Ukraine : Le siège des services de sécurité frappé par un drone russe

© Mosaique FM

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La carte du monde telle que nous la connaissons pourrait progressivement changer. Soutenue par les 55 États membres de l’Union africaine, l’initiative « Correct the Map » veut remettre en question l’utilisation systématique de la projection de Mercator, qui déforme fortement les superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.
Le projet de résolution A/80/L.104, porté par le Togo au nom du Groupe africain, a été soumis ce vendredi 4 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies. Il vise à « rééquilibrer la représentation cartographique mondiale » et à promouvoir une représentation plus équitable des différentes régions du monde, particulièrement de l’Afrique.
Conçue au XVIe siècle par le cartographe Gerardus Mercator, cette projection répondait avant tout aux besoins de la navigation maritime. Elle permet notamment de conserver les angles et de représenter une route à cap constant par une ligne droite.
Mais cette propriété entraîne une importante déformation des superficies : plus les territoires sont éloignés de l’équateur, plus ils paraissent grands.
L’exemple le plus spectaculaire est celui du Groenland. Sur une carte de Mercator, il semble presque aussi vaste que l’Afrique alors que le continent africain est, en réalité, environ 14 fois plus grand.
C’est précisément cette perception que l’initiative africaine souhaite corriger. Ses promoteurs estiment que la représentation répétée d’une Afrique visuellement réduite peut influencer la manière dont sa place dans le monde est perçue.
L’initiative bénéficie du soutien des 55 États membres de l’Union africaine. Le Togo a été mandaté en avril 2025 pour la porter devant les Nations unies.
« Correct the Map » ne demande toutefois pas la disparition pure et simple de Mercator, qui conserve son utilité pour certains usages, notamment la navigation. L’objectif est plutôt de favoriser des projections respectant davantage les superficies lorsqu’il s’agit de représenter le monde dans son ensemble.
La démarche pourrait notamment concerner à terme les cartes utilisées par les institutions internationales, les médias, les plateformes numériques, les publications et les systèmes éducatifs.
Le mouvement africain vient d’obtenir un soutien particulièrement symbolique en Europe. La France a annoncé ce vendredi l’abandon de Mercator pour ses cartes du monde au profit de la projection Eckert IV.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a expliqué que les déformations cartographiques finissent par influencer les perceptions et qu’il était désormais temps de les corriger.
Eckert IV restitue beaucoup plus fidèlement les superficies relatives. Conséquence immédiatement visible : l’Afrique apparaît beaucoup plus grande relativement à l’Europe, à l’Amérique du Nord ou à la Russie.
Il faut toutefois distinguer le choix français de celui défendu par la campagne africaine : Paris privilégie Eckert IV, tandis que « Correct the Map » promeut notamment la projection Equal Earth. Les deux répondent cependant à la même volonté de mieux respecter les superficies réelles.
Derrière une question apparemment technique se trouve donc un débat sur la représentation du monde. Les promoteurs de « Correct the Map » considèrent que les cartes peuvent contribuer à façonner les perceptions collectives du poids des continents.
Si la démarche se traduit progressivement dans les usages institutionnels et éducatifs, la carte du monde familière à plusieurs générations pourrait donc sensiblement changer d’apparence.
L’Assemblée générale des Nations unies avait inscrit l’examen de « Correct the Map » à sa 114e séance plénière de ce vendredi 4 septembre.
Lire aussi:
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Les données publiées jeudi 3 septembre par Challenger, Gray & Christmas indiquent que les entreprises américaines ont annoncé 529 914 suppressions de postes entre janvier et août 2026. Il s’agit du niveau le plus faible enregistré sur les huit premiers mois d’une année depuis 2022, lorsque la demande de main-d’œuvre demeurait encore particulièrement forte après la pandémie, aux États-Unis.
Dans le même temps, les projets d’embauche annoncés au cours des huit premiers mois de l’année ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2023. Cette apparente contradiction traduit surtout la prudence des entreprises : elles prévoient de renforcer leurs effectifs, mais les postes ouverts ne sont pas pour autant pourvus rapidement.
