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Tunisie-Algérie: et si l’espace frontalier devenait un hub pour la jeunesse?

Von: Managers
09. Januar 2026 um 12:28

À l’heure où l’intelligence artificielle et la donnée redessinent le monde, la frontière entre la Tunisie et l’Algérie pourrait ne plus être seulement une ligne sur une carte. Les deux pays, par leur proximité et leurs complémentarités, pourraient transformer leur espace frontalier en un pôle de souveraineté technologique et commerciale d’ici 2040.

En 2050, l’Afrique comptera près de 2,5 milliards d’habitants. Elle sera le continent le plus jeune et le plus dynamique, mais aussi l’un des plus exposés aux crises géopolitiques et économiques. Dans ce contexte, considérer les frontières comme de simples lignes de démarcation relève d’une stratégie obsolète. Pourquoi ne pas en faire plutôt un moteur d’innovation partagée?

L’Algérie et la Tunisie disposent d’un atout rarement exploité: leur jeunesse. Plus de la moitié de la population algérienne a moins de 30 ans. Quant à la Tunisie, cette proportion atteint environ 45 %. Cette génération, née ultra-connectée et familiarisée avec l’IA, les réseaux sociaux et les jeux vidéo, façonne l’avenir dans des parcours hybrides et agiles. Elle constitue la matière première stratégique du monde de demain.

Et quel terrain mieux qu’une frontière pour inventer ce futur? Imaginez des data centers souverains conjoints dédiés à l’IA et à la cybersécurité, des hubs industriels 4.0 (robots, drones…) développées en partenariat avec des puissances technologiques asiatiques, des campus formant aux métiers de demain. Plutôt que de marquer la fin d’un territoire, ces zones pourraient devenir des cœurs battants de l’innovation, attirant talents et idées, et transformant chaque kilomètre carré en un laboratoire économique et technologique.

Bon! La souveraineté ne se limitera plus aux armées ou aux finances, mais à la maîtrise de l’algorithme et de la donnée. Aucun État ne peut déléguer ces leviers à des acteurs étrangers sans compromettre son autonomie.

La dimension commerciale n’est pas en reste. Dans un monde marqué par l’instabilité monétaire, ces zones pourraient accueillir des plateformes numériques de compensation et de troc intelligent, supervisées par les banques centrales des deux pays. Il s’agirait de permettre des échanges directs, énergie contre services de santé, capacités logistiques contre ingénierie, sans nécessairement recourir aux devises fortes. En parallèle, des places de marché numériques régionales stimuleraient les échanges de biens et services, libérant un potentiel intra-maghrébin aujourd’hui largement sous-exploité.

Et pour ne pas oublier l’histoire, pourquoi ne pas baptiser ces infrastructures avec des noms qui font rêver? Jugurtha, maître de l’adaptation face aux empires; Hannibal, génie de la logistique et de la vision à long terme; l’Émir Abdelkader, figure de l’État moderne et de l’éthique… autant de figures qui rappellent que le Maghreb a toujours eu le sens de la stratégie, et que sa jeunesse connectée pourrait bien en être l’héritière, version 2.0.

À l’horizon 2040, la sécurité des frontières, la souveraineté économique et l’insertion de la jeunesse ne sauraient être pensées séparément. Elles forment une seule et même équation. 

En faisant de leur limite commune un laboratoire d’avenir, l’Algérie et la Tunisie pourraient jeter les bases d’un nouveau modèle de coopération régionale, fondé non pas sur la défiance, mais sur la production partagée d’intelligence, de technologie et de prospérité. 

Dans un monde de plus en plus instable, penser ensemble, produire ensemble et échanger autrement pourrait bien être la forme la plus aboutie, et la plus nécessaire, de la souveraineté.

Par Karim Ahres, membre du B.E. de la Conect

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Coopération tuniso-italienne : investir ensemble dans les compétences

01. Januar 2026 um 09:47

La Tunisie et l’Italie renforcent leur partenariat stratégique à travers le lancement opérationnel du projet « Tunisie professionnelle », officiellement amorcé lors de la première réunion de son comité de pilotage tenue récemment à Tunis.

