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L’encours de la dette publique totalise 141 665,4 Mtnd fin 2025

24. Februar 2026 um 08:49

Nous disposons désormais des données nécessaires permettent de dresser un premier bilan de l’évolution de la dette publique en 2025.

Le Trésor a consacré 24 441,5 Mtnd au service de sa dette, répartis en 6 458,5 Mtnd  d’intérêt et 17 983 Mtnd de remboursement du principal. Ce montant est en baisse de 1,5 % par rapport à 2024, suggérant une maîtrise relative de cette charge lourde. Par rapport à ce qui a été budgétisé dans la Loi des Finances 2025, il y a une économie de 248,5 Mtnd . 

Cependant, cette stabilité apparente masque des évolutions divergentes entre dette intérieure et dette extérieure. On observe en effet un transfert de pression vers le marché local.

Les charges d’intérêts sur la dette intérieure ont bondi de 14,2 %, passant de 4 097,7 Mtnd en 2024 à 4 679,9 Mtnd l’année dernière. Cette hausse significative traduit la persistance de conditions de financement toujours onéreuses sur le marché financier et un recours accru à ce type de dette pour compenser un moindre recours à l’endettement externe. D’ailleurs, le service de la dette extérieure s’est allégé. Les intérêts ont chuté de 18,9 % en glissement annuel à 1 778,6 Mtnd et le remboursement du capital de 10,9 % à 8 308,7 Mtnd.

L’analyse des nouveaux emprunts contractés en 2025 confirme cette recomposition. Le volume total des ressources d’emprunt a diminué de 4 %, s’établissant à 25 644,5 Mtnd. Les emprunts intérieurs ont été réduits de 6 %, totalisant 21 819,3 Mtnd. En revanche, les emprunts extérieurs ont augmenté de 9,3 %, atteignant 3 825,2 Mtnd, dont 2 004,4 MTND d’appui budgétaire.

En tout, l’encours de la dette publique s’est établi à 141 665,4 Mtnd fin 2025, contre 135 642,3 Mtnd une année auparavant. Par rapport à ce qui a été budgétisé, il y a une réduction de 5 736,6 Mtnd. Les prêts extérieurs représentent 60,8 % de cet encours (86 178,0 Mtnd), tandis que ceux extérieurs complètent les 39,2 % (55 487,3 Mtnd). Le désendettement étranger se poursuit, avec un repli de l’encours de 7 052,1 Mtnd.

 

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Taux directeur et taux des bons du Trésor : quelles interactions ?

24. Februar 2026 um 05:36

Les données fraîchement publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) montrent une légère hausse des taux moyens pondérés des Bons du Trésor non encore échus à la fin de l’année 2025. Cela pourrait paraître surprenant, surtout avec deux baisses successives du Taux directeur intervenues l’année dernière.

Entre décembre 2024 et décembre 2025, le Taux directeur a été réduit de 100 points de base. Sur la même période, le taux moyen pondéré des Bons du Trésor non encore échus, toutes maturités confondues, s’est élevé à 9,123 %, en hausse de 59 points de base sur une année.

 

Les causes de ce découplage

Certes, il y a une première explication évidente, qui est le remboursement des anciennes lignes de BTA, émises quelques années auparavant à des taux faibles par rapport à ceux émis post-2022. Cela fait que l’encours actuel est essentiellement composé de papiers récents à des rendements élevés.

Toutefois, il y a également des facteurs macroéconomiques et de marché qui priment sur le signal de la politique monétaire et qu’il ne faut pas sous-estimer.

Le premier est que le marché de la dette est bien plus influencé par le risque souverain que par le Taux directeur à court terme. Il y a donc une prime qui compense les craintes liées à la soutenabilité de la dette publique, aux besoins de financement du Trésor et à la santé globale des finances publiques, indépendamment de l’orientation de la politique monétaire.

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé. Les investisseurs obligataires, surtout sur les longues maturités, exigent un rendement réel (taux nominal – inflation) suffisamment attractif. Si les anticipations d’inflation future restent ancrées au-dessus de l’objectif de la BCT, les taux nominaux ne peuvent pas baisser significativement.

 

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé.

 

Le troisième est l’effet de lock-in. Les investisseurs institutionnels qui ont acheté des titres à des taux élevés ne sont pas incités à vendre pour en acheter de nouveaux à des taux plus bas. Ils conservent leurs titres en portefeuille. Ce qui réduit l’offre sur le marché secondaire et maintient les rendements à un niveau élevé pour les nouvelles émissions.

Le quatrième est le décalage entre la politique monétaire et les taux longs. Le Taux Directeur influence principalement les taux courts (monétaires). Son impact sur les taux longs (obligataires) est indirect et peut être contrecarré par d’autres forces. On observe d’ailleurs dans les données que le TMP des maturités de moins d’un an a très légèrement baissé en toute fin d’année, suivant de façon très timide la baisse du Taux Directeur de décembre. Et ce, contrairement aux taux des maturités supérieures à cinq ans qui, eux, sont restés stables.

En tout, la dynamique observée en Tunisie n’est pas particulière. La politique monétaire agit sur les taux courts; mais ce sont les anticipations sur la soutenabilité de la dette, l’inflation et la croissance qui déterminent les taux longs. La baisse du Taux Directeur était un signal nécessaire pour soutenir l’économie, mais elle n’a pas suffi à réduire la perception du risque par les investisseurs, qui continuent d’exiger des rendements élevés sur la dette publique tunisienne.

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