Immeuble détruit à Haïfa…deux morts israéliens

© Mosaique FM

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La Tunisie commémore aujourd’hui, 6 avril 2026, le 26ᵉ anniversaire du décès de Habib Bourguiba, premier président de la République et figure centrale du mouvement national. Décédé le 6 avril 2000 à Monastir, Bourguiba est considéré comme l’architecte de l’indépendance tunisienne, obtenue le 20 mars 1956 après des années de lutte politique et diplomatique contre […]
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Les unités de contrôle ont mené dans la nuit du 4 au 5 avril une vaste opération à travers le pays visant les circuits de distribution des fruits, légumes et produits de base, aboutissant à plusieurs arrestations et saisies, a indiqué dimanche le ministère de l’Intérieur. Au total, 15 personnes ont été arrêtées lors de […]
L’article Contrôles économiques : 15 arrestations et 72 tonnes de produits saisis en une nuit est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.
Le temps sera caractérisé par quelques nuages sur l’ensemble du territoire, selon les prévisions publiées par Institut national de la météorologie. Le vent soufflera du secteur est sur le nord et le centre, et du secteur ouest sur le sud. Il sera généralement faible à modéré, avant de se renforcer relativement en fin de journée […]
L’article Météo : températures jusqu’à 27 degrés est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.
À mesure que les tensions s’intensifient, un phénomène que l’on croyait relégué aux livres d’histoire refait surface avec une inquiétante actualité : la stagflation. Ce mélange instable d’inflation élevée et de croissance atone s’installe progressivement, comme un poison lent dans les économies contemporaines. La hausse des prix de l’énergie agit comme une onde de choc initiale, qui se propage ensuite à l’ensemble des coûts de production. Les engrais, les transports, les produits alimentaires, tout devient plus cher, et ce renchérissement général finit par peser lourdement sur la demande.
Dans ce contexte, les analyses inspirées de John Maynard Keynes retrouvent une résonance particulière. L’économiste britannique avait déjà mis en évidence la manière dont les chocs exogènes peuvent désorganiser les équilibres macroéconomiques, en créant des situations où les mécanismes de marché ne suffisent plus à rétablir l’ordre. À l’inverse, les tenants d’une approche plus libérale, héritiers de Friedrich Hayek, voient dans ces perturbations une occasion de laisser les ajustements naturels opérer, quitte à accepter des phases de contraction douloureuses.
Ce débat, loin d’être théorique, se retrouve aujourd’hui au cœur des politiques économiques. Les banques centrales hésitent, tiraillées entre la nécessité de contenir l’inflation et celle de ne pas étouffer une croissance déjà fragile. Cette hésitation nourrit l’incertitude, et l’incertitude, à son tour, freine l’investissement et accentue la volatilité.
Dans cette recomposition brutale de l’économie mondiale, le Maghreb apparaît comme une périphérie particulièrement exposée. Loin des centres de décision, mais profondément intégré aux circuits économiques internationaux, il subit les chocs sans disposer toujours des leviers nécessaires pour les amortir.
La dépendance énergétique constitue ici un facteur déterminant. Les économies maghrébines, largement importatrices de pétrole et de gaz, voient leur facture énergétique s’alourdir mécaniquement. Mais au-delà de cette dimension directe, c’est toute la structure économique qui est affectée. L’inflation importée agit comme un multiplicateur de déséquilibres, tandis que les tensions financières internationales rendent l’accès au crédit plus coûteux et plus incertain.
Dans ce contexte, la guerre agit comme un révélateur. Elle met en lumière la fragilité des modèles de croissance, souvent fondés sur une combinaison de consommation interne, d’importations et de secteurs à faible valeur ajoutée. Elle rappelle, surtout, que la mondialisation, loin d’être un espace neutre, est un système hiérarchisé, où les chocs se diffusent de manière asymétrique.
Pour la Tunisie, l’impact de cette crise dépasse largement le cadre conjoncturel. Il s’inscrit dans une trajectoire déjà marquée par des déséquilibres persistants. Le déficit commercial, la dépendance énergétique, l’inflation structurelle et les contraintes budgétaires forment un socle fragile, sur lequel vient se greffer le choc externe.
