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Empfangen — 10. Juli 2026 Leconomiste Maghrebin

Mohsen Gharsi : « Face à l’IA, l’ingénieur reste plus que jamais un métier d’avenir »

10. Juli 2026 um 12:30

Face à la transition numérique, énergétique et industrielle, l’ingénieur tunisien est appelé à redéfinir son rôle.

Pour Mohsen Gharsi, doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’adaptation aux nouvelles technologies, mais dans la capacité à former une nouvelle génération d’ingénieurs capables d’accompagner la transformation économique du pays. À l’horizon 2030, le métier d’ingénieur en Tunisie devrait connaître une mutation profonde. L’accélération technologique, les impératifs de transition énergétique et la modernisation de l’appareil productif imposent une évolution des compétences et des formations.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Mohsen Gharsi estime que l’ingénieur restera au cœur de ces transformations. Et ce, à condition d’anticiper les besoins futurs et de repenser son rôle face aux nouveaux défis. Il précise que les profils liés au numérique et à l’industrie intelligente figureront parmi les plus recherchés dans les prochaines années. L’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le génie logiciel, le cloud computing ou encore les systèmes embarqués devraient occuper une place croissante dans l’économie tunisienne, en accompagnant la digitalisation des entreprises et l’évolution des modèles industriels.

Cette dynamique ne se limitera pas au secteur numérique. Les métiers liés à la transition énergétique et à la modernisation industrielle devraient également gagner en importance. Les ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’automatisation industrielle, la mécatronique, l’électronique, les télécommunications ou encore l’électromécanique seront appelés à jouer un rôle stratégique dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises, la réduction des coûts et la sécurisation des infrastructures.

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L’évolution concernera aussi les secteurs traditionnels. Le génie civil durable, les infrastructures, l’environnement et la maintenance industrielle intelligente deviendront des domaines essentiels dans un contexte marqué par la pression sur les ressources, les changements climatiques et les besoins croissants en aménagement du territoire. L’ingénieur de demain devra ainsi contribuer à renforcer la résilience des réseaux, améliorer la qualité des ouvrages et accompagner le développement territorial.

Des formations à rapprocher davantage du monde économique

Si la Tunisie dispose d’un capital humain reconnu, notamment grâce à la qualité scientifique et à la capacité d’adaptation de ses ingénieurs, Mohsen Gharsi considère que les formations doivent évoluer pour rester en phase avec les transformations du marché. La formation d’un ingénieur ne peut plus reposer uniquement sur l’acquisition de connaissances théoriques. Elle doit désormais intégrer davantage de compétences opérationnelles : maîtrise des outils numériques, culture de l’innovation, compréhension des standards internationaux, capacité à travailler dans des équipes pluridisciplinaires et aptitude à résoudre des problématiques complexes en entreprise. Pour le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, le rapprochement entre les écoles d’ingénieurs, les universités, les centres de recherche et le secteur privé constitue une condition essentielle. Il appelle à développer des partenariats plus structurés avec les entreprises afin d’adapter les programmes, renforcer les projets appliqués et transformer les stages en véritables expériences d’immersion professionnelle.

L’objectif, souligne-t-il, n’est plus seulement de former des diplômés, mais de préparer des ingénieurs immédiatement opérationnels, capables de contribuer dès leur entrée dans la vie active à la compétitivité et à l’innovation nationales.

Intelligence artificielle : un outil au service de l’ingénieur, pas un remplacement

L’arrivée de l’intelligence artificielle constitue l’un des principaux défis auxquels la profession devra répondre. Pour Mohsen Gharsi, cette révolution technologique impose une adaptation profonde, mais elle ne remet pas en cause la place de l’ingénieur. L’intelligence artificielle transforme les méthodes de conception, d’analyse et de pilotage des systèmes, mais elle ne peut remplacer le jugement humain, l’expérience professionnelle ou la responsabilité liée aux décisions techniques. L’ingénieur de 2030 devra apprendre à utiliser l’IA comme un outil d’aide à la décision, d’optimisation et d’analyse. Tout en conservant une maîtrise éthique et stratégique des projets. Cette évolution nécessitera de nouvelles compétences, notamment une meilleure compréhension des algorithmes, une capacité à exploiter les données massives et une intégration plus poussée de l’automatisation dans les processus industriels. Mais au-delà des compétences techniques, les qualités humaines resteront déterminantes : créativité, sens des responsabilités, esprit critique et capacité d’adaptation. L’ingénieur tunisien de demain devra ainsi être plus polyvalent, plus agile et davantage ouvert sur l’international. La formation continue deviendra une nécessité pour accompagner des métiers en évolution permanente et anticiper l’émergence de professions qui n’existent pas encore aujourd’hui.

Un métier d’avenir pour une génération tournée vers l’impact

Aux jeunes qui envisagent une carrière d’ingénieur, Mohsen Gharsi adresse un message d’encouragement mais aussi d’exigence.

Pour lui, l’ingénierie demeure un métier porteur de sens, capable d’apporter des réponses concrètes aux grands défis de la société : développement industriel, transition énergétique, sécurisation des infrastructures ou amélioration du quotidien des citoyens. Il invite les futurs ingénieurs à cultiver la curiosité, la discipline, l’innovation et l’esprit collectif.

