La circulation des trains sur les lignes, Tunis-Gobâa et Tunis-Bougatfa, du réseau ferroviaire rapide (RFR) reprendra normalement à partir de la matinée du mercredi 21 janvier 2026, a annoncé la Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft).
Selon communiqué, cette reprise fait suite à la baisse du niveau des eaux ayant affecté certaines sections du réseau ces derniers jours, conséquence des fortes intempéries enregistrées notamment hier.
Les récents indicateurs d’activité publiés le 20 janvier 2026 par la BH Bank révèlent une situation nuancée : si la banque continue d’attirer massivement l’épargne des Tunisiens, elle doit composer avec une pression croissante sur ses marges et ses coûts de fonctionnement.
Un plébiscite pour l’épargne Le point fort de cette fin d’année 2025 est sans conteste la confiance renouvelée des clients. Avec une hausse spectaculaire de plus de 11 % des dépôts, la banque prouve qu’elle reste une valeur refuge pour l’épargne nationale.
Des crédits en léger retrait À l’inverse, le robinet des financements semble s’être quelque peu resserré. L’encours des crédits affiche un recul de 2,3 % (10 336 Mtnd). Ce ralentissement traduit une prudence stratégique :
Côté banque : Une volonté de mieux filtrer les dossiers pour limiter les risques.
Côté clients : Un essoufflement de la demande de la part des ménages et des entreprises.
Une rentabilité sous pression La performance financière globale s’en ressent. Le Produit Net Bancaire (PNB), indicateur clé de l’activité, s’effrite de 2,8 % pour passer sous le seuil des 700 Mtnd.
L’administration fiscale fait preuve de souplesse face aux conditions climatiques d’hier le 20 janvier 2026. La Direction générale des impôts vient d’annoncer que ce mercredi 21 janvier 2026 marque l’ultime délai pour déposer votre déclaration de revenus de décembre 2025 sans craindre de frais supplémentaires.
Cette décision du ministère des Finances fait directement écho aux difficultés rencontrées par de nombreux citoyens à travers le pays. Face aux intempéries qui ont paralysé certaines régions, il a été jugé nécessaire d’accorder cette rallonge exceptionnelle d’une journée. C’est donc une opportunité concrète pour régulariser votre situation aujourd’hui même, tout en évitant les pénalités ou les majorations de retard qui s’appliqueraient normalement dès demain.
Si vous rencontrez la moindre difficulté technique ou si vous avez une question de dernière minute, les équipes de l’assistance ne vous laissent pas seul. Vous pouvez contacter le centre d’aide par téléphone au 81 100 400 ou envoyer un message à l’adresse support.tej@finances.gov.tn.
Aujourd’hui, le ciel se montre capricieux. Des pluies orageuses débuteront par le Nord avant de gagner le Centre et certaines zones du Sud. Prudence particulière dans l’extrême Nord-Ouest où les averses s’annoncent copieuses. Côté vent et mer : Le vent ne sera pas en reste avec des pointes pouvant franchir les 60 km/h, particulièrement sur […]
(TAP)-Le président de la République, Kais Saïed, s’est rendu, mardi soir, à la ville de Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, endeuillée par le décès de quatre de ses habitants suite aux inondations ayant touché la région. Aussitôt arrivé à la ville, le chef de l’Etat s’est rendu aux domiciles des familles des victimes afin […]
UNIMED a publié ses indicateurs d’activité relatifs au quatrième trimestre 2025. Au 31 décembre 2025, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 148,9 millions de dinars , contre 147,7 millions de dinars un an auparavant. Cette évolution est portée par la progression des ventes sur le marché national, avec un chiffre d’affaires officinal en hausse de 16 %, passant de 43,6 millions de dinars au 31 décembre 2024 à 50,5 millions de dinars au 31 décembre 2025, ainsi que par une augmentation de 3 % du chiffre d’affaires à l’export.
La production en unités, incluant ampoules, flacons, seringues et poches, s’établit à 245 782 157 unités au 31 décembre 2025, enregistrant une baisse de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les investissements incorporels et corporels réalisés sur l’exercice atteignent 4,4 millions de dinars, provenant principalement des travaux d’agencements et d’aménagements.