L’augmentation des prix du pétrole agit comme un catalyseur. Chaque hausse se traduit par une pression accrue sur les finances publiques, notamment à travers le système de subventions. Ce mécanisme, conçu pour protéger le pouvoir d’achat, devient progressivement une source de tension budgétaire. L’État se retrouve alors face à un dilemme insoluble : préserver la stabilité sociale ou contenir l’endettement.
Mais c’est sans doute au niveau des ménages que l’impact est le plus palpable. L’inflation, dans sa forme la plus concrète, se traduit par une érosion du pouvoir d’achat. Le carburant, les produits alimentaires, les services de base deviennent plus coûteux, et cette hausse généralisée pèse particulièrement sur les classes moyennes et populaires. L’inflation n’est pas seulement un phénomène économique, elle est aussi une réalité sociale, vécue au quotidien comme une forme de déclassement.
À cette pression interne s’ajoute une détérioration des équilibres extérieurs. La hausse des importations énergétiques creuse le déficit commercial, tandis que la volatilité des marchés financiers exerce une pression sur la monnaie nationale. Le dinar, dans ce contexte, devient un indicateur sensible de la confiance, ou de son absence.
Le secteur touristique, pilier traditionnel de l’économie tunisienne, n’est pas épargné. Dans un environnement régional instable, les flux de visiteurs peuvent se contracter, privant le pays d’une source essentielle de devises. Ce recul, même temporaire, contribue à accentuer les tensions sur la balance des paiements.
Ainsi, la guerre, bien qu’éloignée géographiquement, s’insinue dans tous les interstices de l’économie tunisienne. Elle affecte les prix, les revenus, les investissements, et jusqu’aux anticipations des acteurs économiques. Elle transforme l’incertitude en norme, et la prudence en réflexe.
Dans un pays où les équilibres sociaux sont déjà fragiles, cette accumulation de pressions économiques fait peser un risque réel de fracture. Le chômage, les inégalités régionales, la précarité des emplois constituent un terreau propice aux tensions. Dans ce contexte, toute hausse significative des prix peut agir comme un déclencheur.
L’histoire économique tunisienne montre que les crises de pouvoir d’achat ne sont jamais neutres. Elles peuvent rapidement se transformer en crises sociales, voire politiques. La hausse du coût de la vie, lorsqu’elle est perçue comme injuste ou incontrôlée, alimente un sentiment de défiance envers les institutions.
Cette dimension sociale est souvent sous-estimée dans les analyses macroéconomiques. Pourtant, elle constitue un élément central de la stabilité économique. Une économie ne peut fonctionner durablement si elle est traversée par des tensions sociales profondes.
Face à cette situation, les autorités tunisiennes sont confrontées à une équation particulièrement complexe. La gestion de l’urgence impose des mesures de soutien, mais ces mesures ont un coût. À l’inverse, les politiques d’ajustement, nécessaires à moyen terme, peuvent aggraver les tensions à court terme.
Ce dilemme renvoie à une question plus large : celle du rôle de l’État dans l’économie. Faut-il intervenir massivement pour amortir le choc, au risque de creuser les déficits ? Ou faut-il privilégier l’ajustement, quitte à accepter une contraction de l’activité ?
Dans ce débat, les références à John Maynard Keynes et Friedrich Hayek prennent une dimension presque symbolique. Elles incarnent deux visions du monde, deux manières d’appréhender la crise et ses solutions.
Mais au-delà des choix théoriques, c’est la capacité à articuler court terme et long terme qui sera déterminante. La crise actuelle ne pourra être surmontée sans une réflexion profonde sur le modèle de développement.
Car c’est peut-être là le paradoxe de cette guerre : en exposant brutalement les fragilités de l’économie tunisienne, elle ouvre aussi un espace de réflexion. La dépendance énergétique, la faiblesse de la productivité, la structure des échanges extérieurs apparaissent désormais comme des enjeux incontournables.
La transition énergétique, souvent évoquée mais rarement mise en œuvre à grande échelle, pourrait trouver dans cette crise un nouvel élan. De même, la nécessité de diversifier l’économie, de renforcer les secteurs à forte valeur ajoutée, de repenser les politiques publiques devient plus évidente.
