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5e édition des Rencontres sectorielles du CETIME : La transition écologique au cœur des débats

21. Juli 2026 um 20:45

Confrontées au durcissement des exigences environnementales, les industries automobile et aéronautique n’ont plus d’autre choix que d’accélérer leur transition énergétique et écologique. Réunis à Sousse à l’occasion de la 5e édition des Rencontres sectorielles du Cetime, les acteurs de ces deux filières ont échangé autour des leviers à mobiliser pour transformer ces contraintes en opportunités […]

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« Labes » de Selim ben Safia et la scénographe Nadia Kaâbi-Linke : Une mémoire en mouvement

21. Juli 2026 um 20:00

Au festival international de Hammamet, l’unique rendez-vous avec la danse contemporaine a eu lieu avec « Labes », une création du chorégraphe Selim Ben Safia, conçue en collaboration avec l’artiste conceptuelle Nadia Kaabi-Linke. Présenté au Théâtre de plein air de Hammamet, le spectacle s’appuie sur le langage du corps pour interroger la mémoire et l’effacement […]

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Santé numérique : la Tunisie mise sur l’intelligence artificielle pour transformer son système de soins

21. Juli 2026 um 17:07

La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système de santé grâce au déploiement de technologies souveraines fondées sur l’intelligence artificielle et le numérique.

Cette feuille de route ambitieuse vise à réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins, à renforcer la médecine de première ligne et à optimiser la prise en charge médicale grâce à la donnée, tout en maintenant la responsabilité humaine au cœur de la décision thérapeutique. Ces orientations et annonces stratégiques ont été présentées par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, lors de la clôture officielle du forum « Tunisia Global Forum : Bâtir l’avenir à l’ère de l’IA », qui s’est tenu le 21 juillet à Tunis. Réunissant chercheurs, entrepreneurs, professionnels de santé et membres de la diaspora, l’événement a souligné la nécessité de transformer les compétences et les innovations informatiques en projets concrets à fort impact pour le pays.

Dans le cadre de la définition de la stratégie nationale pour l’IA en santé, le ministre a annoncé le lancement du Centre d’excellence en intelligence artificielle pour la santé. Placé sous une gouvernance tripartite réunissant les ministères de la Santé, des Technologies de la communication et de l’Enseignement supérieur, ce centre s’appuiera sur les capacités du supercalculateur national ainsi que sur l’expertise des hôpitaux et des universités. Cette structure, ouverte aux startups, aux entreprises locales et aux compétences de la diaspora, aura pour mission de développer des solutions d’IA éthiques, certifiées et adaptées aux réalités épidémiologiques nationales, avec l’ambition de faire de la Tunisie un modèle africain en la matière.

Sur le terrain clinique, plusieurs réalisations concrètes illustrent déjà cette dynamique. La première repose sur le développement de l’hôpital numérique et de la téléradiologie nationales, un réseau reliant 38 établissements à travers différentes régions du pays, de Bizerte à Tataouine. En moins d’un an, ce dispositif a permis l’interprétation à distance de plus de 86 000 examens (IRM, scanners, mammographies), avec une prise en charge quotidienne dépassant 500 dossiers et une couverture assurée 24 heures sur 24 pour les urgences. Ce système a notamment permis la remise en service d’équipements lourds restés inutilisés pendant plusieurs années, démontrant que la distance ne doit plus conditionner le pronostic des patients.

Parallèlement, la médecine préventive et d’urgence s’enrichit de nouveaux outils d’anticipation. À l’hôpital militaire de Tunis, le développement conjoint avec une entreprise tunisienne d’un dossier médical informatisé et intelligent permet de connecter en temps réel l’ensemble des équipements de monitorage en réanimation. Capable d’analyser les flux de données hémodynamiques et biologiques, cet outil peut alerter les équipes médicales jusqu’à six heures avant l’apparition des signes cliniques d’un choc septique ou d’une infection sévère, avec une sensibilité et une spécificité avoisinant les 90 %. Pensée et conçue en Tunisie par des ingénieurs issus de la diaspora et des cliniciens locaux, cette technologie nationale est désormais commercialisée à l’international.
Pour unifier ces outils et supprimer la fragmentation des informations cliniques, le déploiement de l’Identifiant National de Santé (INS) se poursuit sur l’ensemble du territoire en collaboration avec le Centre National de l’Informatique. La généralisation de cette clé de voûte du système de santé, prévue d’ici la fin de l’année, garantira une identification sécurisée des patients et une continuité du parcours de soins sans rupture.

