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Dette publique : la Tunisie face à 21,3 milliards de dinars à payer en 2027

28. Oktober 2026 um 11:42

La Tunisie devra consacrer 21,275 milliards de dinars au service de sa dette en 2027, soit le remboursement du principal et le paiement des intérêts, selon les données du projet de budget de l’État pour 2027. Ce montant devrait toutefois enregistrer une baisse de 7,4 % par rapport aux 22,982 milliards de dinars attendus pour l’ensemble de 2026.

Le principal de la dette à rembourser s’élèvera à 13,307 milliards de dinars, répartis entre 6,823 milliards de dinars au titre de la dette intérieure et 6,484 milliards pour la dette extérieure. Les intérêts représenteront, pour leur part, 7,968 milliards de dinars, dont 6,535 milliards liés à la dette intérieure et 1,433 milliard à la dette extérieure.

Des échéances extérieures en devises

Le calendrier de remboursement de la dette extérieure prévoit notamment le paiement de 30 milliards de yens japonais en août 2027 et de 150 millions de dollars en septembre, au titre des emprunts contractés sur les marchés financiers internationaux.

La Tunisie devra également honorer huit échéances mensuelles auprès du Fonds monétaire international (FMI), pour un montant total d’environ 186 millions de dollars. Le calendrier prévoit par ailleurs le remboursement de 423 millions de dollars à la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), répartis entre mars, juin, septembre et décembre 2027.

À ces engagements s’ajoutent le remboursement de 100 millions d’euros au titre d’un prêt de l’Union européenne en mai 2027, ainsi que de 80 millions de dollars dus au Royaume d’Arabie saoudite, répartis entre février et août de la même année.

Plus de 6,8 milliards de dinars de principal à rembourser sur le marché intérieur

Sur le marché intérieur, les échéances concernent notamment les bons du Trésor à 52 semaines, pour un montant de 1,4 milliard de dinars réparti sur les 12 mois de l’année, ainsi que les bons du Trésor assimilables (BTA), dont les remboursements atteindront 3,043 milliards de dinars. Ces derniers sont répartis entre février, mars, mai, octobre et décembre.

Le remboursement de l’emprunt obligataire national représentera également 1,706 milliard de dinars, avec des échéances réparties sur huit mois à partir de février 2027.

La Tunisie devra en outre rembourser 670 millions de dinars au titre des emprunts intérieurs en devises contractés auprès des banques locales. Ce montant comprend 410 millions de dinars en mai et 260 millions en juillet 2027.

Au total, le principal de la dette intérieure à rembourser s’élèvera à 6,823 milliards de dinars, contre 6,484 milliards pour la dette extérieure.

Le service de la dette représentera 10,66 % du PIB

Le service total de la dette devrait représenter 10,66 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 12,44 % en 2026.

Le projet de budget souligne également l’incidence potentielle des fluctuations des taux de change sur le coût du service de la dette. Une hausse de 0,01 dinar des cours de l’euro et du dollar américain, ainsi qu’une augmentation de 0,1 dinar du cours de 1 000 yens japonais, entraîneraient une hausse de la charge de la dette de l’État en 2027.

Pour établir ses prévisions concernant les intérêts, le gouvernement retient l’hypothèse d’une stabilité des taux d’intérêt de référence internationaux et du taux de change du dinar tunisien. Il envisage également le maintien du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie à son niveau actuel.

Malgré le niveau élevé des taux d’intérêt internationaux, les intérêts de la dette extérieure devraient poursuivre leur baisse, sous l’effet du recul de son encours et de la stabilité du dinar. À l’inverse, les intérêts de la dette intérieure devraient augmenter en raison de la progression du volume des bons du Trésor. Le recours aux facilités de la Banque centrale de Tunisie contribuerait toutefois à limiter cette hausse.

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Paiement échelonné : quand la réforme des chèques complique les achats des ménages

Von: farhat
28. Oktober 2026 um 10:14

Longtemps considéré comme une solution permettant aux familles tunisiennes de faire face à des dépenses importantes sans déséquilibrer immédiatement leur budget, le paiement en plusieurs fois est devenu plus difficile depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur les chèques, le 2 février 2025. En mettant fin à l’utilisation des chèques postdatés comme moyen de règlement échelonné, cette réforme a profondément bouleversé les habitudes de consommation.

Si son objectif est de sécuriser les transactions et de limiter les risques liés aux chèques sans provision, ses répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages soulèvent aujourd’hui plusieurs interrogations. Comment financer l’acquisition d’un équipement indispensable lorsque le paiement comptant est difficilement envisageable et que les solutions de remplacement restent peu accessibles ?

