Normale Ansicht

Affaire du « complot contre la sûreté de l’État » : une audience contestée, un rassemblement annoncé

02. September 2026 um 17:12

La Coordination nationale pour la libération des prisonniers politiques a convoqué un rassemblement jeudi 3 septembre 2026 à 10 heures devant la Cour de cassation de Tunis, le jour même où doit se tenir une audience dans l’affaire du « complot contre la sûreté de l’État ».

Le rendez-vous  est fixé pour jeudi matin devant le siège de la Cour de cassation, avenue du 9-Avril, à Tunis. La Coordination nationale pour la libération des prisonniers politiques y a appelé à un rassemblement, prévu à 10 heures, pour exiger la remise en liberté des « détenus politiques ».

La mobilisation coïncide avec la tenue, ce même jeudi 3 septembre, d’une audience de cassation dans le dossier connu sous le nom d’« affaire de complot contre la sûreté de l’État ». C’est précisément le calendrier de cette audience qui suscite la contestation d’une autre structure, la Coordination des familles des détenus politiques, laquelle a fait part de ses réserves dans un communiqué diffusé le 31 août 2026.

Selon ce texte, la programmation de l’audience se déroule dans des conditions que l’organisation juge inquiétantes. Deux éléments sont pointés du doigt : la date retenue, antérieure à la fin des vacances judiciaires, et le fait que le dossier soit soumis à une chambre estivale. La Coordination des familles ajoute que les avocats de la défense et les proches des détenus n’auraient eu connaissance de cette date que trois jours avant l’audience.

Un délai jugé insuffisant par l’organisation au regard de la nature du dossier, décrit comme complexe et d’une importance particulière, pour permettre à la défense de bâtir sérieusement ses recours. Le communiqué qualifie cette manière de procéder de « nouvelle tentative » de nuire au droit des détenus à un procès équitable et à une défense effective.

Face à cette situation, la Coordination des familles des détenus politiques appelle au respect des lois et des procédures judiciaires en vigueur, ainsi qu’à la garantie du droit à la défense. Elle réclame notamment que les avocats se voient accorder le temps et l’accès aux documents nécessaires à la préparation de leurs recours.

L’organisation exige par ailleurs que la justice conserve son indépendance et résiste à toute pression qui serait exercée par le pouvoir exécutif. C’est dans ce contexte que le rassemblement du jeudi 3 septembre entend attirer l’attention sur les conditions de traitement judiciaire réservées à cette affaire, tout en réitérant l’exigence de libération des personnes actuellement détenues dans ce dossier.

L’article Affaire du « complot contre la sûreté de l’État » : une audience contestée, un rassemblement annoncé est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Qui est Dewi van de Weerd, la nouvelle ambassadrice des Pays-Bas en Tunisie?

02. September 2026 um 13:29

Dewi van de Weerd est une diplomate néerlandaise spécialisée dans la coopération culturelle internationale, nommée ambassadrice du Royaume des Pays-Bas en Tunisie. Elle a officiellement pris ses fonctions fin août 2026, après avoir dirigé pendant plusieurs années l’unité de politique culturelle internationale au ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Avant sa nomination à Tunis, Dewi van de Weerd occupait le poste de cheffe de l’unité Internationale Cultuur Eenheid (Unité de la culture internationale) et ambassadrice pour la Coopération culturelle auprès du ministère néerlandais des Affaires étrangères. Depuis 2021, elle a piloté la politique culturelle internationale des Pays-Bas, en travaillant étroitement avec des institutions comme DutchCulture et en représentant les Pays-Bas dans de nombreux forums et partenariats culturels.

Son parcours récent met en évidence un engagement fort pour la coopération muséale et patrimoniale, la restitution et la coopération éthique autour des collections coloniales, et la protection du patrimoine en situation de crise.

L’article Qui est Dewi van de Weerd, la nouvelle ambassadrice des Pays-Bas en Tunisie? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Khadamet : l’administration en un clic ?

02. September 2026 um 13:19

État civil, CNAM, fiscalité, automobile, factures ou inscriptions : l’application « Khadamet » veut réunir une large palette de services publics sur une seule plateforme. Une promesse de simplification bienvenue, mais dont l’efficacité se mesurera surtout à la capacité de l’administration à tenir ses engagements sur le terrain.

Présentée mercredi 2 septembre 2026 sur les ondes de la radio Express FM par Ahmed Megdich, directeur à la Direction générale des technologies de l’information au ministère des Technologies de la communication, Khadamet se veut un point d’accès unique aux démarches administratives numériques.

L’application fonctionne avec l’identité numérique. Une fois connecté, l’utilisateur peut consulter certaines données personnelles, suivre ses demandes et recevoir les notifications de l’administration. Surtout, plusieurs démarches peuvent désormais être effectuées ou payées directement depuis le même espace.

Parmi les services proposés figurent le suivi des remboursements et des accords préalables de la CNAM, la consultation du parcours professionnel auprès de la CNSS ou encore l’accès à certaines attestations de la CNRPS.

Les automobilistes peuvent, eux, consulter leurs infractions, payer la vignette, suivre les échéances du contrôle technique et prendre rendez-vous pour la visite technique. L’application permet en outre d’enregistrer une assurance automobile et de recevoir une alerte avant son expiration.

Côté fiscalité, Khadamet permet notamment le paiement de la vignette et l’achat du timbre de voyage. Les utilisateurs peuvent également enregistrer leurs compteurs afin d’être informés de l’arrivée de nouvelles factures et les régler en ligne.

L’état civil constitue un autre volet intéressant. Le citoyen peut accéder aux extraits de naissance de ses enfants et demander leur traduction en français à distance. La demande est transmise à la municipalité où la naissance a été enregistrée. Une formalité qui pouvait auparavant nécessité un déplacement de plusieurs centaines de kilomètres peut ainsi être effectuée depuis son domicile.

L’application propose aussi un portefeuille numérique pour certains documents, avec des alertes avant expiration, ainsi que des services liés à l’éducation, au certificat de résidence, au bulletin n°3 ou aux passeports des Tunisiens résidant à l’étranger.

