Cofat Tunisia, filiale du groupe Elloumi, a inauguré un nouveau site industriel de pointe dans la zone industrielle de Sbikha, à Kairouan. Il s’agit du plus grand projet industriel de la région, dédié à la production de composants pour véhicules électriques destinés à des clients internationaux.
L’usine, construite en moins de deux ans, devrait créer près de 2 000 emplois directs, contribuant à renforcer l’employabilité locale et le développement des compétences tunisiennes dans le secteur automobile.
Ce projet illustre la stratégie de la Tunisie de développer l’industrialisation des régions intérieures et de s’affirmer comme une plateforme industrielle automobile compétitive, portée par des groupes tunisiens ayant une dimension internationale.
Intitulé «KPI Clés Post Lancement de la 5G», ce rapport synthétise les principaux indicateurs de performance (KPI) du secteur des télécommunications à la suite du lancement de la 5G, basé sur les données de l’Observatoire de l’Instance nationale des télécommunications (INT) arrêtées à novembre 2025.
Au-delà de la croissance du parc, l’analyse de la consommation moyenne par abonné révèle une transformation profonde des habitudes. Cet indicateur est essentiel car il illustre comment les capacités supérieures de la 5G ont permis aux utilisateurs d’intensifier leurs usages.
Février 2025: 175 Go par abonné.
Novembre 2025: 338 Go par abonné.
Cette évolution représente une croissance de 93% de la consommation par utilisateur. Un pic de consommation a été atteint en juillet (390 Go/abonné), coïncidant potentiellement avec des périodes de vacances ou des événements saisonniers, avant de se stabiliser à un niveau élevé et constant supérieur à 330 Go/abonné pour le reste de l’année. Cette augmentation substantielle de la consommation par utilisateur atteste de l’adoption de nouveaux comportements numériques, rendus possibles par la performance du réseau 5G.
La synergie entre ces trois tendances — un parc d’abonnés multiplié par 18, chacun consommant près de deux fois plus de données — est ce qui a généré l’augmentation exponentielle de 7113% du trafic réseau, démontrant un retour sur investissement 5G puissant et cumulatif.
En fait, les trois enseignements stratégiques de ce rapport sont les suivants:
Reprise financière robuste: la 5G a permis d’inverser une tendance financière baissière pour la transformer en une croissance à deux chiffres, confirmant son rôle de levier de revenus. La 5G s’est avérée le catalyseur décisif de cette dynamique.
Succès phénoménal du FWA: le service FWA a été le principal bénéficiaire du lancement de la 5G, avec une croissance explosive de sa base d’abonnés. Cette adoption massive démontre l’existence d’une forte demande du marché pour des solutions d’accès internet à très haut débit, flexibles et performantes.
Intensification des usages: l’intensification des usages, avec une consommation par abonné FWA approchant les 340 Go, révèle un appétit du marché pour le très haut débit qui dépasse les prévisions et ouvre la voie à la monétisation de services premium.
En 2025, l’illusion aura été de courte durée. L’année a moins bien fini qu’elle n’avait commencé. Et à bien des égards, elle a été beaucoup moins rassurante qu’il n’a été dit. Elle a levé le voile sur les vulnérabilités et les fragilités structurelles de l’économie nationale. Elle a même accentué notre décrochage industriel, comme le confirme la trajectoire des échanges extérieurs. Les exportations industrielles poursuivent leur trend baissier quand elles ne chutent pas de manière inquiétante, tout en étant découplées des importations qui explosent contre toute logique. Signe que l’offre de produits locaux stagne, et au pis recule, faute de compétitivité ou sous le coup de boutoir de la déferlante de marchés parallèles qui se sont pleinement affranchis de l’autorité de l’Etat et de toute forme de normalité. Moralité : les importations, quels qu’en soient les raisons, le canal ou le véhicule qui leur servent de levier, suppléent notre production nationale alors qu’historiquement, notre modèle de développement était fondé sur la substitution des importations. Plus que la fin d’un modèle, du reste capable de se réguler et de s’adapter de lui-même, comme cela s’est produit en Asie et ailleurs, c’est la faillite d’un système de gouvernance de politique économique. Il y a de ces retournements de l’histoire dont il faut chercher la raison dans le vide laissé par l’absence de politiques publiques et sectorielles volontaristes et pleinement assumées.
