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Le projet « CHEMS » pour accélérer le solaire photovoltaïque dans les PME tunisiennes

06. August 2026 um 14:58

L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a lancé, jeudi, le projet d’énergie solaire photovoltaïque « CHEMS », destiné aux petites et moyennes entreprises (PME). Financé par la Banque africaine de développement (BAD), ce programme s’inscrit dans le cadre des efforts visant à soutenir la transition énergétique et à encourager l’investissement privé dans les énergies renouvelables.

La cérémonie de lancement, organisée à Tunis, a réuni des représentants du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, du ministère de l’Économie et de la Planification, de la Banque africaine de développement, de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), du Conseil bancaire et financier, ainsi que de la Société tunisienne de garantie.

Des représentants d’institutions financières, d’entreprises industrielles, de bureaux d’études, de sociétés spécialisées dans le solaire photovoltaïque et plusieurs partenaires techniques et institutionnels ont également pris part à cette rencontre.

Une solution de financement dédiée à l’autoproduction solaire

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de l’ANME, Nafeh El Bekari, a indiqué que le projet « CHEMS » vise à mettre en place un mécanisme de soutien au financement des projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque destinés à l’autoconsommation des PME.

Selon lui, ce dispositif devrait contribuer à améliorer l’efficacité énergétique des entreprises tunisiennes et à renforcer la compétitivité du tissu économique national, dans un contexte marqué par la hausse des coûts énergétiques et la nécessité de réduire la dépendance aux sources conventionnelles.

Un dispositif basé sur la coordination entre acteurs publics et privés

L’atelier de lancement a également permis de présenter les différentes composantes du projet, ses étapes de mise en œuvre, ainsi que les mécanismes de financement prévus.

Les participants ont notamment abordé les rôles des différentes parties prenantes, les modalités de coordination entre les institutions publiques, les bailleurs de fonds et les établissements financiers, avec pour objectif d’assurer un déploiement efficace du programme.

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Chaque goutte compte : l’eau va-t-elle devenir le nouveau frein à la croissance tunisienne ?

06. August 2026 um 12:13

La question de l’eau n’est plus seulement une urgence environnementale. Elle devient progressivement une variable économique qui pourrait peser sur la croissance, la compétitivité des entreprises et l’attractivité de la Tunisie. Face à une ressource qui se raréfie, le pays cherche à diversifier ses solutions entre dessalement, réutilisation des eaux usées traitées, modernisation des réseaux et irrigation intelligente. Dans des déclarations exclusives accordées à L’Économiste Maghrébin, Safouane Mouelhi, chercheur en sciences de l’eau, et Houcine Rhili, expert en ressources hydriques, analysent les choix qui détermineront la capacité de la Tunisie à préserver son développement économique.

Chaque année, le scénario se répète. Les pluies ravivent l’espoir d’une amélioration durable de la situation hydrique, mais la réalité impose un constat plus complexe : la Tunisie évolue désormais dans un contexte de rareté structurelle de l’eau.

La succession des périodes de sécheresse, la baisse des apports aux barrages et la pression croissante exercée sur les ressources disponibles ne relèvent plus d’une simple difficulté conjoncturelle. Elles posent une question économique majeure : comment garantir les conditions de production et de croissance dans un pays où l’eau devient une ressource de plus en plus stratégique ?

Car derrière la question hydrique se joue l’avenir de plusieurs secteurs clés. Agriculture, industrie, tourisme ou encore agroalimentaire dépendent directement de la capacité du pays à sécuriser son approvisionnement.

Pour Houcine Rhili, expert en ressources hydriques, l’eau est en train de devenir un nouveau facteur de compétitivité. Il souligne que les investisseurs ne regardent plus uniquement la disponibilité de l’énergie, la qualité des infrastructures ou l’environnement réglementaire. L’accès sécurisé à l’eau fait désormais partie des éléments qui peuvent influencer les choix d’implantation économique.

Selon lui, les pays capables de maîtriser leurs ressources hydriques seront ceux qui pourront garantir leur développement dans les prochaines années.

Une pression croissante sur un modèle déjà fragilisé

La Tunisie n’a jamais été un pays riche en ressources hydriques. La rareté fait partie de ses caractéristiques naturelles. Mais, explique Safouane Mouelhi, chercheur en sciences de l’eau, la situation actuelle est différente car plusieurs facteurs se conjuguent : changement climatique, évolution démographique, augmentation des besoins économiques et limites des infrastructures existantes.