Sur le papier, le dispositif est séduisant. Dans la pratique, tout dépendra toutefois de l’interconnexion réelle des administrations, de la rapidité de traitement des demandes et de la fiabilité des données. Une application ne supprimera pas, à elle seule, les lenteurs bureaucratiques si les procédures internes restent inchangées.

Le ministère prévoit une version web pour les citoyens ne disposant pas de smartphone et annonce déjà de nouvelles versions de l’application.

L’enjeu est donc simple : Khadamet devra démontrer que la transformation numérique ne consiste pas seulement à déplacer le guichet sur un écran, mais bien à supprimer des déplacements, des files d’attente et des démarches inutiles. Et là c’est loin d’être gagné.

L’article Khadamet : l’administration en un clic ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’Association des magistrats dénonce des suspensions « arbitraires »

02. September 2026 um 12:17

L’Association des magistrats tunisiens (AMT) dénonce une politique de pression exercée par le pouvoir exécutif contre les juges à travers des décisions de suspension, souvent notifiées oralement, sans motivation, sans durée précise et accompagnées d’une privation de salaire. Elle considère ces mesures comme des révocations déguisées portant atteinte à l’indépendance de la justice, à la sécurité professionnelle des magistrats et au droit des citoyens à un procès équitable.

L’Association met particulièrement en cause la suspension du juge Mohamed Ben Mefteh, membre de son bureau exécutif, qu’elle interprète comme une sanction liée à son engagement en faveur de l’indépendance judiciaire et de la liberté d’organisation des magistrats.

Elle estime que l’absence du Conseil supérieur de la magistrature indépendant et fonctionnel aurait ainsi créé un vide institutionnel permettant à l’exécutif d’intervenir directement dans la carrière des juges.

L’AMT appelle à l’annulation immédiate des décisions de suspension, à la réintégration des magistrats concernés, au rétablissement de leurs salaires et au respect de leurs droits de la défense. Elle demande également le rétablissement d’un Conseil supérieur de la magistrature indépendant et élu, la création de la Cour constitutionnelle et le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux en matière d’indépendance de la justice.

Enfin, elle exprime sa solidarité avec les magistrats suspendus et les invite à contester ces décisions devant le Tribunal administratif, tout en appelant l’ensemble des juges à préserver leur indépendance malgré les pressions.

L’article L’Association des magistrats dénonce des suspensions « arbitraires » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Chômeurs de longue durée : le sit-in dispersé

02. September 2026 um 10:15

La mobilisation des chômeurs de longue durée a été brutalement interrompue dans la nuit de mardi à mercredi 2 septembre 2026 à Tunis. Des dizaines de manifestants, qui observaient un sit-in dans la capitale, ont été dispersés par les forces de sécurité.

Cette intervention intervient au lendemain d’une mobilisation nationale organisée mardi à la Kasbah. Des centaines de diplômés chômeurs venus de plusieurs régions du pays s’y étaient rassemblés pour réclamer l’application de la loi n°18 de 2025, relative au recrutement des chômeurs de longue durée.

Réunis à l’appel de l’Union des diplômés chômeurs, les protestataires s’étaient rassemblés pour réclamer des réponses à leur situation professionnelle et sociale.

La mobilisation, présentée comme pacifique par les organisateurs, avait été émaillée de tensions après que certains manifestants ont tenté de franchir les barrières sécuritaires. Trois participants avaient alors été arrêtés, selon les informations communiquées par les organisateurs.

Puis, les protestataires avaient refusé de quitter la place de la Kasbah tant que leurs camarades n’étaient pas libérés, appelant à leur remise en liberté et annonçant la poursuite de leur mouvement.

Pour les manifestants, il ne s’agit donc plus d’une simple revendication professionnelle, mais de l’application d’un droit désormais consacré par la loi. Leur mouvement vise précisément à dénoncer ce qu’ils qualifient de blocage systématique de sa mise en œuvre.

L’article Chômeurs de longue durée : le sit-in dispersé est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Affaire Abir Moussi : son comité de défense lance un appel urgent à l’ONU

02. September 2026 um 09:37

Face à la dégradation de la situation sanitaire et aux craintes d’atteintes aux droits fondamentaux d’Abir Moussi, un appel a été adressé au Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Pau Pérez-Sales, pour exiger le respect des avis onusiens, des règles internationales sur le traitement des détenus… C’est ce qu’a révélé le membre du comité de défense, Hatem Chelly, dans un post sur sa page FB

Dans ce post, il dénonce des violations persistantes du droit international et des règles minimales de traitement des détenus, et rappelle la nécessité de se conformer à l’Avis n° 61/2024 du Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui a qualifié d’ »arbitraire la détention d’Abir Moussi » et appelé à sa libération.

Le comité de défense appelle à une réponse à la communication de la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, le respect de la Convention contre la torture (articles 1 et 16), des Règles Nelson Mandela (règles 1, 13, 42, 43 et 50) et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Parmi les griefs spécifiques figurent la présence de caméras de surveillance dans le lieu de rencontre entre l’avocat et son client, menaçant le secret des communications (article 14 du Pacte), ainsi que l’installation d’une caméra face au lit de la détenue, portant atteinte à sa vie privée et à sa dignité (règle 50 des Règles Nelson Mandela).

Par ailleurs, le comité de défense s’étonne du silence de l’Ordre national des avocats face à ces mesures. Enfin, il réaffirme que la détention doit viser la prévention de la récidive, la réhabilitation et la réinsertion, et non la vengeance, tout en garantissant le minimum de droits et la présomption d’innocence.

Concernant Abir Moussi, l’Avis 61/2024 est présenté comme le fondement juridique de sa présomption d’innocence et exige sa libération sans délai.