Dans l’histoire contemporaine du pays, on a rarement connu pareil phénomène d’errance économique. Les exportations industrielles, en mal de compétitivité, peinent à se redresser et les importations tous azimuts prennent le relais de la production nationale. Il n’y a pas de mystère à cette situation bancale qui défie les lois de l’économie. La raison en est la panne prolongée de l’investissement, le principal moteur de la croissance. Il est à l’arrêt ou presque.
Le loyer de l’argent est prohibitif, comparé à ce qu’il est chez nos compétiteurs. La fiscalité est rédhibitoire, confiscatoire, privant les entreprises vertueuses d’opportunités d’investissement. Et comme si cela ne suffisait pas, du fait de son instabilité, elle nourrit un épais brouillard au détriment de l’investissement.
Fait inédit et d’une extrême gravité qui impacte le présent et hypothèque l’avenir : le taux d’investissement – rapporté au PIB – est descendu sous la barre des 10%. L’épargne nationale est à son étiage le plus bas – moins de 6%. Le pays vit d’expédients, sans perspective à moyen ou long terme. Il s’est coupé du futur, au risque d’enterrer l’avenir. Il y a, il est vrai, peu de motifs de nature à réactiver une dynamique d’investissement. Le loyer de l’argent est prohibitif, comparé à ce qu’il est chez nos compétiteurs. La fiscalité est rédhibitoire, confiscatoire, privant les entreprises vertueuses d’opportunités d’investissement. Et comme si cela ne suffisait pas, du fait de son instabilité, elle nourrit un épais brouillard au détriment de l’investissement. La législation sociale, contre-cyclique et à forte connotation politique, limite le champ de développement de l’entreprise sans de réelles garanties de l’emploi. La bureaucratie, qui confine souvent à l’arbitraire, finit par refroidir l’ardeur entrepreneuriale. La digitalisation, qui tarde à se mettre en place, ajoute au désarroi des acteurs économiques. Les coûts indirects, mais non moins visibles générés par la médiocrité des infrastructures de transport, par la défaillance logistique, grèvent les charges des entreprises, érodent leur compétitivité et pèsent au final sur leur décision d’investissement. Le climat délétère, l’atmosphère de paix larvée et l’absence de visibilité ne sont pas de nature à rehausser le moral des chefs d’entreprise. Les difficultés d’accès au crédit bancaire pour les PME/PMI font le reste, mais là, c’est une autre histoire.
La vraie question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment enclencher le réarmement industriel du pays. A cette précision près que sans un véritable rebond de l’investissement, il n’y a point de salut national. Il ne peut y avoir de croissance saine et durable sans une forte reprise de l’investissement, porté par un vaste dessein national et une vision d’avenir.
La vraie question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment enclencher le réarmement industriel du pays. A cette précision près que sans un véritable rebond de l’investissement, il n’y a point de salut national. Il ne peut y avoir de croissance saine et durable sans une forte reprise de l’investissement, porté par un vaste dessein national et une vision d’avenir.
Il peut paraître illusoire de vouloir relancer les investissements, booster l’attractivité du site tunisien, par la seule promulgation d’un code d’investissement, aussi accompli sur le papier soit-il. Les leviers et mécanismes de relance sont moins dans le texte que dans notre état d’esprit. Le meilleur code d’investissement aura peu d’effet si notre mentalité, notre perception de l’investisseur restent en l’état. Nous devons entreprendre notre aggiornamento politico-économique, une vaste et profonde révolution culturelle. Nous devons changer d’attitude et de logiciel mental et intellectuel à l’égard des investisseurs, notamment étrangers. La vérité est que nous voulons qu’ils viennent investir chez nous, mais nous n’acceptons pas qu’ils s’enrichissent, alors que leur réussite profitera en premier au pays sous la forme d’investissements supplémentaires. Il ne leur est pas permis, comme aux investisseurs locaux, de s’aventurer dans le domaine réservé de la seule puissance publique, sans qu’il soit d’essence stratégique. Nous sommes l’un des rares pays où l’Administration entend conserver l’intégralité de son pouvoir d’un autre temps : contrôler, régenter et administrer sans que cela soit nécessaire ou utile. On ne peut pas libérer l’investissement sans faire bouger les lignes et changer les choses. On comprend que tout n’est pas possible ici et maintenant et qu’il y a des zones d’interdiction. Soit. Sauf que là où il n’y a pas d’interdit, il ne doit pas y avoir d’autorisations aux issues du reste aléatoires. Cela vaut pour les investisseurs étrangers comme pour le reste. Il faut oser briser ces tabous une fois pour toutes.
