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Le vieil homme qui réordonnait les ossements des morts

25. Januar 2026 um 08:15

Né en 1955 à Tozeur, l’auteur est romancier, nouvelliste et traducteur. A publié une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles. Certains de ses ouvrages sont traduits en français et en italien. Son œuvre est couronnée de nombreux prix littéraires. Nous publions ci-dessous la traduction de l’une de ses nouvelles extraite de son recueil ‘‘An-noujoum al-lati inkadarat’’ (Des étoiles qui se sont éteintes), édité au Caire, en 2018, par Al-Hay’a al-‘amma lil-kitab.

Nouvelle de Brahim Darghouthi (Traduite de l’arabe par Tahar Bekri)

Le cimetière est tout proche du petit chemin que venait de creuser un bulldozer, il y a peu de jours. Des restes de vieilles tombes apparurent remplis de morts emportés par une épidémie qui avait envahi le village lors de la seconde guerre mondiale. Les ossements se sont dispersés tout le long de la piste qui mène vers la palmeraie pendant que la lame de la machine repoussait la terre, le gravier, les palmes et les tas de sable vers la pente, juste à côté de la vallée, quand brusquement une voix derrière le conducteur fusa criant le plus fort, arrête, toi qui ne respectes pas la sacralité des morts, la terre n’a pas encore subi son tremblement ultime ni le dernier jugement n’est arrivé ! 

Mais la voix chargée de colère, suivie d’insultes, s’est perdue au milieu du grondement du moteur de la machine qui rugissait comme un animal sauvage mythologique sorti tout droit d’entre les tombes.

Finalement et après grande peine, le conducteur s’arrêta, descendit de la cabine de la gigantesque balayeuse des routes, se rendit compte de la catastrophe qui s’est produite. La place, près du vieux cimetière, était couverte d’ossements humains, de différentes tailles et formes. Il fut cloué à sa place, se mit à regarder toutes les choses qu’il a sorties du remblai, atterré et pétrifié. Le bâton du vieil homme à la longue barbe et à la djebba * courte, qui lui avait intimé d’arrêter tout à l’heure, s’abattit sur lui, faillit lui fracasser la tête, mais il l’évita, s’enfuit vers sa machine et s’y protégea des jets de pierres, lancés dans sa direction de tous côtés, par en-dessous, de la terre, d’en haut, du ciel. Il ne sut comment il quitta le lieu au milieu de l‘énorme halo de poussière et de vacarme.

Le vieil homme, à la jebba courte et à la barbe longue, qui avait grondé l’homme au bulldozer et lui avait proféré un torrent d’insultes, passa la journée jusqu’au crépuscule, à rassembler les os cariés, dispersés par la lame de la machine aveugle, dans un coin de la place, mitoyenne au cimetière. Il ne cessa de chercher et d’examiner la terre que lorsqu’il la passa entre les doigts comme à travers d’une passoire, poignée par poignée, puis s’isola, devant ses yeux, le tas mortuaire, repassant avec une grande précision, les parties supérieures et postérieures, les os du thorax, du bassin, du cou, de la colonne vertébrale, du crâne, ensuite il rangea chaque catégorie, à part, les petits avec les petits, les grands avec les grands, se secoua les mains de la terre et de la poussière, de la mort qui leur collaient

Dès qu’il a fini, il sursauta comme un diable sorti à l’instant d’un bocal resté longtemps prisonnier des fonds des mers puis se mit à applaudir des deux mains et des pieds dans un rythme cadencé, fredonnant, sifflant comme les diables habitant les périlleuses cavernes lointaines. Les vieux os qu’il posa dans un tas, tout près des murs du cimetière, se secouèrent et se mirent à marcher au milieu de crissements et de froissements, chaque os est allé là où il devait être, dans son premier corps, lorsqu’il avait été enterré par le fossoyeur, à son décès.  

Aucun os, petit ou grand, ne s’est trompé d’endroit, Les squelettes se levèrent, droits, de la plus belle manière, se remplirent de chair et de graisse, jusqu’à être présentables, debout dans une longue rangée mixte, marmonnant, se poussant du coude puis se dirigèrent vers la porte du cimetière.

Mais à la dernière minute, celui qui avait la barbe longue et la jebba courte, changea d’idée, il indiqua de sa main le village endormi dans l’obscurité de minuit et se mit devant la rangée, de pas sûrs, en frappant la terre de ses pieds comme un officier allemand.

Quand il arrivait avec ses soldats devant un porte fermée, il la frappait violemment avec son bâton, puis il la frappait de nouveau jusqu’à ce qu’elle s’ouvrît. Là, il poussait l’un des êtres dans la rangée à l’intérieur de la maison puis il fermait la porte derrière lui, habilement. On entendait un petit cri de frayeur mais il n’y faisait pas attention et poursuivait son action jusqu’au bout.

Ce matin-là, les symptômes de la typhoïde se répandirent chez tous les habitants du village, petits et grands. Les corps furent saisis de tremblements, de maux de tête, de raideur aux muscles et à la poitrine. Les vieux furent immobilisés dans leurs foyers et ne purent plus les quitter, Les élèves, eux, se firent violence pour sortir et remplir les bus qui les conduisirent vers la ville avec leurs histoires étranges sur les êtres qui leur rendirent visite aux heures tardives de la nuit.

Une semaine à peine, la contagion toucha toute la ville que fréquentaient les élèves venus étudier. De là, la maladie se déplaça à l’est et à l’ouest, jusqu’à atteindre la capitale du pays. Les gens accoururent vers les médecins qui constatèrent les symptômes de la maladie mais leurs ordonnances n’étaient pas en mesure de les guérir.

