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La Tunisie parmi les pays africains bientôt notés par une nouvelle agence

08. September 2026 um 12:45

L’Afrique prépare sa propre agence de notation de crédit, issue d’une initiative de l’UA, mais indépendante de celle-ci. L’Africa Credit Rating Agency, AfCRA, doit être officiellement lancée à Maurice, qui accueillera également son siège. Le lancement est prévu le 7 octobre 2026 à Port-Louis, selon le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (APRM), chargé par l’Union africaine de conduire le projet.

En effet, AfCRA arrivera dans un marché largement dominé par les trois grandes agences internationales que sont Fitch, Moody’s et S&P. Selon l’APRM, plus de 70% des notations de crédit produites en Afrique sont actuellement émises par des entités non africaines. L’agence africaine entend ainsi apporter une nouvelle source d’évaluation du risque, avec un regard davantage centré sur les économies du continent.

Une notation de crédit sert notamment à apprécier la capacité d’un État ou d’une entreprise à honorer ses engagements financiers. Pour un pays qui cherche à emprunter sur les marchés internationaux, cette évaluation entre dans l’appréciation du risque par les investisseurs et peut avoir une influence sur les conditions d’accès aux capitaux.

Dans ce contexte, l’UA met en avant plusieurs critiques concernant les méthodes des agences internationales. Dans ses documents de présentation, elle évoque notamment des biais perçus, des écarts dans l’évaluation du risque et des coûts jugés élevés. L’APRM estime aussi que certaines notations ne reflètent pas toujours suffisamment les réalités économiques des pays africains. Par ailleurs, elle relève des révisions qui peuvent intervenir avec un décalage par rapport à l’évolution de la situation économique d’un pays. L’organisation pointe également les difficultés liées aux données disponibles et à la présence limitée d’analystes directement implantés sur le continent. Ces critiques font partie des arguments avancés pour justifier la création d’AfCRA.

Toutefois, l’agence n’a pas vocation à remplacer les acteurs déjà présents sur le marché. Son objectif annoncé est plutôt de proposer une évaluation supplémentaire du risque. Lors d’une réunion organisée en 2025, l’APRM avait d’ailleurs précisé qu’AfCRA ne devait pas attribuer des notes favorables aux acteurs africains, mais apporter davantage de diversité dans les opinions de notation.

De son côté, le projet prévoit une agence portée par le secteur privé et financée par ses propres activités. Elle doit également rester indépendante de l’Union africaine. Cette autonomie doit permettre à AfCRA de développer ses propres méthodes d’analyse et de se positionner séparément des institutions à l’origine du projet.

À cela s’ajoute la question du “plafond souverain”. Dans certaines méthodologies de notation, une entreprise ou une banque peut voir sa note limitée par celle de son pays d’implantation. Un acteur privé présentant de bons fondamentaux peut ainsi être affecté par l’évaluation du risque associé à son État.

Par ailleurs, l’APRM met en avant le coût de cette perception du risque. Dans une publication consacrée aux notations africaines, elle estime que les pays du continent paient en moyenne entre 3 et 5 points de pourcentage de plus sur leurs obligations souveraines que des pays présentant des indicateurs de crédit comparables en dehors de l’Afrique. Ce chiffre est avancé par l’APRM et doit donc être considéré comme une estimation de l’organisation, et non comme une mesure indépendante de l’ensemble du marché.

Enfin, le projet ne date pas de 2026. L’Assemblée de l’Union africaine avait chargé l’APRM, dès 2017, de soutenir les États membres dans le domaine des agences de notation. En 2023, les ministres africains chargés des finances, des affaires monétaires et de la planification économique ont approuvé la création d’une agence africaine portée par le secteur privé, avec un modèle fondé sur l’autofinancement. Le Conseil exécutif de l’UA a ensuite confié à l’APRM la conduite des travaux de mise en place.

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L’Union africaine troque Fitch, Moody’s et S&P pour sa propre agence de notation, l’AfCRA

05. September 2026 um 11:47

Le 7 octobre prochain à Maurice, l’Union africaine officialisera le lancement de l’African Credit Rating Agency (AfCRA), sa future agence de notation continentale. Maurice a émergé comme juridiction d’accueil au terme d’un processus de sélection encadré par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP).

L’organisation panafricaine avait elle-même désigné Port-Louis dès février comme futur siège, en invitant simultanément les autres pays intéressés à se positionner pour des antennes régionales.

Corriger un biais de perception jugé coûteux

L’ambition affichée est claire : produire des notations souveraines et d’entreprises mieux ajustées aux réalités économiques africaines, alors que plusieurs gouvernements du continent reprochent aux méthodologies de Fitch, Moody’s et S&P de gonfler artificiellement le risque africain, renchérissant du même coup le coût de la dette. Le PNUD chiffre ce surcoût : certains États africains empruntent jusqu’à quatre fois plus cher que des pays comparables ailleurs, une amélioration des méthodologies de notation pouvant faire économiser entre 50 et 100 points de base, soit jusqu’à 5 milliards de dollars par an à l’échelle du continent.

Pour asseoir sa crédibilité, AfCRA devra obtenir l’agrément de la Financial Services Commission mauricienne. Sa gouvernance reposera sur une structure détenue par des acteurs africains, mais dirigée par le secteur privé, indépendante des États, une manière d’écarter tout soupçon de complaisance.

Pour les investisseurs et entrepreneurs opérant sur le continent, l’enjeu dépasse la seule symbolique souverainiste : une notation plus fine du risque africain, si elle gagne en crédibilité auprès des marchés, pourrait progressivement faire baisser le coût du capital pour les entreprises et les États emprunteurs. Cependant, tout dépendra de la capacité de l’AfCRA à résister aux pressions politiques et à produire des évaluations réellement indépendantes, sans quoi l’exercice restera un geste diplomatique sans effet réel sur les taux d’emprunt.

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