Andy Challenger, responsable des revenus de Challenger, Gray & Christmas, souligne ainsi que les entreprises envisagent davantage de recrutements que l’année précédente, sans que ces intentions se traduisent par une accélération effective des embauches.
Les économistes décrivent de plus en plus le marché américain comme fonctionnant selon le modèle du « low-hire, low-fire » : les entreprises embauchent peu, mais procèdent également à relativement peu de licenciements. Cette configuration permet au marché du travail de conserver une certaine stabilité tout en révélant une prudence accrue des employeurs face aux perspectives économiques.
Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage ne signalent d’ailleurs pas, à ce stade, l’apparition d’une vague généralisée de suppressions d’emplois. Le rapport mensuel du gouvernement américain sur l’emploi, attendu ce vendredi, doit apporter un éclairage supplémentaire. Les estimations citées par Capital tablent sur un taux de chômage stable à 4,1 % en août.
Les données de Challenger montrent également une évolution dans les motifs invoqués par les entreprises pour justifier leurs suppressions de postes. Pour la première fois depuis février, l’intelligence artificielle n’a pas constitué en août la principale raison avancée par les employeurs. Les restructurations d’entreprises sont passées au premier rang.
L’IA demeure néanmoins le principal facteur invoqué pour les suppressions de postes depuis le début de l’année. Son influence sur les décisions des entreprises en matière d’emploi reste donc importante, même si elle n’explique pas à elle seule le ralentissement du marché du travail.
Le tableau qui se dessine est celui d’un marché du travail américain davantage marqué par l’attentisme que par une véritable dégradation. Les entreprises ne procèdent pas à des licenciements massifs, mais elles restent prudentes dans leurs recrutements effectifs.
Cette situation constitue un indicateur important pour la Réserve fédérale, qui doit arbitrer entre les risques pesant sur l’emploi et ceux liés à l’inflation. Les prochaines données sur les créations d’emplois seront donc particulièrement scrutées pour déterminer si cette phase de paralysie relative constitue un simple ralentissement ou le prélude à une détérioration plus nette du marché du travail.
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Entrée en vigueur en juillet 2026, la mesure vise les colis d’une valeur inférieure à 150 euros, qui bénéficiaient jusqu’ici d’une exemption de droits de douane. L’objectif de Bruxelles est de limiter l’afflux massif de produits à bas prix achetés en ligne auprès de plateformes chinoises telles que Temu et Shein, tout en rééquilibrant les conditions de concurrence avec les détaillants européens. Le prélèvement de 3 euros constitue toutefois une mesure transitoire. Il doit rester en vigueur jusqu’en 2028, date à laquelle l’Union européenne prévoit la mise en place d’un régime douanier permanent pour ces marchandises.
L’aéroport de Liège constitue l’un des principaux points d’entrée en Europe pour les petits colis issus du commerce électronique asiatique. Au cours du premier semestre 2026, environ 153 millions de petits colis par mois ont transité en moyenne par cette plateforme logistique. La baisse de 53 % enregistrée en juillet apparaît donc particulièrement significative.
Les autorités belges estiment qu’elle constitue un premier indice de l’efficacité du nouveau dispositif pour réduire l’afflux de marchandises à très bas prix. Une partie de cette diminution doit néanmoins être interprétée avec prudence. Avant l’entrée en vigueur du droit, les importations avaient augmenté, les entreprises et les consommateurs ayant anticipé la nouvelle taxation en accélérant leurs commandes et leurs expéditions.
Au-delà du commerce électronique, la mesure intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Union européenne et la Chine. Bruxelles cherche notamment à réduire ses déséquilibres commerciaux avec Pékin, alors que les dirigeants européens dénoncent la surcapacité industrielle chinoise et certaines pratiques commerciales jugées déloyales.
Les deux parties se sont fixé octobre 2026 comme échéance pour tenter de progresser sur ces déséquilibres. Pékin rejette toutefois les accusations européennes, laissant persister un important contentieux commercial entre les deux blocs.
Avec 224 millions d’euros de recettes en seulement sept semaines et une chute de 53 % des petits colis enregistrés à Liège en juillet, Bruxelles dispose désormais de premiers indicateurs sur l’impact de sa nouvelle politique.
