Israël cible l'aéroport d'Ispahan

© Mosaique FM

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Les forces irakiennes ont annoncé, samedi, l’abattage d’un drone « non identifié » près de l’aéroport d’Erbil, dans la région du Kurdistan irakien. Dans un communiqué, la cellule médiatique relevant du Commandement des opérations conjointes a indiqué que l’appareil s’était écrasé dans la zone de Kazna, dans la province d’Erbil, sur un entrepôt de matériaux […]
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Le porte-parole officiel du ministère saoudien de la Défense, le général de brigade Turki Al-Maliki, a annoncé samedi l’interception et la destruction d’un drone à l’est de la ville de Riyad. Plus tôt dans la journée, le responsable saoudien avait indiqué qu’un missile balistique tiré en direction de la base aérienne Prince Sultan était tombé […]
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Un séisme de magnitude 5,5 sur l’échelle de Richter a frappé, dimanche, le nord-ouest de la Grèce, selon le Centre sismologique euro-méditerranéen. L’épicentre du tremblement de terre a été localisé à environ 152 kilomètres à l’ouest de la ville de Larissa, dans le nord du pays. Cette ville compte près de 144 000 habitants. Selon […]
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La police norvégienne a annoncé qu’une explosion s’est produite tôt dimanche matin à l’ambassade des États-Unis à Oslo, provoquant des dégâts matériels mineurs sans faire de blessés. Selon des témoins, une forte détonation a été entendue vers 01h00 du matin (00h00 GMT) dans le complexe de l’ambassade situé dans l’ouest de la capitale norvégienne, tandis […]
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La Force générale des sapeurs-pompiers du Koweït a annoncé, dimanche, la mort de deux officiers « dans l’exercice de leurs fonctions », selon un message publié sur la plateforme X. Dans ce communiqué, l’institution a exprimé « sa profonde tristesse et son grand chagrin » après la disparition des « martyrs du devoir », le […]
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Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé, dimanche, que les systèmes de défense aérienne du pays interceptaient actuellement des menaces de missiles ainsi que des drones en provenance d’Iran. Dans une publication diffusée sur la plateforme X, le ministère a indiqué que les bruits entendus dans certaines zones du pays sont […]
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L’escalade militaire entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran atteint un point de non-retour. Alors que les bombardements au Liban et en Iran se sont intensifiés dans la nuit du 7 au 8 mars 2026, le président américain Donald Trump a radicalement durci sa posture diplomatique. En excluant toute négociation avec la République islamique, la Maison-Blanche semble […]
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Brume locale, le matin, puis nuages passagers sur la plupart des régions, devenant plus denses, l’après-midi, sur les régions ouest du nord avec pluies éparses et localement orageuses. Vent de secteur est, relativement fort à localement fort prés des côtes et sur le sud, avec phénomènes locaux de sable et faible à modéré ailleurs. Mer […]
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Samedi 7 mars 2026, des manifestants pacifistes se sont rassemblés sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, pour exprimer leur solidarité avec l’Iran face aux attaques menées par les États-Unis et Israël. (Ph. Fethi Belaid, AFP).
Les manifestants ont appelé à la fin des combats et ont exprimé leur opposition aux frappes en cours.
La guerre a débuté après les attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, provoquant des représailles de Téhéran contre Israël et les bases américaines situées dans les pays du Conseil d coopération du Golfe.
Ce conflit a impliqué les puissances mondiales et perturbé les secteurs de l’énergie et des transports au Moyen-Orient, mettant en danger la paix et l’économie mondiales.
Rappelons que la Tunisie «a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», selon un communiqué publié le 1er mars, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, tour en soulignant son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.
I. B.
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Face aux mutations technologiques mondiales, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié une nouvelle note stratégique intitulée : «Pour une stratégie tunisienne d’adoption de l’IA dans le système éducatif», où les auteurs proposent une feuille de route concrète pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) comme levier de performance pédagogique, tout en répondant aux défis de demain.
Ces défis sont l’adaptation des programmes aux métiers du futur ; la formation des enseignants aux nouveaux outils numériques et un cadre éthique et réglementaire pour protéger les apprenants. L’objectif étant de préparer les futurs talents à l’économie de demain et renforcer l’employabilité des jeunes diplômés.
Le document de l’IACE se base notamment sur les outils existants en EdTech IA, l’étude des divers modèles de pays ayant adopté ces technologies, le contexte socio-économique et les défis d’infrastructure tunisiens.
