La 3e édition du Salon de l’économie verte, de la finance responsable et du développement durable, se tiendra les 5 et 6 novembre 2026, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), à Tunis, sous le slogan «Ensemble, faisons de la science et de l’innovation les moteurs d’un avenir durable» : deux journées de rencontres, de réflexion et d’innovation au service d’une économie plus verte, plus intelligente et plus durable.
Ce salon, qui se veut un espace de convergence stratégique entre politiques publiques, initiatives entrepreneuriales et dynamiques sociétales, afin d’accélérer la transition vers une économie plus durable, inclusive, est organisé par NeoInfluence, en partenariat avec l’Institut national agronomique de Tunisie (Inat), prestigieuse institution de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, forte de plus de 128 ans d’histoire, d’excellence académique et de contribution au développement agricole et scientifique de la Tunisie.
Ce partenariat traduit une ambition commune : rapprocher la recherche scientifique, l’innovation technologique et les acteurs économiques afin de construire des solutions concrètes pour une transition écologique durable.
Dans le cadre de cette édition placée sous le thème «IA4Earth : innover pour un monde durable», cette collaboration ouvre de nouvelles perspectives autour de l’intelligence artificielle appliquée à l’agriculture durable, à la gestion intelligente des ressources naturelles, à la préservation de l’environnement et au développement de modèles économiques plus responsables.
En associant l’expertise académique de l’Inat, le Salon de l’économie verte souhaite encourager les synergies entre chercheurs, étudiants, startups, entreprises, institutions et investisseurs, tout en valorisant le savoir scientifique et les innovations au service des générations futures.
L’association TunSea pour les sciences participatives a démenti les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant une éventuelle contamination des crevettes blanches, présentes en abondance sur les marchés en Tunisie, assurant que ces crevettes sont sans danger, exemptes de toute radiation ou toxine, et conformes aux normes de consommation humaine.
Dans une mise au point publiée sur sa page Facebook, l’association a précisé que les spécimens actuellement commercialisés sur les marchés de Sfax et du sud — une période coïncidant avec l’ouverture de la saison de pêche dans le golfe de Gabès le 16 octobre — appartiennent à une espèce introduite, adaptée à l’environnement marin tunisien depuis 1993. L’association a par ailleurs rejeté tout lien entre la présence de ces crevettes et l’arrivée récente de navires étrangers ou des activités d’aquaculture.
TunSea a indiqué que la présence de ces espèces découle du phénomène de migration via le canal de Suez, un processus en cours depuis plus d’un siècle, ajoutant que le changement climatique et les eaux de ballast des navires ont favorisé leur établissement, tout en soulignant que leur classification en tant qu’«espèce introduite» ne signifie pas pour autant qu’elles soient devenues des espèces envahissantes ou nuisibles à la santé humaine.
Dans ce même contexte, l’association a appelé à la mise en place d’un suivi scientifique rigoureux de la prolifération des crevettes blanches dans le golfe de Gabès, afin d’évaluer leurs impacts potentiels sur la «crevette royale» locale ainsi que sur les autres composantes de l’écosystème marin.
Il existe six catégories principales de crevettes dans les eaux tunisiennes qui se répartissent entre des espèces locales — telles que la crevette «royale» du golfe de Gabès, la crevette «rose» des profondeurs du Nord (destinée à l’exportation) et la crevette «rouge» (soumise à des quotas de pêche régionaux) — et des espèces introduites à valeur économique, comme la crevette «blanche» ou «maqlouba» et la crevette «rose introduite» (recensée en 2016). Une sixième catégorie, quant à elle, est exclusivement réservée à l’élevage au sein de la station de Melloulech, dans le gouvernorat de Mahdia, et n’est pas commercialisée en tant que produit de la pêche naturelle.
L’Association Jlij pour l’environnement marin (Ajem) a signalé l’arrivée sur l’île de Djerba d’une tortue marine caouanne (à grosse tête) baptisée «Lara», au terme d’un périple entamé à Chypre, durant lequel elle a parcouru environ 2 700 kilomètres à travers la mer Méditerranée.
Dans un communiqué, l’association a précisé que cette tortue femelle adulte avait été équipée d’une balise de suivi par satellite avant d’être remise à la mer le 24 juin 2026, suite à sa nidification dans la baie de Lara, à Chypre. Elle a atteint la réserve côtière et marine de Ras Rmel, à Djerba, le 10 septembre 2026, après avoir traversé les eaux chypriotes, égyptiennes et libyennes.
La même source a ajouté que les déplacements de la tortue — mesurant 78 cm de long et 66 cm de large — ont été enregistrés par la suite dans la lagune de Boughrara, le 1er octobre 2026. Elle continue d’explorer cette zone, un milieu marin riche en biodiversité et en ressources alimentaires ; son périple complet a duré environ 120 jours.
Olfa Hamdi, 38 ans, l’ancienne PDG de la compagnie aérienne nationale Tunisair qu’elle a dirigée pendant quelques semaines début 2021, et présidente d’un fantomatique parti créé en 2022 et appelé la Troisième République, est un cas vraiment à part sur la scène politique tunisienne. Venue de nulle part (du monde des affaires, dit-on) et portée par une soif démesurée de pouvoir, elle s’était jetée dans la mêlée, corps et âme et sans filet, faisant feu de tout bois et ne reculant devant aucun danger. Pour elle comme pour le pays, les choses n’ont pas évolué dans le sens qu’elle souhaitait. Loin s’en faut…
Latif Belhédi
Ambitieuse et sûre d’elle, Olfa Hamdi avait annoncé, en 2024, son intention de se présenter à l’élection présidentielle, mais elle n’a pas pu participer au scrutin, faute d’avoir atteint l’âge minimal requis de 40 ans. C’est cette témérité frisant l’insouciance que certains apprécient chez elle qui lui a valu une condamnation par le tribunal militaire à quatre ans de prison pour des chefs d’accusation incluant notamment le complot contre la sûreté de l’État et l’incitation des militaires à la désobéissance.
Incarcérée depuis son arrestation le 15 février dernier à l’aéroport international de Tunis-Carthage, à son retour d’un voyage à l’étranger, en vertu d’un avis de recherche émis à la demande de la justice militaire, on n’a pas beaucoup entendu ses partisans, si tant est que son parti compte suffisamment de membres pour la défendre et exiger sa libération. En réalité, on a peu entendu ces derniers, qui se sont évaporés du jour au lendemain, et la jeune femme n’a pas trouvé grand monde pour porter sa voix. A tel point qu’on a failli l’oublier jusqu’à ce que son avocat, Akram Moussa, annonce l’ouverture de son procès et communique à l’AFP sa condamnation par le tribunal militaire de Tunis à quatre ans de prison, au terme de deux procédures distinctes, chacune ayant abouti à une peine de deux ans de prison, assorties d’une amende de 40 000 dinars, un montant suffisamment dissuasif pour faire réfléchir à l’avenir tout quidam qui aurait envie de s’engager en politique.
En vérité, c’est très chèrement payé pour quelques publications sur les réseaux sociaux, dans lesquelles Olfa Hamdi critiquait le président de la république Kaïs Saïed et les forces armées. Selon son avocat, Olfa Hamdi fait l’objet de trois procédures judiciaires au total et avait déjà été condamnée, dans une affaire précédente, à deux ans de prison.