Mais cette opportunité reste incertaine. Elle dépendra de la capacité des acteurs économiques et politiques à dépasser la gestion immédiate de la crise pour s’inscrire dans une vision stratégique. Or, dans un contexte d’urgence permanente, cette projection dans le long terme est particulièrement difficile.
In fine, la guerre comme révélateur des choix à venir
La guerre au Moyen-Orient, dans sa dimension économique, agit comme un miroir. Elle reflète les forces et les faiblesses des économies, leur capacité de résilience ou leur vulnérabilité. Pour la Tunisie, ce miroir renvoie une image contrastée, faite de fragilités structurelles mais aussi de potentialités inexploitées.
Dans ce moment critique, les choix qui seront faits auront des conséquences durables. Ils détermineront non seulement la capacité à surmonter la crise actuelle, mais aussi la trajectoire future de l’économie tunisienne.
Car au fond, au-delà des chiffres et des indicateurs, c’est bien une question fondamentale qui se pose : comment transformer un choc subi en levier de transformation ? La réponse à cette question, encore incertaine, dessinera les contours de la Tunisie de demain.
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* Dr. Tahar EL ALMI,
Economiste-Economètre.
Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,
Psd-Fondateur de l’Institut Africain
D’Economie Financière (IAEF-ONG)
L’article Décryptage – La Tunisie face au choc invisible : le fracas des armes, l’écho des marchés est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
En mars 2026, le taux d’inflation annuel en Tunisie s’est établi à 5,0%, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1,0% par rapport à février 2026. Cette hausse mensuelle s’explique principalement par la progression des prix des produits alimentaires (+2,0%) et de l’habillement et chaussures (+1,5%), dans un contexte marqué par les préparatifs de l’Aïd al-Fitr. Par ailleurs, le taux d’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) s’est stabilisé à 4,6%.
En glissement annuel, l’accélération de l’inflation à 5,0% est largement portée par le groupe «Alimentation», dont les prix augmentent de 6,8% (contre 6,7% en février 2026). Cette hausse est notamment due aux fruits frais (+17,1%), à la volaille (+16,7%), à la viande d’agneau (+14,3%), au poisson frais (+12,3%) et à la viande bovine (+10,8%). À l’inverse, les prix des huiles alimentaires ont reculé de 7,3%.
Parallèlement, le groupe «Restaurants, cafés et hôtels» a enregistré une hausse de 6,2% (contre 5,6% en février), tirée par les services d’hébergement (+14,7%). Le groupe «Habillement et chaussures» a augmenté de 7,5% sur un an, bien que son rythme de progression ait légèrement ralenti par rapport à février (8,9%).
Les prix des produits manufacturés ont progressé de 4,3% sur un an, sous l’effet des hausses dans l’habillement (+7,5%) et les produits d’entretien courant du foyer (+4,9%). Les services (hors transport, restaurants et hôtels) augmentent également de 4,3%, toujours portés par l’hébergement.
En ce qui concerne les régimes de prix, les produits libres (non encadrés) voient leurs prix augmenter de 6,1% sur un an, contre seulement 1,2% pour les produits encadrés. Les produits alimentaires libres enregistrent une hausse de 7,7%, tandis que les produits alimentaires encadrés n’augmentent que de 0,2%.
Enfin, l’analyse des contributions à l’inflation globale montre que les groupes «Produits manufacturés» et «Services» sont les principaux contributeurs, avec respectivement 1,6 % et 1,4 %. Selon le régime de prix, ce sont les « produits non alimentaires libres » (2,8 %) et les « produits alimentaires libres » (2,0 %) qui pèsent le plus dans l’inflation totale.
L’article L’inflation se stabilise à 5,0% fin mars 2026 est apparu en premier sur Managers.
À l’heure où la Tunisie peaufine son plan de développement 2026-2030, le pays se trouve à la croisée des chemins. Entre une machine économique grippée par des déséquilibres macroéconomiques persistants et une pression asphyxiante sur les finances publiques, un levier stratégique semble encore tragiquement sous-estimé : la valorisation de nos ressources humaines, et plus particulièrement de nos ingénieurs, souvent tentés par l’émigration pour trouver de meilleures opportunités personnelles et professionnelles : une hémorragie de capital gris et un naufrage économique annoncé ?
