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De la menace d’apocalypse à un répit temporaire – Pourquoi un tel revirement ?

09. April 2026 um 12:47

Moins de 90 minutes avant l’expiration de son ultimatum, Donald Trump a fait marche arrière et annoncé mardi 7 avril un cessez-le-feu avec l’Iran. Une stratégie qui mêle intimidation extrême et pragmatisme. Analyse.

 

C’est un air du déjà-vu. Lors de son premier mandat et dans sa première allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump s’était violemment attaqué, le 19 septembre 2017, au « régime vicieux » de la Corée du Nord, promettant « le feu et la colère » et menaçant de « détruire totalement » ce pays qui développe des missiles nucléaires au nez et à la barbe de la communauté internationale. Avant d’engager, à la surprise générale, des discussions inédites avec Kim Jong-un !

Bis repetita. Mardi 7 avril 2026, le même président américain lance un terrible ultimatum aux dirigeants iraniens : rouvrir le détroit d’Ormuz avant minuit, faute de quoi « une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais réapparaître », a-t-il menacé sur sa plateforme Truth Social.

Il ajoute : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas ».

Ainsi, un président qui ne brille ni par sa culture ni par sa connaissance de l’Histoire, menace avec une violence inouïe et sans état d’âme de raser ainsi Chiraz, Tabriz, Ispahan, Persépolis, capitale achéménide ou encore Hamadan ; des villes millénaires où vivront Ferdowsi, Rumi, Hafez, Saadi, Omar Khayyam, Nezami. A l’heure où les ancêtres de M. Trump vivaient à l’âge de pierres.

Rétropédalage

Revirement spectaculaire de la situation. Une heure avant l’expiration de l’ultimatum, le locataire de la Maison Blanche annonce avoir accepté un cessez-le-feu, une sorte de trêve de 15 jours présentée comme « une victoire totale et complète. 100 %. Il n’y a aucun doute là-dessus ».

Dans un article intitulé « le jour où le monde a retenu son souffle face aux menaces de Donald Trump sur l’Iran », The Wall Street Journal écrit : « À 8 h 06 [heure locale], mardi, le président américain a posé l’ultimatum le plus radical de son mandat » et, « à moins d’une heure et demie de l’échéance, Trump a finalement fait machine arrière et annoncé sur son réseau social la conclusion d’un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, et l’annulation des frappes promises, en échange de la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz ».

Alors, comment expliquer cette volte-face ?

Cynisme

Il s’agit en effet d’une stratégie bien huilée : le milliardaire républicain, initialement rompu aux techniques de la promotion immobilière, met la barre très haut lors d’une négociation avant de concéder progressivement du terrain ; tout en restant au-dessus de son objectif réel. Le tout en maniant l’arme de l’intimidation, voire de la violence verbale.

Et ce qui vient de se passer concernant l’Iran illustre parfaitement cette stratégie : pousser la menace à son paroxysme, puis ajuster sa position face aux risques d’escalade.

Concrètement, le président américain émet une grave menace d’un anéantissement de la « civilisation » iranienne assortie d’un ultimatum, fait volte-face à la dernière minute, parle désormais de possible coopération entre l’Iran et les États-Unis, ennemis jurés depuis près d’un demi-siècle, pour administrer conjointement le détroit d’Ormuz ou récupérer les stocks d’uranium enrichi de Téhéran. Et claironne par la suite son propre « génie » tactique ayant abouti à une « victoire totale ».

Une mécanique qui s’inscrit aussi dans un contexte politique intérieur tendu, marqué par une opinion publique plus réticente à la guerre et des inquiétudes économiques croissantes, à l’approche des élections de mi-mandat.

D’ailleurs, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a bien saisi le sens de la manœuvre présidentielle. Interrogée sur la menace apocalyptique émise mardi matin (7 avril) par son patron et qui a même fait spéculer sur une attaque nucléaire américaine, elle a fini par admettre que « ce qui intéresse le président ce sont les résultats et dans les faits, sa rhétorique très dure et son style de négociation dur ont apporté les résultats que vous pouvez tous voir aujourd’hui ».

Qui gagne, qui perd ?

Ce n’est pas l’avis d’un spécialiste des États-Unis qui estime pour sa part que Donald Trump « met les enjeux très haut parce qu’il pense que c’est la solution pour faire peur à l’adversaire. Il croit que cette pression extrême va forcer l’adversaire à négocier et lui donner un avantage. Il est pourtant en position de faiblesse face à l’Iran ».

Et d’expliquer : « Malgré ses propos très violents, Donald Trump n’obtient rien en réalité et s’embourbe dans une situation qu’il a provoquée. C’est une porte de sortie à la Trump, une porte de sortie rhétorique. Il construit un récit dans lequel il apparaît comme le gagnant, transformant le réel en affirmant que les Iraniens sont forcés à négocier, alors que s’il accepte les dix points du plan de paix, la situation risque d’être pire que celle d’avant-guerre ».

Pour Steven Ekovich, professeur d’histoire et de relations internationales à The American University of Paris, « La stratégie de Donald Trump, c’est d’être au centre de l’attention mondiale. Il a tenu la planète entière en haleine pendant quelques heures après sa menace de mardi. Mais il a aussi abîmé sa crédibilité. Le danger, c’est que plus personne ne le prenne au sérieux ».

Au bout du compte, c’est à se demander qui sort véritablement gagnant de ce bras de fer entre Donald Trump – le flamboyant adepte du poker -, et les dirigeants iraniens, réputés pour leur jeu d’échecs aussi discret que méthodique. La réponse, elle, se révèle bien moins évidente qu’il n’y paraît.

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Place de l’Indépendance – Un haut lieu des événements du 9 avril 1938

09. April 2026 um 05:43

Alors que la Tunisie commémore en ce jour du 9 avril 2026 le 88ème anniversaire de la fête des martyrs, il est bon de se rappeler l’importance d’un lieu symptomatique de la lutte pour l’Indépendance : la place de l’Indépendance. C’est en ce lieu qu’Ali Belhaouane, un des grands militants du Néo-Destour, dont le nom est largement associé aux événements du 9 avril 1938, prend la parole, face à quelque 8 000 personnes, pour prononcer cette phrase restée dans l’Histoire : « Maintenant, c’est la lutte sans fin […] Que la police et l’armée se servent de leurs armes si elles veulent et on verra de quoi le peuple sera capable ».

Parmi les photographies qui immortalisent les événements du 9 avril 1938, plus connus sous le nom de “fête des martyrs“, celle qui montre un attroupement de Tunisiens face à la Cathédrale Saint-Vincent de Paul, sur l’actuelle avenue Habib-Bourguiba, est, sans doute, la plus répandue. La foule brandissait de nombreuses banderoles, dont l’une demandait à ce que « le pouvoir » soit « aux Tunisiens ». Un moment d’histoire qui est restée dans le souvenir de tous nos compatriotes.

La photographie, que nous reproduisons dans cet article consacré à l’un des plus importants événements de l’histoire du mouvement national, permet facilement de reconnaître le lieu : l’actuelle place de l’Indépendance et ancienne place de la résidence. Un nom qui a été évidemment donné à cette place qui abritait, avant le 20 mars 1956, le bâtiment accueillant les services de la Résidence générale de France à Tunis. Et qui abrite aujourd’hui l’ambassade de France.

Outre la façade de la cathédrale de style romano-byzantin, divisée en trois parties et qui n’a pas bougé d’un iota, beaucoup reconnaîtront, sans doute, les lieux grâce aussi aux quelques longs palmiers imposants.

Ali Belhaouane fait face à quelque 8 000 personnes

Le lieu est symptomatique de la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Notre confrère Jeune Afrique a du reste écrit, dans un article publié en 2023, que les événements du 9 avril 1938 constituaient « un premier pas de la Tunisie vers l’indépendance ». On se souvient que le bilan était bien lourd : 22 morts et près de 150 blessés.

 

 

En fait, la photographie a été prise la veille du 9 avril 1938. Le 8 avril 1938 ont eu effectivement lieu une grève générale et une première manifestation. C’est sur cette place de la résidence qu’Ali Belhaouane (notre photo), un des grands militants du Néo-Destour, dont le nom est largement associé aux événements du 9 avril 1938, prend la parole, fait face à quelque 8 000 personnes, pour prononcer dette phrase restée dans l’Histoire : « Maintenant, c’est la lutte sans fin […] Que la police et l’armée se servent de leurs armes si elles veulent et on verra de quoi le peuple sera capable » (voir “Anissa El Materi Hached, Mahmoud El Materi : pionnier de la Tunisie moderne“, Paris, Les Belles Lettres). Il sera emprisonné le lendemain.

Des places et lieux qui ont marqué l’Histoire en tant qu’épicentre de combats politiques, la Tunisie en a eu beaucoup. Dans un mémoire de master en architecture, soutenu en 2019, à l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Nantes (France), Sarra Baccouche évoque, par exemple, ces lieux où la révolution tunisienne de 2011 a fleuri.