La question sera désormais de savoir si ce recul correspond à un véritable changement durable dans les flux du commerce électronique ou simplement à un ajustement temporaire des importateurs et des plateformes chinoises face à la nouvelle fiscalité européenne.
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Amnesty International a condamné, dans un communiqué publié jeudi 3 septembre 2026 sur sa page Facebook, la décision de la Cour de cassation de Tunis de confirmer les «jugements iniques» rendus par la Cour d’appel dans l’affaire dite du «complot contre l’Etat». L’organisation estime que cette décision consacre une dangereuse tendance à instrumentaliser le système judiciaire pour cibler les opposant·e·s et les voix critiques pacifiques, ainsi que pour réduire au silence les opinions dissidentes.
«Depuis ses débuts, cette affaire a été entachée de violations graves des garanties d’un procès équitable, dans le cadre de poursuites fondées sur des accusations à motivation politique ayant abouti à de lourdes peines de prison à l’encontre de figures de l’opposition, d’avocats et de défenseurs des droits humains», a écrit l’Ong dans son communiqué intitulé «Confirmation des jugements de ‘‘complot’’ : Le pouvoir se venge de ses opposants». Elle a ajouté : «La phase de cassation aurait dû constituer une occasion de réparer cette injustice et de mettre un terme à une procédure judiciaire arbitraire, plutôt que de se transformer en une nouvelle étape consacrant cette situation».
Amnesty International appelle les autorités tunisiennes «à annuler ces condamnations et ces peines iniques, à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, et à mettre fin à l’utilisation du système judiciaire comme outil pour réprimer l’opposition et intimider les voix critiques.»
I. B.
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Selon des calculs de Bloomberg fondés sur les données publiées jeudi 3 septembre par le ministère russe des Finances, les recettes nettes provenant de la production pétrolière ont atteint 326,2 milliards de roubles, soit environ 3,76 milliards de dollars, en août. Ce qui correspond à une diminution de 22 % sur un an. Pour établir les recettes budgétaires du mois d’août, les autorités russes ont retenu un prix légèrement supérieur à 59 dollars le baril, contre près de 95 dollars au printemps, lorsque le brut russe avait atteint son niveau mensuel le plus élevé.
La dégradation des recettes s’explique principalement par la baisse du prix de l’Urals, qui associe les pétroles lourds des régions de l’Oural et de la Volga à des pétroles plus légers de la Sibérie.
Le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran avait temporairement fait grimper les cours mondiaux du brut, permettant à la Russie de profiter de prix plus élevés et d’une demande asiatique accrue pour son pétrole. Et ce, alors que les approvisionnements en provenance du Golfe étaient perturbés.
En rythme mensuel, les recettes pétrolières russes ont plongé de plus de 60 % en août, après une forte progression en juillet. Cette évolution est en partie liée au calendrier fiscal : le gouvernement perçoit habituellement en juillet une part importante de l’impôt sur les bénéfices des producteurs.
Les recettes ont également été affectées par l’augmentation des aides versées aux raffineries russes afin de maintenir l’approvisionnement du marché intérieur.
Les subventions accordées aux raffineries ont dépassé 197 milliards de roubles, soit plus de 2 milliards de dollars, en août. Depuis le début de l’année, leur montant atteint près de 916 milliards de roubles, selon les estimations de Bloomberg.
Au total, les recettes russes provenant du pétrole et du gaz ont atteint 424 milliards de roubles en août, en baisse de 16 % sur un an. Les hydrocarbures représentent environ un cinquième des recettes budgétaires russes. Ce qui fait de leur évolution un élément déterminant pour les finances publiques et la capacité de Moscou à soutenir son effort de guerre.
La baisse des revenus pétroliers intervient donc à un moment particulièrement sensible pour le Kremlin : après avoir bénéficié de la flambée des cours provoquée par les tensions au Moyen-Orient, la Russie voit désormais cet avantage s’estomper. Tandis que le recul de l’Urals et le coût croissant du soutien aux raffineries pèsent davantage sur ses finances.
L’article Les recettes du pétrole russe au plus bas depuis six mois est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
L’Algérie cherche à accélérer la diversification de son économie et à réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures. Cette orientation l’amène à investir dans plusieurs secteurs non énergétiques, parmi lesquels figurent deux activités particulièrement stratégiques dans son voisinage immédiat : les phosphates et le tourisme.