L’intelligence artificielle s’attaque également au dépistage précoce en médecine de première ligne. Un modèle souverain d’aide à la lecture des radiographies thoraciques a été développé par les équipes des centres hospitalo-universitaires d’Ariana et de Monastir, en partenariat avec des équipes technologiques locales. Entraîné sur des spécificités pathologiques régionales comme la tuberculose, cet outil présente des performances diagnostiques supérieures à 90 %. Il est destiné à être déployé dans plus de 300 centres de soins de santé de base, notamment dans les régions de l’intérieur, pour seconder les médecins dans la détection précoce des anomalies et des tumeurs pulmonaires.

Face à ces avancées, le ministre rappelle une ligne éthique stricte : la technologie doit rester un instrument d’assistance au service du praticien. Si l’intelligence artificielle formule des propositions diagnostiques et accélère le traitement de la donnée, la décision médicale et l’examen clinique relèvent de la responsabilité exclusive du professionnel de santé.

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Trump et les gladiateurs du nouveau monde

21. Juli 2026 um 09:25

Les arènes se sont déplacées outre atlantique sans effusion de sang, pour la dernière édition de la Coupe du monde de football. Les joutes se sont passées dans des stades flambants neufs et retransmises en temps réel dans le monde entier. Sauf que le président américain Donald Trump y avait mis son grain de sel, en sifflant la fin de partie, sur un coup de tête, avant même d’y avoir donné le coup d’envoi. (Photo : Trump a dû remettre la coupe du monde de football à l’Espagne qu’il déteste cordialement et qui le lui rend très bien).

Mohsen Redissi *

L’herbe aux Etats-Unis est un gazon maudit, l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, désigné comme meilleur arbitre africain pour 2025, a été mis d’emblée hors-jeu. Trump a poussé le ballon trop loin, en brandissant le carton rouge, lui barrant la route du Mondial. Son sort était scellé avant même d’avoir frôlé le sol américain. Mauvaise pioche, un tirage qui n’était pas en sa faveur. Son origine et sa couleur de peau ont joué contre lui. Il a perdu contre Trump. Une ineptie à ajouter sur le passif du président de la première puissance mondiale.

La deuxième chance est venue du Canada qui a fait un croche-pied à Trump sans être pénalisé. Un bolide tiré de très loin. Touché par un mauvais tirage au sort et pour qu’il ne reste pas sur le banc des remplaçants, le Canada lui a offert la possibilité de porter la tenue qui colle à la couleur de sa peau, d’arbitrer des matchs sur son terrain. Une occasion unique pour lui pour mouiller son maillot ; son sifflet n’est pas resté muet pendant le Mondial. Il en a profité pour prendre quelque sirop d’érable pendant les pauses fraîcheur, nouvellement introduites pour plaire aux publicitaires et renflouer les caisses de la Fifa.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Benjamin Franklin, 6e président, 1785-1788, avait inventé le paratonnerre, l’harmonica de verre et les lunettes à double foyer. Trump, lui, vient d’inventer l’arbitrage à distance, on lui doit cette nouvelle initiative, peu louable.

Un président récidiviste

Trump a donc récidivé et frappé fort. Il a eu le bras long, intervenant auprès d’amis très hauts placés qui ne lui refusent rien, même la violation de règles sportives qu’ils sont censées préserver jalousement quoi qu’il arrive. L’attaquant américain Folarin Balogun a écopé d’un carton rouge, synonyme d’expulsion pour le match d’après. Quarante-huit heures après les faits, Gianni Infantino, président de la Fifa, en plein mondial, a déclaré nul et non avenu le carton rouge qui lui a été infligé. Une première mondiale qui a mis en doute la crédibilité de l’instance mondiale et sa neutralité : elle s’est rabaissée et a bafoué ses propres règles pour faire honneur au pays hôte. Rien ne sera plus comme avant. La pause fraîcheur d’Infantino a été un peu plus longue que celle des joueurs.

