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Énergie: l’Afrique lance sa propre banque dotée de 5 milliards de dollars

02. November 2026 um 14:35

L’Afrique se dote d’un nouvel instrument de financement de son secteur énergétique. Portée conjointement par Afreximbank et l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), la Banque africaine de l’énergie (AEB) a été officiellement lancée à Abuja, le 31 octobre.

L’enjeu est de taille: contribuer à résorber un déficit d’investissement estimé à 200 milliards de dollars, en diversifiant les sources de financement et en mobilisant les ressources nécessaires pour prendre progressivement le relais des partenaires financiers traditionnels.

Au-delà de sa création institutionnelle, l’AEB traduit une volonté plus profonde des gouvernements africains: reprendre la maîtrise de leur avenir énergétique. Leur constat est sans équivoque: l’industrialisation du continent passe nécessairement par des investissements massifs dans les capacités de production et les infrastructures de transport de l’énergie. Il en va également de la capacité de l’Afrique à ne pas manquer le tournant des nouvelles technologies, en particulier celui de l’intelligence artificielle, dont le développement repose sur des besoins considérables en électricité.

La mise en place de cette nouvelle institution intervient dans un contexte où les enjeux du financement énergétique prennent une dimension particulière. Le continent a besoin d’environ 200 milliards de dollars d’investissements pour développer son secteur, alors même que les bailleurs de fonds traditionnels réduisent progressivement leur exposition aux énergies fossiles, tant dans leurs financements à court terme que dans leurs engagements à long terme. Une évolution qui contraste avec les réalités énergétiques africaines, où le pétrole et le gaz demeurent des composantes essentielles de l’approvisionnement et du développement économique.

C’est précisément à ce décalage entre les besoins du continent et l’évolution des sources de financement disponibles que l’AEB entend apporter une réponse. Elle se fixe ainsi un double objectif: contribuer à combler le déficit d’investissement énergétique tout en accompagnant une transition juste, adaptée aux réalités économiques, énergétiques et sociales des pays africains.

Pour concrétiser cette ambition, la Banque dispose d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars. Son champ d’intervention couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration et de la production au transport, à la transformation, au raffinage et à la distribution.

À travers ses interventions, l’AEB poursuit une triple ambition: renforcer les capacités de production énergétique de l’Afrique, réduire sa dépendance aux produits pétroliers importés et favoriser les échanges de biens énergétiques entre les pays du continent. À ces priorités s’ajoute la volonté de consolider la participation africaine dans le secteur, afin de permettre aux acteurs du continent de prendre pleinement part aux décisions qui engagent leur avenir énergétique.

L’institution se veut ainsi une banque panafricaine, indépendante et supranationale, appelée à fédérer les acteurs publics et privés autour des grands enjeux énergétiques du continent. Elle entend associer les gouvernements, les compagnies pétrolières nationales, les institutions financières et les investisseurs privés à une dynamique commune de développement et de transformation du secteur.

Sur le plan institutionnel, l’assemblée générale inaugurale a également permis de franchir une première étape dans la mise en place de la gouvernance de la Banque. Helmy Ghazi a été désigné comme son premier président, tandis qu’un premier conseil d’administration a été constitué. Celui-ci réunit des représentants des secteurs public et privé, ainsi que des personnalités issues d’institutions politiques majeures de différents pays africains.

Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars et un mandat couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la distribution, l’AEB entend donc s’imposer comme un nouvel acteur du financement du secteur en Afrique. Au-delà de sa dimension financière, sa création porte une ambition stratégique: renforcer les capacités énergétiques du continent, accompagner une transition adaptée à ses réalités et donner aux acteurs africains une place plus importante dans la construction de leur propre avenir énergétique.

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Soglo Eric Houenafa : « L’Afrique doit garder la maîtrise de ses choix numériques »

02. November 2026 um 14:31

Ingénieur béninois, auteur de Les dangers de l’intelligence artificielle en Afrique et dirigeant d’une société de services numériques au Cameroun, Soglo Eric Houenafa plaide pour une adoption lucide de l’IA. Emplois, données, deepfakes, souveraineté : il détaille ses recommandations pour les lecteurs de L’Economiste maghrébin.