À cette occasion, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a souligné l’importance d’accélérer l’élaboration du plan d’action et du calendrier de mise en œuvre du projet, insistant sur la nécessité de traduire les engagements de la coopération internationale en résultats concrets et durables.

Financé dans le cadre de la coopération tuniso-italienne et mis en œuvre en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), le projet « Tunisie professionnelle » s’inscrit dans une dynamique de soutien aux réformes structurelles du système national de formation professionnelle. Il vise à renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail, à améliorer l’employabilité des jeunes et à accompagner le développement socioéconomique du pays.

Le programme cible des secteurs stratégiques à fort potentiel d’emploi, notamment le tourisme, le bâtiment et les travaux publics, ainsi que la conduite et la maintenance des engins. Il prévoit la modernisation des équipements pédagogiques, l’introduction de technologies avancées telles que les simulateurs, et la réhabilitation des infrastructures de formation.

Transfert d’expertise et le partage de bonnes pratiques

Au-delà des investissements matériels, le projet met l’accent sur le transfert d’expertise et le partage de bonnes pratiques entre partenaires tunisiens et italiens. Il comprend la mise à jour des curricula, le renforcement des compétences des formateurs et le développement de partenariats étroits avec les acteurs économiques, afin d’anticiper l’évolution des besoins en qualifications.

Dans son intervention, le ministre a rappelé que les projets issus de la coopération internationale doivent s’inscrire dans une vision stratégique globale, visant à consolider le rôle régulateur de la formation professionnelle, à renouveler les approches pédagogiques et à approfondir les liens avec le tissu productif.

La réunion du Comité de pilotage a rassemblé les représentants des institutions nationales concernées ainsi que les partenaires de la coopération, notamment le ministère de l’Économie et de la Planification, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), l’Agence de formation dans les métiers du tourisme (AFMT) et l’Agence italienne de coopération au développement (AICS), illustrant la dimension multipartite et internationale de ce programme structurant.

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Coopération tuniso-saoudienne : Une relation à stabiliser ?

30. Dezember 2025 um 11:28

Ancienne mais évolutive, la coopération économique entre la Tunisie et l’Arabie saoudite se développe par phases successives. Les annonces récentes faites à Riyad s’inscrivent dans une dynamique de relance plutôt que de rupture.

Les déclarations du ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, lors du Forum d’affaires tuniso-saoudien tenu à Riyad, ont remis en lumière une relation bilatérale souvent évoquée mais rarement replacée dans sa profondeur historique. Avec un stock d’investissements dépassant 375 millions de dollars à fin 2024, Arabie saoudite figure parmi les dix premiers investisseurs étrangers en Tunisie. Un positionnement significatif, qui traduit une présence réelle mais sans rupture nette dans la trajectoire de la coopération.

Une coopération ancienne, structurée par cycles

La coopération tuniso-saoudienne ne relève pas d’une dynamique récente. Le repère le plus ancien et le plus documenté remonte à 1975, date à partir de laquelle le Fonds saoudien pour le développement finance des projets en Tunisie. Depuis cette date, 35 projets et programmes ont été appuyés, pour un montant cumulé dépassant 1,3 milliard de dollars, principalement dans les infrastructures, l’eau, le logement et le développement régional.

Sur le plan institutionnel, la relation s’est formalisée par des commissions mixtes organisées à intervalles réguliers. La 10ᵉ session s’est tenue à Riyad du 27 au 29 avril 2019, la 11ᵉ à Tunis les 26 et 27 décembre 2023, et la 12ᵉ à Riyad les 28 et 29 décembre 2025. Ce rythme illustre une coopération relancée par séquences, plutôt qu’un processus continu et linéaire.