Si à Tunis, la condamnation de Mme Hamdi n’a pas suscité une grande émotion, elle n’a pas manqué de faire réagir aux États-Unis, son second pays où un porte-parole du département d’État a confirmé à l’AFP que Washington est au courant des poursuites judiciaires engagées contre la citoyenne tuniso-américaine et suit la situation de près. Service minimum en somme pour ne pas provoquer des fritures sur la ligne entre Washington et Tunis dont les relations semblent traverser une période d’entente cordiale, la Tunisie collaborant assez activement sur les plans sécuritaire et militaire.
Olfa Hamdi, dont la voix n’a plus été entendue depuis huit mois, peut toujours faire appel de ses condamnations. Sa libération dépend désormais du bon vouloir de ceux qu’elle critiquait il y a encore quelques mois et qui ont réussi à la faire taire.
Tahnoun ben Zayed Al-Nahyan porte toujours des lunettes de soleil, un détail peut-être délibéré pour ajouter du mystère au personnage qui est indiscutablement l’un des hommes les puissants du Moyen-Orient. Il exerce aujourd’hui une influence croissante sur la scène internationale et pas uniquement dans son pays étant donné le rôle central qu’il occupe dans le système émirati. Frère de l’émir d’Abou Dhabi et président des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed Al-Nahyan, il est aussi son homme de confiance. Tahnoun occupe le poste de conseiller à la sécurité nationale (qui chapeaute les renseignements émiratis), dirige des actifs de 1500 milliards de dollars, il est devenu également le Monsieur IA des Émirats et il est une figure clé des relations avec Washington et le clan Trump particulièrement. LeGuardian s’est intéressé à ce personnage au confluent de la finance, du renseignement, de la technologie et de la diplomatie eta publié une enquête qui met en lumière l’étendue de l’influence de celui qui est considéré comme un homme de l’ombre.
Imed Bahri
En 1993, le Brésilien Royce Gracie est entré dans la cage octogonale d’un tournoi organisé par l’UFC* à Denver et a terrassé un adversaire bien plus imposant en une centaine de secondes et ce, grâce au jiu-jitsu brésilien. Parmi les spectateurs se trouvait un jeune étudiant émirati à San Diego, qui se faisait appeler «Ben» et qui décida alors de s’initier à cette discipline.
Ses partenaires d’entraînement ignoraient que Ben était en réalité le cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan. Après plus d’un an de pratique, il invita ses instructeurs à Abou Dhabi où ils découvrirent que son lieu d’entraînement n’était autre que l’un des palais de sa famille. Tahnoun a par la suite obtenu sa ceinture noire de jiu-jitsu.
Aujourd’hui, il est difficile de trouver un domaine qui échappe à l’empire de Tahnoun. Il est incontestablement l’un des membres les plus puissants de la famille princière d’Abou Dabi, il supervise un conglomérat économique dont les actifs sont évalués à environ 1 500 milliards de dollars. Cet ensemble comprend notamment le Royal Group (doté d’environ 300 milliards de dollars d’actifs), la First Abu Dhabi Bank (FAB) et la plateforme d’investissement climatique Alterra, sans oublier des intérêts considérables dans les secteurs de l’énergie, de l’immobilier, de la santé et de la technologie.
Une influence financière, sécuritaire et diplomatique
Tahnoun occupe également le poste de conseiller à la sécurité nationale des Émirats. Il cumule ainsi une influence financière et sécuritaire, incarnant un profil rare : celui d’une personnalité qui allie la gestion de la richesse nationale au contrôle des services de renseignement.
Tahnoun est l’un des fils du cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan et de son épouse Fatima bint Mubarak Al Ketbi surnommée Oum al Imarat (Mère des Émirats), connue sous le nom de Bani Fatima (Les enfants de Fatima). Cette fratrie domine aujourd’hui les principaux leviers du pouvoir à Abou Dhabi. À son retour des États-Unis en 1995, Tahnoun a pris en charge le bureau privé de son père, avant de fonder le Royal Group, devenu l’un des principaux vecteurs des intérêts commerciaux de la famille. Après le décès du cheikh Zayed en 2004, son rôle dans la sphère financière s’est renforcé et en 2014, il est devenu conseiller adjoint à la sécurité nationale, avant d’accéder à la fonction suprême au sein de cette institution en 2016.
Toutefois, son influence n’est pas exempte de controverses. Le Guardian souligne que la distinction entre la fortune personnelle de la famille régnante et les actifs censés appartenir à l’État ou aux citoyens émiratis demeure floue. Par ailleurs, certains hommes d’affaires locaux critiquent l’expansion des entités liées à Tahnoun dans des secteurs tels que la santé, estimant qu’elle entrave la compétitivité des entreprises privées.
Le nom de Tahnoun est également associé au développement des capacités de renseignement des Émirats. L’un des projets les plus notables apparus au cours de la dernière décennie est le Project Raven, un programme secret de surveillance électronique auquel ont participé d’anciens employés de la NSA (Agence de sécurité nationale américaine).
Selon le Guardian, ce programme, initialement destiné à la lutte antiterroriste, a par la suite été étendu pour cibler des opposants, des militants et des journalistes. Les Émirats ont également été liés à l’utilisation du logiciel espion israélien Pegasus pour cibler les téléphones de diverses personnalités.
Dans ce contexte, l’affaire de l’universitaire britannique Matthew Hedges est particulièrement marquante. Arrêté aux Émirats en 2018 et condamné à la réclusion à perpétuité, il a finalement bénéficié d’une grâce. Le gouvernement émirati nie qu’il ait subi des actes de torture, affirmant qu’il a, au contraire, reçu des soins appropriés. L’activiste émirati Ahmed Mansoor, emprisonné en 2017 après avoir critiqué le gouvernement, a également été pris pour cible. Selon certaines informations, son téléphone ainsi que ceux des membres de sa famille auraient été piratés, il purge, depuis lors, une peine de prison.
Abou Dhabi justifie son approche sécuritaire en invoquant les menaces auxquelles le pays est confronté dans une région instable ainsi que ses inquiétudes face aux groupes islamistes –qu’ils soient armés ou politiques– et à l’instabilité régionale.
De l’espionnage à l’intelligence artificielle
Après le démantèlement de DarkMatter, une entité liée aux opérations de surveillance électronique, Tahnoun s’est tourné vers le domaine de l’intelligence artificielle (IA) en fondant G42, devenue l’une des entreprises technologiques les plus importantes des Émirats.
G42 combine technologie, données et infrastructure informatique, et cherche à bâtir ce qu’elle appelle un «réseau d’intelligence» s’appuyant sur des centres de données, des puces électroniques et des systèmes d’IA.
Microsoft a investi 1,5 milliard de dollars dans G42 tandis que l’entreprise entretient des relations d’investissement et des partenariats avec des sociétés telles qu’OpenAI, Anthropic et xAI. Sam Altman, PDG d’OpenAI, décrit d’ailleurs Tahnoun comme un ami qui lui est cher.
Toutefois, les relations avec les Émirats ont suscité des inquiétudes à Washington quant à un éventuel transfert de technologies de pointe vers la Chine. Cette situation a conduit l’administration de Joe Biden à imposer des restrictions sur l’exportation de puces d’intelligence artificielle avancées vers les Émirats. Par la suite, l’administration Trump a assoupli ces restrictions, permettant ainsi l’afflux de grandes quantités de ces puces dans le pays.
Parallèlement, les liens financiers entre Tahnoun et la famille Trump se sont développés, incluant notamment des investissements très controversées dans la société World Liberty liée à la famille du président américain. Un précédent article paru dans Kapitalis («Les scandales financiers de la famille Trump») est revenu en détail sur cet investissement qui agace beaucoup à Washington et surtout au sein du Congrès. Mais la Maison-Blanche et l’entreprise ont nié tout lien entre ces investissements et les accords relatifs aux puces électroniques.
