1er mai 2026 – L’UGTT est-elle à la croisée des chemins ?
Les défis ne manquent pas aujourd’hui pour la nouvelle direction de l’UGTT appelée à faire, peut-être, des choix dans un contexte bien différent que celui du passé.
Le 1er mai, Fête du travail, a été de tout temps l’occasion de voir du côté de l’activité syndicale de quoi il retourne. La Tunisie ne peut faire exception. D’autant plus que ce 1er mai 2026 est une occasion de sentir comment pourrait évoluer le plus important syndicat de notre pays qui vient de choisir une nouvelle direction lors de son 26ème congrès, tenue fin mars dernier.
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tient du reste un rassemblement à la place Mohamed Ali à cette occasion. Et beaucoup attendent cette sortie de la nouvelle direction de Slaheddine Selmi pour savoir ce qu’elle dira sur des dossiers, considérés, ici et là, importants et si elle réussira à mobiliser les travailleurs.
Et les défis pour Slaheddine Selmi et l’équipe qui l’entoure ne manquent évidemment pas. A commencer par les finances qui ont souffert beaucoup de la suspension des prélèvements automatiques sur les salaires.
39 millions de dinars de déficit
On évoque souvent, à ce niveau, les quelque 39 millions de dinars de déficit de l’UGTT. Sans oublier des dettes estimées à 60 millions de dinars. Ce qui a obligé la centrale de Farhat Hached à serrer la ceinture.
Outre les mesures prises dans ce sens, comme la cession de la voiture du secrétaire général et la suspension de la prime spéciale accordée aux membres du bureau exécutif national, on aurait évoqué, un temps, la vente d’un local dans la capitale.
Toujours, à ce niveau, il est question de mobiliser bien des énergies pour réussir à récolter un grand nombre de cotisations. En tout cas, la nouvelle direction va charger une commission d’experts et de syndicalistes « d’élaborer un plan stratégique pour surmonter les difficultés financières de la Centrale syndicale ».
Quid de l’« opposition syndicale »
Autre défi important – et pas des moindres -, au regard des divisions qui ont vu le jour au cours même du récent congrès, il faudra resserrer les rangs et dépasser tout ce qui est de nature à faire trébucher davantage l’organisation.
Sans doute, le défi le plus important, estiment certains observateurs, c’est le fait que l’« opposition syndicale » n’a pas totalement disparu et peut-être n’a pas baissé les bras. On sait que l’UGTT regroupe beaucoup de courants idéologiques qui ne peuvent être d’accord sur tout.
Et en premier lieu sur l’attitude à adopter face à la situation économique du pays et par sa gestion économique. Et évidemment le pouvoir d’achat et l’augmentation du coût de la vie. On se demande jusqu’où pourrait aller l’UGTT qui a toujours défendu bec et ongle les travailleurs sur ce terrain précis.
Evolution
Réuni le 22 avril 2026, le groupement de la fonction publique de la centrale syndicale a appelé à l’ouverture de négociations avec l’exécutif. Un terreau au niveau duquel l’UGTT est la plus présente et la plus forte et capable le plus de mobiliser.
Si du moins on se réfère au vécu de la Centrale qui pourrait évoluer, avec les mutations nationales et internationales, pour s’éloigner un tant soit peu, par ailleurs, du terrain public et s’engager – également – sur le terrain du secteur privé !
Ce qui amène certains à s’interroger sur la place occupée par l’UGTT sur le terrain de la revendication politique et de ressembler davantage à beaucoup de syndicats dans le monde préoccupés avant tout par le social et le politique. Et sur sa place dans le tissu associatif.
Autant dire que le contexte pourrait obliger la Centrale syndicale à faire sa mue.
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