La foule commença à s’entasser dans les hôpitaux puis remplit les rues et les places de cadavres, les villes se transformèrent en cimetières collectifs diffusant l’odeur de la mort.

Ceux qui restaient vivants parmi les employés municipaux se mirent à creuser de larges fosses afin d’enterrer les dépouilles putrides, à l’odeur nauséabonde, mais leurs efforts étaient vains. Ils étaient impuissants d’affronter cette peste qui toucha le pays et l’un après l’autre, tomba comme un tronc de palmier creux

Dans l’extrême lointain, le bruit d’un bulldozer tonnait en l’air, pendant que sa lame géante creusait, près des murs de cimetières débordant de morts, dont la jeunesse fut dévorée par la peste, devenant incapables de contenir toutes les tombes qui remplissaient la vastitude. L’homme, à la barbe longue jusqu’au nombril et à la chemise courte, remettait de l’ordre dans les ossements des morts et les envoyait frapper aux portes des villes. L’aboiement de chiens enragés peuplant l’univers, s’élevait sous les regards d’un soleil froid qui s’éteignait peu à peu jusqu’à ce que l’obscurité couvrît les quatre coins de la planète.

(Remerciements à l’auteur)

* Habit traditionnel tunisien.

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Paris accueille un salon d’artisanat tunisien

25. Januar 2026 um 07:57

La 17ᵉ édition du salon Tanit Artisanat se tiendra du 14 au 16 février 2026 aux Salons Hoche (9 avenue Hoche, Paris 8ᵉ), offrant aux visiteurs une véritable plongée dans l’artisanat, la culture et les traditions tunisiennes.

Cet événement annuel, devenu un rendez-vous incontournable pour la diaspora tunisienne et les amateurs de savoir-faire artisanal, propose une immersion dans une ambiance 100 % tunisienne. Les visiteurs pourront y préparer leurs achats pour le mois saint, découvrir des créations uniques et partager des moments de convivialité et de nostalgie.

Le salon est ouvert de 10h à 20h, avec entrée gratuite. Une occasion de célébrer l’identité et le patrimoine tunisien au cœur de la capitale française.

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Le poème du dimanche | ‘‘Nostalgie’’ de Zoubeida Bechir

25. Januar 2026 um 07:36

Née en 1938 à Sakiet Sidi Youssef, Zoubeida Bechir est poète, nouvelliste et animatrice à la Radio nationale tunisienne.

Autodidacte, elle se fait connaître par son recueil Hanîn (Nostalgie), paru en 1968. Poésie d’amour affranchi, affirmation de la femme aimante, écriture entre métrique et vers libre, sensibilité et élégance dans les thèmes, font d’elle une voix dont on n’a pas mesuré alors l’importance dans la poésie tunisienne et arabe.

Cependant, elle quitte vite la scène littéraire et se fait oublier. Il faudra attendre 2002 ! pour voir paraître un second recueil Ala‘ (Grâces), publié par les soins du Credif. Aujourd’hui un Prix porte son nom.

Elle décède en 2011, date à laquelle paraît son recueil posthume, Tâir al-finiq (Le Phénix). Est-ce parce qu’elle renaissait tardivement de ses cendres ?

Œuvres complètes, Ed Med Ali El-Hammi, 2014.

Tahar Bekri

Si les calomnieux viennent te dire

C’est pour un autre qu’elle a chanté

Et avant toi elle en aima un autre

N’accorde pas d’oreille à ce qu’ils prétendent

Pouvais-je aimer ?

Pouvais-je aimer dans l’existence un autre que toi ?

Mon sauveur de ma terrible perte

Ma vie exale ses plus chères fragrances

Ses parfums se répandent

Pour bénir mon grand amour… Le grand

Pour tes yeux mon cœur languit et bat

Sur tes souvenirs je me réveille et sommeille

J’oublie la souffrance… J’oublie la peine

Je rêve extasiée du jour de la rencontre

Dans ton monde je suis sereine mon âme soeur

J’ai réalisé les rêves de ma vie

Dis à celui qui prétend autre que cela :

Je suis né le jour où je l’ai aimée

Tu brillas ô sourire vigoureux 

Pour inonder mon âme de tendresse

Et le printemps de prodiguer ses meilleurs vœux

Je t’aime jusqu’à ce que l’amour en devienne jaloux

Celui qui se désaltère à l’amour peut-il avoir soif ?

J’embrasse ton image dans ma solitude

Et dans mon cœur grandit une blessure…

Mon cœur meurtri

Un nuage m’arrose d’espoir

Je me moque des conseils et de ceux qui les donnent

Je me laisse dépouiller par la nostalgie

Si je combats la patience des années

Le silence des nuits Tout l’ennui et sa durée

Comment fuirai-je mon désir ?

Ne me jette pas dans les gouffres de la perte

Le cœur est épuisé par le long combat

Laisse-moi à mon illusion nourrir mon imagination

O sourire d’un don impossible !

(Traduit de l’arabe par Tahar Bekri)

Revue Al-Fikr, n°3, année 11, décembre 1967.

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« Le perturbateur », l’arme secrète américaine qui aurait permis l’arrestation de Nicolás Maduro

Von: balkis T
25. Januar 2026 um 01:10

Le président américain Donald Trump a affirmé avoir utilisé une arme secrète, baptisée « le perturbateur », lors d’une opération militaire américaine menée à Caracas, qui aurait conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. Ces déclarations ont été faites dans une interview accordée à la presse américaine depuis […]

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