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Empfangen — 31. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Tunisie : 5 % du budget alimentaire des ménages gaspillé

31. August 2026 um 14:42

Le gaspillage alimentaire représente 5 % du budget des ménages tunisiens, selon les déclarations faites ce lundi 31 août 2026 par Chokri Rejeb, directeur général de l’Institut National de la Consommation, sur les ondes de la Radio Nationale.

Une stratégie nationale de lutte contre ce phénomène, supervisée par le ministère du Commerce et du Développement des exportations, a finalisé ses étapes de préparation. Elle sera officiellement prête d’ici le mois de novembre prochain pour s’attaquer aux pertes touchant principalement le pain, les fruits, les légumes et les produits laitiers.

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Placements de Tunisie – SICAF : un bénéfice net de 2,2 millions de dinars au premier semestre 2026

31. August 2026 um 12:37

Placements de Tunisie SICAF,  a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026. Le bénéfice net de la période ressort à 2,2 millions de dinars, contre 3,7 millions de dinars au 30 juin 2025, selon les comptes semestriels 2026 de la SICAF présentés ci-dessous.

En effet, le total du bilan de Placements de Tunisie SICAF s’établit à 19,2 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 20 millions de dinars au 31 décembre 2025. Les capitaux propres avant affectation atteignent 19 millions de dinars, contre près de 20 millions de dinars à la clôture de l’exercice 2025. Le capital social de la société d’investissement reste inchangé à 10 millions de dinars, réparti en 1 million d’actions d’une valeur nominale de 10 dinars chacune.

Le portefeuille de titres à long terme de Placements de Tunisie SICAF, comptabilisé en immobilisations financières, demeure stable à 12,3 millions de dinars. Ce portefeuille d’investissement inclut notamment les titres Astrée, Mare Alb, Air Liquide, Astrée DA CP ainsi que Nouveaux emballages tunisiens. Les placements et autres actifs financiers à court terme s’élèvent à 4,5 millions de dinars nets de provisions, la provision pour dépréciation des titres ayant été ramenée à environ 92 000 dinars, contre 169 000 dinars à fin décembre 2025. Les autres actifs courants totalisent 2,3 millions de dinars et la trésorerie disponible atteint 68 000 dinars au 30 juin 2026.

Retour sur les chiffres clés

Concernant les revenus, les revenus des titres et droits de propriété de la SICAF, correspondant essentiellement aux dividendes perçus sur le portefeuille d’actions, s’élèvent à 2,3 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 3,8 millions de dinars sur la même période en 2025. Cette baisse des revenus de dividendes s’explique notamment par l’absence de distribution du titre Mare Alb au 30 juin 2026, alors que ce même titre avait rapporté près de 1,9 million de dinars un an auparavant. Les revenus des placements financiers à court terme se limitent à 19 000 dinars au 30 juin 2026, contre 67 000 dinars au 30 juin 2025.

Le résultat d’exploitation de Placements de Tunisie SICAF s’établit à 2,2 millions de dinars, après des charges d’exploitation de 179 000 dinars sur la période. Après déduction de l’impôt sur les sociétés de 4 693 dinars et de la contribution sociale de solidarité de 500 dinars, le résultat net semestriel s’élève précisément à 2 238 968 dinars, soit un résultat par action de 2,239 dinars, contre 3,701 dinars par action au 30 juin 2025.

Sur le plan de la distribution de dividendes, l’assemblée générale ordinaire du 5 mai 2026 a approuvé le versement de 3,2 millions de dinars de dividendes au titre de l’exercice 2025. Les états financiers intermédiaires ont été arrêtés par le conseil d’administration de la société lors de sa réunion du 20 août 2026.

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Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis

31. August 2026 um 11:50

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue, lundi 31 août 2026, une visite en Tunisie, au cours de laquelle il s’entretiendra avec le président de la République, Kaïs Saïed, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.

Le chef de la diplomatie allemande rencontrera également des représentants du secteur privé, y compris des startups tunisiennes.

Selon l’ambassade d’Allemagne à Tunis, sa visite est axée sur les relations entre les deux pays, qui célèbrent cette année le 70e anniversaire de leur établissement.

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Après une perte de 2,6 millions de dinars, SIMPAR renoue avec les bénéfices

31. August 2026 um 11:04

La Société Immobilière et de Participations (SIMPAR) a dégagé un résultat net bénéficiaire d’environ 643 000 dinars tunisiens (DT) au premier semestre 2026, contre une perte de près de 2,6 millions de DT sur la même période en 2025, selon ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026.

Ce retour aux bénéfices s’explique principalement par un bond des ventes de biens immobiliers, passées d’environ 385 000 DT au 30 juin 2025 à plus de 11,6 millions de DT un an plus tard. Le total des produits d’exploitation a suivi la même trajectoire, atteignant environ 12,5 millions de DT contre près de 727 000 DT à fin juin 2025. Le résultat d’exploitation s’établit à environ 2,9 millions de DT, plus du double des 1,2 million de DT enregistrés un an auparavant.

Les charges financières nettes se sont pour leur part allégées, passant d’environ 3,8 millions à 2,2 millions de DT, une évolution que la société attribue notamment à la diminution des intérêts débiteurs sur découverts bancaires. Le résultat par action ressort à 0,585 DT, contre une perte de 2,35 DT par action au 30 juin 2025.

Le total du bilan de la société s’élève à environ 119,5 millions de DT au 30 juin 2026, contre près de 106 millions un an plus tôt et 117,2 millions au 31 décembre 2025. Les capitaux propres avant affectation s’établissent à environ 19,9 millions de DT, en repli par rapport aux 22 millions du 30 juin 2025 mais en légère hausse par rapport aux 19,2 millions de fin d’exercice 2025. Le total des passifs atteint près de 100 millions de DT, dont environ 30,7 millions d’emprunts non courants et 45,8 millions d’autres passifs financiers courants.

La trésorerie de clôture demeure négative à environ 482 000 DT, une situation toutefois améliorée par rapport aux déficits de 1,4 million et 2 millions de DT constatés respectivement au 30 juin 2025 et au 31 décembre 2025. Les liquidités et équivalents de liquidités s’élèvent quant à eux à environ 605 000 DT, contre près de 135 000 DT un an plus tôt.

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Bourse de Tunis : Amen Bank et le Trésor renforcent le marché obligataire

31. August 2026 um 10:38

Le TUNINDEX a reculé de 0,16% vendredi 28 août 2026, s’établissant à 19 450,38 points, selon le bulletin officiel n°8910 de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis. L’indice affiche une progression de 44,61% depuis le début de l’année. Le TUNINDEX20 a suivi une tendance similaire, cédant 0,15% à 8 541,79 points, avec une hausse annuelle de 42,95%.

Parmi les indices sectoriels, l’indice des Assurances a enregistré le repli le plus marqué de la séance, en baisse de 0,83% à 29 644,78 points. L’indice des Banques a perdu 0,49% à 14 539,65 points et celui des Sociétés Financières 0,48% à 15 722,91 points. À l’inverse, l’indice Matériaux de Base a progressé de 1,22% à 9 188,56 points, et l’indice Agro-alimentaire et Boissons de 0,86% à 19 194,96 points.