L’article Affaire Abir Moussi : son comité de défense lance un appel urgent à l’ONU est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Réunion des non-alignés à Belgrade : attachement aux mêmes principes d’indépendance et de non-ingérence

Von: farhat
02. September 2026 um 09:01

Par Kamel ZAIEM

Le mouvement des non-alignés fêtera son soixante-cinquième anniversaire et la Tunisie sera bien là, à Belgrade, pour fêter l’événement et surtout pour confirmer son attachement aux principes d’indépendance que le mouvement a toujours défendus. Le Président de la République, Kaïs Saïed, qui a chargé le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ben Ayed, de participer à cet événement confirme la politique de l’Etat tunisien qui a toujours appelé à l’indépendance et à la non-ingérence…

L’événement aura lieu à Belgrade, les 31 août et 1er septembre 2026, et comporte une réunion de haut niveau célébrant le 65e anniversaire de la tenue de la première conférence du Mouvement des non-alignés.

Cette réunion constituera, selon un communiqué publié dimanche par le ministère, une occasion de réaffirmer l’attachement de la Tunisie aux principes du non-alignement et de la Conférence de Bandung, ainsi que l’importance de la poursuite de l’action du Mouvement des non-alignés et de l’engagement commun de ses États membres en faveur des principes énoncés dans la Charte des Nations unies et du rôle essentiel du multilatéralisme face aux défis auxquels le monde est confronté.

En marge de cette réunion, le secrétaire d’État aura des entretiens avec ses homologues de Serbie et de plusieurs autres pays, consacrés aux questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Tout d’abord, il faut rappeler les bases de ce choix pertinent que la Tunisie a adopté depuis près de sept décennies. En effet, les principes fondamentaux de la politique étrangère tunisienne, qui perdurent depuis avant l’indépendance, reposent sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États, en particulier des pays arabes frères, et sur le maintien de relations solides avec tous les pôles mondiaux, surtout durant la guerre froide. Malgré une proximité relative avec le bloc occidental à cette époque, la Tunisie a toujours refusé de s’aligner, privilégiant une position active au sein du Mouvement des non-alignés.

Un exemple marquant est la position tunisienne lors du refus des États-Unis de reconnaître la Chine populaire dans les années 1970 : la Tunisie a soutenu l’admission de la Chine populaire à l’ONU. La visite en 1964 du Premier ministre chinois Zhou Enlai en Tunisie témoigne aussi de l’indépendance de la diplomatie tunisienne et de son attachement à la souveraineté nationale.

Bourguiba y était pour quelque chose

Pour l’Histoire, il est bon de rappeler, également, que dans les années 50, la Tunisie, avec d’autres pays tels que l’Inde, la Bulgarie et l’Egypte ont exprimé leur désir de n’appartenir à aucun des deux blocs, capitaliste ou socialiste. Ils ont simplement voulu ne pas s’aligner et se protéger de l’influence des Etats-Unis et de l’URSS, d’où est né le Mouvement des non-alignés, grâce à la proposition faite par Jamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Soekarno et Jawaharlal Nehru. Ce Mouvement serait-il né s’il n’y avait pas eu ces leaders ? Nul ne pourrait l’affirmer. Mais le fait est qu’à un moment de l’histoire de l’Humanité, il y a eu des leaders, libres et fiers, comme le Président tunisien Habib Bourguiba, qui n’ont pas voulu s’aligner sur les politiques d’un des deux pôles des super puissants, mais plutôt affirmer la pleine souveraineté de leurs pays nouvellement indépendants, pour certains.

Sur la même lancée, Kaïs Saïed a insisté dès son accession au pouvoir sur l’attachement historique au principe de non-alignement. Il a toujours rappelé le fait que la politique étrangère de la Tunisie repose sur la souveraineté nationale et le refus de toute alliance extérieure ou ingérence. Lors de différentes interventions et commémorations internationales, la diplomatie tunisienne a souvent rappelé son ancrage dans les principes de la Conférence de Bandung de 1955.

Kaïs Saïed inscrit sa vision diplomatique dans la continuité des choix souverainistes de l’histoire du pays. D’ailleurs, la Constitution tunisienne de juillet 2022 formalise dans son préambule ce refus des axes contraires à l’intérêt souverain et la volonté de diversifier les partenariats internationaux de manière équilibrée.

La portée d’un discours de référence

Pour mieux comprendre la vision de la Tunisie vis-à-vis de ce Mouvement, il suffit de parcourir le discours de Kaïs Saïed en marge de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés, qui s’est tenue en 2025 dans la capitale ougandaise. C’est le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, qui a été chargé de lire ce discours qui résume, de manière claire et pertinente, la vision de la Tunisie.

Dans son allocution en cette occasion, le chef de la diplomatie tunisienne a insisté sur l’impérieuse nécessité de forger une vision commune pour consolider la solidarité entre les pays membres. Il a réaffirmé l’ancrage de la Tunisie dans les principes fondateurs du Mouvement, soixante-dix ans après les conférences historiques de Bandung (1955) et de Belgrade (1961).

Mohamed Ali Nafti a exposé la feuille de route portée par le Chef de l’Etat pour faire face aux défis politiques, économiques et de développement. Cette vision s’articule autour de plusieurs piliers : le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’instauration de relations plus équitables dans le cadre de la coopération Nord-Sud, et une révision en profondeur du système financier international, selon une approche qualifiée de «nouvelle, juste et globale».

Le ministre s’est fait l’écho de l’appel lancé par le Président Kaïs Saïed lors du «Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte Financier» en juin 2023. Cet appel insistait sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le respect des engagements financiers des pays développés, ainsi que la restitution des fonds spoliés. La mise en œuvre du Programme d’Addis-Abeba pour le financement du développement a également été présentée comme une priorité.

Défendre les mêmes causes

Sur la question migratoire, Mohamed Ali Nafti a prôné une approche collective et globale, centrée sur le traitement des causes profondes des flux migratoires irréguliers. Il a réitéré l’engagement total de la Tunisie à respecter le droit international humanitaire, à protéger les droits des migrants et à garantir leur retour volontaire et sécurisé dans leur pays d’origine. Le ministre a également souligné le rôle essentiel de la culture comme ciment des relations humaines et sociales entre les nations.

