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STEG : 40 % des climatiseurs en Tunisie non conformes et énergivores

31. Juli 2026 um 13:17

La forte progression de l’usage de la climatisation résidentielle constitue désormais l’un des principaux facteurs de tension sur le système électrique tunisien. Maha Alaya, responsable au sein du département stratégie et planification stratégique de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), estime que près de 40 % des climatiseurs acquis par les consommateurs tunisiens ne répondent pas aux normes d’efficacité énergétique. Ce qui entraîne une consommation excessive d’électricité et accentue la pression sur le réseau national.

Intervenant lors du séminaire intitulé « Facing the Energy Crisis: Empowering Tunisian Households to Embrace Solar Energy », organisé le 28 juillet 2026 avec le soutien de la Fondation Friedrich Naumann Tunisie, Maha Alaya a dressé un état des lieux des défis énergétiques auxquels la Tunisie est confrontée. Et ce, dans un contexte marqué par une hausse continue de la demande électrique et des épisodes de forte chaleur.

Elle a expliqué que la consommation d’électricité n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années, atteignant des niveaux particulièrement élevés depuis 2024. Cette dynamique s’est encore renforcée en 2025 et 2026, notamment sous l’effet de la hausse des températures et du recours massif à la climatisation.

A cet égard, elle noté que la dernière période estivale a illustré cette pression croissante sur le système électrique, avec des niveaux de consommation ayant parfois dépassé les capacités de production nationale, y compris les volumes importés depuis l’Algérie.

Maha Alaya, responsable au sein du département de la stratégie et de la planification stratégique de la STEG

La climatisation résidentielle, principal moteur de la hausse de la demande

Ainsi, Maha Alaya précise que cette augmentation ne s’explique pas principalement par une progression de l’activité industrielle ou par une accélération économique, mais essentiellement par l’explosion de la climatisation dans les ménages.

Elle a indiqué que le parc national de climatiseurs a atteint environ 2,794 millions d’appareils en 2024, générant une consommation estimée à 2 016,8 GWh. Une évolution qui pèse fortement sur la courbe de charge électrique, particulièrement durant les périodes de pointe estivales.

Les études menées par la STEGSTEG montrent également une transformation des habitudes des ménages. Alors qu’auparavant l’analyse portait principalement sur le premier ou le deuxième climatiseur installé dans un logement, les données récentes révèlent une progression importante du nombre de foyers équipés de trois voire quatre appareils.

Cette tendance s’est accentuée après les épisodes de canicule enregistrés en 2024, poussant de nombreux Tunisiens à installer davantage de climatiseurs, notamment dans les chambres et les cuisines.

Selon la responsable de la STEG, l’écart entre les périodes creuses et les pics de consommation atteint désormais près de 2 500 MW. Ce qui nécessite une évolution des comportements des consommateurs afin de mieux maîtriser la demande et réduire la pression sur le réseau.

L’efficacité énergétique au cœur de l’équation

Au-delà du nombre croissant de climatiseurs, Maha Alaya a insisté sur la question de leur performance énergétique. Le choix d’équipements moins efficaces représente, souligne-t-elle, un facteur aggravant pour le système électrique tunisien.

Elle a souligné que l’acquisition de climatiseurs de classe énergétique élevée, notamment ceux de catégorie A, demeure encore insuffisamment répandue auprès des consommateurs. Les appareils non conformes consomment davantage d’électricité et contribuent directement à la dégradation de la performance énergétique globale.

Cette problématique intervient alors que la Tunisie s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique. Avec notamment l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, une part de 50 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2035 et une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre.

Le stockage et les énergies renouvelables, nouveaux piliers du système électrique

Face à l’augmentation continue de la demande, la STEG mise sur le développement des énergies renouvelables, mais aussi sur les solutions de stockage capables d’assurer davantage de flexibilité au réseau.

Maha Alaya a cité plusieurs projets structurants, notamment l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie d’une capacité de 600 MW, la centrale à cycle combiné de Skhira de 650 MW, ainsi que des projets photovoltaïques associés à des systèmes de stockage.

Parmi ces initiatives figure également la future station de transfert d’énergie par pompage à Tabarka, d’une capacité comprise entre 400 et 600 MW, qui permettra de stocker l’énergie durant les périodes de faible demande afin de la mobiliser lors des pics de consommation. Ce projet devrait contribuer à réduire les émissions de CO₂ à hauteur d’environ 25 000 tonnes par an.

Vers un réseau électrique plus intelligent

La responsable de la STEG a également mis en avant le rôle de la modernisation du réseau électrique à travers le déploiement des technologies « Smart Grid ».