Des ambitions qui dépassent les frontières des Émirats
Les partisans de Tahnoun estiment qu’il pilote la transformation des Émirats, faisant passer le pays d’une économie dépendante du pétrole à une puissance mondiale dans les domaines de la technologie et de la finance. G42 travaille sur des projets de centres de données d’envergure, tant aux Émirats qu’aux États-Unis avec des investissements liés à l’infrastructure de l’intelligence artificielle se chiffrant en centaines de milliards de dollars.
À l’inverse, ses détracteurs craignent que la concentration d’une telle masse de données et de capacités informatiques entre les mains d’une personnalité cumulant pouvoir économique et responsabilités sécuritaires ne fasse peser des risques en matière de vie privée et de surveillance. Le Guardian souligne que les Émirats ont recours à l’IA tout en adoptant un modèle politique hautement centralisé. Il n’existe ni partis politiques ni syndicats indépendants, toute forme d’opposition est bannie et les manifestations sont interdites.
L’influence émiratie s’étend également au-delà des frontières nationales par le biais d’investissements, de la gestion de ports, de partenariats sécuritaires et de flux financiers au Moyen-Orient et en Afrique.
Des liens étroits avec Donald Trump
Tahnoun est par ailleurs devenu une figure clé des relations entre les Émirats et les États-Unis. Il a été reçu par Trump à la Maison-Blanche, tandis qu’Abou Dhabi a réalisé des investissements massifs dans l’économie américaine.
Dans le contexte de tensions avec l’Iran, des centres de données situés aux Émirats ont été la cible d’attaques iraniennes, Tahnoun s’est alors impliqué dans des efforts diplomatiques secrets visant à protéger son pays et ses intérêts économiques. Selon des rapports médiatiques, il a accueilli de hauts responsables iraniens et ses démarches ont contribué à aboutir à des arrangements qui ont atténué le risque que les Émirats soient pris pour cible.
Par la suite, les États-Unis ont levé les restrictions qui pesaient encore sur l’exportation vers les Émirats de puces électroniques avancées destinées à l’IA.
C’est ainsi que «Ben»— cet étudiant discret qui fréquentait jadis une salle de jiu-jitsu en Californie s’est retrouvé à une position charnière au confluent de la finance, du renseignement, de la technologie et de la diplomatie. Selon le Guardian, son parcours illustre l’ascension d’Abou Dhabi en tant que puissance régionale et acteur mondial ainsi que le rôle croissant d’une personnalité qui préfère agir dans l’ombre alors même que son empire s’étend au cœur de l’économie numérique mondiale.
* L’Ultimate Fighting Championship (UFC) est une organisation internationale d’arts martiaux mixtes (MMA), actuellement reconnue comme la plus importante ligue mondiale de ce sport de combat.
Plus de 500 startups accompagnées, plus de 3000 événements organisés et six programmes actifs : le hub d’innovation digitale de Tunisacélébré vendredi23 octobre 2026un anniversaire placé sous le signe de la communauté.
The Dot a célébré cinq ans de rencontres, de projets et de collaborations qui ont contribué à faire évoluer l’écosystème tunisien de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Au-delà de l’anniversaire d’un lieu, cette étape met à l’honneur toute une communauté : startups, fondateurs, alumni, partenaires institutionnels et privés, structures de soutien à l’entrepreneuriat, investisseurs, ainsi que toutes celles et ceux qui font émerger de nouvelles idées et les transforment en projets concrets.
Cinq ans d’impact au service de l’innovation
Depuis son lancement en 2021, The Dot, porté par le ministère des Technologies de la Communication, Expertise France, la Coopération allemande et la Fondation Tunisie pour le Développement, avec le soutien financier de l’Union européenne, s’affirme comme un espace de rencontre, d’accompagnement et de collaboration pour les acteurs de l’innovation en Tunisie. À travers ses programmes, ses événements et ses initiatives, le hub rapproche entrepreneurs, institutions, entreprises et structures d’accompagnement, favorise le partage d’expertise et suscite de nouvelles opportunités.
En chiffres, ces cinq années représentent plus de 500 startups accompagnées, dont 37 de la diaspora tunisienne. Le projet compte également près de 130 entreprises internationales de l’initiative Tech216, 140 startups hébergées venues de 10 gouvernorats, plus de 3000 événements organisés et accueillis au sein du hub, et six programmes actifs dédiés au soutien de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Des chiffres qui témoignent du chemin parcouru, mais aussi de la dynamique collective qui anime cet écosystème.
Une communauté qui se construit et qui dure
La singularité de The Dot tient autant aux initiatives qu’il porte qu’aux liens qui s’y tissent. Fondateurs, entrepreneurs accompagnés, partenaires et experts font de cet espace un lieu d’échange où les expériences se croisent, où les idées circulent et où les collaborations prennent forme.
Cette dynamique se prolonge bien au-delà des programmes et des événements. Les alumni poursuivent leur parcours entrepreneurial, développent leurs projets et restent impliqués dans la vie de l’écosystème. Ils incarnent l’une des dimensions essentielles de l’action de The Dot : créer des connexions durables et faire grandir une communauté capable d’évoluer au-delà des murs du hub.
«En cinq ans, The Dot a démontré que l’innovation se nourrit avant tout des rencontres, de la confiance et de la force du collectif. Aujourd’hui, notre ambition est de faire rayonner cette dynamique au-delà de Tunis, en renforçant les passerelles avec les centres Elife dans les régions, afin que les jeunes, où qu’ils se trouvent en Tunisie, puissent accéder aux mêmes opportunités, développer leurs talents et concrétiser leurs projets», a déclaréBadreddine Ouali, Président de la Fondation Tunisie pour le Développement et cofondateur de The Dot.
«Soutenir les talents, l’innovation et les technologies qui façonnent l’avenir économique de la Méditerranée est au cœur de l’engagement de la France aux côtés de The Dot :une success-story tunisienne qui depuis 5 ans écrit sa propre histoire, chaque jour plus forte, autonome, libre et créative», a renchéri Manuel Bufala,ministre-conseiller à l’ambassade de France en Tunisie.
«Notre programme a pour mission de créer des emplois dans le secteur tunisien des technologies de l’information, en constante croissance. L’un de ses piliers essentiels est le soutien et la promotion de l’entrepreneuriat innovant. The Dot est un lieu central destiné à nourrir l’écosystème tunisien des start-ups. C’est là que se réunissent les programmes de soutien, les investisseurs, les bailleurs de fonds et les jeunes start-ups pour façonner l’avenir économique de la Tunisie et le fairerayonner à travers le monde», a déclaréAlexander Beetz,directeur du programme Transformation digitale de la GIZ Tunisie. «The Dot est une belle aventure collective, née d’une ambition partagée entre la Tunisie et Team Europe : rapprocher les talents, encourager l’innovation et créer de nouvelles opportunités entre nos deux rives. En ce cinquième anniversaire, je forme le vœu que The Dot continue de grandir, de faire rayonner les talents tunisiens et de porter toujours plus loin les ambitions de tout un écosystème», a ajouté Giuseppe Peronne, ambassadeur de l’UE en Tunisie.
Un anniversaire placé sous le signe des rencontres
La célébration réunit ce vendredi, dans les locaux de The Dot, celles et ceux qui ont contribué à son développement et ceux qui font vivre son écosystème au quotidien. Le programme s’articule en deux temps : une cérémonie officielle en présence de représentants institutionnels et d’ambassadeurs, puis une soirée dédiée à la communauté, qui rassemble partenaires, entrepreneurs et alumni.