« Et ils campent aussi sur leur position »

On peut y lire : « Depuis dimanche 23 janvier 2011, la jolie place de La Kasbah à Tunis, celle du gouvernement, a été désacralisée pour devenir une agora. Les Tunisiens de l’intérieur, qui ont payé un lourd tribut humain dans la révolte contre le régime de Ben Ali, campent au cœur du symbole de l’exécutif. Et ils campent aussi sur leur position ».

Et Sarra Baccouche d’ajouter : « Le choix de la place et son occupation n’étaient pas anodins. Investir La Kasbah signifiait la réappropriation de l’espace public confisqué, à l’image des idéaux démocratiques où la représentativité politique n’interdit ni n’interroge le pouvoir ni prend en compte les exigences du Peuple ».

On peut parler autant des marches du Théâtre de la Ville de Tunis sur l’avenue Habib-Bourguiba, appelé un temps place de la Révolution. Ou encore, toujours sur cette avenue Bourguiba, de la Tour de l’horloge, sur l’ancienne avenue 7-Novembre débaptisée pour être appelée place 14 janvier 2011.

Autant dire que la place de l’Indépendance aura été, peut-être, une précurseure !

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Et si la guerre au Moyen-Orient était une vraie aubaine pour l’Algérie ?

07. April 2026 um 10:23

Alors que la guerre s’intensifie au Moyen-Orient, que des infrastructures énergétiques des monarchies du Golfe sont quotidiennement visées par l’Iran qui bloque le détroit d’Ormuz; l’Algérie entend bien se positionner comme alternative surtout pour le marché européen. En a-t-elle les moyens ?

Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le conflit au Moyen-Orient illustre une fois de plus une réalité brutale des relations internationales. A savoir qu’une crise lointaine, par un effet domino implacable, peut se muer en opportunité pour des acteurs situés à des milliers de kilomètres. C’est le cas de l’Algérie voisine qui apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires indirects de la guerre en Iran, tirant profit à la fois de la flambée des prix des hydrocarbures et des perturbations ayant affecté les grands producteurs du Golfe.

Effet papillon

Ainsi, en l’espace d’un mois à peine, Alger aura engrangé près de 10 milliards de dollars de recettes supplémentaires, portées par l’envolée des prix de l’or noir. Une manne du ciel directement liée aux secousses qui ébranlent le marché énergétique mondial.

En effet, la combinaison de la guerre qui a embrasé le golfe Persique et la fermeture du détroit d’Ormuz-artère vitale par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié (GNL) a profondément désorganisé les flux. Dans ce contexte explosif, la menace brandie par Téhéran de bloquer durablement ce verrou maritime a suffi à propulser les cours à des niveaux vertigineux.

Résultat direct de la montée de tension dans cette région hautement stratégique : les marchés pétroliers s’envolent. Cinq semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, rien ne semble pouvoir freiner la folle escalade des prix du pétrole et du gaz : le baril de brut a de nouveau franchi, lundi 6 avril, le seuil symbolique de 110 dollars. Et ce, en dépit de l’annonce dimanche dernier d’une augmentation de la production mondiale pour tenter de juguler la crise.

Une manne céleste

De quoi faire le bonheur de l’Algérie, premier producteur de gaz et quatrième producteur de pétrole du continent, qui est aujourd’hui le seul pays africain à bénéficier d’une véritable autosuffisance énergétique. Et qui, en sa qualité de membre de l’OPEP, était autorisée à augmenter sa production de pétrole de 60 000 barils par jour, portant son total à près de 980 000 barils quotidiens. Cette hausse, bien que modeste à l’échelle mondiale, permet à Alger de drainer une partie de la demande laissée vacante par les producteurs du Golfe.

L’arme du gaz naturel

Mais c’est surtout dans le domaine du gaz naturel que les perspectives apparaissent les plus prometteuses pour l’Algérie. La suspension partielle des exportations du Qatar, premier producteur mondial de GNL, a provoqué une hausse immédiate des prix, notamment en Europe. Le prix du mégawatt-heure est ainsi passé de 31 à 53 euros en quelques jours. Tandis que les prix européens du GNL ont bondi de 20 %. Dans ce contexte, l’Algérie, qui représente environ 3 % de la production mondiale de GNL, se retrouve en position favorable pour accroître ses parts de marché.

D’autant plus que l’un des principaux atouts du pays réside dans sa proximité géographique avec l’Europe ainsi que dans ses infrastructures d’exportation.

Contrairement au Qatar, qui dépend du transport maritime, l’Algérie dispose de gazoducs reliant directement ses champs gaziers au continent européen, notamment via les pipelines TransMed vers l’Italie et Medgaz vers l’Espagne. Ces infrastructures, en partie sous-marines, présentent un avantage stratégique majeur : elles échappent aux risques sécuritaires qui pèsent sur les routes maritimes du Golfe, notamment les attaques de drones ou de missiles.

Cette sécurité d’approvisionnement renforce l’attractivité du gaz algérien. Et ce, d’autant plus que l’Union européenne cherche activement à diversifier ses sources d’énergie depuis la décision de réduire puis d’interdire progressivement les importations de gaz russe d’ici 2027. Déjà, les importations européennes de gaz algérien ont augmenté de 22 % entre décembre 2025 et janvier 2026, une tendance appelée à se poursuivre.

Toutefois, les gazoducs existants fonctionnent déjà à pleine capacité ou presque, limitant la possibilité d’augmenter rapidement les volumes exportés. Si Medgaz pourrait être légèrement étendu, le TransMed ne dispose pas de marges supplémentaires significatives. Par ailleurs, la production globale de l’Algérie reste inférieure à celle de certains concurrents majeurs, notamment le Qatar, dont la capacité est environ deux fois supérieure.

Et c’est pour pallier à ses insuffisances que l’Algérie a lancé un ambitieux programme d’investissements, estimé entre 50 et 60 milliards de dollars, afin de moderniser ses infrastructures et d’accroître ses capacités de production. L’objectif affiché est de doubler la production de gaz pour atteindre 200 milliards de mètres cubes par an d’ici 2030. Ce plan inclut notamment le développement de nouveaux gisements, y compris de gaz de schiste dans le sud du pays, considéré comme l’un des plus prometteurs au monde.

Dans cette optique, Alger a engagé des discussions avec de grandes compagnies internationales telles que Chevron et ExxonMobil, afin de bénéficier de leur expertise technologique et de leurs capacités d’investissement. Toutefois, ces projets nécessitent du temps, et les premiers résultats ne devraient pas se matérialiser avant plusieurs années.

En conclusion, la guerre au Moyen-Orient agit comme un catalyseur des recompositions énergétiques mondiales, offrant à notre voisin une fenêtre d’opportunité rare pour consolider sa place sur les marchés internationaux.

Cela étant, si l’Algérie bénéficie clairement de la hausse des prix et des perturbations affectant ses concurrents, il lui reste néanmoins à transformer cet avantage conjoncturel en levier durable. Un défi qui passe inévitablement par sa capacité de trouver des solutions adéquates à ses contraintes structurelles, ainsi que la concrétisation de ses ambitieux projets d’investissement.

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À l’ère de l’IA, les compétences décisives ne sont plus celles que l’école valorise  !

07. April 2026 um 08:54

L’intelligence artificielle ne menace pas seulement certains métiers : elle commence déjà à fragiliser l’accès même au travail. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas uniquement une vague de licenciements visibles, mais une transformation plus diffuse et plus profonde : premiers emplois gelés, stages plus rares, profils débutants moins recherchés, tâches d’entrée de gamme absorbées par l’automatisation. Dans ce nouveau paysage, la vraie question n’est plus de savoir quels métiers vont disparaître, mais quelles compétences permettront encore de rester utile, employable et adaptable.

C’est là que beaucoup d’analyses se trompent. L’IA ne supprime pas des professions entières d’un bloc ; elle retire des tâches, parfois une part croissante de la chaîne de valeur, au sein de presque tous les métiers. Un comptable ne disparaît pas du jour au lendemain, pas plus qu’un artisan ou un plombier. En revanche, tout ce qui relève de la saisie, du suivi, du traitement administratif, de la synthèse ou de la gestion standardisée peut être automatisé. Le problème n’est donc pas la disparition soudaine d’un titre de poste, mais la réduction progressive du besoin humain autour de ce poste.

Cette nuance est capitale, car elle invalide un autre réflexe répandu : celui qui consiste à croire que les destructions d’emplois seront naturellement compensées par la création de nouveaux métiers techniques. Oui, l’IA créera des opportunités dans l’ingénierie, l’intégration ou la supervision de systèmes. Mais non, cela ne compensera pas mécaniquement les fonctions rendues moins nécessaires. Une technologie pensée pour démultiplier la productivité ne recrée pas à l’identique tout ce qu’elle remplace. Dire à tous les travailleurs fragilisés qu’ils n’ont qu’à devenir développeurs ou experts IA relève davantage du slogan que d’une stratégie sérieuse.