La session de décembre 2025 s’est conclue par la signature de cinq accords et mémorandums d’entente couvrant plusieurs domaines, dont l’eau, l’irrigation, le développement rural, l’environnement, l’industrie, l’agriculture, la santé, l’éducation et certains services. Cette relance apparaît avant tout comme un renforcement du cadre institutionnel, destiné à consolider les bases de la relation plus qu’à annoncer une vague immédiate de nouveaux projets.

Des investissements et projets clés, mais une dynamique graduelle

Côté investissements privés, les chiffres communiqués par les autorités tunisiennes convergent sur un point central : le stock d’investissement saoudien en Tunisie dépasse 375 millions de dollars à fin 2024. En revanche, les estimations sur le nombre d’entreprises à participation saoudienne varient selon les sources et les méthodes de comptabilisation, oscillant entre une cinquantaine d’entreprises directes et plusieurs centaines si l’on inclut les participations indirectes et les holdings.

Un indicateur revient toutefois de manière constante : sept entreprises à participation saoudienne ont procédé à des extensions d’activité au cours des neuf premiers mois de 2025, suggérant une dynamique progressive, fondée sur la consolidation plutôt que sur des investissements massifs et rapides.

Des projets chiffrés qui donnent de la visibilité

La coopération apparaît plus lisible lorsqu’elle est observée à travers des projets datés et chiffrés. Le 23 février 2024, le Fonds saoudien pour le développement a annoncé un prêt de 55 millions de dollars destiné au renouvellement et au développement du réseau ferroviaire de transport du phosphate, portant sur environ 190 kilomètres de voies. Dans le secteur du logement, un financement dépassant 150 millions de dollars a été accordé pour un programme de 4 715 unités, dont une première phase de 270 logements a été inaugurée à Zaghouan.

Le 28 juin 2025, un accord de prêt de 143,3 millions de riyals saoudiens, soit environ 38 millions de dollars, a été signé à Tunis pour la réalisation d’un projet de pôle oasien dans le sud du pays. Dans le secteur de la santé, l’hôpital universitaire Roi Salman à Kairouan constitue l’un des projets les plus emblématiques, avec une donation initiale annoncée de 85 millions de dollars. Longtemps suspendu, ce projet a été relancé en décembre 2025, avec un délai de réalisation annoncé de 36 mois.

Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays ont également progressé de manière graduelle. Ils sont estimés à environ 1,12 milliard de riyals saoudiens en 2024, contre près de 820 millions de riyals en 2020, confirmant une hausse régulière mais sans changement d’échelle.

Au fil des décennies, la coopération tuniso-saoudienne s’est ainsi construite par vagues successives, alternant projets structurants, phases de ralentissement et relances institutionnelles. La question soulevée par le titre ne renvoie pas à une absence de coopération, mais à sa visibilité et à sa régularité. L’enjeu, désormais, réside dans la capacité des deux pays à transformer ces cycles de relance en une dynamique plus continue, adossée à des projets durables et mieux intégrés au tissu économique tunisien.

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Tunisie-Allemagne : Un nouveau partenariat pour accélérer la modernisation industrielle

20. November 2025 um 14:13

Le Centre Technique des Industries Mécaniques et Électriques (CETIME) et la Chambre tuniso-allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK) ont signé un accord stratégique pour accompagner les entreprises tunisiennes et allemandes vers une industrie plus innovante, plus durable et plus compétitive.

L’entente, conclue mardi, couvre la transition écologique, l’Industrie 4.0, les énergies renouvelables et la formation professionnelle, avec l’objectif affiché d’accélérer la modernisation du tissu industriel tunisien.

Un accord pour accélérer la transition écologique et numérique

Le partenariat CETIME–AHK s’articule autour de plusieurs axes : appui aux entreprises dans la réduction de leur empreinte énergétique, développement de projets dans l’Industrie 4.0, la mécatronique, la maintenance industrielle et la mobilité électrique, ainsi que renforcement de la formation aux normes et technologies industrielles avancées.