Le problème ne réside donc pas uniquement dans la quantité d’eau disponible, mais dans la capacité du système à répondre à des besoins en constante évolution.

Le problème ne réside donc pas uniquement dans la quantité d’eau disponible, mais dans la capacité du système à répondre à des besoins en constante évolution.

Le secteur agricole illustre parfaitement cette tension. Il représente environ 77 % des consommations d’eau en Tunisie, ce qui en fait le premier secteur concerné par la nécessité d’une meilleure efficacité.

Pour Houcine Rhili, cette réalité impose de revoir certains choix économiques. Certaines productions agricoles, notamment celles destinées à l’exportation, mobilisent des volumes importants d’eau alors que leur contribution économique n’est pas toujours proportionnelle à la ressource consommée.

La question n’est donc plus seulement de produire davantage, mais de produire autrement. La Tunisie doit désormais réfléchir à la valeur économique générée par chaque mètre cube utilisé.

Cette réalité impose de revoir certains choix économiques. Certaines productions agricoles, notamment celles destinées à l’exportation, mobilisent des volumes importants d’eau alors que leur contribution économique n’est pas toujours proportionnelle à la ressource consommée.

De son côté, Safouane Mouelhi insiste sur la nécessité d’intégrer la contrainte hydrique dans les politiques agricoles. « Il faut réfléchir à ce que nous voulons produire, où nous voulons le produire et avec quelle consommation d’eau », explique-t-il.

Avant de chercher de nouvelles ressources, mieux gérer l’existant

Face à la pression sur les ressources, les experts appellent également à agir sur un levier souvent moins visible : l’efficacité du système actuel.

Pour Safouane Mouelhi, la première étape consiste à améliorer la gestion des volumes déjà disponibles. La modernisation des réseaux, la réduction des pertes et l’optimisation de la distribution doivent constituer une priorité avant même de multiplier les projets de mobilisation de nouvelles ressources.

Houcine Rhili insiste également sur ce point. Selon lui, les pertes dans les réseaux représentent un potentiel considérable. Elles sont estimées entre 120 et 130 millions de mètres cubes par an.

L’expert estime qu’un programme de rénovation des infrastructures pourrait permettre de récupérer à terme entre 300 et 400 millions de mètres cubes d’eau, avec un coût inférieur à celui de certaines grandes infrastructures nouvelles.

Un tel chantier représente donc un double enjeu : économique, en réduisant les pertes, mais aussi stratégique, en augmentant rapidement la disponibilité réelle de la ressource.

Dessalement : sécuriser l’eau, mais à quel prix ?

Dans la recherche de solutions, le dessalement de l’eau de mer occupe désormais une place importante. Cette technologie permet notamment de répondre aux besoins croissants des régions côtières et de diversifier les sources d’approvisionnement. Mais son développement pose une question centrale : celle du coût.

Lire aussi: Dessalement : La réponse de la Tunisie à la crise de l’eau

Pour Safouane Mouelhi, le dessalement apporte une réponse utile, mais il ne peut être considéré comme une solution unique. Cette technologie nécessite d’importantes quantités d’énergie, ce qui crée un lien direct entre sécurité hydrique et transition énergétique.

La production d’eau dessalée doit donc être pensée dans une approche globale intégrant le coût économique, la disponibilité énergétique et l’évolution vers des sources d’énergie moins coûteuses et plus durables.

Pour Safouane Mouelhi, le dessalement apporte une réponse utile, mais il ne peut être considéré comme une solution unique. Cette technologie nécessite d’importantes quantités d’énergie, ce qui crée un lien direct entre sécurité hydrique et transition énergétique.

Autrement dit, produire davantage d’eau ne suffit pas. Encore faut-il que cette production reste économiquement soutenable.

Les eaux traitées, une ressource encore sous-exploitée

Autre piste stratégique : la réutilisation des eaux usées traitées.

La Tunisie produit chaque année plus de 300 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées, mais cette ressource reste encore largement sous-utilisée alors qu’elle pourrait contribuer à réduire la pression sur les ressources conventionnelles.

Selon Houcine Rhili, cette eau pourrait couvrir 10 à 12 % des besoins agricoles en eau, à condition de réunir plusieurs conditions : amélioration de la qualité du traitement, développement des infrastructures et renforcement de la confiance des utilisateurs.

Le défi n’est donc pas seulement technique. Il est également organisationnel. La valorisation des eaux traitées nécessite une meilleure coordination entre les secteurs de l’assainissement, de l’environnement et de l’agriculture.

