Majid Embarech : « Entre la France et l’Algérie, la rupture est impossible »
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Tout le monde sait, et les responsables du gouvernement libanais en premier, que les Américains qui se sont posés en « intermédiaires », sont partie prenante plutôt qu’un arbitre neutre. Que les responsables américains, quand il s’agit d’Israël, non seulement tournent le dos à toute autre considération, mais ignorent même l’intérêt de leur propre peuple. Pourtant, le président du Liban Michel Aoun et son Premier ministre se sont pliés aux pressions américaines de s’engager dans des négociations directes avec leur pire ennemi.
Pire encore, ils ont accepté de négocier avec leur ennemi « sous le feu », c’est-à-dire négocier alors que les bombes israéliennes continuent de tuer les Libanais par centaines et de détruire leurs villages par dizaines.
La seule « concession » que Trump a pu arracher à Netanyahu est que la banlieue sud de Beyrouth, la fameuse ‘Dhahya’, soit épargnée. Une concession obtenue après que l’Iran a menacé de bombarder le nord d’Israël au cas où celui-ci attaquerait la ‘Dhahya’.
Mais les démangeaisons de Netanyahu pour plus de guerre, plus de morts, plus de destruction se sont avérées plus fortes que les pressions américaines et les menaces iraniennes : il a bombardé la banlieue sud de Beyrouth. Et l’Iran a répondu aussitôt en lançant des missiles sur des cibles militaires en Israël, après avoir ordonné aux Israéliens vivant à proximité d’évacuer les lieux…Netanyahu qui n’attendait que ça, a répondu par des bombardements en Iran, escomptant que Trump le rejoigne dans la guerre. Jusqu’à présent, Trump n’a pas rejoint son allié, mais les Houthis sont entrés en scène en lançant une série de missiles sur Israël et en interdisant la mer Rouge aux navires israéliens…
Nul ne sait comment les choses vont évoluer dans les prochaines heures et les prochains jours. Nul ne sait si l’on est au bord de la guerre totale ou s’il s’agit d’une tentative désespérée de Netanyahu de provoquer une reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais une chose est certaine : l’économie mondiale que la prise en charge par l’Iran du détroit d’Ormuz a mise à genoux et une éventuelle fermeture de Bab el Mendeb par les Houthis engendreraient l’asphyxie économique de la planète. Ce qui se traduirait par l’aggravation des conditions de vie, déjà précaires, des milliards d’êtres humains, y compris la majorité des Américains qui ne cachent plus leur fureur contre leurs dirigeants et ceux d’Israël…
Dans son podcast, « Judging Freedom », diffusé le 1er juin, le juge Andrew Napolitano a demandé à l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke si les Israéliens et les milliardaires en Amérique se souciaient réellement de la fermeture du détroit d’Ormuz et des conséquences néfastes pour l’économie américaine, et par extension pour l’économie mondiale ?
Crooke a répondu : « Les milliardaires qui soutiennent si ardemment Israël, possèdent une fortune telle que beaucoup considéreraient une récession, voire une dépression, comme une opportunité d’acquérir des terres agricoles et d’autres biens. »
Tout est dit. Les 10 % d’Américains qui possèdent 90 % des richesses du pays sont majoritairement de grands défenseurs d’Israël. C’est parmi eux que se trouvent ceux qui ont conçu, planifié et soutenu toutes guerres de l’Amérique, du Vietnam à l’Iran, en passant par l’Afghanistan et l’Irak. Car la guerre, loin de les affecter, est une aubaine qui accroîtrait leurs richesses…
Le drame est que cette infime minorité a le pouvoir de manipuler à sa guise l’opinion publique américaine pour lui faire accepter toutes ses décisions politiques, y compris celles très dommageables pour les intérêts de la grande majorité, comme la guerre contre l’Irak hier et contre l’Iran aujourd’hui. Toutefois, ce pouvoir de manipulation se réduit de jour en jour à mesure que les millions d’Américains prennent de plus en plus conscience que les responsables des malheurs de leur pays sont les hordes enragées au pouvoir à Tel-Aviv encore capables de mener par le bout du nez la plus grande puissance du monde.
