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Assurances en Tunisie : le chiffre d’affaires du secteur dépasse 1,4 milliard de dinars

25. Mai 2026 um 16:04

Le secteur des assurances en Tunisie a enregistré une croissance soutenue au premier trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires global en hausse de 10,5 %. Il atteint 1,401 milliard de dinars; contre 1,2685 milliard un an auparavant. C’est ce que révèlent les données du Comité général des assurances (CGA).

Dans le même temps, les indemnisations versées aux assurés ont fortement progressé de 18,4 %, pour s’établir à 585,4 millions de dinars; contre 494,4 millions de dinars au premier trimestre 2025.

L’assurance-vie s’est distinguée comme principal moteur de cette croissance. Son chiffre d’affaires a augmenté de 16,2 %, passant de 282,5 à 328,2 millions de dinars. Cette branche représente désormais 23,4 % des primes nettes du secteur.

L’assurance non-vie demeure toutefois dominante avec 76,6 % du marché et un volume d’affaires de 1,073 milliard de dinars, en progression de 8,8 %. L’assurance automobile conserve la première place avec 553 millions de dinars de primes. Soit 39,5 % du marché total. Suit l’assurance maladie qui atteint 222 millions de dinars (+16,4 %) et porte sa part de marché à 15,8 %.

Les autres segments affichent également des évolutions positives. Ainsi, l’assurance incendie progresse de 5,8 % à 157,6 millions de dinars. Le transport augmente de 8,2 % à 29,7 millions de dinars. Tandis que l’assurance agricole enregistre une hausse de 14,7 %. Bien qu’elle reste marginale avec 2,7 millions de dinars de primes.

De son côté, la Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Re) voit son chiffre d’affaires se stabiliser à 77,3 millions de dinars, en légère hausse de 1,2 %.

Sur le volet des indemnisations, l’assurance-vie affiche la plus forte progression avec une hausse de 45,1 %, à 172,3 millions de dinars, représentant près de 29,4 % des indemnisations totales du secteur. Les indemnisations de l’assurance non-vie ont, quant à elles, augmenté de 10 % pour atteindre 413,1 millions de dinars, dont 226,8 millions liés à l’automobile et 139,8 millions à l’assurance maladie, en hausse de 17,6 %.

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L’Église sonne l’alarme : l’IA menace l’humanité

25. Mai 2026 um 15:30

Dans sa première encyclique, intitulée « Magnifica humanitas », le pape alerte sur l’impact d’une technologie considérée comme un défi anthropologique à l’humanité, s’inscrivant de plain-pied dans les débats en cours sur l’utilisation de l’IA.

Léon XIV a tenu à présenter le texte lui-même, soulignant l’importance du document qu’il a rendu public, lundi 25 mai, lors d’une conférence de presse. Pour la première fois, un pape est apparu, au Vatican, devant les journalistes pour présenter un document à la plus haute valeur magistérielle, l’encyclique Magnifica humanitas, ou « Magnifique humanité » en français, sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’intelligence artificielle (IA).

Publié lundi, ce premier grand écrit du pape américain avait été signé le 15 mai. La date, symbolique, en dit long sur la tradition dans laquelle Robert Prevost souhaite inscrire Magnifica humanitas et sur l’impact qu’il aimerait lui donner. En effet, le 15 mai 1891, soit cent trente-cinq ans plus tôt, le pape Léon XIII jetait les bases de la doctrine sociale de l’Eglise catholique dans une encyclique, Rerum novarum (« Des choses nouvelles »). A savoir, une réflexion pensée comme un guide pour les chrétiens face à la révolution industrielle en cours à l’époque.

Plus d’un siècle plus tard, Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à son prédécesseur, estime, à son tour, devoir offrir au monde une réflexion sur une révolution industrielle et cognitive d’ampleur, celle de l’IA.

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Tunisie : Ces chantiers dormants qui pourraient sauver l’économie

22. Mai 2026 um 18:00

Des gisements de phosphates inexploités, des parcs solaires financés mais en attente, des ports à moderniser, des quartiers entiers à bâtir : la Tunisie dispose d’un portefeuille considérable de grands projets planifiés depuis des décennies, dont la réalisation a été sans cesse repoussée. Dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) fait de leur déblocage urgent une condition sine qua non de la reprise économique. La crise peut devenir le déclencheur que le pays attendait.

