Les travaux du congrès du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) débutent ce samedi 10 octobre 2026 dans un contexte politique et médiatique d’une extrême sensibilité, marqué au premier chef par l’incarcération de quatre journalistes — Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi. Cette situation remet au premier plan la question de la liberté de la presse et des limites de l’ouverture en Tunisie, conférant au débat sur la situation de la profession des dimensions qui dépassent le cadre strictement syndical.
Fahem Boukaddous *
L’un des indicateurs permettant d’appréhender la nature des relations entre le pouvoir et la presse en Tunisie est sans doute le nombre de journalistes incarcérés simultanément. Quelles que soient les formes de restriction — des procès et poursuites judiciaires à l’interdiction d’exercer, en passant par les pressions sur les médias et les entraves à l’accès aux sources d’information — l’emprisonnement de journalistes demeure l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’état des libertés publiques et de la nature des limites imposées à la liberté d’expression et à la critique.
Durant les années du régime de Ben Ali, la presse tunisienne a subi le poids de la censure ainsi que des pressions politiques et sécuritaires ; des journalistes ont fait l’objet de poursuites et de procès, et se sont vu interdire d’écrire ou de voyager. Malgré le caractère global de ce climat répressif, il était rare que plus de deux journalistes soient emprisonnés simultanément. Cette période a notamment été marquée par l’incarcération de Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Zouhair Makhlouf, outre d’autres formes de poursuites et de restrictions ; cela ne signifiait pas pour autant que les autres journalistes jouissaient d’une liberté réelle ou que le paysage médiatique était épargné par la répression.
La capacité du pouvoir à imposer l’autocensure et la peur
Le nombre limité de journalistes emprisonnés à l’époque ne témoignait pas d’une tolérance du pouvoir envers la liberté de la presse ; il s’inscrivait plutôt dans les méthodes de gestion et de contrôle de l’espace médiatique, permettant de maintenir une pression constante sans que chaque mesure restrictive ne débouche nécessairement sur une peine de prison.
En effet, la répression ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes jetées derrière les barreaux, mais aussi à la capacité du pouvoir à imposer l’autocensure et la peur, ainsi qu’à dicter ce qui peut être publié et ce qui doit être passé sous silence.
La détention simultanée de quatre journalistes soulève aujourd’hui des questions qui ne sauraient être réduites aux seuls dossiers judiciaires individuels, ni dont on peut ignorer la portée politique et professionnelle. Au-delà des spécificités juridiques propres à chaque affaire, la concomitance de ces cas — qui coïncide avec la tenue du congrès du Syndicat des journalistes — fait de la question de la liberté de la presse un test majeur pour le climat général du pays.
La particularité de l’emprisonnement d’un journaliste réside dans le fait que ses conséquences ne se limitent pas à la privation de sa liberté individuelle, mais affectent également le droit de la société à l’information. En effet, le journaliste n’exerce pas seulement un droit individuel à l’expression ; il remplit une mission d’intérêt public consistant à recueillir, vérifier et diffuser des informations, à demander des comptes aux décideurs et à mettre les faits et les opinions à la disposition des citoyens. Ainsi, lorsqu’un journaliste est emprisonné pour ses écrits ou ses propos, ou qu’il se retrouve sous la menace de poursuites dans l’exercice de ses fonctions, l’impact dépasse sa personne pour affaiblir la capacité de la société à s’informer, à débattre et à exercer un contrôle démocratique.
Sous cet angle, la défense des journalistes emprisonnés ne consiste ni à défendre des individus en particulier, ni à épouser l’ensemble de leurs positions ou opinions ; il s’agit plutôt de défendre un principe fondamental : la liberté d’expression n’est garantie que lorsqu’elle englobe également les opinions critiques et dérangeantes, et le traitement des dérives présumées ne doit pas se transformer en un moyen de réduire au silence certaines voix ou d’intimider les autres professionnels des médias.
La tenue du congrès du syndicat revêt, dans ce contexte, une importance accrue. Ce congrès ne constitue pas seulement une étape organisationnelle destinée à évaluer le bilan du bureau exécutif, à élire une nouvelle direction et à définir les priorités de l’action syndicale ; c’est aussi l’occasion de faire le point sur la réalité de la profession, sur la place des journalistes dans le paysage général et sur leur capacité à exercer leur rôle en toute indépendance, alors que s’intensifient les craintes de poursuites judiciaires et que s’amenuisent les garanties protégeant la liberté d’exercice du journalisme.
Permettre à la presse d’exercer son rôle de contrôle
Par ailleurs, l’emprisonnement de quatre journalistes place le congrès face à une responsabilité qui dépasse les revendications professionnelles et sociales — aussi importantes soient-elles — pour englober la défense du droit à la liberté et des conditions permettant à la presse d’exercer son rôle de contrôle.
En effet, la défense des salaires, des conditions de travail et de la stabilité professionnelle est indissociable de la défense de la liberté du journaliste d’écrire, de critiquer et d’enquêter ; car une profession dont les membres sont en proie à la peur et aux poursuites ne saurait remplir sa fonction sociale comme il se doit.
