À l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis ont choisi une arme inattendue : le refus de visas. Mahmoud Abbas et plus de 80 responsables de l’Autorité palestinienne se voient interdire l’accès à New York, au nom de la « sécurité nationale ». Une décision symbolique, mais lourde de sens, qui réduit la diplomatie américaine à un outil administratif transformé en levier politique.
Seule exception : les diplomates officiellement accrédités auprès de la mission palestinienne à l’ONU, conformément à l’accord de siège qui engage les États-Unis à garantir l’accès des délégations aux Nations unies.
Washington justifie ce geste par des « considérations de sécurité nationale » et reproche à l’AP de mener des démarches judiciaires contre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ), tout en cherchant à obtenir une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien.
Un visa transformé en arme diplomatique
Ce qui aurait pu paraître un simple acte consulaire prend ici la dimension d’un outil stratégique. Le visa devient une arme, l’ultime levier d’une diplomatie américaine à court d’options.
Plutôt qu’un plan de paix, une médiation régionale ou même des sanctions économiques, Washington choisit de fermer ses guichets. Un choix qui illustre une diplomatie de l’exclusion et de l’humiliation, où l’accès à un territoire se mue en instrument de chantage politique.
Réactions et contestations
Ramallah dénonce une décision « contraire au droit international » et une violation de l’accord de siège de l’ONU.
Du côté des Nations unies, la préoccupation est réelle : entraver la participation d’une délégation revient à fausser la représentativité de l’Assemblée générale.
Des voix critiques rappellent que cette manœuvre ne règle rien sur le fond et ne fait qu’accentuer le sentiment d’isolement palestinien au moment où la crise humanitaire à Gaza atteint un niveau inédit.
Le symbole contre la réalité
Derrière l’effet d’annonce, la portée pratique reste limitée : la question palestinienne sera bien présente à New York, portée par les alliés et soutiens régionaux.
Mais le geste révèle une tendance plus inquiétante : l’affaiblissement de l’arsenal diplomatique américain. À défaut de pouvoir proposer une solution politique crédible, Washington se replie sur des mesures symboliques, transformant l’arme du visa en bouclier dérisoire face à une cause portée par la scène internationale.
Une diplomatie réduite à un tampon administratif
Le refus de visas n’empêchera pas le débat palestinien d’occuper l’Assemblée générale. Mais il envoie un message clair : dans un monde en panne de diplomatie, les grandes puissances en viennent à brandir les outils les plus prosaïques comme instruments de coercition.
En fermant les portes plutôt qu’en ouvrant la discussion, Washington choisit l’arme du guichet, au risque de fragiliser encore davantage son image de médiateur au Proche-Orient.
Les États-Unis viennent, une nouvelle fois, de refuser l’octroi de visas aux représentants palestiniens, les empêchant ainsi de participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.Ce qui se décide aujourd’hui à la Maison Blanche est étrangement et dangereusement stupide (Ph. Poignée de main historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sous le regard de Bill Clinton lors de la signature des accords d’Oslo sur la pelouse de la Maison-Blanche, le 13 septembre 1993. En ce temps-là, les Etats-Unis tentaient de jouer un rôle constructif pour la paix au Proche-Orient.)
Khémaïs Gharbi
Les prétextes invoqués par Washington — sécurité nationale, manquements supposés aux engagements, prétendue «guerre juridique» contre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ)— ne tiennent pas la route. Ils traduisent surtout un abus de pouvoir et une violation flagrante de l’accord de siège conclu entre l’Onu et les États-Unis : celui-ci oblige pourtant le pays hôte à garantir l’accès de tous les représentants officiels aux instances multilatérales.
Le précédent de 1988
Ce n’est pas une première. En 1988, sous la présidence de Ronald Reagan, Washington avait déjà refusé un visa à Yasser Arafat, alors invité à s’exprimer devant l’Assemblée générale. Le tollé international fut tel que l’Onu décida de déplacer sa session extraordinaire à Genève, afin de permettre au dirigeant palestinien de prendre la parole. Ce fut un moment historique : Arafat y annonça l’acceptation des résolutions 242 et 338, reconnut le droit d’Israël à exister et rejeta toute forme de terrorisme. Pris de court, les États-Unis durent céder et ouvrir sans tarder un dialogue officiel avec l’OLP. Un revirement que beaucoup qualifièrent à l’époque de «tournant à 360 degrés».