Abdelwaheb Ben Moussa *

Le constat est brutal, presque insoutenable pour une nation qui mise sur l’innovation et la montée en gamme industrielle. Chaque année, la Tunisie diplôme environ 8 000 ingénieurs, mais en voit s’envoler entre 6 000 et 6 500 vers d’autres cieux.
Ce n’est plus de la mobilité professionnelle, c’est une véritable hémorragie. En 2022, ce chiffre a même atteint le pic alarmant de 6 500 départs, selon l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).
Cette fuite massive ne vide pas seulement nos bureaux d’études ; elle érode les fondements mêmes de notre souveraineté nationale.
Comment prétendre à une autonomie technologique, à une transition énergétique réussie ou à une cybersécurité digne de ce nom quand nos cerveaux les plus brillants vont construire l’avenir des économies du Nord ?
Chaque départ est une subvention déguisée que la Tunisie, malgré ses difficultés, offre aux nations les plus riches, perdant ainsi le bénéfice de décennies d’investissement dans l’éducation publique.

L’un des enjeux majeurs du plan 2026-2030 réside dans notre capacité à briser la dépendance aux énergies fossiles importées, qui grèvent structurellement notre budget. La transition vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert n’est pas une option esthétique, c’est une nécessité de survie. Cependant, installer des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes ne suffit pas à créer de la souveraineté si nous restons de simples importateurs de technologies et de maintenance.
Le véritable défi est d’ordre intellectuel : maîtriser le mix énergétique, optimiser les réseaux intelligents (Smart Grids) et concevoir des solutions de stockage adaptées à notre climat. Sans une armée d’ingénieurs spécialisés, nous passerons d’une dépendance au gaz étranger à une dépendance technologique étrangère. L’ingénierie tunisienne doit être le fer de lance de cette «indépendance énergétique 2.0», capable de transformer nos contraintes climatiques en avantages compétitifs.
Pourquoi nos talents partent-ils ? La réponse est connue, mais les remèdes tardent. Des perspectives salariales dérisoires face à une inflation galopante, des structures économiques sclérosées et un manque criant de projets stimulants à l’échelle nationale. L’environnement productif tunisien actuel semble incapable d’absorber cette matière grise, créant un cercle vicieux où le manque d’innovation décourage l’investissement, lequel finit par pousser les talents à l’exil.
Plus grave encore, la déconnexion entre le monde académique et le secteur productif reste une plaie ouverte. Les collaborations sont fragmentaires, et la recherche appliquée, parent pauvre des politiques publiques, peine à devenir ce moteur de croissance tant espéré. Nos ingénieurs se retrouvent souvent confinés à des rôles de maintenance ou de gestion de processus obsolètes, loin des frontières technologiques où se joue la compétition mondiale.
Pour le plan 2026-2030, il ne s’agit plus de saupoudrer quelques incitations fiscales. Il faut un changement de paradigme radical. La rétention des talents et l’établissement de conditions attractives doivent être érigés en piliers de la sécurité nationale. Sans une masse critique d’ingénieurs installés durablement sur le territoire, la Tunisie restera condamnée à la dépendance et à la sous-traitance à faible valeur ajoutée.
Les réformes doivent être systémiques et s’articuler autour de trois axes majeurs :
Soutien massif à l’innovation et à la R&D : il est impératif de multiplier les fonds de capital-risque dédiés aux projets industriels innovants. La propriété intellectuelle doit devenir un indicateur de performance national ;
Facilitation des investissements de rupture : le cadre législatif doit être assoupli pour permettre une intégration rapide de l’IA et de la Green-Tech dans le tissu industriel et financier ;
Refonte du lien université-entreprise : le passage à une économie de la connaissance exige que les universités deviennent de véritables laboratoires pour les entreprises, avec des doctorats industriels généralisés.
L’intégration des ingénieurs dans les grands chantiers nationaux — de la gestion du stress hydrique à la modernisation des services financiers — doit être le cœur battant du prochain plan quinquennal. Il ne s’agit pas d’un débat corporatiste, mais d’une question de survie économique.
Si la Tunisie veut cesser d’être la pépinière gratuite du monde pour enfin redevenir un pôle de décision souverain, elle doit comprendre qu’investir massivement dans ses ingénieurs coûte infiniment moins cher que de subir leur absence. Car à force de former des talents pour les autres, nous finirons par n’être que les spectateurs de notre propre déclin, importateurs de solutions que nos propres enfants ont conçues ailleurs. Affirmer la place stratégique de l’ingénieur, c’est choisir, enfin, de piloter notre avenir plutôt que de le laisser s’exporter irrémédiablement.**
* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.