La Tunisie dispose d’un sous-sol qui n’a jamais été pleinement mis en valeur. Les gisements de phosphates de Sra Ouertane et d’autres sites du sud-ouest du pays constituent des réserves considérables dont l’exploitation génèrerait des emplois, des devises et des recettes fiscales dans des régions parmi les plus défavorisées du pays. Dans le secteur des hydrocarbures, le golfe de Gabès et le champ pétrolier et gazier de Ghdamès, partagé avec les pays voisins, recèlent un potentiel productif qui reste largement sous-exploité faute de décisions d’investissement. Ce sont des projets pour lesquels des études ont été réalisées, des fonds ont été mobilisés, et des emprunts extérieurs ont été contractés et sont encore en cours de remboursement, sans que les chantiers n’aient été véritablement lancés.

Les énergies renouvelables : l’opportunité est déjà là

Le secteur des énergies renouvelables représente peut-être l’opportunité la plus immédiatement saisissable. Une nouvelle dynamique s’installe grâce à des investissements directs étrangers qui ont déjà sécurisé leur marché local par des contrats avec la STEG, la société nationale d’électricité. La perspective d’exporter de l’énergie solaire vers l’Italie via la liaison sous-marine ELMED donne à ces projets une dimension stratégique régionale qui les rend particulièrement attractifs pour les financeurs internationaux. L’IACE souligne que cette filière pourrait à terme permettre à la Tunisie de réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures tout en générant des recettes en devises, deux objectifs devenus prioritaires dans le contexte de la crise iranienne.

L’urbanisme et la logistique, moteurs d’emploi durables

Au-delà des ressources naturelles, l’IACE identifie plusieurs grands projets d’urbanisme dont la réalisation est depuis longtemps inscrite dans les agendas de planification mais demeure en attente de feux verts définitifs. Les projets Lac Sud à Tunis, Sebkhat Ben Ghayada à Mahdia et Taparura à Sfax, ainsi que les programmes de logements sociaux des jardins de Tunis et de Manouba, représentent un potentiel considérable en matière d’emplois dans la construction et de résorption de la crise du logement urbain. Dans le secteur de la logistique, les projets portuaires d’Enfida, l’extension du port de Radès et les ports secs pour conteneurs constituent des infrastructures structurantes pour l’ensemble de l’appareil exportateur tunisien.

La Commission des Grands Projets, outil dormant à réveiller d’urgence

Pour transformer ces projets en réalité, l’IACE appelle à l’activation immédiate de la Commission des Grands Projets, instituée par le décret 2024-497 mais restée sans activité réelle depuis sa création. Cette commission est conçue pour créer une dynamique d’investissement combinant initiative publique et partenariats public-privé, en surmontant les blocages administratifs et interministériels qui paralysent les grands chantiers depuis des années. De même, la commission de restructuration des entreprises publiques, dotée d’une ligne spécifique de 100 millions de dinars pour 2026, devra adopter un agenda précis pour assainir les entreprises publiques qui constituent souvent un frein plutôt qu’un levier pour les projets d’investissement. La crise, conclut l’IACE, peut être une opportunité à condition que les décideurs transforment l’urgence en impulsion réformatrice plutôt qu’en paralysie.

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Bourse en fête, économie en peine : le paradoxe tunisien qui inquiète

22. Mai 2026 um 17:00

La Bourse de Tunis a progressé de 34 % en 2025, puis de 19 % sur les seuls quatre premiers mois de 2026. Pendant ce temps, la croissance économique s’effondre et les entreprises peinent à accéder au crédit. Ce divorce entre la finance et l’économie réelle est l’un des signaux d’alarme les plus inquiétants que relève l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie : quand les investisseurs fuient vers la spéculation, c’est toute la machine productive qui se grippe.

Dans une économie en bonne santé, la progression des indices boursiers reflète la hausse des bénéfices des entreprises cotées, l’anticipation d’une croissance future et la confiance des investisseurs dans le tissu productif. Ce n’est pas ce qui se passe en Tunisie. L’IACE est explicite sur ce point : la flambée de l’indice boursier traduit une réorientation des investisseurs vers les opérations de spéculation, au détriment de l’investissement productif. La raison est mécanique : lorsque l’État absorbe la quasi-totalité des liquidités disponibles dans le système bancaire pour financer son déficit de 16 milliards de dinars, les capitaux privés cherchent des placements alternatifs. La bourse, l’immobilier et d’autres actifs spéculatifs deviennent alors les seuls refuges disponibles.

Le même phénomène est observable dans les données de refinancement bancaire publiées par la Banque centrale de Tunisie : le refinancement des banques a baissé de 18 % sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, tandis que l’acquisition de bons du Trésor par le système bancaire a augmenté de 26 % sur la même période. Autrement dit, les banques prêtent moins aux entreprises et achètent davantage de dette publique, un arbitrage financièrement rationnel à court terme mais économiquement destructeur à long terme.