Sur le marché des actions, plusieurs valeurs ont enregistré des mouvements notables. Attijari Bank a clôturé à 87,150 dinars. La BIAT a reculé à 158,000 dinars contre un cours de référence de 159,880 dinars. Delice Holding a progressé à 19,000 dinars. Attijari Leasing, sur le compartiment B, a terminé à 41,830 dinars, en zone de réservation à la baisse.

L’Offre Publique d’Achat obligatoire sur les actions de la Société Tunisienne de Verreries, Sotuver, ouverte du 5 au 26 août 2026, s’est clôturée sans dépôt de pli à la Bourse à la date limite du jeudi 27 août 2026 à 14h00. L’opération, initiée par la société B.A Glass B.V agissant de concert avec le Groupe Bayahi au prix unitaire de 13,390 dinars, visait l’acquisition de 6 843 844 actions représentant 17,43% du capital. À l’ouverture de l’OPA, l’initiatrice détenait directement 16 205 315 actions, soit 41,28% du capital, ainsi qu’une action indirecte détenue par le président du conseil d’administration. Au total, l’initiatrice et le Groupe Bayahi contrôlent de concert 32 410 631 actions, représentant 82,57% du capital de Sotuver.

Sur le marché obligataire, l’emprunt Amen Bank Subordonné 2026-1 est négociable en Bourse depuis le 21 août 2026 dans le groupe 21. Il porte un taux d’intérêt de TMM+1,5%, une durée de 5 ans, une valeur faciale de 100 dinars et un montant souscrit de 60 millions de dinars. Une ligne de Bons du Trésor Assimilables, la BTA 7,50% Août 2031, a également été admise à la cote et est négociable depuis le 19 août 2026, avec un nominal de 1 000 dinars et un amortissement in fine à l’échéance du 12 août 2031.

La Bourse de Tunis a par ailleurs rappelé la suspension de la cotation du titre Aetech depuis le jeudi 29 janvier 2026, à la demande du Conseil du Marché Financier. La cotation du titre UADH reste également suspendue depuis le mercredi 25 mars 2026, en application de la loi n°94-117 du 14 novembre 1994, en raison de manquements aux obligations de publication d’informations financières, d’absence d’interlocuteurs identifiables et d’absence d’éléments probants attestant d’une activité réelle de la société.

L’horaire d’hiver de cotation entrera en vigueur à partir du 1er septembre 2026 sur l’ensemble des marchés de la Bourse.

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Empfangen — 30. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Ben Guerdane pleure ses morts en mer : le portrait d’une Tunisie qui s’en va

30. August 2026 um 09:53

Douze (12) morts, un rescapé et deux disparus parmi les victimes, tous sont presque originaires de Ben Guerdane. Tous avaient embarqué dans l’espoir d’atteindre l’autre rive, avant que leur embarcation ne sombre au large des côtes tunisiennes.

Dans cette ville frontalière du sud-est du pays, la nouvelle n’a pas seulement endeuillé des foyers. Elle a mis à nu, une fois de plus, les ressorts d’un phénomène que la répétition des drames n’a jamais suffi à endiguer. Le renforcement des contrôles policiers le long du littoral et l’intensification de la coopération sécuritaire entre les autorités tunisiennes ont certes fait reculer les départs sans pour autant les endiguer. C’est le constat que dresse Ali Kemis, chercheur en sciences politiques et activiste au sein du mouvement citoyen « 18/18 » à Zarzis. Selon lui, cette approche purement sécuritaire produit un effet inverse de celui recherché. Elle ne décourage pas les candidats à l’exil, elle accroît la dangerosité de leur voyage. La raréfaction des embarcations disponibles et le verrouillage des accès maritimes obligent les migrants à prendre des risques toujours plus inconsidérés, avec pour conséquence directe un effondrement de leurs chances d’atteindre les côtes européennes en vie. Ce paradoxe sécuritaire s’inscrit dans un terreau que Kemis décrit comme celui d’une région à bout de souffle.

Ben Guerdane, une économie de frontière étranglée

Pour Ali Kemis, la décision de prendre la mer, qu’elle soit prise par des mineurs ou de jeunes adultes, est le produit d’une absence totale de perspectives d’avenir, nourrie par la dégradation continue des conditions de vie et l’effondrement des services publics de base. Il prend Ben Guerdane comme cas emblématique, une ville qui vivait traditionnellement du commerce transfrontalier avec la Libye voisine et qui subit de plein fouet, depuis cinq ans, des fermetures de frontières répétées.

Cette rupture des flux commerciaux a provoqué une double précarité économique et industrielle. Faute d’investissements publics dans l’éducation et la santé, et en l’absence de projets de développement locaux, la jeunesse de la région se retrouve économiquement exclue. Cette lecture locale rejoint un diagnostic plus large formulé par Cherif Khraifi, secrétaire général de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui parle d’une véritable « migration du désespoir » directement liée aux défaillances économiques du pays.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires. C’est cette impossibilité absolue d’obtenir un visa légal qui pousse les jeunes à miser leur propre vie dans des traversées clandestines. Les visages de cette migration irrégulière renvoient à des réalités familiales déchirantes. Parmi les naufragés et les disparus figurent souvent des jeunes qui constituaient l’unique soutien de leur famille, ou plusieurs membres d’une même fratrie embarqués sur le même bateau, comme à Ben Guerdane.

Un phénomène qui a changé de visage

C’est précisément cette évolution du profil des candidats au départ qu’insiste à souligner Cherif Khraifi. Pour lui, la société tunisienne est aujourd’hui confrontée à une situation aberrante. Des jeunesn qui devraient normalement se trouver sur les bancs de l’école ou de l’université, choisissent délibérément d’affronter la Méditerranée, alors même que le risque de naufrage est extrêmement élevé et qu’une arrivée sur l’autre rive rime souvent avec détention, clandestinité prolongée ou exploitation par des réseaux mafieux.

Cette dynamique a profondément évolué ces dernières années. Si l’émigration clandestine concernait historiquement les populations les plus marginalisées, elle touche aujourd’hui de larges franges de la société tunisienne, en raison de la paralysie économique générale. Des cadres, des professionnels qualifiés et des fonctionnaires de la classe moyenne n’hésitent plus à embarquer avec leurs familles entières, incapables de subvenir à leurs besoins face à la flambée des prix et à la détérioration générale des conditions de vie.

Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux.

Le chômage de longue durée, qui s’étend parfois sur deux décennies et frappe de manière disproportionnée les femmes, est devenu une véritable impasse psychologique et sociale. Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux. Cet échec de l’insertion économique par les voies institutionnelles trouve un écho dans les constats du sociologue Abdessatar Sahbani, qui documente à quel point l’entrepreneuriat local peut apparaître aux yeux des jeunes comme une option moins rationnelle que le départ.

La bureaucratie qui pousse vers la mer

Sahbani cite le cas d’un jeune a réuni la somme de 68 mille dinars pour financer une traversée clandestine. Un montant qui permettrait largement de créer une entreprise viable sur le sol tunisien. Mais les jeunes porteurs de projets se heurtent à un véritable mur avec des lenteurs bureaucratiques, des exigences de garanties bancaires inaccessibles et une corruption systémique où l’obtention du moindre droit exige le versement de pots-de-vin. Face à ce parcours décourageant, les jeunes finissent par percevoir la migration, pourtant extrêmement coûteuse et comparable à une roulette russe, comme une option plus rationnelle que l’entrepreneuriat national.