Une facilité de paiement devenue difficile d’accès

Pendant de nombreuses années, le recours aux chèques postdatés a constitué une pratique courante dans les transactions commerciales en Tunisie. Pour l’achat de meubles, d’appareils électroménagers, de matériel informatique ou d’autres équipements relativement coûteux, les consommateurs pouvaient remettre plusieurs chèques correspondant à des échéances mensuelles. Cette formule, bien que juridiquement problématique, permettait aux familles d’étaler leurs dépenses sans nécessairement recourir à un crédit bancaire. La réforme du régime des chèques a profondément modifié cette situation. Désormais, le chèque doit retrouver sa vocation de moyen de paiement à vue et ne peut plus être utilisé comme un instrument de crédit permettant de différer le règlement d’un achat. Par ailleurs, les nouvelles conditions de délivrance et d’utilisation des chéquiers ont conduit à une réduction de leur accessibilité pour certains clients. Les commerçants, de leur côté, doivent adapter leurs pratiques et rechercher d’autres mécanismes pour proposer des paiements échelonnés.

Cette transformation intervient pourtant dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages demeure fortement sollicité. Entre les dépenses alimentaires, les frais de transport, les charges liées au logement et les besoins scolaires ou médicaux, de nombreuses familles disposent de marges financières limitées. L’acquisition d’un réfrigérateur, d’une machine à laver ou d’un ordinateur peut ainsi représenter une dépense difficile à supporter en une seule fois. Autrefois, la remise de plusieurs chèques permettait de répartir cette charge sur quelques mois. Aujourd’hui, cette possibilité s’est considérablement réduite. Les conséquences de cette évolution se reflètent dans les comportements des consommateurs. Selon une enquête de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), publiée en mai 2025, 29% des personnes interrogées avaient renoncé à un achat prévu ou décidé de le reporter depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. L’étude révélait également que 47% des répondants avaient parfois rencontré des difficultés pour effectuer leurs paiements. Ces résultats illustrent les problèmes d’adaptation à un système dans lequel les anciennes facilités de règlement ne peuvent plus être utilisées.

Des conséquences sur la consommation et l’activité commerciale

La disparition des chèques postdatés comme instrument de paiement échelonné ne concerne pas uniquement les consommateurs. Elle affecte également les commerçants qui avaient intégré cette pratique à leur fonctionnement. Dans certains secteurs, notamment l’ameublement et l’électroménager, la possibilité de régler un achat en plusieurs mensualités constituait un argument commercial important. Elle permettait de maintenir un certain niveau de demande, y compris auprès des ménages ne disposant pas immédiatement de la totalité du montant nécessaire. En l’absence de solutions de remplacement suffisamment accessibles, certains clients préfèrent désormais différer leurs achats, tandis que d’autres se tournent vers des produits moins coûteux ou renoncent à renouveler leurs équipements. Cette situation risque de peser sur l’activité des commerces, particulièrement ceux dont les ventes reposaient en partie sur les facilités de paiement. Les petites enseignes peuvent se retrouver davantage exposées à ces difficultés lorsqu’elles ne disposent pas des moyens nécessaires pour mettre en place des partenariats avec des organismes de financement.

Pour les consommateurs, les alternatives ne sont pas toujours simples. Le recours au crédit à la consommation peut permettre de financer certains achats, mais il suppose de remplir des conditions d’éligibilité et peut entraîner des frais supplémentaires. Les salariés disposant de revenus réguliers peuvent avoir davantage de possibilités d’accéder à ces financements, contrairement aux travailleurs indépendants ou aux personnes dont les ressources sont irrégulières. Une partie de la population risque ainsi de se retrouver privée des mécanismes qui lui permettaient auparavant de répartir certaines dépenses. La question est d’autant plus importante que le paiement en plusieurs fois ne correspond pas systématiquement à une consommation excessive. Il peut aussi répondre à des besoins essentiels. Lorsqu’un appareil électroménager tombe en panne ou qu’un enfant a besoin d’un ordinateur pour poursuivre ses études, l’achat ne peut pas toujours être reporté indéfiniment. L’impossibilité d’échelonner facilement le règlement peut alors devenir une difficulté supplémentaire pour des ménages déjà confrontés à des contraintes financières importantes.

Quelles alternatives pour préserver le pouvoir d’achat ?

La réforme des chèques répond à une volonté de mieux sécuriser les transactions et de réduire les risques associés aux impayés. Toutefois, la disparition d’une pratique largement répandue nécessite la mise en place de solutions adaptées aux réalités économiques et sociales. Il ne suffit pas de modifier les règles d’utilisation d’un moyen de paiement sans tenir compte des besoins auxquels celui-ci répondait dans la vie quotidienne des consommateurs. Le développement de nouveaux instruments de paiement différé pourrait constituer une piste intéressante. Les cartes à débit différé, les solutions de financement proposées par les établissements bancaires ou encore les dispositifs de paiement fractionné encadrés pourraient permettre de répondre à une partie de la demande. Encore faut-il que ces mécanismes soient accessibles à un large public, que leurs conditions soient transparentes et que leur coût ne représente pas une charge excessive pour les ménages.