L’IA offre des bénéfices majeurs dans l’enseignement : la personnalisation de l’apprentissage (adaptation du rythme et du contenu), le soutien à la productivité des enseignants (préparation des cours, correction automatisée) et une meilleure inclusion des apprenants (outils d’accessibilité).
Cependant, elle n’est pas exempte de risques, notamment la fracture numérique (due au coût du matériel et de l’accès), la déshumanisation (isolement des apprenants) et les préoccupations liées à l’éthique/protection des données.
En Tunisie, l’intégration de l’IA est en phase de réflexion principalement au niveau d’organismes tels que le Centre national des technologies en éducation (CNTE) et l’Université virtuelle de Tunis (UVT), d’expérimentation dans les universités et elle est soutenue essentiellement par des initiatives individuelles.
Ces efforts sont fortement handicapés par la faiblesse de l’infrastructure numérique dans les établissements publics et l’absence d’une stratégie nationale structurée.
Malgré cela, la Tunisie se classe au 2e rang en matière de préparation des talents à l’IA selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025 avec près de 1 400 spécialistes IA formés par an, entre diplômes (800) et reconversions (600). Un positionnement qui peut permettre de contribuer à satisfaire les besoins des entreprises qui ont placé leurs besoins en spécialistes IA et apprentissage en 2ème position des emplois les plus demandés après ceux du Big data.
La stratégie proposée pour le système éducatif tunisien vise une approche pragmatique et à faible coût pour favoriser le succès et la pérennité de l’intégration de l’IA dans les écoles, les collèges, les lycées, les centres de formation professionnelle et l’université.
Lien de l’étude sur le site de l’IACE.
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Il y a des époques où l’on construit des villes pour célébrer la paix, et d’autres où l’on les réorganise pour survivre à la guerre. Notre présent a quelque chose de brutalement pédagogique : il rappelle, par la répétition des images et par la précision des frappes, que l’espace urbain est redevenu une cible totale. Quand le ciel devient une menace permanente, un autre urbanisme s’impose. (Photo: Israéliens dans un abri sous-terrain à Tel Aviv pendant une alerte. Les Libanais et les Iraniens, eux, ont moins de chance : ils sont à découvert sous les bombes).
Zouhaïr Ben Amor *

Quand les bombardements rasent un quartier, ils ne détruisent pas seulement des infrastructures militaires, ils effondrent des réseaux : routes, hôpitaux, écoles, centrales, dépôts d’eau, logements, archives, lieux de culte, habitudes et liens.
La ville, qui se rêvait naguère comme un milieu d’émancipation et de circulation, redevient un organisme vulnérable, lisible depuis le ciel, «cartographiable» en temps réel, et donc neutralisable. Cette lisibilité est devenue un danger.
Dans cet horizon, l’urbanisme ne peut plus se contenter de parler de densité heureuse, de mobilités douces, de mixité fonctionnelle ou de résilience climatique, comme si la violence géopolitique était une anomalie extérieure.
Les guerres contemporaines ne sont pas seulement des affrontements territoriaux : elles sont aussi une transformation des conditions matérielles de l’habiter. La ville n’est plus seulement le théâtre des conflits, elle est leur enjeu direct, leur médium et leur preuve.
Dès lors, une question s’impose, presque obscène parce qu’elle ressemble à un aveu : comment concevoir des milieux de vie quand le ciel est un dispositif d’observation et de destruction, quand les capteurs, les satellites, les drones et les missiles font de la surface un écran fragile ?
Ce que nous voyons se dessiner, sous la pression de la menace, c’est une tentation stratégique : soustraire. Soustraire à la vue, soustraire à la frappe, soustraire à l’interruption. Cacher sous les sols, derrière les montagnes, dans l’épaisseur du relief. Disperser, segmenter, rendre redondant. Faire en sorte que la ville, et avec elle l’État, l’énergie, l’alimentation, la défense, les réserves de survie, ne soient plus exposés comme une cible unique. Autrement dit : passer d’un urbanisme de la surface à un urbanisme de la profondeur.
Pendant des décennies, l’urbanisme moderne a cultivé une forme d’évidence : des grandes infrastructures visibles, des nœuds logistiques identifiables, des centralités nettes, des réseaux hiérarchisés. Cela répondait à une logique de croissance, de rationalisation, parfois de contrôle.