Le marché du travail est donc en train de déplacer son centre de gravité. Pendant longtemps, l’école puis l’entreprise ont récompensé la maîtrise de savoir-faire stables, la conformité à une méthode et la répétition efficace d’une tâche connue. Or l’IA excelle précisément dans cet univers de l’exécution standardisée. Ce que la machine fait mal, en revanche, c’est tout ce qui suppose discernement, adaptation, jugement et reformulation. En clair, la valeur se déplace de la compétence figée vers la capacité à évoluer.

L’esprit critique devient une compétence décisive. Non pas au sens de contester systématiquement, mais au sens de savoir vérifier, comparer et corriger. Demain, dans beaucoup de métiers, la vraie valeur ne sera pas de produire vite une réponse avec l’IA, mais de repérer quand cette réponse est incomplète, approximative ou hors sujet. Prenons un exemple simple : un commercial demande à une IA de lui préparer une note sur un client potentiel. Le document est propre, bien rédigé, convaincant en apparence. Mais il contient une erreur sur le secteur de l’entreprise, oublie une actualité récente et propose un angle de contact inadapté. Celui qui gardera sa valeur ne sera pas celui qui aura simplement cliqué sur “générer”, mais celui qui saura relire, détecter ce qui cloche et reformuler la demande pour obtenir un résultat juste.

La deuxième est la capacité à apprendre vite, et surtout à apprendre seul. C’est probablement l’une des qualités les moins valorisées par les systèmes scolaires classiques, alors qu’elle devient centrale. Demain, l’employabilité ne reposera plus seulement sur ce que l’on sait déjà faire, mais sur la preuve que l’on peut acquérir vite une compétence nouvelle, changer d’outil, se reconfigurer. Le bon candidat ne sera pas seulement celui qui maîtrise un logiciel ou une procédure, mais celui qui peut démontrer qu’il sait s’approprier un nouveau terrain en peu de temps.

Vient ensuite la collaboration humain-machine. On réduit encore trop souvent ce sujet à l’art du “prompt”, comme s’il suffisait d’aligner quelques formules pour bien utiliser l’IA. C’est beaucoup plus profond. Il s’agit de comprendre ce que fait réellement l’outil, d’en connaître les limites, de structurer une demande, de vérifier une réponse, puis d’intégrer cette réponse dans une décision humaine. Autrement dit : ne pas déléguer son jugement à la machine, mais apprendre à travailler avec elle sans s’effacer devant elle.

Enfin, plus l’automatisation progresse, plus les qualités relationnelles et créatives deviennent stratégiques. L’intelligence émotionnelle, l’écoute, l’empathie, la capacité à sentir ce qui manque dans une réponse ou dans une relation ne sont plus des compétences périphériques. Elles deviennent centrales. Même chose pour la créativité réelle : non pas produire des variations superficielles, mais relier des idées éloignées, formuler une intuition originale, inventer une réponse inattendue. C’est là que l’humain garde un avantage, non parce que la machine serait incapable de tout simuler, mais parce qu’elle n’éprouve ni expérience vécue, ni responsabilité, et encore moins d’intuition propre.

Le plus inquiétant, au fond, est peut-être ailleurs : ni l’école, ni une grande partie de la culture professionnelle ne préparent vraiment à ce basculement. On continue à valoriser la bonne réponse attendue, la conformité, le diplôme, la spécialisation linéaire; alors que l’époque exige mobilité mentale, curiosité et capacité à se réinventer. C’est là que se joue désormais la véritable ligne de partage. À l’ère de l’IA, la compétence la plus rare n’est plus de savoir faire comme avant. C’est de savoir devenir autre chose quand le monde change.

Mehdi Ghazai

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Le dangereux désespoir de Donald Trump

06. April 2026 um 12:57

Alors que dimanche 5 avril, les Chrétiens célébraient leur journée la plus sacrée, les fêtes de Pâques, voici comment le président américain a célébré la sienne à travers son Truth social : « Mardi (7 avril), en Iran, ce sera la Journée de la Centrale électrique et la Journée du pont, le tout en un seul jour. Ça va être du jamais vu ! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous bâtards, ou j’ouvrirai sur vous les portes de l’enfer ! Vous verrez ! Louange à Allah » (sic).

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’expose devant le monde entier comme un président désorienté qui ne peut ni parler décemment, ni penser rationnellement. Cette fois, il a fait non pas un pas de plus, mais un bond dans le sens de l’indécence et de l’irrationalité. Démontrant à son peuple et au monde qu’il n’est pas seulement désorienté, mais désespéré de ne trouver aucune porte de sortie du piège où il se débat frénétiquement depuis six semaines.

Tout d’abord, bombarder les centrales électriques, les ponts ou tout autre infrastructure civile constitue un crime de guerre au sens du droit international et des Conventions de Genève. Mais Trump n’a pas seulement menacé de commettre des crimes de guerres; il a commencé son agression contre l’Iran par un abominable crime de guerre en bombardant sciemment une école : 165 fillettes âgées de 7 à 11 ans et des dizaines d’enseignants et d’enseignantes furent déchiquetés par les missiles Tomahawk américains.

Commentant le désastre de l’école primaire de la ville iranienne de Minab, le professeur John Mearsheimer a déclaré : « Si un jour un tribunal comme celui de Nuremberg devait juger ce crime de guerre, Trump et Netanyahu seraient pendus. »

Le désespoir de Trump se lit quotidiennement dans son incapacité de quitter son monde illusoire et de vivre dans le monde réel, dans ses déclarations contradictoires, dans ses mensonges, dans ses attaques verbales de bas étage contre ses alliés européens, dont la plus méprisable est celle qu’il réserva au président français Emmanuel Macron etc.

Le dimanche 5 avril restera dans l’histoire de cette guerre comme la journée où le désespoir du président américain a atteint des sommets au point qu’il est sorti littéralement de ces gonds. Les mots indécents qu’il a employés dans son énième ultimatum aux Iraniens ont beaucoup plus choqué les citoyens américains que les destinataires.

Depuis les premiers jours de la guerre, Donald Trump n’arrête pas de se vanter que : « Nous avons tué leurs dirigeants, détruit leurs défenses aériennes, leurs missiles, leur programme nucléaire. Nous avons tout détruit, l’Iran n’a plus rien… »

Et puis, dimanche 5 avril, il apprend que dans l’opération de sauvetage du 2ème pilote du F-15 descendu par les défenses antiaériennes iraniennes, l’armée américaine a perdu deux avions C-130 et quatre ou cinq hélicoptères dont les carcasses noircies dans la région d’Isfahan sont montrées en boucle dans les télévisions et les réseaux sociaux du monde.

Pete Hegseth, que l’ambassadeur à la retraite Chas Freeman a baptisé « le secrétaire aux crimes de guerre », ne pouvait cacher un tel désastre à son patron, qui est entré dans un état de désespoir, lui faisant perdre toute maitrise de soi.

Beaucoup de commentateurs américains ne cachent pas leur crainte que si l’Amérique laisse Trump libre dans ses faits et gestes, « son ego blessé, sa personne humiliée et sa démence caractérisée vont le pousser à commettre l’irréparable ».

Cette crainte a été clairement exprimée hier par le colonel à la retraite Daniel Davis dans son podcast ‘’Deep Dive’’ en ces termes : « Trump montre des signes évidents de démence. Si le Congrès et le vice-président ne vont pas invoquer l’article 25 de la Constitution qui s’applique à son cas, il risquera, dans sa folie, de recourir à l’arme nucléaire contre l’Iran. »

Un appel de détresse auquel souscrivent sans doute des millions d’Américains; mais que le Congrès et le vice-président continuent jusqu’à présent d’ignorer.

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L’arme nucléaire

05. April 2026 um 16:49

La perception de l’Iran comme menace stratégique régionale et internationale est liée à son « programme nucléaire ». Sous couvert d’un programme d’énergie civile, l’Iran est soupçonné de vouloir se doter de l’arme nucléaire. C’est l’une des clefs de l’analyse de la guerre au Moyen-Orient. D’une part, si l’Iran était doté de l’arme nucléaire, cela aurait dissuadé Israël et les Etats-Unis de l’attaquer. D’autre part, si les Occidentaux refusent que l’Iran accède à l’arme nucléaire, c’est aussi parce qu’ils tiennent au monopole d’Israël en la matière, unique puissance nucléaire de la région. L’occasion de mettre en perspective cette question de l’arme nucléaire dans les relations internationales modernes, en sachant que l’irruption de l’arme atomique et de sa capacité dissuasive a introduit une rupture stratégique radicale entre les puissances.

