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7 octobre 2023 : un cessez-le-feu inachevé, une paix éloignée

06. Oktober 2026 um 09:24
Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023 contre les civils israéliens et la réplique de Tsahal, la guerre se poursuit à faible intensité. Le chef de l’ONU réclame un cessez-le-feu enfin respecté. En bref Trois ans après le 7…

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Le gendre de Trump investit dans l’industrie militaire israélienne

06. Oktober 2026 um 09:22

Affinity Partners, société de capital-investissement de Jared Kushner -financier et gendre du président américain Donald Trump- est le principal actionnaire dans Phoenix Financial, une entreprise financière israélienne investissant massivement dans plusieurs secteurs de l’industrie militaire israélienne. En même temps, M. Kushner agissait comme émissaire et négociateur officieux pour le plan de paix à Gaza de son gendre le président Donald Trump.

Imed Bahri

C’est ce qu’a révélé une enquête de Allegra Goodwin, Katie Polglase et Majlie de Puy Kamp publiée par CNN le 1er octobre 2026, soulignant un conflit d’intérêts concernant le gendre de Trump, et son rôle de négociateur pour la paix à Gaza.

En effet, Kushner est le négociateur clé concernant le conflit à Gaza et en même temps, sa société de capital-investissement Affinity Partners détient une participation majoritaire dans une entreprise israélienne basée à Tel Aviv Phoenix Financial qui investit dans l’industrie militaire israélienne et qui fournit des armes et des équipements (dont des drones et engins de démolition) à l’armée israélienne notamment dans la guerre de Gaza. 

Ce qui est également révélé par CNN c’est que Kushner a échappé à tout examen minutieux de ce potentiel conflit d’intérêts en opérant en tant qu’envoyé bénévole, plutôt qu’en acceptant un poste gouvernemental qui aurait exigé la divulgation de sa situation financière. Il s’est ainsi assuré un double rôle inédit au sein de l’administration Trump conjuguant activités commerciales lucratives et politique très sensible en pleine guerre dévastatrice.

La guerre à Gaza enrichit le gendre du président US

CNN s’est appuyé sur la législation israélienne en matière de transparence financière pour retracer certains investissements de Phoenix Financial, une société basée à Tel-Aviv dont le groupe d’investissement de Kushner a doublé la participation l’année dernière, peu avant le retour de Trump à la Maison-Blanche. Kushner a par la suite qualifié Phoenix Financial de «meilleur investissement» pour Affinity.

Ces registres —qui ne couvrent qu’une infime partie des actifs de Phoenix— révèlent que la société a investi des centaines de millions de dollars dans Elbit Systems, le principal fournisseur d’armement en Israël. Selon l’enquête de CNN, Phoenix détient également des parts dans au moins huit autres entreprises fournissant à l’armée israélienne des équipements allant des drones aux navires de guerre, en passant par des engins de démolition.

L’enquête a révélé que la valeur des actions de ces neuf entreprises a connu une forte croissance l’année dernière, plusieurs d’entre elles indiquant que la guerre à Gaza avait stimulé la demande pour leurs services et leurs activités.

Bien qu’Affinity Partners ne détienne pas de parts directes dans ces sociétés, elle réalisera des bénéfices considérables à mesure que Phoenix engrangera elle-même des profits.

Depuis le printemps 2025, Kushner s’est imposé comme une voix influente dans la politique américaine au Moyen-Orient. Il a conseillé Trump, a voyagé à travers le monde pour négocier avec des dirigeants —dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu— et a même dévoilé des plans visant à reconstruire la bande de Gaza pour en faire un pôle touristique mondial. Kushner a joué un rôle dans l’accord de cessez-le-feu conclu l’année dernière à Gaza, bien que les raids israéliens contre la population n’aient pas cessé depuis lors.

Si l’enquête de CNN n’a trouvé aucune preuve indiquant que les actions de Kushner en tant que diplomate aient directement influencé les investissements examinés, sa société a réalisé d’importants gains grâce à son investissement dans Phoenix. Elle a vendu un quart de sa participation en juillet pour plus de 340 millions de dollars, soit un rendement supérieur à cinq fois le prix d’achat initial des actions.

Affinity, société détenue en totalité par Kushner, demeure le principal actionnaire de Phoenix avec une participation de 7,4% qui est évaluée à plus d’un milliard de dollars en juillet.

Kushner a évoqué ouvertement ses investissements et son rôle de médiateur de paix, estimant que le profit financier constitue la meilleure voie vers une paix durable.

«Peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !»

«Lorsque l’on réunit un Arabe et un Israélien, la première chose dont ils discutent, ce sont les opportunités commerciales. Ils oublient tout le reste et réalisent alors qu’ils ont beaucoup de points communs», a déclaré Kushner dans l’émission No Priors en septembre dernier. Il a ajouté: «Les investisseurs du Moyen-Orient regardent désormais Israël en se disant: Attendez une minute, peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !». Difficile d’être plus cynique quand on mélange business et guerre !

Toutefois, les critiques soulignent que les liens financiers de Kushner, conjugués à son rôle officieux de représentant influent de la Maison-Blanche dans une région déchirée par la guerre, soulèvent des questions quant à savoir s’il agit dans l’intérêt des contribuables ou dans son propre intérêt.

Cynthia Brown, conseillère principale en éthique auprès de l’organisation Citizens for Responsibility and Ethics (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique) à Washington, a déclaré : «Il y a toujours des personnes qui tirent profit de la guerre ou des politiques gouvernementales, la différence est que les bénéficiaires ne devraient pas être ceux qui prennent les décisions nécessaires à l’élaboration de ces politiques or c’est précisément ce qui se passe ici !».

S’adressant à CNN, l’avocat de Kushner a affirmé que son client «n’a jamais participé aux décisions de la société d’investissement Phoenix ni ne les a orientées», ajoutant qu’il «n’a joué aucun rôle dans la décision d’acheter, de conserver ou de vendre l’une des neuf entreprises mises en lumière par CNN et qu’il n’a jamais siégé au conseil d’administration de Phoenix Financial. Toute insinuation selon laquelle le travail diplomatique de Jared aurait influencé les investissements de Phoenix dans les entreprises que vous avez mentionnées, ou inversement, est erronée».

Un très juteux «bénévolat au service de l’intérêt public»

Toutefois, Kushner a déclaré au magazine Forbes, en septembre dernier, qu’il entretenait un «dialogue très actif» avec le groupe financier israélien et qu’il rencontrait régulièrement ses dirigeants et échangeait avec eux au sujet de l’entreprise, des tendances générales du marché et des opportunités stratégiques potentielles. Il a néanmoins précisé que ses échanges avec la direction de Phoenix avaient considérablement diminué depuis qu’il s’était «davantage investi dans le bénévolat au service de l’intérêt public et dans les efforts diplomatiques».

Certaines des participations de Phoenix Financial dans des entreprises liées à l’armée israélienne existaient déjà avant que la société de Kushner n’en devienne le principal actionnaire. D’autres participations notamment dans une entreprise fabriquant des fusées électroniques pour des obus* utilisés à Gaza et dans une autre produisant des pièces détachées pour des chars israéliens ont été acquises ultérieurement. Phoenix s’est abstenue de commenter ce qui semblait être des incohérences dans la classification de certains de ses rapports publics.

Deux experts-comptables judiciaires israéliens ont examiné les registres séparément et ont conclu, malgré ces incohérences, que les dossiers analysés par CNN correspondaient bien à des actifs de Phoenix Financial. Ces actifs incluent des investissements que CNN a identifiés comme ayant été réalisés par Phoenix dans des entreprises liées à l’armée. Les experts ont souligné que les documents ne reflétaient qu’une partie du portefeuille de Phoenix, excluant les actifs détenus dans des comptes de retraite, les participations dans des entreprises via des fonds communs de placement, les obligations d’entreprises ainsi que d’autres titres financiers.

Bien que Phoenix n’ait pas commenté les conclusions de CNN, un porte-parole de l’entreprise a indiqué qu’elle était «soumise à une réglementation et que la valeur pour les actionnaires découlait principalement de la performance opérationnelle plutôt que des rendements des investissements».

En tant que société privée, Affinity Partners —tout comme Kushner— n’est pas tenue par la loi américaine de divulguer ses investissements. Kushner a révélé en mars qu’Affinity Partners avait investi dans 28 entreprises à ce jour mais l’ampleur de sa participation dans Phoenix par rapport à ses autres investissements demeure floue.

Un porte-parole de la Maison-Blanche a rejeté les inquiétudes concernant un éventuel conflit d’intérêts entre les rôles de bénévole et d’homme d’affaires de Kushner, qualifiant ces allégations de «propos vains propagés par les démocrates à l’encontre du président Trump, de sa famille et de son administration depuis une décennie».