Dans ce contexte, l’appel à la libération de Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi va bien au-delà d’une simple revendication syndicale ou d’un geste de solidarité. Il s’agit d’un appel à apaiser les tensions et à ouvrir de plus larges perspectives pour les libertés ; c’est aussi le signe que la résolution de la tension actuelle ne saurait passer par un durcissement des restrictions, mais plutôt par le respect des droits et libertés, la garantie de l’indépendance de la justice et l’instauration d’un environnement propice à la critique et à la diversité des opinions.
L’expérience tunisienne a démontré qu’en période de tension politique, la libération de journalistes peut être perçue comme un indicateur positif d’une possible détente. Tout comme l’arrestation de journalistes a, par le passé, témoigné de l’intransigeance du pouvoir et du rétrécissement de l’espace public, leur libération aujourd’hui pourrait constituer un message d’apaisement s’adressant non seulement au milieu médiatique, mais aussi à l’ensemble des acteurs politiques, civils et sociaux.
Toutefois, il ne faut pas confondre la libération de journalistes avec une véritable amélioration de la situation des libertés. Cette libération, bien qu’importante, ne constitue qu’une première étape ; elle doit s’accompagner de garanties empêchant de nouvelles poursuites liées à l’expression d’opinions, d’une révision des textes juridiques criminalisant le travail journalistique, et de la fin du climat d’intimidation poussant les journalistes à l’autocensure, sans oublier la mise en place de conditions assurant l’indépendance économique et professionnelle des médias.
Le véritable test ne réside pas uniquement dans le nombre de journalistes en liberté, mais dans leur capacité à travailler sans crainte, dans la disposition du pouvoir à accepter la critique et dans la capacité de la société à défendre son droit à une information indépendante et pluraliste. La liberté de la presse n’est pas un privilège que le pouvoir octroie ou retire à sa guise, mais un droit fondamental indispensable au bon fonctionnement de la vie publique.
C’est dans ce contexte que se tient le congrès du Syndicat des journalistes, avec une question qui préoccupe vivement la profession : quel avenir pour la presse tunisienne alors que quatre de ses membres sont derrière les barreaux ?
La libération de ces quatre journalistes ne suffirait peut-être pas, à elle seule, à transformer la situation ; elle constituerait toutefois un geste d’une portée politique et symbolique majeure, susceptible d’amorcer une détente et de rétablir la confiance. À l’inverse, leur maintien en détention — alors même que se tient un congrès censé réaffirmer l’engagement envers la liberté et l’indépendance de la presse — laisserait planer le doute sur la trajectoire du pays en matière de libertés.
Les journalistes d’abord : non pas qu’ils soient au-dessus des lois, mais parce que la liberté de la presse est une condition du droit de la société à l’information, et parce que leur libération pourrait ouvrir la voie à une détente plus large, touchant non seulement les médias, mais l’ensemble de la vie publique.
Le doublement de l’axe routier reliant Kasserine à Sfax se prépare à franchir une étape décisive. L’appel d’offres relatif à ce projet, qui traversera également les gouvernorats de Kairouan et de Sidi Bouzid, est attendu avant la fin de 2026. Le calendrier a été confirmé jeudi à Tunis, lors d’une réunion entre le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, et Alexander Kremer, représentant du Groupe de la Banque mondiale en Tunisie.
Au cours de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’état d’avancement des préparatifs et les démarches à achever avant le lancement de l’appel d’offres. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de finaliser les procédures administratives dans les délais impartis, afin de respecter l’échéance annoncée.
Le projet concerne un axe reliant quatre gouvernorats, de Kasserine à Sfax, en passant par Kairouan et Sidi Bouzid. Son doublement s’inscrit dans les efforts visant à développer et à moderniser le réseau routier tunisien, dans le cadre du partenariat entre la Tunisie et le Groupe de la Banque mondiale.
Selon le communiqué du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, la réunion s’est tenue en présence d’une délégation de la Banque mondiale, de Khaled Latrech, directeur général des Ponts et Chaussées, ainsi que de Moez Garma, directeur de l’unité chargée du suivi du projet.
La saison oléicole 2026-2027 en Tunisiedevrait enregistrer une baisse de la production à 200 000 ou 250 000 tonnes, presque la moitié de celle enregistrée au cours de la saison 2025-2026, qui s’est élevée à 500 000 tonnes, un record national validé par le Conseil oléicole international (COI).
Selon Midani Dhaoui, président du Syndicat national des agriculteurs (Synagri), cité par Diwan FM, ce recul de la production est principalement dû au retard pris dans la récolte des olives lors de la saison écoulée, ce qui a eu un impact négatif sur les oliviers. Aussi doit-on œuvrer à assurer le succès de la saison qui commence et surmonter toutes les difficultés pouvant survenir au niveau de la collecte.
C’est là une très mauvaise nouvelle pour les finances publiques qui risquent de souffrir, en 2027 et 2028, de la baisse des recettes d’exportation d’huile d’olive, lesquelles contribuent habituellement au rééquilibrage des balances alimentaire, commerciale et extérieure.
Business, zones d’ombre, mélange des genres et conflits d’intérêts sont devenus la marque de fabrique de la gestion des grands dossiers internationaux par l’administration Trump.