 

L’irruption de l’arme nucléaire dans les relations internationales

L’irruption et la diffusion de l’arme nucléaire sont intimement liées à l’hypothèse d’une Troisième Guerre mondiale. L’ère nucléaire ne fait pas disparaître la guerre, mais son déclenchement devient moins concevable – car plus risqué – contre une puissance qui dispose de l’arme atomique. C’est l’essence même de la dissuasion nucléaire.

Du point de vue de la sécurité d’un Etat, la possession de l’arme nucléaire est un argument décisif dans les rapports avec les autres puissances étatiques. L’arme nucléaire jouit en effet d’un statut particulier, d’exception, lié à sa fonction stratégique de dissuasion. Unique en son genre, la dissuasion nucléaire comme outil de dialogue stratégique entre puissances suppose la combinaison d’une volonté politique et d’une capacité militaire (à savoir l’utilisation de l’arme nucléaire par différents moyens terrestres, maritimes et aériens).

La doctrine défensive de la « dissuasion nucléaire » consiste à prévenir un acte d’agression en signifiant à l’adversaire que les coûts d’une telle décision excéderaient ses bénéfices. Compte tenu du risque de destruction mutuelle, la dissuasion est réciproque en cas de confrontation entre puissances nucléaires : elle procède ici d’une crainte mutuelle des implications de l’emploi en premier de l’arme nucléaire. Le risque de destruction mutuelle vise ainsi à éviter une confrontation nucléaire.

La dissuasion ainsi conçue comme un « équilibre de la terreur » est celle qui a prévalu dans les relations entre l’URSS et les Etats-Unis, pendant la guerre froide.

A l’inverse, dans le cas des guerres en Ukraine et en Iran, quand une puissance nucléaire (la Russie en l’occurrence) menace d’utiliser l’arme nucléaire (même à vocation « tactique ») contre une puissance non dotée, on sort de la dissuasion nucléaire.

Les hypothèses du recours à l’arme nucléaire dépendent de la doctrine de la dissuasion nucléaire définie par chaque puissance concernée, qui peut jouer d’une certaine « ambiguïté stratégique » (au sujet de la ligne rouge ou du seuil au-delà duquel le recours à l’arme nucléaire devient une option). Si celui-ci correspond le plus souvent à l’hypothèse d’une « menace existentielle » assimilable à une atteinte de l’intégrité territoriale, les armes nucléaires « tactiques » ouvrent des possibilités d’usage (sur un terrain d’opération) plus larges.

La dissuasion nucléaire connaît des limites : elle ne protège pas contre les attaques commises par des entités infra-étatiques (cas des attaques terroristes massives qui ont frappé des puissances nucléaires, des Etats-Unis au Pakistan, en passant par la France ou le Royaume-Uni) elle n’empêche pas le déclenchement de conflits armés conventionnels ou infra-étatiques. Elle limite la confrontation directe, frontale, mais accroît le risque de confrontation indirecte.

 

L’arme centrale d’une 3e Guerre mondiale ?

Dès 1945, la peur de l’apocalypse nucléaire et de l’annihilation complète de l’espèce humaine est largement partagée : la Troisième Guerre mondiale est pensée comme la dernière. Cette menace a joué un rôle déterminant dans la reconfiguration de l’ordre international d’après-guerre, notamment dans la formation des blocs américain et soviétique.

L’idée de Troisième Guerre mondiale survit à la guerre froide. Certes, pendant un laps de temps après l’effondrement de l’URSS, certains, comme le politiste américain Francis Fukuyama, imaginent la disparition de toutes les guerres, et donc « la fin de l’histoire ». Mais cette illusion, nourrie par une vision eurocentrée, ne dure pas. Depuis l’attaque de la Russie contre l’Ukraine et l’agression israélo-américaine contre l’Iran, l’ambition de se doter de l’arme nucléaire pour se protéger revient en force en Arabie saoudite, en en Turquie…

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Discours de Trump sur l’état de l’Union : de l’art de dissimuler ce qui dérange

03. April 2026 um 11:32

Lors de son discours tant attendu sur l’état de l’Union aux Etats-Unis, Donald Trump a tenu une allocution plate et décousue pour vanter les victoires « rapides, décisives et écrasantes »  de l’armée américaine. Alors que le conflit semble sans issue prévisible.

Et la montagne accoucha d’une souris. Alors que le monde retenait son souffle en attendant le discours du président américain sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est présenté d’un air las à son pupitre tard dans la soirée du mercredi 1 avril. Et ce, avant de lire son prompteur pendant vingt minutes sans annoncer quoi que ce soit de neuf. Puis de s’en aller sans prendre de questions.

Pourtant, Donald Trump aura mis un mois avant de s’adresser directement aux Américains pour expliquer la guerre qu’il a lancée en Iran avec Israël. En effet, il s’était contenté le 28 février, le début de l’offensive « Fureur épique », d’une vidéo préenregistrée, diffusée depuis sa résidence privée de Floride, casquette sur la tête et sans cravate.

Cacher ce qui fâche

Lors de son discours, le milliardaire républicain n’a pas parlé de tout ce qui fâche. Pas un mot sur d’éventuelles troupes au sol, une perspective très impopulaire aux Etats-Unis, même au sein du mouvement MAGA. Les derniers sondages démontrent en effet que deux Américains sur trois s’opposent à cette guerre et pensent que le président fait du mauvais boulot à la tête des forces armées du pays.

Pas un mot sur les quelque 1500 civils iraniens qui ont péri depuis le début des frappes israélo-américaines, dont au moins 150 écolières.

Silence total au sujet du million de Libanais, soit le cinquième du pays, qui a été forcé de fuir pour échapper aux attaques israéliennes, ou encore sur la crise humanitaire qui pointe le nez.

Pas un mot non plus sur la question des réserves d’uranium enrichi de l’Iran. Rien sur les objectifs obscurs et changeants de ce conflit armé qui coûte 1 milliard de dollars par jour aux contribuables américains et 300 millions aux citoyens israéliens.

Sur le plan interne, Donald Trump est passé très rapidement sur le sujet qui préoccupe les Américains et qui lui vaut de sombrer dans les sondages depuis un mois : à savoir la flambée du prix de l’essence. Il s’agit d’un phénomène « de court terme » et l’économie américaine n’a « jamais été aussi forte », a-t-il assuré. Tout en soutenant que le pays ne connaissait « aucune inflation ». Du déni total, démenti des réalités par les chiffres qui ne trompent pas.

Flou artistique

Alors, quoi de neuf dans le discours présidentiel ?  La vérité c’est que le locataire de la Maison Blanche cherchait avant tout à vendre l’image du commandant en chef qui maîtrise la situation- alors que tout semble craquer de partout- et à convaincre ses compatriotes que l’intervention américaine en Iran n’est qu’une simple promenade de santé.

La preuve : les forces armées américaines ont, en quatre semaines, « décimé l’Iran économiquement et militairement », oblitéré ses forces navales et aériennes ainsi que son programme nucléaire. Sauf que l’Iran continue de contrôler le goulot d’étranglement qu’est le détroit d’Ormuz, où transite 20 % de la production pétrolière mondiale. Nuance

Et qu’en est-il du calendrier de sortie du conflit ? C’est le flou total car rien n’a été dit de précis sur la suite des opérations : « Au cours des quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes » a fanfaronné  le président américain. Tout en assurant qu’après trente-deux jours d’opérations militaires, l’Iran ne constituait « vraiment plus une menace ».

Par conséquent, les États-Unis étaient « en bonne voie » pour atteindre tous leurs objectifs militaires, a-t-il indiqué. Assurant dans le même temps que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs stratégiques en Iran, notamment en empêchant Téhéran de posséder une arme nucléaire.

Et de marteler sur un ton martial : « Nous allons les frapper extrêmement fort. Au cours des deux à trois prochaines semaines, nous allons les renvoyer à l’âge de pierre d’où ils viennent ».

Terrible méprise du milliardaire républicain. Sait-il que l’ancienne Perse, vieille de 5000 ans d’histoire, forme environ 230 000 à 234 000 ingénieurs par an ? Sait-il encore qu’elle se positionne parmi les leaders mondiaux en nombre de diplômés dans les domaines des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ? Et enfin, a-t-il connaissance qu’une part importante des diplômés en ingénierie en Iran sont des femmes ?

Platitude

Commentaires de la presse internationale sur la teneur du discours présidentiel. « Si l’on copiait-collait ses publications sur Truth Social de ces derniers jours, on n’obtiendrait plus ou moins ce discours à la nation», conclut la BBC. Les journalistes suisses du Temps évoquent tout simplement un « non-événement ». Mais la palme de l’ironie mordante revient au quotidien britannique The Telegraph qui titrait, féroce : «  Fatigué, Donald Trump ne sait plus quoi dire ». Tout est dit.