Pour la Tunisie, cette évolution mérite d’être suivie de près. Non pas parce qu’Alger chercherait nécessairement à se substituer à elle, mais parce que ces deux secteurs constituent depuis longtemps des composantes importantes de l’économie tunisienne et que l’Algérie dispose de ressources et d’un marché intérieur susceptibles de lui permettre de changer rapidement d’échelle.
Le mouvement est particulièrement visible dans le secteur minier. Le 13 août 2026, l’Algérie a annoncé une nouvelle étape dans la réalisation de son projet intégré de phosphate. Deux contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction ont été signés par Sonatrach. Selon l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), le complexe doit permettre à terme de produire environ 6 millions de tonnes par an de phosphate enrichi ainsi que 4 millions de tonnes d’engrais, notamment du DAP, du MAP et du NPK.
Le projet repose notamment sur le développement du gisement de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, et doit intégrer différentes étapes de la chaîne de valeur, de l’extraction jusqu’à la transformation industrielle.
Le Premier ministre algérien avait par ailleurs indiqué en février 2026 que l’entrée en production du projet intégré de Bled El Hadba devait porter la production algérienne de phosphate à environ 10,5 millions de tonnes par an.
Lire aussi : Tourisme : Le réveil de l’Algérie face à l’attentisme tunisien
L’enjeu dépasse donc largement la simple extraction minière. L’objectif est de transformer davantage la ressource localement, notamment en engrais, afin de créer une activité industrielle à plus forte valeur ajoutée et de développer les exportations hors hydrocarbures.
Cette stratégie est particulièrement intéressante à observer depuis Tunis.
Le phosphate reste un secteur stratégique pour la Tunisie, même si son poids et ses performances ont fortement diminué depuis le début des années 2010.
Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les exportations tunisiennes de phosphates et dérivés ont progressé de 15 % en 2025, après une chute de 26,3 % en 2024. La reprise s’inscrit dans la volonté des autorités de repositionner le secteur minier comme un moteur de croissance et de recettes en devises.
La Tunisie ambitionne notamment de porter sa production de phosphate à 14 millions de tonnes à l’horizon 2030, contre environ 3,5 millions de tonnes au cours de la dernière décennie. La production avait atteint environ 8 millions de tonnes en 2010.
Il existe donc une situation assez particulière : alors que Tunis tente de retrouver les niveaux de production perdus après 2011, Alger accélère parallèlement le développement d’un secteur minier intégré.
La comparaison ne signifie pas que les deux pays disposent des mêmes capacités ou des mêmes objectifs. Elle montre plutôt que le phosphate pourrait redevenir un terrain important de compétition industrielle en Afrique du Nord.
Et la concurrence ne se joue plus uniquement sur le volume extrait. Elle porte aussi sur la transformation, les engrais, la logistique, les infrastructures et la capacité à conquérir les marchés internationaux.
L’autre évolution est encore plus directement perceptible pour la Tunisie : l’Algérie veut développer son industrie touristique. Le pays dispose depuis 2008 d’un Schéma directeur d’aménagement touristique à l’horizon 2030, qui identifie le tourisme comme un secteur susceptible de contribuer à la croissance, à la création d’emplois et à la production de richesses. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement présente toujours ce cadre comme la référence stratégique du développement touristique du pays.
Cette orientation est désormais accompagnée de nouveaux objectifs d’investissement. Le plan d’action présenté pour le développement du tourisme à l’horizon 2030 prévoit notamment de favoriser les flux touristiques, particulièrement vers le Sud algérien, de créer des emplois et de développer l’artisanat et les activités commerciales liées au tourisme.
L’Algérie vise ainsi environ 12 millions de touristes à l’horizon 2030. Le changement d’échelle est important car l’Algérie part d’un marché touristique international nettement moins développé que celui de la Tunisie. Son potentiel est cependant considérable : vaste territoire, littoral méditerranéen, Sahara, patrimoine historique et culturel et proximité avec plusieurs marchés émetteurs.