L’investissement, c’est un engagement et un acte de foi dans l’avenir. Chaque investissement, aussi infime soit-il, scelle un pacte de confiance avec les institutions et les dirigeants. Et cette confiance doit être partagée, réciproque. Elle est essentielle. Et pour cause ! Les pays industrialisés avancés, qui attirent le plus d’IDE en raison de la qualité de leur écosystème, ne disposent pas de code d’investissement, mais d’institutions et d’organismes crédibles et efficaces et de dirigeants dont la parole vaut de l’or. L’APII, la FIPA, l’APIA, la TIA, l’AFI sont certes dans leur rôle, mais cela ne saurait suffire. Car attirer des mégaprojets et des investissements de nouvelle génération hautement capitalistiques trouvent leur dénouement à des niveaux bien plus élevés au sommet de l’exécutif. Les IDE, à haute intensité technologique et à forte valeur ajoutée, sont au cœur de la diplomatie économique. Cela est d’autant plus vrai que le pays est pauvre en minéraux, en gaz, en pétrole, en terres rares et en ressources stratégiques qui suscitent un afflux d’IDE, mais qui pourraient l’exposer, s’il n’y prend garde, à l’impérialisme belliqueux et à la barbarie de prédateurs qui renouent avec les sombres années du colonialisme et de la politique de la canonnière.
L’investissement, c’est un engagement et un acte de foi dans l’avenir. Chaque investissement, aussi infime soit-il, scelle un pacte de confiance avec les institutions et les dirigeants. Et cette confiance doit être partagée, réciproque. Elle est essentielle.
C’est une bénédiction divine d’être à ce point dépourvus de ces richesses extractives. Mais cela ne nous met pas à l’abri des visées impérialistes. La position géopolitique clé de la Tunisie n’a pas que des avantages. D’être ainsi dans l’œil du cyclone donne à réfléchir. Nécessité fait loi. Autant nous en tenir à nos fondamentaux diplomatiques de toujours qui nous ont valu plus de pays amis et pour ainsi dire pas d’ennemis déclarés : une diplomatie tranquille, fondée sur un souci d’équilibre, proche de la neutralité – avec modération et humilité. Tout en garantissant au plan local un climat politique apaisé, consensuel, loin des querelles, des tensions et des divisions qui font le lit d’ingérences étrangères.
Il faudrait plus qu’un code d’investissement, aussi permissif soit-il, pour réinstaller la Tunisie dans l’écran radar des multinationales. Les considérations diplomatiques, géopolitiques, géostratégiques, et même personnelles, sont à cet égard très importantes, voire décisives.
Le code d’investissement, même très élaboré, est certes nécessaire, mais pas suffisant. La crédibilité du pays se joue et se mesure aussi ailleurs. Les investisseurs étrangers ont tout autant besoin d’un code que d’institutions républicaines respectueuses de leurs engagements et de la sécurité juridique des investissements. Si nous voulons faire de notre pays une destination privilégiée des IDE, il faudra d’abord se montrer suffisamment attentif de ceux qui s’y trouvent. Si rien ne vient perturber leur plan d’investissement et leur activité, ils se feront les meilleurs avocats et ambassadeurs du site Tunisie au sein de leurs réseaux et de leurs chaînes de valeur. Les chefs d’entreprise locaux ne sont pas en reste. Leur réussite, leur notoriété, leurs relations d’affaires et leurs réseaux professionnels sont parmi les principaux véhicules et vecteurs des IDE dans le cadre d’alliances industrielles ou de partenariats stratégiques. Leur manquer de respect, de considération et de reconnaissance revient à priver le pays de réelles opportunités d’investissement étranger.
Le code d’investissement, même très élaboré, est certes nécessaire, mais pas suffisant. La crédibilité du pays se joue et se mesure aussi ailleurs. Les investisseurs étrangers ont tout autant besoin d’un code que d’institutions républicaines respectueuses de leurs engagements et de la sécurité juridique des investissements.