Le ministre a également réitéré la position «ferme et constante» de la Tunisie et de son Président aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte pour l’autodétermination et l’établissement d’un État indépendant et souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al Qods Al Charif pour capitale. Il s’est félicité, au nom de la Tunisie et de son Président, des efforts ayant conduit à un cessez-le-feu à Gaza, après deux années de ce qu’il a qualifié de «crimes de génocide systématiques» ayant provoqué une «catastrophe humanitaire sans précédent». Tout en exprimant l’espoir que cette trêve sera durable, il a souligné qu’elle ne saurait exonérer la communauté internationale de sa responsabilité de poursuivre les auteurs de ces crimes et de rejeter toute tentative de déplacement forcé du peuple palestinien ou de liquidation de sa cause.

En clôture de son intervention, Mohamed Ali Nafti a réaffirmé l’attachement indéfectible de la Tunisie – en tant que pays arabe, musulman, africain et méditerranéen – aux idéaux du Mouvement des non-alignés. Il a plaidé pour une modernisation des méthodes et mécanismes de travail de l’organisation, afin qu’elle puisse relever les défis actuels et renforcer son poids dans le paysage multilatéral.

C’est dire que la présence du numéro deux du ministère tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, à cet événement porte une haute importance et vient confirmer la même vision qui fait de la Tunisie un pays indépendant qui condamne toute ingérence étrangère et qui milite toujours pour ne jamais s’aligner du côté d’aucun bloc.

L’article Réunion des non-alignés à Belgrade : attachement aux mêmes principes d’indépendance et de non-ingérence est apparu en premier sur Le Temps News.

Gabès : 13 équipes mobilisées pour la campagne de vaccination contre la rage

Von: tmps
02. September 2026 um 08:43

Le commissariat régional du développement agricole (CRDA) de Gabès a annoncé le lancement de la campagne nationale de vaccination des chiens et chats contre la rage, du 1er septembre à fin octobre.

Placée sous le signe « pour la protection de la santé animale, publique et environnementale dans le cadre de l’approche une seule santé », la campagne sera organisée en coordination avec les autorités régionales, les municipalités et l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (URAP).

Elle a mobilisé 13 équipes de vaccination supervisées par des vétérinaires et couvrira toutes les délégations du gouvernorat, avec des déplacements au domicile des habitants et des éleveurs.

Dans un communiqué publié, mardi, le CRDA de Gabès a invité les citoyens à contacter les cellules de vulgarisation agricole ou le service de la production animale pour s’informer des calendriers de vaccination.

 

L’article Gabès : 13 équipes mobilisées pour la campagne de vaccination contre la rage est apparu en premier sur Le Temps News.

Urgences saturées : l’Organisation des jeunes médecins tire la sonnette d’alarme

01. September 2026 um 12:29

Les services d’urgences hospitaliers enregistrent une hausse sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur et à la canicule. Tandis que le personnel médical, épuisé, fonctionne au-delà des capacités du système de santé. C’est ce que révèle l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, qui exige la proclamation immédiate de l’état d’urgence sanitaire.

L’Organisation alerte, dans un communiqué, sur une situation critique dans les services d’urgence. Elle y fait état d’une augmentation inédite du nombre de décès et d’admissions consécutives aux coups de chaleur et à la hausse des températures. De même que de décès de détenus survenus au sein de plusieurs services d’urgences.

Parallèlement, les médecins et le personnel infirmier exercent dans des conditions d’épuisement extrême, sous une pression qui dépasse largement la capacité de la structure sanitaire. Pourtant, malgré le recensement des données par les services compétents du ministère de la Santé concernant les cas de décès, les victimes des fortes chaleurs et les capacités d’accueil dans les services de réanimation, aucun chiffre officiel n’a encore été rendu public à ce jour.

Alors, l’organisation lance un appel unique : déclarer sans délai l’état d’urgence sanitaire et soutenir les professionnels de santé.

L’article Urgences saturées : l’Organisation des jeunes médecins tire la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie : les chiffres alertent, la réalité rattrape

01. September 2026 um 12:27

Cet été a été fortement marqué par des vagues de chaleur extrêmes, avec parfois des températures avoisinant les 50 °C, mais aussi des coupures d’électricité, des coupures d’eau et des pénuries d’eau minérale. Beaucoup plus qu’une canicule, il s’agit d’une forte démonstration des fragilités de l’économie tunisienne, largement amplifiée par le changement climatique.

La montée des risques climatiques aggrave une vulnérabilité déjà existante, sans devenir la source de tous les maux. La croissance qui ralentit, des finances publiques sous pression, un déficit énergétique qui se creuse, etc. sont autant d’indicateurs d’alerte qui puisent leurs racines dans un système de gouvernance défaillant et dépourvu de vision stratégique. Dans une économie où les marges budgétaires se rétrécissent, avec des infrastructures non modernisées, un service public dégradé (santé, éducation, transport, réseau de distribution d’eau potable…) et un climat social miné, le coût de l’inaction se manifeste alors à travers les pertes encaissées par le secteur privé, confronté aux coupures d’eau et d’électricité. Sans compter les difficultés des agriculteurs, les dépenses supplémentaires supportées par les ménages et la dé gradation de leur pouvoir d’achat.

Or, la pression sur les ressources hydriques ne disparaîtra pas avec la fin de l’été, les besoins énergétiques continueront d’augmenter et les infrastructures continueront de cumuler les signes de délabrement. Et cela tant que la boussole des dirigeants ne sera pas pointée sur les dossiers prioritaires de l’économie.

Attendre que la population soit secouée de plein fouet par la crise, c’est prendre le risque de ne disposer ni de temps ni de marges de manœuvre suffisantes pour la traiter.

Par conséquent, continuer de repousser les réformes aux calendes grecques pèsera davantage sur les finances publiques, en rendant le coût économique de l’inaction plus élevé et son coût social plus difficile à supporter.

En somme, combien de temps encore la Tunisie pourra-t-elle supporter le coût de l’inaction et éviter de sombrer dans l’abîme ? Rien n’est garanti, l’urgence est de réformer avant que la crise n’impose, dans la précipitation, une cure d’austérité fort menaçante pour la paix sociale.