La déconnexion qui fragilise le dinar

Cette déconnexion entre finance et économie réelle a une autre conséquence que l’IACE identifie clairement : l’excédent de liquidités qui ne trouve pas à s’investir dans la production ne disparaît pas. Il alimente une vague inflationniste supplémentaire, au-delà de celle directement provoquée par la hausse des prix internationaux. Une partie se dirige vers la consommation de biens importés, ce qui aggrave le déficit commercial et accélère l’érosion des réserves de change. Une autre partie alimente la spéculation immobilière, faisant grimper les prix des logements dans un pays où l’accès à la propriété est déjà hors de portée pour une grande partie de la population.

Ce que cela révèle sur la structure de l’économie

Au fond, ce paradoxe boursier est le symptôme d’un problème plus profond que la crise iranienne n’a pas créé mais qu’elle amplifie : l’absence de projets d’investissement productif suffisamment attractifs et sécurisés pour mobiliser l’épargne privée locale. Le code des changes restrictif, la lenteur des procédures administratives, l’incertitude juridique et la faiblesse du climat des affaires font que les investisseurs tunisiens préfèrent la rente spéculative à l’entrepreneuriat. C’est précisément ce cercle vicieux que l’IACE appelle à briser par des réformes structurelles dont la mise en œuvre ne peut plus attendre.

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Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

22. Mai 2026 um 14:00

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

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Choc pétrolier : comment la guerre en Iran fait dérailler le budget de l’État tunisien

22. Mai 2026 um 13:00

16  milliards de dinars de déficit attendu en 2026, soit 8,5 % du PIB; contre 11 milliards prévus dans la loi de finances initiale. C’est l’alerte chiffrée que lance l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note « Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie ». La guerre en Iran fait exploser les subventions carburant et entraîne les finances publiques tunisiennes dans une zone de danger inédite.

Le budget de l’État tunisien pour 2026 avait été construit sur un prix du baril de pétrole à 63,3 dollars. Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, ce prix a bondi à 100 dollars, un niveau comparable à celui atteint en pleine crise ukrainienne de 2022. Le rapport sur le budget de l’État 2026 établit que chaque dollar de hausse au-delà de la prévision initiale engendre un besoin de financement supplémentaire d’environ 164 millions de dinars au titre de la compensation des hydrocarbures. Sur la base d’un prix à 100 dollars, l’écart représente donc un surcoût brut de 6 milliards de dinars, dont un tiers seulement pourrait être absorbé par les opérateurs publics comme l’ETAP sur financement bancaire.

À ce choc pétrolier s’ajoute un effet sur les céréales importées, dont les prix subissent historiquement environ 35 % de la hausse du prix du pétrole en raison du coût des engrais azotés à base de gaz naturel.

En intégrant l’effet sur les subventions céréalières et les autres produits alimentaires subventionnés, le déficit budgétaire prévu passerait ainsi de 11 milliards de dinars à 16 milliards de dinars. Soit 8,5 % du PIB pour l’ensemble de l’année 2026.

Un financement qui étouffe l’économie privée

Cette impasse budgétaire de 16 milliards de dinars devra être financée principalement par la Banque centrale de Tunisie et le système bancaire. Les emprunts extérieurs nets étant limités à environ 4 milliards de dinars comme lors des années précédentes. Les emprunts intérieurs nets de l’État atteindraient ainsi 12 milliards de dinars. Ce qui nécessiterait une croissance de la masse monétaire au sens large de 8,3 %.

Or, ce niveau de création monétaire atteint précisément le plafond communément admis pour financer l’ensemble de l’économie, sur la base d’une croissance nominale du PIB 2026 de 8 %, soit 2 % de croissance réelle et 6 % d’inflation. Ce qui reste pour financer les entreprises et les ménages est donc quasiment nul.

L’IACE avertit que cet excédent de liquidités ne trouvant pas à s’investir dans l’économie productive pourrait alimenter deux phénomènes parallèles et néfastes : d’un côté, la spéculation financière et immobilière, de l’autre, une nouvelle vague inflationniste aggravée par un niveau de réserves de change insuffisant pour absorber la pression importatrice.

La question brûlante des subventions

Au cœur de la problématique budgétaire se trouve la question des subventions énergétiques. L’IACE juge qu’un ajustement progressif des prix locaux est nécessaire pour alléger les charges de l’État, tout en protégeant les ménages les plus vulnérables via des mécanismes de compensation adaptés. Cette démarche paraît techniquement réalisable pour l’électricité et le gaz naturel, grâce aux systèmes de tarification progressive qui permettent de faire payer davantage les gros consommateurs. En revanche, elle se révèle bien plus délicate pour les produits pétroliers raffinés et le gaz en bouteille, massivement consommés par les classes moyennes et aisées, dont la résistance politique à toute hausse de prix constitue un obstacle de taille.

