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Biashara Afrika 2026: Lomé au cœur de l’accélération de l’intégration économique africaine

18. Mai 2026 um 18:55
Cérémonie d’ouverture du Biashara Afrika 2026 à Lomé (Togo).

Après plusieurs grands rendez-vous économiques sur le continent, dont l’Africa CEO Forum 2026 à Kigali qui a réuni plus de 2 800 participants issus de 77 pays, et la 12ᵉédition du forum pour l’investissement et le commerce tenue le 09 mai 2026 à Alger, l’Afrique enchaîne les espaces de dialogue économique.

Cette fois, c’est à Lomé (Togo) que se tient du 18 au 20 mai 2026 la 3ᵉ édition de Biashara Afrika. Un forum d’affaires continental dédié au commerce, à l’investissement et surtout à l’intégration économique africaine.

L’événement est co-organisé par le gouvernement togolais et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle regroupe 55 pays de l’Union africaine et représente un marché de plus de 1,4 milliard de personnes.

En ouverture, les organisateurs rappellent l’objectif commun! “Accélérer le commerce intra-africain et transformer les économies du continent”. Environ 1 500 participants sont présents à Lomé, entre décideurs publics, investisseurs et chefs d’entreprise. Les échanges portent sur des sujets clés, comme industrialisation, logistique, commerce numérique, et financement du commerce.

Une intégration encore incomplète mais en progression

La ZLECAf avance, mais lentement. Aujourd’hui, environ 49 pays ont ratifié l’accord. Le continent reste pourtant marqué par une réalité simple! Les échanges entre pays africains ne représentent qu’environ 15 % des exportations.

Sur place, plusieurs experts insistent sur un point; “le potentiel existe, mais les barrières restent fortes”. Coûts de transport élevés, infrastructures insuffisantes et difficultés de financement freinent encore les entreprises, surtout les PME.

Le Togo veut jouer un rôle de hub

Le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, met en avant l’ambition du pays. Il déclare en substance que le Togo veut devenir un point stratégique du commerce africain. Il insiste sur les atouts du pays, citant le port en eau profonde de Lomé, les réformes économiques et l’amélioration du climat des affaires. Pour lui, l’Afrique a tout pour réussir. “Un grand marché, des ressources, une jeunesse dynamique et un cadre commun avec la ZLECAf”, souligne-t-il. “Le problème n’est plus le potentiel, mais l’efficacité des politiques publiques”, résume-t-il.

Une vision d’unité africaine

De son côté, l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou défend une vision forte de l’intégration. Il affirme directement: “Il n’y a pas deux Afriques”. Selon lui, le continent doit être vu comme une seule entité économique. Il rappelle que la ZLECAf repose sur plusieurs protocoles; commerce des biens et services, investissements, numérique, propriété intellectuelle, et inclusion des femmes et des jeunes. Il appelle les États africains à accélérer la mise en œuvre de ces textes dans leurs lois nationales pour rendre l’accord pleinement opérationnel.

Jeunesse et ressources: deux leviers majeurs

Issoufou insiste sur deux forces majeures du continent. D’abord la jeunesse, environ 400 millions de personnes âgées de 15 à 35 ans. Il explique que cette génération peut devenir une classe moyenne solide, moteur de croissance. Ensuite, les ressources naturelles. Il parle d’un “scandale géologique”, en rappelant que l’Afrique exporte encore beaucoup de matières premières sans transformation. Il donne des exemples concrets:

  • Le cacao africain représente environ 70 % de la production mondiale, mais une très faible part des revenus reste sur le continent.

  • Le coton et les minerais stratégiques offrent aussi un fort potentiel industriel.