L’article Tunisie : les chiffres alertent, la réalité rattrape est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Eau minérale : la part des grandes surfaces dans la distribution triplée depuis le début de la crise

01. September 2026 um 09:43

Entre 85 % et 90 % du total des ventes d’eau minérale en bouteille ont été réalisés par les grandes surfaces commerciales au cours des quatre premiers jours de l’opération de distribution massive lancée en coordination avec les autorités. C’est ce qu’a indiqué, mardi 1er septembre, le président de la Chambre des propriétaires des grandes surfaces commerciales, Hédi Baccour. Cette initiative vise à faire face à la pénurie d’eau minérale actuelle.

S’exprimant lors d’une intervention téléphonique dans l’émission « Sbeh El Warad » sur Radio Jawhara FM, Hédi Baccour a affirmé que la part des grandes surfaces dans la distribution d’eau a grimpé à un niveau compris entre 50 % et 70 %, contre un taux habituel ne dépassant pas 20 % de la consommation nationale. Il a souligné que le stock régulateur national d’eau était épuisé depuis la mi-juillet. Ajoutant à cet égard que l’opération de distribution se poursuivra et sera étendue à l’ensemble des gouvernorats de la République jusqu’à la résorption de la crise.

Hédi Baccour a par ailleurs relevé que la majorité des grandes surfaces disposent de groupes électrogènes garantissant la continuité de leur activité et permettant de préserver la sécurité des produits alimentaires ainsi que la chaîne du froid en cas de coupures de courant. Alors que certains commerces de proximité sont contraints de fermer, faute d’espace suffisant pour installer de tels équipements.

L’article Eau minérale : la part des grandes surfaces dans la distribution triplée depuis le début de la crise est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Kaïs Saïed appelle à un partenariat Tunisie–UE « plus équilibré et plus juste »

31. August 2026 um 21:00

Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, le 31 août à Carthage, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Il a salué la longévité et la profondeur des relations tuniso-allemandes, tout en appelant à réviser plusieurs accords, notamment le partenariat Tunisie–UE, pour le rendre plus équilibré et plus juste.

Le communiqué de la présidence de la République précise que Kaïs Saïed a notamment insisté sur la nécessité de réexaminer de nombreux accords, parmi lesquels, et non des moindres, l’accord de partenariat conclu entre la Tunisie et l’Union européenne, en œuvrant à ce que cet accord soit plus équilibré et plus juste.

 

Lire aussi : TRIBUNE – Tunisie-Allemagne : de la coopération à la coproduction, le nouveau pacte de souveraineté

 

Il a également réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer davantage la coopération entre les deux pays, en particulier dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de l’énergie et de l’innovation technologique.

Le chef de l’État a par ailleurs évoqué la question de la transformation des prêts en investissements, soulignant que la nation n’en a pas bénéficié ou qu’une grande partie des fonds a été détournée, tandis que le peuple tunisien en supporte un coût élevé.

Enfin, il a appelé à de nouvelles conceptions internationales fondées sur la liberté et la justice pour garantir la  stabilité et la sécurité.

L’article Kaïs Saïed appelle à un partenariat Tunisie–UE « plus équilibré et plus juste » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Quand le manque de soutien brise une carrière: le départ d’Ahmed Laabidi

31. August 2026 um 15:25

Quatrième sportif à quitter la délégation nationale, Ahmed Laabidi dénonce l’absence de soutien matériel et moral qui l’a poussé à se retirer, malgré les sacrifices consentis pour défendre les couleurs de la Tunisie.

 

Ahmed Laabidi, gymnaste ayant représenté la Tunisie, explique les raisons de son départ de la délégation nationale en pointant un manque criant de soutien matériel et moral. Il rappelle les sacrifices qu’il a faits  abandon des études, vie personnelle mise entre parenthèses  pour se consacrer entièrement au sport, sans recevoir en retour l’encadrement et les moyens nécessaires.

Il évoque des difficultés financières persistantes, l’absence d’un logement stable et l’impossibilité de subvenir à ses besoins de base tout en poursuivant ses entraînements à plein temps. Ces conditions, dit-il, rendent la pratique de haut niveau quasi impossible et l’ont conduit à prendre la décision de se retirer.

Ahmed Laabidi tient à préciser qu’il ne cherche pas à accuser des individus ni à se poser en victime. Il souhaite simplement rappeler que l’athlète est d’abord un être humain qui mérite respect, soutien et des conditions de vie dignes pour pouvoir exceller.

Il affirme son amour pour la Tunisie et sa fierté d’avoir porté ses couleurs, tout en regrettant de n’avoir pas reçu en retour le même niveau d’engagement.

L’article Quand le manque de soutien brise une carrière: le départ d’Ahmed Laabidi est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Quand la panne devient data: « Famma Eau » trace les zones sans eau

31. August 2026 um 14:33

Après le succès de la plateforme Famma Dhaw, la même application propose désormais une fonctionnalité déclinée « Famma Eau », signifiant littéralement  « y a-t-il de l’eau ».

Il faut rappeler que, bien souvent, ce sont les épreuves qui stimulent l’inventivité et révèlent les esprits créatifs. Besoin d’une preuve ? En voici une : à la suite de cette canicule tropicale et de ses conséquences (coupures d’électricité et d’eau, entre autres), un jeune développeur a imaginé une application qui, sans résoudre le problème de fond, permet d’identifier les zones privées d’eau gérées par notre vénérable SONEDE. C’est du génie, dira-t-on.

L’application conserve le nom initial « Famma Dhaw ? » (en français : « Y a-t-il de l’électricité ? »). Au moment de la rédaction de cet article, elle recensait 47 zones sans eau sur 392, 1 269 signalements enregistrés au cours des trois dernières heures, et un total de 1 464 308 signalements depuis son lancement.

Mise à jour en continu : coupures d’électricité et d’eau en direct signalées par les habitants des quatre coins du pays.

L’article Quand la panne devient data: « Famma Eau » trace les zones sans eau est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Urgence hydrique: juillet 2026, un mois record sous le signe de la soif

31. August 2026 um 13:41

Alors que les températures grimpent, la crise de l’eau atteint un nouveau pic. En juillet 2026, l’Observatoire Tunisien de l’Eau a enregistré 608 signalements citoyens, un chiffre record qui traduit une pression sans précédent sur les ressources hydriques du pays.