Imed Bahri
Les négociations américano-russes visant à mettre fin à la guerre en Ukraine ne se limitent plus aux modalités d’un cessez-le-feu et au sort des territoires disputés, elles englobent désormais un accord énergétique se chiffrant en milliards de dollars dans lequel les intérêts géopolitiques s’entremêlent aux relations commerciales de la famille de Donald Trump et de ses proches. Les actifs internationaux de l’entreprise pétrolière russe Lukoil sont au cœur des négociations.
Une enquête du New York Times a révélé que les efforts de Washington et de Moscou pour parvenir à un règlement politique sont désormais liés au sort des actifs internationaux du géant pétrolier russe. Cet accord implique des investisseurs entretenant des liens politiques ou commerciaux avec la famille du président américain ainsi qu’avec ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
Les actifs internationaux de Lukoil font saliver les Américains
L’enquête intitulé «Les pourparlers américano-russes sur l’Ukraine incluent désormais un accord pétrolier lié aux alliés de Trump» met en lumière des détails controversés indiquant que les négociations de paix sur l’Ukraine se sont élargies pour inclure un accord de plusieurs milliards de dollars portant sur l’acquisition d’un vaste portefeuille d’actifs internationaux de Lukoil, l’une des plus grandes compagnies énergétiques russes.
Ces actifs comprennent des champs pétroliers, des raffineries et des stations-service répartis dans diverses régions du monde, notamment des gisements au Cameroun, des raffineries en Europe et des stations-service dans l’État américain du New Jersey.
La société avait évalué ses actifs internationaux à environ 20 milliards de dollars plus tôt dans l’année, bien que la valeur finale de la transaction envisagée et sa structure financière ne soient pas encore précisées.
Le moment choisi pour cette opération revêt une importance particulière. L’administration Trump avait imposé des sanctions à Lukoil il y a environ un an, dans le cadre des pressions exercées sur Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre. Toutefois, ces mêmes sanctions ont incité l’entreprise à céder ses actifs à l’étranger, créant ainsi une opportunité d’investissement majeure pour les acheteurs en mesure d’obtenir l’aval de Washington.
Le paradoxe réside dans le fait que les sanctions, utilisées initialement pour punir Moscou, sont devenues un élément d’un mécanisme susceptible de libérer des actifs russes des restrictions américaines, augmentant ainsi considérablement leur valeur d’investissement. Ces sanctions confèrent également à Washington une influence décisive sur le processus de vente, car la conclusion de toute transaction nécessite son feu vert pour lever les restrictions pesant sur les actifs concernés.
Selon l’enquête, le président russe a évoqué cette transaction lors de sa rencontre avec Wittkoff et Kushner au Kremlin, le 5 septembre dernier, la présentant comme un moyen de démontrer que les relations commerciales avec les États-Unis demeurent possibles. Les deux émissaires américains ont répondu qu’ils œuvreraient à faire avancer le projet, d’après des personnes informées de la teneur de la réunion et citées par le journal américain sous couvert d’anonymat.
De leur côté, Wittkoff et Kushner voient dans cette opération une opportunité de renforcer la confiance avec le Kremlin et de contribuer à la baisse des prix mondiaux de l’énergie, d’autant que l’aval du gouvernement américain entraînerait la levée des sanctions sur ces actifs et une augmentation immédiate de leur valeur.
Bien que les responsables de l’administration assurent que les émissaires du président n’ont aucun intérêt financier direct, la liste des investisseurs est dominée par des personnalités étroitement liées au premier cercle de Trump.
Le NYT signale que l’un des principaux acteurs de cette liste est un groupe d’investissement dirigé par le milliardaire américain Todd Boehly, copropriétaire de l’équipe des Dodgers de Los Angeles et l’un des grands donateurs qui soutiennent soutenues Trump. Il a fait un don d’un million de dollars au comité «Maga Inc.», qui soutient le président, en décembre 2025 et a également versé un million de dollars supplémentaires par l’intermédiaire de sa société d’investissement Eldridge Industries pour la cérémonie d’investiture de Trump.
Toutefois, l’enquête souligne l’absence de preuve indiquant que Kushner ou Witkoff détiennent une participation financière directe dans l’accord avec Lukoil ou qu’ils en tireraient un profit personnel. Néanmoins, des partenaires commerciaux de la famille Trump et de ses émissaires bénéficieraient financièrement de la conclusion de cet accord, compte tenu des liens d’investissement existants qui les unissent.
Dans ce contexte, le NYT a cité Hui Chen, ancienne procureure fédérale et experte en éthique gouvernementale, qualifiant ces enchevêtrements d’effarants et extrêmement préoccupants. Elle a affirmé que cette situation soulève des questions majeures quant à la manière dont l’administration américaine évalue les candidats aux appels d’offres et à l’influence que les intérêts personnels pourraient exercer sur l’issue du processus.
En revanche, la porte-parole de Witkoff a défendu le rôle de ce dernier, soulignant qu’il œuvre bénévolement et sans rémunération pour instaurer la paix et obtenir la libération des otages et qu’il ne présente aucun conflit d’intérêts ni participation financière dans ce dossier.
La Maison-Blanche au cœur du processus de décision
L’accord dépassant le cadre d’un simple investissement commercial, sa conclusion nécessite l’aval conjoint du gouvernement américain et du Kremlin. Si l’approbation du département du Trésor américain est indispensable pour alléger les restrictions liées aux sanctions, des observateurs avertis estiment que la décision finale se joue désormais à la Maison-Blanche.