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Pas de dividendes chez Zitouna, 95 MDT réinvestis pour l’avenir

22. Mai 2026 um 09:19

L’Assemblée Générale Ordinaire de la Banque Zitouna, réunie le 24 avril 2026, a adopté à l’unanimité l’affectation des résultats de l’exercice 2025.

La banque a réalisé un bénéfice net de 54,56 millions de dinars. En ajoutant les résultats reportés des années précédentes (40,75 millions de dinars), le résultat distribuable total s’élève à 95,31 millions de dinars.

Selon la troisième résolution, ce montant a été réparti comme suit : 245 000 dinars versés à la réserve légale; 53,5 millions de dinars affectés aux réserves pour réinvestissements exonérés: et 41,57 millions de dinars maintenus en résultats reportés. Aucun dividende n’a été distribué aux actionnaires.

Cette décision traduit la volonté de la banque de renforcer ses fonds propres et de financer son développement futur en conservant la quasi-totalité de ses bénéfices.

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Souveraineté énergétique : la Tunisie à l’heure d’un choix stratégique sans précédent

21. Mai 2026 um 15:29

La Tunisie ne peut plus différer le choix de sa souveraineté énergétique. Dépendante à plus de 60 % de sources extérieures, confrontée à une demande d’électricité qui pourrait doubler en quinze ans et soumise à des exigences climatiques internationales croissantes, la Tunisie est à un tournant. C’est dans ce contexte d’urgence que s’est tenu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, un panel intitulé : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Autour de Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, qui en assurait la modération, quatre expertes et experts ont croisé leurs analyses. A savoir : Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique (ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie); Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC); Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001; et Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie.

Entre conformité réglementaire, innovation financière et impératifs de compétitivité, le débat a mis en lumière l’ampleur d’un défi qui dépasse largement la seule politique énergétique.

Dressant un diagnostic sans concession, Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, a rappelé qu’il y a trente ans, la Tunisie était autosuffisante en énergie. La moitié du déficit de sa balance commerciale est aujourd’hui imputable aux importations énergétiques. Et les subventions à l’énergie représentent le premier poste de subvention du budget de l’Etat. « Ce sont là des défis tout à fait redoutables », a-t-il observé, en ce sens que le défi financier pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 se chiffre en milliards de dollars. Auxquels s’ajoutent les investissements de réseau, de stabilisation et de gestion.

Cependant, Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique, n’a pas manqué de confirmer la trajectoire engagée par le gouvernement. Elle souligne à cet effet que plusieurs centaines de mégawatts sont désormais installés sous les différents régimes de production renouvelable. Tandis que  nouveaux projets attendent leur approbation au Parlement. « Il va falloir que cela s’accélère, compte tenu des contraintes auxquelles la Tunisie est confrontée », a-t-elle insisté.

De son côté, Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC), mettra pour sa part en perspective l’ampleur des investissements nécessaires, évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’horizon 2030, selon les engagements climatiques de la Tunisie. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) entend y jouer un rôle de catalyseur et d’effet de levier pour mobiliser le secteur privé. Et ce, via des mécanismes de financement innovants et une logique d’investissement d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché.

Pour sa part, Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001, a éclairé les entreprises tunisiennes sur les implications concrètes du mécanisme d’ajustement carbone à la frontière mis en place par l’Union européenne, qui bascule cette année d’un régime déclaratoire à un régime fiscalisé. Un dispositif dont le périmètre est appelé à s’étendre bien au-delà des six secteurs actuellement concernés. Et qui constitue, pour les exportateurs ayant anticipé leur décarbonation, un véritable levier de compétitivité sur les marchés européens.

Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie, a quant à elle replacé le véhicule électrique dans une perspective systémique inédite : bien au-delà de la décarbonation des transports, il représente une ressource de stockage d’énergie au service de l’équilibre du réseau électrique. Les premières tendances du marché tunisien témoignent d’une dynamique naissante mais réelle, portée par un cadre réglementaire incitatif que la directrice a salué.

Au terme de ce débat dense et prospectif, une conviction s’est imposée à l’ensemble des participants : la transition énergétique de la Tunisie ne pourra réussir que par une coordination étroite entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Un impératif de coalition autant que de volonté politique.

L’intégralité de la couverture du panel sera publiée dans le prochain numéro 946 de L’Économiste Maghrébin du 3 au 17 juin 2026.