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Le David perse contre le Goliath sioniste

02. April 2026 um 15:13

Un récit biblique rapporte l’histoire du combat entre David le juif et le Goliath philistin, un géant, qui avait massacré l’armée d’Israël. C’est bien sûr David qui remporta le combat, grâce à un lance-pierre et un caillou qui frappa le géant entre les yeux et qui le tua, permettant à David de le décapiter avec l’épée du mécréant. Les Philistins, selon certaines sources, habitaient Gaza. Mais toute ressemblance avec les Palestiniens n’est qu’un pur hasard. Bien sûr il ne s’agit que d’un mythe, dont le message est clair. La force de la foi est supérieure à toutes les armes aussi sophistiquées soient-t-elles. 

Mais voilà que ce mythe fondateur du sionisme se retourne contre ses créateurs. Après plus d’un mois de bombardements massifs qui dépassent la puissance des bombardements effectués lors de la seconde guerre mondiale, selon un général (à la retraite) français, sur un média pro sioniste, l’Iran, cette ancienne Perse, non seulement continue de résister, mais augmente en puissance ses attaques contre les intérêts américains et sionistes. Et notamment en Israël en provoquant des morts et des dégâts matériels jamais prévus par les agresseurs, selon tous les analystes.

Contrairement à ce que raconte l’histoire, le Goliath n’est ici que la coalition américano-sioniste et le David n’est que l’armée iranienne (ou perse).

Ormuz, quand tu nous tiens…

Quant au caillou, ce n’est pas comme on peut le croire, les missiles supersoniques, quoiqu’ils y soient pour quelque chose dans le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, mais c’est la fermeture aux bateaux ennemis de l’Iran, du détroit d’Ormuz. C’est le caillou qui a été enfoncé dans le front de la coalition américano-sioniste et particulièrement entre les yeux de Donald Trump.

D’ailleurs le mot Ormuz provient du mot persan Hermez, qui n’est que le nom d’un des rois qui avaient régné sur la Perse dans l’Antiquité. En contrôlant totalement le détroit et en empêchant les bateaux considérés comme ennemis d’y passer, l’Iran a non seulement augmenté ses exportations de pétrole essentiellement vers la Chine, mais a du coup étranglé l’économie mondiale, contrôle par les USA. Puisque plus de 90 % du pétrole mondial transite par Ormuz.

Il faut reconnaître que les Iraniens n’ont pas seulement du pétrole, mais aussi des idées ! Tous les stratèges et analystes s’accordent à dire que les conséquences d’un tel acte sont catastrophiques pour les économies occidentales, en général, mais aussi pour l’économie américaine elle-même. Tout se passe comme si le géant américain, en soulevant la pierre iranienne, l’a laissée retomber sur ses pieds. Car comme l’a avoué le Président américain, dans une de ses envolées lyriques, c’est le contrôle du pétrole iranien qui est l’objectif ultime de cette guerre. Et mêmes ceux qui l’ont déclenchée ne lui ont pas fixé des objectifs politiques, buts suprêmes de toute guerre, depuis la naissance de l’humanité.

Avec le contrôle d’Ormuz, l’Iran vient d’utiliser l’arme fatale. Celle qui peut toucher des milliards de citoyens à travers le monde et particulièrement les Etats pétroliers du Moyen-Orient. Celle qui fait aussi le bonheur de la Russie qui voit son pétrole jadis interdit, à cause de sa guerre en Ukraine, inonder les marchés européens et en plus à des prix jamais espérés.

C’est le même Trump qui a annoncé la fin de l’embargo sur le pétrole russe. Que les USA soient le pays qui a les plus grandes réserves d’or noir ne changera rien à la donne. Car les prix des autres matières premières s’envolent aussi et l’inflation bat un record aux USA mêmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la promesse d’une Amérique plus riche et plus puissante, faite par Donald Trump lors de sa campagne électorale, vole en éclat. Et ceci, quelle que soit l’issue de cette guerre. La base électorale de Trump chancelle et risque de se retourner contre lui, pas seulement, il est vrai, à cause de la crise énergétique; mais aussi à cause de la question de l’augmentation des droits de douanes qui ont fait grimper tous les produits importés. Or, sans cette base électorale, Trump risque de s’affaiblir gravement et d’une façon irrévocable. Ce qui explique son désarroi et le fait qu’il annonce la chose et son contraire. Tout laisse à penser que cette guerre risque de se retourner contre son déclencheur, la coalition USA-Israël.

La menace d’un débarquement massif des troupes US pour « libérer » le détroit, semble être uniquement faite pour obliger les Iraniens à reculer et à leur faire peur. Cependant, ces derniers ne semblent pas avoir peur, car cette guerre impérialiste a les ressoudés autour du régime actuel, du moins pour le moment. La question démocratique ne peut être que le fruit d’un processus interne et ne peut être imposée à coup de bombes ou de missiles. Surtout provenant de l’ennemi historique et héréditaire des Iraniens en particulier et des musulmans en général. Les assassinats de leurs chefs religieux et militaires ne peuvent que renforcer la popularité des Gardiens de la révolution.

Ainsi, la question nationale, comme pour tous les peuples de la région et du monde arabo-musulman, prime sur la question démocratique. Dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein qui a duré sept ans, les jeunes pasdarans de l’époque, marchaient sur les mines avec autour du cou les clefs du paradis. Mais l’Iran actuel n’est pas l’Iran de l’époque. Et en cas de débarquement de troupes US ou autres, il faut s’attendre à une résistance armée farouche et puissante; même si le régime tomberait et serait remplacé par un autre inféodé aux USA. L’Iran n’est pas le Venezuela et l’Islam chiite n’est pas le marxisme léninisme des anciens guérilléros latino-américains. Et ce, sans compter les cinq mille ans de civilisation perse.

La fin du mythe de la puissance américaine

Alors que sur le plan économique, la Chine est en cours de devenir la première puissance économique, la suprématie économique des USA tient essentiellement à la puissance du dollar. Une partie des alliés de l’Iran commerce avec l’Empire du milieu en utilisant le yuan. Ce qui constitue une menace sérieuse pour la suprématie économique américaine. Comme le disait un dicton de Mao Tsé Toung : « L’impérialisme américain est un tigre en papier ». On peut le paraphraser en disant que c’est un tigre en dollars.

Certes les USA restent la plus grande puissance militaire, puisqu’ils sont les seconds en termes de bombes nucléaires après la Russie. Mais on ne gagne pas une guerre comme celle contre l’Iran avec le nucléaire. Car, comme le disent les experts, elle est asymétrique, d’un nouveau genre d’asymétrie. C’est aussi une guerre technologique. Et l’Iran semble avoir fait une avancée surprenante dans ce domaine, aidé certes, par la Chine et la Russie, qui ne cherchent qu’à engluer cet ennemi commun dans une guerre de longue haleine pour l’affaiblir considérablement.

Depuis la guerre de Corée, les Américains ont remporté toutes les batailles qu’ils avaient engagées mais ils ont perdu toutes les guerres, la dernière étant celle de l’Afghanistan. Même au cas où ils engagent leurs troupes terrestres, ils ne pourront jamais contrôler ce pays de 100 millions d’habitants et au relief hostile à toute invasion étrangère. La guerre embrasera alors toute la région, où les minorités chiites existent partout dans les pays de la région. C’est le Vietnam, le Laos et le Cambodge réunis. L’on peut alors deviner qui l’emportera à la fin.

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Quand la géographie reprend (vraiment) sa revanche sur l’Histoire (suite…)

31. März 2026 um 15:38

Il y a près de deux ans, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que la géographie finirait par reprendre sa revanche sur une Histoire trop souvent bricolée, instrumentalisée et imposée. Cette lecture semblait peut être excessive, voire pessimiste, mais les événements que nous vivons semblent me donner malheureusement raison : aujourd’hui, de Gaza à la mer Rouge, d’Ormuz à Bab el-Mandeb, les faits parlent d’eux-mêmes. Aurais-je fait une analyse prophétique ? Mais simplement que certaines évidences – comme l’avait déjà pressenti Ibn Khaldoun dans ses Prolégomènes – finissent toujours par s’imposer… souvent dans le fracas.

Les détroits et la géographie : là où se joue vraiment le pouvoir

Pendant que les chancelleries s’échangent des communiqués et que les experts recyclent les mêmes concepts usés, le véritable pouvoir circule ailleurs. Il passe par des lieux que l’on préfère ignorer : ORMUZ ET BAB EL-MANDEB. Deux points minuscules sur la carte… mais qui tiennent la planète par la gorge.

Comme le rappellent régulièrement les analyses stratégiques contemporaines, contrôler les flux vaut désormais plus que contrôler les territoires. Un incident, une milice, un missile mal placé et soudain : les marchés paniquent, les routes commerciales se déroutent, les grandes puissances redécouvrent leur dépendance! Mais rassurons-nous : on continue à parler de “stabilité”.

 

Le Moyen-Orient : illusion de contrôle, réalité du désordre

Le Moyen-Orient de 2026 n’est plus un échiquier – drôle d’allusion à l’invention perse -, c’est devenu un champ de forces.