Le comble de l’affaire, une requête identique de la Belgique déposée avant son match contre les Etats-Unis, a été jugée irrecevable par la même Fifa. Décision arbitraire condamnable. Le silence des foules et des autres équipes engagées dans la compétition a été assourdissant. Deux poids deux mesures. Les diables rouges comme l’Iran se sont retrouvés piégés, ils ont affronté seuls deux géants aux pieds d’argile, le président américain et celui de la Fifa. Le trophée est passé avant l’honneur ; les pays restés en course auraient pu faire bloc pour faire plier ceux qui jouaient en eaux troubles.

La Fifa a vite fait de changer de maillot en trouvant la parade. Pour laver l’affront, elle a suspendu le manager de la sélection américaine et le vice-président chargé de la sécurité. Deux boucs émissaires en somme.

Quand Trump abuse du rouge

L’atmosphère électrisée et le caractère belliqueux des rencontres ont déteint sur la qualité du jeu. Les erreurs d’arbitrage en faveur des grandes équipes, notamment l’Argentine, ont transformé les parties de football en combat de coqs.

Trump a laissé une empreinte indélébile sur cette édition. La question que l’on doit se poser est la suivante : le président d’un pays hôte, quel qu’il soit, a-t-il l’autorité d’annuler une décision de l’arbitrage ? Affaire à suivre, wait and see. La prochaine édition nous confirmera ou infirmera cette nouvelle tendance.

En fin de compte, le président américain n’est pas ‘Eliot Ness’, agent fédéral chef des ‘‘Incorruptibles’’. Trump est accusé d’avoir usé et abusé du rouge, du carton s’entend.

* Fonctionnaire à la retraite.

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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

21. Juli 2026 um 08:52

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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ZOOM – Revue hebdomadaire 13-17 juillet 2026 : marchés en quête de repères

21. Juli 2026 um 07:48

La semaine du 13 au 17 juillet 2026 a été remarquée : à chaque hausse d’indice et à chaque variation du dollar ou chaque mouvement du pétrole, se cache une interrogation silencieuse. Jusqu’où peut-on encore repousser les incertitudes ?

Les écrans des salles de marché ont continué de clignoter, les analystes ont commenté les statistiques, les banques centrales ont scruté les courbes de l’inflation et des taux d’intérêt. Mais derrière cette mécanique financière se trouve une réalité beaucoup plus humaine : celle d’un monde économique qui cherche simplement à retrouver un peu de stabilité après plusieurs années de crises successives.

Car depuis la pandémie, les guerres, les tensions énergétiques et le retour brutal de l’inflation, une nouvelle psychologie s’est installée dans l’économie mondiale. Les ménages hésitent avant de consommer, les entreprises réfléchissent davantage avant d’investir, les États surveillent leurs déficits, et les investisseurs avancent avec une prudence nouvelle. Les marchés n’ont pas seulement besoin de croissance. Ils ont besoin de confiance.

Wall Street : la grande machine américaine continue de séduire, mais les doutes grandissent

Aux États-Unis, la semaine aura encore été dominée par une fascination presque intacte pour la technologie et l’intelligence artificielle. Dans les tours de verre de la Silicon Valley comme dans les bureaux des grands fonds d’investissement, une conviction demeure : l’intelligence artificielle représente peut-être la prochaine grande révolution économique. Elle promet d’améliorer la productivité, de transformer les entreprises et de créer de nouveaux secteurs d’activité.

Mais derrière cet enthousiasme se glisse une question que les marchés commencent à poser avec davantage d’insistance : combien vaut réellement cette promesse ? La finance connaît bien ces moments d’euphorie collective où une innovation devient un symbole d’avenir. L’histoire économique a connu l’arrivée du chemin de fer, de l’électricité, d’Internet. À chaque époque, une technologie nouvelle a porté un immense espoir, parfois justifié, parfois exagéré.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle nourrit une confiance comparable. Mais les investisseurs savent aussi qu’une grande révolution technologique n’empêche pas les corrections financières. Le véritable sujet n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle changera le monde. La réponse est probablement oui. La question est plutôt de savoir si les marchés n’ont pas déjà intégré trop rapidement cette réussite future.

Dans le même temps, la politique monétaire américaine continue de peser sur les décisions. Pour autant, les taux d’intérêt élevés rappellent une réalité simple : l’argent a un prix. Après plus d’une décennie où les banques centrales ont rendu le crédit presque abondant et bon marché, les économies doivent désormais apprendre à fonctionner dans un environnement financier plus exigeant.