L’endettement à long terme s’élève à 17,6 millions de dinars au 31 décembre 2025, en baisse de 29 %. Les dettes à court terme atteignent 27,4 millions de dinars, composées des échéances à moins d’un an sur les crédits bancaires pour 7,1 millions de dinars, sur les crédits de leasing pour 0,9 million de dinars et des crédits de gestion pour 19,4 millions de dinars, soit une hausse de 2 % par rapport au 31 décembre 2024.
Les destructions provoquées par deux jours de pluies torrentielles dans le paysage urbain d’une Tunisie en mal de planification, de gouvernance et de compétence sont la marque d’un pays qui a mal évolué en laissant s’aggraver toutes les tares de sa population : égoïsme, laisser-aller et corruption à tous les étages. C’est tout un pays qui coule, au propre et au figuré.
Mohamed Sadok Lejri
Notre conception de l’infrastructure est digne d’un pays de bédouins au climat désertique : égouts de dimension réduite, mauvaise gestion des eaux pluviales etc. Les constructions se font le plus souvent au mépris des règles d’urbanisme, les quartiers spontanés pullulent comme des champignons, la prolifération des constructions anarchiques dure depuis plusieurs décennies et ont transformé ce pays en un gigantesque bidonville. La corruption bat son plein dans le secteur du bâtiment, les malversations et la corruption gangrènent l‘activité de construction routière, les gens sont crasseux et salissent tous les endroits qu’ils fréquentent en y laissant des tonnes de déchets…
Bref, ce pays a été détruit miette à miette par des constructions aussi hideuses qu’anarchiques édifiées à coups de pots-de-vin et de passe-droits.
Un désastre administratif
Population, journaleux et animateurs de plateau placent, à chaque fois, les dirigeants de ce pays sur le banc des accusés pour leur imputer la responsabilité des dégâts occasionnés par les pluies qui s’abattent ponctuellement sur la Tunisie. Quand une région est touchée par des intempéries majeures, on entend souvent des gens hurler : «Que fait le maire ? Où est passé le délégué régional ?» En réalité, à part limiter les dégâts, l’Etat et ses représentants ne peuvent pas faire grand-chose pour les victimes. En effet, irresponsabilité, égoïsme et grand n’importe quoi s’entremêlent fangeusement depuis plusieurs générations.
La chose à laquelle nous assistons depuis deux jours n’est pas vraiment un événement climatique et ne relève pas du registre du phénomène naturelle – et encore moins de la catastrophe naturelle –, mais du désastre administratif.
Les esprits irrationnels et moyenâgeux rongés par la superstition aiment bien invoquer la «colère divine» pour y trouver une explication, mais ces inondations ne sont que le résultat prévisible d’une bétonisation effrénée. En effet, quand on remplace les zones d’absorption par des logements spontanés et des complexes immobiliers anarchiques, l’eau ne fait que reprendre ses droits sur le ciment du mépris.
Avant de couler sous l’eau, ce pays coulait sous le poids d’une corruption qui a transformé les règles d’urbanisme en simples suggestions, en théories sans application concrète. Chaque maison inondée est un monument à l’absence de rigueur et au non-respect des lois (loi organique, loi de la nature…). Chaque quartier inondé est un monument à l’inexistence de la culture de l’urbanisme et du bâtiment, chaque zone sinistrée par des pluies torrentielles est un monument à l’impunité environnemental et à l’urbanisme suicidaire. Chaque véhicule renversé est un monument au bétonnage corrompu, à la négligence criminelle et à la cécité volontaire. La médiocrité, l’irresponsabilité et la culture de l’à-peu-prisme («ti barra bark !») et des pots-de-vin sont une seconde nature chez nous ; elles ont encore de beaux jours devant elles.
D’aucuns ont sacrifié l’avenir du territoire sur l’autel du profit immobilier. Aujourd’hui, les Tunisiens paient en boue et en larmes le prix de leur conception bédouine et court-termiste de l’urbanisme, ils paient aussi le prix de la cupidité des décideurs qui ont délivré des permis de construire indûment. A force de fermer les yeux durant plusieurs décennies sur ces violations et dérives, le bétonnage sauvage est devenu la norme en Tunisie et des villes entières ont été construites sans la moindre notion d’urbanisme.