Ce précédent aurait dû servir de leçon : on ne muselle pas un peuple en l’empêchant de parler à la tribune des Nations unies. Chaque tentative d’exclusion n’a fait que renforcer la légitimité de la cause palestinienne et mettre en lumière l’isolement moral des États-Unis lorsqu’ils abusent de leur statut de pays hôte.
L’isolement moral des Etats-Unis
Le pays hôte n’a pas le droit de fermer la porte de l’Onu selon ses humeurs, ses calculs politiques ou ses inimitiés. L’Assemblée générale est, par essence, la tribune universelle où chaque peuple, chaque gouvernement, ami ou ennemi, a le droit de venir exposer sa parole devant le concert des Nations. Même en temps de guerre, cette règle sacrée a toujours été respectée : les États-Unis ont vu défiler à New York des représentants de pays avec lesquels ils étaient en conflit ouvert — pendant la guerre du Vietnam, et lors de tant d’autres affrontements. Pourquoi, alors, faudrait-il faire aujourd’hui une exception pour la Palestine ?
Empêcher un peuple de parler, c’est non seulement le réduire au silence, mais aussi porter atteinte à la vocation première des Nations unies. Et cela, aucune organisation internationale digne de ce nom ne peut l’admettre.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter. Mais l’Onu doit rester fidèle à sa mission : offrir à toutes les nations et à tous les peuples une voix — fût-elle discordante — et refuser que son fonctionnement soit paralysé par les pressions d’un seul État. Si nécessaire, comme en 1988, l’Assemblée générale devrait de nouveau se réunir ailleurs, afin que la Palestine puisse faire entendre sa parole.
L’approche du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, motivée par des objectifs idéologiques et des manœuvres politiques, vise à mettre la main sur la Cisjordanie en passant à la vitesse supérieure dans la création des colonies pour in fine, rattacher le territoire palestinien à Israël. C’est l’avènement d’un État unique israélien sur l’ensemble du territoire qui est en train de se matérialiser d’une manière silencieuse et la liquidation de la solution des deux États. En même temps, ceci risque de provoquer un contrecoup international, un isolement diplomatique et de profondes conséquences intérieures pour l’État hébreu.
Imed Bahri
Dans Ynet (journal électronique anglophone relevant au journal de droite Yediot Aharonot), Michael Milshtein, écrivain, ancien officier des renseignements israéliens et directeur du Forum d’études palestiniennes au Centre Dayan de l’Université de Tel Aviv, a abordé ce qu’il a qualifié de «tsunami silencieux» mené par le gouvernement israélien en Cisjordanie. Parmi ces mesures figurent le plan de colonisation dans la zone E1, près de Jérusalem occupée, l’expansion des colonies en général et les mesures imposées par le parti de Smotrich au sein de la coalition.
Milshtein affirme que ces mesures modifient progressivement et discrètement la réalité politique et démographique en Cisjordanie, sans que l’opinion publique israélienne en comprenne pleinement les conséquences.
L’auteur a averti qu’Israël connaîtra le pic du «contre-tsunami» en septembre prochain, lors de la réunion de l’Onu, qui verra une reconnaissance élargie de l’État palestinien, entraînant d’importantes répercussions stratégiques et politiques pour Israël, tant au niveau national qu’international.
Modification de la réalité politique et démographique en Cisjordanie
Milshtein estime que ce tsunami silencieux perpétré par le gouvernement israélien ne fait généralement pas la une des journaux mais il menace de remodeler le paysage politique et social en Cisjordanie et reflète une évolution vers une politique d’un seul État sous contrôle israélien élargi avec des changements démographiques et juridiques fondamentaux, sans consultation de l’opinion publique israélienne ni prise en compte de l’opinion internationale.
L’ancien officier israélien évoque l’annonce, la semaine dernière, par le ministre Smotrich de l’approbation de plans de construction dans la zone E1, près de Jérusalem, affirmant que cette décision constitue un nouveau clou dans le cercueil de l’idée d’un État palestinien.