Cette défiance à l’égard de l’appareil d’État se retrouve dans le récit que fait Cherif Khraifi des relations entre les chômeurs diplômés et les pouvoirs publics. Il déplore l’inefficacité des nombreuses réunions tenues avec des responsables ministériels, des hauts fonctionnaires… qui n’ont débouché que sur des promesses non tenues, accentuant la frustration de ceux qui ne croient plus à la parole publique.

Cette désillusion est particulièrement vive face au « reniement » de la loi 38, qui prévoyait un recrutement exceptionnel pour les chômeurs de longue durée, et au sort similaire réservé à la loi 18. Pour les quelque trois cent mille diplômés chômeurs que compterait le pays, les concours publics, n’offrant que de rares dizaines de postes pour des milliers de candidats, ne représentent plus une option viable. Se sentant à moitié morts dans leur propre pays, beaucoup préfèrent risquer le tout pour le tout. Il alerte également sur une érosion plus profonde. L’idée que les études sont inutiles s’est propagée jusque chez les plus jeunes élèves, menaçant de détruire la valeur du travail et de la formation pour les générations futures. Face à ce constat, l’Union des diplômés chômeurs refuse d’encourager l’exode.

De la « Harqa » secrète au « projet de vie » collectif

C’est sur cette toile de fond que le sociologue Abdessatar Sahbani situe une rupture historique majeure survenue après la révolution de 2011. La migration a cessé d’être un acte strictement clandestin et individuel, mené dans le secret. Autrefois, le concept populaire de « Harqa » (brûler) désignait l’action de détruire ses papiers d’identité pour s’effacer volontairement dans l’anonymat absolu d’une terre étrangère. Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane. Ce projet s’appuie désormais sur des réseaux de passeurs organisés, opérant au vu et au su de tous, bénéficiant parfois de complicités ou d’une passivité des autorités locales.

Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane.

Sahbani distingue trois dynamiques migratoires distinctes dans la période postrévolutionnaire. La première est la migration irrégulière traditionnelle des classes populaires, composée de jeunes sans ressources ni visas, prêts à risquer leur vie en mer. La deuxième concerne la fuite des cerveaux qui touche les compétences nationales comme les médecins, ingénieurs et professeurs qui abandonnent des situations stables pour s’assurer un avenir meilleur à l’étranger. La troisième vague est idéologique, marquée par le départ de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit en Syrie ou en Irak sous la bannière de Daesh, un phénomène pour lequel la Tunisie a compté parmi les plus grands pays émetteurs proportionnellement à sa population. Au-delà des seuls facteurs économiques, Sahbani insiste sur le poids de moteurs psychologiques profonds, au premier rang desquels une injustice profonde et une humiliation intériorisée face à l’impossibilité de réussir et de s’épanouir dans son propre environnement d’origine.

Cette perte de confiance dans le présent et l’avenir engendre une véritable pathologie sociale qu’il désigne par le concept de « consommateur suicidaire ». N’ayant plus l’espoir d’investir à long terme pour acquérir un logement ou fonder une famille, de nombreux Tunisiens dilapident leurs ressources au jour le jour dans les cafés, sorties et loisirs, préférant tout dépenser dans l’instant plutôt que de planifier un avenir qu’ils jugent définitivement obstrué.

Une frontière pour l’Europe, un silence dans les médias

Sur le plan international, Sahbani critique la politique européenne d’externalisation des frontières, qui consiste à repousser les contrôles de l’Italie, par exemple, vers le territoire tunisien. Cette stratégie fait de la Tunisie une zone tampon pour les migrants subsahariens, générant des crises de gestion complexes à l’échelle locale.

Le sociologue adresse enfin une critique sévère aux médias tunisiens, dont la couverture de la migration reste purement événementielle. La presse ne s’empare du sujet qu’à l’occasion de drames spectaculaires comme le naufrage de Zarzis, au lieu de produire un véritable travail d’investigation de fond, de recherche scientifique, ou de s’appuyer sur des œuvres artistiques et théâtrales pour explorer les racines du phénomène. Pour Sahbani, seule une refonte profonde des politiques éducatives, culturelles et administratives permettrait de restaurer la confiance de la jeunesse.

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Empfangen — 28. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Chery se hisse au 4ᵉ rang du marché tunisien des véhicules particuliers

28. August 2026 um 11:23

Avec 7% de part de marché au premier semestre 2026, Chery occupe la 4ᵉ position sur le marché tunisien des véhicules particuliers. Cette performance accompagne l’élargissement de l’offre de STA, qui a lancé sa gamme « Chery Super Hybrid » ainsi que son premier modèle 100% électrique, dans un contexte marqué par un nouveau cadre réglementaire pour le financement des importations automobiles.  

Chery a terminé le premier semestre 2026 au 4ᵉ rang du marché tunisien des véhicules particuliers, avec une part de marché de 7%. La marque, distribuée en Tunisie par la Société Tunisienne d’Automobiles (STA), a élargi son catalogue au cours de la période avec plusieurs modèles hybrides et un premier véhicule entièrement électrique.

STA a ainsi lancé la gamme « Chery Super Hybrid » (CSH), qui comprend cinq modèles : Tiggo 4 HEV, Tiggo 7 PHEV, Tiggo 8 PHEV, Tiggo 9 PHEV et Arrizo 8 PHEV. À cette offre s’ajoute l’I03, premier véhicule 100% électrique de la société. Un nouveau showroom a également été ouvert à Aïn Zaghouan.

Cette évolution de l’offre intervient alors que STA a enregistré une progression de son activité au premier semestre. Le chiffre d’affaires s’est établi à 87 MDT, en hausse de 18% sur un an. Les ventes locales de véhicules neufs sont passées de 69 MDT à 82 MDT, tandis que les ventes de pièces de rechange ont progressé de 3,5 MDT à 4,1 MDT.

Le résultat net atteint 6,2 MDT, contre 4,6 MDT au premier semestre 2025, soit une augmentation de 36%. Le résultat d’exploitation s’élève à 8,5 MDT, contre 6,9 MDT un an auparavant, et l’excédent brut d’exploitation ressort à 9,4 MDT.

Les charges financières nettes ont, de leur côté, diminué à 0,3 MDT, contre 1,1 MDT au premier semestre 2025, grâce à la baisse des intérêts sur crédit à court terme et sur escompte d’effets.

L’impôt sur les sociétés s’établit à 2,3 MDT. Il comprend la contribution sociale de solidarité ainsi que la nouvelle contribution de diversification des sources de la sécurité sociale, fixée à 4% des bénéfices imposables depuis 2026. Le bénéfice par action atteint 3,1 DT, contre 2,3 DT un an plus tôt, sur la base de 2 millions d’actions.

Les états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, publiés le 21 août 2026, font également ressortir une hausse de 70% du total du bilan, à 170 MDT contre 100 MDT à fin décembre 2025. Cette progression provient principalement d’un nouveau poste d’actif de 52,5 MDT correspondant à un blocage de fonds en couverture de lettres de crédit (LC), conséquence du nouveau dispositif réglementaire.