Selon le directeur général du CETIME, Noureddine Guizani, l’objectif est clair : mettre l’expertise technique tunisienne au service des entreprises allemandes implantées dans le pays, tout en consolidant les capacités des entreprises locales, rapporte l’Agence TAP. Il a souligné que cette coopération constitue un levier déterminant pour soutenir la montée en gamme des industries mécaniques et électriques.

Pour le directeur général de l’AHK, Jörn Bousselmi, l’accord permettra aux entreprises tunisiennes d’accéder plus facilement aux certifications européennes, aux standards technologiques allemands et aux solutions industrielles innovantes. Il a insisté sur l’importance de ce partenariat pour renforcer la compétitivité des filières et consolider les relations économiques bilatérales.

Nouveaux projets, partage d’expertise et montée en compétences

L’accord prévoit l’échange d’informations techniques, l’organisation de formations spécialisées, la conception de programmes communs et le lancement de projets pilotes dans les énergies renouvelables. Il met également l’accent sur la compréhension du cadre législatif tunisien, un volet souvent décisif pour les investisseurs étrangers.

Les deux institutions ambitionnent ainsi de faciliter l’intégration des technologies émergentes dans les entreprises tunisiennes, notamment l’automatisation, la digitalisation des processus et le développement de chaînes de valeur basées sur l’efficacité énergétique.

Une coopération qui vise l’attractivité et la compétitivité

Au-delà des aspects techniques, le partenariat entend renforcer l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs allemands, déjà fortement présents dans les industries mécaniques et électriques.

L’amélioration du climat d’affaires et la mise en avant de projets innovants doivent permettre, selon les deux parties, d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration dans le cadre de la transition énergétique et numérique du pays.

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La Chine voit en la Tunisie une passerelle stratégique vers l’Afrique

24. Oktober 2025 um 19:23

L’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a affirmé que la Tunisie occupe une position stratégique unique pour investir dans le continent africain. Il a salué le potentiel industriel et le capital humain du pays, considérés comme des atouts majeurs pour renforcer la coopération sino-africaine.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, Wan Li est revenu sur la visite du président Kaïs Saïed à Pékin en mai 2024, un moment qu’il a décrit comme un tournant dans les relations bilatérales. Cette visite s’était conclue par la signature d’un partenariat stratégique entre les deux pays, marquant une volonté d’approfondir la coopération politique, économique et technologique, précisant que :

« Les deux parties ont haussé la confiance politique mutuelle à un niveau élevé et se sont engagées à accélérer la mise en œuvre des accords conclus ».

Vers une coopération trilatérale Tunisie–Chine–Afrique

L’ambassadeur a souligné que Pékin souhaite désormais aller plus loin en associant la Tunisie à ses initiatives africaines. « La Chine est prête à travailler avec la Tunisie pour développer des coopérations avec d’autres pays africains et explorer les perspectives d’une coopération trilatérale », a-t-il déclaré.

Cette approche s’inscrit dans la continuité du Forum Tunisie–Chine–Afrique sur le développement médical, prévu pour novembre prochain à Tunis. Cet événement se veut un modèle de collaboration entre la Chine et l’Afrique, s’appuyant sur l’expertise tunisienne dans le domaine de la santé et la volonté commune de promouvoir des partenariats durables dans les secteurs sociaux et technologiques.

Un avenir commun à construire

Pour Wan Li, la modernisation est un objectif partagé par la Chine et l’Afrique, représentant plus de 2,8 milliards de personnes aspirant à un avenir meilleur. Il a insisté sur le fait que « le développement de la Chine contribue à celui de l’Afrique », et qu’il s’agit d’un moteur de prospérité mutuelle fondé sur la solidarité et les bénéfices partagés.

« Le développement de la Chine a toujours été bien accueilli par les peuples africains, car il favorise une croissance commune et un partenariat équilibré », a-t-il ajouté.