Une porte-parole du Trésor résume cette dynamique en expliquant que le Bureau de contrôle des actifs étrangers (Office of Foreign Assets Control dit l’OFAC) met en œuvre la politique étrangère définie par la Maison-Blanche.
À Moscou, Poutine est considéré comme le décideur ultime, bien que Lukoil soit juridiquement une entreprise privée. Le NYT souligne ainsi que l’accord est tributaire d’une entente politique entre les présidents américain et russe plutôt que de relever d’une simple transaction entre vendeur et acheteur.
Washington affirme que l’implication de la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC*) dans l’opération renforcerait la sécurité économique des États-Unis, soutiendrait la politique étrangère et réduirait les prix de l’énergie pour les consommateurs. Un responsable de l’institution a par ailleurs indiqué que cette participation pourrait également consolider la sécurité énergétique des alliés américains.
Un responsable de l’administration Trump a également précisé que Witkoff et Kushner avaient directement participé à la négociation des conditions financières de l’investissement public américain afin de garantir aux États-Unis un versement initial substantiel ainsi qu’une part des bénéfices.
Toutefois, toujours selon l’enquête du NYT, ces arguments se heurtent à la réalité du dossier. Il ne s’agit pas d’une acquisition purement américaine, il y aussi des investisseurs étrangers notamment du Moyen-Orient et donc des profits vont être logiquement générés par ces investisseurs.
Il y a également un autre problème à savoir une offre antérieure de la société américaine de capital-investissement Carlyle. Celle-ci avait conclu, en janvier dernier, un accord de principe pour le rachat d’une part importante des actifs, ce qui aurait permis une détention américaine intégrale des actifs. Le NYT rapporte que l’offre de Carlyle est toujours en attente d’approbation alors que le groupe de Todd Boehly, l’ami de Trump, a émergé comme un concurrent majeur. Si l’enquête ne démontre pas que ce sont des liens politiques et commerciaux qui ont propulsé l’offre de Boehly au premier plan, elle soulève néanmoins des questions quant aux critères de sélection entre les différentes offres, en particulier compte tenu du pouvoir décisif dont dispose la Maison-Blanche pour les approuver ou les bloquer.
*La DFC (U.S. International Development Finance Corporation) est l’institution fédérale américaine de financement du développement, créée en 2019 pour mobiliser des capitaux privés au service de la politique étrangère et de la sécurité économique des États-Unis.
Les géants de l’intelligence artificielle (IA) empruntent sans regarder le prix, le rendement de la dette du Trésor américain à cinq ans a dépassé 5 % et l’aide publique au développement recule comme jamais. Le Sud découvre que l’argent du monde a trouvé preneur mieux noté et plus attractif, que les réserves de ses banques centrales financent la course dont il est exclu, et que l’avenir de son financement ne s’écrira plus à New York. Il s’écrira chez lui, ou il ne s’écrira pas.
Yahya Ould Amar *
Une règle gouverne les marchés depuis qu’ils existent, et on l’enseigne encore dans les universités. Quand le prix de l’argent monte, les emprunteurs se retirent, la demande de crédit faiblit et le prix finit par redescendre. Cette règle vient de mourir sous les coups d’un emprunteur d’un genre nouveau, dont le calcul ne porte pas sur le coût du capital mais sur la survie de son empire.
Les neuf premiers hyperscalers – ce noyau des géants du numérique qui possède et bâtit les centres de données de la planète – engageront près de 830 milliards de dollars d’investissements en 2026, soit une hausse d’environ 80 % en un an. Microsoft annonce 190 milliards, Google entre 180 et 190, Amazon au-delà de 230, Meta entre 125 et 145. Les agences de notation projettent déjà 1000 milliards par an à l’horizon 2027. Aucune industrie, à aucune époque de l’histoire humaine, n’a mobilisé un tel volume de capital en si peu de temps pour un chiffre d’affaires encore à venir.
Cet effort ne se finance plus par l’émission d’actions, car les fondateurs ne partagent pas leur pouvoir. Il se finance par la dette. En sept mois, cinq groupes ont absorbé plus de deux fois l’encours total des eurobonds souverains africains, qui s’élève à 115 milliards pour 21 pays.
Pour un emprunteur engagé dans une course où le second n’existe pas, payer l’argent 5 % ou 10 % revient au même. Cinq points de plus sur 200 milliards représentent 10 milliards par an, soit une fraction de la trésorerie trimestrielle de chacun de ces groupes. La seule perte qu’ils redoutent se mesure en rang, à la survie de leur empire, pas en points de base. Face à un acheteur insensible au prix, le mécanisme d’enchères qui répartissait l’épargne mondiale ne répartit plus rien. Il adjuge.
Le rendement du bon du Trésor américain à 5 ans a dépassé 5 % un niveau inconnu depuis vingt ans. On y lit une inflation qui résiste, une offre massive de titres publics, un pétrole au-delà de 100 dollars et, pour une part désormais explicite, la demande de capital née de la course à l’IA. Ce rendement sert de plancher à tous les taux de la planète, puisque nul ne prête à Nairobi ou à Bogota moins cher qu’il ne prête sans risque à Washington, et que tout emprunt en dollars s’évalue comme ce rendement augmenté d’une prime. Lorsqu’il monte d’un point, il soulève d’un point le coût de la dette de Colombo ou de Bogota, avant même que leur propre risque soit tarifé.