Charley Reese, chroniqueur vedette de C-SPAN (Cable-Satellite Public Affairs Network) et d’autres médias a écrit en 2005 : « Les principaux instigateurs de la guerre en Irak sont les mêmes que d’habitude : des Américains qui, depuis longtemps, prétendent défendre les intérêts des États-Unis alors qu’en réalité, ils servent les intérêts israéliens. »
La même vérité écrite il y a plus de 20 ans, s’applique à la réalité que le monde vit aujourd’hui. Il suffit de remplacer « Irak » par « Iran ».
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Forte d’individualités exceptionnelles, l’équipe de France est l’une des favorites de la Coupe du monde de football qui débute le 11 juin. Plutôt que de s’enorgueillir du nombre de stars qui composent son équipe nationale, certains préfèrent leur faire un procès en « francité ». En effet, comme à chaque Coupe du monde de football (depuis la fin des années 1990), le même débat suscité par la diversité des origines ethno-religieuses des membres de la sélection nationale (de Cherki à Mbappé, en passant par Olisé et Dembélé) a lieu. Pour beaucoup, les « Bleus » ne seraient pas assez « blancs ». Jean-Marie Le Pen (le père de Marine) considérait déjà qu’il y avait « trop de Noirs ». Un débat explosif à moins d’un an de l’élection présidentielle.
Ce débat sur l’identité de l’équipe nationale française a une forte connotation raciste, car il est porteur d’une idée nauséabonde : les Noirs de l’équipe de France ne seraient pas de véritables Français. Comme si la France était monocolore et avait une religion officielle, obligatoire. Derrière cette obsession identitaire, il y a une même peur, celle d’un « grand remplacement » des « bons Gaulois aux racines chrétiennes », par des enfants d’immigrés musulmans issus des banlieues…
La catégorisation communautaire de l’équipe de France fait ainsi écho à la représentation fragmentée de la société française. La communautarisation ethno-raciale et/ou ethno-culturelle de la représentation de l’équipe de France conforte le doute sur ce qui unit la société elle-même. Le prisme purement identitaire sape la cohésion nationale. Ce système de représentation entretient un climat de méfiance et de suspicion généralisé.
L’obsession pour l’identité qui a fait irruption ces dernières décennies n’est pas le fruit du hasard, mais d’une bataille ou stratégie politique : certains partis et forces politiques instrumentalisent la question identitaire (à travers les thèmes de l’immigration, de la nationalité ou de la sécurité) pour accéder et/ou rester au pouvoir. Le sport en général et le football en particulier n’échappent pas à cette instrumentalisation, car par définition, ce ne sont pas des mondes coupés du monde, des spectacles coupés de la réalité française, de sa violence, de son racisme.
Malgré les bouleversements (la France n’a plus d’Empire, son corps social est de moins en moins rural et catholique) et l’accélération de l’Histoire, la période coloniale perdure dans les imaginaires et représentations politiques et sociales de son temps. Faute de travail sur eux-mêmes, cet inconscient colonial continue de nourrir un regard et des préjugés sur les descendants d’anciens territoires (perdus) de la République, des individus et citoyens encore identifiés comme (enfants d’)immigrés – condamnés qu’ils sont à une perpétuelle réassignation identitaire ou d’intégration bien que nationaux depuis deux ou trois générations.
Loin de la complexité de cette notion d’identité, le débat public est dominé par une vision réductrice de l’identité de chacun (renvoyée à une identité présumée, à une « case » communautaire), à une vision monolithique et immuable d’une identité française animée par une représentation essentialiste et figée de l’identité « française » : blanche, chrétienne, par nature… Une telle représentation largement connotée par le racisme et la xénophobie (contre les minorités) nourrit le rejet de notre diversité et du multiculturalisme qui caractérise notre société : les pseudos « Français de souche » symboles d’une homogénéité ou pureté originelle sont opposés aux « Français d’origine étrangère », de culture musulmane, et donc étrangers aux racines « judéo-chrétiennes », aux valeurs de la République, qui se retrouvent pris dans la mécanique infernale d’une chaîne de soupçons : Arabes/musulmans, musulmans/islamistes, islamistes/terroristes…
La question identitaire se pose parfois en d’autres termes pour certaines équipes nationales. Il s’agit en particulier, comme dans le cas de la Tunisie, de la question de la double nationalité de certains joueurs, à qui certains n’hésitent pas non plus à faire un mauvais procès en patriotisme. Des polémiques qui le plus souvent annoncent un échec sportif … national.