** Ce texte a été élaboré avec l’assistance d’un outil d’IA.
L’article Tunisie | L’ingénierie, un impératif de souveraineté nationale est apparu en premier sur Kapitalis.
Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.
Raouf Chatty *

Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.
Vingt-six ans après la disparition du «Combattant suprême», les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d’État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.
D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi…
Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d’un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.
Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l’indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.
Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque…
Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.
Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage…
Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l’Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d’habitants, soit plus que le double de sa population actuelle : 12,5 millions.
Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.
Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari….
L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. *
* Ancien ambassadeur.
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Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché : Société tunisienne de sidérurgie El Fouladh (Menzel Bourguiba, Bizerte) sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. Tout en réaffirmant le principe de la préservation du patrimoine public, le gouvernement a établi un plan de sauvetage et de restructuration inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales.
Lotfi Sahli
El Fouladh, acteur historique de l’industrie nationale, traverse la plus grave crise de son histoire. L’exercice 2024 a accouché de résultats alarmants : un chiffre d’affaires en chute libre de 25 % (113,5 millions de dinars contre 145,7 millions en 2023) et une perte nette qui s’est creusée à 69,2 millions de dinars, contre 42 millions l’année précédente.
Le rapport des commissaires aux comptes ne laisse aucun doute : la société souffre d’une «accumulation des pertes et d’un alourdissement de l’endettement» qui appelle une «intervention urgente».
Les causes de cette dégradation sont multiples. Sur le plan commercial, les ventes de ronds à béton, qui représentaient encore récemment l’essentiel de l’activité, ont chuté de 17,5 % en volume. La production industrielle a suivi la même pente descendante, avec un recul global de 11 % en 2024 par rapport à 2023. L’aciérie n’a fonctionné qu’à 68 % de ses objectifs, la tréfilerie à 22 % et les structures métalliques à 34 %. Des arrêts à répétition – manque de personnel, ruptures d’électrodes, coupures d’eau, vétusté des équipements – ont paralysé les ateliers.
À cela s’ajoute un endettement colossal : plus de 308 millions de dinars de concours bancaires, des arriérés de 146 millions de dinars envers la CNSS (principal et pénalités) et 177 millions de dinars dus à la Steg. Des accords de paiement ont été conclus avec certains créanciers, mais ils ne suffisent pas à enrayer l’hémorragie.
Pourtant, El Fouladh dispose d’atouts indéniables : une maîtrise technique, des certifications de qualité (Innorpi, Afcab), et un positionnement stratégique dans un secteur où la Tunisie importe encore pour plus de 300 millions de dollars d’acier par an. C’est sur cette base que l’État a décidé un processus de restructuration de l’entreprise.

Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché : El Fouladh sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. La préservation du patrimoine public est un principe affirmé. Le plan de sauvetage repose sur quatre piliers, dévoilés par la presse :
1. Un nouveau modèle économique pour sortir de la monoculture du fer à béton : jusqu’ici, les ronds à béton contribuaient à près de 75 % du chiffre d’affaires. Désormais, ce taux sera ramené à moins de 10 %. Le cœur de métier deviendra la fabrication de billettes d’acier, qui représentera plus de 90 % du chiffre d’affaires.
L’objectif industriel est ambitieux : porter la capacité de production à 600 000 tonnes de billettes par an (en deux étapes : 300 000 tonnes puis 600 000 tonnes), permettant d’alimenter l’ensemble des laminoirs privés tunisiens et de substituer progressivement les importations.
2. Souveraineté industrielle et réduction des importations : la restructuration s’inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales. La Tunisie génère chaque année environ 300 000 tonnes de ferraille, jusqu’ici en partie exportée ou sous-exploitée.
Le nouveau programme prévoit de recycler cette matière localement, réduisant ainsi la facture des importations de billettes, qui grève lourdement la balance commerciale de notre pays.
La production de billettes destinées aux transformateurs locaux contribuera également à sécuriser les chaînes d’approvisionnement nationales contre la forte volatilité du marché mondial de l’acier.