Selon l’auteur, l’annonce de Smotrich a suscité des réactions relativement limitées en Israël, préoccupé par la confrontation militaire à Gaza et les nombreuses divisions internes. Cependant, la communauté internationale a réagi par une forte condamnation, y compris de la part de plusieurs pays amis d’Israël, révélant la fragilité de l’équilibre entre la politique intérieure israélienne et la pression internationale croissante.
Milshtein affirme qu’un parti de la coalition, celui de Smotrich, a commencé à imposer son programme à l’ensemble du gouvernement, sans clarifier la position du Likoud ni la distinguer de la vision du parti radical.
Un point de non-retour qui empêcherait toute séparation future
Dans ce contexte, l’auteur note que le ministre des Finances, dès le début de la guerre, a envisagé une opportunité historique de remodeler l’ADN de la Cisjordanie par l’expansion des colonies, atteignant un point de non-retour qui empêcherait toute séparation future, même en cas de chute du gouvernement actuel.
Il affirme que la situation en Cisjordanie sert également de modèle à ce qui pourrait se produire dans la bande de Gaza, où les promoteurs d’un changement radical cherchent à imposer une nouvelle réalité, sans consulter la population, sous couvert d’une «stratégie réaliste» et des «leçons tirées du 7 octobre», profitant d’un contexte politique anormal qui permet des changements significatifs sur le terrain.
Milshtein note également que l’évolution vers une «solution à un seul État» entre le Jourdain et la Méditerranée, telle que décrite dans le plan de Smotrich de 2017, menacera la vision sioniste traditionnelle, créera une réalité de conflit permanent et conduira à un isolement international, proche de l’apartheid.
Ce changement se produit silencieusement, au mépris flagrant des avertissements stratégiques antérieurs concernant la possibilité d’une troisième Intifada ou de l’effondrement de l’Autorité palestinienne.
L’auteur constate que les décideurs israéliens ont tendance à ignorer la pression internationale, notamment les restrictions de déplacement imposées aux ministres et aux membres de la Knesset, considérant les critiques comme motivées par l’antisémitisme ou le soutien à l’extrémisme et au terrorisme. Cependant, il souligne que cette approche oublie que le désaccord fondamental avec la plupart des pays du monde concerne la politique israélienne envers les Palestiniens et non pas simplement un malentendu ou un parti-pris.
Selon l’ancien officier israélien, les mesures et décisions symboliques prises en faveur des Palestiniens ne constituent pas l’élément principal. Le véritable changement réside plutôt dans les restrictions économiques, la recherche scientifique et les relations éducatives, dont les signes commencent à apparaître et qui auront un impact sur la vie de tous les Israéliens, notamment sur les possibilités d’éducation et la coopération internationale en Cisjordanie.
Milstein évoque également le fossé dans l’opinion publique israélienne sur la question palestinienne, les citoyens ne recevant pas d’explications claires sur la position du gouvernement, qui oscille entre des politiques intransigeantes, parfois exprimées par des symboles tels que le «Grand Israël» et des positions plus modérées exprimées lors de visites internationales, comme les récentes déclarations de Netanyahu sur l’autonomie palestinienne. L’auteur estime que cette contradiction crée un sentiment d’ambiguïté au sein de l’opinion publique et est exploitée pour unir les Israéliens autour des dirigeants malgré de profonds désaccords sur les politiques de colonisation et d’expansionnisme.
Concernant la dépendance au soutien américain, l’auteur soutient qu’elle repose sur deux hypothèses fondamentales : la première est que Washington soutiendra toujours Israël, le soutenant même lorsqu’il prend des mesures pour annexer ou étendre la Cisjordanie et Gaza. Il estime que cette hypothèse réduit la marge de manœuvre politique d’Israël et nuit à ses relations avec des pays occidentaux clés, comme l’ont démontré la France et l’Australie, et ne prend pas en compte les changements potentiels de la politique américaine après l’administration Trump.