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Handicap et logement : un accord historique ONU-Habitat

20. Mai 2026 um 11:39

Un accord entre ONU-Habitat et la fondation Alwaleed Philanthropies a été signé les 18 et 19 mai 2026 à Bakou, en marge de la 13e édition du Forum urbain mondial. Le texte vise à faciliter l’accès des personnes handicapées au logement et aux services essentiels dans plusieurs villes tunisiennes. La cérémonie de signature a été présidée par Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

Mandaté par le président de la République, le ministre conduisait la délégation tunisienne à ce forum international consacré cette année au thème : « Le logement dans le monde : des villes et des communautés sûres et résilientes ». Il était accompagné de Najeh Kerbia, directrice à la direction de l’urbanisme du ministère, et d’Aïda Rabbana, directrice du bureau d’ONU-Habitat en Tunisie.

Lors d’une session dédiée à l’accès au logement pour les personnes handicapées dans les villes durables et inclusives, M. Zouari a déclaré que « construire une société inclusive commence dès la conception de la ville et dans les détails de l’espace urbain ». Il a évoqué les difficultés quotidiennes des personnes handicapées dans l’accès aux espaces publics et aux services de base, ainsi que la nécessité pour les États de repenser leurs modèles de planification urbaine face aux mutations démographiques, économiques et climatiques.

Le ministre a également présenté la politique nationale du logement, qui fait de l’habitat décent un pilier de la dignité du citoyen et de la stabilité sociale, avec une attention portée aux ménages à revenu limité et aux personnes handicapées. Ces orientations s’inscrivent dans la vision Tunisie 2035, qui prévoit le développement de villes intelligentes, durables et inclusives, articulées autour d’un urbanisme intégré, d’un accès équitable aux services et infrastructures, de la prise en compte des catégories vulnérables et du recours à l’innovation technologique dans la gestion urbaine et l’habitat.

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BVMT T1 2026 : entre hausses spectaculaires et plongeons industriels

19. Mai 2026 um 09:34

 Le rapport « Évolution des indices et des revenus des sociétés cotées – 1er trimestre 2026 vs 2025 » publié par la BVMT met en évidence de fortes variations de revenus entre les sociétés cotées. Avec des progressions dépassant 300 % pour certaines valeurs et des reculs marqués dans plusieurs secteurs industriels.

La BVMT a publié la liste des sociétés ayant enregistré les plus fortes variations de revenus au premier trimestre 2026. Les plus fortes progressions ont été enregistrées par SITS (+316 %), STA (+146,3 %), Essoukna (+68,5 %), BTE (+36,8 %) et BH Assurance (+28,2%).

Smart Tunisie (+25,9 %), Tuninvest Sicar (+21,9 %), Wifack International Bank (+17 %), Spdit-Sicaf (+15,7 %) et Tawasol Group Holding (+14,3 %) figurent également parmi les principales hausses. À l’inverse, Placements de Tsie Sicaf a enregistré le recul le plus important avec une baisse proche de 99 %.

ICF (-47,8 %), Eurocycles (-46,2 %), New Body Line (-36,9 %), Ciments de Bizerte (-32 %) et Sotipapier (-31,1 %) figurent parmi les principales baisses recensées.

En outre, la BVMT révèle que 11 des 12 indices sectoriels ont terminé le premier trimestre 2026 en territoire positif. Les meilleures performances ont été enregistrées par les indices Services aux Consommateurs et Distribution, avec environ 21 % de hausse chacun.

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Bourse de Tunis : 52 sociétés dans le vert, la dynamique de croissance se confirme

19. Mai 2026 um 08:56

Selon le rapport « Évolution des indices et des revenus des sociétés cotées – 1er trimestre 2026 vs 2025 », publié le 18 mai 2026 par la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT), les sociétés cotées ont enregistré une hausse globale de 4 % de leurs revenus au premier trimestre 2026. Tandis que le Tunindex a progressé de 14,2 %.

La Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) a annoncé, dans un rapport publié le 18 mai 2026, une progression de 4 % du revenu global des sociétés cotées au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025.

Le revenu total des entreprises ayant publié leurs indicateurs trimestriels s’est établi, quant à lui, à 6,4 milliards de dinars contre 6,1 milliards un an auparavant. Sur les 69 sociétés ayant communiqué leurs données, soit 92 % de la cote, 52 entreprises ont enregistré une amélioration de leurs revenus.

L’indice Tunindex a, pour sa part, progressé de 14,2 % à la clôture du trimestre; contre 10,3 % à la même période de 2025.

Le Tunindex20 a, de son côté, gagné 14 % après une hausse de 11,7 % un an plus tôt. Les 20 sociétés composant le Tunindex20 ont généré près de 4 milliards de dinars de revenus. Ce qui représente 63.% du revenu global du marché, en hausse de 3,5 %.