Un pays qui s’effondre
Vous remarquerez que le centre-ville de Tunis, malgré son engorgement et une concentration urbaine asphyxiante, même s’il subit le contrecoup de la croissance urbaine et de l’extension chaotique de la capitale, échappe plus ou moins aux foudres de la nature vengeresse. Il en est de même pour les vieux quartiers de Tunis sis à proximité du centre-ville tels que Mutuelleville, Alain Savary, Franceville/El Omrane, Notre Dame, El Menzah… Ces derniers témoignent d’une ordonnance urbaine rigoureuse, régie par les canons architecturaux de l’époque.
En revanche, les nouveaux quartiers surcotés comme El Aouina, El Ouahat (Les Oasis), Aïn Zaghouan, Raoued, La Soukra, Ennasr, Chotrana, etc., ne bénéficient pas de cette harmonie architecturale née d’une bonne maîtrise des règles de construction. Bien que les nouveaux bâtiments soient clinquants, ça reste du toc. Ils ont vu le jour dans le cadre d’une course effrénée au bétonnage qui ne s’encombre d’aucune autre considération que celle du béton et du prix du mètre carré. Il serait inutile de s’attarder encore sur les constructions anarchiques qui constituent une véritable pollution visuelle et qui continuent de défigurer le paysage urbain et de défier la nature.
Ainsi, «chya3mel el wali ? winou el moôtmed ?» continueront de fuser après chaque inondation.
Une politique de grands travaux doit être menée sur l’ensemble du territoire et une politique de décentralisation s’impose pour désengorger la capitale, laquelle s’est bidonvillisée, en créant un chef-lieu dans chaque gouvernorat et en métamorphosant toute la région Est du pays. Pour ce faire, il faut beaucoup d’argent, beaucoup de travail, des stratèges, des planifications urbaines et régionales, beaucoup de conscience professionnelle et s’élever au-dessus des bassesses et des mesquineries quotidiennes : corruption, malhonnêteté, cupidité, médiocrité, fatuité mal à propos et la liste des «vertus» est encore longue, lesquelles «vertus», mises l’une à côté de l’autre, sont capables de provoquer l’effondrement de tout un pays, au sens propre comme au sens figuré.
En 1945, le Plan Marshall pose les bases d’un ordre international où l’Amérique échange sécurité et prospérité contre une centralité durable ; aujourd’hui, avec une dette proche de 39 000 milliards de dollars, cet investissement fondateur s’est mué en contrainte structurelle, révélant le dilemme d’une puissance dont le rôle de garant du système devient lui-même un facteur de vulnérabilité voire de déclin.
Yahya Ould Amar *
Derrière ce chiffre de la dette se cache une histoire humaine, celle de régions désindustrialisées, de classes moyennes fragilisées et de sociétés sommées de financer, génération après génération, le coût d’un rôle mondial dont les bénéfices se diffusent au-delà de leurs propres frontières.
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’ordre international s’est présenté comme une promesse de stabilité, de prospérité et de règles partagées, mais il s’est en réalité construit comme une architecture portée par un pays, les États-Unis fournissant au monde des biens publics qu’aucune autre puissance ne pouvait assumer seule — monnaie de référence le dollar, sécurité des routes maritimes, liquidité des marchés, crédibilité des institutions multilatérales.
Ce système a permis l’essor des échanges, l’intégration des économies émergentes et l’expansion sans précédent des chaînes de valeur, mais il a aussi concentré sur les Etats-Unis les coûts de la stabilité globale, transformant le leadership en charge budgétaire, sociale et politique.
À mesure que la dette s’accumule – aujourd’hui près de 39 000 milliards de dollars – que les fractures intérieures se creusent et que la concurrence stratégique s’intensifie, la question n’est plus de savoir si l’ordre mondial est juste ou injuste, mais s’il demeure soutenable pour ceux qui en ont été les principaux garants — et ce que signifie, pour le reste du monde, une Amérique qui ne cherche plus à préserver l’architecture entière, mais à en sauver la part qu’elle peut encore porter.
La charge de la stabilité
Dans la mondialisation actuelle, les États-Unis constituent un pilier structurel du système avec leur monnaie, leurs marchés et leur capacité de projection stratégique formant une infrastructure invisible sur laquelle repose une part décisive de la circulation mondiale des biens, des capitaux et de la confiance.
Le dollar est devenu l’ossature monétaire d’un ordre international où la liquidité, le refuge et la prévisibilité sont fournis comme des biens publics informels à l’ensemble des économies, des centres financiers aux périphéries émergentes.