Une « Carte de la soif » accablante

La dernière édition de la « Carte de la soif » fait état de 549 coupures et perturbations non annoncées, 34 mouvements de protestation citoyenne pour revendiquer le droit à l’eau, ainsi que 13 fuites signalées sur le réseau et 12 alertes liées à la qualité de l’eau.

Ces indicateurs dessinent une situation de plus en plus tendue, où les dysfonctionnements du réseau et la raréfaction de la ressource se conjuguent pour priver de nombreux foyers d’un accès régulier à l’eau potable.

Le Cap Bon et les régions côtières en première ligne

Nabeul arrive en tête avec 65 signalements, suivie de Monastir (62), Mahdia (51) et Sousse (49). Ces chiffres illustrent l’impact combiné du stress hydrique structurel et de la surconsommation saisonnière, qui mettent à rude épreuve des infrastructures déjà fragilisées.

La grande question que pour faire face à cette crise, une chose est sûre: les solutions provisoires ne suffisent plus car il est impératif d’adopter une gestion durable et équitable des ressources en eau, conforme au droit constitutionnel à l’accès à l’eau.

La mobilisation citoyenne, la transparence des données et la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses sont autant de leviers pour transformer cette urgence en opportunité de refonder la gouvernance de l’eau pour notre pays. 

 

L’article Urgence hydrique: juillet 2026, un mois record sous le signe de la soif est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis

31. August 2026 um 11:50

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue, lundi 31 août 2026, une visite en Tunisie, au cours de laquelle il s’entretiendra avec le président de la République, Kaïs Saïed, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.

Le chef de la diplomatie allemande rencontrera également des représentants du secteur privé, y compris des startups tunisiennes.

Selon l’ambassade d’Allemagne à Tunis, sa visite est axée sur les relations entre les deux pays, qui célèbrent cette année le 70e anniversaire de leur établissement.

L’article Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Coupures d’eau, d’électricité : le FTDES tire la sonnette d’alarme

31. August 2026 um 08:55

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) appelle, dans un communiqué publié dimanche 30 août, les autorités à prendre des mesures urgentes afin de garantir un approvisionnement régulier en eau et en électricité et de mettre fin aux coupures et perturbations récurrentes.

Dans sont communiqué, l’ONG estime que l’accès à ces deux services publics constitue l’un des besoins les plus fondamentaux de la population et un droit essentiel des citoyens. Il appelle ainsi à une intervention pour mettre un terme aux perturbations qui affectent la population.

Préserver le pouvoir d’achat à l’approche de la rentrée

Le Forum a également exhorté les autorités à agir en urgence pour préserver le pouvoir d’achat des Tunisiens, contenir la hausse du coût de la vie et garantir la disponibilité des produits de première nécessité.

Cette demande intervient alors que la rentrée scolaire approche, une période qui s’accompagne traditionnellement d’une hausse importante des dépenses supportées par les familles.

Le FTDES appelle, dans ce contexte, les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités et à apporter des réponses rapides à la crise, tout en s’attaquant à ses causes profondes plutôt qu’à ses seules manifestations.

« Des décisions urgentes » pour préserver la paix sociale

Le Forum met par ailleurs en garde contre les conséquences d’un nouveau retard dans la prise en charge des préoccupations sociales et économiques qui se multiplient. Selon lui, l’absence de réponses concrètes pourrait conduire à une situation susceptible de menacer la sécurité et la paix sociales.

Pour le FTDES, la conjoncture actuelle exige des décisions urgentes, mais également l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable permettant d’aboutir à des solutions concrètes et applicables.

L’article Coupures d’eau, d’électricité : le FTDES tire la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ben Guerdane pleure ses morts en mer : le portrait d’une Tunisie qui s’en va

30. August 2026 um 09:53

Douze (12) morts, un rescapé et deux disparus parmi les victimes, tous sont presque originaires de Ben Guerdane. Tous avaient embarqué dans l’espoir d’atteindre l’autre rive, avant que leur embarcation ne sombre au large des côtes tunisiennes.

Dans cette ville frontalière du sud-est du pays, la nouvelle n’a pas seulement endeuillé des foyers. Elle a mis à nu, une fois de plus, les ressorts d’un phénomène que la répétition des drames n’a jamais suffi à endiguer. Le renforcement des contrôles policiers le long du littoral et l’intensification de la coopération sécuritaire entre les autorités tunisiennes ont certes fait reculer les départs sans pour autant les endiguer. C’est le constat que dresse Ali Kemis, chercheur en sciences politiques et activiste au sein du mouvement citoyen « 18/18 » à Zarzis. Selon lui, cette approche purement sécuritaire produit un effet inverse de celui recherché. Elle ne décourage pas les candidats à l’exil, elle accroît la dangerosité de leur voyage. La raréfaction des embarcations disponibles et le verrouillage des accès maritimes obligent les migrants à prendre des risques toujours plus inconsidérés, avec pour conséquence directe un effondrement de leurs chances d’atteindre les côtes européennes en vie. Ce paradoxe sécuritaire s’inscrit dans un terreau que Kemis décrit comme celui d’une région à bout de souffle.

Ben Guerdane, une économie de frontière étranglée

Pour Ali Kemis, la décision de prendre la mer, qu’elle soit prise par des mineurs ou de jeunes adultes, est le produit d’une absence totale de perspectives d’avenir, nourrie par la dégradation continue des conditions de vie et l’effondrement des services publics de base. Il prend Ben Guerdane comme cas emblématique, une ville qui vivait traditionnellement du commerce transfrontalier avec la Libye voisine et qui subit de plein fouet, depuis cinq ans, des fermetures de frontières répétées.