Selon Houcine Rhili, cette eau pourrait couvrir 10 à 12 % des besoins agricoles en eau, à condition de réunir plusieurs conditions : amélioration de la qualité du traitement, développement des infrastructures et renforcement de la confiance des utilisateurs.

Une station d’épuration ne doit plus être considérée uniquement comme un outil de traitement des déchets liquides, mais comme une source potentielle de valeur économique.

L’irrigation intelligente pour produire mieux avec moins

Dans le secteur agricole, l’amélioration de l’efficacité passe également par une transformation des méthodes d’irrigation.

L’irrigation intelligente, basée sur les données, le suivi des besoins des cultures et l’utilisation de technologies adaptées, permet aujourd’hui d’optimiser les apports d’eau.

Mais pour Safouane Mouelhi, la technologie ne peut pas être dissociée d’une vision globale. Les outils numériques ne remplaceront pas la nécessité de revoir les choix de production et d’adapter le modèle agricole aux réalités hydriques du pays.

L’objectif est clair : produire davantage de valeur avec une consommation d’eau mieux maîtrisée.

La gouvernance, le maillon décisif

Au-delà des infrastructures et des technologies, la question de la gouvernance reste déterminante.

Houcine Rhili estime que la fragmentation actuelle de la gestion de l’eau entre plusieurs structures constitue un obstacle à une stratégie cohérente. Les ressources conventionnelles, les eaux traitées et les nouvelles solutions doivent être intégrées dans une même vision.

Car demain, la compétitivité d’un pays ne dépendra pas uniquement de sa capacité à produire ou à exporter, mais aussi de sa capacité à sécuriser les ressources nécessaires à cette production.

Pour les experts, la Tunisie dispose déjà d’une partie des réponses. Les compétences existent, les technologies sont disponibles et plusieurs pistes sont identifiées.

Le véritable défi réside désormais dans la capacité à passer d’une gestion de crise à une politique économique durable de l’eau.

Car demain, la compétitivité d’un pays ne dépendra pas uniquement de sa capacité à produire ou à exporter, mais aussi de sa capacité à sécuriser les ressources nécessaires à cette production.

En Tunisie, chaque goutte compte désormais autant pour l’environnement que pour l’économie.

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Tunisie : 25 % de l’eau potable perdue dans des réseaux vieillissants et plus de 100 000 compteurs SONEDE hors service

06. August 2026 um 10:44

La SONEDE fait face à une accumulation de contraintes structurelles qui fragilisent sa capacité à assurer un service d’eau potable régulier et durable. Vieillissement des réseaux, pertes importantes et insuffisance des investissements pèsent désormais sur la performance de l’opérateur public.

Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en ressources hydriques, estime que près de 25 % de l’eau potable injectée dans les réseaux se perdent avant d’atteindre les consommateurs. Il évoque également plus de 100 000 compteurs d’eau défectueux, révélateurs des pressions techniques et financières auxquelles est confrontée la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE).

Selon lui, la situation actuelle de l’entreprise publique est le résultat de plusieurs décennies de choix publics qui n’ont pas suffisamment accompagné l’évolution des besoins. « Depuis 1995-1996, l’État s’est progressivement retiré du financement des infrastructures hydrauliques », explique l’expert. Tout en estimant que cette évolution a contribué à fragiliser un service pourtant stratégique pour la sécurité hydrique du pays.

Un réseau vieillissant à l’origine de pertes considérables

L’un des principaux défis auxquels fait face la SONEDE concerne aujourd’hui l’état de son réseau de distribution. Selon Houcine Rhili, 20 % des conduites d’eau potable en Tunisie dépassent désormais les 50 ans, un âge largement supérieur à leur durée optimale d’exploitation.

Cette vétusté se traduit par une multiplication des défaillances techniques et par des pertes importantes tout au long du parcours de distribution. Les infrastructures anciennes nécessitent des opérations régulières de maintenance et de renouvellement. Alors que les capacités d’investissement de l’entreprise restent limitées.

Au-delà des problèmes liés à la quantité, l’état des réseaux soulève également la question de la qualité perçue de l’eau distribuée. L’expert précise toutefois que l’eau fournie par la SONEDE demeure conforme aux normes tunisiennes de potabilité. Les différences observées par les citoyens sont davantage liées aux caractéristiques de l’eau, notamment dans certaines régions où la salinité est plus élevée.