Enfin, la BVMT note que six sociétés n’ont pas encore publié leurs indicateurs trimestriels à la date du rapport : ALKIMIA, Air Liquide Tunisie, AETECH, ASSAD, SOTUMAG et UADH.

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Énergie : la Tunisie stabilise son déficit

18. Mai 2026 um 16:35

Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie, redevance du gaz algérien exporté incluse, s’est maintenu à 2 969 millions de dinars à fin mars 2026. C’est ce qu’il ressort du dernier rapport de conjoncture économique publié lundi par l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONEM).

Cette stabilité résulte d’une hausse des exportations de produits énergétiques de 25 % en valeur, partiellement compensée par une progression des importations de 3 %. L’Observatoire rappelle que les échanges commerciaux du secteur énergétique sont déterminés par trois facteurs : les quantités échangées; le taux de change dollar/dinar; et les cours du Brent, qualité de référence sur laquelle sont indexés les prix du brut importé et exporté ainsi que ceux des produits pétroliers.

Sur ce plan, le cours du Brent a progressé de 31 dollars le baril en mars 2026 par rapport à mars 2025, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Dans le même temps, le dinar tunisien s’est apprécié de 6 % face au dollar américain, principale devise des échanges énergétiques. Et ce, par rapport à la même période de l’année précédente.

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CAPES 2026 : 66 000 candidats pour 1 620 postes, la course au professorat

18. Mai 2026 um 15:31

Plus de 66 000 candidats se sont présentés au CAPES 2026, qui recrutera 1 620 professeurs pour l’enseignement secondaire, technique et professionnel. Contrairement à la procédure habituelle, les lauréats rejoindront directement leur poste à la prochaine rentrée, sans passer par la formation conjointe des ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Les résultats définitifs seront annoncés après les épreuves de contrôle du baccalauréat 2026.

Cette mesure vise à renforcer la stabilité pédagogique et à pourvoir rapidement aux postes vacants. Le directeur des concours professionnels au ministère de l’Éducation, Mohamed Ksouri, s’est félicité, dans une déclaration à Mosaïque FM du « retour de l’esprit des concours nationaux ». Tout en soulignant une rupture nette avec l’ancien système dit « CAPES ». L’afflux de candidats, sans précédent, a été salué. M. Ksouri a précisé que la publication des résultats après le baccalauréat vise à éviter toute interférence entre les deux grands examens nationaux.

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Emploi et formation en Tunisie : comment décrocher jusqu’à 90 % de cofinancement européen ?

18. Mai 2026 um 11:37

Doté de subventions de 800 000 à 10 millions d’euros par projet, l’appel à projets de l’Initiative Facilité Investissements pour l’emploi (IFE) propose quatre niveaux de cofinancement (90 % pour les initiatives sans but lucratif sans revenus, 75 % pour celles sans but lucratif mais avec revenus, 35 % si la majorité des emplois créés le sont dans des structures tierces, 25 % si les emplois relèvent de l’entité candidate). La clôture est repoussée au 1ᵉʳ juin 2026. Une nouveauté 2026 ajoute un volet formation prioritaire, avec dépôt des candidatures possible du 20 mars au 1er juin 2026.

L’IFE cible des projets matures, non encore engagés, viables sur les plans opérationnel et financier, avec un apport propre exigé. Le module formation 2026 cofinance des actions de qualification de la main-d’œuvre, prioritairement pour le marché tunisien, avec des débouchés possibles vers l’Allemagne.

Sont éligibles les infrastructures de formation, cours de langues et perfectionnement technique. Les notes conceptuelles incluant la formation seront prioritaires dans l’évaluation. Secteurs visés : BTP, industrie métallurgique et électrique, éducation et affaires sociales, agroalimentaire, transport-logistique, technologies de l’information, hôtellerie-restauration.

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Mahdia : le mégaprojet de Ben Ghayadha sera dévoilé au Salon CARTHAGE 2026

18. Mai 2026 um 11:09

Le projet de développement urbain, touristique et économique de Ben Ghayadha (gouvernorat de Mahdia) sera officiellement présenté le mercredi 20 mai 2026 à 10h30, au stand dédié à la région de Mahdia du Salon International de la Construction et du Bâtiment – CARTHAGE 2026, au Parc des Expositions du Kram. Ce projet prévoit la création d’infrastructures modernes, le développement d’espaces résidentiels et touristiques haut de gamme, l’aménagement d’une marina et d’activités nautiques, la protection de la lagune et du littoral, ainsi que la mise en valeur du site historique de Borj Erras. Le master plan intègre des espaces culturels, des zones de loisirs et des solutions de mobilité durable et multimodale.