Cette rupture des flux commerciaux a provoqué une double précarité économique et industrielle. Faute d’investissements publics dans l’éducation et la santé, et en l’absence de projets de développement locaux, la jeunesse de la région se retrouve économiquement exclue. Cette lecture locale rejoint un diagnostic plus large formulé par Cherif Khraifi, secrétaire général de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui parle d’une véritable « migration du désespoir » directement liée aux défaillances économiques du pays.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires. C’est cette impossibilité absolue d’obtenir un visa légal qui pousse les jeunes à miser leur propre vie dans des traversées clandestines. Les visages de cette migration irrégulière renvoient à des réalités familiales déchirantes. Parmi les naufragés et les disparus figurent souvent des jeunes qui constituaient l’unique soutien de leur famille, ou plusieurs membres d’une même fratrie embarqués sur le même bateau, comme à Ben Guerdane.

Un phénomène qui a changé de visage

C’est précisément cette évolution du profil des candidats au départ qu’insiste à souligner Cherif Khraifi. Pour lui, la société tunisienne est aujourd’hui confrontée à une situation aberrante. Des jeunesn qui devraient normalement se trouver sur les bancs de l’école ou de l’université, choisissent délibérément d’affronter la Méditerranée, alors même que le risque de naufrage est extrêmement élevé et qu’une arrivée sur l’autre rive rime souvent avec détention, clandestinité prolongée ou exploitation par des réseaux mafieux.

Cette dynamique a profondément évolué ces dernières années. Si l’émigration clandestine concernait historiquement les populations les plus marginalisées, elle touche aujourd’hui de larges franges de la société tunisienne, en raison de la paralysie économique générale. Des cadres, des professionnels qualifiés et des fonctionnaires de la classe moyenne n’hésitent plus à embarquer avec leurs familles entières, incapables de subvenir à leurs besoins face à la flambée des prix et à la détérioration générale des conditions de vie.

Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux.

Le chômage de longue durée, qui s’étend parfois sur deux décennies et frappe de manière disproportionnée les femmes, est devenu une véritable impasse psychologique et sociale. Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux. Cet échec de l’insertion économique par les voies institutionnelles trouve un écho dans les constats du sociologue Abdessatar Sahbani, qui documente à quel point l’entrepreneuriat local peut apparaître aux yeux des jeunes comme une option moins rationnelle que le départ.

La bureaucratie qui pousse vers la mer

Sahbani cite le cas d’un jeune a réuni la somme de 68 mille dinars pour financer une traversée clandestine. Un montant qui permettrait largement de créer une entreprise viable sur le sol tunisien. Mais les jeunes porteurs de projets se heurtent à un véritable mur avec des lenteurs bureaucratiques, des exigences de garanties bancaires inaccessibles et une corruption systémique où l’obtention du moindre droit exige le versement de pots-de-vin. Face à ce parcours décourageant, les jeunes finissent par percevoir la migration, pourtant extrêmement coûteuse et comparable à une roulette russe, comme une option plus rationnelle que l’entrepreneuriat national.

Cette défiance à l’égard de l’appareil d’État se retrouve dans le récit que fait Cherif Khraifi des relations entre les chômeurs diplômés et les pouvoirs publics. Il déplore l’inefficacité des nombreuses réunions tenues avec des responsables ministériels, des hauts fonctionnaires… qui n’ont débouché que sur des promesses non tenues, accentuant la frustration de ceux qui ne croient plus à la parole publique.

Cette désillusion est particulièrement vive face au « reniement » de la loi 38, qui prévoyait un recrutement exceptionnel pour les chômeurs de longue durée, et au sort similaire réservé à la loi 18. Pour les quelque trois cent mille diplômés chômeurs que compterait le pays, les concours publics, n’offrant que de rares dizaines de postes pour des milliers de candidats, ne représentent plus une option viable. Se sentant à moitié morts dans leur propre pays, beaucoup préfèrent risquer le tout pour le tout. Il alerte également sur une érosion plus profonde. L’idée que les études sont inutiles s’est propagée jusque chez les plus jeunes élèves, menaçant de détruire la valeur du travail et de la formation pour les générations futures. Face à ce constat, l’Union des diplômés chômeurs refuse d’encourager l’exode.

De la « Harqa » secrète au « projet de vie » collectif

C’est sur cette toile de fond que le sociologue Abdessatar Sahbani situe une rupture historique majeure survenue après la révolution de 2011. La migration a cessé d’être un acte strictement clandestin et individuel, mené dans le secret. Autrefois, le concept populaire de « Harqa » (brûler) désignait l’action de détruire ses papiers d’identité pour s’effacer volontairement dans l’anonymat absolu d’une terre étrangère. Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane. Ce projet s’appuie désormais sur des réseaux de passeurs organisés, opérant au vu et au su de tous, bénéficiant parfois de complicités ou d’une passivité des autorités locales.

Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane.

Sahbani distingue trois dynamiques migratoires distinctes dans la période postrévolutionnaire. La première est la migration irrégulière traditionnelle des classes populaires, composée de jeunes sans ressources ni visas, prêts à risquer leur vie en mer. La deuxième concerne la fuite des cerveaux qui touche les compétences nationales comme les médecins, ingénieurs et professeurs qui abandonnent des situations stables pour s’assurer un avenir meilleur à l’étranger. La troisième vague est idéologique, marquée par le départ de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit en Syrie ou en Irak sous la bannière de Daesh, un phénomène pour lequel la Tunisie a compté parmi les plus grands pays émetteurs proportionnellement à sa population. Au-delà des seuls facteurs économiques, Sahbani insiste sur le poids de moteurs psychologiques profonds, au premier rang desquels une injustice profonde et une humiliation intériorisée face à l’impossibilité de réussir et de s’épanouir dans son propre environnement d’origine.

Cette perte de confiance dans le présent et l’avenir engendre une véritable pathologie sociale qu’il désigne par le concept de « consommateur suicidaire ». N’ayant plus l’espoir d’investir à long terme pour acquérir un logement ou fonder une famille, de nombreux Tunisiens dilapident leurs ressources au jour le jour dans les cafés, sorties et loisirs, préférant tout dépenser dans l’instant plutôt que de planifier un avenir qu’ils jugent définitivement obstrué.

