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CCITF : la reprise des entreprises se consolide, les attentes restent fortes

07. April 2026 um 15:34

La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF) a présenté, lors d’une conférence de presse mardi 7 avril 2026, la troisième édition de son baromètre économique. Il est mené auprès de 167 entreprises tunisiennes et françaises opérant entre les deux pays. Réalisée du 15 décembre 2025 au 5 mars 2026, l’enquête évalue l’évolution du chiffre d’affaires, les perspectives d’investissement, l’impact de la conjoncture et les transformations en cours. Et ce, notamment en matière de digitalisation, de RSE, de ressources humaines et de cadre réglementaire.

Lors de la présentation, Khelil Chaibi, président de la CCITF, a souligné que les résultats du baromètre confirment une amélioration de la performance des entreprises en 2025, avec une activité majoritairement stable ou en progression. Il a toutefois appelé à la prudence pour 2026. Tout en estimant nécessaire de consolider cette dynamique dans un environnement des affaires plus lisible, plus fluide et plus incitatif.

Mohamed Louzir, secrétaire général de la CCITF, a de son côté insisté sur la résilience des entreprises, tout en rappelant que la pression fiscale, les lourdeurs administratives et les incertitudes réglementaires continuent de peser sur leur compétitivité. Il a également insisté sur la qualité des ressources humaines en Tunisie, qu’il a présentée comme l’un des atouts majeurs de cette résilience.

Une reprise réelle, mais fragile

Le baromètre met en évidence une amélioration des performances en 2025, portée par la progression du chiffre d’affaires. Plus de 80 % des entreprises interrogées déclarent une activité stable ou en hausse. Tandis que les baisses importantes reculent nettement. Les perspectives pour 2026 restent positives mais plus prudentes : 55 % des entreprises anticipent une amélioration de leur activité; 4 % une stagnation; et 11 % une baisse.

 

Cette trajectoire confirme une dynamique de reprise sur trois ans. Mais elle révèle aussi un écart récurrent entre les anticipations et les résultats effectivement enregistrés. Les prévisions pour 2026 traduisent donc davantage un signal de confiance qu’une garantie de performance.

Des freins structurels persistants

Le baromètre confirme que le premier frein à l’activité reste un triptyque fiscal, réglementaire et administratif. La pression fiscale est citée par 68 % des entreprises. Les formalités administratives le sont par 58 %. Et le cadre réglementaire demeure également perçu comme un obstacle majeur.

L’enquête montre aussi un impact très marqué de la conjoncture internationale. En effet, 91 % des entreprises déclarent avoir été affectées par la tendance inflationniste et 87 % par les conflits géopolitiques. L’ensemble des facteurs testés affiche un impact fort ou modéré supérieur à 60 %. Ce qui confirme la faiblesse des marges de manœuvre des entreprises.

Des attentes claires

Face à ces contraintes, les entreprises expriment des priorités nettes. Elles réclament d’abord de nouvelles incitations financières et fiscales, citées par 41 % des répondants. Puis, elles sollicitent, à 32 %, un allègement des procédures administratives.

Le baromètre met également en avant la nécessité de simplifier et de fluidifier les relations avec l’administration, de faciliter l’accès au financement et de sécuriser l’investissement. Il souligne aussi l’importance d’accompagner les entreprises dans leur structuration, notamment en matière de RSE, de gouvernance et d’internationalisation.

Transition numérique encore incomplète

La digitalisation apparaît comme un chantier encore inabouti. Les entreprises interrogées se situent majoritairement à un stade expérimental ou en réflexion. Tandis qu’une minorité seulement dispose d’un usage structuré. Au total, 85 % des entreprises restent avant le stade du déploiement opérationnel. Ce qui freine l’intégration de l’intelligence artificielle à grande échelle.

Cette situation révèle un tissu économique conscient des enjeux numériques, mais encore dépourvu d’un socle digital suffisamment mature pour accélérer la transformation.

En conclusion, un écosystème favorable reste indispensable pour soutenir l’innovation, la croissance et la durabilité à long terme.

Afrique et transition énergétique

L’Afrique demeure un potentiel de développement important, mais encore peu exploité. En effet, en 2026, 44 % des entreprises n’ont aucun échange avec le continent. Alors que 28 % seulement anticipent une hausse de leurs échanges. En revanche, 56 % des entreprises déjà actives sur ce marché maintiennent ou améliorent leurs relations commerciales.