À fin 2026, environ 80 000 compteurs intelligents basse tension et près de 25 000 compteurs moyenne tension ont déjà été installés. Ces équipements doivent permettre d’améliorer la gestion de la consommation, de réduire les pertes sur le réseau, d’optimiser la distribution et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Pae ailleurs, Maha Alaya assure que la transition énergétique tunisienne est entrée dans une nouvelle phase, où le stockage devient un élément central, aussi bien pour les installations industrielles que pour les solutions résidentielles.

Dans ce cadre, la STEG a récemment élaboré un guide consacré au stockage résidentiel, destiné à accompagner les consommateurs dans l’adoption de nouvelles solutions énergétiques. Une évolution qui pourrait renforcer l’autonomie énergétique des ménages. Tout en contribuant à alléger la pression exercée sur le réseau national durant les périodes de forte demande.

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Prosol Économique : la STEG ouvre le solaire à 65 000 familles avec des crédits sur 10 ans

31. Juli 2026 um 12:03

À l’heure où la Tunisie cherche à renforcer sa résilience énergétique et à accélérer sa transition vers des sources d’énergie plus durables, le photovoltaïque résidentiel apparaît comme un levier stratégique. C’est dans cette perspective que le programme Prosol Économique a été présenté lors du séminaire intitulé « Facing the Energy Crisis : Empowering Tunisian Households to Embrace Solar Energy », organisé mardi 28 juillet 2026 avec le soutien de la Fondation Friedrich Naumann Tunisie.

Réunissant experts, acteurs institutionnels et professionnels du secteur, cette rencontre a permis de mettre en lumière les mécanismes destinés à faciliter l’accès des ménages tunisiens à l’énergie solaire, notamment à travers les dispositifs d’accompagnement financier. Intervenant lors de ce séminaire, Hend Ennaifer, directrice commerciale et marketing de la STEG, a détaillé l’évolution du programme Prosol et l’émergence d’une nouvelle formule destinée à toucher une catégorie plus large de consommateurs : Prosol Économique.

Lancé en 2024, ce mécanisme vise les ménages dont la consommation électrique annuelle se situe entre 1 200 et 1 800 kWh. Selon la responsable de la STEG, le dispositif représente un potentiel d’environ 65 000 ménages, avec pour objectif de rendre le photovoltaïque accessible à des foyers qui ne pouvaient pas nécessairement intégrer les premières générations du programme.

Contrairement à une simple aide à l’équipement, Prosol Économique repose sur un écosystème associant plusieurs acteurs, notamment la STEG, les institutions financières et les installateurs. Le principe repose sur un financement par crédit, dont le remboursement est directement intégré à la facture d’électricité de la STEG, permettant ainsi de réduire la contrainte liée au coût initial de l’installation.

Le dispositif prévoit également des conditions financières incitatives, avec des crédits bénéficiant de taux bonifiés à 3 %, grâce au soutien du Fonds de transition énergétique et de la Nama Facility. La durée de remboursement est fixée à 10 ans, afin d’adapter l’investissement aux capacités financières des ménages ciblés.

Pour Hend Ennaifer, le développement du photovoltaïque résidentiel dépasse la seule dimension technologique. Il constitue désormais un choix stratégique visant à construire une transition énergétique plus inclusive, en donnant aux citoyens la possibilité d’accéder à une énergie propre, durable et plus abordable.

Cette ambition s’inscrit dans une approche plus large de justice énergétique. Selon la responsable de la STEG, l’objectif est de ne pas limiter la transition aux ménages disposant déjà des moyens financiers nécessaires, mais d’élargir progressivement le nombre de bénéficiaires grâce à des mécanismes adaptés aux différentes catégories de consommateurs.

Toutefois, plusieurs défis restent à relever pour accélérer la diffusion du solaire résidentiel. Les acteurs du secteur soulignent notamment la nécessité de simplifier davantage les procédures administratives et de réduire les délais de traitement des dossiers afin de renforcer la confiance des citoyens et d’accélérer le rythme des installations.

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L’APIA valide 6,7 MDT d’investissements agricoles

31. Juli 2026 um 10:21

La Commission d’octroi des avantages relevant de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a approuvé, lors de sa septième réunion au titre de l’année 2026, trois opérations d’investissement dans les secteurs agricole et de la pêche maritime pour un montant global de 6,7 millions de dinars (MDT).

Réunie jeudi 30 juillet 2026 sous la présidence de la directrice générale de l’APIA, Inji Doggui Hanini, la commission a validé des projets portant sur la création, l’extension et le renouvellement d’activités agricoles dans les gouvernorats de La Manouba, Béja et Gabès.