Cette rencontre est l’occasion de revenir sur cinq années de réalisations, de saluer la contribution de toutes celles et ceux qui ont pris part à cette aventure collective et de réaffirmer le rôle des partenariats dans le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat en Tunisie.
Cinq ans après son lancement, The Dot poursuit une ambition intacte : faire vivre un écosystème où les initiatives individuelles trouvent leur force dans le collectif, où les rencontres ouvrent de nouvelles perspectives et où les entrepreneurs disposent d’un environnement propice au développement de leurs projets.
Tant que le débat publicactuel en Frances’obstinera à traiterles jeunes révoltés défilant dans les villes en scandant leur rage contre le pouvoir politique comme une simple variable électorale ou un stock de voix à séduire à effrayer et l’école comme un musée de la république à préserver, le dialogue sera impossible.
Mahjoub Lotfi Belhedi *
De prime à bord, il y a une paresse intellectuelle mortifère à vouloir enfermer le vivant dans le grand alphabet du marketing sociologique. Estampiller la jeunesse d’une lettre (hier X, Y , Z, et aujourd’hui par sublimation poétique, «post- Z» ou «Alpha» ) relève d’un étiquetage quasi-zoologique en réduisant l’expérience humaine de millions d’adolescents et de jeunes adultes à un écosystème algorithmique et une vignette alphabétique n’est pas seulement humiliant : c’est un aveu d’impuissance où on nomme pour ne pas comprendre, on catégorise pour ne pas écouter (voir à ce propos mon ouvrage «La génération Z : les enfants du chaos numérique».)
Pourtant, la colère qui traverse aujourd’hui la jeunesse française est d’une matérialité féroce. Elle ne s’exprime pas les formes policées de l’ancien monde, mais dans une fureur sourde, discontinue, parfois dévastatrice. Cette «rage», loin d’être une simple crise d’adolescence collective ou réduite à des revendications légitimes de bien-être éducatif et social, est le vertige d’une génération née dans les ruines du chaos numérique du XXIe siècle. Et aussitôt le feu couve-t-il que le spectacle politique s’empresse à sortir ses pinces à sucre.
Le grand bazar de récupération
À l’approche des échéances politiques, cette colère est devenue la monnaie scripturale d’échange la plus prisée du marché électoral. D’un côté, une droite managériale ou réactionnaire brandit la menace d’une jeunesse «décadente & désaffiliée», réclamant le retour d’une autorité caricaturale pour séduire un électorat vieillissant et apeuré. De l’autre, une gauche qui, dans ses franges souffre d’une nostalgie pathologique des évènements de Mai 68, incapables d’analyser le présent avec des grilles de lectures neuves, elle persiste à projeter sur le romantisme fétichisé des barricades du «Quartier latin» en cherchant désespérément un mythe quinquagénaire… Cette jeunesse révoltée, les uns veulent la matraquer, les autres veulent l’annexer en rejouant les guerres d’hier. Personne ne veut la recevoir.
Cette récupération tous azimuts est d’autant plus perverse qu’elle feint de prendre le problème de la racine, en répondant par du cosmétique à un effondrement structural. La classe politique utilise la colère des jeunes comme un miroir déformant pour parler à ses propres électeurs, transformant une détresse existentielle en simple carburant d’appareil.
Le mythe de «Ferry» à l’épreuve de l’ère numérique
Au cœur de grand malentendu se dresse une institution exsangue : l’école. Le discours politique ambiant ne cesse d’inventer le fantôme de «Jules Ferry», érigeant l’école républicaine de la fin du XIXe siècle en un sanctuaire intemporel qu’il suffirait de «restaurer». Mais cette nostalgie est un aveuglement tragique.
Le modèle «Ferryste» a été pensé pour une société industrielle, centralisée, fondée le dogme de l’écrit, la verticalité du savoir et la fabrique des citoyen-soldat homogène. Il reposait sur une promesse claire : la soumission à la discipline scolaire garantissait l’«ascenseur social» et le progrès.
Aujourd’hui, ce sanctuaire est percé de toute part par la réalité numérique complexe.
La crise de l’autorité du savoir : l’école prétendant détenir le monopole de la connaissance s’effondre face à des flux d’informations continus, décentralisé et algorithmiquement personnalisé. L’élève vit dans une dualité schizophrénique entre un espace scolaire linéaire et un univers numérique immersive, furtive et horizontale.
La fracture des temporalités : le temps long de l’apprentissage républicain entre en collision frontale avec la logique du temps réel et de la satisfaction immédiate sécrétée par les plateformes (consulter aussi mon e-book : «Le calendrier Grégorien vs Les calendriers IA»)
Le déclassement de la promesse : l’école ne protège plus de la précarité d’où l’illusion méritocratique s’est effritée, laissant place à un sentiment de frustration.
Vouloir plaquer l’autorité verticale de 1882 sur des esprits façonnés par la complexité cybernétique, le doute et le chaos du monde numérique moderne est une folie. Ce n’est pas en réimposant les méthodes d’hier qu’on éteindra le feux d’aujourd’hui, c’est précisément le refus d’adapter les structures éducatives aux réalités cognitives et sociologiques du présent qui alimentent le brasier en cours…
Comment sortir de l’impasse ?
La rage de cette jeunesse n’est ni une maladie à guérir par le mépris, ni un projet politique électoral prêt à l’emploi, plutôt, il est le symptôme d’un monde qui a changé de paradigme sans avoir le courage d’adapter ses institutions.
Tant que le débat public s’obstinera à traiter ces jeunes comme une simple variable électorale, un stock de voix à séduire à effrayer et l’école comme un musée de III république, le dialogue sera impossible.
En effet, cette génération n’a besoin ni récupération électorale ni de nostalgie répressive. Elle a besoin d’une refondation radicale des lieux de transmission du savoir, en mesure de donner du sens au désordre contemporain plutôt que d’essayer vainement de la censurer.
Les Nations unies et leurs partenaires tunisiens se sont réunis lors d’une journée d’échanges consacrée au financement du développement durable.
L’objectif de cette journée est d’identifier des leviers financiers innovants pour répondre aux défis multisectoriels de la Tunisie et mobiliser des financements innovants et durables.
Grâce à la synergie entre institutions nationales et experts de l’Onu, cette rencontre marque une étape clé vers la mise en place du futur Pôle de financement du développement et d’investissement en Tunisie, indique un communiqué des Nations Unies, en affirmant que ce dispositif permettra de mieux aligner les priorités nationales, la structuration des projets et la mobilisation des fonds.
Réaffirmant leur engagement commun en faveur des Objectifs de Développement Durable (ODD), les intervenants ont souligné l’importance de transformer ces réflexions collectives en actions concrètes sur le terrain.
Et de conclure : « Merci à tous nos partenaires pour la richesse des contributions et cette belle dynamique collective ! Ensemble, transformons les défis en opportunités et les idées en actions concrètes ».
La Tunisie exprime sa ferme condamnation et sa vive réprobation de l’acte terroriste lâche ayant ciblé une église orthodoxe grecque dans le gouvernorat d’Al-Karak, au Royaume hachémite de Jordanie frère, faisant plusieurs victimes parmi les citoyens innocents et des dizaines de blessés.
La Tunisie exprime également sa pleine solidarité et sa profonde sympathie avec le Royaume hachémite de Jordanie, et adresse au peuple jordanien frère ainsi qu’aux familles des victimes ses sincères condoléances et ses profondes marques de compassion et de solidarité, souhaitant aux blessés un prompt rétablissement.