Ultime question : l’Etat sera sans doute bien inspiré de dépoussiérer et de rénover le code d’investissement, mais il le serait davantage s’il s’y soumettait lui-même. Ce code, pour important qu’il soit, ne l’exonère pas de ses principaux attributs et obligations, bref de son devoir d’exemplarité. Si l’investissement est aujourd’hui au plus bas, c’est aussi et surtout parce que l’Etat n’a pas amorcé la pompe de l’investissement public, qui a un immense effet d’entraînement sur l’investissement privé. Il l’a en revanche rétrogradé au plus bas, au point d’en faire une simple variable d’ajustement réduite à sa plus simple expression – moins de 6% de son budget. Autant dire qu’il a sacrifié les investissements d’avenir, privilégié le présent aux dépens du futur, en ménageant ses dépenses de fonctionnement, plutôt que des réformes difficiles, mais vitales pour le pays. Le train de vie de l’Etat n’est pas sans prix.
Le dire à l’heure de l’entame du plan de développement 2026-2030 ne sera pas de trop. L’investissement public est le principal vecteur de transformation économique, sociale et environnementale. L’Etat doit pouvoir inverser la pente et la trajectoire dangereuse des investissements d’avenir, aujourd’hui en déshérence. Le plan n’en aura que plus de contenu, de chair, de consistance et surtout de cohérence. Il y va de la crédibilité des politiques publiques et de leur capacité de réactiver les leviers de l’innovation, de l’investissement, de l’économie de la connaissance et d’une croissance durable.
Le dire à l’heure de l’entame du plan de développement 2026-2030 ne sera pas de trop. L’investissement public est le principal vecteur de transformation économique, sociale et environnementale. L’Etat doit pouvoir inverser la pente et la trajectoire dangereuse des investissements d’avenir, aujourd’hui en déshérence.
Cet édito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n°936 du 14 janvier au 28 janvier 2026.
Pour contrer les intentions des États-Unis d’occuper le Groenland, la France a envoyé quinze personnes dans l’île danoise. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées. Ainsi, Donald Trump doit réfléchir avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.
Oleg Nesterenko*
Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d’acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVIe siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l’intérêt américain pour cette colonie arctique danoise.
Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l’enlèvement du président vénézuélien le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l’action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d’Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux.
Les prétextes fallacieux
Les prétextes drapés dans des justifications sécuritaires antirusses et antichinoises, que brandit la présidence américaine pour justifier sa volonté de s’approprier l’île du Groenland, ne sont que des mensonges caractérisés que la Maison Blanche ne prend même pas la peine de camoufler davantage. L’époque où l’on exhibait à l’Onu une prétendue fiole d’anthrax, comme le fit le secrétaire d’État américain Colin Powell le 5 février 2003, pour maquiller l’invasion de l’Irak sous un vernis de légitimité, semble révolue. Cette mascarade avait alors servi de prétexte pour déclencher la destruction d’un pays et le massacre de son peuple.
L’anéantissement de l’Irak, ne nous y trompons pas, n’était pas un but en soi, mais la conséquence inéluctable d’une stratégie américaine. La véritable motivation résidait dans la nécessité de neutraliser l’initiative de Saddam Hussein contre le «pétrodollar».
En octobre 2000, le président irakien avait osé déclarer son intention de ne plus vendre son pétrole contre des dollars américains, mais uniquement contre des euros. Une telle audace valait la signature de son propre arrêt de mort. En février 2003, Saddam Hussein mit sa «menace» à exécution en vendant plus de 3 milliards de barils de pétrole brut pour 26 milliards d’euros. Un mois plus tard, les États-Unis envahissaient et détruisaient l’Irak, infligeant au peuple irakien une tragédie marquée par l’anéantissement des infrastructures et un nombre effroyable de victimes civiles.
Forte de l’impunité judiciaire totale dont jouissent les crimes contre l’humanité commis par les gouvernements successifs des Etats-Unis, ils ne se donnent plus la peine de les couvrir par des narrations ne serait-ce qu’un peu crédibles aux yeux de la communauté internationale. Nul besoin, donc, de déployer des efforts de communication supplémentaires pour préparer l’annexion du Groenland, que ce soit de gré ou de force.
La véritable raison de la convoitise américaine pour cette zone polaire peu hospitalière réside incontestablement dans les gigantesques réserves de matières premières qu’elle recèle, tant dans son sous-sol que dans les profondeurs de l’océan Arctique, au sein de la zone économique exclusive (ZEE) danoise qui s’étend jusqu’à 200 milles marins des côtes du Groenland (370,42 km) et confère à son détenteur des droits souverains en matière de ressources économiques.