Industrialisation et grands projets

Pour lui, l’Afrique doit changer de modèle. Il propose de développer des chaînes de valeur locales à savoir transformer les matières premières sur place, créer des industries et renforcer les échanges régionaux. En outre, il évoque de grands projets d’infrastructures comme les lignes ferroviaires entre capitales africaines, barrages énergétiques, et zones économiques spéciales. Le Togo est cité comme exemple avec la Plateforme industrielle d’Adétikopé. En effet, la Plateforme située à une trentaine de kilomètres au nord de Lomé, constitue un port sec, c’est-à-dire une infrastructure logistique intérieure jouant le rôle d’extension du port maritime. À ce titre, elle traite plus de 300 conteneurs par jour destinés aux pays de l’hinterland, des pays sans accès direct à la mer, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Elle facilite les opérations douanières sur place et contribue ainsi à désengorger le Port autonome de Lomé. Et ce, en proposant des services de soutien aux entreprises, y compris des incitations fiscales, des facilités douanières et un environnement réglementaire favorable pour encourager l’investissement et la croissance des activités industrielles. Grâce à son intégration verticale (contrôle de plusieurs étapes de la chaîne de valeur dans un même système), son régime fiscal incitatif et son guichet administratif unique, elle attire de nombreuses entreprises et favorise la création de chaînes de valeur au service du développement économique du Togo. Pour info, la plateforme est géré par Le groupe indien Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP). Et pour rappel, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) contribue à hauteur de 20 000 millions FCFA, soit environ 24% du coût total dans ce projet.

Sécurité et financement: conditions de réussite

Le message est aussi plus préoccupant. L’ancien président alerte sur les défis sécuritaires, notamment le terrorisme en Afrique de l’Ouest. Il affirme que sans sécurité, il n’y a ni commerce ni développement. Il lance un appel: “Nous devons faire taire les armes d’ici 2030”. Sur le plan financier, il estime que l’Afrique aura besoin d’environ 9 000 milliards de dollars pour financer son développement dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Il propose la création d’institutions financières africaines fortes, comme une banque centrale continentale ou un fonds monétaire africain.

Une dynamique encore à accélérer

Enfin, les participants reconnaissent que les résultats restent en dessous des attentes. La croissance tourne autour de 4%, loin des objectifs initiaux. Mais le ton reste volontaire. L’idée générale est simple: l’Afrique avance, mais elle doit accélérer. Dans ce contexte, Biashara Afrika 2026 apparaît comme un moment clé. Un espace où les dirigeants répètent le même message! La ZLECAf est une opportunité historique, mais elle doit maintenant devenir concrète.

 

 

 

 

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12ᵉ session du Forum régional africain sur le développement durable: l’Afrique presse le pas pour réaliser ses objectifs de développement

30. April 2026 um 18:02

À Addis-Abeba, la 12ᵉ session du Forum régional africain sur le développement durable (ARFSD-12), tenue du 28 au 30 avril 2026, s’est ouverte sur un appel convergent des dirigeants africains et partenaires internationaux en faveur d’une accélération urgente et coordonnée de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Placée sous le thème “Inverser la tendance: actions transformatrices et coordonnées pour le Programme 2030 et l’Agenda 2063”, cette rencontre annuelle réunit ministres, hauts responsables gouvernementaux, représentants d’institutions régionales, agences onusiennes, secteur privé, société civile et partenaires au développement, dans un format hybride visant à renforcer la concertation continentale avant les grandes échéances mondiales sur le développement durable.

Dès l’ouverture, le secrétaire général adjoint des Nations unies et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a appelé à un changement profond de paradigme dans l’approche du développement du continent. Il a estimé que les principaux cadres stratégiques africains existent déjà, mais que le véritable défi réside dans leur mise en œuvre effective et à grande échelle. Il a ainsi plaidé pour un passage d’approches sectorielles fragmentées à une vision systémique fondée sur la cohérence des politiques publiques, l’action concrète et une mobilisation accrue des ressources.

Un appel urgent à accélérer la mise en œuvre des agendas africains et mondiaux

Dans cette optique, Claver Gatete a présenté cinq priorités structurantes qu’il juge essentielles pour accélérer la transformation de l’Afrique. Il a notamment insisté sur la nécessité de considérer les services essentiels tels que l’eau, l’énergie et les infrastructures comme de véritables actifs économiques, de combler le déficit de financement des infrastructures par des partenariats publics et privés, de faire des villes africaines des moteurs de croissance et d’emplois, d’accélérer simultanément les transitions numérique et écologique et de renforcer la gouvernance à travers les données, des institutions solides et une coopération régionale accrue.