La Tunisie réaffirme sa position constante de condamnation de toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme, et souligne son soutien au Royaume hachémite de Jordanie frère dans la lutte contre ce fléau dangereux, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité.
La brigade des recherches et d’investigation de la garde nationale de Sousse a arrêté un dealer recherché par de multiples unités sécuritaires et judiciaires.
Selon une source citée par Jawhara FM ce samedi 24 octobre 2026, le suspect a été interpellé en flagrant délit alors qu’il écoulait du cannabis devant un établissement éducatif dans la région de Cité Riadh.
Lors de cette opération, les unités sécuritaires ont saisi une quantité de stupéfiants ainsi qu’une somme d’argent provenant des revenus de ce trafic.
Les investigations en cours ont également permis d’étendre les recherches à l’encontre de deux autres complices impliqués dans cette affaire, qui font désormais l’objet de mandats de recherche.
La Tunisie célèbre, à l’instar des Pays du monde entier, la «Journée des Nations unies», qui coïncide avec le 81ème anniversaire de la création de l’Organisation des Nations Unies et de l’entrée en vigueur de sa Charte.
Cette commémoration intervient également à l’occasion du 70ème anniversaire de l’adhésion de notre Pays à l’Organisation, marquée par la levée du drapeau tunisien au sein du concert des nations, le 12 novembre 1956, consacrant ainsi son indépendance, faisant entendre sa voix et affirmant sa place parmi les États en tant que membre actif et responsable.
Cette journée est l’occasion de rappeler l’esprit de la Charte et de renouer avec les nobles idéaux énoncés dans son préambule, qui s’ouvre par les mots « Nous, peuples des Nations Unies… ». Elle nous rappelle que cette Charte est née des tragédies de l’histoire, consacrant la victoire de la sagesse sur les instincts de domination et de suprématie. Elle constitue un engagement moral et juridique visant à préserver l’humanité des ravages de la guerre et à faire renaître l’espoir d’un avenir meilleur.
La Charte nous rappelle également que la volonté des peuples doit être mise au service des peuples eux-mêmes et que la vocation suprême de l’Organisation réside dans l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables, ainsi que dans la réalisation d’un développement équitable pour tous, en tant que droits fondamentaux et inaliénables, loin de toute logique dictée par les agendas géostratégiques et les calculs politiques étroits, qui ne peuvent que reproduire les erreurs du passé.
Tout en saluant le parcours de l’Organisation et les efforts inlassables qu’elle a déployés au cours de huit décennies pour prévenir et contenir les conflits, gérer les crises, maintenir la paix, promouvoir le désarmement, protéger les droits de l’Homme, coordonner les interventions humanitaires, lutter contre la pauvreté, la criminalité organisée et les épidémies, soutenir les efforts de développement et l’action climatique, ainsi que protéger l’enfance et promouvoir l’autonomisation des femmes et des jeunes, la Tunisie souligne que les mutations et les défis croissants auxquels le monde est confronté exigent de tous les États qu’ils réaffirment leur détermination à renforcer les valeurs de solidarité internationale et à consolider les principes de sécurité collective et de destin commun.
Cette démarche est indispensable pour restaurer la confiance dans la capacité de l’Organisation des Nations Unies à accomplir sa mission et à renforcer sa crédibilité. Elle requiert un engagement sincère en faveur du droit international ainsi que la poursuite d’un processus de réforme globale et profonde des structures et des mécanismes de fonctionnement de l’Organisation, afin qu’elle demeure un pilier de la légalité internationale et un refuge pour les peuples.
Depuis son indépendance, la Tunisie s’est attachée, durant sept décennies, à être un partenaire fiable dans toutes les initiatives susceptibles de consolider les fondements de la paix et de la sécurité internationales, de servir les programmes de développement et de consacrer le système des droits de l’Homme dans toutes ses dimensions.
Elle réaffirme aujourd’hui les constantes de sa diplomatie multilatérale, fondée sur le respect du droit international, de la souveraineté des États et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, ainsi que sur la primauté du dialogue et le règlement pacifique des différends.
La Tunisie exprime sa fierté à l’égard de son long parcours au sein de l’Organisation, marqué par plusieurs initiatives novatrices, des contributions reconnues aux opérations onusiennes de maintien de la paix et une défense constante des causes justes, ainsi que du droit des peuples à la libération et à l’autodétermination, au premier rang desquels figure le peuple palestinien.
La Tunisie est également fière du partenariat constructif qu’elle a développé au fil des décennies avec l’Organisation des Nations Unies. Elle apprécie hautement le rôle essentiel et les efforts louables déployés par les agences, les fonds et les institutions spécialisées des Nations Unies présentes sur son territoire, en vue de l’élaboration du Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable pour la période 2027-2031.
Cette démarche veille à assurer une parfaite cohérence avec le Plan National de Développement, consacrant ainsi l’appropriation nationale pleine et entière et faisant de la coopération onusienne un véritable levier au service des objectifs de développement global.
À cette occasion, la Tunisie rend hommage à ses compétences et à ses experts, femmes et hommes, qui exercent au sein des différentes instances, agences et bureaux des Nations Unies à travers le monde. Par leur compétence et leur professionnalisme, ils illustrent la richesse du capital humain tunisien et témoignent de l’attachement constant de notre Pays à la promotion des valeurs de paix, de solidarité et de primauté du droit.
Alors qu’elle s’apprête à entamer une nouvelle décennie dans ses relations avec l’Organisation des Nations Unies, la Tunisie réaffirme son engagement à poursuivre sa participation positive et responsable à tous les efforts sérieux visant à renforcer la complémentarité entre la paix et le développement, à préserver les principes du droit international de toute instrumentalisation ou politisation et à promouvoir le respect de la souveraineté des États, de la volonté de leurs peuples et de leurs choix nationaux.
Cette vision vise à consacrer des relations internationales fondées sur l’égalité souveraine, le respect mutuel et les intérêts communs. La Tunisie est convaincue qu’aucune paix durable ne saurait être instaurée dans un monde où les ressources des peuples sont dilapidées dans des guerres par procuration et des conflits entre puissances et blocs rivaux, au détriment de leur droit au développement. Elle est également convaincue qu’il ne saurait y avoir de justice tant que la loi du plus fort prévaudra sur la force du droit.
Puisse l’Organisation des Nations Unies être, chaque année, davantage en mesure d’honorer ses engagements envers les peuples.
Puisse la Tunisie demeurer, chaque année, une ardente défenseure du droit, fidèle à ses principes et sincèrement attachée au respect de ses engagements au sein des Nations Unies.
L’Espérance sportive de Tunis s’est qualifiée pour la phase de poules de la Ligue des Champions africaine en éliminant Al Swehly de Libye, samedi soir au stade Hamadi Agrebi de Radès.
Après avoir remporté le match retour sur le score de 1-0, l’Espétance est parvenue à s’imposer lors de la séance des tirs au but ce samedi 24 octobre au stade Hamadi Agrebi de Radès.
Battus (0-1) lors de la manche aller à Misrata, les Sang et Or ont rapidement comblé leur retard dès la 9ᵉ minute grâce à une réalisation d’Imed Faraj,qui a ouvert le score mais malgré une nette domination et plusieurs occasions, l’Espérance n’est pas parvenue à inscrire le deuxième but libérateur durant le temps réglementaire.
À l’issue des deux rencontres (1-1 au cumul des scores), la qualification s’est jouée lors de l’épreuve décisive des tirs au but. Le portier espérantiste Béchir Ben Saïd s’est alors illustré en stoppant deux tentatives adverse, propulsant ainsi le club de Tunid vers le tour suivant.