James C. Scott a montré comment les États préfèrent les espaces «lisibles», où les flux sont simples à recenser, où les populations se comptent et se déplacent selon des grilles, où le territoire devient un tableau de bord (Scott, 1998).
Cette lisibilité, qui servait à administrer et à planifier, devient aujourd’hui un talon d’Achille. Ce qui est lisible est repérable. Ce qui est repérable est frappable.
La technologie accélère cette conversion de la lisibilité en vulnérabilité. Une centrale électrique, un réservoir, une artère logistique, un pont, un data center, un dépôt : tout ce qui soutient la vie urbaine a une signature. Thermique, électromagnétique, visuelle, algorithmique… On ne «voit» plus seulement avec les yeux, on voit avec des modèles, des corrélations, des anomalies.
La surface de la ville, qui était l’espace de la représentation et de la rencontre, devient une peau exposée. Et l’on comprend soudain que la «smart city» peut aussi être, par retournement, une «target city» : une ville dont l’intelligence rend la destruction plus efficace.
Paul Virilio, en observateur aigu des rapports entre vitesse, guerre et territoire, insistait sur le fait que la modernité militaire n’est pas seulement une question d’armes, mais de perception et de trajectoire : ce qui compte, c’est la capacité à atteindre vite, à voir vite, à décider vite (Virilio, 1977).
Dans un monde où la décision peut se prendre à distance, la ville de surface devient un ensemble de coordonnées. Elle est réduite à une cartographie opérationnelle, où l’on distingue des «objets» à neutraliser. Et ce qui est plus grave encore, c’est que la séparation entre militaire et civil s’y dissout matériellement : l’électricité alimente autant les hôpitaux que les communications, les routes servent autant aux ambulances qu’aux convois, les entrepôts stockent autant les denrées que les pièces détachées. La guerre totale, ce n’est pas seulement l’intention d’écraser : c’est la structure même des réseaux urbains qui rend la distinction incertaine.
Quand la surface devient trop dangereuse, la profondeur redevient désirable. Ce n’est pas une invention. Les villes ont toujours eu leurs souterrains : aqueducs, égouts, caves, catacombes, abris. Mais il y a une différence entre le souterrain comme complément technique et le souterrain comme principe directeur. Nous basculons vers une logique où l’on ne descend pas seulement pour faire passer une conduite, mais pour organiser une stratégie de survie.
Cette stratégie s’appuie sur une évidence physique : la terre absorbe, amortit, dissimule. Elle protège contre certains effets des explosions, elle réduit la visibilité, elle offre une inertie thermique. Les montagnes, les collines, les falaises deviennent des boucliers naturels.
Là où l’urbanisme moderne aimait aplanir, niveler, ouvrir, l’urbanisme sous menace va chercher l’épaisseur, la masse, le pli. Il réhabilite le relief comme infrastructure.
Mais la profondeur n’est pas seulement un abri. Elle devient un espace politique. Enterrer des ressources énergétiques, des réserves alimentaires, des centres de commandement, des moyens de communication, ce n’est pas seulement «cacher», c’est hiérarchiser ce qui doit rester en vie lorsque tout vacille. C’est décider ce qui mérite la protection maximale. C’est, au fond, écrire une constitution souterraine.
Si l’on prend au sérieux l’idée d’un urbanisme de la dissimulation, alors les priorités changent. Les infrastructures énergétiques, par exemple, ne peuvent plus être pensées comme de grands monuments techniques isolés. Elles devront devenir des systèmes distribués, modulaires, capables de fonctionner en îlots.
Micro-réseaux, stockage fragmenté, capacités locales de production : non pas comme gadgets «verts», mais comme doctrines de survie. La question n’est plus seulement l’efficacité, c’est la continuité sous interruption.
Même logique pour l’eau, les soins, les communications. Une ville sous menace doit multiplier les points de bascule : pouvoir isoler une partie du réseau sans que tout s’effondre. Le vocabulaire de la cybersécurité — segmentation, redondance, Fail over — devient curieusement pertinent pour la ville matérielle.
C’est peut-être là un signe de notre époque : l’urbanisme se rapproche d’une ingénierie des systèmes, où l’on ne cherche pas le flux maximal mais la capacité à encaisser la rupture.
Keller Easterling a montré que le pouvoir contemporain passe souvent par des «infrastructures spatiales» : des standards, des réseaux, des zones, des formats qui gouvernent sans toujours se montrer comme pouvoir (Easterling, 2014).