La deuxième hypothèse est qu’il n’est pas nécessaire de prendre en compte l’opinion publique mondiale, reflétant la conviction implicite que les critiques internationales peuvent être tolérées en échange de la réalisation de la vision du Grand Israël. Cette approche utilise des symboles bibliques et idéologiques susceptibles de susciter des doutes internationaux sur la nature de l’État et les changements en cours sur le terrain.
Milshtein affirme que les promoteurs du changement attaquent les auteurs des précédents accords d’Oslo et de désengagement, les considérant comme ayant violé la volonté du peuple. En réalité, ils imposent désormais leur vision sans référendum ni élection, ce qui constitue une violation des valeurs démocratiques fondamentales.
Il conclut que les conséquences du tsunami silencieux ont déjà commencé à se matérialiser mais que le point culminant est encore à venir pour Israël, notamment le mois prochain avec l’escalade de la pression internationale. Il souligne également que les transformations en Cisjordanie constituent un avertissement très sérieux quant à l’avènement d’un État unique qui s’opère silencieusement et qui pourrait conduire à une véritable crise stratégique.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a présenté sa démission à la suite du refus du gouvernement d’adopter de nouvelles sanctions contre Israël. Après plusieurs semaines de débats internes, il a estimé qu’il n’était plus en mesure « d’agir efficacement » face à l’impasse politique.
Depuis juillet, Veldkamp plaidait pour un durcissement de la position néerlandaise : il avait proposé de déclarer persona non grata deux ministres israéliens d’extrême droite et de suspendre l’accord commercial entre l’Union européenne et Israël si Tel-Aviv ne respectait pas ses obligations humanitaires à Gaza. Mais ses propositions se sont heurtées à l’opposition d’une partie de la coalition.
Sa démission fragilise le gouvernement de Dick Schoof. Le parti Nouveau contrat social (NSC), auquel appartient Veldkamp, a décidé de se retirer de l’exécutif, accentuant l’instabilité politique du pays.
Cette crise intervient alors que la société néerlandaise est fortement mobilisée : des manifestations réunissant jusqu’à 150 000 personnes ont réclamé des sanctions contre Israël et un accès humanitaire élargi à Gaza.
Sur le plan international, l’ONU a déclaré vendredi l’état de famine dans l’enclave palestinienne, où près d’un demi-million de personnes sont menacées. L’organisation a pointé la responsabilité des actions israéliennes dans l’aggravation de la catastrophe humanitaire.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé ce lundi 11 août que l’Australie reconnaîtra officiellement l’État de Palestine lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. Cette décision s’inscrit dans une dynamique internationale lancée récemment par plusieurs pays occidentaux, parmi lesquels la France, le Canada et l’Espagne.
Une décision majeure dans un contexte tendu
Pour le chef du gouvernement travailliste, la reconnaissance d’un État palestinien constitue « le meilleur espoir pour sortir du cycle de violence au Moyen-Orient ». « La paix ne peut être durable tant que les Israéliens et les Palestiniens ne disposent pas chacun de leur propre État », a-t-il expliqué à Canberra. Il a aussi souligné avoir obtenu des garanties de l’Autorité palestinienne pour que le Hamas n’ait aucune place dans ce futur État.
Fin juillet, le président français Emmanuel Macron avait annoncé son intention de reconnaître l’État palestinien, espérant créer un effet d’entraînement. Le Canada a suivi, tandis que le Royaume-Uni a conditionné sa reconnaissance à des engagements israéliens, notamment un cessez-le-feu. La Nouvelle-Zélande, voisine de l’Australie, a indiqué qu’elle évaluerait la question avant de prendre une décision.
Face à cette évolution, Israël a vivement réagi. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé un « élan honteux » qui, selon lui, ne fera qu’aggraver le conflit. L’ambassadeur d’Israël en Australie a également critiqué Canberra, accusant la décision de renforcer la position du Hamas.
Aujourd’hui, près de 75 % des États membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien, proclamé dans les années 1980. Depuis le début du conflit à Gaza, une dizaine de pays ont officialisé cette reconnaissance, témoignant d’un tournant diplomatique majeur.