Le projet s’étend sur 142 hectares sur la côte sud-ouest de Mahdia. Il est inscrit dans le Programme national des villes intelligentes et durables et repose sur un développement intégré associant zones résidentielles et touristiques haut de gamme, marina et activités nautiques, espaces culturels et de loisirs, ainsi que des solutions de mobilité durable et multimodale. La protection du lac et du littoral ainsi que la réhabilitation du site historique de Borj Erra’s constituent la dimension environnementale centrale. L’objectif affiché est de faire de Ben Ghayadha un pôle concurrentiel à l’échelle du bassin méditerranéen.

Mahdia : démarrage des travaux du projet d’aménagement de la Sebkha Ben Ghayadha en 2027

Le projet est porté dans le cadre d’un dispositif d’assistance technique au Gouvernement tunisien pour la sélection d’un partenaire stratégique. Il mobilise plusieurs institutions nationales, notamment l’Instance Générale du Partenariat Public-Privé (IGPPP), la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Gouvernorat de Mahdia ainsi que SEBAG. La présentation au Salon CARTHAGE 2026 vise à renforcer la visibilité du projet auprès des investisseurs nationaux et internationaux.

Lors de cette présentation, les grandes orientations du master plan, les enjeux stratégiques du projet ainsi que les perspectives de développement économique, social et environnemental pour la région seront exposés.

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Cuir et chaussure en Tunisie : champion à l’export, perdant à domicile

15. Mai 2026 um 12:32

La Tunisie exporte pour 2 100 millions de dinars de cuir et de chaussures par an. De même qu’elle couvre ses importations à 167 % et attire des investisseurs de trois continents. Pourtant, sur son propre marché, les industriels tunisiens sont écrasés par la contrebande. Débordés qu’ils sont par les importations anarchiques. Et ils demeurent incapables de reconquérir un consommateur local qui achète étranger par défaut. Ce paradoxe n’est pas une anomalie conjoncturelle : il est le révélateur d’un secteur structurellement coupé en deux, performant vers l’extérieur, fragilisé de l’intérieur. La question n’est plus de savoir si le secteur peut rebondir. Elle est de savoir si les conditions politiques et réglementaires de ce rebond seront réunies à temps.

Avec environ 2 100 millions de dinars de recettes à l’export en 2025, le secteur du cuir et de la chaussure confirme son statut de filière exportatrice de premier plan dans l’économie tunisienne. Les données du Centre National du Cuir et de la Chaussure (CNCC) révèlent que les exportations couvrent les importations à hauteur de 167 %. Ce qui témoigne d’une balance sectorielle structurellement excédentaire.

Pourtant, sous ces agrégats favorables, une légère érosion se dessine. Le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX) avait enregistré, pour l’exercice 2024, un chiffre d’affaires export de 2 182,1 millions de dinars, avec une couverture des importations de 163,9 %. Les exportations 2025 accusent ainsi un recul de 3,6 % par rapport à l’exercice précédent. Et ce, dans un contexte où les marchés cibles restent très concurrentiels. L’Italie, la France et l’Allemagne concentrent à elles seules 70 % des débouchés à l’export, indiquent encore les statistiques du CEPEX. La tendance des premiers mois de 2026 apparaît plus encourageante : projetées en rythme annuel, les performances du premier semestre laissent entrevoir un volume d’environ 2 400 millions de dinars, avec une couverture des importations atteignant 175 % sur les quatre premiers mois.

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Le signal le plus encourageant vient du côté des investissements. A cet égard, le Bulletin de conjoncture annuel de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) précise que les investissements déclarés dans les industries du cuir et de la chaussure ont enregistré une envolée de 167,1 % en 2025. Constituant ainsi la hausse sectorielle la plus marquée de l’année sur l’ensemble du tissu industriel tunisien. Toujours selon l’APII, le secteur compte 80 entreprises à participation étrangère, dont 59 à capitaux 100 % étrangers. Et 79 d’entre elles sont totalement exportatrices. Des opérateurs italiens figurent parmi les investisseurs les plus actifs, dans la continuité des liens industriels historiques avec l’Italie. D’autres horizons s’ouvrent, des investisseurs en provenance d’Afrique subsaharienne commençant à s’intéresser au marché tunisien, y voyant une plateforme de production compétitive à l’échelle régionale.

Une industrie cantonnée à la sous-traitance, en quête de valeur ajoutée

Une part significative de la valeur exportée repose sur un modèle de sous-traitance partielle : la tige, partie supérieure de la chaussure, est fabriquée en Italie, expédiée vers la Tunisie pour assemblage final par des industriels locaux, puis réexportée en tant que produit fini. Ce schéma, techniquement comptabilisé comme une exportation tunisienne, intègre une valeur ajoutée locale limitée. Et les produits concernés ne portent pas toujours visiblement leur origine tunisienne. Le marquage final s’effectuant parfois dans le pays de la marque.