Cette centralité confère à Washington une influence qui dépasse la logique classique de la puissance, mais elle l’enchaîne aussi à une responsabilité systémique d’absorber les excédents du monde, recycler ses déséquilibres en dette souveraine et garantir, souvent au-delà de ses intérêts immédiats, la continuité d’un espace économique global dont la stabilité conditionne l’accès au financement, la trajectoire de développement et la sécurité monétaire de la majorité des nations.
Concrètement, ce rôle de garant s’est traduit dans une chaîne continue de coûts visibles et différés — budgets de défense pour entretenir un maillage mondial de bases et d’alliances, guerres lointaines de la péninsule coréenne aux déserts du Moyen-Orient, soins et pensions versés à des générations de vétérans, intérêts d’une dette contractée pour financer la stabilité globale. À cela s’ajoute une diplomatie de l’aide et des institutions, destinée à contenir les crises avant qu’elles ne deviennent systémiques. Additionnée et corrigée de l’inflation, cette facture à plus de 60 000 milliards de dollars, oscillant, selon les époques, entre 3% et 10% (guerre froide) de la richesse produite chaque année par les États-Unis.
L’ordre international peut se lire comme un contrat d’assurance implicite dont les États-Unis sont devenus l’assureur de dernier ressort. En temps de crise, le monde se tourne vers leur liquidité, leur sécurité et leurs marchés, tandis que les primes se transforment en dettes, déficits et engagements supportés par ce même pays au bénéfice de l’ensemble du système.
Ainsi, ce qui apparaît comme un privilège hégémonique se révèle être une charge structurelle, où la capacité de tenir le centre devient la condition même de la survie de l’ordre international qu’il soutient.
Giovanni Arrighi, théoricien des cycles hégémoniques, nous avertit que les puissances déclinantes s’effondrent non par des menaces extérieures, mais par une résistance interne à l’adaptation – un avertissement qui s’applique à l’Amérique, enchaînée à son rôle systémique.
La facture du leadership mondial
La centralité américaine a inscrit la stabilité du monde dans le bilan de sa propre société, où la liquidité, la sécurité et l’ouverture se sont progressivement traduites en dettes, en déficits et en lignes de fracture.
Le privilège du dollar a longtemps différé les choix entre puissance extérieure et investissement intérieur, faisant de l’endettement le régulateur silencieux d’un ordre aux bénéfices mondialisés mais aux coûts largement supportés par les Etats-Unis.
À cette pression financière s’est ajoutée une géographie des gagnants et des perdants, où certaines régions se sont intégrées aux flux globaux tandis que d’autres – comme l’Amérique – se sont désindustrialisées.
Dès lors, la soutenabilité n’est plus un débat comptable, mais une épreuve politique, jusqu’où une démocratie peut-elle porter la stabilité du monde sans entamer la cohésion qui fonde sa propre légitimité ?
La mondialisation asymétrique
L’ordre économique mondial s’est construit comme un mécanisme d’expansion collective reposant sur une dissymétrie structurelle, où les gains de la croissance ont été largement diffusés tandis que les coûts de la stabilité se sont progressivement concentrés sur le pays capable d’absorber les déséquilibres du reste du système. Les excédents industriels et commerciaux de l’Asie, les stratégies d’accumulation de réserves des économies émergentes et la recherche globale d’actifs sûrs ont trouvé dans la dette américaine un réceptacle naturel, transformant les déficits des Etats-Unis en contrepartie financière de la prospérité mondiale. Ce schéma a offert aux pays du Sud un accès inédit aux marchés, au capital et aux chaînes de valeur, mais il les a aussi arrimés aux cycles monétaires et budgétaires des Etats-Unis, faisant de chaque inflexion de la politique américaine une onde de choc transmise aux monnaies, aux investissements et aux équilibres sociaux des pays du Sud.
Ainsi, la mondialisation apparaît comme une architecture hiérarchisée de dépendances – et non un espace neutre d’échanges – où la promesse d’intégration s’accompagne d’une vulnérabilité systémique, et où la soutenabilité de la croissance de tous demeure étroitement liée à la capacité des Etats-Unis à continuer de porter le poids financier et politique de l’ensemble.