Ce que la guerre fait, c’est rendre cette gouvernance visible : on comprend que l’infrastructure est la politique par d’autres moyens. Si l’on enterre des data centers, si l’on place des réserves sous des reliefs, si l’on construit des tunnels logistiques capables de contourner les axes exposés, on ne fait pas seulement des travaux : on redessine la souveraineté.
Et cette souveraineté se paie. Enterrer coûte cher, demande du temps, exige des compétences, mobilise des matériaux. Ce n’est pas neutre socialement.
Les villes qui auront les moyens d’organiser leur profondeur auront une chance de préserver leurs continuités vitales ; les autres resteront à nu.
Le risque est immense : un urbanisme de la protection pourrait se traduire par un urbanisme de l’inégalité, où certains vivent au-dessus, exposés, et d’autres en dessous, protégés — ou inversement : où les élites se réfugient dans des enclaves renforcées tandis que la majorité subit la surface.
Le mot «bunker» n’est pas seulement une figure de béton, c’est une philosophie. Il promet la sécurité en échange de la fermeture. Il transforme la ville en succession de compartiments protégés. Il fait de la vie urbaine une série de sas. On peut imaginer un futur où les stations de métro deviennent des abris permanents, où les parkings souterrains se reconvertissent en réserves, où des quartiers entiers se dotent de niveaux «profonds» pour les périodes d’alerte. On peut imaginer des écoles et des hôpitaux conçus comme des structures partiellement enterrées, des places publiques doublées d’espaces refuges, des réseaux de tunnels logistiques évitant les ponts et les échangeurs.
Mais ce futur n’est pas automatiquement désirable. Il pose une question morale : protéger la vie, oui, mais quelle vie ? Une vie diminuée, claustrée, organisée autour de l’anticipation de la frappe ? La ville a toujours été un art de la coprésence. Si l’on la reconçoit comme un art de l’évitement, on risque de perdre ce qui la rend humaine : l’imprévu, la mixité réelle, la rue comme théâtre, la surface comme monde partagé.
Virilio rappelait aussi que la logique militaire tend à coloniser l’espace civil : la défense devient une manière d’organiser le territoire, parfois jusqu’à le défigurer (Virilio, 1977).
Le danger est que la ville, en se protégeant, adopte les réflexes de la forteresse : surveiller, filtrer, verrouiller. Or l’urbanisme de la dissimulation peut devenir un urbanisme de la suspicion. Pour cacher, il faut contrôler l’accès. Pour protéger des infrastructures enterrées, il faut des périmètres, des autorisations, des capteurs. La sécurité peut devenir une grammaire quotidienne. Et ce qui est conçu contre l’ennemi extérieur peut se retourner contre les habitants, au nom de la prévention.
Depuis une quinzaine d’années, le mot «résilience» a envahi les discours urbains. Il venait du climat : absorber les chocs, s’adapter, rebondir. Mais la résilience militaire n’est pas la résilience climatique. L’une cherche à composer avec des phénomènes diffus, l’autre avec une intention hostile. Dans le premier cas, on négocie avec la nature ; dans le second, on affronte une stratégie adverse. Cela change tout : l’adversaire observe vos solutions, apprend, s’adapte. Il cherche la faille. La ville résiliente devient une ville en duel.
Scott mettait en garde contre les grandes utopies administratives qui prétendent ordonner le réel depuis le haut (Scott, 1998). Un urbanisme militarisé pourrait devenir une nouvelle utopie, non pas de la transparence mais de l’invisibilité : une ville parfaite parce qu’indétectable, une ville optimale parce que sans point faible. Or l’invisibilité totale n’existe pas. Toute structure laisse des traces. Et l’obsession du point faible peut conduire à un urbanisme paranoïaque, où l’on investit dans la protection au détriment du soin, de l’éducation, de la culture, de la justice sociale. On peut survivre en perdant ce qui rend la survie digne.
Alors, comment tenir ensemble deux impératifs : protéger sans bunkeriser, dissimuler sans dépolitiser, enterrer sans exclure ? C’est là que l’urbanisme doit redevenir un débat public, non une affaire de techniciens et de stratèges. Car si l’on enterre l’énergie, l’eau, les réserves, les moyens de défense, on enterre aussi des choix de société. On décide de ce qui doit continuer à fonctionner quand tout s’arrête. On définit la priorité des priorités.