La teneur moyenne en sels minéraux atteint environ 1,4 gramme par litre à l’échelle nationale, mais elle peut monter jusqu’à 1,7 ou 1,8 gramme par litre dans certaines régions intérieures et du Sud, notamment celles alimentées par des ressources souterraines plus chargées.

Mais le principal enjeu reste celui des pertes dans le réseau. Selon Houcine Rhili, 20 à 25 % de l’eau potable injectée dans les canalisations disparaissent avant d’arriver aux consommateurs, soit un volume estimé entre 120 et 130 millions de mètres cubes chaque année.

Pour l’expert, la réduction de ces pertes constitue l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer la sécurité hydrique de la Tunisie. La rénovation progressive des réseaux permettrait de récupérer des volumes considérables à un coût inférieur à celui de nouvelles infrastructures de production d’eau.

Plus de 100 000 compteurs défectueux, symptôme d’une crise de moyens

À la fragilité des infrastructures s’ajoutent les difficultés opérationnelles et financières de la SONEDE. Selon Houcine Rhili, l’entreprise publique subit depuis plusieurs années les effets des politiques de restriction budgétaire, notamment à travers le gel des recrutements et la diminution des moyens consacrés à l’investissement.

Cette situation se reflète directement dans la gestion quotidienne du service. L’expert indique que plus de 100 000 compteurs appartenant à la SONEDE seraient actuellement défectueux, selon les informations dont il dispose auprès d’acteurs intervenant dans le secteur.

Ces équipements hors service compliquent le suivi réel des consommations et peuvent conduire à l’établissement de factures basées sur des estimations ou sur d’anciennes données de consommation. Pour Houcine Rhili, cette situation illustre le décalage entre les ambitions affichées de modernisation et les contraintes auxquelles fait face l’entreprise sur le terrain.

Alors que le discours officiel évoque régulièrement l’introduction de compteurs intelligents, l’expert estime que la priorité demeure d’abord le remplacement des équipements existants défaillants et le renforcement des capacités techniques de la SONEFE.

Cette fragilité touche également les nouveaux raccordements. Dans plusieurs régions, des citoyens peuvent attendre de longs mois avant l’installation d’un compteur ou la finalisation d’un branchement. Un délai qui traduit les limites actuelles des moyens disponibles.

Une couverture rurale incomplète et une restructuration nécessaire

Les difficultés de la SONEDE ne concernent pas uniquement les zones urbaines. Dans les régions rurales, une partie importante de la population reste en dehors du système classique de distribution assuré par l’entreprise.

Selon Houcine Rhili, environ 30 % de la population tunisienne, principalement en milieu rural, ne dépend pas directement de la SONEDE pour son approvisionnement en eau potable. Ces habitants sont souvent desservis par des groupements hydrauliques ou des associations d’eau rurales, dont le fonctionnement présente plusieurs limites.

L’expert rappelle que différents rapports de contrôle ont relevé des problèmes de gouvernance, d’endettement et de gestion au sein de certaines structures chargées de l’approvisionnement rural. Il estime que cette organisation fragmentée ne permet pas d’assurer un service équitable et durable sur l’ensemble du territoire.

Il plaide ainsi pour la création d’un cadre institutionnel plus adapté, capable de garantir l’accès à l’eau potable dans les zones rurales au même titre que dans les centres urbains.

Pour Houcine Rhili, la sortie de crise passe nécessairement par une restructuration profonde de la SONEDE afin de lui permettre de retrouver les moyens nécessaires à sa mission première : assurer une distribution régulière, durable et de qualité.

Dans un contexte marqué par le changement climatique, la hausse de la demande et la raréfaction des ressources, l’enjeu n’est plus seulement de mobiliser davantage d’eau, mais aussi de préserver chaque mètre cube disponible. La modernisation des réseaux et le renforcement du service public deviennent ainsi des conditions essentielles de la sécurité hydrique de la Tunisie.

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Plus d’un million de m² de capteurs solaires déployés : le programme «PROSOL» prend son envol 

Von: tmps
06. August 2026 um 10:15

«La superficie totale des capteurs solaires installés en Tunisie a désormais dépassé le million de mètres carrés. Cette avancée a permis à près de 20% des familles tunisiennes de recourir aux chauffe-eau solaires pour la production d’eau chaude, faisant du programme national «PROSOL Collectif» l’une des expériences les plus abouties du pays en matière de promotion et de valorisation des énergies renouvelables», a révélé Tarek Barkati, directeur du programme de promotion des chauffe-eau solaires à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).