Une frontière pour l’Europe, un silence dans les médias

Sur le plan international, Sahbani critique la politique européenne d’externalisation des frontières, qui consiste à repousser les contrôles de l’Italie, par exemple, vers le territoire tunisien. Cette stratégie fait de la Tunisie une zone tampon pour les migrants subsahariens, générant des crises de gestion complexes à l’échelle locale.

Le sociologue adresse enfin une critique sévère aux médias tunisiens, dont la couverture de la migration reste purement événementielle. La presse ne s’empare du sujet qu’à l’occasion de drames spectaculaires comme le naufrage de Zarzis, au lieu de produire un véritable travail d’investigation de fond, de recherche scientifique, ou de s’appuyer sur des œuvres artistiques et théâtrales pour explorer les racines du phénomène. Pour Sahbani, seule une refonte profonde des politiques éducatives, culturelles et administratives permettrait de restaurer la confiance de la jeunesse.

L’article Ben Guerdane pleure ses morts en mer : le portrait d’une Tunisie qui s’en va est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Café Ben Daamache – Un lieu chargé de souvenirs

30. August 2026 um 09:22

Il est l’un des plus vieux cafés de Djerba. Sinon le plus ancien. Il a été notamment le lieu de tournage d’un des premiers films d’Omar Sharif. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

Des cafés, il n’en manque pas en Tunisie. Le nombre est estimé à 40 000. Mais tous n’évoquent pas chez l’habitant ou le visiteur les mêmes souvenirs. Comme tous ne sont pas là depuis de longues années. Dans cette catégorie, le café Ben Daamache à Houmt Souk, à Djerba, a statut spécial. Aucune date précise n’est certes évoquée quant à son ouverture. Cependant, beaucoup de nos sources soutiennent qu’il était déjà là au milieu des années quarante du siècle dernier. Et les noms de Mohamed, Salem et Sadok Ben Daaamache surgissent comme des personnes associées à l’histoire de ce café.

 

 

Installé dans un lieu des plus stratégiques, au cœur de la vieille ville de la capitale de l’île de Djerba, il a tout le temps attiré la grande foule des Djerbiens et des touristes. Facilement reconnaissable par ses arcades devant lesquelles se trouve une terrasse de quelques dix mètres de large sur quinze mètres de long.

Le café se trouve à quelques encablures du souk « Errebaâa », que l’on présente comme « le cœur historique de Houmt Souk ».  Et comme « le marché couvert le plus emblématique de Houmt Souk, la capitale de l’île de Djerba. Datant approximativement du XVIe ou XVIIe siècle, un labyrinthe voûté et une étape incontournable pour s’imprégner de l’artisanat et de l’atmosphère djerbienne ».

« Heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse »

Il côtoie un autre lieu où des visiteurs notamment ne s’y rendent pas : le Fondouk des Maltais. Un ancien « caravansérail traditionnel témoigne de la forte empreinte économique et culturelle laissée par la communauté chrétienne maltaise installée à Djerba au XIXe siècle » et qui a connu son heure de gloire du temps où la communauté studieuse des Maltais (on estime qu’entre 500 et 1 000 Maltais résidaient à Djerba au plus fort des vagues migratoires de cette communauté poussée à l’émigration en raison des épidémies et de la pauvreté).

Outre les cafés, chichas et autres thé à la menthe, le café Ben Daamache s’est fait une spécialité en offrant du jus d’orange. Une boisson qu’il sert, y compris lorsque le fruit qui est utilisé pour le fabriquer, manque. Et des récits le concernant, il n’en manque pas aussi sur le net. Chadli Ghribi, un habitant de l’île des Lotophages, raconte, par exemple, dans un post Facebook, que dans la moitié des années soixante-dix du siècle dernier, « heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse pour siroter un thé vert ».

« Surveiller les mouvements des forces coloniales »

Autre souvenir évoqué à l’endroit du café Ben Daamache, le tournage sur les lieux du film « Goha » de Jacques Baratier et dans lequel Omar Sharif tenait, en 1957, la vedette. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

 

Le fait que la municipalité de Houmt Souk ait choisi de donner le nom de la place où se trouve le café Ben Daamache est sans doute de bon aloi. Des récits nous disent que le café accueillait des combattants pour la lutte nationale en ces termes : « Placées à l’entrée et stratégiquement ouvertes sur les carrefours de la médina, des banquettes permettaient aux clients fidèles de surveiller discrètement les mouvements des forces coloniales, des gendarmes français ou du contrôleur civil de l’île. Cela offrait aux militants installés à l’intérieur le temps nécessaire pour disperser leurs réunions ou cacher des tracts avant toute perquisition ».

L’article Café Ben Daamache – Un lieu chargé de souvenirs est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis

29. August 2026 um 19:54
Screenshot

Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis. Sa nomination, qui succède à Dominique Mas – appelé à d’autres fonctions -, a été actée par un décret du président Emmanuel Macron signé le 27 juillet 2026 et publié au Journal officiel le 29 juillet.

Secrétaire des affaires étrangères, Aurélien Maillet occupait jusque-là le poste de chargé de mission auprès du directeur d’Asie et d’Océanie au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, une fonction confirmée par plusieurs actes de délégation de signature publiés au Journal officiel en 2025 et 2026. Il avait intégré le corps des secrétaires des affaires étrangères en 2012 comme stagiaire à l’issue du concours interne, avant d’être titularisé l’année suivante.

Sa prise de fonctions intervient dans un contexte où le Consulat général de France à Tunis reste un point de contact essentiel pour la communauté française de Tunisie, en particulier pour les services consulaires et l’accompagnement des ressortissants.

Le 16 août, Laurent Caizergues, conseiller des Français de l’étranger pour la Tunisie et la Libye, lui a souhaité la bienvenue dans un message insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif entre le Consulat, les élus et les acteurs de terrain. Il a souligné que les attentes des Français établis en Tunisie et en Libye demeuraient nombreuses, et que la qualité de ce dialogue conditionnerait la capacité à y répondre.

Cette nomination s’inscrit plus largement dans une série de désignations de consuls généraux français actées par décrets du 27 juillet 2026 et publiées au Journal officiel du 29 juillet.

L’article Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