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Après une période de relative stabilité en 2015-2016 (autour de 0,3 % par mois), l’indice des prix a connu une première accélération en 2018, avant d’être temporairement freiné par la crise sanitaire du Covid-19 en 2020 (0,4 %). C’est l’année 2022 qui s’impose comme le point culminant de cette crise. Sous l’effet du choc mondial sur les matières premières et l’énergie, la moyenne mensuelle a grimpé à 0,8 %, enregistrant un pic historique absolu en avril 2022 avec une hausse brutale de 1,4 % en un seul mois. Bien que les années 2024 et 2025 aient amorcé une trajectoire de désinflation, les données de l’année 2026 rappellent la persistance des tensions avec un rebond de la moyenne mensuelle à 0,5 %.
Au-delà des cycles macroéconomiques, l’inflation en Tunisie répond à un schéma saisonnier cyclique très net, rythmé par les habitudes de consommation et le calendrier social. Deux cycles qui impactent le budget des ménages peuvent être identifiés. Le premier concerne le mois d’avril, souvent corrélé avec la hausse de la demande sur les produits alimentaires (périodes de fêtes et/ou de Ramadan) et d’octobre qui coïncide avec la rentrée scolaire et universitaire.
Le second cycle est celui de février et d’août, qui correspondent aux soldes d’hiver et d’été et une offre élevée des produits agricoles frais.
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Au mois de mai 2026, l’inflation globale se stabilise à 5,5 % en glissement annuel, loin du sommet de 10,4 % atteint au début de l’année 2023. Toutefois, ce chiffre masque une profonde fracture structurelle selon le régime de tarification.
Les prix des produits administrés affichent une grande stabilité avec seulement 1,2 % de hausse sur un an. À l’opposé, les produits à prix libres s’envolent de 6,7 %. Ce phénomène est particulièrement exacerbé dans le secteur alimentaire, où l’alimentation encadrée ne progresse que de 0,2 %, tandis que l’alimentation libre subit une hausse vertigineuse de 9,3 % sur un an. Le bouclier tarifaire de l’État protège donc les produits de base, mais le mécanisme de marché libre expose les consommateurs à une forte volatilité.
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L’analyse sectorielle de mai 2026 met en évidence les secteurs qui pénalisent le plus le pouvoir d’achat des Tunisiens. Les articles d’habillement et chaussures affichent la plus forte hausse annuelle avec 9,1 %, suivis de près des produits alimentaires à 8,2 %.
Au sein du panier alimentaire, c’est une véritable crise des protéines animales qui se dessine. Le prix de la viande ovine explose de +21,8 % sur un an (dont 9,7 % sur le seul mois de mai), talonné par la volaille (15,6 %) et la viande bovine (+14,1 %). Les produits frais comme les légumes (12,2 %) et le poisson (11,9 %) maintiennent également une forte pression. Seuls quelques rares produits, à l’image des huiles alimentaires (-6,1 %) et des œufs (-4,6 %), apportent une contribution négative venant atténuer l’indice.
Pour les institutions financières, le point de vigilance majeur reste l’inflation sous-jacente, qui se maintient à un niveau élevé de +4,8 % en mai 2026. L’analyse des contributions montre que l’inflation n’est plus seulement une crise agricole ou énergétique passagère. Elle s’est solidement diffusée à l’ensemble de l’économie.
Les produits manufacturés mènent la marche en contribuant à hauteur de 1,7 % à l’inflation globale, suivis du secteur des services à 1,4 %. Dans cette dernière catégorie, ce sont les services d’hébergement et l’hôtellerie qui agissent comme un accélérateur majeur, affichant une progression de 15,9 % sur un an. L’inflation s’est ainsi transformée en un phénomène structurel endogène, solidement ancré dans le tissu industriel et commercial du pays.