Dans un environnement marqué par des mutations rapides, la capacité à apprendre, expérimenter et remettre en question ses connaissances deviendra un avantage déterminant. L’avenir de l’ingénierie tunisienne dépendra donc de la capacité du pays à valoriser ses talents, moderniser ses formations, encourager la recherche et inscrire davantage l’ingénieur dans les choix économiques et stratégiques.

À l’horizon 2030, l’ingénieur ne sera pas seulement un spécialiste technique, mais un acteur majeur de la compétitivité, de la souveraineté technologique et du développement national.

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Houcine Rhili : la STEG paie le prix des impayés publics

10. Juli 2026 um 10:45

Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en développement et en ressources hydriques, dresse un constat critique de la situation énergétique tunisienne. Il souligne que la crise ne se limite pas au déficit de production ou à la dépendance aux importations : elle est aussi liée à des choix de gouvernance, à des blocages administratifs et à une fragilité financière des entreprises publiques, notamment la STEG, dont la trésorerie est lourdement affectée par les impayés de l’État et de plusieurs établissements publics.

Pour Houcine Rhili, la crise énergétique tunisienne est avant tout structurelle. Elle résulte, précise-t-il, de plusieurs années de retard dans les réformes, d’une gouvernance insuffisamment efficace et d’une absence de vision stratégique capable d’accompagner les transformations profondes du secteur.

L’expert pointe d’abord les contraintes administratives et réglementaires qui continuent de peser sur l’investissement. Il dénonce une lenteur administrative chronique, une réglementation dépassée ainsi qu’un code des hydrocarbures complexe, qui limiteraient l’attractivité du secteur et ralentiraient la mise en œuvre des projets énergétiques.

À cela s’ajoute, estime-t-il, une faiblesse persistante de l’investissement national face aux grands groupes étrangers. Houcine Rhili cite notamment l’exemple de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), qui a développé une capacité solaire de 10 mégawatts à Tozeur, sans parvenir ensuite à obtenir de nouveaux contrats d’envergure dans ce domaine. Dans le même temps, plusieurs opérateurs étrangers ont bénéficié de concessions pour développer des projets solaires de grande taille.

La STEG fragilisée par les impayés publics

L’expert insiste également sur la situation financière difficile des entreprises publiques du secteur. Il évoque un endettement qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars, aggravé par les impayés accumulés par l’État, les administrations et certains établissements publics au titre de leurs consommations énergétiques.

Et de poursuivre que cette accumulation d’arriérés pèse directement sur la trésorerie de la STEG, limite ses capacités d’investissement et complique ses efforts de modernisation. La fragilité financière de l’entreprise ne serait donc pas uniquement liée à ses charges ou à ses contraintes opérationnelles, mais aussi à un système où une partie importante des clients publics ne règle pas régulièrement ses factures.

Houcine Rhili critique par ailleurs une gouvernance qu’il juge trop centralisée, avec une concentration excessive des décisions au niveau ministériel, au détriment du rôle stratégique des conseils d’administration et des mécanismes de pilotage.

Face à ces difficultés, l’expert appelle à l’ouverture d’un véritable débat national sur l’énergie, estimant que seule une réflexion collective permettra de sortir d’une gestion basée sur l’urgence. Il note que la Tunisie doit adopter une stratégie de long terme, avec des investissements planifiés sur quinze à trente ans, l’horizon nécessaire pour les grands projets énergétiques à travers le monde.

« Il faut passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation », plaide Houcine Rhili.Au final, il considère que l’avenir énergétique du pays dépendra de sa capacité à réformer sa gouvernance, restaurer la confiance des investisseurs et donner une vision claire aux acteurs du secteur.

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Le Conseil des ministres valide une nouvelle série de réformes économiques et sociales

10. Juli 2026 um 08:41

Réuni jeudi au Palais du gouvernement à la Kasbah, le Conseil des ministres, présidé par la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, par intérim au nom du président de la République, Kaïs Saïed, a examiné plusieurs projets de lois et de décrets à caractère social et économique.

Les textes débattus portent notamment sur le renforcement de la sécurité énergétique et alimentaire, le logement, la santé, le transport aérien ainsi que la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux.

À cette occasion, la cheffe du gouvernement a appelé à accélérer la réalisation des projets et à stimuler l’investissement public et privé, soulignant que le lancement des programmes, projets et réformes inscrits dans le Plan de développement 2026-2030 interviendra prochainement.

Elle a également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi continu de l’avancement des projets publics dans l’ensemble des régions du pays, aussi bien au niveau central que régional et local. Selon elle, cette démarche doit contribuer à renforcer l’intégration économique et sociale, à promouvoir un développement équilibré entre les territoires et à consolider une économie plus résiliente face aux mutations de l’environnement international.

Sur le volet administratif, Sara Zaâfrani Zenzri a estimé que la réforme législative, à elle seule, ne saurait produire les résultats attendus sans une modernisation de l’administration et une culture du travail fondée sur l’efficacité. Elle a ainsi plaidé pour une amélioration des performances des services publics et de la qualité des prestations offertes aux citoyens.

La cheffe du gouvernement a, en outre, appelé à la mise en place de systèmes de management de la qualité et au renforcement des mécanismes de gouvernance au sein des administrations publiques. Elle a insisté sur la responsabilité de chaque agent public dans l’accomplissement de ses missions, tout en invitant les responsables à assurer un suivi régulier des performances de leurs équipes, dans le respect des principes de discipline, de redevabilité et de reddition des comptes.

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