STA est le concessionnaire officiel de Chery et des camions Daewoo en Tunisie. Son activité au premier semestre 2026 s’inscrit dans un environnement marqué par l’élargissement de l’offre vers l’hybride et l’électrique et par l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre réglementaire pour le financement des importations automobiles.

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Coopération sécuritaire : des policiers tunisiens en formation dans le Michigan

28. August 2026 um 09:44

Une délégation de la direction générale de la formation de la police tunisienne a passé plusieurs jours dans le Michigan pour observer les méthodes de formation des forces de l’ordre américaines, en visitant la police d’État locale et le collège de justice criminelle de l’université d’État.

L’échange, confirmé par l’ambassade américaine à Tunis, s’inscrit dans une logique de coopération sécuritaire. Il doit permettre à la Tunisie de mieux faire face à des menaces communes, comme le trafic de stupéfiants, la criminalité transfrontalière ou le terrorisme. Les officiers tunisiens ont ainsi pu observer la gestion des académies de police et les mécanismes de contrôle de la qualité des formations.

Ces enseignements devraient profiter directement à l’Académie de police des sciences sécuritaires, construite avec le soutien des États-Unis. L’objectif est de former des spécialistes opérationnels capables de répondre aux priorités partagées par les deux pays.

L’ambassadeur américain, originaire du Michigan et très attaché à ses racines, a qualifié ce partenariat d’« étape importante » dans une relation bilatérale qui dure depuis près de 230 ans. Selon lui, ce rapprochement entre la police de son État d’origine et la police nationale tunisienne illustre la profondeur de l’amitié entre les deux nations.

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État de santé d’Abir Moussi jugé « critique » par son avocat

28. August 2026 um 09:03

L’avocat Hatem Chelly affirme avoir constaté une dégradation « critique » de l’état de santé de la présidente du PDL, qui souffrirait notamment de difficultés respiratoires et d’un épuisement physique important.

L’état de santé d’Abir Moussi suscite des inquiétudes après son transfert en urgence vers un hôpital, jeudi 27 août 2026, à la suite d’une visite de son avocat à la prison de Bulla Regia. Dans une publication diffusée sur Facebook, Hatem Chelly rapporte avoir constaté chez la présidente du Parti destourien libre (PDL) des douleurs généralisées, des difficultés à respirer ainsi qu’un important état d’épuisement physique. Il qualifie sa situation de « critique ». Selon l’avocat, Abir Moussi se trouve par ailleurs dans des conditions de détention particulièrement difficiles. M. Chelly cite notamment les températures élevées régnant dans l’établissement, ainsi que l’absence de ventilation et de climatisation.

L’avocat tunisien affirme également que sa consœur demandait depuis plusieurs jours à pouvoir consulter un médecin, sans que cette requête n’ait, selon lui, été prise en compte. D’après son témoignage, les agents de l’établissement pénitentiaire n’ont décidé de son transfert à l’hôpital que jeudi, après avoir constaté que son état était particulièrement préoccupant.

L’avocat précise qu’Abir Moussi a été conduite en urgence vers l’hôpital après leur rencontre. Il convient de rappeler que la présidente du PDL avait été interpellée le 3 octobre 2023 alors qu’elle se trouvait au bureau d’ordre de la présidence de la République afin d’y déposer des recours contre des décrets présidentiels.

En mars 2026, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis l’avait condamnée, dans cette affaire, à dix ans de réclusion. La peine comprend neuf ans pour « tentative de porter atteinte à la forme de l’État, d’inciter les habitants à s’attaquer les uns aux autres avec des armes et de semer le trouble sur le territoire tunisien », six mois pour « traitement de données personnelles sans l’autorisation de leur titulaire », ainsi que six mois pour « entrave à la liberté du travail ». Aucun détail officiel n’a, à ce stade, été communiqué concernant l’état de santé d’Abir Moussi ou les examens médicaux auxquels elle aurait été soumise.

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Empfangen — 27. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Dialogue social en panne : l’UGTT Sfax accuse !

27. August 2026 um 15:01

L’Union régionale du travail de Sfax, structure affiliée à l’Union générale tunisienne du travail, a publié, mercredi 26 août 2026, un communiqué sévère à l’égard du gouvernement, qu’elle qualifie de « système du 25 juillet » et dont elle critique la gestion socio-économique. Signé par le secrétaire général régional, Mohamed Abbas, le texte appelle au rétablissement du dialogue social.

Une telle déclaration, en raison de sa portée nationale, relève en principe du bureau exécutif de la centrale syndicale plutôt que d’une structure régionale.

Le communiqué détaille plusieurs difficultés concrètes : coupures répétées d’eau et d’électricité, inflation, pénuries de produits de première nécessité, et absence de régulation face à la spéculation et aux monopoles. Il alerte également sur le désespoir croissant de la jeunesse, que le blocage des perspectives pousse, selon lui, vers l’émigration irrégulière, citant à cet égard les drames survenus à Ben Guerdane et à Zarzis.

Sur le plan politique, l’organisation dénonce une gestion unilatérale et l’absence de concertation avec l’UGTT. Elle reproche aussi au gouvernement de recourir régulièrement à la rhétorique du complot et aux accusations de trahison pour justifier les problèmes économiques du pays, une approche qu’elle juge populiste, qui cache mal la réalité des crises…

Le bureau régional de Sfax réaffirme sa détermination à assumer ses responsabilités syndicales dans le contexte actuel, prévenant qu’il refusera que la population supporte seule les conséquences de la crise économique et de l’impasse politique.

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Varun Beverages, franchisé de PepsiCo, prépare son arrivée sur le marché tunisien

27. August 2026 um 09:27

Le groupe indien Varun Beverages, l’un des principaux franchisés de PepsiCo dans le monde hors États-Unis, a annoncé, le 25 août 2026, un projet de société commune en Tunisie avec le partenaire local Bevanda. Cette annonce marque une étape importante dans l’expansion de Varun Beverages sur le marché tunisien des boissons.  

La future entité, provisoirement nommée Varun Beverages Tunisia SA, disposera d’un capital social de 9 millions de dinars, selon un communiqué de la nouvelle entité. La répartition du capital prévoit 75 % pour Varun Beverages, soit 6,75 millions de dinars, et 25 % pour Bevanda, soit 2,25 millions de dinars. Les actions seront émises à une valeur nominale de 10 dinars, avec des apports réalisés en numéraire. A noter cependant que le projet de société commune reste soumis à l’autorisation du Registre national des entreprises (RNE) et n’a pas encore d’existence juridique en Tunisie.

Sur le plan pratique, la future société tunisienne doit fabriquer et distribuer des boissons gazeuses, des jus, de l’eau et des produits laitiers. Plusieurs éléments restent toutefois indéterminés à ce stade : le lieu d’implantation, les capacités de production, la date de démarrage et les marques qui seront commercialisées en Tunisie n’ont pas été précisés par Varun Beverages.