Le dollar, miroir des inquiétudes du monde

Sur le marché des changes, le dollar continue de jouer son rôle paradoxal. Il est à la fois la monnaie d’une économie américaine puissante et le refuge d’un monde inquiet. Lorsque les tensions augmentent, les investisseurs se tournent naturellement vers le billet vert. Mais lorsque les interrogations portent sur la dette américaine ou la politique future de la Réserve fédérale, cette confiance devient moins automatique. Le dollar raconte ainsi une histoire plus profonde : celle d’un système financier mondial toujours dominé par les États-Unis, mais progressivement confronté à de nouvelles interrogations.

L’euro, de son côté, reste prisonnier d’une équation complexe. L’Europe possède des atouts considérables, une industrie de qualité, un marché intérieur immense et un savoir-faire technologique reconnu. Mais elle souffre d’un problème majeur : elle avance avec une croissance insuffisante. Pour les entreprises européennes, le défi est quotidien. Il ne s’agit plus seulement de conquérir de nouveaux marchés, mais de survivre dans un environnement où l’énergie coûte cher, où la concurrence internationale s’intensifie et où les consommateurs restent prudents.

Le pétrole : cette vieille dépendance qui revient toujours hanter l’économie mondiale

Il suffit parfois d’un événement géopolitique pour rappeler une vérité que l’économie moderne tente souvent d’oublier : le pétrole reste le sang de l’économie mondiale. La semaine écoulée a une nouvelle fois montré combien l’énergie demeure au cœur des équilibres internationaux.

Lorsque le prix du pétrole augmente, ce ne sont pas seulement les grandes compagnies énergétiques qui sont concernées. Ce sont les familles qui voient leurs factures progresser, les transporteurs confrontés à des coûts supplémentaires, les agriculteurs qui subissent la hausse des intrants, et les entreprises qui doivent absorber des charges plus lourdes.

L’inflation énergétique possède une dimension particulière : elle pénètre progressivement tous les secteurs de l’économie. C’est pourquoi les banques centrales observent le pétrole avec autant d’attention. Une inflation provoquée par une demande excessive peut être combattue par les taux d’intérêt. Mais une inflation provoquée par un choc énergétique est beaucoup plus difficile à traiter. Augmenter les taux pour combattre une hausse du pétrole revient parfois à ralentir davantage une économie déjà fragilisée. C’est ce vieux cauchemar économique qui revient : la stagflation.

L’or et la recherche d’une protection dans un monde incertain

Dans ce climat d’incertitude, l’or conserve son pouvoir symbolique. Depuis des siècles, il représente une forme d’assurance collective. Lorsque les sociétés doutent, lorsque les monnaies inquiètent ou lorsque les tensions géopolitiques augmentent, l’or retrouve naturellement sa place. Mais même ce refuge historique n’échappe pas aux nouvelles règles financières. La remontée des taux d’intérêt rend les obligations plus attractives et réduit mécaniquement l’attrait d’un actif qui ne procure pas de rendement.

Cette contradiction résume parfaitement l’époque actuelle : les investisseurs cherchent simultanément la sécurité et la performance, la protection et la rentabilité. Or, ces deux objectifs deviennent de plus en plus difficiles à concilier.

La Tunisie face aux vents contraires de l’économie mondiale

Pour la Tunisie, ces mouvements internationaux ne sont jamais de simples événements observés à distance. Une hausse du pétrole signifie une pression supplémentaire sur les finances publiques et sur la balance commerciale. Un dollar plus fort renchérit les importations. Une remontée des taux internationaux complique l’accès au financement.

Derrière les tableaux statistiques se trouve une réalité quotidienne : celle des entreprises tunisiennes qui cherchent à investir malgré les contraintes, des ménages qui tentent de préserver leur pouvoir d’achat, et des jeunes qui attendent encore des perspectives économiques plus solides. La stabilité monétaire demeure un acquis important. La Banque centrale de Tunisie (BCT) poursuit une politique prudente afin de préserver les équilibres financiers et contenir les tensions inflationnistes.

Mais la stabilité n’est jamais une finalité. Elle doit être le point de départ d’une transformation économique plus profonde. Car une économie ne peut pas vivre éternellement dans la gestion de la rareté. Elle doit retrouver l’ambition de produire davantage, d’innover, d’exporter et de créer des emplois. Le véritable défi tunisien n’est donc pas uniquement financier. Il est économique, social et humain.