Selon les statistiques du CEPEX, l’Italie demeure la première destination des exportations tunisiennes de chaussures, avec un volume de 1 018 millions de dinars. Suivent l’Allemagne, la France et la Slovaquie. Pour les autres produits en cuir, la France arrive en tête des marchés d’exportation, devant l’Italie et l’Allemagne.

Selon les données de l’APII publiées en août 2025, le secteur compte 172 entreprises employant dix personnes et plus, dont 132 produisant totalement pour l’exportation, réparties entre les sous-secteurs de la chaussure, des articles en cuir, de la tannerie et des vêtements en cuir. Le CEPEX évalue l’emploi sectoriel à environ 28 700 personnes, dont une écrasante majorité dans des entreprises totalement exportatrices.

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Géographiquement, le secteur n’occupe plus les mêmes territoires qu’il y a cinquante ans. Sfax, qui fut historiquement le cœur battant de l’industrie du cuir et de la chaussure, notamment dans le quartier de Bab Jebli, a perdu l’essentiel de ce tissu. La libéralisation de l’économie a conduit une grande partie des opérateurs à se reconvertir dans l’import-distribution, abandonnant la fabrication. D’autres territoires ont pris le relais de manière plus dispersée, notamment le Sahel et la région de Tunis. Et ce, sans que la cohérence géographique et la masse critique nécessaires à une véritable compétitivité collective n’aient pu se reconstituer.

C’est sur le marché intérieur que le paradoxe devient criant. La contrebande de chaussures, notamment de sport, en provenance d’Algérie, constitue un facteur de distorsion majeur. En effet, ces produits entrent sur le marché tunisien à des prix structurellement inférieurs à ceux que peut pratiquer un industriel local soumis aux charges, aux normes et aux coûts de production réglementaires. À ce flux illicite s’ajoutent des importations formelles insuffisamment contrôlées, dont la conformité aux normes n’est pas systématiquement vérifiée à l’entrée du territoire. Ces deux phénomènes cumulés privent les producteurs tunisiens de toute possibilité de concurrence équitable sur leur propre marché. Ils appellent un renforcement significatif des contrôles douaniers ainsi qu’une action coordonnée entre les ministères concernés.

La mutation technologique, défi structurel pour la formation

Par ailleurs, le secteur fait face à une transformation technologique d’envergure. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus de production et la robotisation croissante des équipements redéfinissent les besoins en compétences. Dans ce contexte, la demande en main-d’œuvre d’exécution recule au profit d’une demande croissante en techniciens capables d’opérer sur des machines à commande numérique. Pour une filière historiquement artisanale et intensive en main-d’œuvre, cette évolution impose une refonte profonde des dispositifs de formation professionnelle, tant au niveau des entreprises que des institutions publiques d’accompagnement.

Sur le plan de la qualité et de la certification, le Centre National du Cuir et de la Chaussure, fondé en 1969 et opérant sous la tutelle du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, dispose de trois laboratoires spécialisés en physico-mécanique, chimie et métrologie. Conformément à la norme internationale ISO/IEC 17025, ces laboratoires ont obtenu leur accréditation auprès du Conseil National d’Accréditation (TUNAC) pour la période allant de mai 2026 à avril 2031, leur permettant d’émettre des rapports d’essais reconnus à l’échelle internationale sur la base d’environ quarante normes tunisiennes applicables au secteur. Ces structures interviennent à deux niveaux : le contrôle à l’importation, en lien avec la Direction de la qualité et de la protection du consommateur, et l’accompagnement des industriels exportateurs souhaitant attester de la conformité de leurs produits avant d’accéder aux marchés étrangers.

Le paradoxe a un remède. Encore faut-il vouloir l’appliquer

Ainsi, un secteur qui exporte 2 100 millions de dinars par an tout en perdant son marché intérieur n’est pas un secteur en crise. C’est un secteur mal gouverné. Les outils existent : un appareil de certification accrédité aux standards internationaux,; une dynamique d’investissement en forte progression; un réseau d’entreprises exportatrices structuré et des partenariats industriels européens solides. Ce qui manque, c’est la volonté réglementaire de fermer la porte aux importations anarchiques et à la contrebande. Mais aussi la cohérence stratégique pour orienter ces atouts vers une reconquête du marché domestique. Sans ces arbitrages, le paradoxe tunisien du cuir et de la chaussure, champion à l’export, perdant à domicile, a toutes les chances de perdurer.

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