Qatar, Émirats, Koweït : prospérité brillante, mais dépendance structurelle persistante particulièrement des USA.

Arabie saoudite : transformation ambitieuse, mais équilibre fragile et centre de gravité de l’Islam.

Iran : puissance patiente, enracinée dans une logique de long terme gérée par des « mollahs barbus en sandales », qui forment des centaines de milliers de cadres et ingénieurs même si elles sont « enfoulardées ».

Irak, Yémen : États brisés devenus pivots géopolitiques.

Israël : supériorité militaire, mais enfermement stratégique subissant un rejet qui se développe dans le monde.

Rien de tout cela n’est nouveau surtout que les USA étaient considérés comme chef d’orchestre surtout depuis le développement d’Internet, de l’intelligence artificielle et tutti quanti. Ce qui est nouveau, c’est que plus personne ne parvient à stabiliser l’ensemble. Comme le souligne Gilles Kepel, nous ne sommes plus dans des conflits locaux, mais dans une dynamique globale de confrontation diffuse.

 

Les États-Unis : puissance dominante… mais dépassée par la complexité

Les États-Unis restent une puissance majeure. Mais ils ne sont plus le chef d’orchestre. Ils sont devenus un acteur parmi d’autres. D’où cette cacophonie dominée par les décibels de Trump qui hurle à tout va et change d‘avis comme il change de cravate. Avec sa brutalité devenue coutumière, il réduit les Européens à leur impuissance stratégique en les traitant de lâches, rappelle aux monarchies du Golfe la nature réelle de leur dépendance lécheuse, sans parler de son mépris souverain pour les dirigeants africains. Bien que son comportement scandalise – et il s’en moque- il met surtout en lumière ce que tout le monde sait déjà : la puissance des USA n’a pas encore disparu mais elle a perdu de sa cohérence, comme l’écrit Emmanuel Todd dans La Défaite de l’Occident.

 

Israël : peut-il encore gagner des guerres, et après ?

Grâce à l’appui inconditionnel des USA, Israël continue-t-il de dominer militairement ? Par ailleurs, bien que cette domination semble subir maintenant des dégâts, et si par un miracle divin les USA et l’Iran perdent des hommes, chaque Israélien semble être protégé contre toute sorte d’agression ! Mais la question n’est plus, si aucune supériorité technologique ne règle une impasse politique.

Derrière l’action, une interrogation persiste : que veut Netanyahu ? Sécuriser, durer, imposer un fait accompli définitif ? Peut-être tout à la fois. Mais aucune stratégie ne répond à la question fondamentale : que fait-on d’un territoire, d’une population, d’un conflit… après leur destruction ? L’Histoire est pourtant claire et répète à qui veut l’entendre : on ne stabilise pas un vide.

 

Le pétrole : mythe de la fin, réalité de la dépendance ?

On annonce la fin du pétrole comme on annonçait jadis la fin de l’histoire avec la même assurance et probablement la même erreur. Oui, la transition énergétique existe. Mais non, elle ne supprime pas la dépendance, elle la transforme. Mais tant que les détroits resteront stratégiques, les flux resteront vulnérables et les économies resteront énergivores. De ce fait, le Moyen-Orient restera central.

La faute originelle : avoir ignoré la géographie. Le problème n’est ni religieux ni civilisationnel; il est structurel. On a voulu imposer une Histoire sans respecter la géographie. Et ce, en traçant des frontières artificielles, créant des États bricolés et surtout en déplaçant les peuples. Et comme toujours, la réalité finit par revenir… Avec intérêts.

 

In fine

Soyons lucides. L’Occident a cru organiser le monde : il en révèle aujourd’hui les limites. Les puissances régionales jouent aux équilibristes… sans filet :

  • Israël impose la force faute d’autre action sans horizon politique. Surtout que l’argument de la SHOAH a beaucoup perdu de sa valeur. Il est devant un dilemme qui rappelle de sombres jours « la valise ou le cercueil »…
  • Les monarchies du Golfe achètent du temps sans garantie d’éternité.
  • L’Iran avance méthodiquement mais jusqu’où ? L’empire perse n’est-il pas éternel ?
  • Les États-Unis arbitrent encore, mais leur rôle s’étiole de plus. Et l’American dream devient un drame même pour beaucoup de ses concitoyens.
  • L’Europe a quitté le terrain de l’histoire et de la géographie comme un joueur qui a subi un carton rouge à force d’erreurs impardonnables particulièrement en Afrique, son ancien terrain de jeu favori.

 

Et pendant que chacun prétend maîtriser la situation, une seule chose est certaine : plus personne ne contrôle réellement la trajectoire en cours et on ne sait pas où on va. La vérité est plus dure encore. Ce n’est pas seulement un désordre. C’est un système qui se délite sous les yeux de ceux qui l’ont construit; sans que personne n’ait de solution crédible pour le remplacer. D’autant plus que, à cause d’une géographie capricieuse qui a imposé deux détroits, le pétrole risque d’atteindre les 200 $ le baril avec tous les effets dominos qui en découleraient.

Faut-il rappeler ce qu’avait écrit Ibn Khaldoun : « Lorsque les structures se corrompent, la chute n’est plus une possibilité, elle devient un processus. »

Et dans ce processus : les discours continueront; les alliances changeront; les puissants s’adapteront. Mais les peuples, eux, continueront de payer… toujours. Car on peut se poser la question : quelle erreur a fait un Palestinien de naître Palestinien et un Juif de naître en Israël ?

Pendant ce temps, la Chine attend patiemment son heure … et commence sa domination lentement et sûrement et en silence sans tirer une seule cartouche, si ce n’est une cartouche d’encre pour une imprimante Made in China…

À bon entendeur.

IBTISSEM

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Après Ormuz, l’accès à la mer Rouge bientôt bloqué par les Houthis ?

31. März 2026 um 10:49

L’enjeu est de taille. Les Houthis, alliés de l’Iran, menacent désormais de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, au sud de la mer Rouge. Donnant ainsi un nouveau coup dur au trafic commercial maritime. Eclairage.

Au poker menteur joué par Donald Trump, Téhéran avance ses pions comme dans une partie d’échecs. Ainsi, dans un énième volte-face, le président américain, qui avait pourtant promis le 20 mars de n’envoyer des troupes américaines « nulle part », a décidé dix jours plus tard de mobiliser deux groupes de Marines ainsi que 2 000 parachutistes de la 82ème division aéroportée, avec possibilité de déployer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient en cas de besoin. Objectif revendiqué ? Briser les reins militairement du régime iranien, lui porter le coup de grâce en le frappant au portefeuille. Et ce, par le biais d’une invasion terrestre à haut risque de l’île iranienne stratégique de Kharg, d’où partent environ 90 % des exportations de brut de l’Iran. Mais c’était sans compter avec les Houthis.

Un détroit stratégique

Réaction froide et non moins terrifiante de l’Iran : en cas d’invasion terrestre américaine de l’Ile de Kharj ou des trois îlots stratégiques d’Abou Moussa, la Grande Tunb et la Petite Tunb occupés par l’Iran depuis 1971 et revendiqués par les Émirats arabes unis, les Gardiens de la révolution ouvriront un « nouveau front » dans un détroit clé pour le trafic maritime mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Et ce, par le biais des Houthis, le groupe armé pro-iranien qui a déjà revendiqué samedi dernier sa première attaque contre Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Faut-il rappeler que le détroit de Bab el-Mandeb, 27 kilomètres de large et plus de 70 km de long, est l’un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde entre le Yémen et Djibouti où on recense des installations militaires françaises, mais aussi américaines et chinoises.

En temps normal, ce canal par où passe environ 15 % du trafic commercial maritime, joue un rôle central pour l’acheminement du pétrole et du gaz des pays du Golfe vers l’Europe. Les pétroliers partent des ports du golfe Persique, passent par le détroit d’Ormuz, traversent celui de Bab el-Mandeb puis remontent la mer Rouge pour atteindre l’Europe via le canal de Suez.

De plus, ce passage au sud de la mer Rouge est aussi très utilisé par les containers remplis de produits asiatiques destinés au marché européen. Autrement dit, si perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était en mesure d’impacter principalement l’Asie; bloquer le trafic au niveau du golfe d’Aden devrait également pénaliser durement le Vieux continent.

Mais ce sera surtout l’Arabie saoudite qui en payera les frais. Grâce à l’oléoduc Est-Ouest, Riyad tente de livrer l’Asie depuis son port de Yanbu sur la mer Rouge en passant par le détroit de Bab el-Mandeb. Or, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, c’est devenu un point de passage essentiel pour relier le port de Yanbu, en Arabie saoudite, seul hub qui permet au royaume de dérouter une partie des volumes qui sont bloqués à cause de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz orchestrée par l’Iran.

« Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire, ou s’il cherche à porter atteinte à l’Iran par des manœuvres navales dans le golfe Persique et la mer d’Oman, nous ouvrirons d’autres fronts en guise de surprise ». Ainsi a prévenu un responsable militaire iranien.

Une guerre par procuration ?

Bluff ou menace réelle ?  Téhéran pourrait actionner son levier le plus redouté dans la zone : les rebelles houthis du Yémen. Sachant que depuis 2014, l’Iran les soutient, notamment par la fourniture d’armes, de technologies et de formations, permettant au groupe d’utiliser des missiles, des drones et des mines marines. Aujourd’hui, ils sont devenus l’un des alliés les plus puissants et les plus fidèles de l’Iran dans la région.

Rappelons d’autre part qu’en 2023, lors de la guerre dans la bande de Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, les Houthis avaient réussi à ralentir le trafic en mer Rouge et dans le canal de Suez à coups de drones et de missiles. Ce qui avait contraint le trafic maritime à prendre un grand détour en passant par la route du Cap-de-Bonne-Espérance, la pointe sud de l’Afrique.

En 2024, ils avaient notamment conduit des attaques sur des navires marchands, disant agir en solidarité avec les Palestiniens. Et ce, en ciblant des navires accusés de liens avec Israël. Ce qui avait provoqué une réduction durable du transit maritime par la zone.

Dans cette escalade, un cap symbolique est également franchi : les Houthis revendiquent samedi 28 mars des tirs de missiles en direction d’Israël. L’armée israélienne confirme les lancements et active ses systèmes de défense aérienne. Bien qu’il n’y ait pas de rapports précis sur les destructions, le déclenchement de l’alerte aérienne dans plusieurs villes israéliennes témoigne de la gravité de la situation.

Risque d’escalade

Le message politique, lui, est limpide. Les Houthis promettent de poursuivre leurs frappes « jusqu’à la fin de l’agression » et affichent leur disponibilité à combattre aux côtés de l’Iran en cas d’embrasement régional.

Leur entrée dans le conflit « marque une escalade grave » et risque d’avoir « des conséquences majeures », notamment pour la stabilité régionale et le commerce mondial. C’est ce qu’avertit un rapport rédigé par le sérieux institut britannique Chatham House pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Le retour au calme dans cette région, l’une des plus explosives au monde, ne semble, hélas, pas pour demain.

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Djerba : Mausolée libyque, tombes puniques et vestiges antiques à redécouvrir

08. Januar 2026 um 11:29

Que reste-t-il aujourd’hui de l’histoire antique de Djerba ? Quelques sites et monuments ont gardé ces traces lointaines et témoignent d’un passé immémorial. C’est le cas de la chaussée romaine d’El Kantara, du site archéologique de Meninx, des nécropoles puniques de Souk El Gebli et des vestiges de Henchir Bourgou.

Ce dernier site, contrairement aux trois premiers cités, se trouve au nord de l’île et demeure relativement peu connu. La découverte de silex et d’œufs d’autruche permettent de relier ce site à la préhistoire. Toutefois, c’est à l’époque punique que Henchir Bourgou a connu son apogée. Un mausolée libyco-punique âgé de vingt-trois siècles est présent sur le site à l’état de vestige. Selon les archéologues, la cité antique qui se trouvait sur ce site était très vaste et reliée au port de Ghizen.

Les trois autres sites relatifs à l’Antiquité à Djerba sont concentrés au sud-est de l’île. La chaussée romaine reliait Djerba au continent : toujours utilisée, elle a connu des réaménagements récents et constitue aujourd’hui une voie d’accès importante.

Elle débouche sur le site de Meninx qui, à l’époque romaine, fut le principal centre politique et économique de l’île de Djerba. Cette cité antique était dotée d’un port et disposait de nombreux thermes et temples. Les vestiges d’un amphithéâtre témoignent de sa prospérité ancrée dans le commerce de la pourpre. Le site de Meninx est également très vaste et inclut une partie aujourd’hui recouverte par la mer.

Enfin, les nécropoles puniques de Souk El Gebli complètent ces différents sites antiques. Il s’agit d’un ensemble d’une douzaine de tombes rupestres dont les mobiliers funéraires ont disparu. Toutefois, l’état général des sépultures permet de reconstituer mentalement leur topographie. Notons que plusieurs fouilles se poursuivent et devraient à terme révéler de nombreux pans de l’Antiquité à Djerba.

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Petite histoire de la neige en Tunisie

07. Januar 2026 um 10:43

Nous reprenons cette chronique parue en janvier 2017 et consacrée à l’historique de la neige au vingtième siècle en Tunisie.

En Tunisie, la neige la plus précoce du vingtième siècle est tombée le 9 novembre 1921 sur Ain Draham, Thala et Makthar.

Les records de 1917 et 1921

C’est exactement dans les mêmes régions qu’on retrouve la trace des chutes de neige les plus tardives le 25 avril 1917.

C’est le géographe tunisien Abderrahmane Bousnina qui a étudié les archives de l’Institut de la Météorologie depuis 1901 et nous permet de poser notre regard sur ce qu’il convient bien de nommer une histoire de la neige en Tunisie.

Un phénomène observable de novembre à avril

De tous les pays du Maghreb, la Tunisie est celui où il neige le moins. En moyenne, on compte moins de dix jours de neige par an.

De plus, la date à laquelle la neige apparaît ou disparaît est des plus irrégulières. Néanmoins, la neige survient surtout en janvier et en février.

Il faut aussi noter que les jours de neige sont généralement isolés et que leur persistance est surtout observée dans la région de Ain Draham.

Il neige dans le désert

Lorsqu’elle se manifeste, la neige couvre un espace souvent limité et discontinu qui correspond aux secteurs les plus élevés du Tell Occidental.

Toutefois, durant les mois de février, suite à des vagues d’air froid, la neige a pu faire son apparition sur les marges nord du Sahara.

Ce fut le cas en 2012 à Matmata. Ce fut aussi le cas en février 1979 lorsqu’il avait neigé sur la région de Tozeur.

Ce fut également le cas en 1981, notamment le jeudi 8 janvier, lorsque des chutes de neige ont eu lieu sur toute la Tunisie. Rebelote en janvier 1982 lorsqu’il avait neigé sur le Sahel de Sousse.

Il neige souvent sur la Khroumirie et le Haut Tell

Pourquoi la neige est-elle si rare dans notre pays ? Une chose est certaine : la position géographique et la modestie du relief y sont pour beaucoup.

De fait, les altitudes qui dépassent les mille mètres sont plutôt rares en Tunisie. Et la neige s’explique d’abord par l’altitude.

En règle générale, la neige commence à couvrir les cimes les plus élevées dès le mois de novembre. En décembre, la neige devient plus fréquente alors que janvier et février sont les mois les plus neigeux. Des neiges tardives peuvent apparaître en mars et en avril sur les sommets.

La neige historique du 8 janvier 1981

Intéressons-nous maintenant aux records de persistance des jours de neige.

C’est à Ain Draham que l’on compte le nombre maximum de jours de neige successifs. Du 2 au 15 février 1956, il a neigé durant 14 jours consécutifs.

Terminons en évoquant la neige du 8 janvier 1981. Ce jour-là, la neige a recouvert pratiquement toute la Tunisie.

Un vent fort et glacial avait alors balayé le pays empêchant l’accumulation de la neige sur le sol.

Toutefois, les températures très basses avaient favorisé la persistance de la neige durant plusieurs jours.

Le fait est suffisamment rare pour être relevé : à la date du 9 janvier 1981, les températures minimales enregistrées étaient de -4° au Kef, -3° à Ain Draham, -2° à Remada et -1° à Tunis.

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Mémoire : Trois ans après, un hommage impromptu à Ahmed Aloulou

05. Januar 2026 um 14:05

Il y a trois ans, jour pour jour, Ahmed Aloulou, l’une des âmes battantes de Tunis décédait après une vie consacrée au travail et à la joie des convives qu’il accueillait dans ses restaurants de Tunis et Hammamet.

Fondateur de la Mamma, la mythique pizzeria de la rue de Marseille, Ahmed Aloulou fut également à l’origine d’Almazar et de plusieurs autres initiatives.

Très écouté, il a conseillé une génération entière de restaurateurs et de promoteurs touristiques qu’il a inspiré par la passion qui le portait.

Pour lui rendre hommage, nous publions ce texte qui aborde les nombreuses facettes du regretté Ahmed Aloulou dont l’une est peu connu et concerne sa passion pour les voitures de collection.

Qui se souvient encore des Frégates Renault et Simca ? Elles avaient fière allure ces voitures dont les noms étaient si évocateurs : Beaulieu, Versailles, Aronde, Ariane, Elysée ou Chambord.

Il faut écouter un collectionneur de voitures comme Ahmed Aloulou pour allumer la passion de ces automobiles qui, jadis, peuplaient les rues et, aujourd’hui, les rêves d’une poignée d’esthètes.