Si le Groenland venait à passer sous l’autorité américaine, le fait que l’extraction américaine de terres rares et d’uranium se fasse sans consulter les populations autochtones serait une considération secondaire, une simple formalité qui sera ignorée à Washington. En 2021, pourtant, ces populations avaient réussi à bloquer le début d’une telle exploitation (affaire d’Energy Transition Minerals), afin de préserver leurs moyens de subsistance traditionnels d’une pollution imminente.
Compte tenu des enjeux économiques pour les États-Unis, il est prévisible que l’opinion des populations autochtones sur ce sujet ne suscitera pas plus d’intérêt que l’avis des Européens concernant l’annexion de l’île. Cette indifférence stratégique s’inscrit dans une logique géopolitique et économique où les intérêts nationaux prévalent sur les considérations éthiques ou les droits des minorités. De plus, l’histoire des relations entre les États-Unis et les peuples autochtones est profondément marquée par une marginalisation systématique de ces derniers dans les processus décisionnels concernant leurs propres territoires et ressources.
«Un conflit ou une tentative d’annexion du territoire d’un pays membre de l’Otan par un autre pays également membre de l’Otan serait la fin du monde tel que nous le connaissons», a déclaré le Premier ministre polonais Tusk. Une déclaration qui semble ignorer que la préservation du monde tel que nous le connaissons est la dernière des préoccupations du maître d’Outre-Atlantique.
La présence américaine au Groenland
Contrairement aux insinuations fallacieuses, la présence militaire américaine dans l’océan Arctique ne nécessite nullement l’annexion du Groenland ni sa transformation en territoire national des États-Unis. En réalité, les forces armées américaines sont stationnées en permanence sur cette île arctique depuis la Seconde Guerre mondiale, une présence officialisée dès 1951 par un accord bilatéral américano-danois (Accord du 27 avril 1951). Cet accord confère à Washington une latitude d’action militaire significative dans la région arctique.
À ce jour, la base aérienne de Pituffik (Thulé Air Base) demeure la seule installation militaire américaine active au Groenland.
Les déclarations occasionnelles de Donald Trump, telles que celles sur Truth Social, suggérant que «l’Otan deviendrait plus redoutable et efficace si le Groenland était entre les mains des États-Unis. Tout ce qui est en-deçà de cela est inacceptable», n’altèrent pas la nature juridique de l’accord existant.
Il ne fait aucun doute que, si les circonstances l’exigeaient, les États-Unis pourraient accroître très considérablement leur présence militaire sur l’île, même si cette dernière demeure sous la souveraineté danoise.
Les hypocrisies de l’Union Européenne
À ce jour, seuls six des vingt-sept États membres de l’Union Européenne (UE), abstraction faite du Danemark, ont formalisé leur position par une déclaration officielle condamnant l’initiative des États-Unis d’Amérique vis-à-vis du Groenland (déclaration conjointe du 6 janvier, émanant de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie, de la Pologne et de l’Espagne).
Cette déclaration, confinée à l’expression verbale, est dénuée d’un véritable engagement : les paroles qui n’ont aucune valeur, ne signifient rien et n’engagent les déclarants à rien.
À l’instar des prédateurs opportunistes, l’appareil politico-bureaucratique de l’UE et de ses États membres manifeste une propension à cibler exclusivement les Etats perçues, à tort ou à raison, comme structurellement plus faibles ou en situation de vulnérabilité conjoncturelle. Face aux forces dominantes, une politique de deux poids, deux mesures, d’une perversité indéniable, se révèle inéluctablement.
La devise de l’UE est bien celle formulée jadis par les Romains : «Ce qui est permis à Jupiter n’est pas permis au bœuf».
La protection des démocraties, des droits de l’homme et de la liberté d’expression n’est qu’une pure chimère, un artifice rhétorique destiné à manipuler l’électorat. La classe politique européenne, majoritairement constituée de vulgaires activistes carriéristes, est bien davantage préoccupée par la conservation du pouvoir et la dissimulation de ses crimes à l’encontre des nations entières, commis en continu à travers le monde.
L’UE redécouvre avec soudaineté l’existence du droit international, une prise de conscience motivée par la menace que représente Donald Trump pour ses propres intérêts. Les instances dirigeantes de l’UE et de nombreux États européens, qui critiquent la Maison Blanche pour ses velléités de démembrement du Danemark, en appellent désormais au respect du droit international.