Par ailleurs, le groupe indien collabore avec PepsiCo depuis les années 1990. En Inde, Varun Beverages est présent dans 27 États et sept territoires de l’Union, où il représente environ 90 % des volumes de boissons distribués par PepsiCo. À l’international, le groupe est déjà implanté au Maroc, en Zambie, au Zimbabwe, en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo, ainsi qu’au Népal et au Sri Lanka. La Tunisie s’inscrirait ainsi dans la continuité de cette stratégie d’expansion en Afrique.

Un contexte marqué par les tensions sur l’eau embouteillée en Tunisie

L’annonce du projet Varun Beverages Tunisie intervient alors que le marché tunisien de l’eau embouteillée connaît des tensions persistantes depuis début juillet, avec des rayons vides constatés dans plusieurs commerces du pays. Face à cette situation, le ministère du Commerce et du Développement des exportations a plafonné, le 19 août, à 15% les marges bénéficiaires applicables aux eaux minérales conditionnées, tout en fixant des prix maximums de vente au public.

Lire aussi: Le ministère du Commerce fixe les marges bénéficiaires des bouteilles d’eau minérale

Les autorités ont également renforcé leurs contrôles sur la filière : plus de 147 000 litres d’eau conditionnée ont ainsi été saisis entre la mi-juillet et le début du mois d’août pour diverses infractions liées aux prix et à la distribution. Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est par ailleurs rendu le 22 août dans un complexe industriel de production d’eau minérale à Oueslatia, dans le gouvernorat de Kairouan.

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Psychodrame à la pompe : l’étincelle médiatique qui a mis le feu aux poudres

27. August 2026 um 09:12

Hier soir, le 26 août 2026, une radio de la place a annoncé l’imminence d’une grève des transporteurs de carburant. Cette information a semé la panique parmi les consommateurs, qui se sont immédiatement rués vers les stations-service.

Cet afflux massif a provoqué des embouteillages, du désordre et des tensions, submergeant totalement les employés des stations, qui se sont retrouvés dans l’incapacité de gérer une telle situation.

Des vidéos relayant ce chaos ont montré des scènes désolantes, illustrant l’ampleur de cette situation épineuse. Les conducteurs ont agi dans la précipitation, persuadés par cette annonce que la grève était pour le 27 aout. Cependant, l’information exacte était tout autre. En réalité, le département du secteur privé relevant de l’UGTT s’apprête simplement à déposer un préavis de grève. Celle-ci est prévue pour la fin du mois prochain, les 23 et 24 septembre 2026, afin de laisser un laps de temps suffisant aux négociations. Ces pourparlers portent sur les revendications du secteur, notamment le droit à la sécurité sociale et l’application d’un procès-verbal datant du 2 mai 2019.

La  grève n’est pas pour tout de suite, et c’est une simple imprécision médiatique qui a provoqué ce vent de panique injustifié.

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Empfangen — 26. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Khouloud Toumi : « l’investissement sacrifié sur l’autel du financement de l’État »

26. August 2026 um 14:14

La circulation fiduciaire en Tunisie a dépassé 30 milliards de dinars, au 26 août 2026. Pour l’analyste économique Khouloud Toumi, cette progression traduit un basculement structurel de la liquidité hors du système bancaire, avec des répercussions directes sur l’investissement.

Selon les chiffres cités par Khouloud Toumi dans une publication sur Facebook, la monnaie fiduciaire en circulation s’élevait à 25,9 milliards de dinars un an plus tôt, le niveau étant déjà passé de 22,59 milliards de dinars fin 2024 à 26,88 milliards de dinars fin 2025. L’analyste insiste sur le fait que le rythme de cette hausse importe davantage que son niveau : la croissance annuelle de la circulation fiduciaire est passée de 8,4 % à 19 % entre 2024 et 2025.

Khouloud Toumi précise que cette dynamique ne résulte pas d’un facteur unique. L’expansion de l’économie parallèle, la hausse des prix et la faiblesse de la confiance envers le système bancaire jouent un rôle depuis plusieurs années. Le net changement de rythme observé récemment est en revanche attribué par l’analyste à la réforme de la loi sur les chèques, décrite comme un facteur ayant amplifié une tendance préexistante plutôt que créé.

Lire aussi: « La loi sur les chèques critiquée : vers un retour en force de l’argent liquide ?

Le chèque, rappelle l’universitaire, servait en Tunisie d’instrument de crédit commercial et de paiement différé pour les entreprises et les commerçants. Ce mécanisme a rapidement reculé avec le durcissement de son usage, sans que le besoin économique qu’il couvrait ne disparaisse pour autant. Une partie des transactions s’est reportée vers les paiements électroniques, une autre vers le cash.

Pour Khouloud Toumi, cette évolution s’accompagne d’un recul de l’intermédiation bancaire. Une part plus importante de la liquidité échappe désormais au circuit qui transforme l’épargne en dépôts, les dépôts en crédit, et le crédit en investissement et en production.

Le recours accru de l’État aux ressources internes vient s’ajouter à ce constat, souligne l’analyste. Les placements des banques en bons du Trésor sont passés de 19,3 milliards de dinars en 2023 à 33,2 milliards de dinars en 2025, soit une hausse de 72 % en deux ans, et la part du secteur public dans les actifs bancaires a atteint 27,6 %. Ce mouvement traduit, selon l’économiste, un effet d’éviction : les banques disposent de moins de marge pour financer les entreprises au moment même où l’État sollicite davantage leurs ressources.

Les données qu’elle cite montrent que les crédits à moyen et long terme, liés au financement de l’investissement, n’ont progressé que de 0,19 % en 2025, contre 5,83 % pour les crédits à court terme destinés à la gestion courante des entreprises.

Lire également : Tunisie – Les paiements mobiles ont bondi de 67%

Khouloud Toumi observe par ailleurs que les transactions par chèques ont reculé de 24,9 % en nombre et de 28 % en valeur au premier trimestre 2026, tandis que le paiement mobile, lui, a bondi de 81 % en 2025. Ce dernier chiffre est toutefois relativisé par l’analyste, la base de départ du paiement numérique restant limitée face à une masse monétaire fiduciaire dépassant 30 milliards de dinars.

Elle avance trois pistes pour atténuer l’envolée de la monnaie fiduciaire. La première consiste à développer des alternatives au crédit commercial, tels que la lettre de change, l’affacturage et le financement de la chaîne d’approvisionnement, assorties de mécanismes de garantie pour les petites et moyennes entreprises. La deuxième vise à fixer un horizon progressif et annoncé pour le recours de l’État aux ressources internes, afin de préserver une marge bancaire dédiée à l’investissement. La troisième porte sur le paiement numérique, que l’analyste souhaite voir rendu moins coûteux et plus accessible que le cash dans le commerce quotidien, notamment par l’élargissement du réseau de terminaux de paiement et la baisse des commissions pour les petits commerçants.

À l’approche de la loi de finances 2027, Khouloud Toumi estime que la monnaie fiduciaire, la liquidité bancaire, les ressources de l’État, l’investissement et le système de paiement ne peuvent plus être traités séparément. Elle avertit que la poursuite de cette trajectoire sans correction accentuerait la fuite de liquidité hors intermédiation, la pression sur les ressources bancaires et l’éviction du financement privé, tout en creusant l’écart entre l’économie monétaire et l’économie réelle.

