Impôts indirects: qu’est-ce qui a marché en 2025?
L’examen détaillé de l’exécution budgétaire à fin décembre 2025 révèle quelques écarts significatifs entre les prévisions de la loi de finances 2025 et les réalisations effectives pour certaines catégories de recettes fiscales.
Deux postes majeurs affichent une croissance inférieure aux attentes.
Le premier est la taxe sur la valeur ajoutée, qui a permis d’engranger 11 724,5 Mtnd fin 2025, contre des estimations de 12 028 Mtnd. Cela s’explique par une décélération de la consommation des ménages, pénalisés par un pouvoir d’achat sous tension et une épargne de précaution élevée. Conjuguée avec les chiffres des Billets et monnaies en circulation, cela pourrait signifier un recours plus grand aux produits du marché parallèle. Il y a également un ralentissement de l’activité dans certains secteurs contributeurs, comme les industries extractives ou le BTP.
Le second est les droits de consommation qui ont enregistré des recettes de 4 237,5 Mtnd contre 4 296,0 Mtnd estimés. L’écart n’est pas grand, mais il pourrait indiquer un changement dans les habitudes de consommation au profit de produits moins taxés et un développement du commerce parallèle pour les produits les plus taxés (tabac, carburants), qui échappent à la fiscalité. Encore une fois, cela est lié à la contraction du pouvoir d’achat.
À l’inverse, les droits de douane enregistrent une croissance plus forte que prévu dans la loi de finances (2 278,9 Mtnd encaissés contre 2 111 Mtnd attendus). Cette hausse s’explique par une augmentation du volume des importations, notamment de biens d’équipement ou de consommation, générant mécaniquement plus de recettes. La baisse de la production locale pour certains produits a été compensée par des importations, et le déficit de la balance commerciale en est le meilleur témoin. Avec cela, il ne faut pas oublier le renforcement des contrôles douaniers et une meilleure lutte contre la fraude, qui a permis de capter une part plus importante des droits dus.
Ces écarts entre prévisions et réalisations peuvent traduire une certaine transformation des comportements. La sous-performance des droits de consommation interroge sur l’évolution réelle de la demande pour les produits taxés, et sur l’efficacité du contrôle fiscal dans ces secteurs. Encore une fois, ces chiffres renforcent le constat de la nécessité d’élargir l’assiette fiscale pour sécuriser les recettes de l’État à moyen terme.
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