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« La Tunisie est confrontée à une transformation démographique majeure qui redéfinit progressivement les enjeux sociaux et sanitaires du pays. Selon les résultats du dernier recensement relayés par Radio France Internationale (RFI), les personnes âgées de plus de 60 ans représentent désormais 17 % de la population tunisienne. En l’espace d’une décennie, leur nombre a triplé, faisant de la Tunisie le pays africain où le rythme du vieillissement démographique est le plus rapide », écrivions-nous mardi 2 juin 2026 dans ce même site.
Une information qui ne peut se passer de commentaires. Nous l’avions nous-mêmes fait. Ce vieillissement pose de nombreuses questions au pays qui se doit d’évoluer en fonction de cette réalité indéniable. Beaucoup évoquent, à ce sujet, les soucis de santé publique que cela pose. Mais aussi les besoins de financement des retraites. D’autant plus que l’emploi ne connaît pas la croissance espérée. Et que nombre de jeunes notamment parmi ceux ayant de hauts revenus prennent le large. Pour aller travailler à l’étranger. Sollicités qu’ils sont pour leur niveau de connaissances et de compétences.
Ne faut-il pas cependant voir les choses autrement ? Dans la mesure où les séniors – c’est ainsi que l’on appelle les personnes de plus de 60 ans – sont un trésor pour l’économie. Beaucoup sont en bonne santé et peuvent et aider le monde du travail et constituer un réservoir pour la consommation des biens et services.
Côté aide aux activités économiques, l’expérience professionnelle, mais aussi le réseau de connaissances, pour ne citer que ces deux aspects, peuvent être utiles au tissu économique. Mais comment en profiter ? Les avis divergent ici au sujet d’un emploi rémunéré pour les séniors. Il faudra pourtant trouver une formule qui ne nuise pas aux uns et aux autres. Surtout en matière d’emplois des jeunes. Et considérer que cela peut aggraver le chômage et l’état des caisses sociales.
Faut-il s’orienter vers le statut de “travailleur“ et donc une patente ? Ou carrément opter pour un certain cumul retraite-emploi rémunéré ? La formule est à trouver, du moins pour ceux qui accepteraient de prolonger leur vie professionnelle au détriment d’un repos et du rituel café-mosquée. Ou encore voyage, excursion et randonnée.
L’autre débat qui se doit d’être initié : comment profiter de ce public de séniors pour développer des activités qui leur sont propres ? On regrette, à ce propos, que nombre de nos entrepreneurs ne réfléchissent pas en termes de “séniors“. Contrairement à de nombreux autres pays, il n’existe pas en Tunisie, par exemple, de restaurants pour diabétiques. Pourtant, 1,4 million de personnes adultes (dont évidemment des séniors) sont atteintes de diabète. Et allez demander un substitut de sucre ou édulcorant dans un café, un salon de thé ou encore un restaurant ! Or les séniors peuplent ces lieux.
Ils ont souvent du temps libre et de l’argent à dépenser du fait qu’ils n’ont plus d’enfants à charge. Y a-t-il, comme on le voit sous d’autres cieux, des rayons pour séniors dans nos supermarchés ? Ou carrément des boutiques, des agences de voyages, des hôtels ou des espaces de loisirs dédiés ? Le marketing nous apprend l’importance des niches ; comprenez des petits segments très spécifiques d’un marché.
On voit du reste naître dans notre pays une certaine conscience de l’importance d’asseoir une économie des séniors. Rappelons, à ce titre, la tenue il y a une année, le 15 mai 2025, du premier forum Silver Économie en Tunisie. Une rencontre qui a montré que les séniors peuvent constituer des opportunités à divers niveaux. Et pas seulement comme beaucoup peuvent le penser. Au niveau du marché de la santé et de l’autonomie des personnes âgées. Mais aussi de l’habitat, des loisirs, du tourisme, des services à la personne, des médias,… le tout est d’investir dans cette niche.
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