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Coopération suisse en Tunisie : 7 000 bénéficiaires de formations et plus de 14 000 emplois créés

26. September 2025 um 13:01

La coopération suisse en Tunisie continue de porter ses fruits. Selon Fabrizio Poretti, directeur de la coopération suisse à Tunis, près de 7 000 personnes ont bénéficié de programmes de formation financés par la Suisse, visant principalement à renforcer l’employabilité et à favoriser la création d’emplois.

Invité vendredi 26 septembre 2025 sur les ondes de la Radio nationale, Buratti a rappelé que la Suisse compte 103 entreprises installées en Tunisie, opérant dans divers secteurs, notamment l’industrie manufacturière. Ces sociétés offrent à elles seules plus de 14 000 postes de travail.

Il a également souligné que le programme de développement et de coopération tuniso-suisse, lancé en 2014 pour une durée de dix ans, s’achève cette année. Un nouveau cycle couvrant la période 2025-2028 a été mis en place, axé sur le développement économique, tout en veillant à un équilibre entre dimensions économique et sociale.

Des investissements qui comptent

De son côté, Ahlem Haj Ammar, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-suisse, a précisé que les entreprises helvétiques se classent au dixième rang en Tunisie en matière d’investissements directs étrangers, mais occupent la cinquième place en termes de création d’emplois.

Elle a cité l’exemple d’une société suisse installée de longue date en Tunisie dans le secteur des matériaux de construction, qui emploie à elle seule 3 000 travailleurs.

Avec de tels chiffres, la coopération économique tuniso-suisse confirme son rôle moteur, contribuant à la fois à l’attractivité du site tunisien et au renforcement du marché de l’emploi local.

Lire aussi : Pour moderniser son transport public, la Suisse offre 200 bus à la Tunisie

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Damien Cazé, Directeur général de l’Aviation civile (DGAC) française : « nous entendons signer un accord de coopération avec la Tunisie qui va permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives ».

Rencontre avec Damien Cazé, DGAC française, en marge de la visite de travail qu’il a effectuée en Tunisie le 8 juillet 2025.

Vous avez rencontré le ministre du Transport et le directeur général de l’aviation civile tunisienne. A la lumière de cette dernière rencontre, comment se porte aujourd’hui la coopération entre la Tunisie et la France en matière d’aviation civile ?

La relation entre la France et la Tunisie est à l’image de la coopération bilatérale entre les deux pays. Elle est à la fois historiquement riche, très fournie, très cordiale, empreinte de confiance et surtout avec de beaux projets pour l’avenir. Nous avons effectivement des relations très denses, assez saisonnières pendant la période estivale mais également très régulières pendant la période hivernale.

Cela montre la densité et l’intensité des relations qui existent entre les deux pays sachant qu’il y a, à la fois, un flux de Français qui vont en Tunisie comme un flux de Tunisiens qui se rendent en France.

A mon avis, notre relation est très équilibrée. Il y a de même un équilibre en termes de relations au niveau des compagnies aériennes parce que nous avons, d’une part, les compagnies tunisiennes qui sont performantes et de l’autre côté les compagnies françaises qui sont présentes sur un créneau de la relation franco-tunisienne et elles sont autant développées en matière de flux aérien.

Quant aux deux administrations, elles ont beaucoup en commun historiquement et partagent une même vision de l’aviation dans un monde décarboné et fait de relations économiques sur un plan d’équilibre.

Les deux administrations veulent aussi renforcer leurs relations en matière de sécurité, de sûreté, de formation des pilotes et de management. Nous avons donc plein de projets en commun. C’est pour cela que nous entendons signer dans les mois qui viennent un accord de coopération entre les deux pays qui va permettre, de front, d’ancrer davantage ces avancées et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

La Tunisie ambitionne d’atteindre la barre des 2 millions de touristes français à l’horizon 2030, ce qui augmentera les besoins en capacités aériennes, en slots au départ notamment des deux principaux aéroports parisiens et probablement aussi à une révision des accords aériens actuels. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

Nous sommes tout à fait d’accord pour développer le tourisme et le flux aérien avec la Tunisie. Nous ferons tout pour accompagner ce projet des Tunisiens avec une relation équilibrée dans notre accord aérien.