 

Directeur général de MY AFRIQUE 2S2I SARL et doctorant en DBA au Collège de Paris, au Maroc, Soglo Eric Houenafa dit avoir écrit son ouvrage pour susciter une prise de conscience : les possibilités de l’IA ne se conçoivent pas sans compréhension de ses risques. Il déplore que l’on vante productivité et automatisation sans examiner la confidentialité, la manipulation de l’information, les inégalités et la dépendance technologique.

Selon lui, l’IA peut rendre de grands services aux entreprises, aux écoles et aux administrations, à condition d’être encadrée par la formation et des règles claires. Il rappelle qu’une réponse produite par une machine peut paraître convaincante tout en étant fausse. Le Maghreb est pleinement concerné, assure-t-il : ses entreprises, ses universités et sa jeunesse peuvent bâtir des solutions adaptées aux réalités africaines.

L’IA va-t-elle prendre nos emplois ?

L’auteur se méfie des réponses tranchées. Un métier regroupe plusieurs tâches, explique-t-il : certaines sont automatisables, d’autres exigent jugement, contact humain, connaissance du terrain ou sens de la responsabilité. Des emplois disparaîtront peut-être, d’autres évolueront, de nouveaux besoins surgiront, ce qui appelle une préparation collective.

À un jeune diplômé du Maghreb, il conseille d’abord de maîtriser son domaine, afin de repérer les erreurs de l’outil et de s’en servir à bon escient. Il recommande ensuite une formation pratique autour de trois compétences : utiliser l’IA dans son métier, vérifier ses résultats et protéger les informations traitées. Il imagine par exemple un diplômé en gestion qui bâtirait un tableau de bord à partir de données fictives, se ferait aider par l’IA pour formuler une analyse, puis contrôlerait lui-même calculs et conclusions. Il insiste aussi sur l’esprit critique et la formation continue, et souligne que les employeurs doivent accompagner leurs équipes : l’effort d’adaptation ne doit pas peser sur les seuls salariés.

Données d’entreprise : le danger du copier-coller

Que risque-t-on lorsqu’un salarié colle un document interne dans un outil d’IA ? Le premier danger, répond Soglo Eric Houenafa, est de confier à un service extérieur des informations que l’entreprise devait protéger : fichier clients, contrat, données de salariés, code informatique ou projet stratégique. Les conséquences varient selon le service, le contrat et les paramètres (conservation, accès, réutilisation, suppression). Il invite donc à examiner ces conditions avant tout partage.

Même une PME peut s’organiser, assure-t-il, avec une charte courte reposant sur cinq règles : lister les outils et usages autorisés ; préciser les informations partageables ; utiliser des données fictives ou anonymisées pour les essais ; exiger une vérification humaine des résultats importants ; désigner un référent en cas de doute ou d’incident. Il conseille d’illustrer ces règles par des cas concrets (devis, bulletin de salaire, fichier commercial). La gouvernance commence par une organisation claire, les investissements techniques venant ensuite, selon la sensibilité des données et les moyens de l’entreprise.

Deepfakes : vérifier avant d’agir

Soglo Eric Houenafa constate qu’une image ou une voix familière ne suffit plus à authentifier une personne. Incohérences visuelles, décalage entre lèvres et son ou intonation étrange peuvent alerter, mais il prévient que leur absence ne prouve pas l’authenticité. Il recommande d’examiner la provenance du contenu et la nature de la demande : le message exige-t-il un paiement urgent, un secret inhabituel ou la transmission d’un code ? Face à un doute, il faut recontacter la personne par un autre canal, avec un numéro déjà connu. Les entreprises, estime-t-il, devraient définir à l’avance une procédure de validation des opérations sensibles, même lorsque l’ordre semble venir du dirigeant.