L’Espérance de Tunis s’est ainsi imposée et qualifiée pour la phase de poules de la Ligue des Champions africaine.
La Bibliothèque nationale de Tunisie participera à la 5ᵉ édition de la Foire nationale du livre tunisien, du 23 octobre au 1er novembre 2026, à la Cité de la Culture.
Cette participation sera l’occasion de faire découvrir ses publications et ses éditions, tout en mettant en valeur son rôle dans la préservation du patrimoine intellectuel et culturel national et sa mise à la disposition des chercheurs, des lecteurs et des passionnés de culture.
Ses publications seront proposées à la vente durant toute la foire, une occasion de découvrir ses éditions et de valoriser le patrimoine intellectuel et culturel tunisien.
Des cellules orageuses locales provoqueront des épisodes pluvieux à l’extrême nord du pays ainsi qu’au sud-est dès le début de cette nuit.
C’est ce qu’a fait savoir l’Institut national de la météorologie (INM) en ajoutant que le ciel sera nuageux, devenant parfois dense sur l’ensemble des régions.
Côté vents, ils se montreront forts près des côtes et souffleront de manière modérée à assez forte à l’intérieur du pays, engendrant ainsi une mer très agitée, en particulier sur le littoral nord.
Quant aux températures, l’INM annonce des nocturnes comprises entre 15°C et 20°C sur le nord et le centre, baissant à 12°C sur les hauteurs.
«Rome décidera-t-elle de l’avenir de la pêche à la crevette rouge en Méditerranée ?», s’est demandé l’ancien député Majdi Karbai, résident en Italie, en évoquant, dans un poste Facebook, la 49ᵉ session de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), qui se tiendra du 26 au 30 octobre 2026, au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, avec la participation de plusieurs pays, dont la Tunisie et l’Italie qu’oppose un litige commercial à ce sujet.
Cette réunion intervient dans un contexte sensible, après le dépassement du quota tunisien de pêche à la crevette rouge en 2026, selon des informations relayées par la presse, et les pressions qui en ont résulté sur les exportateurs tunisiens et importateurs italien, a fait remarquer Karbai, et de préciser que «l’enjeu n’est pas seulement environnemental : il est aussi économique et politique.»
«Qui fixe les quotas de pêche ? Sur quels critères ? Les règles sont-elles appliquées équitablement à tous les pays, ou la durabilité devient-elle un instrument de pression sur les pêcheurs et les produits tunisiens ?», s’interroge-t-il, faisant ainsi écho aux requêtes des pêcheurs tunisiens de crevette rouge qui se considèrent lésés par les quotas qui leur sont attribués par l’Italie et l’Union européenne. Et il répond : «Entre la préservation des ressources marines et la défense des intérêts des pêcheurs, une question demeure : les décisions prises à Rome seront-elles équitables et transparentes, ou les pêcheurs tunisiens paieront-ils le prix des rapports de force en Méditerranée ?»
Sans attendre les conclusions officielles de la réunion, on peut compter sur les responsables tunisiens pour défendre les intérêts de leurs pêcheurs avec force argument, mais rien ne laisse présager une issue positive pour ces derniers qui devraient chercher d’autres débouchés pour leurs produits et ne pas dépendre d’un seul marché, en l’occurrence européen.
Il y a deux décennies, le Guide suprême iranien de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei, a émis une fatwa interdisant le développement d’armes nucléaires. Cette interdiction religieuse a servi de fondement à l’insistance du régime sur le caractère pacifique de ses ambitions en matière d’énergie atomique, et ce, malgré une expansion significative de l’enrichissement de l’uranium, une dynamique qui a placé l’Iran sur une trajectoire de confrontation avec l’Occident. Sauf que tout a basculé avec la guerre israélo-américaine qui a débuté le 28 février 2026 et ses conséquences dévastatrices, aujourd’hui les les éléments les plus radicaux au sein du régime réclament l’annulation de cette fatwa et le changement de la doctrine nucléaire.
Imed Bahri
Le Financial Times rapporte que les dommages collatéraux causés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un nombre croissant de politiciens, d’analystes et de parlementaires radicaux exhortent le régime à abandonner cette position, à se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à opter clairement pour l’arme nucléaire.
Davoud Modarresian, analyste politique proche des courants radicaux, a écrit ce mois-ci : «Les récentes confrontations militaires ont démontré que la possession d’armes nucléaires par l’Iran n’est pas une simple ambition mais une nécessité dont l’importance dépasse même celle du pain».
Ce débat public marque un tournant notable dans un pays où, jusqu’à présent, exprimer ouvertement un soutien à l’acquisition d’armes nucléaires risquait d’être perçu comme un défi à l’autorité du Guide suprême qui détient le pouvoir de décision ultime. Or, la mort de Khamenei —survenue lors des bombardements américano-israéliens au début du conflit le 28 février— a paradoxalement contribué à lever ce tabou. Son successeur, son fils Mojtaba Khamenei — qui demeure invisible— n’a pas précisé publiquement s’il comptait maintenir la position adoptée par son père. Ce silence a ouvert un espace aux partisans de la ligne dure en Iran pour avancer leurs arguments en faveur de l’acquisition de l’arme nucléaire. Deux enseignants ont affirmé que l’islam chiite jouit d’une souplesse suffisante pour permettre l’évolution des préceptes religieux en réponse à l’évolution des circonstances.
Mettre en place un «système de dissuasion complet»
Par ailleurs, Hassan Qashqavi, porte-parole de la commission de la sécurité nationale au Parlement, a déclaré le mois dernier que le nouveau Guide suprême iranien pourrait émettre une nouvelle fatwa concernant la question nucléaire, ajoutant que «personne ne peut l’en empêcher». M. Qashqavi a ajouté que l’Iran doit mettre en place un «système de dissuasion complet» afin d’éviter que ne se reproduise le schéma actuel, caractérisé par une alternance entre négociations et guerre.
Les partisans de l’acquisition d’armes nucléaires ont cité l’exemple de la Corée du Nord dont l’arsenal nucléaire s’est, selon eux, avéré efficace pour dissuader toute intervention extérieure.
Une source au sein du régime a indiqué que la mort de Khamenei a entraîné une montée en flèche du soutien à l’acquisition d’armes nucléaires parmi les institutions dirigeantes, précisant que la proportion de ceux qui jugent nécessaire de posséder la bombe est passée «de près de zéro à plus de 50%». Ce changement s’explique en partie par le fait qu’un grand nombre de partisans du régime perçoivent le conflit avec les États-Unis comme une lutte existentielle. Ce conflit demeure dans une impasse tendue et potentiellement explosive autour du détroit d’Ormuz, une zone sur laquelle l’Iran insiste pour maintenir son contrôle.
Des dizaines de commandants et de hauts responsables ont été tués au cours des quarante jours de bombardement avant de prendre fin avec l’instauration d’un cessez-le-feu fragile en avril.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’un changement de régime en Iran. Le président américain est allé plus loin encore, menaçant de détruire la «civilisation» iranienne et de renvoyer le pays à «l’âge de pierre». Un haut diplomate occidental en poste à Téhéran a indiqué que ces déclarations avaient conduit des responsables du régime à se demander si les États-Unis envisageaient d’utiliser des armes nucléaires tactiques.
La position officielle demeure inchangée mais le débat s’élargit. L’Iran maintient officiellement que son programme nucléaire est à vocation pacifique et qu’il n’a pas l’intention de développer des armes nucléaires. Mohammad Eslami, le plus haut responsable du programme nucléaire iranien, a déclaré dimanche que les travaux visant à produire 20 000 mégawatts d’électricité d’origine nucléaire s’étaient poursuivis même en temps de guerre.