Toutefois, les démocrates ont cherché à ouvrir de nouvelles enquêtes sur les activités de Kushner dans la région, des investigations susceptibles de s’intensifier s’ils venaient à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat.

Dans une lettre adressée à Kushner en avril annonçant une enquête de la commission judiciaire de la Chambre, le représentant démocrate Jamie Raskin a qualifié la dualité des rôles de Kushner de «décision inconciliable et totalement contraire à l’éthique» affirmant qu’elle «plane sur la politique étrangère américaine depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche en 2025».

En 2023, la société Affinity Partners a décidé de réaliser son premier investissement en Israël en acquérant une participation de 15% dans Shlomo Group, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules et le crédit, pour un montant de 150 millions de dollars. L’année suivante, Affinity Partners a acheté une participation de 4,95% dans Phoenix Financial pour 128,5 millions de dollars. Phoenix figure parmi les plus grands groupes financiers d’Israël et propose des services incluant l’assurance, les retraites et la gestion d’actifs. Affinity Partners a ensuite presque doublé sa participation dans Phoenix cinq jours avant la prestation de serment de Trump, devenant ainsi le principal actionnaire de l’entreprise. Kushner a qualifié cet investissement de pari sur la solidité de l’économie israélienne.

Le renouvellement du pari d’Affinity Partners sur Phoenix est intervenu dans un contexte d’intensification de la guerre israélienne à Gaza, conflit dans lequel Kushner a rapidement joué un rôle clé de médiateur. Toutefois, contrairement au premier mandat de Trump, durant lequel il était haut conseiller à la Maison-Blanche et avait contribué à l’élaboration d’accords majeurs tels que les Accords d’Abraham, Kushner a cette fois-ci évité d’assumer un rôle officiel.

* Une fusée électronique pour obus est un dispositif de mise à feu placé à l’avant d’une munition d’artillerie qui utilise des composants électroniques pour déclencher l’explosion de la charge.

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500 ex-diplomates pressent l’UE d’agir contre la colonisation. Mais où sont les pays arabes?

06. Oktober 2026 um 07:53

Près de 500 anciens diplomates et responsables européens demandent à l’UE de prendre des mesures contre le projet israélien de colonisation E1 en Cisjordanie occupée. Parmi eux, les Français Dominique de Villepin et Alain Juppé.

Près de 500 anciens diplomates, ministres et responsables européens appellent l’Union européenne à agir contre le projet israélien de colonisation E1 en Cisjordanie occupée, dans une tribune publiée lundi 5 octobre dans Libération.

Parmi les signataires figurent les anciens Premiers ministres français Dominique de Villepin et Alain Juppé, mais aussi les anciens chefs de gouvernement italien Massimo D’Alema, belge Yves Leterme et suédois Stefan Löfven. Deux anciens présidents du Parlement européen, Josep Borrell et Enrique Barón Crespo, ont également signé le texte, rapportent plusieurs médias européens comme BFMTV.

Plus de 1 200 logements prévus

Le projet E1 prévoit la construction de plus de 1 200 logements près de Jérusalem. Ses opposants estiment qu’il pourrait isoler davantage Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie et compromettre la création d’un futur État palestinien.

Les signataires dénoncent l’inaction de l’Union européenne face à ce projet. Ils demandent à la Commission européenne de présenter rapidement des mesures contre les entreprises et institutions financières impliquées dans la construction des colonies.

Lire aussi: Cisjordanie : la colonie E1, une condamnation en mots, une complicité dans les faits

Ils réclament également l’interdiction des échanges commerciaux entre l’UE et les colonies israéliennes considérées comme illégales, ainsi que la suspension des dispositions commerciales de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

Les anciens responsables européens souhaitent que ces mesures soient discutées lors de la prochaine réunion des ministres européens des Affaires étrangères, prévue le 12 octobre.

Les pays arabes face à leurs responsabilités

Cette pression sur l’Europe intervient alors que l’attitude des pays arabes suscite également des critiques. Malgré leurs déclarations de soutien aux Palestiniens et leur condamnation de la colonisation israélienne, les gouvernements arabes restent largement en retrait lorsqu’il s’agit d’adopter des mesures concrètes susceptibles de faire pression sur Israël.

Cette prudence alimente les interrogations sur la capacité des pays arabes à peser collectivement sur le dossier palestinien. Alors que l’Union européenne est appelée à utiliser ses leviers économiques et diplomatiques, certains observateurs estiment que les États arabes pourraient eux aussi renforcer la pression, notamment en mobilisant leurs relations diplomatiques et économiques avec Israël.

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