3. Un volet social et d’assainissement financier : le gouvernement a intégré des objectifs sociaux clairs : la montée en puissance du nouveau modèle devrait permettre la création de 6 600 emplois, directs et indirects.
Parallèlement, le plan d’affaires vise à générer des flux de trésorerie suffisants pour honorer les dettes accumulées, selon des échéanciers déjà négociés avec la CNSS et les fournisseurs d’énergie.
L’assainissement passe aussi par un programme d’investissement dans de nouvelles infrastructures, avec le soutien de financements étrangers garantis par l’État.
4. Exclusion de toute privatisation : la cheffe du gouvernement a tenu à clarifier la ligne politique : «sauver sans privatiser». Conformément aux orientations présidentielles, El Fouladh restera une entreprise publique, placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie, et son capital ne sera pas ouvert à des actionnaires privés. L’objectif est de restaurer sa place de pilier de l’industrie sidérurgique nationale tout en préservant son statut d’établissement public.
Le programme de restructuration est ambitieux et rend le projet potentiellement porteur. La modernisation de l’outil productif, la spécialisation dans les billettes et la sécurisation de l’approvisionnement en ferraille locale pourraient faire d’El Fouladh un fournisseur incontournable, réduisant durablement la dépendance extérieure du pays.
L’assemblée générale ordinaire du 31 mars 2026, qui doit nommer de nouveaux administrateurs, marquera la première étape de cette refonte.
Reste à concrétiser les financements, à mener à bien les projets de dépollution et de mise aux normes environnementales (notamment dans le cadre du programme Ecopact), et à mobiliser les compétences internes pour que l’industrie sidérurgique tunisienne redevienne un fleuron.
Si le projet de restructuration se concrétise, El Fouladh pourra passer du statut d’entreprise sinistrée à celui de locomotive de la souveraineté industrielle.
Pour espérer réussir cette restructuration, ont doit :
– accélérer l’assainissement financier;
– accélérer la modernisation des installations de production ;
– consentir un effort supplémentaire pour rendre l’activité industrielle rentable à l’instar des années 2021 (+14,4 MDT) et 2022 (+31,1 MDT).
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Lire plus tardL’opération de sauvetage des pilotes américains en Iran, présentée comme un succès militaire majeur par Donald Trump, continue de susciter de nombreuses interrogations. Malgré les déclarations triomphantes de la Maison Blanche, les détails clés de cette mission restent largement inconnus, alimentant les spéculations et les analyses. Selon le magazine Newsweek, de nombreuses zones d’ombre persistent autour de cette opération qualifiée de « audacieuse ». Le Pentagone, de son côté, n’a livré que des informations limitées, laissant en suspens des questions essentielles sur le déroulement et les conséquences de cette mission. 1- Des pertes militaires encore floues L’un des […]
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Lire plus tardAu 38e jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, les échanges de frappes se poursuivent à un rythme soutenu, tandis que les discussions diplomatiques s’intensifient en coulisses pour tenter d’arracher une trêve temporaire susceptible d’ouvrir la voie à une fin du conflit. Depuis l’aube, plusieurs vagues de missiles iraniens ont visé des villes israéliennes, faisant des blessés et causant des dégâts matériels significatifs, notamment dans la région de Tel-Aviv. En parallèle, des frappes américaines et israéliennes ont ciblé des sites en Iran, dont des zones sensibles à Téhéran, avec un bilan humain déjà lourd. Sur le plan diplomatique, […]
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Le parti Courant Démocrate a achevé son 4e congrès national les 3, 4 et 5 avril 2026 à Sousse. Les conclusions, publiées dans un communiqué le 5 avril au soir, incluent des décisions clés : élection de Hichem Ajbouni comme secrétaire général, désignation de Wassim Hmaidi comme coordinateur général, et renouvellement du bureau politique ainsi que du conseil national.
Sur le plan programmatique, le congrès a adopté deux motions stratégiques une politique et une économique-sociale définissant les orientations du parti pour la période à venir.
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Horoscope du 6 avril 2026 : Une journée charnière entre décisions audacieuses et remises en question
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Amicaux : Domenech n'a pas été impressionné par les Bleus !
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Prévisions météo du lundi 6 avril 2026
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