Dans une déclaration accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), le responsable a précisé que plus de 400.000 familles tunisiennes ont bénéficié de ce programme depuis son lancement jusqu’à la fin de l’année 2025.

S’agissant de la qualité des équipements et des prestations, Tarek Barkati a indiqué que l’ANME s’appuie sur un dispositif de contrôle rigoureux, reposant sur des cahiers des charges spécifiques encadrant les équipements, les fournisseurs ainsi que les entreprises d’installation. Ce dispositif inclut également le suivi des services après-vente.

«Les réclamations demeurent par ailleurs très limitées et représentent moins de 1% des installations réalisées chaque année», a-t-il souligné. Selon lui, l’ANME enregistre ainsi entre 100 et 150 plaintes, alors qu’environ 12.000 chauffe-eau solaires sont installés annuellement.

 

Un programme dédié à la création d’un marché durable du solaire thermique 

En effet, ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’un programme lancé en 2009 dans le cadre d’un partenariat entre l’ANME et la coopération italienne, à travers le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Baptisé «PROSOL Collectif», ce dispositif ambitionne de créer un marché durable des applications solaires thermiques, avec pour objectif l’installation de 200.000 m² de capteurs solaires thermiques à l’horizon 2030.

Selon les données publiées par l’ANME, 42.000 m² de capteurs solaires ont déjà été installés dans le secteur tertiaire depuis le lancement du programme en 2009. Ces installations ont généré des économies d’énergie estimées à 52,5 ktep sur l’ensemble de leur durée de vie.

«Les premières réalisations ont d’ailleurs concerné le secteur hôtelier, avec l’installation de 4.460 m² de capteurs solaires thermiques dans plusieurs établissements, ouvrant ainsi la voie au développement du solaire thermique collectif dans d’autres secteurs économiques», a indiqué l’ANME.

Au-delà de ces chiffres, «PROSOL Collectif85» vise à exploiter le potentiel du solaire thermique dans les bâtiments à forte consommation d’eau chaude et de vapeur, notamment les hôtels, les établissements de santé, les industries ainsi que d’autres activités du secteur tertiaire. L’objectif est de réduire durablement leur consommation énergétique tout en encourageant le recours aux énergies propres.

Pour concrétiser cette ambition, le programme met à la disposition des porteurs de projets une assistance technique intégrée, les accompagnant à chaque étape, depuis l’évaluation des besoins jusqu’à la conception et l’installation d’équipements solaires thermiques adaptés. Cette démarche vise à garantir la qualité des installations et à accélérer le déploiement de cette technologie à l’échelle nationale.

 

Des subventions allant jusqu’à 700 dinars 

Revenant sur le mécanisme de financement du programme PROSOL, le responsable a souligné qu’un chauffe-eau solaire d’une capacité de 200 litres, dont le coût avoisine 2.100 dinars, ouvre le droit à une subvention de 400 dinars accordée par le Fonds de la transition énergétique. Pour les équipements d’une capacité de 300 litres et plus, cette aide est portée à 700 dinars.

«Le montant restant est financé sous forme de crédit remboursable sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, directement intégré à la facture de consommation d’électricité, permettant ainsi aux ménages d’acquérir ces équipements sans supporter un investissement initial important», a-t-il affirmé.

Selon le responsable, un chauffe-eau solaire de 200 litres répond aux besoins d’un foyer composé de quatre à cinq personnes, tandis que les modèles d’une capacité de 300 litres sont davantage adaptés aux familles nombreuses.

Dans cette continuité, le directeur du programme de promotion des chauffe-eau solaires a expliqué qu’avec près de 3.000 heures d’ensoleillement par an, la Tunisie dispose d’atouts naturels particulièrement favorables au développement de l’énergie solaire. «Ce potentiel a conduit l’ANME à intensifier, dès les années 1990, ses campagnes de sensibilisation afin de promouvoir l’utilisation de l’énergie solaire auprès des citoyens», a-t-il ajouté.

En matière de numérisation, le directeur a révélé que l’ANME a engagé la digitalisation du programme PROSOL. «Cette transformation permettra d’assurer un suivi électronique des installations, des visites de contrôle sur le terrain ainsi que le traitement des dossiers de subvention», a-t-il précisé.

Selon lui, cette évolution contribuera à renforcer la gouvernance du programme, améliorer la qualité des services proposés aux bénéficiaires et mieux identifier les régions où le taux d’équipement demeure encore faible, notamment dans les gouvernorats de l’intérieur du pays.

Nouha MAINSI



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