Alors que la famine s’intensifie dans la bande de Gaza, les rares convois d’aide autorisés à entrer auraient été détournés par des groupes affiliés à l’occupation sioniste. L’ONU, impuissante, appelle à une aide massive et sans entrave.
Pillage organisé des camions d’aide
À Gaza, 87 camions d’aide humanitaire ont été autorisés à entrer au cours des deux derniers jours, mais la majorité d’entre eux auraient été pillés et détournés, selon un communiqué du Comité d’urgence de Gaza publié mardi 29 juillet 2025.
Le comité accuse des groupes armés affiliés à l’occupation sioniste, opérant depuis l’intérieur de Gaza, d’avoir agi avec la complicité directe et planifiée du régime d’occupation.
Selon cette instance, ces détournements rendent l’aide inefficace et maintiennent une situation de famine extrême dans plusieurs zones de l’enclave, où des femmes et des enfants continuent de mourir chaque jour. Le comité appelle à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel.
L’ONU tire la sonnette d’alarme
Dans un appel conjoint lancé le même jour, les agences des Nations unies – PAM, FAO et Unicef – ont averti qu’une famine généralisée est imminente à Gaza.
« Nous devons inonder Gaza d’aide alimentaire massive et quotidienne, sans entrave », a déclaré Cindy McCain, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM). Elle a évoqué une crise comparable à l’Éthiopie ou au Biafra au XXe siècle, soulignant qu’aucune situation humanitaire contemporaine ne s’en rapproche.
Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) a de son côté rapporté que plus de 20 000 enfants ont été traités contre la malnutrition aiguë entre avril et mi-juillet. Au moins 16 enfants de moins de cinq ans sont morts en martyrs depuis le 17 juillet, selon des hôpitaux locaux.
Blocus total et famine organisée
Depuis le 2 mars 2025, tous les points de passage vers Gaza sont fermés par l’armée d’occupation, empêchant l’entrée régulière de nourriture, médicaments et produits de première nécessité.
Le nombre de camions humanitaires autorisés reste très inférieur aux besoins : l’ONU estime qu’il faudrait 500 à 600 camions par jour pour répondre aux besoins vitaux des plus de deux millions d’habitants.
Le PAM souligne que les parachutages ne suffiront pas à inverser cette catastrophe. Seul un cessez-le-feu complet pourrait permettre un acheminement structuré de l’aide dans toutes les régions de Gaza.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire catastrophique à Gaza, où des civils meurent de malnutrition et où les attaques contre les distributions d’aide se poursuivent.
90 000 enfants et femmes souffrent de malnutrition sévère
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a alerté lundi sur une détérioration humanitaire « sans précédent » dans la bande de Gaza. Dans un communiqué relayé par les médias, l’agence onusienne affirme que près de 90 000 enfants et femmes souffrent de malnutrition sévère et qu’un tiers de la population ne mange pas pendant plusieurs jours.
Le PAM déplore également l’attaque survenue dimanche contre des civils venus chercher de la nourriture, une attaque menée par les forces d’occupation israéliennes, malgré leurs engagements à faciliter les livraisons d’aide sans intervention militaire.
Le PAM a exprimé sa « profonde inquiétude » face aux violations du droit humanitaire, tout en réaffirmant son attachement aux principes d’indépendance, de neutralité et d’impartialité, qui fondent sa relation avec les communautés civiles.
L’organisation appelle la communauté internationale à faire pression sur toutes les parties pour que l’aide humanitaire atteigne les familles affamées « en toute sécurité et sans entrave ».
995 Palestiniens tués depuis le 27 mai
Depuis le 27 mai, 995 Palestiniens ont été tués, 6 011 blessés et 45 portés disparus, selon les services médicaux de Gaza, dans ce que certains décrivent comme des « pièges mortels » autour des points de distribution d’aide humanitaire. Les attaques répétées contre les convois et les attroupements de civils en quête de nourriture aggravent une crise déjà extrême, sous blocus depuis des mois.
Washington accuse la juriste italienne d’antisémitisme et de soutien au terrorisme, après un rapport accablant visant Israël et ses soutiens internationaux.