Les eurobonds émis par les pays émergents, signés entre 2017 et 2021 à 5 ou 6 % arrivent à échéance et se refinanceront à 9, 10 ou 11 %. Quatre points de plus sur un milliard refinancé, ce sont 40 millions de dollars par an prélevés sur des budgets où 40 millions construisent des écoles ou des dispensaires. L’Afrique affrontera cette année un besoin de financement non couvert de près de 100 milliards de dollars.
Un pays du Sud qui doit refinancer sa dette entre 2026 et 2028 ne se présente pas devant un marché tendu, qui finit toujours par se détendre. Il se présente devant un marché occupé, qui ne libère rien tant que l’occupant n’a pas achevé la construction de ses infrastructures. La différence entre les deux fait toute la différence entre une crise et un changement d’époque.
Cette occupation du marché survient au moment où les trois piliers de l’ancien financement du développement cèdent ensemble.
Le premier pilier, la dette extérieure, s’est transformé en pompe aspirante. Le rapport que la Cnuced a publié le 7 octobre 2026 indique que les pays en développement ont payé 995 milliards de dollars d’intérêts nets sur leur dette publique en 2025, près du triple de 2010. L’État médian y consacre 8,1 % de ses recettes, deux fois plus qu’il y a quinze ans. Cinquante-et-un pays, où vivent 3,7 milliards d’êtres humains, dépensent davantage pour servir leurs intérêts que pour la santé ou l’éducation. S’ils empruntaient aux conditions des économies avancées, ils économiseraient 500 milliards de dollars par an, davantage que toute l’aide publique au développement jamais versée en une année.
Le deuxième pilier, l’aide publique, se retire. L’aide des pays de l’OCDE a chuté de 23,3 % en termes réels en 2025, après un recul de 8,5 % en 2024, une contraction sans précédent dans l’histoire de l’aide au développement. L’OCDE projette une nouvelle baisse de 6,9 % en 2026, de 11,6 % pour l’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne et de 10,9 % pour celle aux pays les moins avancés. En trois ans, l’aide mondiale aura perdu plus d’un tiers de sa valeur réelle.
Le troisième pilier, la promesse climatique, n’a jamais été construit. Le Programme des Nations unies pour l’environnement chiffre les besoins d’adaptation des pays en développement entre 310 et 365 milliards de dollars par an d’ici 2035 – une sous-estimation manifeste en comparaison avec d’autres sources scientifiques plus crédibles. Les flux publics internationaux d’adaptation, selon l’OCDE, représentent un peu moins de 35 milliards en 2024. Les pays dont la responsabilité dans le réchauffement est infime doivent construire digues, réseaux et systèmes d’irrigation avec un argent qui n’arrive pas, pour survivre à des catastrophes climatiques devenues récurrentes.
Le Sud doit donc emprunter davantage, pour rembourser plus cher, sur un marché où le capital a déjà trouvé preneur, pendant que l’aide se retire et que le climat présente sa facture.
La Federal Reserve (banque centrale américaine) combat une inflation qu’elle impute à l’économie réelle alors qu’une part croissante vient d’une poignée de bilans. Chaque durcissement frappe la mauvaise cible. Il écrase le logement et l’investissement des entreprises ordinaires sans retarder d’un seul serveur la construction des centres de données, puisque leurs promoteurs ne regardent pas le prix.
Cette erreur de visée se propage aux banques centrales du Sud, contraintes de suivre pour défendre leur monnaie, et qui étranglent leur propre économie pour compenser une dépense dont elles ne tireront aucun bénéfice.
Solvabilité ou liquidité, le dilemme sans bon choix
Une banque centrale sait traiter une crise de liquidité. Elle prête contre de bons actifs à des institutions solides momentanément privées de trésorerie. Elle ignore en revanche comment traiter une crise de solvabilité, où les actifs ne valent plus ce qu’ils ont coûté et où aucune avance ne rendra au débiteur la richesse perdue. La bulle de l’IA prépare une crise du second type. Des centres de données amortis sur quinze ou vingt ans abritent des processeurs dépassés en trois à cinq ans. Des dettes à trente ans reposent sur des revenus dont aucun compte de résultat ne porte encore la trace à la hauteur des sommes engagées. Tout cela ne manquera pas de liquidité. Tout cela manquera de valeur.
Prêter à des insolvables prolonge l’agonie et transforme la banque centrale en caisse de garantie des mauvais paris. Refuser de prêter précipite la chute et emporte les banques, d’abord celles qui ont financé la course au Nord, ensuite celles du Sud par contagion. Entre les deux, toute banque centrale émettrice de monnaie de réserve choisira la création monétaire, c’est-à-dire la conversion d’une perte privée en impôt diffus sur tous les détenteurs de la monnaie.