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Marques fantômes, rayons vides : anatomie d’une pénurie d’eau minérale

26. August 2026 um 13:18

Pénurie, marques inconnues et silence des autorités : plongée dans la crise de l’eau minérale qui assoiffe les Tunisiens.

Depuis la fin du mois de juin, il n’y a plus que l’inquiétude qui règne en maître chez le consommateur tunisien. Une inquiétude qui se manifeste à travers la triste bousculade des consommateurs, allant de magasin en magasin, d’une épicerie à une autre, d’une supérette à une autre, à la recherche désespérée d’une bouteille d’eau minérale. Et l’on ne parle plus de six bouteilles d’eau potable, ni même de la possibilité de choisir parmi les marques préférées des Tunisiens. De nouvelles marques, jusque-là totalement inconnues sur le marché de l’eau potable, ont récemment émergé comme par enchantement. Drôle de coïncidence : l’apparition de nouvelles marques au beau milieu d’une période de pénurie sévère !

« J’en ai marre de dire à mes clients que je n’ai plus de bouteilles d’eau. J’en ai marre de jurer que je ne cache pas d’eau », me confie le propriétaire d’une supérette de mon quartier.

Un autre me raconte que ses trois fournisseurs ne veulent plus recevoir d’appels pour s’enquérir de la possibilité d’obtenir de nouvelles quantités d’eau minérale. Plusieurs dépôts d’eau minérale, auparavant archicombles de marchandises, ont mis, on l’espère provisoirement, la clé sous la porte, faute de stock. Et lorsque, par chance, ils reçoivent des quantités limitées, ils ouvrent leur dépôt pour voir leur marchandise s’évaporer en un temps record, emportée par des clients assoiffés et désespérés. Ils sont ensuite contraints de fermer à nouveau leurs portes, jusqu’à la réception d’un nouvel arrivage, dont la date demeure incertaine. Dans une grande surface, une employée me confie que ce n’est pas facile du tout, que c’est presque ingérable de gérer les consommateurs lors de l’arrivage des bouteilles d’eau minérale, et ce pour deux raisons : la bousculade devant la marchandise et les mains qui s’arrachent violemment les bouteilles.

En vain, l’équipe de la grande surface tente de convaincre les clients que chaque personne n’a droit qu’à douze bouteilles d’eau. Cette grande surface garde jalousement, y compris auprès de la majorité de ses propres employés, la date et l’heure de l’arrivée de la marchandise. Notre interlocutrice affirme en ignorer les raisons, mais nous pensons qu’il s’agit d’éviter que les employés ne communiquent cette information à leurs parents et amis pour leur faciliter les choses. Ce n’est pas une ruée vers l’or, c’est une ruée vers l’eau minérale (il faut dire que la Constitution garantit de toute façon l’accès à l’eau potable).

Un autre fait qui attise la curiosité et l’inquiétude des consommateurs livrés à eux-mêmes, c’est l’absence de toute communication institutionnelle sur le sujet de la pénurie. Où sont les points de presse ? Où est le porte-parole du gouvernement ? La presse et les consommateurs voudraient recevoir des réponses claires. En attendant ces réponses, la ruée vers l’eau minérale ne cessera pas ; le triste paysage des dépôts fermés et les réponses négatives des commerçants continueront de ponctuer le quotidien des Tunisiens.

Où va la Tunisie ?

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Crise hydrique : Aram Belhadj fixe un nouveau cap pour la LF 2027

26. August 2026 um 13:06

Dans un post Facebook publié le 26 août 2026, l’économiste Aram Belhadj dénonce une pénurie d’eau qui n’a rien d’accidentel et exige que la loi de finances 2027 rompe enfin avec des décennies de sous-investissement dans les infrastructures vitales.

Pour Aram Belhadj, la crise de cet été met en lumière un schéma récurrent de l’économie tunisienne : une stabilité apparente des indicateurs macroéconomiques qui masque en réalité une érosion structurelle et cumulative. L’économiste réfute l’idée d’une crise conjoncturelle et l’attribue directement à un défaut de planification, d’anticipation et de suivi de la part des décideurs publics.

Il cite en exemple le déficit d’investissement chronique au sein de la STEG et de la SONEDE, où le choc énergétique s’est propagé le long de la chaîne de production pour se transformer en choc hydrique, puis en choc d’embouteillage. Selon lui, la plupart des explications avancées jusqu’ici passent à côté de la réalité, et même les mesures prises se sont concentrées sur l’offre tarifaire plutôt que sur la capacité de production, une approche qui traite les symptômes sans s’attaquer aux racines du déséquilibre, un phénomène qu’il observe également dans d’autres secteurs de l’économie.

L’économiste voit dans la loi de finances 2027 une occasion de corriger une partie de cette situation qu’il qualifie de catastrophique. Il écarte toutefois l’hypothèse d’un élargissement de la dépense publique comme solution, rappelant que le déficit budgétaire atteint 5,2 % du PIB et que la dette publique s’élève à 83 %, deux contraintes qui ne laissent guère de marge de manœuvre.

Aram Belhadj détaille plusieurs pistes qu’il juge prioritaires. Il propose d’abord l’apurement des dettes croisées entre l’État et les deux entreprises publiques afin de libérer immédiatement leur trésorerie, puis la réorientation d’une partie de la masse des subventions énergétiques vers l’investissement dans les réseaux. Il plaide également pour un soutien accru au partenariat public-privé dans le solaire décentralisé, ce qui suppose selon lui un changement de mentalité à l’égard du secteur privé. L’économiste recommande par ailleurs de traiter les pertes d’eau, qui dépassent 30 %, à moindre coût, grâce à des programmes de maintenance ciblés géographiquement vers les régions les plus touchées comme Le Kef ou Jendouba. Il suggère enfin de recourir à un financement extérieur dédié, sous forme de prêts concessionnels accordés par les institutions régionales, afin de ne pas alourdir davantage le budget de l’État.

Le chercheur tunisien estime que la loi de finances de l’an prochain devra répondre à une nouvelle exigence si l’exécutif entend éviter de nouvelles crises : garantir un investissement suffisant dans les infrastructures vitales, et non plus seulement viser un équilibre des grands agrégats macroéconomiques.

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La CTAF se prépare à une refonte de son infrastructure informatique

26. August 2026 um 10:03

La Banque centrale de Tunisie (BCT) annonce le lancement d’un appel d’offres national portant sur la mise à niveau de l’infrastructure informatique de la Commission tunisienne des analyses financières (Ctaf)…

Un appel d’offres national a été lancé par la Banque centrale de Tunisie (BCT) en vue de la mise à niveau de l’infrastructure informatique de la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF). Selon les précisions apportées par la BCT, cet appel d’offres couvre plusieurs volets : la fourniture, la livraison, l’installation, la configuration, l’intégration et la mise en service des équipements matériels et des solutions logicielles concernées. Il inclut également le transfert de compétences ainsi que la formation associée à l’ensemble de ces éléments.

La mise à disposition des licences et produits est prévue pour une durée de cinq années. Sachant que l’appel d’offres englobe l’entretien, le dépannage et le maintien en bon état de fonctionnement de l’ensemble de la solution.