Abstraction faite des causes profondes du conflit en Ukraine et des opinions divergentes, toute personne raisonnable dotée d’un minimum de capacités analytiques ne peut nier que la Fédération de Russie avait des raisons bien plus impérieuses de revendiquer la Crimée et le Donbass que les États-Unis d’Amérique d’annexer le Groenland, dont l’unique rapport de l’État américain avec ce dernier ne consiste que dans la modeste présence sur son sol d’une seule, parmi plus de 700, de leurs bases militaires dans le monde.
Dès lors, la question qui se pose est la suivante : quelle est la réaction des pays de l’UE et de leurs «élites» politiques face à ces deux revendications ?
La réponse est indéniable et bien étonnante pour un esprit non averti : une quasi-guerre totale contre la Russie, impliquant des investissements de centaines de milliards d’euros, des centaines de milliers de morts sur les champs de bataille et plus de 30 711 sanctions imposées à la Russie (au 1er janvier 2026).
En revanche, quelle est l’action de ces mêmes pays face à leur suzerain américain ? Quelques paroles impuissantes qui n’iront jamais plus loin.
De même, il est inutile de détailler l’hypocrisie profonde des «élites» européennes face au massacre à grande échelle des populations civiles à Gaza et à d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés à travers le monde, auxquels les «défenseurs des droits de l’homme» ont opposé le silence, s’ils n’en sont pas directement responsables.
Le jardin fleuri et les jungles
Le droit fondamental de la classe politique de l’Occident collectif vis-à-vis du reste du monde, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, est celui du plus fort. Elle ne sait avancer que par la force et ne comprend aucun autre langage que celui de la force. Cette monolangue de la force annihile toute tentative de dialogue subtil, d’échange constructif, réduisant la relation à un rapport de domination brute et simpliste.
Les abus et crimes extraterritoriaux à répétition, visant à accroître la richesse des «élites» (à ne pas confondre avec les peuples) du «jardin fleuri» aux dépens des intérêts des nations non occidentales, qualifiées de «jungles»(«L’Europe est un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle», Josep Borrell, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, vice-président de la Commission Européenne), sont justifiés par des discours incessants sur les droits de l’homme, la démocratie et de nobles idéaux servant de prétexte à leurs ingérences et invasions, tout en réprimant avec véhémence ceux qui s’y opposent.
Simultanément, tout régime, aussi antidémocratique, dictatorial, voire sanguinaire soit-il, mais soumis aux intérêts des capitales occidentales, peut compter sur leur soutien indéfectible.
Cependant, les discours de ces fervents défenseurs du concept spirituel incarné par les cochons orwelliens de ‘‘La Ferme des animaux’’ : «Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres», ne trompent plus personne, ni en Afrique, ni en Amérique latine, ni en Asie.
Peu importe les déclarations européennes actuelles et futures : aucune action européenne égale ne serait-ce qu’à quelques pour cent de celles entreprises contre la Russie ne verra jamais le jour à l’égard des États-Unis d’Amérique.
Le 14 janvier, le président français Emmanuel Macron déclarait que la France «ne sous-estimait pas» les intentions des États-Unis concernant le Groenland et s’engageait à «faire preuve d’une solidarité totale» avec le Danemark.
En guise d’illustration, rien ne révèle mieux le degré d’hypocrisie pathétique des «élites» européennes que le déploiement de troupes européens au Groenland pour préparer le terrain à une résistance contre une éventuelle invasion américaine. La Norvège a envoyé deux personnes. La France a envoyé quinze personnes. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées.
Ainsi, Donald Trump est incité à réfléchir davantage avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.
Après les menaces du président américain d’imposer de nouveaux droits de douane supplémentaires à huit pays européens, les cours de l’or et de l’argent ont battu ce lundi de nouveaux records et ont profité d’incertitudes géopolitiques. Le prix de l’or s’est hissé en tout début d’échanges asiatiques à 4.690,59 dollars l’once, un record, tandis que […]
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L’Observatoire national de l’Agriculture (ONAGRI) a indiqué ce lundi que les quantités de pluies enregistrées depuis samedi dernier qui ont touché plusieurs régions ont contribué à la revitalisation des barrages et des ressources en eau. L’ONAGRI n’a pas présenté des données chiffrées ni sur le niveau des apports enregistrés ni sur le niveau de remplissage […]
Le secteur des télécommunications a confirmé en 2025 sa capacité à se renouveler. Plus qu’une simple progression des revenus, c’est la nature même de la consommation qui évolue. Selon les chiffres de l’Instance nationale des télécommunications (INT), le chiffre d’affaires global du secteur a atteint plus de 4,1 milliards de dinars, en légère mais réelle progression par rapport à 2024.