L’histoire offre un miroir troublant. Athènes finançait la sécurité de la mer Égée au prix de son trésor, Venise garantissait les routes du Levant en échange de sa prospérité, l’Empire britannique garantissait les mers au prix d’un endettement croissant. Toutes ont découvert que le centre du monde devient aussi son principal point de fatigue. L’Amérique s’inscrit aujourd’hui dans cette lignée, où la stabilité globale fut à la fois la source de la grandeur et la semence du déclin.
Droit international et survie stratégique
À mesure que l’ordre international se complexifie et empile les règles, les traités et les institutions, une tension s’exacerbe entre l’universalité proclamée du droit international et la réalité des intérêts vitaux des grandes puissances, pour lesquelles la sécurité nationale, la continuité économique et la stabilité intérieure demeurent des lignes de survie non négociables.
En Ukraine, à Gaza ou au Venezuela, le droit international se heurte aux impératifs de sécurité, de dissuasion et d’accès aux ressources stratégiques, révélant les limites d’un ordre fondé sur des règles, oubliées lorsque celles-ci entrent en conflit avec les intérêts des grandes puissances.
Cette fracture interroge sur la soutenabilité de l’ordre international lorsque ses garants – Etats Unis – considèrent que le respect strict du droit international affaiblit leur capacité à maintenir l’équilibre global.
La géopolitique des nœuds vitaux
Le Moyen-Orient – avec 30 % du pétrole mondial et 17 % du gaz naturel – demeure le cœur énergétique du monde, dont la stabilité conditionne l’inflation mondiale et les équilibres budgétaires des États importateurs.
La mer de Chine méridionale – où transite plus de 20% du commerce mondial dont 45 % de pétrole brut – concentre les chaînes technologiques et industrielles dont dépendent les industries numériques et de défense.
Enfin, l’Arctique avec une superficie de 14 millions de kilomètres carrés, s’ouvre comme une frontière d’un avenir proche en raison de la fonte accélérée de la calotte glaciaire, où l’émergence de routes transpolaires, l’accès à des ressources critiques et le déploiement de capacités de dissuasion modifient la cartographie des corridors de navigation maritimes et aériens.
Dans cette configuration des espaces stratégiques, le Groenland s’impose comme un point de jonction entre la sécurité nord-américaine, la gouvernance des nouvelles routes et la définition des règles des espaces émergents.
L’intérêt américain pour le Groenland s’inscrit dans une logique ancienne de prévention stratégique, dès 1940, après l’invasion du Danemark par l’Allemagne, les Etats-Unis s’y sont positionnés pour empêcher que cette dernière ne fasse de l’Atlantique Nord et de l’Arctique une zone de projection contre le continent nord-américain.
Pour l’Administration de Trump, sécuriser ces différents points d’appui revient à protéger l’infrastructure physique de l’ordre international ; pour les pays du Sud, dont près de quatre cinquièmes du commerce transitent par ces corridors maritimes et numériques, chaque tension dans ces espaces se traduit par des coûts immédiats sur les prix, les devises et l’accès aux marchés.
L’«affaire» du Groenland
Le Groenland dépasse la seule question des territoires et des ressources, il révèle une mutation de la puissance au XXIᵉ siècle, où l’influence se mesure autant à la capacité de définir les règles des espaces émergents qu’à la maîtrise des zones déjà intégrées à l’économie mondiale.
Tandis que le réchauffement climatique ouvre des routes transarctiques, rapproche l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord et rend accessibles des minerais critiques pour la transition énergétique et les technologies avancées, l’enjeu central devient la maîtrise stratégique de ces nouveaux espaces.
Les corridors transarctiques offrent des trajets jusqu’à trois fois plus rapides entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en réduisant l’exposition aux goulets d’étranglement et aux vulnérabilités sécuritaires qui caractérisent aujourd’hui des passages comme le canal de Suez ou Bab El Mendeb (mer Rouge).
Pour les États-Unis, investir le Groenland, c’est projeter la sécurité nord-américaine dans le futur, sécuriser les corridors de demain et éviter que des puissances concurrentes ne définissent seules les standards d’accès, d’exploitation et de navigation.
Pour les pays émergents, cette reconfiguration annonce un monde où les centres de gravité du commerce et de l’influence peuvent se déplacer brutalement, reconfigurant les avantages comparatifs et les dépendances.
