À Singapour, on peut jouer Teardrop devant des milliers de personnes. Mais gare à celui qui laisserait tomber un drapeau palestinien sur scène : le rappel se termine au commissariat. Le groupe britannique Massive Attack vient d’en faire l’expérience.
En…
Marginalisé par le régime présidentialiste mis en place par Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a de plus en plus mal à exister et à jouer le rôle qui fut longtemps le sien au centre du jeu politique en Tunisie.
C’est en réaction à cette marginalisation que son secrétaire général Slaheddine Selmi a déclaré que l’organisation ne resterait ni silencieuse ni inactive, soulignant que les structures de l’organisation sont en mouvement permanent — une caractéristique qui marque son histoire.
Dans une allocution prononcée, ce matin, mercredi 5 août 2026, lors d’une marche qui prit le départ devant le siège de l’Union régionale du travail à Sfax, à l’occasion de la commémoration des événements du 5 août 1947 *, Selmi a ajouté, selon ses propos rapportés par Diwan FM : «Lorsque les crises parlent, le silence équivaut à un abandon de la patrie», dans une allusion à la crise socioéconomique où continue de s’enfoncer le pays.
Il a aussi appelé toutes les structures syndicales ainsi que les adhérents de l’UGTT à ne pas brader la patrie, soulignant qu’il s’agit là de sa mission à l’heure actuelle.
Le responsable syndical a poursuivi en affirmant que le rôle fondamental de l’UGTT consiste à défendre et à sauver le pays, déclarant : «Nous avons dépassé la question sociale et celle des augmentations de salaires.»
Tout en relevant la succession de crises dans divers domaines, Selmi a rappelé que le citoyen jouit de droits sociaux — tels que l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, aux transports et à l’éducation — qui relèvent de la responsabilité de l’État, ajoutant : «Nous sommes des citoyens et non des sujets.»
Dans ce même contexte, il a estimé que la récente hausse du prix des médicaments découlait de recommandations du Fonds monétaire international (FMI), lequel cherche, selon lui, à réduire l’intervention de l’État dans le domaine social, par allusion à la levée des subvention sur beaucoup de médicaments importés qui a été décidée par le gouvernement à cause des difficultés financières et budgétaires auxquelles il fait face.
I. B.
* Le 5 août 1947, une grève générale menée à Sfax par le leader syndicaliste Habib Achour sous la bannière de l’UGTT a réclamé un salaire minimum pour les ouvriers. Cette mobilisation sociale s’est heurtée à une violente répression militaire de l’armée coloniale française, faisant plusieurs victimes et marquant l’histoire du mouvement national.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ali Nafti, s’est entretenu avec son homologue palestinienne, Varsen Aghabekian Shahin, en marge de la réunion du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale concernant Al‑Qods Al‑Charif, qui se tient ce 5 août 2026 à Amman.
Les deux responsables ont réitéré l’urgence d’intensifier la mobilisation arabe et internationale pour protéger les civils et défendre le statut historique et juridique d’Al‑Qods.
Mohamed Nafti a rappelé la position constante de la Tunisie en faveur de la « juste cause palestinienne » et de la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant et souverain avec Al‑Qods pour capitale. Il a souligné le rôle de la Tunisie au sein des instances régionales et internationales pour faire respecter les droits du peuple palestinien et défendre les lieux saints islamiques et chrétiens de la ville.
Le ministre des Affaires étrangères a également mentionné les démarches juridiques entreprises par la Tunisie, y compris les deux plaidoiries orales présentées devant la Cour internationale de Justice, visant à rappeler les obligations de l’entité occupante et à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations palestiniennes. Il a exprimé la volonté de Tunis d’intensifier la coopération bilatérale avec l’Autorité palestinienne, notamment dans les domaines technique, éducatif et estudiantin.
De son côté, Varsen Aghabekian Shahin a exprimé sa gratitude pour le soutien constant de la Tunisie, saluant la position affichée par la présidence tunisienne et l’engagement du peuple tunisien envers la cause palestinienne.
Les deux ministres ont évoqué les récents développements dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza et en Cisjordanie, et ont condamné les violations et l’escalade qui affectent les civils. Ils ont convenu de la nécessité de conjuguer les efforts arabes et internationaux pour parvenir à une solution qui permette au peuple palestinien de récupérer ses droits légitimes.
Enfin, les deux délégations ont souligné l’importance de poursuivre la coordination au sein du Comité ministériel arabe pour Al‑Qods et d’intensifier l’action commune afin de mobiliser un soutien international accru en faveur de la cause palestinienne et de préserver le statut d’Al‑Qods Al‑Charif.