Le dilemme se pose ensuite, en miroir et avec moins de moyens, aux banques centrales du Sud. Elles n’ont ni la monnaie de réserve ni la profondeur de marché qui permettent d’absorber une crise de solvabilité par la planche à billets. Fournir de la liquidité à un système devenu insolvable revient à financer la fuite des capitaux et à détruire la monnaie. La refuser à un système seulement illiquide revient à provoquer la faillite que l’on voulait éviter. La frontière entre les deux diagnostics se révèle invisible dans l’instant, et l’erreur se paie en dévaluation ou en années perdues. Le Sud n’a jamais eu le droit à l’erreur que le Nord s’accorde depuis toujours.
La fin du refuge et le second prélèvement
Dans l’ancien monde, la récession américaine venait au secours des pays émergents. Les rendements chutaient, le dollar reculait, les capitaux repartaient vers le Sud en quête de rendement meilleur. Cette respiration risque de ne plus venir. Les grandes économies développées creusent leurs déficits au même moment, le Japon et la Chine cessent d’absorber la dette américaine, et les taux longs peuvent rester élevés au cœur même d’un ralentissement. Le Sud perd ainsi le seul mécanisme automatique qui lui rendait, périodiquement, l’accès au capital.
Lorsque le pari de l’IA se dénouera, les pertes s’ajouteront à celles, encore enfouies, du capital-investissement et du crédit privé contractées au temps de l’argent quasi gratuit. Un problème de solvabilité de cette ampleur se traite par une création monétaire assumée et massive, dont la facture atterrit sur tous ceux qui détiennent des dollars. Or les économies émergentes et en développement détiennent plus de la moitié des quelque 13 000 milliards de dollars de réserves de change mondiales, dans leurs banques centrales, leurs fonds de stabilisation et les comptes de leurs exportateurs. Le Sud aura été évincé pendant la bulle et dilué pendant la purge. Deux fois prélevé dans une partie à laquelle il n’a jamais joué.
Les fonds souverains de Riyad, de Doha et d’Abou Dhabi, qui gèrent ensemble plus de 4 000 milliards de dollars, se sont fait une place au cœur de la course. MGX, le véhicule d’Abou Dhabi, compte parmi les fondateurs du programme Stargate, chiffré à 500 milliards de dollars d’infrastructures américaines. Le fonds saoudien, par sa filiale Humain, a investi trois milliards dans xAI.
L’épargne du Sud nourrit la course qui exclut le Sud. Les capitaux de la péninsule arabique financent, au Texas et dans l’Ohio, les centres de données, la rareté qui frappe Le Caire ou Lima. Aucune conférence sur le financement du développement n’a jamais déplacé des sommes comparables à celles que le Sud déplace lui-même, chaque trimestre, en direction du Nord.
L’économie comme champ de bataille
Une vieille conviction gouverne les chancelleries depuis que les nations existent. Une économie forte a besoin d’une armée forte, et une armée forte a besoin d’une économie forte. Les deux se nourrissent jusqu’au jour où l’une faiblit. Ce jour venu, la peur s’installe, et la peur d’une grande puissance qui se sent décliner constitue une menace sur la paix mondiale.
La course à l’IA appartient autant au Pentagone qu’à la Silicon Valley. Les centres de données que finance l’épargne du monde entier sont des arsenaux, et le crédit qui s’y engouffre relève du budget de la défense autant que de celui de l’innovation. Cela explique la passivité des autorités monétaires devant la bulle de l’IA. On ne modère pas un réarmement. Une banque centrale qui relèverait ses taux jusqu’à freiner la construction des centres de données serait accusée de livrer la supériorité technologique à l’adversaire, et aucune institution ne survit à une telle accusation. La hiérarchie des urgences a été renversée dans l’ombre. La stabilité financière s’efface devant la sécurité nationale, et le prix de l’argent devient une variable stratégique avant d’être une variable économique.
Le Sud global se trouve à l’autre bout de cette chaîne. Il finance, par les taux qu’il subit, une course aux armements numériques dont il ne possède ni les laboratoires ni les armées. Il en subira les retombées lorsque la peur des puissances se traduira en sanctions, en contrôles des exportations, en fragmentation des circuits de paiement et en guerres par procuration sur son propre sol.
Le Sahel, la Corne de l’Afrique et la mer Rouge savent déjà ce que signifie devenir le terrain où des grandes puissances inquiètes règlent leurs comptes. Une économie du Sud qui veut se protéger doit comprendre que sa faiblesse financière constitue désormais une faiblesse militaire, et que sa souveraineté monétaire relève de sa défense.
Il reste à comprendre pourquoi cette bulle rencontre si peu de résistance dans les opinions du Sud, alors même qu’elle les appauvrit. Des décennies de promesses non tenues, de budgets détournés, d’élections sans alternance et d’alternances sans changement ont vidé la parole des dirigeants de toute crédibilité. Lorsque l’on ne croit plus en ceux qui gouvernent, on se prend à croire en ce qui pourrait gouverner à leur place. L’IA recueille un espoir. On lui prête la capacité de détecter la fraude, de distribuer l’aide sans intermédiaire, de rendre la justice sans clientèle. Une machine réputée sans appétit paraît, aux peuples qui ont trop connu l’appétit des puissants, une promesse de probité.