En cas d’arnaque, il faut agir vite : conserver messages, liens, captures d’écran et références des transactions ; cesser tout échange avec l’escroc ; alerter la banque si de l’argent a été envoyé ; signaler les faits à la plateforme et aux autorités ; sécuriser les comptes compromis.

Souveraineté numérique : à chacun son rôle

Recourir à un prestataire étranger peut répondre à un besoin légitime, reconnaît l’auteur. L’essentiel, à ses yeux, est la maîtrise : qui accède aux données, selon quelles règles, et comment changer de fournisseur ? Il s’inquiète d’une dépendance telle qu’une organisation ne puisse plus travailler sans un prestataire sur lequel elle a peu de prise, avec à la clé des coûts difficiles à absorber, une interruption de service ou une migration complexe. Héberger les données sur le territoire ne suffit pas, estime-t-il : il faut aussi des compétences, des infrastructures fiables et un contrôle effectif des accès.

Il attribue à chacun un rôle précis. Les États doivent soutenir formation, recherche et infrastructures, fixer des règles pour les données sensibles et ouvrir la commande publique aux acteurs locaux. Les entreprises doivent connaître leurs dépendances et anticiper un changement de prestataire. Les universités doivent former des professionnels capables de concevoir, d’évaluer et de maintenir ces systèmes. Il se dit enfin attaché aux coopérations entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, qu’il juge porteuses de partenariats équilibrés.

MiaIA : préserver la mémoire humaine

Soglo Eric Houenafa présente MiaIA comme un projet d’IA destiné à préserver la mémoire personnelle d’un être humain : souvenirs, valeurs, manière de s’exprimer et de percevoir le monde. L’ambition est de permettre, après le décès de la personne, d’interagir avec une représentation numérique construite à partir des éléments qu’elle aura volontairement transmis.

La première approche consiste à constituer cette mémoire de son vivant : l’IA l’interrogerait régulièrement sur son histoire et ses convictions, et des lunettes équipées d’une caméra pourraient, avec les autorisations nécessaires, recueillir des scènes du quotidien. Il précise toutefois que le résultat resterait une simulation fondée sur des traces partielles, et non un transfert de conscience. Il faudra aussi empêcher le système d’inventer des souvenirs ou de prêter à la personne des propos qu’elle n’a jamais tenus.

La seconde approche, des interfaces cérébrales, relève d’une recherche à bien plus long terme. Il insiste pour que cette piste exploratoire ne soit pas confondue avec des fonctionnalités déjà développées et testées. Le consentement, ajoute-t-il, doit être au cœur du dispositif, et toute interaction doit signaler qu’il s’agit d’une représentation artificielle.

Les entreprises et institutions du Maghreb pourraient contribuer par la recherche en IA, l’archivage, la cybersécurité, les sciences humaines et l’éthique. Il propose une première collaboration autour d’un recueil volontaire de récits de vie, afin d’en évaluer la fidélité et les limites.

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L’Algérie envoie 50 camions-citernes d’essence au Niger

02. November 2026 um 12:14
Le Niger a réceptionné, dimanche à Agadez (Nord), une cinquantaine de camions citernes d’essence, totalisant 1600 tonnes, en provenance de la raffinerie de Sbaa (Adrar) et destinés à approvisionner le marché nigérien et à résorber les tensions sur les produits pétroliers dans ce pays frère, rapporte Algérie éco. La cérémonie d’accueil de ces camions citernes […]

Moscou s’invite dans le Gazoduc transsaharien via l’Algérie

02. November 2026 um 11:59

L’Algérie envisage d’associer des entreprises russes à la construction du gazoduc transsaharien, un projet énergétique stratégique destiné à relier les ressources gazières du Nigeria aux marchés européens via le Niger et l’Algérie.

L’information a été annoncée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’issue d’entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, tenus à Moscou le 27 octobre. Selon le chef de la diplomatie algérienne, les négociations progressent et le contrat est en cours de finalisation. Les noms des entreprises russes concernées n’ont toutefois pas été communiqués.