La génération actuellement aux affaires en Iran est composée de personnes qui ne sont ni des novices en politique ni des dirigeants facilement intimidés par les pressions extérieures. Leur longévité leur a conféré une solide expérience, un instinct aigu de survie du régime et une compréhension pragmatique des usages –et des limites– de la coercition comme du compromis. L’administration Trump qui cherche un épilogue au conflit avec Téhéran doit composer avec ces réalités. Ni la guerre ni la paix avec la République islamique ne seront faciles. Ce n’est pas un régime théocratique mais un régime militarisé avec une façade théocratique et c’est cette nuance que l’Occident n’a toujours pas assimilé.
Imed Bahri
Comprendre la capacité du régime iranien à résister aux pressions américaines et israéliennes exige bien plus qu’une simple analyse de l’establishment religieux. Il est nécessaire d’étudier la génération révolutionnaire qui a renversé le régime du Chah, bâti les institutions de la République islamique et qui exerce aujourd’hui une influence considérable dans le pays, explique l’universitaire irano-américain Mehrzad Boroujerdi, dans le New York Times, qui s’appuie sur une expérience personnelle douloureuse. Son père, cadre du secteur pétrolier iranien, a été assassiné en décembre 1978 par des membres du groupe armé islamiste Mansouroun, quelques semaines seulement avant la victoire de la révolution iranienne.
Boroujerdi souligne que plusieurs des personnes impliquées dans cet assassinat sont devenues par la suite des figures influentes au sein de l’armée et des services de sécurité iraniens et que certaines figurent encore aujourd’hui parmi les décideurs les plus importants de Téhéran.
Ne pas négliger la génération la plus influente
L’universitaire américano-iranien soutient que les administrations américaines successives ont longtemps appréhendé l’Iran uniquement à travers le prisme des théologiens négligeant une autre génération, bien plus influente, en l’occurrence celle des dirigeants issus des organisations révolutionnaires armées, ayant combattu lors de la guerre Iran-Irak puis établi les Gardiens de la révolution et l’appareil sécuritaire et militaire qui est devenu l’épine dorsale du régime.
Cette génération, née dans les années 1950, a acquis une vaste expérience de la gestion de crise, confrontée aux sanctions, à l’isolement international, aux protestations internes et aux conflits armés.
Cette expérience les a rendus plus adaptables aux pressions extérieures et plus conscients des limites du pouvoir et des frontières du compromis politique.
Boroujerdi indique que son père n’était ni un partisan du Chah ni du mouvement religieux dirigé par l’ayatollah Khomeini. Cependant, il a refusé de participer aux grèves visant à paralyser le secteur pétrolier, ce qui a conduit les groupes révolutionnaires à le considérer comme un ennemi de la révolution. Finalement, il fut assassiné avec un cadre américain de la même entreprise, un acte qui contribua à accélérer l’effondrement de la production pétrolière et à affaiblir le régime du Chah.
Etude du pouvoir iranien post-révolution
L’universitaire affirme que cet incident l’a incité à changer radicalement d’orientation. Il a abandonné ses études d’ingénierie pétrolière pour se tourner vers les sciences politiques, consacrant sa carrière universitaire à l’étude de la structure du pouvoir iranien et des élites apparues après la révolution.
Il retrace le parcours de personnalités marquantes, notamment Mohsen Rezaei, qui a fondé et dirigé les Gardiens de la révolution pendant de nombreuses années et qui est aujourd’hui le conseiller militaire du guide suprême Mojtaba Khamanei, Ali Shamkhani, qui a occupé de hautes fonctions dans les domaines de la sécurité et de l’armée avant son assassinat lors du raid aérien israélo-américain de cette année, ainsi que Mohammad Baqer Zolghadr qui occupe actuellement un poste clé au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.
Pour Boroujerdi, l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, conjugué aux répercussions de la récente guerre, a renforcé l’influence du pouvoir militaire au détriment de l’establishment religieux. De ce fait, les Gardiens de la révolution sont devenus la force la plus influente dans l’élaboration des politiques de l’État, tout en préservant la façade constitutionnelle du nouveau Guide suprême.
Le régime ne s’effondrera pas facilement
Le politologue met en garde contre l’idée que croire à un effondrement facile du régime iranien relève d’une interprétation erronée de la réalité.
En effet, l’État iranien dispose d’institutions sécuritaires et militaires bien établies, d’une élite dirigeante dotée d’une longue expérience de gestion des crises, malgré l’escalade des pressions économiques et sociales et le déclin de sa légitimité intérieure.
Boroujerdi conclut que l’Iran est actuellement confronté à un paradoxe complexe: le régime fait face à une accumulation de crises et à des défis sans précédent, tout en conservant une capacité de survie significative. Dès lors, toute politique américaine ou israélienne à l’égard de Téhéran doit impérativement appréhender la véritable nature des centres de pouvoir au sein de l’État et dépasser l’idée reçue selon laquelle ces centres seraient uniquement composés de religieux.