Appels publics en faveur de l’acquisition d’une force nucléaire
Toutefois, les appels publics en faveur de l’acquisition d’une force de dissuasion nucléaire suscitent l’inquiétude de certains responsables politiques pragmatiques, notamment des réformateurs qui plaident depuis des années pour une politique étrangère moins conflictuelle. Hossein Marashi, une figure politique réformatrice de premier plan, a déclaré la semaine dernière aux médias locaux : «La protection de l’Iran et de la République islamique est plus importante que l’enrichissement [de l’uranium] ou la préservation des acquis nucléaires». Selon des experts, il ne semble pas que l’Iran ait encore atteint le stade de la prise de décision concernant sa doctrine nucléaire alors que la guerre se poursuit.
Ali Vaez, expert des affaires iraniennes au sein de l’International Crisis Group, a déclaré : «Il s’agit d’un débat sérieux qui n’est plus un sujet tabou malgré la fatwa de l’ancien Guide suprême. La guerre a renforcé la position de ceux qui soutiennent qu’un État confronté à une attaque menaçant son existence a, en fin de compte, besoin de la force de dissuasion ultime». Il a toutefois ajouté : «Téhéran pourrait chercher à préserver ses infrastructures nucléaires tout en utilisant son programme comme levier de négociation pour obtenir des concessions économiques ou sécuritaires plutôt que de se précipiter ouvertement vers l’acquisition de la bombe. Tout dépendra de la perception des dirigeants iraniens : estiment-ils que la transformation du programme en un programme d’armement permettrait de prévenir une future attaque, ou, au contraire, qu’elle ne ferait qu’en précipiter le déclenchement?».
Abolfazl Bazargan, analyste en relations internationales proche du camp des durs au sein du régime, a déclaré à l’agence de presse Tasnim —liée au Corps des gardiens de la révolution islamique— que l’insistance de l’Iran à affirmer qu’il ne développera jamais d’arme atomique équivaudrait à une «défaite auto-infligée». Selon lui, Téhéran devrait adopter une doctrine fondée sur le principe de non-recours en premier aux armes nucléaires, tout en conservant la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire.
Selon les évaluations des services de renseignement américains, l’Iran a entamé, il y a plusieurs décennies, des travaux préliminaires en vue d’un programme d’armement nucléaire, avant que ceux-ci ne soient interrompus en 2003. L’an dernier, devant le Congrès, l’ancienne directrice du renseignement national américain a indiqué que, selon les estimations des services de renseignement, Téhéran ne travaille pas à la fabrication d’une arme atomique. Toutefois, la forte accélération des activités d’enrichissement d’uranium —survenue après le retrait de Donald Trump, en 2018, de l’accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et les puissances mondiales— a transformé le pays en ce que les experts qualifient d’ «État au seuil du nucléaire». L’Iran possède désormais la capacité de convertir son programme à des fins militaires, s’il choisissait de le faire.
Aujourd’hui, cependant, le programme nucléaire de la République islamique a subi un revers majeur. Les États-Unis ont en effet frappé les trois principales installations nucléaires iraniennes —Natanz, Fordo et Ispahan— durant le conflit de 12 jours qui a opposé Israël à la République islamique en juin de l’année dernière.
Par ailleurs, Donald Trump —qui insiste sur la nécessité pour Téhéran de démanteler son programme nucléaire— a menacé de prendre pour cible une installation enfouie profondément sous le mont Kuh-e Gazla (la Montagne de la Pioche), dans le centre de l’Iran.
Mystère sur le sort du stock iranien d’uranium hautement enrichi
L’une des sources d’inquiétude immédiates les plus importantes pour les États-Unis et les puissances occidentales concerne le sort du stock d’uranium hautement enrichi détenu par l’Iran. Celui-ci se compose d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau qui ne se situe qu’à un pas du seuil d’enrichissement requis pour la fabrication d’armes. On estime que ce stock –qui, s’il était davantage enrichi, pourrait théoriquement fournir suffisamment d’uranium pour fabriquer une dizaine d’armes nucléaires– se trouve sous les décombres de sites nucléaires ayant été bombardés.
Trump a exigé de l’Iran, seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à de tels niveaux, qu’il transfère ce stock hors du pays. Toutefois, alors que Téhéran a résisté à cette exigence, des responsables du régime ont évoqué la possibilité de discuter d’une réduction du taux d’enrichissement de ce stock dans le cadre d’un accord plus large qui prévoirait la levée des sanctions américaines et le dégel des fonds iraniens bloqués à l’étranger, des conditions que Washington n’accepte pas.
L’Iran n’a pas autorisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à ses principaux sites nucléaires depuis juin 2025.
Autre question importante qui se pose : l’Iran va-t-il se retirer du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) ? En vertu des dispositions de ce traité, si l’Iran décidait de s’en retirer, il serait tenu d’en informer tous les autres États parties ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un préavis de trois mois. Selon des diplomates, Téhéran pourrait utiliser cette option comme un moyen de pression sur Washington afin de parvenir à un accord.
Deux hauts responsables iraniens ont déclaré au Financial Times qu’un retrait du traité ne constituait pas une priorité immédiate. L’un d’eux a affirmé : «Notre politique concernant le Traité sur la non-prolifération nucléaire n’a pas changé pour l’instant mais cela ne signifie pas qu’elle ne changera pas à l’avenir». Toutefois, la proposition de retrait demeure controversée, y compris parmi certains partisans d’une posture défensive plus ferme de la part de l’Iran.
Dans des entretiens accordés à des médias locaux, Hamza Safavi, professeur à l’Université de Téhéran et fils de l’un des conseillers militaires du Guide suprême iranien, a suggéré que le recours à d’autres types d’armes non conventionnelles, notamment ce que l’on appelle la bombe sale*, pourrait constituer un moyen de dissuasion tout aussi efficace. Cependant, de telles positions suscitent l’ire d’autres éléments radicaux.
Selon l’activiste politique Davoud Modarresian, le principal obstacle au développement d’une arme nucléaire ne réside pas dans l’interdiction religieuse mais plutôt dans l’hésitation au sein des cercles du pouvoir.
*La bombe sale (ou dispositif de dispersion radiologique, DDR) est un engin explosif conventionnel (dynamite, C4) entouré de matières radioactives, biologiques ou chimiques. Elle ne provoque pas d’explosion atomique mais vise à propager la contamination et la panique.
La récolte de dattes en Tunisie pour la saison 2026-2027 est estimée à plus de 354 000 tonnes, contre 404 000 tonnes la saison précédente, soit une baisse de 12,4 %, selon des données communiquées par des représentants du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche lors d’une réunion de la commission parlementaire de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et hydrique, et de la Pêche, au Palais du Bardo.
Lors de cette réunion, les représentants du ministère ont indiqué que les estimations préliminaires de la récolte se répartissent entre 303 000 tonnes de la variété «Deglet Nour». C’est la reine des dattes et la plus exportée du pays (plus de 75 % de la production nationale). Elle possède une couleur blonde translucide, une chair fondante et un goût unique de miel.Les quelque 54 000 tonnes restants appartiennent à d’autres variétés communes («Kenta», «Allig», «Khouat Allig»…).
Les responsables du secteur ont par ailleurs souligné la bonne préparation de la saison, marquée par l’organisation de journées de sensibilisation, le nettoyage des oasis et la poursuite des opérations de pollinisation, lesquelles ont porté sur environ 53,5 millions de régimes de dattes.