Cette foi mérite le respect, car elle naît d’une blessure réelle. Mais les systèmes que l’on espère incorruptibles sont conçus et détenus par des groupes dont l’intérêt diffère de celui des citoyens de Bangkok ou de Kinshasa. Ils absorbent les données du Sud, en restituent les décisions et en conservent la valeur. Une gouvernance déléguée à des algorithmes financés par la dette que nous payons ne corrige pas l’absence de confiance envers nos dirigeants. Elle la déplace vers des maîtres plus lointains et moins comptables encore. La seule probité qui dure se construit dans des institutions que les peuples contrôlent, et aucun modèle de langage ne remplacera un parlement qui vote, une cour qui juge et une presse qui enquête.
Le modèle qui a financé le Sud depuis un demi-siècle, une aide publique en complément, une dette extérieure en devises pour l’essentiel, et une fenêtre de marché qui se rouvrait à chaque ralentissement américain, est mort en 2026. L’aide recule, la dette aspire plus qu’elle n’apporte, la fenêtre est occupée. L’avenir du financement du développement repose sur trois déplacements, et chacun se chiffre.
Le premier déplacement va de la devise empruntée à l’épargne mobilisée. Les transferts des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 685 milliards de dollars en 2024, davantage que l’investissement direct étranger et l’aide publique réunis, et l’Afrique en reçoit près de 100 milliards par an. L’épargne nationale brute du continent dépasse 500 milliards de dollars par an, soit plus de quatre fois l’encours de l’ensemble de ses eurobonds. Cette épargne existe, elle dort dans des dépôts à vue rémunérés en dessous de l’inflation, s’exporte vers des bons du Trésor étrangers appelés à être dilués, ou se perd dans l’immobilier improductif. On observe déjà que la dette domestique a progressé plus vite que la dette extérieure dans 62 pays sur 86.
Un pays qui place chez lui -sur son marché boursier- un dixième de son épargne annuelle lève davantage, à moindre coût et sans risque de change, que par l’eurobond signé au mauvais moment.
Le deuxième déplacement va de la dette à la rente partagée. L’IA a faim de ce que le Sud possède. L’Agence internationale de l’énergie attend un doublement de la consommation électrique des centres de données d’ici 2030, à près de 945 térawattheures, davantage que ce que consomme le Japon. La République démocratique du Congo fournit environ 70 % du cobalt mondial, le Niger et la Namibie figurent parmi les premiers producteurs d’uranium, la Guinée détient les premières réserves de bauxite. Vendre ces ressources brutes contre des dollars, puis emprunter ces mêmes dollars à 10 %, revient à payer deux fois ce que l’on possède une fois. L’enjeu consiste à exiger des participations au capital plutôt que des redevances, des contrats d’électricité à long terme libellés en partie en monnaie locale plutôt que des exportations de minerai, une transformation sur place plutôt qu’un embarquement au port, et une cotation locale des sociétés d’exploitation afin que la rente devienne un capital qui reste plutôt qu’une facture qui revient de loin. Le Sud détient ce que la bulle convoite. Il doit se faire payer en patrimoine, pas en dette.
Le troisième déplacement va de la dépendance cyclique à la profondeur institutionnelle. Les banques multilatérales de développement peuvent, par une utilisation plus audacieuse de leur capital et le recours au capital hybride, dégager plusieurs centaines de milliards de dollars de capacité de prêt supplémentaire sur la décennie sans un dollar de contribution nouvelle. Les droits de tirage spéciaux alloués en 2021, 650 milliards de dollars, sont allés pour l’essentiel aux économies riches qui n’en avaient pas besoin, et les pays à faible revenu en ont reçu moins de 4 %. Leur réaffectation vers des mécanismes de garantie en monnaie locale et des lignes de liquidité régionales vaut davantage que dix conférences de bailleurs.
Ces trois déplacements ne relèvent ni de la charité du Nord ni de la bonne volonté des marchés. Ils relèvent de décisions que les États du Sud peuvent prendre seuls, et dont la plupart ont déjà le cadre juridique. Ils supposent, en revanche, la confiance des peuples dans leurs propres institutions. Une épargne nationale ne se mobilise que vers des bourses dont les règles sont respectées. La souveraineté financière commence par la probité domestique, et la probité domestique ne se délègue à aucune machine.
Enfin, le Sud global a connu la dette comme un fardeau, puis comme un instrument. Il la découvre aujourd’hui comme un droit d’entrée dans une partie truquée, où le prix de l’argent ne mesure plus la rareté du capital mais la peur de déclin des puissances. Les économies qui comprendront les premières que la sortie se trouve dans la profondeur de leurs propres marchés, dans la rente convertie en patrimoine et dans une souveraineté financière pensée comme une ligne de défense, auront moins à craindre du jour où les emprunteurs sans limite, cesseront de payer. Les autres apprendront, une fois encore, que l’on ne négocie pas avec un marché occupé. On le quitte, ou on en construit un autre non truqué.
PhosCo poursuit ses travaux d’exploration dans le nord-ouest de la Tunisie. La compagnie australienne vient d’annoncer dans un communiqué de nouveaux résultats de forage à DOH, où une découverte de phosphate avait déjà été identifiée, ainsi qu’à Sekarna Nord.
À DOH, les deux premiers forages du nouveau programme ont permis de retrouver de la minéralisation phosphatée. Le forage GADD-36 a traversé une zone de 8,1 mètres à une profondeur de 64,9 mètres. De son côté, le forage GADD-37 a recoupé 9 mètres de phosphate à partir de 22 mètres de profondeur.