Le groupe russe TMK, spécialisé dans la fabrication de tubes en acier et de solutions destinées au transport des hydrocarbures, est évoqué comme un partenaire potentiel.

Un corridor énergétique de plus de 4 000 kilomètres

Le gazoduc transsaharien, également désigné par l’acronyme TSGP, doit s’étendre sur plus de 4 000 kilomètres. Il vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian par an vers l’Europe, en s’appuyant sur les infrastructures gazières algériennes et leurs connexions avec les marchés internationaux.

Les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés en juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Cette section doit relier la frontière nigérienne au centre national de dispatching de Hassi R’Mel, avant d’assurer la connexion au réseau national et aux infrastructures d’exportation existantes.

Le projet est développé conjointement par la compagnie algérienne Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et la société nigérienne Sonidep. Il constitue l’un des grands projets de coopération énergétique entre les trois pays.

Lire aussi – Alger-Abuja : le pari du gazoduc transsaharien

Un partenariat aux enjeux économiques et géopolitiques

L’éventuelle participation d’entreprises russes s’inscrit dans la volonté affichée par Alger de renforcer la dimension économique de ses relations avec Moscou. Pour l’Algérie, l’enjeu est de consolider son rôle de plateforme de transit et d’exportation du gaz africain vers la Méditerranée et l’Europe.

La concrétisation du projet reste néanmoins tributaire de la coordination entre les trois pays, de la finalisation des accords et de la réalisation des différentes sections de l’infrastructure. L’association de partenaires russes pourrait apporter une contribution industrielle au chantier, mais ses modalités précises restent à définir.

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Le Maroc figure parmi les destinations minières les plus attractives d’Afrique 

02. November 2026 um 10:58
Le Maroc figure parmi les trois juridictions minières africaines jugées les plus attractives par Appian Capital Advisory, aux côtés de la Namibie et du Botswana. Le fonds britannique prévoit de mobiliser entre 5 et 7 milliards de dollars à l’échelle mondiale au cours des 12 à 24 prochains mois, dont environ 2 milliards en Afrique, […]

KPMG-Afrique : les dirigeants confiants, l’IA et la résilience dictent les investissements

02. November 2026 um 09:50

La troisième édition de l’étude KPMG Africa CEO Outlook analyse les 4 grands axes qui orientent les décisions des dirigeants d’entreprise sur le continent : perspectives économiques, technologie & intelligence artificielle (IA), talents et développement durable.

Fondée sur les réponses de 176 dirigeants des plus grandes entreprises du continent, l’étude s’inscrit dans la 12ème édition du KPMG CEO Outlook, menée auprès de 1400 dirigeants dans le monde entier entre le 11 aout et le 21 septembre 2026. Ses résultats décrivent un environnement économique où les ambitions restent fortes, mais où la capacité d’exécution devient déterminante. Pour ces dirigeants, la résilience des opérations, des données et des chaines d’approvisionnement n’est plus seulement un risque à gérer : elle devient une composante à part entière de leur stratégie de croissance.

L’ambition en matière d’IA dépasse encore la maturité des organisations, la transformation des talents s’impose comme un impératif de croissance et le développement durable doit désormais se traduire en création de valeur mesurable.

L’optimisme des dirigeants africains reste solide : 79 % se disent confiants dans les perspectives de croissance de leur entreprise et 72 % dans celles de leur économie nationale, tandis que 86 % ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires lors de leur dernier exercice. Les arbitrages deviennent toutefois plus complexes. La cybersécurité et la sécurité des données figurent parmi les principales menaces pour la croissance (31 %). Si 72 % des dirigeants font de l’IA une priorité d’investissement, seuls 14 % estiment que leur organisation suit le rythme de ses évolutions, voire le devance. Enfin, 84 % prévoient une hausse de leurs effectifs au cours des trois prochaines années, et expriment le besoin de renforcer leurs compétences.