À mesure que ces recompositions se dessinent, une question s’impose, un ordre international peut-il durer lorsque la charge de sa stabilité devient plus lourde que les bénéfices qu’en retirent ses garants, et lorsque ceux qui en dépendent le plus n’en participent que marginalement à sa gouvernance ?
La soutenabilité devient une épreuve morale et institutionnelle, où se confrontent la promesse d’un monde régi par des règles communes et la réalité d’un système structuré par des rapports de force.
Préserver l’ordre international implique d’en redistribuer les coûts, d’en élargir la légitimité et d’en pluraliser les centres de décision ; assumer la rupture, c’est accepter une fragmentation où la stabilité cède la place à des équilibres régionaux concurrents, plus flexibles mais aussi plus instables. Entre ces deux voies se joue le destin des décennies à venir.
L’histoire ne jugera pas l’Amérique sur la puissance qu’elle a exercée, mais sur la capacité du monde à rester stable le jour où elle cessera d’en porter seule le poids.
La Société des transports de Tunis (Transtu) a annoncé la mise en place de solutions de remplacement par bus, en attendant la baisse du niveau des eaux au niveau de la station Tunis marine. La reprise de la circulation des lignes du réseau ferroviaire interviendra après l’achèvement de l’opération de pompage des eaux, assurée par […]
Selon les indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT), les réserves en devises ont atteint, le 20 janvier 2026, un montant de 25261,2 millions de dinars, soit l’équivalent de 106 jours d’importation. Ci-après les données provisoires pour le 20 janvier 2026 concernant les avoirs nets en devises de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). […]
La situation météorologique reste instable ce matin sur l’ensemble du territoire tunisien. Le temps est marqué par un ciel parfois très nuageux, accompagné de pluies éparses et temporairement orageuses sur les régions du nord. Ces précipitations devraient s’étendre progressivement vers le centre du pays et toucher localement le sud, avec des épisodes parfois abondants, notamment […]
Le conflit entre le président Donald Trump et l’Union européenne s’inscrit dans une rupture profonde du cadre institutionnel et idéologique qui a façonné les relations transatlantiques depuis plus de sept décennies.
Dès son accession à la Maison Blanche, Donald Trump a exprimé un scepticisme radical vis-à-vis des alliances traditionnelles, posant les États-Unis non plus comme le garant de l’ordre mondial mais comme une puissance devant reconquérir une souveraineté qu’il jugeait diluée au profit de partenaires devenus, selon ses termes, des “profiteurs”. L’Union européenne, incarnation la plus accomplie d’un multilatéralisme organisé, s’est alors retrouvée en première ligne d’une confrontation politique et économique qui lui était longtemps étrangère.
Les déterminants du conflit trouvent leur source dans une réinterprétation américaine de la mondialisation. La présidence Trump s’est construite sur l’idée que le libre-échange n’avait pas été équitable et que les États-Unis avaient consenti des sacrifices disproportionnés pour faire fonctionner le marché mondial et ses institutions. L’Union européenne, avec ses excédents commerciaux robustes, ses normes réglementaires strictes et sa capacité collective de négociation, fut identifiée comme un symbole de ces déséquilibres structurels.
Au cœur de l’analyse trumpienne se trouve la question du déficit commercial, analysé non comme un indicateur complexe de relations économiques interdépendantes, mais comme une preuve tangible d’une injustice commerciale et d’une exploitation économique.
Ce renversement d’approche a alimenté une politique résolument protectionniste. Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium, l’omniprésente menace de pénalités sur l’automobile et les enquêtes ciblant les pratiques agricoles européennes ont constitué autant de fronts ouverts contre Bruxelles. Le langage, lui-même, prit un tournant conflictuel : l’Europe fut décrite comme une “adversaire” plutôt qu’une alliée, révélant une redéfinition symbolique du rapport transatlantique. Dans le même temps, la Maison Blanche utilisa les sanctions extraterritoriales non seulement contre ses rivaux déclarés mais également contre ses alliés, notamment lorsque les intérêts américains divergeaient de ceux des Européens sur des dossiers tels que l’Iran, la technologie ou l’énergie. Ce recours à l’unilatéralisme, désormais décomplexé, illustra la volonté de Washington d’imposer ses priorités stratégiques en court-circuitant les mécanismes collectifs.