Plutôt que de rêver une ville entièrement souterraine — fantasme qui relève autant de la science-fiction que du projet politique — on peut imaginer une ville stratifiée. Une surface maintenue comme espace de vie, d’échange, de respiration, mais doublée d’une profondeur conçue comme continuité vitale. La surface n’est pas abandonnée, elle est rendue plus souple : moins de points de concentration, moins de dépendances uniques. La profondeur n’est pas un refuge élitiste, elle est un bien commun : des abris accessibles, des services essentiels capables de basculer en mode dégradé, des stocks gérés démocratiquement, des réseaux capables de fonctionner localement.
Dans cette perspective, l’urbanisme de demain ne sera pas seulement une esthétique, il sera une stratégie. Il devra penser la topographie comme alliée, la distribution comme protection, la redondance comme justice. Il devra aussi accepter un paradoxe : la ville doit rester ouverte pour être vivante, mais suffisamment organisée pour ne pas mourir d’un seul coup. Entre l’ouverture et la protection, il n’y a pas de solution pure, seulement des compromis, des arbitrages, des institutions capables de rendre ces arbitrages discutables.
Easterling nous invite à regarder l’infrastructure comme un champ de pouvoir, où les choix techniques façonnent des comportements et des hiérarchies (Easterling, 2014).
Scott nous prévient contre les simplifications autoritaires qui prétendent résoudre le réel en le rendant lisible (Scott, 1998).
Virilio, enfin, nous avertit que la vitesse et la vision transforment la ville en cible, et que le militaire tend à s’infiltrer dans le civil (Virilio, 1977). Ces perspectives convergent vers une même exigence : penser l’urbanisme sous contrainte géopolitique sans renoncer à l’idée de cité.
Car la question qui vient n’est pas seulement celle-ci : où mettre les infrastructures. C’est aussi : quel type de monde urbain voulons-nous quand la violence revient comme horizon durable ? Un monde de cavernes technologiques, de quartiers-bunkers, de verticalités contrôlées ? Ou un monde où la protection devient un droit collectif, où la profondeur n’est pas un privilège mais une assurance commune, où la surface reste un lieu de démocratie ?
Le risque, sinon, est clair : la guerre ne se contentera pas de détruire des bâtiments, elle détruira l’idée même de ville. Non par effondrement spectaculaire, mais par transformation lente : une cité qui se ferme, qui se fragmente, qui se méfie, qui délègue son organisation à des logiques sécuritaires. La véritable reconstruction, alors, ne sera pas seulement matérielle. Elle sera philosophique : réinventer un urbanisme capable de protéger la vie sans enterrer la liberté.
* Universitaire.
Bibliographie :
Easterling, K. (2014). Extrastatecraft: The Power of Infrastructure Space. Verso.
Scott, J. C. (1998). Seeing Like a State: How Certain Schemes to Improve the Human Condition Have Failed. Yale University Press.
Virilio, P. (1977). Vitesse et politique. Galilée.
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Météo du dimanche matin
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Ligue 1 pro : programme TV des derniers matches de la J23
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Après avoir commis un génocide contre le peuple palestinien, et ce malgré une réprobation planétaire, la coalition américano-israélienne a entamé un nouvel épisode de barbarie contre l’Iran et le Liban, où chaque jour des civils innocents, personnes âgées, femmes et enfants, meurent sous un déluge de fer et de feu. La civilisation occidentale dans toute sa splendeur. (Photo : Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth. Le Liban entré dans la guerre malgré lui).
Abderrahmane Cherfouh *
Cette coalition criminelle mène des raids aériens d’une intensité sans précédent contre un pays qui a osé lui tenir tête et défier ses ambitions de domination. L’Iran est coupable d’avoir refusé d’être au service des intérêts stratégiques américano-sionistes au Moyen-Orient, de disposer d’une force militaire lui permettant de constituer un potentiel adversaire pour l’État d’Israël sioniste et de perturber ainsi la fausse quiétude d’une région que l’on croyait domptée par les accords d’Abraham, sur fond de menaces et chantages.
Rappelons, à cet égard, qu’après la chute de l’Egypte de Nasser, de l’Irak de Saddam, de la Libye de Kadhafi et de la Syrie des Assad père et fils, l’Iran a été, durant les trois dernières décennies, le seul pays du Moyen-Orient à afficher clairement sa volonté de s’émanciper de toute tutelle étrangère, en faisant confiance à ses cadres nationaux et à leur savoir-faire technologique, notamment en matière d’armement. Et il y a partiellement réussi.