Par ailleurs, trois prêts fonciers ont été accordés au profit de jeunes promoteurs agricoles afin de leur permettre d’acquérir des terres destinées à la réalisation de projets agricoles. Ces terrains couvrent une superficie totale de 27,3 hectares répartis entre les gouvernorats de Kasserine, du Kef et de Tataouine, pour une valeur globale estimée à 410 mille dinars.

Ces décisions s’inscrivent dans le cadre du programme de la Commission d’octroi des avantages pour l’année 2026, visant à soutenir l’investissement agricole, encourager la création de projets et renforcer l’accompagnement des investisseurs, notamment les jeunes promoteurs.

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UGTT : une croissance de moins de 4 % freine l’emploi et décourage les investisseurs

31. Juli 2026 um 09:19

Le département des études et de la documentation de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) estime que la Tunisie dispose toujours d’importants atouts pour renouer avec une croissance durable. Dans un document intitulé « La Tunisie à la croisée des chemins : les grands défis et les clés pour sortir de la crise », il souligne toutefois que ces potentialités ne pourront être valorisées qu’à travers une volonté politique de réforme, un dialogue national responsable et une vision économique de long terme.

Selon cette analyse, le pays bénéficie notamment d’une position géographique stratégique, de ressources humaines qualifiées, d’infrastructures jugées acceptables ainsi que d’une ouverture privilégiée sur les marchés européens et africains. Pour l’UGTT, ces avantages doivent être transformés en leviers de croissance fondés sur la confiance, l’investissement et la productivité, dans le respect des libertés publiques, des droits économiques et des droits sociaux.

Une économie confrontée à des défis structurels

Le document estime que l’économie tunisienne traverse « sa période la plus complexe de la dernière décennie ». Les difficultés ne sont plus conjoncturelles, mais structurelles, touchant les fondements mêmes du modèle économique national.

Parmi les principales préoccupations figurent la dégradation des finances publiques, la faiblesse de la croissance, les tensions inflationnistes, le recul de l’investissement ainsi que les défis énergétiques.

L’UGTT souligne notamment que la dette publique dépasse désormais 82 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que le déficit budgétaire demeure élevé. Le service de la dette absorbe une part croissante des ressources de l’État, alors que les négociations au point mort avec le Fonds monétaire international limitent l’accès à des financements extérieurs concessionnels et renforcent le recours à l’endettement intérieur, au détriment de la liquidité et de l’investissement privé.

Une dépendance énergétique croissante

Le département des études met particulièrement en garde contre l’évolution du secteur énergétique. Selon lui, la Tunisie est progressivement passée d’un pays relativement autosuffisant sur le plan énergétique à une économie de plus en plus dépendante des importations de gaz et de pétrole.

Cette évolution accroît l’exposition du pays à la volatilité des prix internationaux de l’énergie, détériore davantage la balance commerciale et exerce une pression croissante sur les réserves en devises.

Le document souligne également que la demande nationale d’électricité continue d’augmenter, alors que les réseaux et les infrastructures de production nécessitent d’importants investissements de modernisation et d’extension. Il regrette par ailleurs que le rythme de développement des projets d’énergies renouvelables reste en deçà des objectifs fixés.

Croissance, investissement et emploi sous pression

L’UGTT rappelle qu’une croissance économique inférieure à 3 à 4 % par an ne permet ni d’absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail ni de réduire durablement le chômage et les inégalités sociales.

Le document pointe également la persistance des pressions inflationnistes, le recul de l’investissement privé, la baisse de la confiance des investisseurs ainsi que la fuite des compétences. À ces difficultés s’ajoutent les défis liés à la sécurité hydrique et au changement climatique, qui constituent désormais des freins majeurs au développement économique.

Miser sur l’investissement productif et le dialogue social

Pour sortir durablement de cette situation, le département des études appelle à dépasser la logique de gestion des crises au quotidien. Il recommande de privilégier l’investissement productif, le développement de l’économie numérique, les énergies renouvelables et les industries à forte valeur ajoutée.

L’organisation plaide également pour un rapprochement entre l’université et le tissu économique, un soutien renforcé à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’une réforme fiscale destinée à élargir l’assiette de l’impôt et à réduire le poids de l’économie informelle.

Enfin, le document insiste sur le rôle central du dialogue social. Selon l’UGTT, les grandes réformes – notamment celles relatives au système de compensation, aux entreprises publiques ou encore à la fiscalité – ne pourront aboutir sans un large consensus réunissant le gouvernement, l’UGTT, l’organisation patronale et les composantes de la société civile.

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