Abordant le contexte mondial, le secrétaire exécutif de la CEA a souligné que le continent évolue dans un environnement marqué par le ralentissement économique, la montée des inégalités, les tensions géopolitiques et l’intensification des chocs climatiques. Il a toutefois estimé que ces contraintes ne doivent pas conduire à une réduction des ambitions africaines, mais plutôt à leur transformation en opportunités d’innovation et de coopération.

Dans la même dynamique, il a relevé que ces défis prennent une dimension encore plus critique en Afrique, où les transitions démographiques, urbaines et climatiques se superposent à des fragilités structurelles persistantes. Il a ainsi rappelé que les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’énergie, des infrastructures et des villes constituent les fondations de la transformation économique du continent, dans la mesure où ils conditionnent la croissance, la création d’emplois et la réduction des inégalités.

Le secrétaire exécutif de la CEA a également salué l’expérience de l’Éthiopie, pays hôte du Forum, et les efforts de son Premier ministre Abiy Ahmed, notamment en matière de reforestation, d’énergies renouvelables et d’agriculture durable, tout en soulignant l’importance de l’organisation prochaine de la COP32 à Addis-Abeba comme levier de renforcement de la coopération climatique mondiale.

De son côté, la Première ministre de l’Ouganda et présidente du Bureau de l’ARFSD-11, Robinah Nabbanja, a insisté sur l’urgence de traduire les engagements en résultats concrets et mesurables. Elle a rappelé qu’il ne restait que quatre années avant l’échéance de 2030, appelant ainsi à une mobilisation immédiate autour de la science, de la technologie, de l’innovation, de l’intégration régionale, du financement innovant et de partenariats solides. Elle a également mis en avant les avancées réalisées sous la présidence ougandaise, notamment l’adoption de la Déclaration de Kampala et le renforcement du suivi des engagements à travers plusieurs réunions du Bureau.

La cheffe du gouvernement ougandais a indiqué que des progrès ont été enregistrés dans l’alignement des plans nationaux sur les Objectifs de développement durable, l’amélioration des systèmes de données, la coordination des politiques et l’accélération de la mise en œuvre. Elle a toutefois averti que les déficits de financement, la vulnérabilité climatique et la nécessité d’intensifier l’innovation demeurent des obstacles majeurs. Elle a également souligné le rôle central de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), des infrastructures de transport, de l’énergie abordable et de la réduction des coûts des affaires dans la compétitivité du continent.

Dans une déclaration lue au nom du président de la Commission de l’Union africaine, la vice-présidente Selma Malika Haddadi a salué le leadership de l’Ouganda dans la conduite du processus et son engagement dans les instances internationales. Elle a estimé que la session se tient à un moment décisif, alors que les progrès réalisés restent insuffisants pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030.

Elle a précisé que les travaux du Forum portent cette année sur cinq priorités majeures : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’énergie propre et abordable, l’industrie et l’innovation, les villes durables et les partenariats pour le développement. Selon elle, ces domaines constituent des leviers essentiels pour accélérer la transformation structurelle du continent et s’inscrivent pleinement dans les ambitions de l’Agenda 2063.

La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine a également indiqué que plusieurs États membres progressent dans l’alignement de leurs politiques nationales sur le plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’intégration régionale et de la transformation numérique, en lien avec des initiatives comme la ZLECAf.

Elle a néanmoins alerté sur la persistance de défis majeurs, en particulier le financement du développement, le chômage des jeunes, les effets du changement climatique et les inégalités. Elle a enfin insisté sur l’importance du partenariat entre l’Union africaine et les Nations unies, renforcé par un accord signé en 2018, comme cadre structurant pour améliorer la coordination et l’efficacité des programmes de développement.

Au terme des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations concrètes visant à renforcer la voix unifiée de l’Afrique dans les processus mondiaux et à accélérer la mise en œuvre des deux agendas aux niveaux national, régional et continental. La Commission de l’Union africaine a réaffirmé, à cet effet, son engagement à travailler avec l’ensemble des partenaires afin de « bâtir une Afrique prospère, inclusive et durable » en inversant durablement la tendance actuelle.

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