Nous sommes évidemment à la disposition de la partie tunisienne pour permettre cette évolution équilibrée. Après, il y a des règles qui sont propres à la répartition des créneaux et aux aéroports de Charles de Gaulle et d’Orly.

Il faudrait donc que ce développement s’inscrive dans ces règles de droit qui ne peuvent pas aller à l’encontre des droits historiques des autres compagnies. Nous espérons également que les compagnies tunisiennes reprennent une part importante de ce marché mais aussi que les compagnies françaises puissent avoir un accroissement de ce flux entre les deux pays.

C’est non seulement une possibilité mais un vrai enthousiasme pour la partie française.

On évoque souvent la saturation du ciel qui provoque des perturbations dans la gestion du trafic aérien. En tant que régulateur, qu’est-ce qui est entrepris notamment par la DGAC française pour atténuer les conséquences de cette situation, je pense notamment à l’impact sur les vols entre la France et la Tunisie ?

L’encombrement du ciel est mécanique et il est dû au développement du trafic, surtout aux moments de pointe. Ce qui fait que nous avons un encombrement des avions étant donné que nous ne pouvons pas avoir un nombre infini d’avions dans l’espace ; et en même temps, nous devons avoir les moyens au sol permettant de gérer ce trafic.

C’est vrai que nous avons un encombrement notamment dans le ciel européen que l’on peut constater aux moments de pointe, notamment le vendredi soir, les dimanches tard et pendant les jours de grands départs, auxquels on ajoute des conditions météorologiques dégradées que nous voyons de plus en plus souvent en Europe.

Cette situation crée, certes, des difficultés. En outre, il y a d’autres aléas comme les pannes techniques et les conflits sociaux, ce qui rend la vie de plus en plus difficile pour les compagnies aériennes et les passagers.

Pour cette raison, nous devons nous moderniser, renforcer nos effectifs et imaginer des voies nouvelles pour faire passer ce trafic. C’est ce que nous faisons d’ailleurs en Europe avec Eurocontrol et c’est ce que nous voulons faire également avec les DGAC française et tunisienne.

En matière d’aviation civile de manière générale, quels sont selon vous les nouveaux enjeux prioritaires pour les Etats mais aussi pour les compagnies aériennes : la décarbonation ? La sûreté et la sécurité ?

La sécurité est un impératif absolu. Dernièrement, nous avons eu encore cet événement très triste d’Air India qui impose de se poser toujours des questions et de se remettre constamment en cause.

Toutefois, je sais que les avionneurs, les administrations et les compagnies sont très mobilisés car c’est un vrai défi qu’il ne faut jamais oublier.

Le deuxième défi est la décarbonation. On ne doit pas se payer des maux et attendre 2050 pour voir une aviation totalement décarbonée. Il faut déjà montrer des progrès.

Nous le constatons avec les nouveaux avions, les carburants d’aviation durables et les nouvelles façons plus économes de piloter les avions.

Il y a, par ailleurs, d’autres défis, notamment en matière de sûreté. La menace croît et il faut toujours se mobiliser pour ne pas se laisser distancer par cette menace. Il y a de nouvelles technologies qui vont sortir. Nous devons se les approprier et les développer davantage.

Il y a, enfin, la connectivité où il y a de plus en plus de la concurrence qui est plutôt bonne dans un monde libéral auquel nous croyons. La concurrence est toujours un défi et une opportunité pour se remettre en question et pour aller conquérir de nouveaux marchés.

En fait, des concurrents vont venir et d’autres qui sont déjà là. Nous tenons, en revanche, à ce qu’ils respectent un niveau d’égalité de traitement entre les compagnies aériennes européennes et d’autres parties du monde.

Je crois que nous sommes prêts à relever ce défi et que nous sommes assez alignés avec la partie tunisienne là-dessus et notamment avec l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) pour faire en sorte que cette concurrence soit loyale.

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