Le monde financier attend toujours une réponse à la grande question

Précisément, la semaine du 13 au 17 juillet 2026 aura finalement été une semaine d’attente. Attente des prochaines décisions des banques centrales. Attente de la trajectoire de l’inflation. Attente d’une stabilisation géopolitique. Attente d’un nouveau souffle pour l’économie mondiale. Les marchés financiers ressemblent aujourd’hui à une société entière qui cherche ses repères. Ils reflètent les espoirs mais aussi les inquiétudes des millions d’acteurs économiques qui prennent chaque jour des décisions : acheter ou attendre, investir ou économiser, embaucher ou reporter.

Derrière les milliards échangés chaque jour sur les places financières, il y a toujours une histoire humaine. Celle d’un entrepreneur qui hésite avant d’embaucher : Celle d’un salarié qui regarde ses dépenses augmenter : Celle d’un investisseur qui cherche à protéger son avenir ; Celle d’un État qui tente de préserver ses équilibres… Les marchés ne sont donc pas seulement des machines à calculer. Ils sont le reflet des sociétés qu’ils traversent.

Et cette semaine encore, ils ont raconté l’histoire d’un monde qui avance, mais qui avance avec prudence, comme un marcheur dans le brouillard, conscient que le chemin existe, mais incapable encore d’en distinguer clairement l’horizon.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Tunisie | Des banquiers développeurs aux courtiers d’argent  

21. Juli 2026 um 07:44

A propos des effets pervers de la restructuration du système bancaire tunisien entre 2000 et 2009, une restructuration conduite sous l’impulsion de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et dans le sillage des diktats du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Comment le dogme de la libéralisation financière a-t-il progressivement sacrifié les banques de développement au profit de banques essentiellement commerciales… et vénales ? (Photo : La Banque centrale de Tunisie laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.)

Moktar Lamari *

Pendant près de quatre décennies, et depuis son indépendance, la Tunisie avait fait un choix original. La banque n’était pas seulement un commerçant ou courtier d’argent ; elle constituait un instrument de politique économique.

Le crédit n’était pas une simple marchandise tarifée selon le risque : il servait à transformer une économie agricole en économie industrielle, à financer les hôtels, les usines, les exploitations agricoles, les petites et moyennes entreprises (PME) et le développement régional. Ce fut, l’ère de Bourguiba et sa prodigieuse équipe de technocrates : Ahmed Ben Salah, Hédi Nouira, Mansour Moalla, entre autres. Tous morts et oubliés par ces nouvelles élites qui gouvernent aujourd’hui.

Toute une architecture bancaire au service du développement

Au tournant des années 1990, un autre credo s’imposa : celui de la libéralisation financière, de la concurrence, de la privatisation et de la banque universelle. Trente ans plus tard, une question mérite d’être posée sans complaisance : qu’avons-nous réellement gagné… et surtout, qu’avons-nous perdu ?

Durant les années 1960 à 1990, l’architecture financière tunisienne ressemblait à une véritable boîte à outils. Chaque secteur stratégique disposait de son propre instrument de financement. La Banque de développement économique de Tunisie (BDET), créée en 1963, soutenait l’industrialisation avant d’être absorbée par la Société tunisienne de banque (STB) en 2000.

La Banque nationale de développement touristique (BNDT), fondée en 1973, accompagnait les investissements touristiques jusqu’à sa disparition la même année. La Banque nationale de développement agricole (BNDA) avait, quant à elle, fusionné dès 1989 avec la Banque nationale de Tunisie (BNT) pour donner naissance à l’actuelle Banque nationale agricole (BNA).

Autour de ces établissements gravitaient plusieurs instruments spécialisés : le Fonds de promotion et de décentralisation industrielle (Foprodi), le Fonds spécial de développement agricole (Fosda), le Fonds de dépollution (Fodep), le Fonds national de promotion de l’artisanat et des petits métiers (Fonapra), sans oublier les banques mixtes de développement comme la Banque tuniso-koweïtienne de développement (BTKD) et la Société tuniso-saoudienne d’investissement et de développement (Stusid).

Chaque institution bancaire répondait à une mission clairement définie. Le tout s’arrimait à merveille et se complétait pour financer et refinancer les pôles de développement, les grands projets dans le cadre d’une stratégie visionnaire et articulée. Mais, non sans risque de corruption et de financements risqués, sans garanties.

