Macron félicite Saïed à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’indépendance
À l’occasion de la célébration du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, le vendredi 20 mars, un appel téléphonique de son homologue français, Emmanuel Macron, qui lui a adressé ses félicitations en cette circonstance mémorable.
Au cours de cet échange, les deux chefs d’État ont abordé plusieurs dossiers d’intérêt commun, au premier rang desquels les relations entre la Tunisie et l’Union européenne. À ce propos, le président Saïed a souligné la nécessité de réviser l’accord de partenariat en vigueur, afin de le rendre « plus équilibré, plus juste et plus équitable », selon un communiqué de la présidence de la République.
Le chef de l’État a également évoqué la question de la restitution des fonds spoliés, réaffirmant avec fermeté l’attachement de la Tunisie à recouvrer ces avoirs. Il a insisté sur le caractère « imprescriptible » de ce droit, revenant exclusivement au peuple tunisien, tout en déplorant la complexité des procédures judiciaires, lesquelles n’ont, à ce jour, abouti à aucun résultat concret.
S’agissant du dossier de la migration irrégulière, le président Saïed a mis en exergue la nécessité d’intensifier les efforts en vue de favoriser le retour volontaire des migrants en situation irrégulière. Il a rappelé, à cet égard, que la Tunisie a consenti d’importants sacrifices et qu’elle subit les effets d’un ordre économique mondial inéquitable, ainsi que des réseaux criminels de traite des êtres humains opérant tant en Afrique subsaharienne que sur la rive nord de la Méditerranée.
Face à l’ampleur croissante de ce phénomène, le chef de l’État a estimé qu’il incombe aux organisations internationales et aux pays du Nord d’assumer pleinement leurs responsabilités. Il a, en outre, réitéré la position de principe de la Tunisie, qui refuse catégoriquement d’être un pays de transit ou d’installation pour les migrants irréguliers.
Par ailleurs, les deux présidents ont examiné la nécessité d’œuvrer conjointement à l’avènement d’une « nouvelle légitimité internationale », dans un contexte marqué par l’érosion progressive de la légalité issue de l’après-Seconde Guerre mondiale. Dans cette perspective, le président Saïed a plaidé pour l’élaboration de visions et de concepts renouvelés, à même de dépasser des paradigmes désormais obsolètes.
Il a également évoqué les défis inhérents à l’émergence d’un ordre nouveau à vocation humaniste, seul susceptible de répondre aux aspirations universelles à la justice et à la liberté. « Lorsque la justice vacille, l’injustice et l’agression prolifèrent ; lorsque les libertés, tant individuelles que collectives, se restreignent, le despotisme et l’obscurantisme s’imposent », a-t-il déclaré.
Le président de la République a enfin appelé à promouvoir une nouvelle philosophie des Lumières, plus universelle, capable de résorber les inégalités et de mettre un terme aux souffrances et aux tragédies qui accablent l’humanité. Il a, à ce titre, souligné que de nombreux peuples, notamment le peuple palestinien, ont durement pâti de l’érosion de la légalité internationale.
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