Le baromètre souligne enfin la montée en puissance des enjeux énergétiques et environnementaux. Les entreprises accordent une place croissante aux énergies renouvelables, perçues comme un levier de compétitivité, de réduction de la dépendance énergétique et d’amélioration de la balance commerciale. 39 % des dirigeants interrogés estiment que les énergies renouvelables devraient constituer le principal investissement public dans les années à venir.

La nouveauté de cette édition réside dans l’élaboration d’un livre blanc, que la CCITF s’apprête à lancer et qui est attendu avant la fin de l’année.

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IACE : corruption et informel pénalisent davantage les PME

Von: walid
26. Dezember 2025 um 11:11

Les grandes entreprises font face à des contraintes plus marquées en matière d’accès au financement, de formation de la main-d’œuvre et de réglementation du travail. Les PME, quant à elles, sont davantage confrontées à la corruption, à la concurrence du secteur informel et à certains obstacles administratifs, selon la première édition du Rapport National sur l’Entreprise en Tunisie (année 2025), publié, jeudi, par l’IACE.

Ces écarts reflètent des priorités différentes selon la taille des entreprises et suggèrent que des politiques de soutien ciblées pourraient être nécessaires pour répondre efficacement à leurs besoins spécifiques.

D’après le rapport, l’accès au financement est une priorité pour les grandes entreprises et les PME, bien que l’obstacle soit légèrement plus important pour les premières (45,4%) que pour les secondes (39,8%).

En ce qui concerne les autres principaux obstacles auxquels sont confrontés les entreprises, les PME se disent beaucoup plus touchées par la corruption (15,55 % contre 9,8% pour les grandes entreprises) et les pratiques informelles (8,8 % pour les PME, aucun obstacle pour les grandes entreprises), montrant une vulnérabilité plus marquée des PME face à ces défis, d’après l’Institut arabe des chefs d’entreprises qui se base une enquête menée par la Banque mondiale.

Par ailleurs, les grandes entreprises voient des obstacles plus importants liés à une main-d’oeuvre insuffisamment formée (7,4 %contre 5,15 % pour les PME) et à la réglementation du travail (9,6 % contre 2,15% ). Ces entreprises semblent ainsi faire face à des besoins plus complexes en termes de compétences et de gestion de la main-d’oeuvre.

Pour ce qui est de la politique et de la fiscalité, ces aspects sont perçus comme un obstacle par les deux types d’entreprises, mais les grandes entreprises expriment des préoccupations légèrement plus prononcées vis-à-vis de l’instabilité politique (11,8 % contre 10,6% et des taux d’imposition (5,2 % contre 2,35%).

Toutefois, les grandes entreprises ne perçoivent pratiquement aucun obstacle dans l’accès au foncier et à l’accès aux tribunaux, contrairement aux PME, qui notent quelques difficultés. Cependant, le transport est un obstacle plus important pour les grandes entreprises (1,6 % contre 0,75% ), probablement en raison de leurs besoins logistiques plus vastes.

Partant de ce constat, l’Institut arabe des chefs d’entreprises a recommandé de renforcer le soutien aux entreprises exportatrices, étant donné que plus de 13 % des entreprises ne réalisent aucun chiffre d’affaires à l’exportation, traduisant une intégration limitée aux marchés internationaux. “Il serait pertinent de leur proposer des formations spécialisées, des aides financières ciblées et un meilleur accès aux opportunités à l’étranger”.

Il s’agit encore de soutenir le secteur industriel, l’IACE indique à ce propos que le taux d’entreprises ayant un impôt nul dans ce secteur est trois fois supérieur à la moyenne générale, ce qui montre un potentiel sous-exploité. Des incitations fiscales et des programmes d’investissement pourraient stimuler la production locale et dynamiser ce secteur stratégique.

L’objectif est, aussi, de réduire l’inactivité dans le secteur des services qui concentre le plus grand nombre d’entreprises sans chiffre d’affaires. “Une étude approfondie des obstacles freinant leur activité permettrait d’identifier des leviers d’action adaptés pour relancer ces entreprises”.

L’Institut préconise de structurer davantage le commerce de gros, relevant que “l’absence de données fiables sur les bénéfices fiscaux et imposables de ce secteur souligne la nécessité d’améliorer la collecte et la transparence des informations comptables et fiscales”.

En outre, une transition numérique permettrait d’améliorer la transparence fiscale, d’optimiser la gestion comptable et de réduire les risques de pertes ou d’irrégularités, tout en renforçant la compétitivité globale des entreprises.

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