Le climat se tend encore davantage entre les Nations unies et les États-Unis autour de la question palestinienne. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé, mercredi 9 juillet, que les États-Unis s’apprêtent à imposer des sanctions à l’encontre de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
Dans une publication sur son compte X, le chef de la diplomatie américaine a accusé la juriste italienne de mener des « efforts illégitimes et honteux » contre les États-Unis et Israël, évoquant un comportement « antisémite » et une « complicité idéologique avec le terrorisme ».
Une réponse au rapport explosif d’Albanese
Cette annonce survient quelques semaines après la publication d’un rapport très critique de Francesca Albanese, dans lequel elle met en cause le rôle de plusieurs multinationales qui, selon elle, soutiennent directement ou indirectement les activités militaires et la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens.
Elle y dénonce notamment des liens financiers avec l’armée israélienne et appelle à la responsabilité pénale internationale pour ceux qui alimentent, selon ses mots, « le système d’occupation et d’apartheid ».
Albanese soutient également les démarches engagées par la Cour pénale internationale (CPI) visant à poursuivre Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, pour crimes de guerre dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Une réaction ferme de Francesca Albanese
Face à cette offensive diplomatique, Francesca Albanese a réagi sobrement mais fermement. Dans un message publié également sur X, elle a affirmé :
« Je me tiens fermement et avec conviction du côté de la justice. »
La juriste italienne, nommée en 2022 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, est régulièrement ciblée par les milieux pro-israéliens, qui l’accusent de partialité. Ses rapports, documentés mais souvent virulents, l’ont propulsée au cœur de nombreuses polémiques, notamment après les bombardements israéliens sur Rafah et le siège prolongé de Gaza.
Tensions croissantes autour de la CPI
Cette annonce américaine intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du rôle de la Cour pénale internationale, que Washington ne reconnaît pas, et de la légalité des représailles israéliennes dans les territoires occupés.
Pour de nombreux observateurs, ces sanctions potentielles contre une experte onusienne marquent un nouveau seuil dans la politisation du droit international, et pourraient accroître les divisions au sein de la communauté internationale sur le traitement du conflit israélo-palestinien.
Le bilan de l’agression israélienne contre Gaza continue de s’alourdir, atteignant plus de 55.000 morts, majoritairement des femmes et des enfants. Lundi, une nouvelle attaque près d’un site de distribution d’aide a fait au moins 40 morts. L’ONU dénonce un système humanitaire militarisé et exige une enquête.
Dans la bande de Gaza, le bilan de l’agression israélienne depuis le 7 octobre 2023 continue de s’aggraver. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 55.432 personnes ont été tuées et plus de 128.923 blessées, en majorité des femmes et des enfants. Rien que ces dernières 24 heures, 68 corps et 182 blessés ont été recensés. De nombreuses victimes restent encore sous les décombres.
Alors que les frappes israéliennes se poursuivent, au moins 40 Palestiniens sont tombés en martyr lundi, notamment près d’un centre de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) à Rafah.
D’après des sources médicales, une vingtaine de personnes ont été tuées et 200 blessées près de ce site soutenu par les États-Unis. Des scènes de panique ont éclaté alors que des civils affamés tentaient d’obtenir de la nourriture.
Le nouveau système de distribution, mis en place hors cadre onusien, est sévèrement critiqué. Philippe Lazzarini, directeur de l’UNRWA, évoque un « système de distribution mortel » et accuse l’armée israélienne de restreindre l’aide humanitaire malgré son abondance. Israël justifie ces restrictions par la crainte que le Hamas détourne cette aide, ce que le mouvement palestinien dément.
L’ONU dénonce la militarisation de l’aide et les violences récurrentes sur des civils désespérés. À Genève, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a appelé à une enquête indépendante sur les tirs israéliens, accusant Israël d’imposer des souffrances « horribles et inadmissibles » aux Palestiniens.
A l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus, célébrée le 29 mai, l’ONU rend hommage à deux Tunisiens morts en mission : le Premier Caporal Béchir Ben Mohamed Dhiabi, déployé en République centrafricaine avec la MINUSCA, et Hichem Fahem, civil engagé avec la mission en Libye (MANUL).