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Aetech et Uadh toujours suspendues : la BVMT maintient la pression

26. August 2026 um 09:27

La Bourse de Tunis a clôturé en baisse lundi 24 août 2026, tandis qu’une offre publique d’achat obligatoire visant la Société Tunisienne de Verreries (Sotuver) a été confirmée dans le cadre de sa publication quotidienne.

L’indice de référence TUNINDEX a reculé de 0,83% pour s’établir à 19 515,16 points, portant sa performance depuis le début de l’année à 45,09%. Le TUNINDEX20, qui regroupe les vingt principales valeurs du marché, a perdu 0,86% à 8 580,55 points. La quasi-totalité des indices sectoriels a évolué en territoire négatif, à l’exception de l’indice des produits ménagers et de soin personnel et de celui des matériaux de base.

La société néerlandaise B.A Glass B.V, qui détient 41,28% du capital de Sotuver, est soumise à une offre publique d’achat obligatoire portant sur les 6 843 844 actions restantes de la société, représentant 17,43% du capital. Le prix de l’offre est fixé à 13,390 dinars par action. L’opération fait suite à une décision du Conseil du Marché Financier du 2 avril 2026 autorisant B.A Glass B.V à franchir le seuil de 40% du capital de Sotuver, opération réalisée le 16 avril 2026. La société a précisé n’avoir pas l’intention de procéder à une offre publique de retrait ni de modifier significativement les politiques industrielle, financière et sociale de Sotuver. L’offre est ouverte du 5 au 26 août 2026, la date limite de dépôt des ordres de vente auprès de la Bourse étant fixée au 27 août 2026 à 14h00.

Par ailleurs, la Bourse de Tunis a annoncé l’introduction d’un nouvel emprunt obligataire, « Amen Bank Subordonné 2026-1 », négociable depuis le 21 août 2026, ainsi que l’admission d’une ligne de Bons du Trésor Assimilables portant intérêt au taux de 7,50%, négociable depuis le 19 août 2026.

Le bulletin rappelle également la suspension de la cotation du titre Aetech depuis le 29 janvier 2026, ainsi que celle du titre Uadh depuis le 25 mars 2026. Cette dernière mesure a été prise en application de la loi n°94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier, à la suite du non-respect des obligations de publication d’informations financières, de l’absence d’interlocuteurs identifiables au sein de la société et de l’absence d’éléments attestant d’une activité réelle.

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Empfangen — 25. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Zahra El Khadi, ou l’art d’exposer la blessure sans jamais la refermer

25. August 2026 um 09:00

Dans Zahratun lam yushriq jasaduhā ba’d (« Une fleur dont le corps n’a pas encore lui »), premier recueil de poésie de la poétesse et chercheuse en langue et littérature arabes Zahra El Khadi, publié en avril 2026 par Hkeyet Édition, la poésie expose la douleur à nu, avec une écriture d’une froideur presque clinique, sans jamais céder au pathos. À travers une parole qui refuse l’allégorie, le recueil transforme la blessure en matière poétique et interroge, avec une rare intensité, ce que le corps et la mémoire gardent des traumatismes.

Le titre constitue déjà tout une vision. Zahra, la fleur, est aussi le prénom de l’autrice. S’appeler Zahra, c’est hériter d’une promesse de beauté et d’épanouissement, mais d’un épanouissement constamment différé. Un texte raconte que le père avait imposé ce prénom contre l’avis de la mère. Il avait pourtant vu juste : seul un prénom comme Zahra permet le tarkhīm, un procédé de la grammaire arabe qui consiste à tronquer la fin d’un nom dans l’adresse vocative. Le prénom devient ainsi le premier poème écrit sur elle, avant même qu’elle ne devienne poète.

L’image florale traverse le recueil. Dans un poème consacré à l’enfance, le cœur de la narratrice devient un jardin que personne ne soupçonne, alors que sa fragilité pourrait faire vaciller le monde. Chez Zahra El Khadi, cette fragilité n’est donc pas un abandon, mais une force que le monde refuse de voir.

Le corps comme champ de bataille

Le corps féminin est au centre du livre, non comme objet du regard, mais comme territoire d’une expérience intérieure contradictoire. Dans un long poème adressé au père, l’autrice évoque les hormones masculines qui auraient afflué sous sa peau durant l’enfance. Elle jouait au ballon avec les garçons du quartier, qui l’avaient surnommée la « gardienne-fusée ». Puis vient l’adolescence et, avec elle, les hormones féminines, vécues non comme un retour à soi mais comme un étranglement.

Cette tension ne se résout jamais complètement. Un autre texte remonte jusqu’à la naissance et joue sur le double sens du mot arabe désignant à la fois les cheveux et la poésie. La langue refoulée de la mère semble ainsi s’être incarnée dans le corps de la fille.

La blessure apparaît ensuite comme une forme de transmission. Dans un souvenir d’enfance, la narratrice imite son père en train de se raser et se coupe. Elle apprend alors à supporter la douleur sans émettre un son. Ce silence fait écho à la cicatrice que la mère dissimule sous des manches longues, même en pleine chaleur, trace d’une ancienne tentative de suicide. La souffrance passe ainsi de la mère à la fille, inscrite dans la peau avant même de devenir un héritage de mots.

Le père apparaît comme un chasseur qui n’a pourtant jamais véritablement subvenu aux besoins des siens : la famille vivait du bois porté sur les épaules de la mère, non du gibier rapporté par lui. Il conserve néanmoins une place symbolique essentielle, notamment dans les images du jardin et du langage.

Son vieillissement est décrit comme un retour au silence, vers une enfance où les mots se dérobent. Sa mémoire finit par se fissurer : il ne se souvient plus d’avoir une femme, mais se rappelle qu’une main vient déposer, dans un rêve, une blessure entre ses yeux. La mémoire affective survit alors à la mémoire factuelle. Plus loin, le recueil révèle qu’il écrivait avec le sang de la blessure de son épouse : la souffrance devient une forme d’encre.

La mère est, quant à elle, à la fois victime, enseignante de grammaire arabe et poète empêchée. Les voyelles deviennent un enjeu intime. Le père voulait une voyelle haute, forte, en hommage à sa propre mère ; la mère impose au contraire la voyelle ouverte, considérée comme plus faible dans la grammaire traditionnelle. Ce choix devient une manière de refuser que le monde enferme sa fille dans une norme.

La maladie, matière du poème

Le cancer de la mère occupe un cycle entier de textes. La tumeur est décrite comme une solitaire qui finit par se faire des amies, tandis que la mère devient une plante sans racines. Dans un geste d’amour désespéré, la narratrice imagine tenir les racines de la tumeur dans sa bouche et lui insuffler la vie pour retarder l’issue. Mais la maladie finit par absorber tout le reste, jusqu’au regret de ne pas avoir dit adieu à temps.

Un texte construit autour d’une consultation médicale atteint une densité remarquable. La mère explique que la tumeur n’est pas comme la chaussette perdue d’un enfant, que l’on peut chercher et retrouver. La chute renverse l’image : la chaussette a été retrouvée, la tumeur aussi, mais pas la mère.