Cela dit, ces banques de développements et fonds de financement insufflaient ensemble des taux de croissance allant jusqu’à 7% par an.

Retour de manivelle et tournant libéral des années 1990

Ces organismes n’étaient pas exempts de défauts. Bureaucratie, créances douteuses, interférences politiques et gouvernance parfois défaillante nourrissaient des critiques souvent fondées. Mais ils poursuivaient un objectif que les banques commerciales n’assument jamais spontanément : financer ce qui est utile avant de financer ce qui est immédiatement rentable.

Au fil des réformes, le vocabulaire changea de musique : ajustement structurel, gouvernance, concurrence, privatisation, normes prudentielles et ouverture financière remplacèrent progressivement les notions de planification et de développement.

Les institutions financières internationales expliquaient alors que les banques spécialisées appartenaient au passé et que le marché allouerait le capital plus efficacement que l’État. La Tunisie appliqua cette nouvelle doctrine avec une remarquable discipline.

En moins de 5 ans, la BNDA fusionna avec la BNT, la BDET et la BNDT furent absorbées par la STB, l’Union internationale de banques (UIB) fut privatisée en 2002, la Banque du Sud passa sous contrôle d’Attijari Bank en 2005 à l’issue d’une privatisation demeurée controversée (corruption avérée), puis la Banque tuniso-koweïtienne (BTK) fut également privatisée en 2008.

En moins d’une décennie, un écosystème financier construit depuis l’indépendance avait pratiquement disparu. Les défenseurs de ces réformes rappellent, à juste titre, que les banques publiques accumulaient des créances non performantes et souffraient d’interférences politiques. Ces critiques étaient largement justifiées. Mais réformer ne signifie pas nécessairement supprimer.

Restructuration à la tronçonneuse ou la BCT aux ordres du FMI

La Tunisie n’a pas seulement modernisé son système bancaire ; elle a remplacé une philosophie économique par une autre. Les anciennes institutions ont été démantelées avant qu’une véritable banque nationale de développement moderne ne voie le jour. Comme si l’on avait détruit le pont avant de construire celui qui devait le remplacer.

Les principaux artisans de cette transition – gouverneurs de la BCT, hauts responsables du ministère des Finances et économistes influents, parmi lesquels Taoufik Baccar, Mongi Safra ou Mustapha Kamel Nabli – poursuivaient un objectif clair : rapprocher la Tunisie des standards internationaux, améliorer la solidité du système bancaire et renforcer la stabilité financière. Ils prônaient le démantèlement des banques de développement en faveur des banques commerciales.

L’intention était respectable. Mais l’histoire économique juge moins les intentions que les résultats.

Cette évolution ne s’est pas produite dans un vide intellectuel. À partir du Programme d’ajustement structurel de 1986, les recommandations du FMI et de la BN ont profondément influencé les réformes financières tunisiennes.

Le régime Ben Ali croise le fer, et sa famille élargie et son entourage goûtaient à la corruption et aux recettes de la prédation. La BCT, sous la gouverne de Taoufik Baccar (entre 2004 et 2011), ne fait rien pour défendre le système bancaire. Bien au contraire, elle laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.

Le FMI fournissait la logistique conceptuelle et quelques prêts avec leurs lots de diktats. Les priorités étaient alors claires : libéraliser les marchés financiers, renforcer la concurrence, réduire les interventions directes de l’État, améliorer les ratios prudentiels, privatiser plusieurs établissements publics, ne rien faire contre la corruption et orienter les banques vers des critères de rentabilité et de gestion du risque conformes aux standards internationaux.

Ces orientations répondaient à une logique macroéconomique de stabilisation et d’efficacité. En revanche, la question du financement de long terme du développement industriel, agricole ou régional est progressivement passée au second plan. Le marché devait, selon cette doctrine, prendre le relais des anciens instruments publics. C’est précisément cette hypothèse que l’expérience tunisienne invite aujourd’hui à réexaminer. Même si c’est trop tard, et le mal est fait, par collusion, par incompétence ou pire par accointance.

Jamais les banques tunisiennes n’ont affiché des ratios prudentiels aussi exigeants, des dispositifs de contrôle aussi sophistiqués et des exigences réglementaires aussi élevées. Pourtant, rarement l’économie productive aura paru aussi orpheline de financement.