Le KPMG Africa CEO Outlook 2026 souligne que, si la confiance reste un moteur essentiel, elle ne suffit pas à garantir la performance future. La prochaine phase de croissance reposera sur la capacité des entreprises africaines à transformer leurs investissements en résultats tangibles, à naviguer dans un environnement incertain et à renforcer les capacités indispensables pour rester compétitives dans une économie mondiale toujours plus interconnectée et façonnée par les technologies.

D’après communiqué

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Pétrole et gaz : La Banque africaine de l’énergie s’attaque au mur du financement

02. November 2026 um 09:24

Face au désengagement progressif des banques internationales des hydrocarbures, l’Afrique se dote enfin de son propre levier de financement souverain. Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars, la Banque africaine de l’énergie (AEB) ambitionne de révolutionner la chaîne de valeur énergétique du continent.

L’Afrique disposait des gisements, des marchés et des compétences techniques, mais il lui manquait un instrument financier souverain de premier plan, rappelle une publication de nos confrères du site web Sikafinance. C’est désormais chose faite. En effet, réunis à Abuja au Nigeria, les 18 États membres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO) et Afreximbank ont officiellement porté sur les fonts baptismaux la Banque africaine de l’énergie (Africa Energy Bank – AEB), fruit de quatre années de préparation minutieuse.

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a été plébiscité à la tête de l’Assemblée générale de la nouvelle institution pour un mandat d’un an, consacrant ainsi le rôle moteur de la Côte d’Ivoire dans la concrétisation de ce projet stratégique initié en 2022. La direction exécutive a quant à elle été confiée à l’Égyptien Helmy Ghazi, ancien cadre dirigeant de HSBC Égypte, retenu pour son expertise avérée des marchés financiers internationaux, écrit la même source.

Répondre à la crise du financement international

La genèse de cette institution trouve ses racines dans un constat alarmant : la contraction drastique des financements internationaux accordés aux projets d’hydrocarbures, sur fond d’accélération des politiques mondiales de décarbonation. Alors que les besoins d’investissement du continent dans le secteur s’élèvent à près de 200 milliards de dollars, les banques de développement et les institutions occidentales ferment progressivement le robinet du crédit.

Une équation intenable pour une région où près de 600 millions de personnes vivent encore sans accès à l’électricité, ajoute notre source, et où les énergies fossiles demeurent indispensables pour alimenter les industries, les transports et les réseaux électriques nationaux. Pour les dirigeants africains, la transition énergétique ne saurait signifier une asphyxie économique immédiate.

Briser la dépendance aux importations de carburants

Au-delà du simple soutien à l’amont (exploration et production), le mandat de la Banque africaine de l’énergie s’attaquera à une anomalie structurelle majeure du continent. Actuellement, l’Afrique exporte près de 75 % de sa production brute de pétrole, tout en important environ 70 % des produits raffinés qu’elle consomme.

Cette aberration logistique et commerciale expose lourdement les économies africaines à la volatilité des cours mondiaux, aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à la lourde facture des subventions publiques aux carburants. L’AEB interviendra ainsi sur l’ensemble de la chaîne – du raffinage au stockage, en passant par le transport et la distribution – pour conserver la valeur ajoutée sur le sol africain et stimuler le commerce intra-africain.

Lancement opérationnel en janvier 2027

Si la banque est dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, une première tranche de 1,25 milliard de dollars est en cours de mobilisation, dont plus de 500 millions de dollars d’ores et déjà disponibles pour amorcer les opérations. Le top départ effectif des activités est fixé au 4 janvier 2027.

Avant cette échéance, l’institution sera présentée aux acteurs économiques et institutionnels lors du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE), qui se tiendra à Abidjan. La mission fixée à la nouvelle équipe dirigeante est claire : maximiser la valorisation des richesses pétrolières et gazières locales pour porter l’énergie, enfin, jusqu’au « dernier kilomètre » du continent.

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