Cette progression intervient dans un contexte charnière, marqué par l’entrée officielle de la 5G sur le marché tunisien. Lancée commercialement à la mi-février 2025 par les 3 opérateurs, à savoir Tunisie Télécom, Ooredoo et Orange, cette nouvelle technologie a donné un nouvel élan au secteur, après une longue phase de tests et de préparation.
Cette transition s’est traduite par un effort d’investissement sans précédent. Les dépenses engagées par le secteur sont passées de 753,5 millions de dinars en 2024 à près de 1 198,6 millions de dinars en 2025, selon les chiffres de l’INT, qui célèbre cette année son 25ᵉ anniversaire. Une dynamique appelée à se poursuivre avec l’extension progressive de la couverture 5G.
Sans surprise, ce sont les services Internet qui tirent la croissance. L’Internet mobile en particulier s’impose comme le principal moteur du marché, avec des revenus en nette hausse. L’Internet fixe suit la même trajectoire, porté par l’élargissement de l’accès et par des usages domestiques de plus en plus intensifs.
À l’inverse, la téléphonie traditionnelle continue de perdre du terrain. Les appels mobiles reculent, concurrencés par les applications de messagerie et de communication en ligne, désormais au cœur des habitudes numériques. La téléphonie fixe, déjà fragilisée depuis plusieurs années, poursuit son déclin, confirmant une tendance structurelle plutôt que conjoncturelle. Les indicateurs de pénétration confirment, par ailleurs, l’ancrage du numérique dans le quotidien des Tunisiens. Le nombre d’abonnements frôle désormais les 15 millions, pour un taux de pénétration dépassant les 125%. L’accès à l’Internet mobile approche les 90%, tandis que plus d’un foyer sur deux dispose d’une connexion fixe.
Côté consommation, les usages évoluent plus que les budgets. À dire vrai, les habitudes de consommation évoluent sensiblement. Les dépenses mensuelles moyennes liées aux appels mobiles sont restées stables, autour de 3,3 dinars. Un glissement révélateur d’un changement profond! La donnée est devenue le cœur de la consommation télécom, reléguant la voix au second plan. En fait, la dépense consacrée à l’Internet mobile (3G, 4G et 5G) a augmenté, passant de 9,1 à 10,4 dinars, confirmant le rôle central de la donnée dans l’économie des télécommunications.
AwA inaugure DRUNCH, un nouveau rendez-vous mensuel pensé comme une expérience lifestyle immersive, à mi-chemin entre le lunch et le dinner. Plus qu’un pop-up, DRUNCH est une invitation à entrer dans une maison habitée par la création tunisienne contemporaine.
Pour cette première édition, cinq femmes entrepreneuses réunissent leurs univers dans un même espace, le temps d’un samedi où les marques ne se contentent pas d’être exposées: elles vivent, se croisent et dialoguent.
Cinq femmes. Cinq univers. Une maison
Le drunch met à l’honneur une sélection de marques tunisiennes indépendantes, portées par une vision commune du beau, du sensible et du savoir-faire local:
AwA · maroquinerie et bijoux
Leïyou · prêt-à-porter
Identity · prêt-à-porter
Minora · parfum
Reine Noisette · pâtisserie artisanale
Chaque marque investit l’espace avec ses pièces, ses gestes et ses matières, dans une scénographie pensée comme un intérieur vivant et chaleureux.
Une expérience multisensorielle
Au fil de la visite, les invités sont conviés à voir, toucher, sentir, goûter et écouter:
Découvrir des silhouettes et accessoires portés et mis en situation,
Explorer l’univers olfactif de Minora,
Savourer les douceurs raffinées de Reine Noisette,
Et se laisser porter par un DJ set live assuré par l’invitée spéciale DJ AmtaF, pour accompagner l’expérience tout au long de l’après-midi.
Drunch by AwA s’adresse aux amateurs de mode, de design, de parfums et de plaisirs gourmands, curieux de découvrir une nouvelle manière de consommer: plus lente, plus humaine, plus sensible.