquement d’attirer davantage d’investissements. Il devrait être de rechercher des investissements qui créent davantage de capacités tunisiennes.

Pas seulement des emplois, mais des compétences. Pas seulement des usines, mais de l’ingénierie. Pas seulement des exportations, mais de la propriété intellectuelle. Pas seulement des infrastructures énergétiques, mais une industrie tunisienne plus compétitive. Pas seulement des mobilités de compétences, mais des réseaux permanents de recherche, d’innovation et de production. C’est à cette condition que la coopération internationale devient une politique de souveraineté.

Devenir plus indispensable

La Tunisie n’a aucun intérêt à opposer souveraineté et ouverture. Dans une économie mondiale interdépendante, la souveraineté absolue est une illusion. La véritable souveraineté consiste à devenir suffisamment compétent, suffisamment utile et suffisamment intégré pour que l’interdépendance fonctionne dans les deux sens. C’est précisément ce que le partenariat avec l’Allemagne peut permettre.

 

La Tunisie recherche davantage d’investissement, de technologie, de débouchés et de montée en gamme. Les intérêts ne sont donc pas opposés. Ils peuvent converger. Mais cette convergence doit désormais produire un nouveau modèle.

 

L’Allemagne recherche des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, des partenaires fiables et de nouvelles opportunités énergétiques et industrielles en Méditerranée. La Tunisie recherche davantage d’investissement, de technologie, de débouchés et de montée en gamme. Les intérêts ne sont donc pas opposés. Ils peuvent converger. Mais cette convergence doit désormais produire un nouveau modèle.

La prochaine étape des relations tuniso-allemandes ne devrait pas être simplement de faire davantage ensemble. Elle devrait être de savoir davantage faire ensemble. Car la souveraineté économique du XXIe siècle ne se mesure plus à la capacité de tout produire seul. Elle se mesure à la capacité de coproduire, de maîtriser la technologie, de retenir la valeur et de transformer l’interdépendance en puissance économique.

Passer de la coopération à la coproduction, ce n’est pas tourner le dos à l’Europe. C’est entrer dans la relation euro-africaine avec une ambition nouvelle : ne plus être seulement un partenaire fiable, mais devenir un partenaire à plus forte valeur stratégique.

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Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis

31. August 2026 um 11:50

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue, lundi 31 août 2026, une visite en Tunisie, au cours de laquelle il s’entretiendra avec le président de la République, Kaïs Saïed, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.

Le chef de la diplomatie allemande rencontrera également des représentants du secteur privé, y compris des startups tunisiennes.

Selon l’ambassade d’Allemagne à Tunis, sa visite est axée sur les relations entre les deux pays, qui célèbrent cette année le 70e anniversaire de leur établissement.

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