L’enquête de l’IACE mettait d’ailleurs en évidence l’intérêt des consommateurs pour des solutions alternatives. Parmi les personnes interrogées, 58% exprimaient une préférence pour les paiements par téléphone mobile et 34% pour les cartes à débit différé. Ces résultats témoignent d’une volonté d’adaptation, mais ils soulignent également la nécessité d’accélérer le développement d’instruments capables de remplacer efficacement les anciennes pratiques. Il convient néanmoins de veiller à ce que ces nouveaux dispositifs ne favorisent pas un endettement excessif. Le paiement échelonné doit rester une facilité permettant de mieux gérer les dépenses et non un mécanisme conduisant les ménages à multiplier les engagements financiers au-delà de leurs capacités. La protection du consommateur passe donc autant par l’accessibilité des solutions de financement que par la transparence de leurs conditions et la prévention des situations de surendettement.

Au-delà de ses objectifs de sécurisation financière, la réforme des chèques met ainsi en lumière une réalité souvent négligée : pour de nombreux Tunisiens, le paiement en plusieurs fois représentait un moyen de concilier des revenus limités avec des besoins matériels parfois incontournables. Sa remise en cause, sans alternatives suffisamment généralisées, risque de renforcer les difficultés d’accès à certains biens et de freiner davantage la consommation. L’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre la nécessaire sécurisation des transactions commerciales et la préservation des possibilités de financement des ménages. Car dans un contexte de pression persistante sur le pouvoir d’achat, la question n’est pas seulement de savoir comment les Tunisiens doivent payer leurs achats, mais aussi comment leur permettre de continuer à financer leurs besoins essentiels sans fragiliser davantage leur situation financière.

Leila SELMI

 

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PLF 2027 : Les smartphones moins taxés à l’importation

17. Oktober 2026 um 10:34

Le projet de loi de finances 2027 prévoit de ramener à 10% les droits de douane sur les smartphones importés et d’exonérer les terminaux de paiement électronique de ces droits. En parallèle, un droit de timbre de 20 dinars serait appliqué à certaines opérations d’enregistrement des téléphones, la première opération restant exonérée.

Smartphones : des droits de douane ramenés à 10%

Les smartphones importés pourraient bénéficier d’une réduction des droits de douane en Tunisie à partir de 2027. L’article 67 du projet de loi de finances prévoit de ramener leur taux à 10%, selon les dispositions du texte soumis au Parlement.

Cette mesure vise à alléger la fiscalité douanière appliquée à ces appareils. Elle ne garantit toutefois pas une baisse équivalente des prix de vente. Le prix final dépend également des autres prélèvements applicables, des coûts d’importation, de la distribution et des marges commerciales.

L’évolution des prix dépendra donc de la répercussion effective de cette baisse par les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement.

Terminaux de paiement : un taux de douane de 0%

Le projet de loi prévoit également un traitement douanier favorable aux terminaux de paiement électronique (TPE). Les droits de douane sur ces équipements seraient ramenés à 0%, selon les dispositions consacrées à cette mesure dans le PLF 2027.

Cette orientation concerne les appareils utilisés pour effectuer des paiements électroniques chez les commerçants et les prestataires de services. Elle pourrait contribuer à réduire le coût d’importation de ces équipements, sans permettre de préjuger de son effet exact sur leur prix final.

Les mesures relatives aux smartphones et aux TPE s’inscrivent ainsi dans un même volet de révision de la fiscalité douanière sur les équipements électroniques.

Un droit de timbre de 20 dinars pour certaines opérations d’enregistrement

Le projet de loi introduit parallèlement un droit de timbre de 20 dinars pour chaque opération concernée d’enregistrement d’un téléphone dans le registre central des identifiants. La première opération serait exonérée.

Cette disposition doit être distinguée d’une taxe appliquée à chaque achat de smartphone : le montant de 20 dinars concernerait les opérations d’enregistrement visées par le texte, après la première opération exonérée. Il ne faut donc pas en déduire que chaque consommateur devra automatiquement payer cette somme lors de l’achat d’un téléphone neuf.

Une entrée en vigueur conditionnée à l’adoption du budget

Ces trois mesures figurent dans le projet de loi de finances 2027, notamment aux articles 67 à 70. Elles restent donc soumises à l’examen et à l’adoption du texte par le Parlement.

Leur entrée en vigueur est envisagée à compter du 1er janvier 2027, sous réserve de l’adoption de la loi et des dispositions définitives qui seront retenues.

Pour les consommateurs comme pour les professionnels, l’enjeu sera double : mesurer l’effet réel de la baisse des droits de douane sur les prix des équipements et préciser les situations dans lesquelles le droit de timbre de 20 dinars sera exigible.

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