Malgré l’embargo dont il fut victime, ce pays a mené une politique d’indépendance nationale qui s’est traduite par des réalisations scientifiques et militaires que les Occidentaux, et à leur tête les États-Unis, Israël, et leurs vassaux arabes du Golfe, ont perçues comme une menace pour leurs intérêts stratégiques au Moyen-Orient et, au-delà, en Asie centrale.
À travers les bombardements massifs de l’Iran, on cherche surtout à détruire cette volonté d’émancipation vis-à-vis de l’Occident arrogant et dominateur et à perpétuer la dépendance et la soumission à un ordre international dicté par les puissances d’hier et qui cherchent à le rester indéfiniment.
Le silence de Moscou, qui mène une guerre difficile contre l’Ukraine, la neutralité calculée de la Chine, soucieuse de conforter son avance technologique dans tous les domaines, et la déliquescence morale de la presque totalité des régimes arabes leur auront grandement facilité la tâche.
Pour toutes ces raisons, et pour beaucoup d’autres encore, l’Iran est devenu l’irréductible ennemi à abattre. Qu’il ait ou non arrêté l’enrichissement de son uranium, qu’il ait ou non avancé dans les négociations avec ses adversaires américano-sionistes, l’Iran aurait de toute façon subi l’agression dont il est aujourd’hui victime. Cette agression n’est, en fait, que le point d’orgue d’un plan longuement mûri par Israël et les États-Unis, qui ont orchestré une campagne médiatique de dénigrement contre l’Iran et sa supposée puissance militaire, axant leurs attaques sur le du régime des mollahs, assimilé à tort ou à raison à une dictature sanguinaire.
Cela est en partie vrai et prouvé, mais justifie-t-il une agression militaire menée en dehors de tout cadre légal et au mépris du droit international ? Et qui met le peuple iranien en tenaille entre, d’un côté, un régime dictatorial qui réprime brutalement toute contestation, et de l’autre, une coalition américano-israélienne qui frappe aveuglément et sans répit.
Les raids impressionnants sur l’Iran et le Liban, où les cibles sont aussi bien militaires que civiles, n’épargnant ni femmes, ni enfants, ni écoliers, se multiplient.
L’Occident soi-disant civilisé et défenseur des droits et des libertés se range derrière l’État génocidaire d’Israël pour s’attaquer aux «hordes fanatisées» de l’Iran, un prétexte tout trouvé pour détruire ce pays et imposer définitivement sa domination à un Moyen-Orient qui n’a pas fini de voir couler le sang de ses populations.
* Médecin.
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Isidore Ducasse dit Comte de Lautréamont, est né en 1846, à Montevideo, en Uruguay, dans une famille originaire du sud-ouest de la France.
Le pays étant en guerre, il rentre en France et finit par s’installer à Paris où il poursuit ses études secondaires. Il publie son Chant premier, à compte d’auteur, en 1868. S’en suivent cinq chants. Ce seront Les Chants de Maldoror, en 1869.
Il décède, dans des circonstances restées méconnues, à l’âge de 24 ans, en 1870, à Paris, alors en guerre, sous la Commune.
Entre poésie et prose, l’oeuvre de Lautréamont, est une traversée remuante, inventive, rebelle, entre rejet et douleur, noirceur et beauté, dénonciation du mal par le mal, révolte contre l’humain pour être trop humaine, Cela rappelle Rimbaud et Baudelaire.
On pense que le pseudonyme Lautréamont aurait pu lui être imposé l’éditeur pour échapper à la censure, à cause de l’œuvre jugée comme blasphématoire.
Tahar Bekri
Chant premier
Vieil Océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu fait sur le corps de la terre ; j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe en laissant des ineffaçables traces, sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance avec la douleur qui ne le quitte plus.
Je te salue Vieil Océan
***
Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n’es pas comme l’homme, qui s’arrête dans la rue pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe, qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur; qui rit aujourd’hui et pleure demain.
Je te salue, vieil océan !
***
Vieil Océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les milles secrets de ton intime organisation ; tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties.
Je te salue Vieil Océan !
Chant premier (extraits), Les Chants de Maldoror et autres poésies, Ed. Albert Lacroix 1869.
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TN Live – Guerre au Moyen-Orient : neuvième jour de guerre
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