Dans le même temps, la Maison Blanche utilisa les sanctions extraterritoriales non seulement contre ses rivaux déclarés mais également contre ses alliés, notamment lorsque les intérêts américains divergeaient de ceux des Européens sur des dossiers tels que l’Iran, la technologie ou l’énergie.
L’évolution de cette confrontation fut marquée par une alternance d’escalades et de trêves. Les périodes de tensions maximales furent accompagnées de menaces explicites de guerre commerciale globale et de discours dénonçant l’Union comme un acteur “bureaucratique et inefficace”. Par moments, la pression américaine força Bruxelles à envisager des concessions tactiques, notamment sur des quotas agricoles ou certains secteurs industriels. Puis, par vagues successives, des compromis partiels ont permis d’éviter que les différends ne se transforment en affrontement systémique. Mais ces accalmies ne dissipèrent jamais l’essence du conflit : la critique structurelle du modèle économique européen et du projet même d’intégration.
Ce changement dans la nature du leadership américain a entraîné un mouvement de repositionnement stratégique en Europe. Pour la première fois depuis 1945, l’Union dut considérer que l’axe transatlantique pouvait devenir une contrainte plutôt qu’une protection. Elle s’engagea dans des débats sur sa souveraineté économique, son autonomie industrielle et sa résilience commerciale, ouvrant la porte à des initiatives naguère impensables, telles que l’idée de capacités militaires communes ou la recherche de nouveaux accords commerciaux hors de l’espace occidental. Cette mutation interne à l’Europe constitue la seconde dimension du conflit : non seulement Trump s’en prit à l’Union, mais son offensive força Bruxelles à repenser sa place dans le monde.
La Tunisie entre chocs géopolitiques et bataille normative
Les implications pour la Tunisie s’inscrivent dans cette transformation globale. Pays structurellement dépendant de l’Union européenne pour ses exportations, ses flux financiers et sa stabilité macroéconomique, la Tunisie se trouve exposée à tout choc touchant les économies européennes. Un ralentissement du commerce transatlantique, un affaiblissement de la demande européenne ou un déplacement de capitaux internationaux peuvent pénaliser l’industrie tunisienne, particulièrement les secteurs textile, mécaniques et électroniques intégrés à des chaînes de valeur mondiales où l’Europe occupe un rôle d’assemblage et de redistribution.
La Tunisie est également concernée par la bataille normative. L’Europe et les États-Unis envisagent désormais différemment les règles commerciales, les standards techniques, les subventions aux industries et les conditions de marché.
La Tunisie est également concernée par la bataille normative. L’Europe et les États-Unis envisagent désormais différemment les règles commerciales, les standards techniques, les subventions aux industries et les conditions de marché. Dans un espace dominé par l’incertitude, le statut d’économie externe mais dépendante devient une position risquée. La Tunisie doit alors diversifier ses débouchés, se repositionner sur des filières régionales, notamment africaines, et mettre en place des amortisseurs capables d’encaisser les fluctuations d’un système international sans arbitre clair.
Sur le plan géopolitique, le pays est confronté à un dilemme stratégique. L’Union européenne demeure son partenaire principal, mais un glissement graduel vers un monde multipolaire offre de nouvelles opportunités, qu’il s’agisse du marché américain, d’investissements du Golfe, ou du rapprochement avec des pôles émergents comme les BRICS. Le conflit entre Trump et l’Europe annonce l’effritement d’un système où la Tunisie pouvait compter sur un environnement relativement prévisible et signale l’émergence d’un paysage plus fluide, concurrentiel et fragmenté.
Ainsi, le choc transatlantique n’est pas un orage passager mais le symptôme d’une transformation profonde des équilibres mondiaux. Pour la Tunisie, il rappelle avec force la nécessité d’une stratégie économique résiliente, d’une diplomatie agile et d’un projet national capable de tirer parti des espaces qui se ferment comme de ceux qui s’ouvrent. Dans un monde qui se décentre, les marges deviennent des carrefours et les pays situés aux frontières des blocs peuvent, s’ils anticipent les mutations en cours, convertir la vulnérabilité en avantage stratégique.
Ainsi, le choc transatlantique n’est pas un orage passager mais le symptôme d’une transformation profonde des équilibres mondiaux. Pour la Tunisie, il rappelle avec force la nécessité d’une stratégie économique résiliente, d’une diplomatie agile et d’un projet national capable de tirer parti des espaces qui se ferment comme de ceux qui s’ouvrent.