D’après un communiqué, les premières recherches menées à Sekarna Nord donnent également des résultats positifs. Cette zone, détenue à 100% par PhosCo, se trouve à environ 10 kilomètres au nord-est de Gasaat. Les deux premiers forages exploratoires ont rencontré du phosphate. Le SKDD-01 a recoupé 6 mètres de minéralisation à 46,5 mètres de profondeur, tandis que le SKDD-02 a identifié 7,4 mètres à partir de 25 mètres.
En effet, ces résultats viennent élargir la zone où PhosCo identifie une présence de phosphate. Pour la compagnie, ils renforcent le potentiel du bassin phosphaté du Nord et sa stratégie visant à développer un pôle régional dans le secteur des engrais.
Il faudra toutefois attendre les analyses des échantillons pour avoir une idée plus précise de la qualité du phosphate découvert. Les résultats des tests sont encore attendus pour les quatre forages.
PhosCo prévoit également de publier plus tard ce mois-ci une nouvelle étude de cadrage sur Gasaat. Ce document devrait apporter davantage de précisions sur les prochaines étapes du projet.
Ainsi, PhosCo s’allie à STUDI International pour accélérer son projet de phosphate en Tunisie.
Et si, pour faire parler d’une marque, il suffisait de lui retirer ce que tout le monde connaît déjà ? C’est le pari du groupe Bel aux États-Unis. Depuis le 22 septembre, la célèbre mascotte de La Vache qui rit a temporairement perdu son sourire sur certains emballages vendus dans plus de 4 700 magasins américains. À sa place : un visage sérieux, la mention « The Not Laughing Cow » et un message énigmatique : « We need to talk ».
Pendant plusieurs jours, le groupe n’a donné aucune explication. Les consommateurs étaient invités à scanner un QR code présent sur les emballages et à se rendre sur le site de la campagne pour tenter de comprendre ce qui était arrivé à la vache. La marque a également entretenu le mystère sur ses réseaux sociaux.
Le dispositif a finalement été dévoilé le 30 septembre. La Vache qui rit aurait perdu le sourire après avoir constaté à quel point les gens pouvaient se diviser pour des désaccords parfois dérisoires : la façon de placer le rouleau de papier toilette, les chaussettes avec des sandales ou encore l’ananas sur la pizza. Bel a construit toute sa campagne autour de cette idée : certaines disputes prennent beaucoup plus d’importance qu’elles ne le méritent. La campagne ne s’arrête toutefois pas à cette révélation. Avec « Spread the Laugh » et le hashtag #SpreadTheLaugh, Bel invite désormais les internautes à raconter leurs propres petites disputes du quotidien et à en rire. L’objectif est de faire participer les consommateurs plutôt que de simplement leur diffuser un message publicitaire.
L’opération illustre une idée utile pour les entreprises : une marque n’a pas toujours besoin de créer quelque chose de nouveau pour attirer l’attention. Elle peut aussi jouer avec un actif existant, à condition qu’il soit suffisamment fort pour être immédiatement reconnu. Dans le cas de La Vache qui rit, plus de 100 ans d’histoire donnent une valeur particulière au moindre changement. En retirant momentanément son sourire, Bel transforme une caractéristique graphique en sujet de conversation.
La campagne montre aussi l’intérêt d’un mécanisme en plusieurs temps : provoquer une anomalie, laisser le public chercher la réponse, puis révéler l’histoire et lui donner la possibilité de participer. Le consommateur n’est alors plus seulement spectateur de la publicité ; il devient une partie de son scénario. C’est probablement le point le plus intéressant de l’opération : Bel n’a pas essayé de rendre La Vache qui rit différente. L’entreprise a simplement rendu son absence de sourire suffisamment inhabituelle pour que les consommateurs aient envie de savoir pourquoi.
Et pour une marque née en 1921, réussir à faire regarder à nouveau sa mascotte par le public en 2026 est déjà, en soi, une performance marketing.
À l’occasion d’Octobre Rose, Ooredoo Tunisie se mobilise une nouvelle fois dans la lutte contre le cancer du sein en lançant, en partenariat avec Go Run, un challenge solidaire ouvert à tous.
Tout au long du mois d’octobre, les participants sont invités à marcher, courir et cumuler des points via Go Run. Cette initiative associe activité physique et engagement solidaire, en soutenant le don d’Ooredoo Tunisie au profit de l’Association Tunisienne d’Assistance aux Malades du Cancer du Sein (ATAMCS) et de ses actions en faveur des femmes touchées par la maladie.
Le challenge invite ainsi chacun à transformer ses efforts quotidiens en un élan collectif de solidarité, tout en sensibilisant à l’importance de la santé, de la prévention et du dépistage.
Les participants pourront cumuler des points en fonction de leur activité tout au long de la campagne, avec à la clé un prix de 2 500 TND pour le participant ayant obtenu le meilleur score.
Organisé du 1er au 31 octobre 2026, le challenge est accessible via *411#, My Ooredoo et la plateforme Go Run.
À travers son programme RSE Tounes T3ich, Ooredoo Tunisie poursuit son engagement en faveur d’initiatives qui mobilisent la communauté autour de la santé et d’un impact social positif.