Ils figurent parmi 57 soldats de la paix décédés cette année lors d’opérations onusiennes. À ce titre, ils recevront à titre posthume la médaille « Dag Hammarskjöld » lors d’une cérémonie présidée par António Guterres au siège des Nations unies à New York.
La Tunisie est le 18e contributeur mondial aux missions de maintien de la paix de l’ONU, avec 934 militaires et policiers, dont 60 femmes, présents notamment en Afrique subsaharienne.
Cette journée, instaurée en 2002, rend hommage aux plus de 4 400 Casques bleus tombés depuis 1948 au service de la paix.
L’Iran a officiellement demandé à l’Organisation des Nations unies de reconnaître Israël et les États-Unis comme responsables de la guerre de 12 jours qui l’a opposé à l’entité sioniste, et qui s’est achevée le 24 juin par un cessez-le-feu.
Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, appelle le Conseil de sécurité à reconnaître la responsabilité des deux pays, en tant qu’agresseurs, dans ce conflit.
« Nous demandons officiellement par la présente au Conseil de sécurité de reconnaître le régime israélien et les États-Unis comme les initiateurs de l’acte d’agression, et de reconnaître leur responsabilité ultérieure, y compris le paiement d’indemnisations et de réparations », écrit Araghchi dans son courrier rendu public dimanche.
Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a reçu le lundi 23 juin 2025 Mme Rana Taha. Elle lui a remis sa lettre de nomination officielle, signée par le secrétaire général des Nations Unies. Elle occupera désormais le poste de coordonnatrice résidente du système onusien en Tunisie.
Lors de cette rencontre, le ministre a rappelé les liens forts entre la Tunisie et l’ONU. Il a évoqué les étapes importantes de cette relation depuis l’indépendance. Il a aussi salué la contribution du pays aux missions de paix des Nations Unies.
Nafti a souligné que le contexte actuel exige une nouvelle approche. Il a appelé à accorder plus d’attention aux priorités tunisiennes. Parmi elles : la transition numérique et énergétique, la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités entre les régions, la justice sociale, ainsi que la sécurité alimentaire et hydrique.
Il a également mis en avant l’initiative du président de la République. L’année 2025 a été placée sous le signe du renforcement du multilatéralisme et de la coopération avec l’ONU. Cette démarche vise à soutenir les efforts mondiaux pour la paix, la sécurité et le développement. Elle s’inscrit dans une vision humaine, fondée sur la solidarité et la coopération internationale.
De son côté, Rana Taha a affirmé l’engagement de l’ONU à renforcer ses actions en Tunisie. Elle a insisté sur l’importance d’une meilleure coordination des programmes communs. Elle souhaite qu’ils soient mieux adaptés aux besoins réels du pays.
La coordonnatrice a également évoqué la préparation du nouveau plan cadre de coopération. Celui-ci couvrira la période 2027-2030. Il visera à appuyer les efforts de développement en tenant compte des priorités fixées par la Tunisie.
La Jordanienne Rana Taha a officiellement pris ses fonctions en tant que coordinatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, après avoir présenté ses lettres de créance, ce lundi 23 juin, au ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.
Nommée par le Secrétaire général des Nations Unies le 19 juin 2025, Mme Taha prend ses fonctions en affirmant l’engagement renouvelé de l’ONU à soutenir la Tunisie dans la mise en œuvre de ses priorités nationales, notamment dans le cadre du développement durable. Lors de son entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, elle a insisté sur l’importance de renforcer le partenariat entre le système onusien et la Tunisie.
Dotée d’une expérience de plus de vingt ans au sein des Nations Unies, Rana Taha a occupé plusieurs postes de haut niveau dans les domaines du développement, du maintien de la paix et de la coordination régionale. Avant sa nomination à Tunis, elle était cheffe d’équipe et conseillère principale pour la paix et le développement au Kenya.
Elle a également exercé des fonctions de coordination stratégique au siège des Nations Unies entre 2015 et 2019, supervisant notamment le programme régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Elle a été en poste dans plusieurs zones sensibles : Liban, Soudan et territoires palestiniens occupés.
Elle est diplômée en relations internationales, politiques publiques et sociologie.