Concernant le prix de référence, les représentants du ministère ont expliqué que celui-ci est fixé selon la loi de l’offre et de la demande, précisant qu’un prix de référence de 5,200 dinars le kilogramme de dattes a été établi pour la saison 2026-2027, sous réserve de conditions déterminées.
Rappelons que les exportations tunisiennes de dattes ont atteint un record historique lors de la campagne 2025-2026, avec près de 160 000 tonnes exportées pour des recettes dépassant 1 milliard de dinars (environ 347 millions de dollars). Les dattes tunisiennes sont exportées vers plus de 94 pays (avec l’Europe comme principal débouché, mais aussi le Canada, les États-Unis, l’Inde et la Russie). La Tunisie assure environ 13 % de la valeur des exportations mondiales et se classe au 1er rang africain en termes de valeur d’exportation et 3e rang mondial après l’Arabie saoudite et les les Émirats arabes unis.
Protect Humanitarians, une ONG internationale qui prône une meilleure protection des travailleurs humanitaires, vient de mettre en ligne une pétition pour réclamer la libération de Saâdia Mosbah, 67 ans, la présidente de l’association Mnemty, figure de l’action humanitaire et de la lutte contre le racisme en Tunisie, qui vient de passer 900 jours derrière les barreaux «pour son engagement humanitaire.»
«À travers M’nemty (‘‘Mon rêve’’), l’association qu’elle a fondée en 2013, Saâdia a milité pour que la discrimination raciale soit pénalisée en Tunisie. Elle a contribué à l’adoption de la loi historique de 2018 dans le pays», rappelle l’organisation, avant de passer en revue les circonstances de son arrestation, le 7 mai 2024, et de son procès pour des accusations de blanchiment d’argent en lien avec le financement de son ONG, jusqu’à sa condamnation en appel à huit ans de prison et une amende de plus de 120 000 dinars tunisiens, en juin 2026, un verdict dénoncé comme inique et arbitraire par sa défense.
Les huit autres membres de l’association poursuivis dans la même affaire, dont le fils de Saâdia, Farès Gueblaoui, ont été condamnés à des peines de prison allant d’un à trois ans, à des amendes comprises entre 15 000 et 65 000 dinars tunisiens, ainsi qu’à des sanctions complémentaires, notamment une suspension de cinq ans de leur droit de vote.
«Saâdia ne doit pas être oubliée. Sa voix ne doit pas être réduite au silence», conclut la pétition.
Rappelons que plusieurs autres organisations nationales, internationales et régionales de défense des droits humains ont fermement condamné la détention arbitraire et la condamnation de Saadia Mosbah, notamment Amnesty International, Front Line Defenders, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
D’autres acteurs, tels que Human Rights Watch, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et Civicus, ont exprimé de graves préoccupations, dénonçant ses poursuites comme faisant partie d’une répression plus large visant les migrants, la société civile et les défenseurs des droits humains en Tunisie.
Dans ses relations avec la Tunisie, l’Union européenne (UE) a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même, a souligné Mohamed Sassi dans son ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire» paru en 2025 aux éditions Nirvana,à Tunis. Mais la Tunisie a-t-elle jamais fait preuve, vraimentde capacité de négociation pour la défense de ses intérêts vitaux ? Aujourd’hui, elle demande la révision des termes des accords passés avec l’UE, mais alors que Bruxelles se dit prêt à moderniser l’Accord d’association avec Tunis, Tuniss’est-il vraiment préparé à s’y engager avec des idées et des programmes clairs ?
Latif Belhedi
L’UE se dit prête à entamer un dialogue avec la Tunisie en vue de moderniser l’Accord d’association de 1995, afin de l’adapter aux nouveaux défis économiques, technologiques et énergétiques, tout en renforçant les investissements et l’intégration industrielle entre les deux rives de la Méditerranée.
C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, lors d’une intervention aujourd’hui sur les ondes d’Express FM, tout en soulignant que, trente ans après la signature de cet accord, il est devenu nécessaire de mettre à jour un cadre initialement conçu principalement pour les échanges commerciaux, en l’étendant à des domaines tels que l’intelligence artificielle, les services numériques, la transition énergétique et les nouvelles chaînes de valeur.
Mettre à jour le cadre du partenariat
Bruxelles a déjà noué des contacts préliminaires avec les autorités tunisiennes et confirme sa volonté d’engager des discussions, mais aucun calendrier de négociation ni aucune proposition formelle de révision n’ont encore été annoncés.
La position européenne s’inscrit dans le débat initié par les autorités tunisiennes, qui réclament un rééquilibrage de l’accord. Elles souhaitent favoriser un meilleur accès des produits agricoles au marché européen, attirer des investissements à haute valeur ajoutée et permettre une participation accrue des entreprises locales aux chaînes de production internationales.
En mai dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait réaffirmé la nécessité d’un partenariat plus équitable, respectueux des priorités économiques nationales.
Perrone a rappelé que l’UE demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie. En 2025, les exportations tunisiennes vers les pays européens ont atteint environ 44 milliards de dinars, contre 37 milliards d’importations, soit un excédent commercial d’environ 7 milliards de dinars (équivalent à 2,1 milliards d’euros). On dénombre quelque 3 400 entreprises européennes présentes dans le pays, lesquelles assurent plus de 400 000 emplois directs.
Cap sur les énergies renouvelables
L’énergie figure parmi les priorités du partenariat, avec un soutien européen au développement des énergies renouvelables, à la modernisation de la Société nationale d’électricité (Steg) et au projet Elmed, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie.
Cette infrastructure, développée par Terna et la Steg, prévoit une liaison bidirectionnelle d’environ 220 kilomètres, dotée d’une capacité de 600 mégawatts. En juin dernier, un contrat d’environ 770 millions d’euros a été attribué à Hitachi Energy pour la réalisation des stations de conversion en Sicile et sur la péninsule tunisienne du cap Bon. Selon Perrone, ce projet permettra de renforcer la sécurité des approvisionnements et l’intégration des marchés électriques euro-méditerranéens, tout en facilitant le recours aux énergies renouvelables. Le diplomate a fait état d’avancées significatives dans la préparation financière et technique, laissant entrevoir un début des travaux, sans toutefois en préciser la date.
En matière d’investissements, Bruxelles vise à renforcer la coopération dans les secteurs de l’automobile, du textile, de l’agroalimentaire, du numérique et des technologies environnementales. Perrone a toutefois souligné la nécessité d’une plus grande prévisibilité réglementaire et d’une amélioration du climat des affaires en Tunisie.
L’ambassadeur a par ailleurs rappelé l’existence d’un soutien budgétaire européen de 80 millions d’euros, destiné aux mesures sociales en faveur des familles vulnérables, et a annoncé la préparation d’un forum euro-méditerranéen sur l’investissement et le développement durable, prévu au printemps 2027 dans le cadre du nouveau Pacte pour la Méditerranée. L’objectif affiché par Bruxelles est de transformer le partenariat avec Tunis en un levier d’intégration économique et industrielle accrue, dépassant ainsi une coopération fondée essentiellement sur les échanges commerciaux.
Bref, l’UE sait ce qu’elle peut tirer de sa coopération avec la Tunisie. Elle sait aussi ce qu’elle peut y apporter et semble prête à un nouveau round de négociation. On attend de la Tunisie qu’elle montre le même degré de préparation et la même capacité de proposition avant le démarrage des négociations, et n’y vienne pas seulement, comme souvent, avec de grandes idées et des récriminations.