Depuis 2011, l’investissement privé productif stagne autour de 12 % du produit intérieur brut, la formation brute de capital fixe demeure inférieure à celle observée durant les décennies précédentes et la croissance économique peine à retrouver un rythme soutenu. Pendant ce temps, les banques ont découvert un client autrement plus confortable : l’État.

Pourquoi financer une PME innovante, risquée et coûteuse à suivre lorsqu’il suffit de souscrire à des titres publics offrant un rendement attractif avec un risque perçu comme plus faible ? Le banquier moderne a trouvé un débouché plus rentable que l’entrepreneur : le Trésor public.

Ce phénomène nourrit un puissant effet d’éviction. En mobilisant une part croissante de l’épargne nationale pour financer ses déficits, l’État réduit mécaniquement les ressources disponibles pour les entreprises productives. Les PME deviennent les variables d’ajustement. Trop petites pour accéder aux marchés financiers, insuffisamment garanties pour satisfaire les banques, mais suffisamment importantes pour créer l’essentiel des emplois, elles se retrouvent dans un véritable désert financier.

Cette évolution éclaire également, sans tout expliquer, l’essor spectaculaire de l’économie informelle. Fiscalité, lourdeurs administratives, corruption et instabilité politique y contribuent également.

Mais lorsque le crédit bancaire devient inaccessible ou prohibitif, les entrepreneurs cherchent d’autres circuits. Une partie de l’épargne quitte progressivement le système bancaire pour alimenter les transactions en espèces, les réseaux familiaux ou les circuits parallèles. L’argent ne disparaît pas ; il change simplement de trottoir.

Les quatre erreurs de la Banque centrale

Avec le recul, quatre erreurs majeures apparaissent. La première fut de supprimer les banques spécialisées dans le développement et promotion stratégique (secteur, région, filière et innovation) sans leur substituer une véritable banque publique d’investissement capable de financer les projets structurants avec des méthodes modernes.

La deuxième fut de croire que les mécanismes du marché remplaceraient spontanément une politique industrielle. Pourtant, les économies qui ont réussi leur transformation – de la Corée du Sud au Maroc, en passant par la Chine ou la Malaisie – n’ont jamais abandonné leurs instruments publics de financement stratégique.

La troisième erreur fut de demander aux banques commerciales de remplir une mission qui n’est pas la leur. Une banque privée maximise naturellement son rendement ajusté au risque ; ce n’est ni une faute ni une anomalie. L’erreur consiste à croire qu’elle assurera, à elle seule, le financement du développement national.

Enfin, la quatrième fut de confondre solidité bancaire et prospérité économique. Des ratios prudentiels irréprochables ne remplacent ni une stratégie industrielle ni une politique d’investissement.

Aujourd’hui, le système bancaire tunisien fonctionne dans un environnement fortement concentré où la logique dominante demeure celle de la rentabilité financière, mesurée notamment par la valeur actualisée nette (VAN) des projets, davantage que par leur contribution au développement économique, régional ou technologique.

Selon les profils d’emprunteurs et les garanties offertes, les taux nominaux appliqués aux entreprises atteignent fréquemment des niveaux très élevés, alors même que la rentabilité moyenne de nombreuses activités productives demeure nettement inférieure.

Dans ces conditions, financer l’investissement relève parfois davantage de l’exploit que de la décision entrepreneuriale.

Alors que de nombreuses économies émergentes redécouvrent le rôle des banques publiques d’investissement et des institutions de financement du long terme, la Tunisie continue de payer le prix d’un démantèlement qu’elle présentait naguère comme le symbole de la modernité. Les bilans bancaires se sont incontestablement renforcés ; les bilans économiques sont beaucoup moins convaincants. La logique de l’argent facile domine le système bancaire, sous la gouverne d’une BCT complice des collusions opaques.

Les banques prêtent davantage à l’État qu’aux entreprises, davantage au court terme qu’à l’avenir. Elles accomplissent correctement leur mission commerciale, mais laissent inachevée une mission plus essentielle : accompagner la transformation économique du pays.

Une banque qui ne finance plus suffisamment le développement cesse d’être un levier de croissance pour devenir un simple intermédiaire financier. Et lorsqu’un pays renonce à financer son avenir, il finit toujours par payer, intérêts compris, le prix de ses propres illusions. C’est peut-être là le véritable retour de flamme de la grande restructuration bancaire tunisienne.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T

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