Ahmed Aloulou est intarissable lorsqu’il s’agit de voitures. Il sait vous expliquer les nuances qui distinguent une Fiat de l’année 1927 d’une autre de l’année 1929. Il sait vous raconter les Ford 1926 dont la maison continue à produire les pièces de rechange de nos jours encore. Il sait vous faire rêver en évoquant une 403 que son père lui avait léguée ou une Traction avant pour laquelle il eut un coup de cœur.

Plus d’une quarantaine d’années après son coup de foudre pour les automobiles de collection, il en possède une cinquantaine, toutes en état de marche, toutes bichonnées par des palefreniers ès cuivres et chromes.

Pour ma part, je suis resté tout ouïe lorsque fut évoquée l’histoire de la Cadillac de Wassila Bourguiba. Cette voiture fut offerte au couple présidentiel tunisien par les États-Unis d’Amérique et ne servit presque jamais.

De fait, elle avait fait moins de 200 km avant d’être mise sur cales et laissée dans un coin. Ce n’est qu’une quarantaine d’années plus tard que la voiture fut remise en état de marche après avoir été acquise par notre collectionneur. Il manquait une simple pièce qui fut obtenue après seulement une semaine.

Fiat Torpedo, Renault Frégate, Dauphine ou Coccinelle Cabriolet : les noms de marque défilent et fleurent bon la nostalgie de l’automobile de papa, lorsque les berlines pouvaient durer deux vies et les chefs d’œuvre sortir à la chaine des ateliers des grands constructeurs.

Paix à l’âme d’Ahmed Aloulou décédé le 5 janvier 2023 et inhumé au Jellaz le lendemain.

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La Goulette : Un amour de terrasse pour le patrimoine mondial de l’Unesco

05. Januar 2026 um 10:10

Non je n’exagère pas et voici la liste de mes arguments ! Car au fil des jours et des années, j’ai fini par me convaincre que la terrasse goulettoise du restaurant La Victoire mériterait d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Après tout, cette terrasse où les uns prennent l’apéritif et les autres un poisson complet est très représentative de notre art de vivre et du brassage permanent des communautés tunisiennes. J’en veux pour preuve les nombreux Tunisiens de la diaspora qui, pour rien au monde, ne manqueraient un dimanche ensoleillé à la terrasse de la Victoire et nulle part ailleurs.

Peut-être sont-ils sensibles au fait que cette terrasse de la Goulette est la dernière à avoir gardé son caractère de toujours, son identité d’espace public et convivial. En effet, toutes les autres terrasses de la Goulette ont été encagées et hermétiquement fermées. Elles sont ainsi devenues l’exact contraire de ce que fut le bon vieux temps goulettois alors que la Victoire invite toutes les nostalgies et notre vivre-ensemble.

Sans rire et pour le symbole, cette terrasse mériterait d’être en haut de la liste du patrimoine immatériel de la Tunisie. Sa vitalité nous suggère en tous cas de réfléchir sur le sort de toutes les autres terrasses de Tunis, la Goulette et ailleurs du temps où on buvait le pastis sur l’avenue Bourguiba et où des troquets comme l’Univers ou le bar du Tourisme offraient leur terrasse à la clientèle.

Heureusement, la Goulette a su maintenir cet îlot heureux et cette fabuleuse avenue Franklin Roosevelt à la joie contagieuse. Dommage, le Vénus, le Chalet ou Chez Bichi ont perdu leurs terrasses mais heureusement, la Victoire nous réconcilie encore et toujours avec cet art de vivre à la tunisienne auquel de nombreux touristes et enfants du pays goûtent au quotidien.

J’ai bien sûr de nombreux arguments à faire valoir pour défendre ma supplique mais il est inutile de les énumérer tant ils peuvent nous paraître évidents à nous tous qui savons le caractère unique de la Goulette et de sa joie de vivre à la portée de toutes les bourses.

L’Unesco m’entendra-t-elle ? Dira-t-on de mes propos qu’ils sont nostalgiques et dignes d’un dinosaure égaré ? Peu importe au fond car je crois dur comme fer qu’hiver comme été, cette terrasse de la Victoire est un lieu où il fait bon vivre.

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Snapshot : Une magnifique berline, carrosse à sept glaces du bey de Tunis

04. Januar 2026 um 11:07

S’il existe plusieurs carrosses ayant appartenu aux beys husseinites, l’Opale est probablement le plus admirable de ces éléments de notre patrimoine.

L’Opale est actuellement exposée dans le hall d’entrée du palais Ksar Said au Bardo. Ce palais accueille par ailleurs une importante collection mise en place par l’Institut national du Patrimoine.

Le carrosse nommé l’Opale est une voiture d’apparat créée à Paris en 1810 et offerte par le roi de France Louis Philippe au bey Ahmed Ier de Tunis en 1845.

Cette berline à sept glaces est l’une des pièces maîtresses de Ksar Said.

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Port de Tunis : Quand les bateaux arrivaient au centre-ville

04. Januar 2026 um 10:41

Jusqu’aux années soixante, les bateaux venant de l’autre rive de la Méditerranée arrivaient quasiment au centre-ville de la capitale, au quartier Tunis Marine.

Un port avait en effet été établi à Tunis à la fin du dix-neuvième siècle après l’instauration du Protectorat français. Ce port sera délaissé en faveur de celui de la Goulette au milieu des années soixante, après la modernisation du port fondé à l’époque de Hamouda Pacha.

La mémoire de Tunis garde encore une trace vivante de ce port qui se trouvait derrière l’actuel Terminus du train TGM. Seules des cartes postales et des photographies témoignent aujourd’hui de ce qui fut le port de Tunis.

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Djerba : Il était une fois Yannis Kindynis et l’hôtel Lotos

03. Januar 2026 um 10:39

Venue de Grèce, originaire de Mykonos, la famille Kindynis s’est installée à Djerba pour y vivre, parmi d’autres membres de la communauté grecque, de la pêche des éponges.

Plus tard, en 1940, l’un des héritiers de cette famille, Yannis Kindynis, construisit un hôtel d’une quinzaine de chambres, autour et au dessus de la maison familiale.

L’hôtel Lotos venait de voir le jour et près d’un siècle plus tard, il continue à accueillir des pensionnaires qui y viennent dans le sillage de
la légende d’Ulysse.

Après avoir été dirigé par Yannis Kindynis, le Lotos sera longtemps tenu par son fils Laris.

Comptant parmi les tout premiers hôtels de l’île de Djerba, le Lotos se trouve à Houmt Souk et porte le nom d’un fruit fabuleux qui évoque l’oubli et le désir, dès qu’on y a goûté, de ne plus quitter l’île de la cinquième saison.

Pour la petite histoire, cet hôtel connut une période mouvementée durant la Deuxième guerre mondiale lorsqu’il fut tour à tour réquisitionné par les soldats allemands de l’Afrika Korps puis par les aviateurs australiens de la Royal Air Force.

Yannis Kindynis et son fils Laris en 1937 dans la maison qui allait devenir le Lotos.

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Sidi Bou Said : Il ne reste plus rien du musée Azzedine Alaïa

03. Januar 2026 um 10:24

Créé après le décès du styliste Azzedine Alaïa, le musée qui porte son nom avait été installé dans une belle demeure de Sidi Bou Said.

Après quelques années, ce musée qui comprenait plusieurs espaces répartis sur trois niveaux, a fermé ses portes. Les œuvres d’Alaïa ont dès lors quitté ce musée dont la signalétique a été supprimée.

Quant au petit jardin attenant au musée, sa porte a été récemment enfoncée et gît depuis sur le sol de ce qui est devenu un terrain vague.

Seule demeure aujourd’hui le nom de la placette rendant hommage au styliste tunisien qui fut de son vivant une icône de la mode internationale.

Azzedine Alaïa repose désormais auprès de sa mère au cimetière marin de Sidi Bouteraa à Sidi Bou Said.

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Tunis 1926 : Hôtel mythique, le Carlton a un siècle

02. Januar 2026 um 10:25

Le Carlton est un hôtel incontournable du centre-ville de Tunis, celui qui incontestablement offre à ses clients l’un des meilleurs rapports qualité-prix.

Fondé en 1926, longtemps tenu de main de maître par Messaoud Ben Smail, cet hôtel qui a été rénové en profondeur à la fin des années 1990 a su se moderniser tout en gardant un service remarquable, classique et toujours accueillant.

Dans son siècle d’histoire, le Carlton de Tunis a connu plusieurs époques dont l’une des plus passionnantes est liée à l’activité du Théâtre municipal. En effet, de nombreux artistes de passage à la Bonbonnière, logeaient au Carlton et y ont laissé une trace lumineuse.

Aujourd’hui, parfaitement situé à l’exact milieu de l’avenue Bourguiba, le Carlton s’apprête à célébrer son centenaire alors qu’il compte parmi les repères solides du centre-ville de Tunis.

Messaoud Ben Smail

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