Le recueil inscrit ensuite cette expérience dans une histoire plus vaste de la violence, notamment à travers A.R. Ammons. L’autrice oppose sa propre genèse poétique à celle d’un homme qui écrit après avoir tué, alors qu’elle écrit après avoir vu une tumeur arrachée au corps de sa mère. La tumeur devient ainsi la trace d’une violence plus vaste, qui semble prolonger l’histoire coloniale et impériale jusque dans le corps d’une femme arabe.

Le droit d’être poète

Qui peut se dire poète ? Cette interrogation traverse le rapport de la narratrice au monde universitaire comme au milieu littéraire. Elle constate que celui-ci manque parfois de la fragilité nécessaire à l’émergence du poème.

Lorsqu’une consœur lui demande si elle est réellement poète, aucune justification ne vient. Elle préfère laisser la fleur pousser sans couper sa tige, ouvrir les jardins plutôt que de les enfermer. À ceux qui doutent encore, une image suffit : le parfum des roses sur ses épaules.

Cette réflexion s’accompagne d’une véritable poétique de la langue. Voyelles brèves, troncation des noms, hiérarchie des sons et polysémie deviennent des outils pour penser l’identité et la résistance. La grammaire arabe n’est plus seulement un système de règles : elle devient une matière littéraire.

La forme elle-même est éclatée : vers libres amples, fragments de prose, ellipses, chutes et répétitions. Les longs poèmes adressés au père accumulent les images et les retours de mémoire, tandis que les textes courts privilégient la densité. Un poème particulièrement libre passe d’un rêve pastoral à une scène en voiture, puis à l’image du lait mêlé au miel, avant de revenir à la maternité et à la solitude.

Les amours ratées apparaissent également, parfois avec autodérision. Une rencontre manquée, d’abord attribuée à une couleur de vêtement, débouche sur une réflexion plus grave : certaines femmes ont connu la poésie avant les hommes, mais leur cœur aurait été « pressé » avant même d’avoir pu battre.

L’enfance, enfin, n’est pas une simple nostalgie. Se dire enfant à vingt-cinq ans devient une forme de résistance. Une greffe de cœur imaginaire pousse même cette idée jusqu’à son extrême : retrouver son enfance signifierait mourir à l’adulte que l’on est devenu.

Le recueil réussit ainsi à faire dialoguer l’intime et le collectif : l’enfance, le corps et la famille y rencontrent le genre, l’institution littéraire et la violence historique. La langue arabe constitue elle-même un espace de résistance, tandis que la poésie apparaît moins comme une performance que comme une manière de vivre et de témoigner.

Le titre promettait une fleur dont le corps n’avait pas encore lui. À la fin du recueil, cette promesse ressemble à un avertissement : le corps finira par luire. Et lorsqu’il luira, il brûlera.

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Empfangen — 24. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Textile tunisien : la FTTH dément un retard de production lié aux coupures d’électricité

24. August 2026 um 13:08

La Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH) conteste les informations faisant état d’un retard de production de quatre mois dans le secteur textile tunisien en raison des coupures d’électricité. Selon les éléments recueillis auprès des industriels concernés, le retard serait lié à l’approvisionnement en tissus, livré avec plus de trois mois de décalage.

La Tunisie a connu un délestage électrique partiel d’une durée limitée à dix jours, indique la FTTH dans un communiqué. La fédération affirme que les vérifications effectuées auprès des industriels concernés ne permettent pas d’établir un lien entre ces coupures et le retard constaté dans la chaîne de production.

Selon la FTTH, la livraison des tissus par le donneur d’ordre a accusé un retard de plus de trois mois par rapport au calendrier contractuel. Le décalage dans la production trouverait ainsi son origine en amont, au niveau de l’approvisionnement, et non dans la capacité de production ou la fiabilité énergétique des usines tunisiennes.

La fédération rappelle par ailleurs que l’industrie tunisienne du textile et de l’habillement s’appuie depuis plus de trois décennies sur le respect des délais, la qualité d’exécution et la conformité aux normes internationales. Elle souligne également ses relations de long terme avec plusieurs maisons européennes. La FTTH appelle enfin à examiner les faits sur la base d’éléments vérifiables et indique rester disponible pour échanger avec ses partenaires, ses clients et les différents observateurs du secteur.

Pour rappel, dans un communiqué rendu public récemment, le ministère de la Défense néerlandais a déclaré que la distribution des nouveaux uniformes militaires néerlandais, initialement programmée pour septembre 2026, n’interviendra finalement qu’au premier trimestre 2027. En cause : des coupures d’électricité chez un sous-traitant tunisien, provoquées par les fortes chaleurs de cet été.

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Départ massif des avocats tunisiens vers la France : voici les vrais chiffres

24. August 2026 um 12:31

L’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT) dément catégoriquement la rumeur selon laquelle que 250 avocats tunisiens auraient déjà émigré vers la France. Dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin, son secrétaire général, Me Laroussi Zguir, qualifie ce chiffre de totalement impossible et de pure fiction. Selon lui, un tel effectif annuel de départs n’a probablement jamais été atteint dans toute l’histoire du barreau tunisien.

Les chiffres réels, précise-t-il, sont bien en deçà des rumeurs. D’après les statistiques de l’ONAT, le nombre d’avocats qui sollicitent l’institution chaque année pour entamer les démarches d’expatriation ne dépasse pas vingt voire vingt-cinq confrères, et se situe parfois en deçà. Me Zguir met cette proportion en perspective avec la démographie professionnelle du pays, la Tunisie comptant plusieurs milliers d’avocats inscrits au barreau, et déplore que certains médias publient des chiffres sensationnalistes sans remonter à la source officielle qu’est l’Ordre national des avocats de Tunisie, seul détenteur des statistiques réelles.

Il rappelle par ailleurs que ce désir de réorientation de carrière vers l’étranger est un phénomène classique, observé chaque année depuis plusieurs décennies.

Un protocole légal strict, encadré par l’article 100…

Me Zguir insiste sur un point fondamental : aucun avocat tunisien ne peut s’installer et exercer en France de manière improvisée. Ce parcours n’est pas régi par le CAPA (pour Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat), mais par un cadre réglementaire français extrêmement strict — l’examen prévu par l’article 100 de la loi française relative à l’accès des étrangers à la profession d’avocat.

Pour postuler à cet examen, le candidat doit présenter un dossier rigoureux comprenant plusieurs documents officiels délivrés par l’ONAT. Pièce maîtresse de ce dossier, une lettre du Bâtonnier de Tunisie détaille le parcours professionnel complet de l’avocat et précise, de manière transparente, ses antécédents, notamment s’il a fait l’objet d’un conseil de discipline ou de sanctions. Loin d’être une simple formalité administrative, cette correspondance est adressée directement par le Bâtonnier tunisien à son homologue du barreau d’accueil en France.

Une fois le dossier validé, les candidats passent des épreuves sélectives portant notamment sur la déontologie et l’éthique professionnelle, la procédure civile, la procédure pénale, ainsi que d’autres matières connexes, évaluées par une commission d’examen dédiée. Ce n’est qu’après leur réussite que les lauréats récupèrent leurs documents définitifs auprès de l’ONAT pour s’expatrier de manière régulière et légale.

Tout ceci pour dire que le nombre de 250 avocats tunisiens quittent chaque année la Tunisie pour aller exercer en France est loin de correspondre à la réalité.

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