L’objectif est donc de transformer progressivement ce potentiel en véritable industrie touristique.
Pour la Tunisie, le sujet est sensible car le tourisme constitue déjà l’un des principaux piliers de l’économie nationale. Le pays dispose d’une industrie touristique structurée, d’un important parc hôtelier, d’une longue expérience internationale et d’une forte présence sur les marchés européens. Mais son avantage n’est pas garanti à long terme.
L’apparition d’un concurrent algérien capable d’investir massivement dans les infrastructures touristiques ne signifie pas que les touristes européens ou maghrébins vont mécaniquement abandonner la Tunisie.
Elle signifie plutôt que le marché touristique régional pourrait devenir davantage concurrentiel.
Cette question est d’autant plus importante que l’Algérie représente également l’un des principaux marchés émetteurs de touristes pour la Tunisie. Les visiteurs algériens jouent un rôle particulièrement important dans l’activité touristique tunisienne, notamment dans les régions frontalières et les destinations balnéaires.
Autrement dit, l’Algérie est simultanément un marché essentiel pour le tourisme tunisien et un pays qui cherche à développer sa propre offre touristique.
C’est cette double réalité qui mérite d’être prise en compte.
Cette évolution économique intervient parallèlement à une autre séquence : durant l’été 2026, plusieurs médias algériens en ligne ont publié des contenus très critiques à l’égard du tourisme tunisien.
Une analyse publiée en août par Webdo avait notamment relevé la multiplication de contenus critiques dans certains médias algériens, tout en soulignant que le phénomène n’était pas homogène. Le même article rappelait d’ailleurs que certains médias algériens publiaient simultanément des contenus favorables à la Tunisie, notamment sur l’importance des touristes algériens pour l’économie tunisienne.
Lire aussi : Tourisme tunisien : Que révèle la multiplication d’articles critiques dans la presse algérienne ?
En revanche, la concomitance mérite d’être observée : au moment où l’Algérie cherche à développer son propre produit touristique et à renforcer son attractivité, certains médias en ligne de ce pays ont multiplié les contenus mettant en avant les problèmes, les prix ou les insuffisances supposées du tourisme tunisien.
La Tunisie peut donc difficilement ignorer cette nouvelle configuration médiatique et concurrentielle.
Pour Tunis, la réponse ne devrait pas nécessairement être défensive. Dans le phosphate, l’enjeu est de réussir la relance de la production, mais également de remonter dans la chaîne de valeur en développant davantage la transformation industrielle.
Dans le tourisme, le défi est différent : il s’agit moins de chercher à empêcher l’émergence d’une offre algérienne que de consolider les avantages de la destination tunisienne.
Cela passe par la diversification du produit touristique : tourisme culturel, saharien, médical, de bien-être, écologique, sportif ou encore tourisme d’affaires.
La Tunisie dispose également d’un avantage accumulé au fil de plusieurs décennies : une industrie touristique déjà structurée et une clientèle internationale diversifiée.
L’évolution algérienne constitue finalement moins une menace immédiate qu’un signal stratégique. Pendant longtemps, la compétition économique maghrébine a été largement structurée autour de l’énergie, des hydrocarbures, de l’industrie et de quelques secteurs exportateurs. L’Algérie tente aujourd’hui de construire de nouveaux relais de croissance.
Le phosphate et le tourisme occupent une place particulière dans cette stratégie parce qu’ils correspondent à deux ressources très différentes : une ressource minière abondante d’un côté, un potentiel territorial et culturel de l’autre.
Pour la Tunisie, qui cherche elle-même à renforcer ses recettes en devises et à relancer son secteur des phosphates tout en consolidant son industrie touristique, cette évolution constitue un nouveau paramètre régional.
Il ne s’agit donc pas de présenter l’Algérie comme un adversaire, mais de constater une réalité : le Maghreb devient progressivement plus compétitif, y compris dans des secteurs où la Tunisie disposait jusqu’ici d’un avantage historique.
La question pour Tunis sera désormais de savoir si ces avantages peuvent être transformés en avantages durables — par la qualité, l’investissement, l’innovation et la diversification — plutôt que de compter uniquement sur l’avance accumulée au cours des dernières décennies.
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